Stop à l'éolien industriel

Stop à l'éolien industriel
Un fléau d'une ampleur internationale s'abat, depuis quelques années, sur notre pays. Aidés par nos élus, les promoteurs éoliens se sont accaparés nos territoires et nos vies. Devant le massacre de notre patrimoine, un vent de colère s'élève partout sur l'hexagone. Il est grand temps de dire "STOP" à ce carnage.

Faune et flore








09/11/18 : Première suisse : des aigles seront pistés en Valais pour cerner leurs habitudes et adapter les sites d'implantation des éoliennes
Des aigles royaux seront munis d'émetteurs. Les données récoltées serviront à réaliser un modèle destiné à mieux définir les sites des futures éoliennes dans les Alpes, sources de menace potentielle pour ces rapaces très sensibles. Encore faudra-t-il les capturer. Un spécialiste mondial est venu prêter main forte aux Valaisans.
Jumelles performantes, système de piégeage et balises GPS. Non, vous n’y êtes pas. Ces instruments ne constituent pas l’attirail du parfait braconnier. Au contraire. Ils sont utilisé dans le cadre d’une étude qui a de l’envergure, à l’image du sujet étudié, puisqu’il s’agit de sa majesté l’aigle royal. Le projet constitue même une première en Suisse.
Dans les semaines à venir, plusieurs de ces grands rapaces seront munis d’émetteurs afin de suivre leurs moindres faits et gestes. Ce nouveau projet de recherche en Valais doit déboucher sur la réalisation d’un modèle en trois dimensions qui servira à mieux définir les sites d’implantation des futurs parcs éoliens dans les Alpes afin d’éviter les risques de collision avec les pales de ces générateurs d’électricité.
Les éoliennes, menaces potentielles pour les aigles
Les éoliennes représentent en effet une menace potentielle pour les oiseaux et les chauves-souris. C’est encore plus vrai pour les grands voiliers comme le gypaète barbu et l’aigle royal. Si la forte longévité est le point fort des deux rapaces, leur taux de reproduction s’avère très bas. Des études démographiques montrent qu’une hausse de la mortalité, même mineure chez les gypaètes, pourrait compromettre leur survie dans les Alpes à moyen terme. L’avènement des énergies vertes qui sonnerait le glas de ces espèces? «Désastreux», commente le professeur Raphaël Arlettaz, responsable de la division de la biologie de la conservation à l’université de Berne. Seulement voilà. «Si des données détaillées existent pour le gypaète barbu dont le programme de réintroduction est l’un des plus grands succès planétaires de réhabilitation d’une espèce, nous ne disposons par contre d’aucune information comparable en ce qui concerne l’aigle royal en Suisse.»
Des rapaces pistés par balises GPS
Dans le cadre de ce projet novateur doté de 500 000 francs, deux techniques sont utilisées. «La première utilise une jumelle performante qui permet de géolocaliser précisément l’oiseau pointé dans le ciel», indique Raphaël Arlettaz. Ces relevés ont déjà débuté dans le canton en avril et vont se poursuivre jusqu’en mars 2019. L’autre technique qui se déploie ces jours-ci dans le canton va consister à capturer et marquer les aigles royaux au moyen de balises GPS. Sur le terrain, ce travail novateur s’annonce complexe. A tel point que les chercheurs de l’Université de Berne ont fait appel à la référence mondiale de l’aigle royal, le Docteur Peter Bloom, venu spécialement de Californie. Car le système de piégeage, inédit en Suisse, se fait aux moyens de filets télécommandés. Le risque de blessures pour l’animal n’est ainsi pas exclu. «Sa longue expérience nous sera très utile», confie Raphaël Arlettaz.
Des données utiles pour implanter au mieux les éoliennes
Quinze balises sont prêtes. Le secteur du Nufenen et ses quatre éoliennes ou la région du Grand Saint-Bernard qui a un projet à l’étude seront particulièrement visés. «Nous pourrons étudier le comportement des aigles en fonction de la présence ou non d’éoliennes. Ces données serviront à construire un modèle spatial prédictif «quasi 3D» qui tient compte des conditions jusqu’à 200 mètres au-dessus du sol. Il montrera par exemple les secteurs clés où ces oiseaux de plus de deux mètres d’envergure prennent les ascendances thermiques et constituera une aide à la décision pour les planificateurs.»
Reste à savoir combien d’Aquila chrysaetos, le petit nom latin de ce grand rapace, pourront être capturés, eux qui ont assurément des yeux d’aigle...
https://www.lenouvelliste.ch/articles/valais/canton/premiere-suisse-des-aigles-seront-pistes-en-valais-pour-cerner-leurs-habitudes-et-adapter-les-sites-d-implantation-des-eoliennes-798052

07/11/18 : 
Aude : Le promoteur éolien réclame 1 M€ aux opposants
"Une première en France." Voilà bien le seul point sur lequel la Ligue de protection des oiseaux de l'Aude (LPO) et le promoteur éolien Valorem sont d'accord. Hier, l'association a communiqué sur l'action engagée par une société qui a déjà porté la réalisation de plusieurs parcs dans l'Aude.
Mais c'est plus précisément sur un projet daté de 2008, dans les communes de Saint-Polycarpe et Véraza, que porte le différend. Au point que Valorem a assigné la LPO, deux autres associations (Avenir d'Alet et Aide à l'initiative dans le respect de l'environnement) ainsi que deux particuliers pour des «recours abusifs». Une action engagée devant le tribunal de grande instance de Carcassonne, en réclamant la somme d'1 017 986,38 € aux opposants, au motif des retards pris dans le chantier de construction d'un parc initialement prévu pour 15 engins en 2008.
Domaine vital pour des rapaces
Pour Thierry Rutkowski, coprésident de la LPO, aucun abus dans les procédures ou actions engagées à l'encontre du projet : «Si nous nous sommes opposés, c'est au regard des insuffisances manifestes de l'étude d'impact. On est sur un site Natura 2000 où règnent les plus hauts enjeux en matière de biodiversité». Dénonçant l'absence de sollicitations par le promoteur des services de l'Etat «pour solliciter des dérogations aux destructions d'espèces», Thierry Rutkowski rappelle que les éoliennes projetées à Véraza sont situées «sur un domaine vital pour des gypaètes barbus, des vautours percnoptères, des aigles royal ou botté».
Précision livrée avant d'assurer que la LPO ne se veut pas «anti-éolien sur le principe. Mais on ne peut tout simplement pas envisager de projets qui menacent la biodiversité». Une certitude livrée en rappelant avoir utilisé «les voies ouvertes par le droit français» pour s'opposer à sa réalisation.
«Tentative d'intimidation»
Et de voir dans l'action de Valorem «une tentative d'intimidation à son endroit avec, en filigrane, un objectif de décrédibilisation de son action auprès du grand public. La somme astronomique réclamée par le groupe Valorem est choquante et indigne d'un acteur de la ‘'transition écologique''». Un avis livré en regrettant les circonstances dans lesquelles la LPO se retrouve dans cette procédure inattendue : «Faute de planification de l'éolien par les pouvoirs publics, faute de cartographie opposable, on en arrive à des conneries pareilles...». Un sentiment livré en attendant une date d'audiencement de cette affaire, alors que le recours contre les trois machines projetées à Véraza sera prochainement examiné par la cour administrative d'appel de Marseille.
«On a cherché toutes les solutions intelligentes»
En charge de la communication pour Valorem, Camille Girard pose un préambule : «Il n'y a pas de volonté d'attaquer spécifiquement la LPO, avec qui, historiquement, on travaille très bien, même s'il est plus difficile d'œuvrer avec les antennes locales de l'Aude et de la Champagne». La précision livrée, il justifie l'assignation en donnant le nombre d'actions subies : «14, depuis 2008. Il y a des recours sur tout. Les éoliennes, bien sûr, mais aussi les raccordements, les postes de livraison... On considère que ces associations ne veulent pas d'éolien, qu'il soit bien fait ou non». Et de souligner les efforts livrés dans ce dossier : «On a baissé de 5 à 3 le nombre de machines à Véraza. Nous avons aussi proposé un bridage des machines, un suivi de comportement des chiroptères et oiseaux, et enfin un système de détection et d'effarouchement, voire d'arrêt des machines si les rapaces continuent d'approcher». Autant d'exemples pour assurer avoir «cherché toutes les solutions intelligentes. La question des enjeux sur les oiseaux, on l'a bien détectée. Si on en arrive là, c'est qu'il n'y a pas d'autre issue». Et de résumer la philosophie de l'action : «1 M€, c'est symbolique, peut-être aussi pour faire peur, et qu'on évite d'être confrontés à ces recours systématiques. Ce projet, il faut qu'on arrive à le sortir». Car depuis 2008, aucune des éoliennes n'est pour l'heure sortie de terre.
Depuis 2008
2008. Les sociétés St-Polycarpe Energies et Véraza Energies, avec Valorem pour promoteur, engagent un projet de 14 éoliennes. Le préfet autorise les neuf machines à Saint-Polycarpe, mais rejette les cinq de Véraza, au motif de l'impact sur les vautours.
2014. La préfecture délivre le permis de construire pour trois éoliennes à Véraza.
2015. Le Conseil d'Etat rejette les derniers recours d'Avenir d'Alet et d'AIRE), qui avaient attaqué les premiers permis de 2008.
2017. Le tribunal administratif de Montpellier rejette les recours des deux associations auxquelles s'est jointe la LPO et deux particuliers sur les trois éoliennes de Véraza.

06/11/18 : Un promoteur éolien réclame un million d’euros à la LPO de l’Aude

C’est une première en France. Le promoteur éolien Valorem (56 millions de chiffre d’affaire) attaque une association de protection de la nature, la LPO Aude, devant le Tribunal de Grande Instance de Carcassonne et réclame 1 017 986,38 euros.
Depuis de nombreuses années, la LPO Aude mais aussi ses co-requérants, l’association Avenir d’Alet, l’association AIRE (Aide à l’initiative dans le respect de l’environnement) et deux particuliers font annuler des autorisations afférentes à la construction d’éoliennes sur les communes d’Alet-les-Bains, Saint-Polycarpe et Véraza dans l’Aude sur un site désigné au titre de Natura 2000. Site désigné en vue de la protection des oiseaux de la Zone de Protection Spéciale des Hautes-Corbières et en vue de la protection des chauves-souris sur le Site d’Intérêt Communautaire des grottes de Lavalette.
Ce projet de parc éolien a été conçu il y a plus de 10 ans sur la base d’une étude d’impact parfaitement lacunaire et en dehors de tout projet de territoire. Ses impacts attendus sur l’avifaune, grandement minimisés par le promoteur, seront sans précédent sur au moins trois espèces d’oiseaux parmi les plus menacées en France : le Vautour percnoptère, le Vautour fauve et le Gypaète barbu, qui chacun bénéficient d’un Plan National d’Actions.
C’est dans ce contexte tout à fait exemplaire et dans le strict respect de ses intérêts statutaires que la LPO a entendu dénoncer ce projet en utilisant les voies qui lui sont ouvertes par le droit français.
Or, le groupe VALOREM, porteur du projet, réclame aujourd’hui plus d’un million d’euros à la LPO et ses co-requérants au prétexte que cette action en justice aurait été de nature à retarder le chantier de construction du parc éolien, lui causant par là même un lourd préjudice financier.
Cette action en responsabilité du grand groupe de « l’énergie verte » est perçue par la LPO comme une tentative d’intimidation à son endroit avec en filigrane un objectif de décrédibilisation de son action auprès du grand public.
La somme astronomique réclamée par le groupe Valorem est du point de vue de la LPO Aude choquante et indigne d’un acteur de la « transition écologique ».
Si une association de défense de l’environnement à but non lucratif ne pèse pas bien lourd face à une société qui génère plusieurs millions d’euros par an, reste néanmoins la Justice, accessible à tous, et garante du respect des règles de droit.
Intérêt à agir de la LPO Aude
L’association LPO AUDE, selon ses statuts, a pour buts d’agir pour l’oiseau, la faune sauvage, la nature et l’homme, et lutter contre le déclin de la biodiversité, par la connaissance, la protection, l’éducation et la mobilisation. Elle est agréée dans l’Aude au titre de l’article L 160-1 du code de l’urbanisme et l’article 40 de la loi du 10 juillet 1976. Ce qui lui donne toute légitimité pour ester en justice devant les juridictions civiles et administratives pour exercer ses droits au regard de l’objet de ses statuts.
Positionnement de la LPO Aude sur l’éolien
Dès 2013, l’association a demandé qu’un moratoire puisse être mis en place dans l’Aude le temps que les outils de planifications partagés et prenant en compte les enjeux de biodiversité puissent être validés. Plus d’info : https://aude.lpo.fr/positionnements/
Eolien et Biodiversité
La LPO France anime un réseau d’acteurs autour de la problématique Éolien et Biodiversité. Des séminaires entre professionnels de l’éolien et acteurs de la conservation sont régulièrement organisés. Plus d’info : https://eolien-biodiversite.com/
Les champs d’éoliennes se comportent en véritables « prédateurs », bouleversant les écosystèmes, blessant les oiseaux situés au sommet de la chaîne alimentaire et déclenchant des effets en cascade délibérément ignorés par les avocats des énergies vertes. Or l’éolien est le secteur des énergies renouvelables qui se développe le plus rapidement, fournissant aujourd’hui quelque 4 % de la demande mondiale d’électricité. Tandis qu’actuellement l’éolien mobilise dans le monde près de 17 millions d’hectares, soit la surface de la Tunisie, des chercheurs estiment que ses développeurs ont « largement sous-estimé » l’impact de cette technologie sur l’environnement naturel.
Des chercheurs ont étudié un très riche écosystème perturbé par des éoliennes
Dans une publication récente, une équipe de chercheurs internationaux a étudié l’effet des turbines éoliennes dans les Ghats occidentales, chaîne de montagnes forestières d’Inde de l’Ouest inscrite au patrimoine mondial par l’Unesco. Ces Ghats constituent une zone de grand intérêt pour la biodiversité grâce à leur très riche écosystème. Ces scientifiques ont découvert que les oiseaux rapaces prédateurs étaient quatre fois moins nombreux dans les zones de plateau de cette région où les éoliennes étaient implantées. Cette faible représentation a des impacts en cascade sur la chaîne alimentaire, modifiant profondément la densité et le comportement des proies de ces oiseaux.
Par exemple, l’équipe de chercheurs a relevé une explosion du nombre de lézards à gorge en éventail dans les zones d’implantation des turbines. Ils ont noté en outre des changements importants dans les comportements et l’apparence de ces lézards, qui désormais se comportent comme s’ils n’étaient menacés par aucun prédateur. Maria Thaker, professeur assistant au Centre des études écologiques de l’Institut indien des sciences, note « des changements discrets dans le comportement, la morphologie et la physiologie » de ces lézards.
La densité des grands oiseaux prédateurs a diminué au droit des éoliennes
Comme la densité de grands oiseaux prédateurs a diminué au droit de ces éoliennes, ces petits animaux vivant alentours ont diminué leur vigilance spontanée. Lorsque l’équipe de chercheurs a simulé une « attaque de prédateur », ils ont pu approcher les lézards présents dans les zones d’éoliennes cinq fois plus près que ceux vivant loin d’elles. Les premiers présentent des taux d’hormones du stress plus faibles que les seconds, un phénomène qui a dû se développer au long de la vingtaine d’années qui a suivi l’implantation de ces turbines dans les Ghats occidentales.
Les éoliennes sont réputées dangereuses pour les oiseaux, entravant leurs migrations et augmentant leur taux de mortalité. Mais cela va plus loin. « Elles entraînent une modification des équilibres entre animaux dans l’écosystème comme si elles étaient elles-mêmes les premiers prédateurs en haut de l’échelle », explique Maria Thaker. « Elles sont les prédateurs des prédateurs, moins en les tuant qu’en les éloignant », complète-t-elle.
Les champs d’éoliennes agressent l’environnement
Il apparaît donc que l’impact des champs d’éoliennes, présentées comme l’alternative « idéale » aux énergies fossiles alors qu’elles ne produisent en moyenne que 23 % du temps, agressent plus l’environnement naturel qu’on ne le pensait. « Il aura fallu des décennies aux scientifiques pour évaluer l’impact négatif des éoliennes sur les oiseaux », regrette Maria Thaker. « Nous devons prendre garde à la façon dont nous déployons les installations d’énergie verte », prévient-elle, suggérant de les placer « dans des endroits qui sont déjà perturbés d’une façon ou d’une autre, sur des immeubles par exemple ». Or cette idée surprenante pose une quantité d’autres problèmes : les éoliennes sont bruyantes ; elles émettent des infrasons hautement toxiques pour l’homme ; les éventuels détachements de leurs pales présentent un danger gravissime ; et elles causent des perturbations électromagnétiques. Sans parler de leur ancrage, qui nécessite des masses de béton considérables et qui rendent utopique l’hypothèse d’une installation sur immeubles.
https://reinformation.tv/eoliennes-oiseaux-predateurs-ecosystemes-lenoir-89862-2/?fbclid=IwAR3KMewIdk-avDVj_x4Vlf_YV1JBhdhYceqVcWUM0gPycTkAjk63RqNZrQ8
05/11/18Les éoliennes, « prédatrices » dans leur environnement
Les projets éoliens peuvent servir de « prédateurs » dans certains écosystèmes, nuisant aux oiseaux se trouvant au sommet de la chaîne alimentaire, en plus de provoquer un effet domino trop souvent ignoré par les partisans de l’énergie verte, ont indiqué des scientifiques lundi.
L’énergie éolienne enregistre la plus forte croissance du secteur des énergies renouvelables, fournissant environ 4% de la demande mondiale en énergie.
Près de 1,7 million de kilomètres carrés – une zone de la taille de la Tunisie – sont actuellement consacrés à la production d’énergie éolienne à l’échelle mondiale, et les chercheurs mettent en garde contre le fait que les développeurs de « fermes » éoliennes ont « grandement sous-estimé » l’impact de cette technologie sur les espèces sauvages.
Dans une nouvelle étude, une équipe internationale de chercheurs a étudié les effets des éoliennes dans les Ghats occidentales, une chaîne de montagnes et de forêts classées au patrimoine de l’UNESCO, sur la côte ouest de l’Inde, qui est considérée comme un creuset de biodiversité.
Ils ont découvert que certains oiseaux prédateurs étaient jusqu’à quatre fois moins nombreux dans des lieux de cette région où se trouvaient des éoliennes, un chamboulement qui se répercute tout le long de la chaîne alimentaire et qui avait radicalement transformé la densité et le comportement de l’oiseau de proie.
L’équipe a entre autres observé une multiplication d’une espèce de lézards servant habituellement de nourriture à cet oiseau, toujours dans les zones où l’on trouve des éoliennes.
« Ce qui était remarquable, pour nous, c’était les changements subtils dans les comportements, la morphologie et la physiologie de ces lézards », a indiqué Maria Thaker, professeure adjointe à l’Institut indien du Centre des sciences écologiques et la principale auteure de l’étude, lors d’une entrevue accordée à l’AFP.
Moins les oiseaux volaient dans les environs des éoliennes, moins les lézards subissaient d’attaques. De ce fait, les lézards vivant dans les environs des turbines avaient réduit leur vigilance. En simulant des attaques d’oiseaux, les chercheurs ont pu s’approcher à une distance cinq fois plus petite des lézards que cela ne fut possible à l’extérieur des zones occupées par les turbines avant que les animaux ne prennent la fuite.
Vert « intelligent »
Les éoliennes sont connues comme étant nuisibles aux oiseaux, modifiant leur schème de migration et entraînant une multiplication des décès.
Mme Thaker affirme que ses recherches, publiées dans Nature Ecology & Evolution, démontrent que les installations éoliennes copient le rôle des prédateurs installés en haut de la chaîne alimentaire en maintenant les oiseaux à distance.
« Elles sont les « prédatrices » des oiseaux, pas parce qu’elles les tuent, mais en réduisant leur présence dans ces zones. »
Alors que les émissions carbones d’origine humaine continuent d’augmenter, Mme Thaker soutient que l’énergie éolienne est essentielle pour mitiger les effets des changements climatiques.
Mais avec les preuves voulant que les éoliennes ont un impact plus important sur les écosystèmes terrestres que prévu, elle appelle à tenir compte de l’impact environnemental de cette source d’énergie verte.
« Il a fallu des décennies aux chercheurs pour réaliser que les éoliennes avaient un impact négatif sur les animaux volants. »
« Nous devons faire attention à la façon dont nous mettons en place des solutions énergétiques vertes. Réduisons notre empreinte écologique et installons des turbines dans des zones où les transformations sont déjà présentes – sur des bâtiments, par exemple », propose-t-elle.
http://www.pieuvre.ca/2018/11/05/environnement-eoliennes-predateurs-especes-impact/

05/11/18 : Wind farms are the 'new apex predators': Blades kill off 75% of buzzards, hawks and kites that live nearby, study shows
Les parcs éoliens sont les «nouveaux prédateurs d'apex»: les lames tuent 75% des buses, des faucons et des cerfs-volants qui vivent à proximité, selon une étude.
- Le nombre d'oiseaux prédateurs est quatre fois plus élevé dans les zones éloignées des turbines Win
- Cela a un effet d'entraînement dévastateur sur toute la chaîne alimentaire
- Cela signifie que le nombre de certains petits animaux grandit sans contrôle
Selon les scientifiques, les éoliennes sont les nouveaux "prédateurs d'apex" dans le monde. Elles détruisent buses, faucons et autres oiseaux carnivores au sommet de la chaîne alimentaire.
Une étude des parcs éoliens en Inde a révélé que le nombre d'oiseaux prédateurs diminuait des trois quarts dans les zones situées autour des éoliennes.
Cela a un effet d'entraînement sur toute la chaîne alimentaire, les petits mammifères et les reptiles adaptant leur comportement à la disparition de leurs prédateurs naturels.
Les oiseaux et les chauves-souris sont supposés être les plus vulnérables à la montée des machines d’enlèvement du paysage.
Les experts ont toutefois averti que leur impact se répercuterait sur toutes les espèces, perturbant ainsi le fragile équilibre de la nature.
La nouvelle est particulièrement préoccupante, car la plupart des parcs éoliens sont construits sur des plaines largement ouvertes et dans d'autres environnements où les oiseaux sont généralement présents.
Des chercheurs de l’Institut indien des sciences de Bengaluru ont étudié les populations de lézards et d’oiseaux sur trois sites d’éoliennes dans les Ghâts occidentaux.
Ils ont trouvé près de quatre fois moins de buses, de faucons et de cerfs-volants dans les zones dotées de parcs éoliens - une perte d’environ 75%.
Dans les zones dépourvues d'éoliennes, environ 19 oiseaux ont été repérés toutes les trois heures, tandis que près des machines, ce nombre est tombé à environ cinq heures.
Cela a conduit à une abondance de lézard à gorge fine, une espèce que l’on ne trouve que sur le sous-continent indien et une collation favorite des oiseaux prédateurs.
Le reptile présentait également des niveaux plus bas de corticostérone, une hormone du stress, ce qui changeait sa vie.
Par exemple, les humains ont pu se rapprocher beaucoup plus que d'habitude avant de s'enfuir, car sans les oiseaux prédateurs, ils étaient devenus moins craintifs.
L'analyse a des implications pour les parcs éoliens du monde entier, y compris en Grande-Bretagne, où les principaux prédateurs comprennent de nombreux oiseaux de proie tels que les hiboux et les aigles.
Le professeur Maria Thaker, coauteur de l'étude, a déclaré: «De nombreuses études ont montré que les parcs éoliens affectent les oiseaux et les chauves-souris.
Ils les tuent et perturbent leur mouvement. Mais nous avons fait un pas de plus et avons découvert que cela affectait aussi les lézards.
«Chaque fois qu'un prédateur supérieur est supprimé ou ajouté, des effets inattendus se répercutent dans l'écosystème.
"Ce qui se passe réellement ici, c'est que les éoliennes ressemblent à l'ajout d'un prédateur supérieur à l'écosystème."
L'étude publiée dans Nature Ecology and Evolution compare les populations de rapaces et de lézards sur un plateau doté d'un parc éolien depuis environ 20 ans dans une vallée adjacente dépourvue d'éoliennes.
Il a également prélevé des échantillons de sang sur 144 lézards capturés aux deux endroits de la zone nord de la chaîne de montagnes.
Les éoliennes sont connues pour tuer les grands oiseaux, tels que les aigles royaux.
Une récente étude réalisée par une équipe internationale de scientifiques a révélé que le déclin des prédateurs génitaux «constitue sans doute l’influence la plus profonde de l’humanité sur le monde naturel».
Celles-ci incluent les loups et les lions sur terre, les baleines et les requins dans les océans et les gros poissons dans les écosystèmes d'eau douce.
Les populations de grands herbivores, comme les éléphants et les bisons, ont également diminué de façon spectaculaire. La cascade trophique s'est déplacée dans la chaîne alimentaire.

https://www.dailymail.co.uk/sciencetech/article-6354843/Wind-farms-new-apex-predators-kill-three-QUARTERS-predatory-birds.html?fbclid=IwAR2W23Ykqy0bWfvQXNDHfvo0CiBTA1ne86QZxA86gVBXYxu-KHoxkv3JeIo


05/11/18 : Pourquoi les lézards sont pro-éoliennes
Si leurs bienfaits pour le climat ne sont plus à démontrer, les éoliennes constituent un danger pour les oiseaux et les chauves-souris qui croisent leurs pales. Pour la première fois, une étude, publiée lundi 5 novembre dans Nature Ecology & Evolution, révèle des effets plus en aval, sur les lézards qui vivent à leurs pieds.
Extrait : Lors d’un bilan publié en juin 2017, la Ligue de protection des oiseaux (LPO) estimait que la mortalité des oiseaux était deux fois plus élevée au voisinage des éoliennes. En moyenne, une éolienne française tuerait sept...
http://www.journaldelenvironnement.net/article/pourquoi-les-lezards-sont-pro-eoliennes,94600  👇

05/11/18Wind farms have cascading impacts on ecosystems across trophic levels
Les parcs éoliens ont des effets en cascade sur les écosystèmes à travers les niveaux trophiques
Extrait : Les parcs éoliens constituent une alternative plus propre aux combustibles fossiles pour atténuer les effets du changement climatique, mais ils ont également des conséquences écologiques complexes. Dans le point chaud de la biodiversité des Ghâts occidentaux en Inde, nous constatons que les parcs éoliens réduisent l’abondance et l’activité des oiseaux prédateurs (par exemple, les espèces Buteo , Butastur et Elanus ), ce qui augmente par conséquent la densité de lézards, Sarada superba. Les effets en cascade des éoliennes sur les lézards comprennent des modifications du comportement, de la physiologie et de la morphologie qui traduisent une combinaison de libération de prédateurs et de compétition dépendant de la densité. En ajoutant un niveau trophique efficace au sommet des chaînes alimentaires, nous constatons que les parcs éoliens ont des impacts émergents qui sont grandement sous-estimés. Il est donc impératif d'adopter une vision à l'échelle de l'écosystème lors de l'alignement des objectifs en matière d'énergie verte avec la protection de l'environnement.
https://www.nature.com/articles/s41559-018-0707-z

23/10/18 : Des centaines de décès inexpliqués de baleines pourraient être liés à des parcs éoliens en mer.......
Commentaire : n'oublions pas que nous sommes, nous aussi... des mammifères!
php
"....il y a au moins un lien possible entre la prolifération des turbines en mer et l'augmentation de la mortalité des baleines. C'est logique, non ?"
Un mystère peut-être plus grand que la mort inexpliquée d'une centaine de baleines échouées sur les plages écossaises et irlandaises au cours des derniers mois est le fait qu'une grande partie des médias a été étrangement silencieuse sur cette question.
On pense que beaucoup d'autres mammifères ont péri en mer, ce qui signifie que plusieurs centaines de baleines sont peut-être mortes. Bien qu'il y ait, avec une certaine justification, une surabondance de publicité au sujet des plastiques dans nos mers qui causent des dommages à la faune, il y a eu peu de rapports soulignant le nombre choquant de décès de baleines qui semblent être dus non pas au plastique mais plutôt à la pollution sonore en mer qui affecte le sonar fragile que les baleines utilisent pour se déplacer et communiquer.
Les sonars militaires et l'exploration pétrolière blâmés.......
On a pointé du doigt les manœuvres militaires dans les eaux de l'Atlantique Nord ainsi que l'exploration pétrolière et gazière en haute mer.
Mais ce que beaucoup de ceux qui pointent du doigt semblent ignorer totalement, c'est qu'il y a maintenant de vastes bancs d'énormes éoliennes autour de la côte écossaise, dans toute la mer du Nord et en mer d'Irlande qui émettent un faible niveau sonore capable de désorienter les mammifères marins sensibles.
Bien qu'il soit important de considérer toutes les explications de la mort des baleines, il me semble suspect que la notion de parcs éoliens contribuant au grand nombre de baleines échouées ne soit même plus évoquée comme une possibilité. Pourtant, pour plusieurs, la corrélation entre les parcs éoliens et la mortalité des baleines est importante. Une mortalité inhabituelle de baleines a également été signalée sur la côte est des États-Unis et du Danemark, deux régions où il y a des turbines offshore.
Pas plus tard que l'année dernière, l'idée a été avancée que les parcs éoliens pourraient jouer un rôle dans la mort des mammifères lorsque des petits rorquals morts ont été échoués à Norfolk, au Royaume-Uni, près d'un parc éolien offshore.
Suggestions que les parcs éoliens à blâmer rejeté hors de contrôle.......
Mais les suggestions selon lesquelles le bruit des éoliennes était à blâmer ont été rejetées à la hâte comme étant de la paranoïa et ridiculisées par les sympathisants de l'industrie éolienne. Ce qui était un lien apparemment plausible est maintenant ignoré - et ceux qui impliquent des turbines dans la mort des baleines sont ridiculisés et traités avec mépris.
Il y a peut-être trop d'argent en jeu, investi dans l'industrie éolienne, pour risquer de considérer la possibilité que les grandes éoliennes industrielles soient un facteur contribuant à la mort des baleines.
Les écologistes critiques de l'énergie éolienne......
Alors que les vrais écologistes restent très critiques à l'égard de l'industrie éolienne et de ses motivations, les faux verts sont peut-être trop aveuglés pour voir le mal qu'ils pourraient faire, Dieu nous garde de menacer notre imagination d'une planète alimentée par le vent et habitée par des licornes.
Mais à mon avis, il y a au moins un lien possible entre la prolifération des turbines offshore et l'augmentation de la mortalité des baleines. C'est logique, non ?
Ou allons-nous simplement nous enfouir la tête dans le sable de l'ignorance et laisser mourir nos précieuses baleines (et oiseaux et chauves-souris...) pendant que nous écoutons, dans une stupidité béate, le ronronnement des pales des turbines...
https://augustinmassin.blogspot.com/2018/10/des-centaines-de-deces-inexpliques-de.html?spref=fb&fbclid=IwAR0j2Y4l9bJyT9qmZxiNNDf3KVMquSVUKsStc9ofa2YbalmVwwIKP4bIbbc
http://jasonendfield.weebly.com/home/hundreds-of-unexplained-whale-deaths-might-be-linked-to-offshore-wind-farms

23/10/18 : Tarn : Un aigle royal en convalescence à Millau
Retrouvé dans le Tarn cet été, blessé à une aile, l'aigle royal a été pris en charge par le Centre régional de sauvegarde de la faune sauvage caussenard à Millau.
Longtemps il a été l’emblème des dieux, des rois ou des états, mais c’est avant tout un rapace emblématique ; ce rapace majestueux a toujours été présent sur le Massif Central, dans la région des Grands Causses mais il a bien failli disparaître. Dans les années 1970 moins d’une dizaine de couples subsistent. Victime de destructions massives (tir, empoisonnement, dénichage), il est le premier rapace protégé en France dès 1965.
Voué à une mort certaine
Une quarantaine de couples sont, à ce jour, présent sur le sud du Massif Central. Le 22 Août dernier, un Aigle adulte, très affaibli, a été accueilli au Centre Régional de Sauvegarde de la Faune Sauvage Caussenard à Millau. Il s’agit du premier accueil de cette espèce en 18 ans et du cinquième depuis 1991.
Ce mâle adulte a été découvert au sol dans la commune de Barre, dans le Tarn (81320), à la limite sud du département de l’Aveyron, à moins d’un kilomètre d’un parc éolien. Il a été capturé et transporté par un agent de l’ONCFS avant d’être pris en charge par l’équipe du CRSFSC.
Malheureusement, après examen, dont une radio effectuée par la Clinique Vétérinaire des Acanthes à Millau, il n’y a plus de doute, une phalange manque à l’aile droite. Il ne pourra plus voler et donc chasser. Il est voué à une mort certaine s’il est relâché en nature.
Espèce menacée
Les Centres de Sauvegarde n’ont pas le droit de garder des animaux handicapés, il a donc été placé dans une structure d’accueil adaptée, à la volerie de l’Office National des Forêts de Rambouillet. Le roi des rapaces peut atteindre 2m d’envergure et un poids de 3,8 kg pour le mâle et les 2,20m d’envergure et 5,2kg pour la femelle et peut vivre jusqu’à 25 ans environ.
Cet Aigle niche principalement dans les falaises et son territoire de chasse peut facilement s’étendre sur des dizaines de kilomètres. C’est un super prédateur, qui peut s’attaquer à toute sorte de proies, qu’il s’agisse de mammifères ou d’oiseaux.
Encore pourchassé il n’y a pas si longtemps, les protections mises en place il y a une cinquantaine d’années ont permis une évolution positive de l’espèce. Son statut est passé de 11 couples autour de 1979 à plus de quarante aujourd’hui dans notre région. Malgré cela, l’Aigle royal demeure une espèce menacée.
https://www.centrepresseaveyron.fr/2018/10/23/un-aigle-royal-en-convalescence-a-millau,4742749.php

16/10/18 : Eolien et biodiversité : la réglementation compte, l’état d’esprit aussi
Les éoliennes sont-elles compatibles avec le respect de la biodiversité ? La réponse est… : « ça dépend ». Non pas du vent, mais de la qualité du projet, de sa situation et de la manière de le structurer. « Aucun développeur n’est tout noir ou tout blanc. Mais certains sont moins enclins que d’autres à franchir la ligne rouge », formule Geoffroy Marx, responsable du programme Energies renouvelables et biodiversité à la LPO (Ligue de protection des oiseaux). Une ligne qui correspond par exemple à la lisière des derniers refuges de biodiversité français, où la faune reste plus abondante qu’ailleurs : les zones de protection spéciale Natura 2000, lesquelles couvrent aujourd’hui 8% du territoire. Une autre mauvaise idée selon cette ONG environnementale ? Installer des turbines dans les forêts de feuillus encore bien fréquentées par les animaux.
« Ces mégawatts, nous les avons faits correctement »
« La compétition entre développeurs incite certains acteurs à précipiter le mouvement, à choisir des sites inappropriés », confirme de son côté Guillaume Wendling, directeur environnement et technique de WPD France, qui déclare ...
https://www.greenunivers.com/2018/10/eolien-et-biodiversite-la-reglementation-compte-letat-desprit-aussi-189627/


12/10/18 : Projet éolien Yeu-Noirmoutier : un avis défavorable
Le Conseil national de la protection de la nature (CNPN), nommé par le ministère de la Transition écologique a rendu un avis consultatif défavorable à une demande de dérogation qui concerne des espèces protégées.
L’étude d’impact du projet sur des espèces protégées a reçu un avis défavorable du CNPN par onze votes contre, deux pour et deux abstentions. Ce conseil est composé d’experts nommés par le ministère de l’Ecologie.
La dérogation a été présentée par Engie, porteur du projet de parc éolien au large des îles d’Yeu et Noirmoutier en Vendée. Elle concerne des espèces d’oiseaux protégées : goélands, mouettes, sternes, Fou de Bassan, Grand labbe, cormoran huppé, guillemot de Troïl et pingouin torda, mais aussi une chauve-souris, la pipistrelle.
Le CNPN s'interroge : " l’impact cumulé des deux parcs Saint-Nazaire et Yeu-Noirmoutier est certainement minimisé ».Aux yeux des experts, « la réorientation du parc, à la demande des pêcheurs, devrait augmenter les collisions et l’effet barrière pour les oiseaux migrateurs ». Ils ne cautionnent pas « les mesures compensatoires ».Pour le CNPN, le dauphin commun, le marsouin et la tortue luth ont été oubliés par l’évaluation. « Il manque une dérogation au titre de la dégradation de l’habitat du puffin des Baléares (un oiseau en voie d’extinction), l’étude indiquant « une trop faible présence de l’espèce ».
Pas référencé dans l'enquête publique
Le collectif qui s’oppose au projet, Touche pas à nos îles, rebondit sur cet avis défavorable pour en faire « un plaidoyer pour la préservation de la nature et des écosystèmes ». Les opposants, conscients qu’il ne s’agit que d’un avis consultatif en profitent pour signaler que« l’avis a été rendu le 22 juin 2018 ». Mais que « l’enquête publique, achevée en le 9 août,n’en fait absolument pas référence », s’insurge Fabien Bouglé.
Les opposants s’appuient sur une des recommandations de la CNPN qui attend « une présentation globale du projet » à savoir l’implantation des éoliennes mais aussi le raccordement porté par la RTE.Ils en déduisent que la RTE n’a pas fait de demande de dérogation. La préfecture de Vendée reste plus évasive en indiquant « qu’il y a une dizaine de procédures indépendantes » et que ce n’est que « dans le cadre de l’une d’elle » que le CNPN a travaillé.

12/10/18 : CHARLES LHERMITTE (FEE) : “LA BIODIVERSITÉ EST LE PREMIER ENJEU D’UNE FERME ÉOLIENNE” 😏😏😏
A quelques jours du lancement du 9ème Colloque National Éolien, L’Energeek a pu rencontrer Charles Lhermitte, Vice-Président de l’association France Énergie Éolienne. L’occasion pour lui de revenir sur les enjeux de la profession, alors que la nouvelle version de la Programmation pluriannuelle de l’énergie sera prochainement rendue publique par le Ministère de la transition écologique…
Où en sommes-nous de la transition énergétique pour l’éolien terrestre ? Qu’attendez-vous des objectifs de la prochaine PPE pour la filière ?
Aujourd’hui nous sommes à 15 GW installés, soit 15 000 MW. Donc nous sommes relativement loin du compte, et nous attendons des objectifs ambitieux pour la prochaine Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), afin de permettre au minimum de doubler la puissance installée à l’horizon 2028. Plus précisément, nous pensons que nous pouvons atteindre 26 GW pour l’éolien terrestre à l’horizon 2023 et 37 GW en 2028 ; parallèlement, l’éolien en mer pourrait représenter respectivement 3,5 et 12 GW.
Pour l’éolien en mer, la confirmation d’Emmanuel Macron vous semble-t-elle suffisante pour tenir les objectifs de la PPE (500 MW en 2018) ? Peut-on tout de même être plus ambitieux pour les années à venir ?
De toute évidence, cet objectif n’a pas été tenu puisque nous disposons actuellement d’un seul projet pilote installé – celui de Floatgen d’Ideol offshore au large du Croisic. Il y a une énorme inquiétude de la profession quant aux objectifs pour l’offshore, surtout en termes de délais. C’est-à-dire qu’aujourd’hui il y a des volumes lauréats qui sont significatifs, mais nous n’avons toujours pas de perspectives pour la mise en construction de tous ces dossiers. Alors que nous sommes très en retard, nous redoutons que le glissement des délais se poursuive et que la réalisation des projets n’intervienne que bien plus tard.
Que pouvez-vous nous dire des nouveaux appels d’offres bi-technologiques ? A l’avenir, l’éolien restera-t-il compétitif face au solaire et aux autres technologies ?Nous sommes en train de préparer la réponse au premier appel d’offres bi-technologiques (éolien et solaire). Toutefois, nous considérons que nous ne sommes pas exactement au même degré de maturité pour l’éolien et pour le solaire, c’est pourquoi il ne nous semble pas primordial de voir ces deux technologies concourir l’une contre l’autre. Et même nous préfèrerions avoir des objectifs ambitieux – et séparés – pour chacune de ces sources d’énergie (éolien, solaire, biogaz, hydroélectricité) afin qu’on évite du même coup les distorsions de concurrence entre les énergies vertes. Heureusement, pour l’instant en tout cas, tant pour le solaire que pour l’éolien, on constate une importante baisse de la courbe qui retrace l’évolution des prix.
Avec le prochain Colloque National Eolien, faut-il s’attendre à des annonces pour le secteur ? Comment présenteriez-vous cet événement ?

La date du colloque va plus ou moins correspondre avec les annonces qui doivent être faites par le gouvernement, sur les objectifs de la Programmation pluriannuelle de l’énergie. Or, parmi nos invités nous comptons notamment sur la présence d’un certain nombre de représentants de la Direction Générale Énergie Climat (DGEC) du Ministère de la Transition Écologique et Solidaire (MTES). Et c’est eux qui devront présenter la stratégie retenue ; c’est très important car il s’agit de l’avenir de la filière pour au minimum 10 ans !
Mais ce colloque a aussi pour objectif de montrer les avancées réalisées dans la structuration de la filière. Aujourd’hui, elle représente en France environ 17 000 emplois directs, un nombre qui progresse d’année en année. Cela démontre que l’éolien est plus que jamais une filière d’avenir pour de nombreux hommes et femmes, tout en étant une solution pour la transition énergétique en cours. En faisant ce rappel, nous espérons effectivement convaincre de l’intérêt de se fixer des objectifs ambitieux pour le développement des projets renouvelables. Pour cela, nous souhaitons envisager plusieurs solutions, par exemple nous cherchons avant tout à lever certains verrous administratifs qui demeurent très importants. En effet, nous trouvons qu’il est inacceptable de mettre 7 à 8 ans pour lancer la construction d’un parc éolien, du fait des contentieux ! Cela paralyse l’ensemble de la filière, on perd un temps fou avec des procédures parfois kafkaïennes et un « pognon de dingue » en frais d’avocat… Au point que dans certains projets menés en crowdfunding, les citoyens-contributeurs finissent par ne plus y croire…
De même, l’augmentation de la taille des rotors et des éoliennes, pourrait également être un des moyens efficaces pour produire de l’électricité moins chère ; d’autant qu’il y a des territoires qui s’y prêteraient très bien. Après, il y a parfois des préoccupations paysagères à prendre en considération. Car une éolienne de 120 mètres ne peut pas être installée n’importe où : d’où la nécessité de réaliser des études d’impact…
Quelles sont vos réponses à ceux qui se plaignent de l’impact de l’éolien sur la biodiversité ?
Ce que l’on peut commencer par souligner, c’est que l’éolien a permis de compiler l’une des plus grandes bases de données sur la biodiversité, à travers justement les multiples études d’impact qui ont été réalisées sur l’ensemble du territoire national. Sur la mortalité des oiseaux en particuliers, nous avons également réalisés de très nombreuses études de recherche, qui nous ont permis de mettre en oeuvre une série de mesure sur les parcs afin de protéger toutes les espèces.
Et même je pourrais dire que la biodiversité est le premier enjeu d’une ferme éolienne. En effet, les EnR comme outils de la transition énergétique font partie de la solution dans la lutte contre le réchauffement climatique. De notre point de vue, d’autres chantiers pourraient être menés pour préserver la biodiversité, tant au niveau des terres agricoles, que des externalités négatives de notre système de transport et de notre réseau routier. J’ai parfois l’impression qu’on a souvent du mal à relativiser l’impact des différentes activités humaines. La baisse de la biodiversité à laquelle on assiste actuellement, ce n’est pas la conséquence de l’éolien, bien au contraire ! De plus, il faut aussi voir la situation dans son ensemble, les deux tiers des oiseaux que l’on peut trouver dans notre pays sont des oiseaux migrateurs. La problématique est complexe, et il me semble plutôt contreproductif de faire de l’éolien un bouc émissaire. Aujourd’hui c’est bien le système dans son ensemble qui est à l’origine de l’extinction de masse que nous subissons.
Que répondez-vous à ceux qui remettent en cause la théorie du foisonnement pour les énergies renouvelables ?
Remettre en cause la théorie du foisonnement c’est une position qui n’est pas défendable. D’abord parce que le foisonnement est une réalité qu’on observe parallèlement à la décentralisation des réseaux, et surtout qu’il correspond à une volonté de consommer des kilowattheures qui soient produits plus près de chez soi. Sur le plan technique, le foisonnement doit permettre de palier les différentes intermittences des énergies renouvelables.
Le foisonnement en métropole aujourd’hui permet par ailleurs de limiter les coûts d’adaptation au réseau. Et si les besoins diffèrent en fonction du territoire et de son « profil de consommation », s’il s’agit par exemple d’un territoire avec une importante consommation industrielle 24h/24 ou si la demande est essentiellement liée au marché des particuliers – aujourd’hui l’objectif de 40 à 50% d’EnR dans le mix électrique est tout à fait réalisable, c’est notamment ce qui se fait en Allemagne. Ce constat vaut en tout cas pour la métropole, parce que nous sommes interconnectés et parce que nous disposons de différentes sources d’énergie. Dans les DOM-TOM, la situation est différente, et il va falloir investir massivement dans l’adaptation du réseau électrique, avec de nouvelles capacités de stockage. Mais puisque le prix de l’énergie est tellement cher, celui du fioul en particulier, cela reste économiquement viable d’opter pour des EnR couplées à de nouvelles capacités de stockage.
Que pensez-vous de l’arrivée de François de Rugy au ministère de la transition écologique ? Pensez-vous que le libéralisme soit compatible avec un changement de modèle en faveur de l’écologie ?
Il est toujours difficile de se prononcer sur un ministre qui vient de prendre ses fonctions depuis seulement quelques semaines. Ce qui est néanmoins certain, c’est que François de Rugy connaît bien les problématiques des énergies renouvelables. Ce qui est quand même un gage pour les différentes filières présentent en France, dont l’activité est parfois complexe du fait de la technicité et de la réglementation en vigueur pour le secteur de l’énergie.
Pour innover et faire de la recherche en développement, il y a la nécessité de mettre en concurrence les technologies. Dans cette optique, il me semble que transition écologique et libéralisme peuvent se concilier, en permettant à chaque Nation de développer des solutions en fonction de leurs spécificités géographiques, scientifiques ou sociales. Le libéralisme n’est en tout cas pas un frein au développement des énergies renouvelables, alors qu’elles font probablement partie de la solution pour relocaliser une partie de la production dans notre pays. Avec des matières premières gratuites et quasiment inépuisables telles que le vent et le soleil, mais aussi grâce au niveau de maturité et de sophistication des nouvelles technologies, les énergies vertes ont effectivement réussi à faire la démonstration qu’elles pouvaient s’imposer par le prix. Et cela est évidemment très important ; car si dans notre société de nombreuses personnes sont préoccupées par les questions environnementales, et que certaines sont mêmes prêtes à payer leurs mégawattheures plus chers pour consommer de l’électricité verte, d’autres, encore plus nombreux sans doute, sont attachés à la problématique du coût. Pour que l’éolien puisse accomplir sa mission, qui consiste à décarboner la production d’énergie et à limiter ainsi le réchauffement climatique, il faut qu’il gagne la guerre des prix pour s’imposer au niveau mondial. Comme nous sommes en train de réussir ce pari, je crois qu’effectivement l’écologie est compatible avec le libéralisme…
https://lenergeek.com/2018/10/12/charles-lhermitte-fee-colloque-national-eolien/
08/10/18 : Pays-de-La-Loire : Île d'Yeu : Projet éolien : des études d'impact trop légères ?
Le Conseil national de la protection de la nature est critique sur les études d'impact sur les populations animales. Les opposants relancent le débat.
Le 22 juin, le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) a rejeté la demande de dérogation présentée par Emyn pour plusieurs espèces animales protégées présentes sur le site du projet d'implantation d'éoliennes en mer. Un rapport passé inaperçu.
Cette instance d'expertise scientifique et technique, rattachée au ministère de la Transition écologique et solidaire, « pointe du doigt le manque de fiabilité des études d'impact réalisées par le consortium, analyse le collectif Yeu vent debout. Les experts ont indiqué des lacunes, l'insuffisance des données collectées, des analyses inabouties, des connaissances incertaines ».
Le collectif monte au créneau : « C'est sans équivoque. Le consortium doit revoir sa copie et suivre les recommandations du CNPN. »
Des « résultats fortement sujets à caution »
Selon le CNPN, l'état des lieux ne reflète pas les situations. Les enjeux et impacts du projet sur plusieurs espèces protégées sont sous-estimés. « Parmi les exemples les plus choquants, il n'y a pas d'évaluation chiffrée des populations d'oiseaux, de mammifères marins, de chauves-souris et de tortues qui fréquentent la zone, souligne Yeu vent debout. L'atteinte auditive des dauphins et des marsouins a été calculée pour des durées d'exposition au bruit d'une seconde, alors que les forages durent des heures. » Des critères « non licites », lit-on dans l'avis.
Le CNPN attend « un état des lieux complémentaire » et détaille de nombreux points méthodologiques à revoir. Il demande notamment une évaluation de l'impact cumulé des six projets éoliens en mer à l'échelle nationale sur les oiseaux.
Il insiste aussi sur la finalité des mesures compensatoires : le maintien et le rétablissement de l'état de conservation des espèces protégées touchées, comme la restauration d'habitats. Or, le consortium se limite à financer des associations sur des sujets connexes, tel le suivi de la reproduction de goélands. Des mesures d'accompagnement insuffisantes, aux yeux du CNPN.
Contactée, Lucile Forget, responsable du développement local chez Emyn, n'a pas souhaité réagir : « Il s'agit d'une procédure en cours et nous n'avons pas à la commenter. »

05/10/18 : Belgique : Les éoliennes en mer non sans conséquences pour l’écosystème marin
Les plus de 250 éoliennes qui fendent le vent au large de la Côte belge ne sont pas sans conséquences pour l’écosystème marin. Nuisances sonores, pièges à oiseaux, aimants à moules et anémones, ... Ces impacts font l’objet d’un suivi régulier par l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique (IRSNB) depuis 2008 avec l’appui de l’Université de Gand, notamment.
Dans un rapport publié vendredi, l’IRSNB livre ses dernières observations en la matière. Parmi celles-ci, les scientifiques relèvent que le bruit généré par l’enfouissement des mâts demeure toujours trop élevé par rapport au seuil de 185 décibels (dB) à 750 mètres de la source sonore, établi par une directive européenne. «Les activités actuelles de battage de pieux produisent des niveaux sonores allant jusqu’à 204 dB à 750 mètres de la source», souligne l’IRSNB. Au moment de ces opérations, la présence de marsouins - ce dauphin de la mer du Nord - diminue de 75%.
«Les mesures d’atténuation sonore ne sont donc plus une option mais une obligation lors des activités d’empilage», ajoute l’Institut, selon lequel la combinaison d’une restriction saisonnière de battage des pieux et d’un dispositif de dissuasion acoustique n’est toutefois «pas suffisante pour ramener l’impact sur la population de marsouins à des valeurs acceptables».
Les scientifiques ont également permis de mettre en évidence des changements dans les sédiments, la densité, la diversité et la composition des communautés d’invertébrés autour de trois types de fondations de turbines.
Bien que certaines espèces de grenouilles ou de poissons pourraient bénéficier de l’expansion des parcs éoliens, les oiseaux, eux, hésitent de plus en plus à entrer dans les parcs lorsque les vents sont forts.
«Grâce à ce programme de surveillance, nous disposons non seulement d’un bon aperçu de l’impact qu’ont les éoliennes en mer, mais nous pouvons également formuler des recommandations visant à atténuer les effets indésirables sur l’écosystème marin», explique l’auteur du rapport et chef de la direction opérationnelle Milieux Naturels de l’IRSNB, Steven Degraer.
Ce monitoring est d’autant plus important que la course à l’énergie éolienne en mer se poursuit. A l’heure actuelle, quatre parcs éoliens offshore sont déjà opérationnels dans la partie belge de la mer du Nord et un cinquième (Norther) est en cours de construction. L’objectif est d’atteindre une puissance installée de 1.152 mégawatts, composée de 274 éoliennes, d’ici la fin de 2018. Quatre autres projets devraient débuter en 2019 et 2020.
La Belgique s’est engagée à couvrir 13% de ses besoins énergétiques à partir de sources renouvelables d’ici 2020.

https://www.sudinfo.be/id78428/article/2018-10-05/les-eoliennes-en-mer-non-sans-consequences-pour-lecosysteme-marin

05/10/18Comble de l'écologie : dans l'Aude, les éoliennes menacent la survie d'une espèce d'oiseau menacée
La Ligue de protection des oiseaux de l'Aude est inquiète. D'autant plus inquiète que fin septembre, deux nouveaux cadavres de faucon crécerellette ont été retrouvés sous un parc éolien du Lézignanais. Cette découverte porte à 4 le nombre de cas avérés de collision avec des aérogénérateurs et pose la question de la viabilité de la population de cette espèce menacée en Europe. «Au bord de l'extinction dans les années 1980, la population européenne de faucon crécerellette a vu ses effectifs augmenter dans les années 2000. Ce résultat est en partie dû aux efforts de protection de l'espèce et de ses habitats naturels. Dans l'Aude, un programme soutenu par la Communauté Européenne a permis de renforcer la population de faucon crécerellette localement», précise-t-on du côté de la LPO Aude.
Aujourd'hui le faucon crécerellette niche sur 4 communes de l'Aude. Cette situation pourrait paraître favorable si une surmortalité n'était pas constatée avec les parcs éoliens. «En effet, ce petit faucon insectivore apprécie les milieux ouverts riches en sauterelles et criquets présents au pied des éoliennes. Focalisé sur sa proie, le faucon crécerellette peut soit entrer en collision avec une pale soit être victime de barotraumatisme. Peu de suivis de mortalité systématiques des parcs éoliens sont mis en place et aucun n'est réalisé en période de rassemblement migratoire en août-septembre. Or une analyse scientifique faite récemment pour le Séminaire Éolien et Biodiversité 2017 montre l'effet significatif de la mortalité d'un seul parc éolien dans l'Hérault sur la population française de l'espèce. La multiplication des cas et des parcs éoliens impactant en région pourrait donc entraîner un nouvel effondrement des populations du faucon crécerellette».
La LPO Aude demande donc une nouvelle fois que les domaines vitaux d'espèces d'oiseaux menacées, comme le faucon crécerellette, soit évités par le développement de l'éolien.

07/09/18 : Bretagne : Loctudy : La tête à l’envers. Les chauves-souris s’exposent à la médiathèque
La médiathèque accueille jusqu’à mercredi, une exposition sur les chauves-souris, sous forme de panneaux, mise en place par Christian Lioto, du Groupe mammalogique breton, association spécialisée qui œuvre à la protection des mammifères sauvages de Bretagne et de leurs habitats.
Cette exposition illustre le thème principal du septième colloque d’ornithologie organisé par l’association Loctudy ornithologie qui, cette année, sera principalement consacré… aux chiroptères.
Pas d’erreur possible, les chauves-souris ne sont pas des oiseaux, mais bien des mammifères. C’est même le seul mammifère volant et c’est sans doute la raison pour laquelle il est protégé par… la ligue de protection des oiseaux.
Ce drôle d’oiseau possède bien d’autres particularités : il dort la tête en bas, il émet des ondes sonores inaudibles par l’homme lui permettant de se déplacer ou d’attraper un moustique en plein vol, il ne s’active que la nuit.
Ces bizarreries et ce mode de vie quelque peu décalé sont à l’origine de bien des croyances et de peurs, totalement infondées, pour Christian Lioto qui, lors de son intervention au colloque du samedi 15 septembre, s’évertuera à « démystifier la mauvaise réputation de la chauve-souris ».
Deuxième ordre de mammifères en terme de nombre d’espèces dans le monde, la chauve-souris est pourtant menacée. « Les dérives humaines ont rendu certaines populations très fragiles. Depuis le remembrement, 90 % des populations de chauves-souris ont disparu de Bretagne. L’utilisation de pesticides, la construction d’éoliennes contribuent à l’extinction des chauves-souris. De plus, une mère n’a qu’un seul petit par an et la mortalité infantile est élevée », déplore Christian Lioto.
Et pourtant, ce petit mammifère totalement inoffensif est très utile. Les chauves-souris européennes sont, en effet, de grandes dévoreuses d’insectes. Une seule pipistrelle est capable d’engloutir 300 moustiques à l’heure !
Exposition jusqu’à mercredi, à la médiathèque.

https://www.letelegramme.fr/finistere/loctudy/la-tete-a-l-envers-les-chauves-souris-s-exposent-a-la-mediatheque-07-09-2018-12071600.php
07/09/18 : La mer, notre avenir. Des bulles pour protéger les mammifères marins
Pour lutter contre la pollution sonore des milieux marins, les scientifiques encouragent l’utilisation de rideaux de bulles, des dispositifs créant des barrières acoustiques.
Les travaux sous-marins sont source de pollution sonore et ont un impact sur les mammifères marins, entraînant des réactions de stress, de fuite, voire des atteintes physiologiques.
Pour les protéger, industriels et scientifiques créent des murs antibruit à base de bulles : des tuyaux percés placés au fond de l’eau, dans lesquels est insufflé de l’air.

Les bulles qui s’échappent créent des barrières acoustiques. « On atteint des niveaux d’atténuation équivalents à ceux qu’apportent des casques de chantier », assure Thierry Delaunay, de la société Grands travaux de l’Océan Indien (GTOI), filiale du groupe Colas qui construit 6,7 km de route-digue pour la future nouvelle route du littoral de La Réunion.
Calibrage précis
Pour ce chantier, GTOI utilise près d’un kilomètre de tuyaux percés répartis en différents tronçons « dimensionnés en fonction du bruit source et de la taille des travaux », précise l’ingénieur.
Ce calibrage est fondamental car « si on dose mal le diamètre des bulles, leur densité et le perçage du tuyau, on peut amplifier les sons au lieu de les atténuer », alerte Michel Arrigoni, professeur en systèmes pyrotechniques à l’École nationale supérieure de techniques avancées (ENSTA) Bretagne.
Pour la Marine ou les énergies renouvelables
Les bulles ont de nombreuses applications, la Marine utilise par exemple des ceintures de bulles sur les frégates anti-sous-marines type Latouche-Tréville pour diminuer leur signature acoustique. « Ce n’est pas très répandu car ce n’est pas du tout rentable », observe Christophe Rousseau, directeur adjoint du Centre de documentation de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (Cedre).
Pour GTOI, le premier mur a coûté près de 150 000 € avec la recherche et développement. Aujourd’hui, un tuyau de 125 mètres revient à moins de 8 000 €. Les compresseurs sont très énergivores ; l’entreprise travaille sur une alimentation par énergies renouvelables. Le secteur des énergies marines renouvelables est d’ailleurs intéressé par les murs de bulles pour la construction de fermes.

Un dispositif expérimental de réduction de bruit doit être testé lors de la construction du parc éolien en mer par Ailes Marines au large de Saint-Brieuc. « Il pourrait s’agir d’un ou plusieurs rideaux de bulles », précise la direction.
https://www.ouest-france.fr/mer/la-mer-notre-avenir/la-mer-notre-avenir-des-bulles-pour-proteger-les-mammiferes-marins-5953987
29/08/18Chauve souris : un mammifère mal connu
Partez à la découverte de ce petit mammifère indispensable pour la biodiversité.
Mammifère mal connu, sujet à des mythes et parfois redouté, la chauve-souris joue un rôle pourtant crucial au sein de la biodiversité et de la ville. Tous les ans, une nuit de la chauve-souris est organisée pour partir faire sa connaissance, une fois le soleil couché. La chauve-souris mange toutes les nuits l'équivalent de la moitié de son poids en insectes et débarrasse ainsi les cultures de certains papillons de nuit qui les ravagent. Elle peut être considérée comme une auxiliaire de culture.
Des menaces multiples
Ce mammifère est lui aussi menacé par l'utilisation d'insecticides. Autre fléau, les éoliennes qui déciment le nombre de chauves-souris. Il faudrait alors arrêter et adapter les pales en fonction des migrations. En France, en dix ans, le nombre de chauves-souris a presque été divisé par deux.

14/08/18 : BIODIVERSITÉ: ET LES ÉOLIENNES ? Courrier des lecteurs :
William Gascoin, un lecteur de CL, a été interpellé par notre article consacré au déclin de la biodiversité en Charente, paru le mardi 31 juillet. Il souhaite faire part de quelques observations:
"Je constate dans cet article qu’à aucun moment les éoliennes géantes qu’on installe un peu partout en Charente ne sont incriminées dans le déclin de la biodiversité. On “tape” beaucoup sur les agriculteurs, peut-être à juste titre, concernant les pesticides, ou sur les particuliers qui utilisent des produits de traitement pour les charpentes, mais ces machines industrielles géantes broyeuses d’insectes et mortifères pour les chauves-souris ou les oiseaux, elles, ne semblent y être pour rien. Allons! Soyez honnêtes... Vous ne pouvez pas passer sous silence cette destruction environnementale. [...] De nombreux scientifiques se sont penchés sur ce problème partout dans le monde."
Des remarques que nous avons soumises à Jean Bernaben, vice-président de Charente Nature. "Les insectes, s’ils ne volent pas à hauteur des pales, c’est-à-dire à environ 50 mètres, ne sont pas aspirés ou frappés. C’est pour les oiseaux et les chauves-souris que le bât blesse. Les éoliennes doivent être implantées à distance des lisières boisées et à 500 mètres des villages, car les chauves-souris ne s’aventurent guère au-delà. Il peut y avoir des mesures de bridage la nuit et pendant les périodes de migration. C’est-à-dire ne pas faire fonctionner les éoliennes, pour ne pas les déranger. Dans ces cas-là, il y a un suivi de mortalité pour voir s’il faut élargir les périodes d’arrêt ou si, au contraire, les possibilités de fonctionnement peuvent être augmentées. En ce qui concerne les oiseaux, au moment des migrations, les bridages sont également possibles. Tout est mis en oeuvre pour limiter les conséquences sur les animaux, mais il y a des enjeux environnementaux partout. On peut dire à juste titre que les éoliennes ont un impact sur les chauves-souris et les oiseaux."
http://www.charentelibre.fr/2018/08/14/biodiversite-et-les-eoliennes,3297865.php

09/08/18 : La noctule, chauve-souris slalomeuse
Les animaux peuvent désormais être suivis grâce à des appareils sophistiqués. Les données recueillies dévoilent les secrets des espèces les plus diverses. Aujourd’hui, un chiroptère attiré par les éoliennes.
Par Nathaniel Herzberg
Posons d’abord quelques balises, juste de quoi sortir des fantasmes. Non, les chauves-souris ne se nourrissent pas de sang : les unes consomment fleurs et pollens, les autres insectes et moucherons, autrement dit tout ce qui vole au-dessus de nos têtes. Non, les chauves-souris ne sont pas toutes pareilles : on compte un bon millier d’espèces, ce qui fait de l’ordre des chiroptères le deuxième le plus varié parmi les mammifères (près de 20 % d’entre eux), juste après les rongeurs. Car, oui, la chauve-souris est un mammifère, le seul mammifère volant, ou plus exactement le seul à disposer d’un vol actif (les écureuils volants ne font que planer).
Ah, ce vol ! Des siècles qu’il fascine scientifiques et artistes. Il faut dire que les immenses ailes de notre cousine éloignée ne sont autres que des morceaux de peau reliant son corps à ses avant-bras et surtout à ses mains, du 2e au 5e doigt – le pouce griffu servant de pince. Un dispositif de précision, hypervascularisé, plus économe que celui des oiseaux et capable de se régénérer à grande vitesse après une blessure ou même une amputation partielle. Pour régler ce vol, viser ses proies ou éviter les obstacles, la chauve-souris profite de ce sens si particulier qu’elle partage avec quelques autres créatures – dauphins, orques, musaraignes, quelques oiseaux et même de rares papillons de nuit : l’écholocation. Un clic émetteur, un organe de réception des ondes réfléchies, le tout décodé par le cerveau, et se forme alors, dans celui-ci, un véritable paysage ultrasonore.
Ce qui n’empêche pas les chauves-souris de voir. Avec les yeux, s’entend. C’est même de cette façon que l’animal se guide lors de la plupart de ses déplacements extérieurs. Pas des petites promenades vespérales pour se dégourdir les ailes. Non : des excursions, des randonnées, quand il ne s’agit pas de véritables odyssées. Prenez la noctule commune. A l’arrivée de l’hiver, certaines populations quittent le nord de la Scandinavie pour gagner l’Allemagne, remplaçant leurs congénères qui s’envolent vers la Suisse ou le sud de la France. Des migrations de 2 000 km, que la connaissance commune croit réservée à la classe des oiseaux.
Razzia de moustiques
Mais, même hors ces grands voyages saisonniers, les noctules volent les yeux grands ouverts. Ce qui ne les empêche pas de succomber par paquets, victimes de nos géantes éoliennes. La dépression provoquée par le passage des pales fait en effet éclater les fins capillaires de leurs poumons. En Allemagne, une étude a évalué à 250 000 le nombre de chauves-souris ainsi tuées chaque année. Manuel Roeleke et ses collègues du département d’écologie évolutive de l’Institut Leibniz de Berlin ont donc décidé de mieux comprendre les paramètres régissant les vols quotidiens des chiroptères.
L’équipe, dirigée par Christian Voigt, a installé, dans la région d’Uckermark, dans le nord-est de l’Allemagne, une vingtaine d’abris perchés. Habituées aux troncs creux, les noctules y ont fait leur nid. « Le jour, elles s’y reposent, dorment, se toilettent ou discutent, précise le scientifique. Quand on passe à côté, on entend leurs palabres. » Mais, à la tombée de la nuit, les chiroptères s’envolent. Les scientifiques ont équipé vingt d’entre eux de minuscules balises GPS (3,5 g pour des animaux pesant environ 30 g) et suivi leurs parcours.
Ils ont constaté que les mâles partaient en chasse vingt-cinq minutes après le coucher du soleil. Leur campagne dure une heure, au cours de laquelle ils gagnent un lac situé à environ 6 km à l’est, opèrent une razzia de moustiques au-dessus du point d’eau, et rentrent au bercail digérer leur festin. Ils opèrent souvent un second service, cette fois pour boire, un peu avant le lever du jour. A l’aller comme au retour, ils prennent soin de contourner le champ d’éoliennes situé au milieu du parcours. « Manifestement, ils savent ce qu’ils cherchent, à savoir l’étang, et évitent donc le danger. Nous nous attendions un peu à ça. »
65 % des individus tués par les moulins sont des femelles
La surprise est venue des femelles. Les chercheurs ont en effet découvert que, au milieu de l’été, celles-ci quittent elles aussi le nid à la nuit tombée, mais pour des parcours nettement plus long, plus de deux heures et demie en moyenne. Leur vol est plus lent, réalisé à une altitude plus élevée. Surtout, il suit une trajectoire tout autre. Piquant vers le sud, les chauves-souris ne gagnent pas une quelconque zone de chasse. Elles survolent prairies et zones habitées, semblent éviter les surfaces cultivées, et visent… un second champ d’éoliennes, situé à une douzaine de kilomètres de leur base. Elles le traversent, puis rentrent, en frôlant une fois encore trois turbines installées sur le chemin.
Pourquoi un tel comportement ? « Nous n’avons pu faire que des suppositions, explique Manuel Roeleke. Notre période d’études était celle où les petits quittent le nid. Les femelles sont donc prêtes à de nouvelles aventures. Il est probable qu’elles partent chercher d’éventuels autres territoires ou partenaires. Elles ne savent donc pas exactement ce qu’elles cherchent. C’est pourquoi elles sont attirées par les lumières des éoliennes. »
Ces observations rejoignent en tout cas le constat dressé par d’autres naturalistes selon lequel 65 % des individus tués par les moulins sont des femelles. La présence de mâles correspondrait à des jeunes manquant d’expérience ou à des victimes atteintes pendant les migrations.
Ces constats n’ont pas permis aux scientifiques de faire des recommandations particulières aux aménageurs d’éoliennes. « Eviter les routes de migrations, celles empruntées par les mâles pour aller chasser,avance Manuel Roeleke. Mais, pour les femelles, c’est plus compliqué. »L’article suggère d’éviter les installations basses (50 mètres d’altitude). Ce qui n’offre en réalité aucune garantie, les mammifères volants évoluant parfois à 200 mètres du sol. « Limiter la vitesse de rotation des turbines pendant l’été », imaginent alors les scientifiques, en conclusion de leur article. Le combat n’est pas gagné.
https://www.lemonde.fr/festival/visuel/2018/08/09/la-noctule-chauve-souris-qui-slalome-entre-les-eoliennes_5340872_4415198.html

10/07/18 : ÉOLIENNES : 30 MILLIONS DE TONNES DE BÉTON POUR SAUVER LA BIODIVERSITÉ
À l’horizon 2025, 30 millions de tonnes de béton armé vont être coulés dans le sol de la France pour implanter 20.000 éoliennes programmées par Nicolas Hulot. Comment accepter un tel double langage d’un ministre de l’Environnement qui a déclaré solennellement vouloir protéger la biodiversité de la France et lutter contre l’artificialisation des sols à grands effets d’annonces médiatiques et de shows écologiques ?
20.000 éoliennes terrestre sont programmées par la transition énergétique
Huit milles éoliennes couvrent déjà la France. Pour implanter les vingt mille éoliennes terrestres prévues à l’horizon 2025 par la Transition Énergétique, Nicolas Hulot a autorisé sans l’avouer que 30 millions de tonnes de béton qui ne seront jamais enlevées, soient déversées dans le sol français, par 1,2 million de « camions-toupies ».
Mis à la file, ces camions couvriraient le tiers du tour de la terre.
En effet un socle d’éolienne terrestre est fabriqué en coulant dans le sol 1 500 tonnes de béton sur une armature composée d’un treillis de ferraille mise dans une cavité creusée par des bulldozers et des pelleteuses. Une telle quantité de béton armé est nécessaire pour la « fixer » car elle peut maintenant culminer en bout de pales à 235 mètre de haut et supporter une nacelle de plus de 70 tonnes.
Des accidents spectaculaires qui se multiplient dans toutes les régions du monde depuis les premières machines arrivent en fin de vie, montrent que lorsqu’elles explosent elles projettent à plus de 500 m de distance des morceaux de pales ou de nacelles pesant dans certains cas plusieurs centaines de kilogrammes.
Le socle d’une éolienne a un diamètre d’environ 10 mètres et une épaisseur de l’ordre du mètre. Les 1 500 tonnes de béton armé qui le composent sont enterrés à plus d’un mètre de profondeur. Pour implanter 20.000 éoliennes, c’est un train de 12.000 km (le tiers de la circonférence terrestre) de camions toupies qui vont déverser 30 millions de tonnes de béton dans le sol de la France. Pour une seule éolienne, 60 camion toupies de 25 tonnes de béton chacun sont nécessaires pour la réalisation de ce socle.
Dans la grande majorité des cas, les routes n’existant pas, il faut aussi les construire et pour cela détruire des chemins traditionnels, raser les haies, couper de arbres. On peut affirmer que les socles d’éoliennes sont l’équivalent de véritables blockhaus plantés dans les champs n’importe où et plus particulièrement dans les zones vierges en ou la nature était intacte.
Le béton ne sera jamais enlevé. Qui va payer ce saccage écologique ?
Au bout des 15 ans, durée de vie d’une éolienne, seul le démontage est prévu, et encore pour un montant insuffisant (le septième de la somme en réalité nécessaire). Là aussi, ce sont les propriétaires de terrains, les agriculteurs et les communes qui seront grugés (*) alors qu’elles qui avait cru faire une bonne affaire. Même si l’éolienne est démantelée, le béton, lui, ne sera jamais enlevé.
En effet, en France il n’existe aucune obligation légale pour enlever ce béton du sol, ce qui est écologiquement absolument scandaleux, montrant encore une fois que l’éolien est une affaire d’argent et qu’il été totalement abandonné par les divers gouvernements depuis 2001 aux lobby des promoteurs du vent qui si fichent comme l’an quarante de la biodiversité et dont seul objet et de faire le plus vite possible le maximum de profits sans se soucier des problèmes futurs.
C’est pour cette raison en outre que la Fédération Environnement Durable (FED) demande un moratoire éolien. Un ministre ne peut prôner la protection de l’écologie et passer son temps à la bafouer.
(*) Le cout du démantèlement pour une éolienne est de 350.00 euros. Le promoteur est tenu de mettre de côté 50.000 euros. Si un agriculteur a gagné 150.000 euros sur 15 ans de loyer pour avoir accepté de louer son terrain, il risque en réalité de se retrouver grugé s’il doit payer le démantèlement. La perte pourrait s’élever pour lui à 150 000 euros.
http://www.economiematin.fr/news-eoliennes-beton-artificialisation-sol-biodiversite


27/06/18 : Loire-Atlantique Recherche volontaires pour compter les chauves-souris
Le mois de juin est propice aux prospections : Nicolas Chenaval, chargé de mission au Groupe mammalogique breton 44, recense les demoiselles nocturnes et lance un appel aux contributeurs.
Avis aux insomniaques et amoureux de la nature. Plutôt que de compter les moutons, pourquoi ne pas se mettre aux chauves-souris ? C'est ce que propose le Groupe mammalogique breton. « Chaque année au mois de juin, nous demandons aux particuliers de nous signaler la présence de chiroptères dans leurs habitations, afin de pouvoir les recenser. Car les demoiselles nocturnes ont beau être très protégées par la loi, elles sont sévèrement en déclin », regrette Nicolas Chenaval.
Chargé de mission mammifère sauvage, le salarié de l'antenne 44 de l'association étudie plus particulièrement les chauves-souris. « C'est pour ce mammifère que nous disposons du plus de financements. Les chiffres sont en effet dramatiques : sur le XXe siècle, on a assisté à la disparition de 80 à 90 % des effectifs ! » En cause, la modification des pratiques agricoles et la destruction des milieux. D'autres éléments rentrent aussi en jeu, « comme l'implantation d'éoliennes qui touchent particulièrement les espèces migratrices. »
On compte encore 21 espèces de chauves-souris en Loire-atlantique et 34 en France. « Dans le département, les sites d'hibernation les plus fréquentés sont souvent des édifices issus des guerres : le quai militaire de la forêt du Gâvre, une grotte qui servait de stock de munitions à Mauves-sur-Loire ou encore la carrière de Grénébo à Pontchâteau, qui abrite une ancienne fortification allemande. Des cavités où la température et l'humidité sont constantes. » L'été, on en trouve sous les tuiles faîtières des maisons, dans les combles volumineux, sombres et chauds. « Des colonies se cachent souvent sous les toits des églises. Lorsqu'on refait un édifice, il faudrait consulter des spécialistes pour leur conserver des aménagements. Car la restauration peut priver les chauves-souris d'un refuge. » Or, le spécialiste l'affirme : « Victime d'une mauvaise réputation, tout à fait injustifiée – non, les chauves-souris ne s'accrochent pas aux cheveux ! – elles sont très utiles. »
http://www.presseocean.fr/actualite/loire-atlantique-recherche-volontaires-pour-compter-les-chauves-souris-27-06-2018-275368

25/06/18 : GRAND EST - La menace plane sur le milan royal
Depuis le début du printemps, douze milans royaux ont été retrouvés morts. Ces rapaces, inscrits sur la liste rouge des espèces menacées, sont, en Grand Est, souvent victimes d’empoisonnement.

L’année 2018 bat déjà de tristes records. Depuis le début du printemps, douze milans royaux, des rapaces listés parmi les espèces menacées, ont été retrouvés morts en région Grand Est. Parmi eux, un certain nombre a été victime d’empoisonnement au carbofuran, un insecticide interdit depuis 2008 mais dont certains, agriculteurs en tête, continuent de se servir. C’était notamment le cas pour le dernier animal retrouvé sans vie à Vitrey, (54), au mois de mai. « Des gens, souvent dans le milieu agricole, utilisent illégalement ce produit pour éliminer les nuisibles. Le milan royal n’est pas le seul visé, mais il n’y échappe pas non plus. Cela met à mal tout l’équilibre de l’espèce », explique Guillaume Leblanc, chargé de la coordination du plan régional d’action pour le milan royal en Lorraine.
Le cas du rapace retrouvé à Vitrey est loin d’être isolé. Les observateurs soupçonnent l’empoisonnement pour sept des douze oiseaux morts en région depuis le début du printemps. « C’est assez compliqué à prouver officiellement. Il faut déjà retrouver l’oiseau. Il faut également que la mort soit encore récente. Quand les conditions sont réunies, les analyses ne laissent que peu de place aux doutes quant au fait que les oiseaux ont été empoisonnés », souligne Sébastien Didier de la Ligue de Protection des Oiseaux en Alsace. En France, alors que le pays regroupe un sixième de la population de milans royaux, deux à trois pourcents meurent chaque année par empoisonnement. Il resterait, d’après les derniers décomptes en Grand Est, près de 250 couples en Lorraine, ainsi qu’une cinquantaine en Alsace.
« L’équilibre est fragile »
Alors que le nombre de milans royaux avait chuté dans les années 1990, un travail de fond mené par les associations, les collectivités, l’État et même l’Union européenne avait permis aux rapaces de se refaire une santé démographique. « L’équilibre est fragile, nous sommes parvenus à stabiliser la situation mais le moindre changement peut bouleverser l’équilibre », rappelle Sébastien Didier, qui insiste sur le fait que les empoisonnements ne sont pas le seul risque qui pèse sur les oiseaux. « Avec le retour du loup, on recense de plus en plus de cas d’empoisonnement, mais l’éolien pose également problèmes aux milans royaux. En Allemagne, cela cause la mort de 3 % de l’espèce. Mais là-bas, on ne relève pas de cas d’empoisonnement », conclut-il.


20/05/18 : LES CONTRADICTIONS DE M. HULOT : BIODIVERSITÉ, ÉOLIENNES, HUILE DE PALME
Ce n’est plus de la peste que les animaux sont malades, mais de l’écologie politique.
Pour la tournée provinciale des ministres, Nicolas Hulot était à Marseille le 18 mai.
Pourquoi Marseille ? C’est que la cité phocéenne doit accueillir le Congrès mondial de la nature en 2020. C’était l’occasion, pour lui, d’annoncer les grandes lignes d’un plan pour la biodiversité.
Les grandes lignes seulement, pas de mesures concrètes. Celles-ci doivent être annoncées en juillet. Comme à l’époque d’« Ushuaïa », l’ancien animateur de télévision nous a donc fait la bande-annonce de son plan…
Mais ne soyons pas trop cynique, le ministre de l’Écologie a raison de vouloir agir pour la biodiversité. On sait, aujourd’hui, que la population d’insectes a chuté de près de 80 % (notamment les abeilles), celle des oiseaux de 30 %, que les vers de terre aussi disparaissent… Cela pourrait sembler anecdotique, mais il s’agit là des bases de la pyramide alimentaire, au sommet de laquelle nous sommes. Il est donc plus que temps d’agir et on attend avec impatience les mesures qui seront annoncées.
Encore faut-il que les actions en faveur de la nature soient cohérentes.
M. Hulot nous dit que ce plan sera « le frère jumeau du plan climat ». Celui-là même qui veut développer encore les centrales éoliennes en France. Or, ces éoliennes sont une catastrophe pour les oiseaux, notamment les rapaces, les plus menacés, ainsi qu’une récente étude de la LPO (Ligue de protection des oiseaux)l’a montré. Elles sont aussi une grave menace contre les chauves-souris, une récente étude de Kévin Barré, docteur au Muséum national d’histoire naturelle, le démontre. Et on commence à se dire que les machines installées en haute mer perturberaient les animaux marins par les vibrations qu’elles génèrent. Il faut donc choisir : les éoliennes ou la biodiversité.
Par ailleurs, le même Hulot vient d’autoriser une raffinerie du groupe Total, au bord de l’étang de Berre, à importer de l’huile de palme (300.000 tonnes par an !) pour fabriquer du carburant. Huile de palme qui entraîne, pour sa fabrication, une déforestation massive en Indonésie et en Malaisie. Réduisant drastiquement, notamment, l’habitat des orangs-outans, des gibbons et d’autres espèces encore. Il semble que l’écologie, ce soit comme l’amour : loin des yeux…
Le ministre a obtenu l’interdiction du glyphosate. Il semblerait que ce ne soit qu’une mesure symbolique pour faire croire que le gouvernement se soucie de l’environnement. Selon que vous serez industriel puissant ou agriculteur misérable, les jugements de M. Hulot vous rendront blanc (vert, plutôt) ou noir. Ce n’est plus de la peste que les animaux sont malades, mais de l’écologie politique.
http://www.bvoltaire.fr/contradictions-de-m-hulot-biodiversite-eoliennes-huile-de-palme/

04/05/18 : Eolien : quel impact selon les chasseurs ?
Les chasseurs militent pour que les promoteurs éoliens accompagnent la préservation de la faune ordinaire.
Une haie pour compenser l’impact d’une éolienne sur la faune. Voilà le genre de compromis que réclame la Fédération des chasseurs de la Somme. «Environ 80 % des études sur l’impact environnemental ressortent favorables à la construction, car elles se concentrent sur les espèces protégées, précise Anthony Danesin, coordinateur du service ingénierie et développement. Mais nous voulons aussi protéger la biodiversité ordinaire.»
Pour y contribuer, les chasseurs souhaiteraient rendre obligatoires les mesures d’accompagnement. Contrairement aux mesures compensatoires, que les éoliennes doivent prendre en échange d’un impact négatif sur la biodiversité (comme la création ou la restauration de milieux d’intérêt écologique), celles-ci sont pour l’instant sur la base du volontariat.
Impacts multiples
«Mais nous estimons qu’une éolienne représente forcément un impact, même si elle est située à un endroit dit sans contrainte», ajoute Anthony Danesin. Les travaux d’installation du parc, tout d’abord, induisent forcément des perturbations pour la faune. D’après les chasseurs, les collisions avec les pales seraient aussi difficilement quantifiables. «Un parc seul peut avoir un faible impact. Mais qu’en est-il de l’enchevêtrement de plusieurs parcs les uns à côté des autres ? Quel impact sur les couloirs migratoires des oiseaux ? Difficile de donner un chiffre précis.»
La fédération a donc soumis aux opérateurs éoliens son propre cahier des charges des mesures compensatoires : 300 Ä par hectare et par an, reversés pendant la durée de l’exploitation du parc. «Ceci est une proposition, car nous savons qu’il est difficile de donner des chiffres exacts. Mais nous aimerions tendre vers une harmonisation des mesures d’accompagnement.»
Bandes enherbées, jachères et haies
Où irait cet argent ? «Il serait redistribué aux agriculteurs pour la mise en place de bandes enherbées, de jachères faune sauvage ou de haies.» La Dreal impose cependant que ces dernières soient plantées à plus de 300 m des mâts, car attirer la biodiversité aux pieds des éoliennes ne ferait que l’exposer encore plus au danger.
Fressenneville, dans le Vimeu, est un exemple de mesures d’accompagnement réussies. «1 km de haies et 1 ha de jachère faune sauvage y ont été implantés, assure Anthony Danesin. Un projet mené conjointement avec le promoteur éolien, notre fédération des chasseurs et les écoles locales, que nous souhaiterions reproduire partout ailleurs.»
Pour que ce souhait se réalise, la fédération aimerait rencontrer l’ensemble des promoteurs de la région et, pourquoi pas, qu’un député s’empare du sujet pour le présenter à l’Assemblée nationale…
http://www.action-agricole-picarde.com/actualites/eolien-quell-impact-selon-les-chasseurs:5Y1F1ON7.html

04/05/18 : Eolien : les élus perdent la main sur les projets
Si les éoliennes se vantent de produire une «énergie verte», elles peuvent cependant être mortelles pour certains oiseaux et chiroptères.
Altération des habitats, dérangement, mortalité par collision ou par barotraumatisme. Ceci n’est pas une guerre, mais bien l’impact que peuvent avoir les éoliennes sur la faune, principalement sur les oiseaux et chiroptères. Pour preuve : l’étude des suivis de mortalités réalisés en France de 1997 à 2015, par la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux).
Selon elle, les éoliennes ont tendance à modifier localement le comportement de la faune et peuvent entraîner une perte de territoire de vie, notamment pour les oiseaux. A ceci s’ajoutent les risques de collision des oiseaux avec les pâles, ce qui entraîne une surmortalité des espèces locales, mais aussi des espèces migratrices et hivernantes. En ce qui concerne les chiroptères, outre la collision directe, la rotation des pâles induit une dépression brutale de la masse d’air environnante au passage des pâles.
«Si les passereaux migrateurs constituent le premier cortège d’oiseaux impacté par les éoliennes en valeur absolue, certaines espèces d’oiseaux nichant en France - et en particulier les rapaces diurnes - sont, sans aucun doute, les plus impactés relativement à leurs effectifs de population», précise l’étude. Les rapaces ? Ceux-là même prédateurs des ravageurs de cultures, tels que campagnols, lapins, pigeons… Ainsi les faucons, milans, et busards seraient indéniablement les premières victimes des éoliennes au regard de leurs effectifs de population, principalement impactés en période de nidification.
Toujours d’après l’étude, la mortalité directe due aux éoliennes est au moins deux fois plus importante dans les parcs situés à moins de 1 000 m des zones de protection spéciale (zones Natura 2000 au titre de la directive Oiseaux). La Somme en compte d’ailleurs trois : Estuaires picards Baie de Somme et d’Authie, Marais arrière-littoraux picards, autour de Rue, et Etangs et marais du bassin de la Somme, d’Abbeville à Amiens. «Elle y affecte bien plus qu’ailleurs les espèces inscrites à l’annexe I de la directive Oiseaux, mais également celles considérées comme menacées sur la liste rouge des oiseaux de France métropolitaine, tels le faucon crécerellette, le milan noir, le busard cendré, la mouette mélanocéphale, l’aigrette garzette, l’avocette élégante, la bondrée apivore, l’œdicnème criard, la cigogne blanche, etc.»
Un exemple dans la Somme
Dans la Somme, par exemple, l’étude réalisée en 2016 pour le projet de parc éolien de douze aérogénérateurs, dans les communes de Montagne-Fayel, Quesnoy-sur-Airaines et Riencourt (projet toujours en cours), a permis d’identifier onze espèces de chiroptères et cinquante-sept espèces d’oiseaux en période de reproduction sur l’aire d’étude rapprochée. Parmi elles, quarante-deux sont protégées et dix sont patrimoniales. Quelques comportements à risque ont été mis en évidence : l’alouette des champs vole à hauteur des pâles en période de parade et les busards profitent des ascendances thermiques sur les boisements pour s’élever dans le ciel, ce qui augmente le risque de collision. Mais les plus susceptibles d’être impactés sont l’œdicnème criard en période de reproduction, le busard cendré en période de reproduction, le busard Saint-Martin presque toute l’année et les chauve-souris pipistrelles.
L’auteur de l’étude rappelle que «si ce projet est autorisé, ce plateau agricole ouvert comportera trente-huit éoliennes en exploitation et cette zone est proche d’un couloir migratoire d’après le SRCAE de Picardie. Trois éoliennes sont implantées à moins de 200 m des espaces boisés».
Un protocole de suivi pour référence
Tous les parcs ne sont cependant pas aussi meurtriers les uns que les autres. Lors de l’étude, 37 839 prospections documentées ont permis de découvrir 1 102 cadavres appartenant à 97 espèces d’oiseaux. Et l’estimation de la mortalité réelle varie de 0,3 à 18,3 oiseaux tués par éolienne et par an. Certaines implantations sont bien moins gênantes que d’autres.
Les projets éoliens doivent donc maîtriser les impacts environnementaux et respecter les objectifs de la stratégie nationale pour la biodiversité. A cet égard, la LPO, les professionnels de l’éolien et l’Ademe travaillent depuis dix ans sur l’intégration environnementale des parcs éoliens et l’évaluation des impacts, vis-à-vis des oiseaux et chauve-souris, sur terre et en mer. L’avifaune est désormais observée pendant toute la durée de vie d’un parc éolien, suivant le protocole de suivi environnemental des parcs éoliens terrestres, révisé en avril 2018.
http://www.action-agricole-picarde.com/actualites/eolien-les-elus-perdent-la-main-sur-les-projets:UVDNJYMD.html

01/05/18ÉOLIEN : DÉTRUIRE LA NATURE POUR PROTÉGER LA NATURE ?

Allô, Nicolas, pourquoi tu tousses ?
Le Lévézou est un haut plateau situé en plein cœur de l’Aveyron. Une terre qui culmine à plus de 1.000 mètres d’altitude. De nombreuses rivières alimentent des barrages hydroélectriques construits dans les années 50. Ces barrages avaient englouti des vallées entières, souvent les meilleures terres, recouvrant quelques hameaux et détruisant des écosystèmes. Mais la production d’électricité était une priorité nationale à l’époque, un projet d’intérêt public.
Les habitants avaient dû l’accepter et ceux dont les terres avaient été noyées furent indemnisés ou relocalisés. Par ailleurs, de nouvelles activités, touristiques étaient nées grâce à ces lacs.
Terre ventée, également, ce qui a attiré l’avidité des promoteurs de centrales éoliennes. Dès le début des années 2000, les premiers mâts se sont dressés. Au début, personne ne s’est opposé. Ces éoliennes amenaient des revenus à quelques agriculteurs, des rentrées fiscales aux communes, et l’image de ces machines était positive.
Mais dès qu’elles furent dressées, les nuisances apparurent. Vrombissement permanent certains jours, effet stroboscopique, malaises peut-être dus aux infrasons, hécatombe d’oiseaux et de chauves-souris, flashs lumineux qui transforment le plateau en boîte de nuit, etc. Surtout, modification profonde du paysage. Aujourd’hui, c’est une centaine de mâts qui se dressent et certains villages, comme Bouloc, sont cernés, installés sur d’autres communes, qui n’en subissent pas les nuisances mais en perçoivent les revenus.
Mais l’appétit des promoteurs n’est pas rassasiée pour autant et de nouvelles centrales sont en construction. Par exemple à Arques. Pour installer ses machines, le promoteur a décapé une zone humide de 5.000 m2. La police de l’eau appelée pour constater sa présence « omise » par l’étude d’impact est arrivée trop tard. La couche superficielle qui aurait permis de juger de la présence d’une zone à protéger a disparu et la tourbe vendue. Il n’y a pas de petit profit.
Un peu plus loin, dans la commune de Ségur, les travaux d’une autre centrale nécessiteront de drainer le terrain. La tourbière, vieille de 5.000 ans, située en aval ne serait donc plus alimentée et mourra petit à petit. On attend une réaction de la préfecture pour protéger ce qui peut l’être encore.
Ces zones humides, on le sait, sont des pièges à carbone. Elles accueillent une faune et une flore endémique exceptionnelle, rare et fragile. Elles ont mis des milliers d’années à se former. Et l’avidité de groupes financiers et industriels, soutenus par l’État, vient les détruire en une journée.
Au prétexte de lutter contre les gaz à effet de serre, on détruit des zones de stockage de ces gaz, alors même que, lorsqu’elles fonctionnent, ces machines remplacent l’électricité produite par des centrales nucléaires qui n’émettent pas de gaz à effet de serre… Et quand le vent s’arrête (le facteur de charge peine à dépasser les 20 % en 2017), ce sont des centrales thermiques, émettrices de gaz carbonique, qui doivent prendre le relais.
Au nom de l’écologie on injecte des tonnes de béton dans le sol, on défigure les paysages de France, on permet le massacre d’oiseaux et de chiroptères, et maintenant on détruit des tourbières.
Allô, Nicolas, pourquoi tu tousses ?
http://www.bvoltaire.fr/eolien-detruire-nature-proteger-nature/

27/04/18
Cette écologie gouvernementale si bien gérée

Ce dimanche passé, c’était le Jour de la Terre, une excellente occasion de rappeler à ceux qui en douteraient encore qu’une fois récupérée par les institutions, les politiciens et l’État en général, l’écologie devient une belle fumisterie dont la facture, aussi lourde que handicapante, est constamment adressée au contribuable.
Ce dernier pourra toujours se consoler en se disant qu’ainsi, entre deux ponctions fiscales particulièrement vigoureuses, la morale est sauve et qu’il participe à protéger des petits pingouins, de gros ours mignons et les coraux du Pacifique avec ces tombereaux d’argent déversés dans des mécanismes de plus en plus subtils.
Malheureusement, certaines institutions ne jouent pas vraiment le jeu citoyen, festif et enfumatoire puisqu’elles prennent quasiment un malin plaisir à rappeler, une fois de temps en temps, à quel point tout ceci est fort mal géré et qu’il n’y a pas plus d’écologie dans ces actes fiscaux que de beurre en branche. Si l’on n’est pas complètement de mauvaise foi ou en pleine succion des tétons publics distributeurs de subventions, c’est en tout cas la conclusion qu’on se doit de tirer en lisant le dernier rapport de la Cour des comptes : poussée sous le nez du public à grands renforts d’idées écologiques et de préservation de l’énergie et du climat, la gestion des énergies renouvelables serait en pratique catastrophique.
Oui, catastrophique, le mot n’est pas trop fort puisque le rapport des sages de la rue Cambon ne peut s’empêcher de fustiger les choix politiques réalisés cette dernière décennie, en dépit du bon sens. Pour eux, les objectifs choisis en matière d’énergies renouvelables sont « difficilement atteignable » et ce rapport vient en pratique s’ajouter au précédent d’il y a cinq ans qu’ils avaient déjà pondu, entre deux autres productions bien vite coincées sous une armoire républicaine.
Il faut dire que tout, depuis les interventions de la Reine des GlacesSégolène Royal, indiquait qu’on allait droit au casse-pipe : alors que l’Union européenne fixait un objectif de 27% d’énergies renouvelables à l’horizon 2030, le « gold plating » et l’ego surdimensionné de la ministre aidants, la France a écopé d’une loi de transition énergétique la poussant à 32% pour le même horizon, avec en plus la nécessité de baisser de 75 à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité d’ici à 2025 (sachons garder le sens du défi).
Pour la Cour des comptes, ceci ne tient pas la route : la baisse de la part du nucléaire dans le mix énergétique français « n’est pas compatible avec la trajectoire d’augmentation des capacités d’énergies renouvelables ». Autrement dit, ces objectifs sont totalement impossibles à atteindre parce que les capacités hydrauliques, éoliennes ou solaires ne seront pas suffisantes et que leur augmentation actuelle ne tient qu’à leur énormes subventions qui finissent par gréver très lourdement les finances publiques : pour la seule année 2016, la somme des dépenses publiques consacrées aux énergies renouvelables s’établit à 5,3 milliards d’euros. À effort constant, en 2023, on atteindra 7,5 milliards.
Cela en fait, des piscines d’argent public…
Et pour quoi, exactement ? Si l’on regarde, par exemple, l’énergie solaire, on constate que l’État paye 2 milliards d’euros pour en produire, ce qui représente 0,7 % du mix électrique français. D’ici 2030, près de 40 milliards d’euros seront ainsi dépensés pour une proportion ridicule d’énergie. Ce n’est pas tenable, et même des carbo-réchauffistes rabiques comme l’inénarrable Sylvestre Huet sont arrivés à cette conclusion consternante.
Aucun doute : l’écologie est devenue un prétexte pour l’État et ses administration pour faire absolument n’importe quoi qui puisse, politiquement, se traduire en suffrages, dans l’assentiment de citoyens pourtant tous les jours plus matraqués par ces décisions hasardeuses.
Cette tendance qui consiste à tout considérer sous l’angle écologique, à tous propos et hors de propos au point d’en devenir carrément contre-productif, est maintenant finement tressée dans tout ce que font ces administrations, sans plus aucun recul. Tel un bulldozer aplanissant tout de façon écoconsciente, l’écologie politique à la sauce étatique décide de tout et son contraire.
De façon très concrète, il suffit d’écumer les petites notules sur le sujet pour découvrir, très régulièrement, des histoires à dormir debout dont nos administrations, appliquant avec un zèle impeccable nos lois invraisemblables, sont largement responsables.
J’avais dans le passé noté par exemple les dérives de l’application des lois anti-gaspillage. Dernièrement, c’est le chapitre « récupération et recyclage » qui déclenche la même avalanche de facepalms bien vigoureux.
Yumi est une jeune entreprise qui fabrique des jus de légumes et qui peut donc immédiatement se placer dans le camp du Bien, vitaminé et plein de ces fibres qui favorisent un transit intestinal que les syndicalistes jalousent. Ne faisant pas les choses à moitié, notre jeune pousse a décidé il y a quelques mois de conditionner ses produits dans des bouteilles en bioplastique, le PLA (acide polyactique), qui présentent l’avantage éco-compatible (et marketing) évident d’être entièrement compostables.
L’application stricte et pointilleuse du Grenelle de l’environnement impose que ces bouteilles, totalement recyclables, soient effectivement recyclées et qu’en conséquence, l’entreprise reverse une partie de sa recette dans le cadre de l’éco-contribution. Manque de bol : c’est bien joli, ces petites bouteilles bio-compatibles truc machin, mais c’est surtout un « perturbateur de recyclage » ce qui entraînera donc un malus de 100% (pourquoi faire les choses à moitié ?) sur l’éco-racket pardon l’éco-contribution. Concrètement, au lieu de reverser un demi-centime par bouteille d’écotaxe à Citéo (anciennement Eco-emballage), la PME se retrouve à lui payer 1 centime.
Eh oui : comme il n’existe aucun moyen de recycler ces bouteilles recyclables, on va « taxbasser » la PME pour faire bonne mesure. Comme incitatif, on aura connu mieux.
Le fait qu’aucune filière n’existe en France, que Citéo soit en situation de monopole et que tout soit ainsi fait pour décourager les initiatives innovantes allant pourtant dans le bon sens ne devrait plus surprendre personne : le recyclage est aussi bien géré que le reste, à l’instar du mix énergétique dont les paramètres seront copieusement manipulés par les politiciens afin de transformer durablement un pays qui s’en sortait très bien en catastrophe industrielle et économique évidente.
Et de la même façon que la Cour des comptes écrit maintenant des rapports aux conclusions navrantes que tout le monde connaissait déjà, on peut parier que, dans cinq ans, la maîtrise du recyclage aboutira au même fiasco.
La loi sur la Transition énergétique prévoit qu’en 2025, plus aucun déchet organique et/ou biodégradable ne finisse enfoui ou incinéré. À l’évidence, d’ici là et vu comme c’est parti, tout sera prêt.
https://www.contrepoints.org/2018/04/27/315057-cette-ecologie-gouvernementale-si-bien-geree

26/04/18 : Disparition des oiseaux : c'est le destin de l'homme qui est en jeu
Ils disparaissent massivement de nos campagnes, dans un discret battement d’ailes. Or, c’est le destin de l’homme qui est en jeu.
Les chants des oiseaux ont commencé à résonner dans nos prés, apportant d’un pépiement l’annonce du printemps. Mais le beau symbole vient d’être abîmé par un rapport accablant. À l’échelle mondiale, 30 % des oiseaux des champs ont disparu ces quinze dernières années. En Belgique, particulièrement dans nos campagnes, c’est au moins pareil: 40 % de la population totale des oiseaux s’est envolée pour toujours des milieux agricoles, là où ils trouvent leur biotope. Les deux dernières années, cette tendance s’est aggravée. “Le nombre d’alouettes a diminué de 90 % ces 25 dernières années”, pose Philippe Funcken, directeur de l’ASBL Natagora. Pas beaucoup mieux pour la linotte mélodieuse ou le bruant jaune. Les oiseaux qui peuvent survivre en ville déclinent aussi, surtout les moineaux domestiqués mais dans une moindre mesure, selon Natagora. “Tout le monde parle du réchauffement de la planète. La crise de la biodiversité est tout aussi grave mais moins médiatisée”, poursuit-il.
"La disparition des oiseaux est en lien direct avec l’humain. C’est un indicateur de la dégradation de notre système."
Pourquoi? La population mondiale a doublé en 45 ans. On a détruit des forêts et des zones humides en les remblayant. L’agriculture s’est intensifiée. Des tracteurs de plus en plus gros sont aujourd’hui utilisés. Des nouvelles techniques, jamais évaluées en termes d’impact sur la biodiversité, ont vu le jour. La brique a grignoté du terrain. On a continué, toujours et encore, à construire des routes et des nouvelles maisons quatre façades. On a même mis des éoliennes en forêt. Les endroits permettant la nidification des oiseaux ont disparu peu à peu. Les haies ont aussi disparu. Beaucoup d’oiseaux nichent au sol, comme par exemple les perdrix. Il y a peu de zones non touchées.
“On se bat aussi contre certains pesticides, Monsanto et autres. Ce sont des produits nocifs pour l’homme et la nature. Chaque année, de nouvelles substances sont déversées sur les cultures”, pointe encore Philippe Funcken. “L’utilisation de néonicotinoïdes, des nouveaux pesti-cides, a réduit la biodiversité des insectes. Or, beaucoup d’oiseaux utilisent les insectes comme nourriture et on ne connaît pas la toxicité de ces pesticides”, ajoute encore Philippe Funcken. “La disparition des oiseaux est en lien direct avec l’humain. C’est un indicateur de la dégradation de notre système. On vit de la biodiversité. Par exemple, plus on exploite la forêt tropicale, plus elle évolue, devient sèche, se transforme en savane arborée. C’est l’effondrement d’un système d’un point de vue global au niveau de l’humanité”, explique Thierry Hance, professeur au “Earth and Life Institute” de l’UCL.
Comme les dinosaures
L’écosystème est un équilibre fragile. Chaque espèce est un maillon. Si on en retire un, la chaîne casse, l’équilibre est rompu, l’écosystème est perturbé. La biodiversité a un rôle de stabilisateur vis-à-vis des perturbations. Globalement, au moins 75 % des espèces animales et végétales présentes sur terre ont disparu en une période très courte. Natagora souligne que la dernière extinction de cette ampleur était celle des dinosaures. C’était la cinquième extinction que la terre ait connue. Aujourd’hui, avec une disparition de 75 % des espèces animales et végétales en une très courte période, nous en sommes à la sixième extinction massive.
Un problème de modèle
Que faire? Créer des réserves naturelles. Aujourd’hui, elles constituent seulement 1 % du territoire en Wallonie alors qu’on devrait monter entre 5 et 10 %. Et puis, restaurer les écosystèmes. Natagora se bat avec ses moyens, mais aussi, et c’est heureux, avec des fonds européens. Il est urgent de réduire la pression sur les milieux agricoles. Ce n’est pas la faute aux agriculteurs eux-mêmes mais au modèle d’agriculture en soi.
Savons et jardins
À nous d’agir aussi, tout simplement. Natagora donne une série de conseils. Il faut réduire sa consommation en vêtements, meubles, savons et certains carburants qui proviennent de l’exploitation du sol ou des forêts. Acheter du bois et des produits agri-coles locaux et choisir des produits certifiés (par exemple FSC pour le bois) ou dont on connaît la provenance. Il s’agit enfin de changer la conception de nos jardins. On taille, on domestique, on supprime le côté sauvage et on plante des espèces exotiques peu favo- rables. Et puis, pourquoi pas, on peut devenir bénévole chez Natagora.
https://www.moustique.be/20851/disparition-des-oiseaux-c-est-le-destin-de-homme-qui-est-en-jeu

23/04/18 : Haute-Vienne : Le conseil scientifique régional a voté contre le projet éolien de Mailhac-sur-Benaize
Après les réserves émises en février dernier par la Mission régionale d'autorité environnementale Nouvelle-Aquitaine, entraînant le report de l'ouverture de l'enquête publique pour le parc éolien au bois de Bouery, situé sur la commune de Mailhac-sur-Benaize, c'est au tour du Conseil scientifique régional du patrimoine naturel Nouvelle-Aquitaine d'émettre « un avis défavorable » au projet, voté à l'unanimité.
Le rapport vient d'être rendu publique. Le Conseil scientifique régional du patrimoine naturel Nouvelle-Aquitaine (CSRPN) fait le même constat que la mission régionale d'autorité environnementale Nouvelle-Aquitaine, en indiquant qu' « auncun évitement n'a été réfléchi » sur l'implantation de ce parc éolien en milieu boisé, estimant aussi que les « enjeux vis-à-vis de la biodiversité et du patrimoine naturel local sont clairement sous-évalués » par les études menées pour EDF Energies Nouvelles (EDF EN FRANCE).
Le bois de Bouery reconnu « zone à protéger »
Dans son rapport, le CSRPN émet également des doutes quant à la bonne gestion du dossier. « Le CSRPN s’interroge sur le fait que le BE qui a réalisé les investigations naturalistes (ENCIS Environnement), ne soit pas le même que celui qui a rédigé les impacts et enjeux du projet (Calidris) ». Selon l'« Association de défense du bois de Bouery », la première étude qui avait été réalisée par Encis Environnement « ne convenait pas aux objectifs de EDF EN ».

Le bois de Bouery situé sur la commune de Mailhac-sur-Benaize fait partie des premières zones boisées concernées par l'implantion d'un parc éolien. Un symbole au niveau national. « EDF EN souhaite faire sauter un verrou avec le bois de Bouery. Celui de pouvoir implanter plusieurs projets éoliens dans les zones boisées de France. Je rappelle que cette zone se trouve dans le corridor écologique, une zone à protéger au niveau du Schéma régional de cohérence écologique », souligne Thierry Ménard de l'« Association de défense du bois de Bouery ».
La vingtaine d'opposants au projet attend maintenant la décision finale qui revient au préfet de la Haute-Vienne, Raphaël Le Méhauté, d'autoriser ou non l'ouverture de l'enquête publique.

22/04/18 : La Rochelle - Quand l’éolien nuit à la faune
Les chasseurs ont reçu hier matin le soutien appuyé de Dominique Bussereau pour ce qui est du développement très rapide de parcs éoliens ou de projets, en particulier sur l’estuaire, un des plus importants couloirs de migration d’Europe.
Le président du Conseil départemental a qualifié cette tendance de « folie » avant de poursuivre qu’« il est hors de question d’accepter de l’éolien sur l’estuaire ». Les chasseurs sont inquiets car « des études ont mis en évidence un impact négatif sur la faune sauvage » à cause de la fragmentation de l’habitat née des chemins d’accès. Certains espèces, sensibles aux éoliennes, changeraient même de trajet quand d’autres heurteraient les pâles.
http://www.sudouest.fr/2018/04/22/quand-l-eolien-nuit-a-la-faune-4393891-1391.php

21/04/18Un monde silencieux

Qu’est-ce qu’elle a donc fait la petite Hirondelle ?
Le printemps est là, bien installé désormais, on ne peut s’y tromper. Pourtant il manque une partie du décor, de l’environnement qui fut le nôtre autrefois. Nous avons beau chercher, les hirondelles font défaut. Seraient-elles parties sous d’autres cieux plus cléments ? Mais quel est donc ce mystère qui nous prive d’un des plus beaux symboles du renouveau ?
Hélas, mille fois hélas, elles ne sont pas les seules à nous faire faux bond. Curieuse expression au demeurant émanant d’un représentant certes en partie innocent, mais d’un membre quand même de l’espèce coupable de cette horreur. Car, à n’en point douter, c’est bien l’homo si peu sapiens qui a cloué le bec aux hirondelles, coupé les ailes des papillons et des abeilles.
Le mal est sournois. L’humain est capable de toutes les turpitudes pour obtenir ce résultat. Il s’est fait empoisonneur, étrangement du reste, par le truchement de la profession chargée de nourrir les autres. Avec la mansuétude des gouvernements, avec des mensonges éhontés, on a gorgé nos terres cultivables d’insecticides, pesticides, poisons de toute nature et surtout toujours contre nature. Ne citons pas les firmes vendeuses de mort, elles sont plus puissantes que les états, elles qui jouent les apprentis sorciers en conscience, pour le seul amour de l’argent.
Les humains ont mis sur la route des migrateurs des hachoirs colossaux pour réduire encore plus le nombre d’oiseaux. Si les éoliennes ici, ne font que peu de dégâts chez nos amis volatiles, il n’en va pas de même quand elles se dressent, en groupes compacts sur le trajet des grandes migrations. C’est une hécatombe qui sonnera un jour le glas de notre humanité. Avec ou sans ces immenses hélices mortelles, la civilisation sombrera dans l’obscurité !
Nos maisons ne sont pas en reste elles qui pour la recherche des économies d’énergie interdisent désormais tout espace où nicher. Les granges font défaut, les dessous de toit ne sont plus habitables, les matériaux employés n'incitent pas les dernières survivantes à élire domicile chez nous. Nous avons une étonnante propension à ne penser qu’à nous.
Ajoutez à cela nos amis les chats qui ne font que répondre à l’appel de leur instinct et croquent cinquante millions d’oiseaux chaque année dans notre France qui n’est plus si douce, faute de duvet et vous aurez une petite idée de la catastrophe. Les oiseaux se cassent le bec à notre effroyable modernité. Ils nous rendaient pourtant bien service à manger les moustiques taquins. Il va falloir user encore plus d’insecticides pour les remplacer.
La chaîne sans fin de notre délire est en place. Nous allons droit dans le mur. Comment agir autrement qu’en changeant de modèle pour retrouver hirondelles et papillons, libellules et abeilles. Nous faisions notre miel de ces merveilleux petits compagnons. Nous devons nous satisfaire désormais des épandeurs de produits phytosanitaires, hommes masqués et protégés dans leurs cabines tandis que tout un chacun bénéfice de sa petite dose nocive.

De moratoire en moratoire pour tourner en rond et continuer à ne pas changer de modèle, nous éliminons tant et tant d’espèces que l’anthropocène est en marche, la sixième grande disparation des espèces. Cette fois nulle météorite à pointer du doigt, pas le plus petit volcan, responsable du désastre mais simplement les humains dans leur coupable et délirante course au profit, à la rentabilité, au fric à n’importe quel prix.
Je n’arrive pas à me résoudre à remplacer le chant des hirondelles par la litanie des cours de la bourse. Ce n'est, je le reconnais aisément, qu’une question de point de vue. D’autres trouvent même de la poésie dans cette chose immonde au point de leur consacrer des chaînes de radio ou de télévision. Quant aux amateurs de nature, ils n’ont qu’à faire comme eux, trouver un programme qui leur diffusera des films anciens, quand la nature était encore peuplée de nos défunts petits compagnons.
Mortifairement leur.
https://blogs.mediapart.fr/c-est-nabum/blog/210418/un-monde-silencieux

19/04/18 : Toujours plus de cigognes en Suisse, mais certaines ne migrent plus
Plus d'un millier de cigognes vivent en Suisse, un record, de mémoire d'homme, d'autant plus remarquable qu'il y a 70 ans, l'espèce y était considérée comme quasi éteinte. Il faut d'abord voir dans cette évolution les efforts des passionnés de cet oiseau emblématique.
(ats) Dès l'après-guerre sous la houlette de Max Bloesch, des cigognes algériennes ont été réintroduites en Suisse. Peu à peu, d'autres amateurs du migrateur ont créé les conditions propices à son installation. Mais cela n'explique pas une telle croissance de leur population.
Leur mortalité a également diminué, ce que certains spécialistes expliquent par un changement dans le comportement migratoire de l'oiseau, devenu plus flexible. Certains n'entreprennent carrément plus leur grand voyage vers le sud à l'approche de l'hiver, tandis que d'autres en réduisent la distance.
Il est aujourd'hui très rare qu'une cigogne passant l'été en Suisse migre jusque dans le Sahel africain, sa zone de villégiature originelle. Celles qui partent ne volent pas plus loin que dans le sud de l'Espagne ou au Portugal.
Elles savent qu'elles y trouveront à manger dans des décharges publiques à ciel ouvert, a indiqué à l'ats Peter Enggist, directeur de la Société Cigogne Suisse, qui a succédé à son fondateur Max Bloesch. A l'image de Porrentruy, du nom de la première cigogne, suivie par GPS, à s'être installée dans la capitale de l'Ajoie, qui se trouvait encore mardi sur une décharge au sud du Portugal.
L'hiver dernier, près de 360 cigognes ont cependant renoncé à migrer, d'après un décompte de Cigogne Suisse. Pour certaines d'entre elles qui sont baguées, c'était une nouvelle expérience, car elles ont été identifiées en Espagne par le passé. Un projet de recherche devrait livrer des informations sur les raisons qui poussent ces migrateurs à se sédentariser.
Personnellement, Peter Enggist avance sa propre hypothèse, basée sur le fait que la distance de migration est génétiquement programmée. Or, comme les cigognes introduites en Suisse après-guerre sont d'origine algérienne, elles migrent sur une distance plus courte, celle séparant l'Algérie de l'Afrique centrale étant équivalente à celle entre la Suisse et l'Espagne ou le Portugal.
L'expérience accumulée par chaque oiseau joue certainement aussi un rôle, estiment encore les spécialistes sur la base des constats de Cigogne Suisse et de la Station ornithologique de Sempach (LU). Selon ceux-ci, les cigognes les plus âgées migrent le moins. Leur vécu leur permet de trouver plus facilement de la nourriture dans des conditions hivernales qu'un jeune oiseau inexpérimenté, a dit à l'ats Livio Rey, de la Station ornithologique.
Et elles savent qu'en passant l'hiver à demeure, elles bénéficient d'un avantage sur celles qui migrent. Sachant que les cigognes sont non seulement fidèles en couple mais aussi à leur nid, celles qui restent évitent de se le faire prendre par une rivale. Il ne reste aux plus jeunes qu'à construire leur propre nid.
Grâce à l'engagement de passionnés, à l'image de la Fondation des Marais de Damphreux (JU) qui aménage des sites, cette étape leur est facilitée. Ainsi, le nombre de cigognes qui se sont installées près de Porrentruy s'est multiplié très rapidement.
Sur les plus de 1000 cigognes qui ont passé l'été dernier en Suisse, les spécialistes ont recensé quelque 470 adultes vivant en couple, dont 370 parents, et 757 jeunes. Les objectifs du plan d'action de la Confédération, de Cigogne Suisse, de la Station ornithologique et de BirdLife en faveur de la cigogne blanche sont dès lors déjà atteints, six ans avant terme.
Le travail des associations n'en est pas pour autant terminé. Des efforts sont encore nécessaires en matière d'aménagement de cadres de vie propices à la reproduction et offrant de la nourriture en suffisance. Des territoires agricoles exploités de manière extensive ou des zones marécageuses revitalisées sont à ce titre idéaux.
Il s'agira aussi de veiller à réduire les dangers qui déciment les cigognes, à l'image des lignes à haute tension et autres câbles ou, plus récents, des pâles des éoliennes qui échappent à leur vue. Sans compter le danger que représente l'homme lui-même. L'oiseau figure ainsi toujours sur la liste rouge des espèces menacées.
Car à côté des amoureux de l'imposant migrateur, il existe aussi des gens pour lesquels les cigognes sont jugées indésirables. A cause des déchets végétaux qu'elles abandonnent en construisant leur nid ou de leurs déjections, elles ne sont pas les bienvenues sur tous les toits et cheminées. Cigogne Suisse intervient aussi dans ce genre de cas, afin de faciliter la cohabitation.
http://www.journaldujura.ch/nouvelles-en-ligne/suisse/toujours-plus-de-cigognes-en-suisse-mais-certaines-ne-migrent-plus


18/04/18 : Les secrets des oiseaux migrateurs
Chaque année des milliards d'animaux traversent le globe pour rejoindre leurs sites de reproductions et d’hivernage : un parcours souvent parsemé d’embûches - notamment les bâtiments, les automobiles ou les éoliennes. Des chercheurs des Universités d’Oxford et Cornell ont enquêté pour tenter de réduire ces accidents…
Pour tenter de réduire ces accidents et comprendre l’intensité des périodes de migration des oiseaux, des chercheurs des Universités d’Oxford et Cornell ont mis au point un système de prévision basé sur 23 années d’observations entre 1995 et 2017. Un modèle inédit pour comprendre les mouvements migratoires à l’échelle entière des Etats-Unis.
Et comment ont-ils procédé pour cela ?
Ils ont utilisé un très vaste réseau de radars de surveillance météorologique installés dans tout le pays pour caractériser l’ensemble des comportements de centaines d’espèces migratrices. Et ils ont ainsi pu mesurer l’ampleur du flux migratoire nocturne des oiseaux qui dépasse fréquemment les 200 millions d’individus chaque nuit voire 500 millions pendant les périodes de pointe. Cette densité est liée de façon très étroite à la température de l’air. Car c’est lorsque les températures sont les plus chaudes que les oiseaux prennent le plus leur envol.
Ce modèle probabiliste est très utile pour prévenir les dangers qui attendent les volatiles.
Et les éoliennes dont vous parliez ?
Dans une étude publiée l’année dernière, la LPO, la ligue de protection des oiseaux estime qu’en France, chaque éolienne tue entre 0,3 et 18 oiseaux chaque année. C’est donc loin d’être accablant et bien moins que l’hécatombe causée par les lignes électriques ou les immeubles. Mais le nombre de cas de collisions constatées est extrêmement variable d’un parc à l’autre. Et l’étude de la LPO relevait que la mortalité était deux fois plus importante dans les parcs éoliens situés à proximité des zones de protection spéciale. Zone classées justement en raison de leur intérêt ornithologique.
Le problème c’est que les éoliennes sont évidemment implantées de préférence dans des endroits venteux, les mêmes qui sont empruntés par les migrateurs.
La construction de certains parcs ont été d’effroyables erreurs comme au sud de l’Espagne au niveau du détroit de Gibraltar. Un paysage hérissé d’éoliennes et qui se trouve sur la route migratoire de l’Afrique. Ce couloir transformé en véritable hachoir a tué des millions d’oiseaux, de rapaces et de chauve- souris.
Heureusement il est possible de demander l’arrêt des pales des éoliennes lorsque des espèces très suivies par les réseaux naturalistes sont annoncées. C’est le cas des grues cendrées venant d’Allemagne et qui traversent la Bourgogne et la Franche Comté.
Dans un contexte où les parcs éoliens poussent comme des champignons, il est urgent que les entreprises poursuivent leurs efforts pour limiter les dégâts à la fois pendant les périodes migratoires mais aussi tout au long de l’année pour les oiseaux nichant près de ces installations.


06/04/18 : Hérault : Biterrois : il n'y aura pas d'éoliennes à Dio-et-Vaquières
Le tribunal a tranché : les éoliennes réparties sur deux parcs ne verront pas le jour à Dio-et-Valquières.
Le tribunal administratif de Montpellier a validé les refus de permis de construire de deux parcs éoliens sur le territoire de la commune de Dio-et-Valquières
"Par deux jugements du 5 avril 2018, le tribunal a rejeté les recours dirigés contre deux arrêtés du 4 avril 2016 par lesquels le préfet de l'Hérault avait refusé de délivrer un permis de construire de deux parcs de cinq éoliennes et de quatre aérogénérateurs sur le territoire de la commune de Dio-et-Valquières."
Le domaine de vie de l'aigle royal impacté
Le tribunal considère que le préfet a pu légalement fonder ses refus sur l'article L. 122-9 du code de l'urbanisme, qui prévoit que "les documents et décisions relatifs à l'occupation des sols comportent les dispositions propres à préserver les espaces, paysages et milieux caractéristiques du patrimoine naturel et culturel montagnard".
71 aérogénérateurs depuis 2006
Le tribunal, souligne par ailleurs que 71 aérogénérateurs ont été autorisés dans le secteur depuis 2006. Il prend, à ce titre, en compte les impacts cumulés de l'ensemble des éoliennes implantées au sein du domaine vital du couple d'aigles royaux, impliquant une multiplication des risques de collision.
Il relève ainsi que les zones d'implantation des deux projets sont incluses dans le territoire de chasse de l'aigle royal et font donc partie intégrante de son domaine vital, ainsi que de celui de l'aigle de Bonelli, qui est une espèce en danger et faisant l'objet d'une protection maximale. Il considère en outre que les projets portent une atteinte effective à plusieurs espèces de chauve-souris, avec un risque avéré de mortalité.
Des projets trop visibles
Le tribunal retient enfin que les deux projets seraient visibles depuis le site classé du Salagou et la vallée de l'Orb et visibles simultanément avec la chapelle Saint-Amans, inscrite à l'inventaire des monuments historiques.
Le tribunal a estimé que les arrêtés de refus contestés n'étaient pas entachés d'erreurs dans l'appréciation des atteintes cumulées aux paysages et milieux caractéristiques du patrimoine naturel et culturel et ceci en dépit des mesures compensatrices envisagées. C'est dans ces conditions qu'il a rejeté les requêtes dont il était saisi.

21/03/18 : Suisse : La cohabitation entre les chauves-souris et les éoliennes est possible selon des chercheurs suisses 😨
Les éoliennes font des dégâts parmi les populations de chauves-souris. Mais des chercheurs suisses semblent avoir trouvé une solution pour faire baisser la mortalité de ces petits mammifères. Il suffirait de ne pas faire tourner les pales lorsque le vent souffle à moins de 5,4 mètres par seconde.
Des chercheurs suisses suggèrent dans la revue PLoS ONE de renoncer à exploiter les éoliennes lorsque la vitesse du vent est inférieure à 5,4 m/s. On éviterait ainsi 95% des risques de collision de chauves-souris avec les pales, avec une perte de production minime.
La production d’électricité d’origine éolienne vit un boom sans précédent. Cela n'est pas sans danger pour les oiseaux et les chauves-souris, qui peuvent entrer en collision avec les pales des éoliennes, dont la vitesse à l’extrémité peut dépasser les 300 km/h.

https://youtu.be/w282k0GEzN8
Un groupe de recherche de l’Institut d’écologie et évolution de l’Université de Berne, avec la participation de l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL), est parvenu à reconstituer les profils verticaux de vol des chauves-souris en fonction de la vitesse du vent.
Pour ce faire, les scientifiques ont disposé des détecteurs d’ultrasons le long de câbles tendus entre le sol et le sommet d’une grue télescopique, jusqu’à 65 m de hauteur.
En extrapolant aux altitudes supérieures les profils de vol ainsi obtenus, ils démontrent, premièrement, que seules quelques rares espèces de chauves-souris sont actives – en temps normal (pas de vent ou vent faible) – aux altitudes balayées par les pales (50-150 m). Deuxièmement, ils ont observé que la plupart des espèces évitent de voler si haut lorsque la vitesse du vent dépasse les 5,4 m/s.
https://www.arcinfo.ch/articles/lifestyle/techno-et-sciences/la-cohabitation-entre-les-chauves-souris-et-les-eoliennes-est-possible-selon-des-chercheurs-suisses-745072

21/03/18 : Suisse : Valais : une étude pour sauver les chauves-souris des pales des éoliennes 😏

Chauves-souris et éoliennes ne cohabitent pas sans problème. Une étude de l'Université de Berne donne des pistes pour minimiser le risque de collision de ces animaux avec les pales. Explications.
Ils partagent le même ciel, et qui dit partage dit parfois conflit. C’est ce qui peut arriver entre les animaux volants et les éoliennes qui peuvent entrer en collision.
Forts de ce constat, des chercheurs de l’Institut d’écologie et évolution de l’université de Berne se sont concentrés sur le cas des chauves-souris afin de trouver une solution au problème. Selon les résultats de leur étude, menée notamment en Valais, la clé est simple: ne pas enclencher les éoliennes lorsque la vitesse du vent est inférieure à 5,4 mètres/seconde permet d’éviter le 95% des risques de collision des chauves-souris avec les pales.
Efficace en termes d'énergie
Les chercheurs sont arrivés à cette conclusion en observant comment les espèces étaient distribuées en fonction de la hauteur du sol et de la vitesse du vent. «Cette simple adaptation des conditions d’exploitation nocturne des éoliennes permettrait de limiter fortement les dégâts sur la faune des chauve-souris», se réjouit le professeur Raphaël Arlettaz, responsable de l’étude. Il indique aussi le caractère efficace de la mesure en termes d’énergie, celle-ci n’entraînant qu’une faible perte de production d’électricité.
Dans la vallée du Rhône, une seule espèce de chauve-souris, le molosse de Cestoni, est réellement touchée par le risque. Raphaël Arlettaz précise que cette espèce étant active dès qu’il fait 0 degré, la solution doit être mise en place toute l’année.
Déjà appliqué en Valais
Une étude qui a déjà eu des conséquences sur le terrain. Le groupe Seic-Télédis, actif dans l’éolien au coude du Rhône, se dit très satisfait. «A vrai dire, nous utilisons d’ores et déjà ce principe chez Adonis à Charrat. Nous observons une perte de production très faible, de l’ordre de moins de 1%», explique Paul-Alain Clivaz, responsable du département Energie renouvelables et qualité. S’il estime que la mesure est tout à fait acceptable pour tout le monde, le professionnel précise que chaque parc doit étudier lui-même la possibilité de l’appliquer, en fonction notamment de la présence du molosse de Cestoni.
https://www.lenouvelliste.ch/articles/valais/canton/valais-une-etude-sauve-les-chauves-souris-des-pales-des-eoliennes-745114 

13/03/18 : Y a-t-il une incompatibilité entre énergies vertes et biodiversité ?
Alors que s’ouvre en Colombie un sommet mondial sur la biodiversité, une question délicate se pose : comment éviter que la transition énergétique ne se fasse au détriment des écosystèmes ?
La question est rarement soulevée. Et pour cause : elle est délicate. À travers elle, deux enjeux cruciaux se confrontent. D’une part, la transition énergétique, indispensable pour espérer limiter le réchauffement climatique ; sans elle, les émissions de gaz à effet de serre menacent d’atteindre un point de non-retour. De l’autre, la défense de la biodiversité, tout aussi importante, alors qu’un effondrement mondial est à l’œuvre.
Or, les études le montrent : les énergies « vertes » ne le sont pas toujours pour la faune et la flore. Alors que le sommet de l’IPBES, sorte de « Giec de la biodiversité », s’ouvre samedi en Colombie, la question devient brûlante : à l’aube d’un développement massif des renouvelables, comment protéger efficacement les écosystèmes ?
Accusés de freiner la transition énergétique
« Lorsque nous soulevons le problème, on nous accuse de freiner la transition, alors que notre objectif, c’est de favoriser une transition vertueuse », témoigne Jean-François Silvain, président de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (1). « On en est très loin », se désole de son côté Kévin Barré, chercheur au Muséum national d’histoire naturelle, qui vient de publier une thèse sur l’impact de l’éolien sur les chauves-souris et les oiseaux.
Ses résultats sont édifiants : sur le sol français, les recommandations européennes (Eurobats), qui préconisent que les éoliennes soient construites à plus de 200 mètres de toute lisière arborée ne sont pas respectées. « En Bretagne et Pays de la Loire, près de 2 500 kilomètres de haies ont été désertées par les chauves-souris, souligne-t-il. Et de fait, la quasi-totalité (89 %) des 1 000 éoliennes du Grand Ouest est érigée trop près des lisières. »
Les risques ne se résument pas aux collisions, même si elles sont importantes : on estime la mortalité à 350 000 chauves-souris par an en France, 800 000 aux États-Unis – et 234 000 oiseaux. « Le problème, c’est aussi la répulsion, note Kévin Barré. Autrement dit, la disparition des populations et des habitats près des parcs éoliens. Les études d’impact ne prennent que rarement en compte ce phénomène, qui peut être dévastateur. »
Les projets hydroélectriques, grandes menaces pour les écosystèmes
L’éolien n’est pas la seule énergie à causer des dommages. « À la limite, c’est la moins problématique relativement aux autres… en particulier l’hydraulique », estime Jean-François Silvain. Un diagnostic sévère, qui s’explique par le fait que les barrages électriques prospèrent dans des écosystèmes extrêmement riches, en Amazonie, dans l’Himalaya, le delta du Mékong ou encore en Afrique tropicale.
« Les projets hydroélectriques sont des facteurs majeurs de la perte ou de la modification de l’habitat », souligne une étude cosignée par l’économiste Alexandros Gasparatos, de l’université de Tokyo, qui s’alarme des impacts sur le panda, le mahseer d’Himalaya et certains primates. En cause ? L’inondation de vastes zones, la modification des régimes hydriques, les obstacles à la migration des poissons, etc. « En Chine, en Inde, certains projets sont pharaoniques »,remarque Gilles Landrieu, à l’Agence française pour la biodiversité. « L’impact pour les milieux étant très brutal, les espèces n’arrivent pas à s’adapter. Et les rives des lacs de barrage sont désertes. »
D’autres craintes concernent les centrales à biomasse (lire page suivante). Jean-François Silvain rappelle ainsi qu’en Europe, la production d’électricité par la combustion du bois mais aussi le chauffage aux granulés, a « entraîné une surexploitation des ­forêts du sud des États-Unis ».
Repères :
Qu’est-ce que l’IPBES  ?
L’IPBES, qui dépend de l’ONU, est une plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques. Créée en 2012, elle évalue l’état de la biodiversité mondiale, afin d’éclairer les décideurs.
Du 17 au 24 mars, l’IPBES tient son Assemblée plénière (127 États membres, dont la France) à Medellin, en Colombie. Cinq rapports doivent être rendus publics : l’un sur la dégradation et la restauration des sols ; les autres sur quatre ères géo­graphiques (les Amériques, l’Asie et le Pacifique, l’Afrique, l’Europe et l’Asie centrale).
(1) En octobre, un colloque de la fondation portait sur ce thème.
https://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Sciences-et-ethique/Y-incompatibilite-entre-energies-vertes-biodiversite-2018-03-13-1200920263

19/02/18 : Un projet d'éoliennes dans le Vercors met peril couloir migratoire unique France 
Le plateau du Vercors, notamment sa partie drômoise, intéresse de plus en plus les industriels de l’éolien. Un projet au col de la Bataille hérisse particulièrement les habitants et la Ligue de protection des oiseaux. Car le secteur est un couloir migratoire unique en France.
Alors que les projets d’éolien fleurissent sur plateau du Vercors, l’un d’eux cristallise les mécontentements des habitants du coin, à Léoncel dans la Drôme, à deux pas du col de la Bataille.
Dans une pétition adressée au préfet de la Drôme et au maire de la commune, les quatre mille signataires sont “vent debout” contre le projet du groupe RES. Celui-ci vise en effet à installer six à dix éoliennes « dans un espace naturel aussi sensible que cette forêt authentique de Léoncel qui héberge de nombreuses espèces animales et végétales », soulignent-ils.
Et ils ne sont pas les seuls à le dire. La Ligue de protection des oiseaux de la Drôme est tout aussi remontée contre le projet. Car le col de la Bataille est un des plus hauts lieux de la biodiversité dans la Drôme. Un couloir de migration majeur pour de nombreuses espèces, notamment pour les chauve-souris et les oiseaux.
Quatre cents minioptères de Schreibers au col de la Bataille
En plus des deux couples d’aigles royaux, la LPO a en 2017 dénombré quatre cents minioptères de Schreibers au col de la Bataille. Le secteur est d’ailleurs le seul suivi au niveau national par les spécialistes des chauves-souris. « Ce chiroptère est l’un des plus vulnérables parmi les 28 espèces de chauve-souris identifiées par la LPO Drôme sur le secteur, souligne l’association. Il est aussi très sensible à l’éolien car il se déplace beaucoup et chasse en altitude. »
Et il y a aussi les hirondelles qui passent dans le coin : 125 000 individus dénombrés en 2014. « Ce projet met donc en péril à la fois de nombreuses espèces menacées mais aussi un couloir migratoire unique en France, souligne la LPO. Il est en effet essentiel de comprendre que, dans certaines situations, l’éolien peut présenter des menaces majeures pour la biodiversité. »
L’association demande au groupe RES d’abandonner son projet sur ce secteur et à l’État de prendre en main la concertation territoriale. Plusieurs opérateurs privés ont en effet déjà démarché les maires du plateau du Vercors, notamment dans la partie drômoise, pour installer des mats sur leur commune.


07/02/18 : Bretagne : Baie de Saint-Brieuc. Pour compenser les pertes d'oiseaux, le vison chassé
Quelques oiseaux heurteront les futures éoliennes en baie de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor). Pour "compenser" ces pertes, la société Ailes marines va financer l'éradication de visons d'Amérique, prédateurs des oiseaux.
Dans le projet d'éoliennes en baie de Saint-Brieuc, tout est pris en compte. Ainsi, on a évalué le nombre d'oiseaux qui heurteront les pales. Certes, ce ne sera pas l'hécatombe. Mais des mesures de compensation environnementale sont prévues.
Étonnamment, c'est l'éradication de visons d'Amérique sur l'île Tomé (en face de Perros-Guirec) qui va servir de contrepartie à la mort de quelques oiseaux à cause des futures éoliennes.
« Le vison d'Amérique est considéré comme nuisible, explique Bertrand Guidez, responsable du développement du projet au sein de la société Ailes marines. Sur l'île Tomé, il fait du tort aux oiseaux. »
L'île appartient depuis vingt ans au Conservatoire du littoral, et on n'a plus le droit d'y accoster. Mais le vison d'Amérique, espèce invasive qui a déjà très largement pris la place du vison d'Europe, ne s'embarrasse pas de telles considérations. Il y a six ans, il a été observé sur Tomé. Et y a rapidement fait des ravages : les oiseaux ont quasiment disparu !
Les charniers pourrissent
Pourquoi une telle fureur ? « Les visons d'Amérique ont gardé leur comportement,expliquait Stéphane Riallin, du Conservatoire du littoral, lors de la campagne de piégeage, au printemps dernier. En Amérique du Nord, il chasse et se constitue des charniers que le froid conserve. Ici, ses réserves pourrissent, et il tue énormément pour les reconstituer. »Il s'inquiète : « Il ne faudrait surtout pas que Tomé soit une tête de pont pour permettre aux visons d'arriver dans la réserve des Sept-Îles. »
L'action d'Ailes marines sera sans doute bénéfique. « Tomé bénéficiait d'un partenariat avec Total, précise Bertrand Guidez. Mais la société s'est désengagée. » Piéger les visons n'est pas facile. Lors de l'opération du printemps dernier, aucun n'avait été capturé.
Pendant les quarante années d'exploitation du futur parc éolien d'Ailes marines, 20 à 25 millions d'euros seront affectés aux mesures de compensations environnementales.
Empoisonné par des éleveurs de pigeons, fauché par les pales des éoliennes, le faucon pèlerin vit des heures difficiles depuis sa réintroduction en Suisse dans les années 70. L'oiseau le plus rapide du monde est l'oiseau de l'année 2018 de l'association BirdLife.
Le faucon pèlerin, dont environ 300 couples vivent en Suisse, a été déclaré oiseau de l'année par l'association BirdLife. Un rapace qui voit ses effectifs baisser en raison des empoisonnements et des collisions contre les éoliennes.
Ce rapace avait presque entièrement disparu de Suisse en raison de l'utilisation du pesticide DDT dans l'agriculture. La recolonisation a repris après l'interdiction de ce produit dans les années 70. Aujourd'hui, la plupart des faucons pèlerins nichent sur les falaises du Plateau et du Jura.
Mais de nouveaux dangers guettent celui qui est considéré comme le chasseur le plus rapide du monde, avec un vol en piqué qui peut atteindre 300 km/heure. BirdLife Suisse a ainsi enregistré plus d'une dizaine de cas d'empoisonnements par des éleveurs de pigeons qui enduisent leurs animaux avec un poison très dangereux. Mais le nombre réel d'empoisonnements devrait être plus élevé. Deux éleveurs ont été identifiés et condamnés, précise l'association.
Birdlife, qui estime à 15% la baisse de la population des faucons pèlerins en Suisse ces dernières années, pointe aussi comme dangers les risques de collisions avec les éoliennes ou les bâtiments vitrés ainsi que les dérangements des sites de reproduction dus aux grimpeurs.
Birdlife appelle ainsi à un "engagement constant et une protection rigoureuse" pour que ce rapace ait un avenir en Suisse. L'association réclame une lutte contre les empoisonnements, davantage de biodiversité en milieu urbain et des efforts pour lutter contre les pesticides les plus toxiques. Des mesures qui ne profiteront pas uniquement au faucon pèlerin, mais à de nombreuses autres espèces, y compris l'homme, souligne BirdLife.
https://www.lacote.ch/articles/lifestyle/techno-et-sciences/biodiversite-le-faucon-pelerin-oiseau-de-l-annee-2018-732871

06/01/18 : Le muséum de Bourges trouve un accord avec les gestionnaires de parcs éoliens pour protéger les chauves-souris
Moins de chauves-souris tuées par les éoliennes ? Le muséum de Bourges fait tout pour réduire la mortalité provoquée par les pales sur ces petits mammifères nocturnes. Il est à l'origine d'un accord avec France Energie Eolienne.
Cet accord va permettre de mieux évaluer l'impact de ces éoliennes sur les populations de chauves-souris, quitte à limiter l'activité des machines à certaines heures. A l'origine de cet accord, Laurent Arthur, conservateur adjoint du muséum de Bourges, grand spécialiste européen des chauves-souris. Tout a démarré par une étude menée par le muséum de Bourges en 2016. Les naturalistes ont prouvé que certains parcs éoliens pouvaient tuer jusqu'à une dizaine de chauves-souris par an. En cause, la dépression provoquée par les pales qui fait éclater les organes de ces petits mammifères lorsqu'elles volent à proximité.
"En zone céréalière où on pensait ne trouver quasiment aucun cadavre de chauves-souris, on en a ramassé jusqu'à une quarantaine. Cela nous a ébranlés et nous avons pu participer à une table ronde de professionnels de l'éolien où on a débattu de cela. " explique Laurent Arthur. Après presque un an de discussion, un accord a été trouvé avec France Energie Eolienne, région Centre Val de Loire pour toutes les nouvelles machines qui seront installées. A l'avenir, le bridage des éoliennes sera la norme aux heures où les chauves-souris sont les plus présentes, sauf à démontrer que la zone ne présente pas de risques pour ces mammifères.
Frédéric Roch, membre de France Energie Eolienne, a beaucoup oeuvré de son côté : "Il ne s'agit pas d'arrêter les machines selon un principe de précaution _mais d'étudier la présence des chauves-souris pour déceler les heures où elles volent le plus afin de limiter l'activité des machines à ces horaires là. _On procédera donc à des campagnes d'enregistrement grâce à des micros spéciaux installés sur les éoliennes et on pourra vérifier la présence des chauves-souris avec une assez grande précision." Il ne s'agit pour l'instant que de recommandations, précise Laurent Arthur : "Ce sera au ministère de l'environnement, via la Dreal, de vérifier sa mise en oeuvre. Il ne faut surtout pas, comme cela arrive trop souvent que l'on oublie la bio-diversité, même quand il s'agit d'agir contre le réchauffement climatique et donc pour la préservation de notre environnement. Trop souvent on ne réfléchit pas assez globalement. même quand les intentions sont les meilleures." Le muséum de Bourges estime que les éoliennes pourraient perdre 3 % de temps d'activité. La présence des chauves-souris est également trop souvent ignorée lors des travaux d'isolation des immeubles. Les mammifères se voient parfois enfermés dans des cavités où elles finissent par mourir. Ces programmes de lutte contre les déperditions d'énergie font également disparaître une partie de leur habitat. A Bourges, le muséum installe des nichoirs extérieurs pour les chauves-souris sur certains immeubles rénovés.
https://www.francebleu.fr/infos/climat-environnement/le-museum-de-bourges-un-accord-avec-les-gestionnaires-de-parcs-eoliens-pour-proteger-les-chauves-1514307579

19/12/17Chauves-souris et éoliennes : les liaisons dangereuses

Vous saviez, vous, que l’éolienne était une prédatrice pour les chauves-souris ? J’ai demandé à Kévin Barré, tout fraîchement docteur en écologie au Muséum, de me parler des travaux qu’il a menés pendant trois ans sur ces liaisons dangereuses. Ça décoiffe.
Cimetière au pied des éoliennes
Alors que les éoliennes sortent de terre comme des champignons un peu partout, un constat macabre s’impose : de nombreuses chauves-souris meurent à leur pied. En France, où plus des trois quarts des parcs éoliens reposent sur des terres cultivées, il arrive aux agriculteurs de croiser des cadavres gisants sur leurs parcelles. Comment expliquer cette hécatombe ? « Les études menées pour l’instant font état de deux phénomènes, m’explique Kévin Barré du laboratoire CESCO au MNHN. Soit les animaux entrent directement en collision avec les pales de l’éolienne – ce qui tue la bête sur le coup – soit ils meurent par « barotraumatisme ». Cette dernière cause de mortalité s’explique par un changement de pression dans l’air provoqué par les pales de l’éolienne. Une pression qui entraine des hémorragies internes souvent fatales pour ces petits organismes. Lorsqu’on les voit déambuler à toute vitesse dans d’étroits couloirs souterrains, quand on pense que, pour chasser ou se déplacer, les chauves-souris peuvent analyser très finement leur environnement grâce aux ultra-sons qu’elles diffusent (écholocation), tout cela a de quoi surprendre.
Alors pourquoi diable se ruent-elles sur ces grandes faucheuses ? Selon Kévin un phénomène d’attraction à faible distance expliquerait cette intrépidité. « Différentes hypothèses sont aujourd’hui émises même si tout cela n’est pas bien connu. Il y a la curiosité déjà : peut-être qu’elles imaginent s’approcher d’un grand arbre comme le pensent certains scientifiques. Et puis il y a probablement l’accumulation d’insectes attirés par la chaleur de la nacelle ou l'eau condensée sur le mat qui leur sert d’abreuvoir. » Parmi les corps inertes retrouvés au pied des éoliennes, on relève des espèces migratrices volant suffisemment haut pour renconter des pales prédatrices. Il s'agit de petites chauves-souris communes comme les noctules ou la Pipistrelle de nathusius.
Faucheuse et épouvantail ?
Si cette mortalité saute aux yeux, on a beaucoup de mal à connaître son ampleur. Sur les sols reposent des cadavres, certes, mais pour Kévin cela ne dit pas grand-chose. « D’une part on n’en retrouve qu’une partie, car ils sont difficiles à trouver et rapidement dérobés par les charognards, mais en plus on s’est aperçu que ce phénomène était très hétérogène, variable dans le temps et selon les parcs… Ce qui nous fait penser qu’on rate beaucoup de choses ! » Ces énigmes qui planent sur ces liaisons dangereuses, le désormais docteur en a fait son sujet de thèse.
Premier constat : depuis une dizaine d’années, du fait de l'extension des parcs, « les éoliennes en milieu agricole sont implantées de plus en plus près des lisières et forêts. » m’explique-t-il. Des milieux où se plaisent à vivre les chauves-souris. Elles se déplacent, se nourrissent et se reproduisent dans les lisières et les haies. D'une manière générale, un paysage agricole varié fait le bonheur de ces petits mammifères volants. On pourrait donc penser que leur interaction avec les éoliennes auraient tendance à augmenter. Et la mortalité avec. Mais l’intuition de Kévin lui a fait pressentir l’inverse.
« Une poignée d’articles scientifiques laissent aussi penser que les chauves-souris seraient capables d’éviter les paysages éoliens. En plus des chercheurs ont montré, à l’aide de caméras thermiques, que les éoliennes sont plus fréquentées… lorsqu’elles ne tournent pas. Tout est donc parti d’un soupçon : et s’il y avait aussi une répulsion provoquée à plus grande échelle ? "
Les chauves-souris ne seraient donc attirées par les éoliennes que lorsqu’elles se déplacent près des structures. Mais globalement, à l’échelle du paysage, il se pourrait qu'elles les craignent... L'éolienne : faucheuse de près, épouvantail de loin ? Pour vérifier l’hypothèse, c'est sur le terrain que s'est rendu Kévin.
2 millions de cris de chauves-souris
Pour mener l'enquête, il a fallu d’abord trouver un territoire avec beaucoup d’éoliennes et une grande variété de paysages avec haies et lisières pour être sûr d’y trouver des chauves-souris. Une destination répondait bien à ces critères : les régions Bretagne et Pays de la Loire, un des creusets de l’éolien français. Armé d’enregistreurs sonores pour capter les ultrasons, de photographies aériennes localisant les parcs, le jeune chercheur parisien a pris sa voiture et mis le cap à l’ouest.
« Quand j’arrivais sur un parc en voiture, j’allais poser mes capteurs sur les haies à différentes distances des éoliennes, de 0 à 1000 mètres, puis la nuit tombée, je vérifiais que les éoliennes tournaient bien » Le lendemain, après une nuit de camping au bord de la parcelle, il retourne sur le champ pour récupérer son matériel. Dans les boîtes, des heures et des heures de cris de chauves-souris qui témoignent de leur activité globale à un emplacement donné. « J’ai fait cela pendant 45 jours allant chaque nuit d’un parc à l’autre. La journée, je la passais sur la route à chercher les meilleurs spots et à charger mes batteries de capteurs dans les toilettes des campings municipaux ».
De retour au laboratoire, arrive le temps de l’analyse acoustique des 29 parcs éoliens, et 337 points d’enregistrements durant le périple. En tout : plus de 2 millions de cris de chauves-souris ! Un travail de longue haleine, mais qui in fine en valait la chandelle. Car les résultats sont au rendez-vous.
« Nous avons mis en évidence un fort impact négatif de la présence d’éoliennes sur la fréquentation des haies par les chiroptères (chauves-souris). » L’intuition de départ s’est donc révélée exacte. Aussi, en étudiant les groupes d’espèces, certains chiffres ont surpris par leur grandeur : « Dans un rayon de 1 000 mètres autour des éoliennes, on observe pour le groupe des oreillards (chauves-souris à grandes oreilles), le plus fortement impacté, une perte d’activité moyenne de 54% ! »
En plus cette répulsion a été détectée sur la plupart des groupes, et pas seulement sur ceux qui mourraient en heurtant les éoliennes. De tristes résultats qui selon Kévin révèlent une perte de biodiversité fralgrante dans les parcs. Et c'est d'autant plus grave que ces effets ne se limitent pas à un tout petit périmètre : au vu des forts impacts encore mesurés à 1 000 mètres des éoliennes, dernier point de mesure, le phénomène doit probablement se ressentir bien au-delà ! Enfin, par extrapolation, on a pu calculer la quantité d'habitats destertés par les chauves-souris dans les régions Bretagne et Pays de la Loire. Cela équivaut à 2 400 km de haies environ...
Ainsi, les chauves-souris - celles qui vivent encore - brillent-elles par leur absence dans les parcs ; et ce d’autant plus qu’on se rapproche des éoliennes. Les causes restent floues même si quelques études offrent des pistes : « la répulsion à grande distance pourrait venir des flash de signalisation pour les avions, du bruit engendré par les pales, ou tout simplement de la peur pour laquelle nous ne connaissons rien actuellement. »
Compenser les pertes
Ce phénomène de répulsion était largement inconnu jusqu’ici et de ce fait non pris en compte au moment de l’implantation des éoliennes. Lors de tout projet d’aménagement, il est demandé aux opérateurs de respecter la séquence ERC (Eviter-Réduire-Compenser) pour protéger et maintenir la biodiversité. Pour l’évitement, une préconisation européenne existe déjà : une distance de 200 m doit séparer les éoliennes des lisières arborées. « Or, à l’échelle du nord-ouest de la France, j’ai découvert que 89% des structures sont implantées à moins de 200 m d’une lisière (haie ou forêt). Et 73% sont à moins 100 m ! »
Pour éviter les pertes de chauves-souris et de biodiversité, il faudrait non seulement que les opérateurs respectent cette recommandation mais que cette distance soit augmentée. Compte tenu de l’élargissement constant des parcs éoliens, Kévin m’explique que c’est tout bonnement impossible. Quelle solution alors ? Exporter tous les parcs dans les monocultures de blé de la Beauce où la faune ne serait pas dérangée ? « Le problème avec l’énergie, c’est qu’on doit la produire et la consommer à une échelle locale. On ne peut donc pas déplacer les éoliennes à très grande distance du secteur visé. »
En revanche, il serait possible de réduire les impacts. Il y a au moins une solution théorique : le bridage, c’est-à-dire l’arrêt des éoliennes à certains moments. « On sait que l’activité des chauves-souris est importante par vent faible notamment. Comme les éoliennes produisent très peu d’énergie dans ces conditions, on pourrait imaginer suspendre leur rotation. » Même si cela ne résoudrait sûrement qu’un seul des problèmes, la mortalité, et non la perte d'habitat qui demanderait un arrêt permanant. Justement, pour compenser la perte d’habitat par répulsion, il faudrait, selon le chercheur, ajouter dans le nord-ouest de la France 2,6 km de haie… par éolienne !
Imposer de telles mesures de compensation sont illusoires, m'avoue Kévin. Il a donc exploré d'autres pistes.
Le levier agricole
Et si le levier se trouvait, non pas sur les habitats perdus, mais sur les pratiques agricoles ? Et si les chauves-souris, chassées de leurs habitats par les éoliennes elles-mêmes, l'étaient aussi par les effets de l'agriculture intensive ? Retour sur le terrain, cette fois dans les champs de la région parisienne, dépourvues d’éoliennes. « Je voulais voir si le travail intense du sol ou les passages d’herbicides avaient un impact sur l’activité de chauves-souris. » En posant pendant la nuit des capteurs sur des parcelles très différentes, Kévin a pu enregistrer un autre message inquiétant. « Globalement, en prenant le système agricole dans son ensemble, l’intensification du travail du sol et l’utilisation des herbicides affectent les chauves-souris négativement ». Les causes ? La raréfaction des insectes, leur principal repas, malmenés par ces pratiques agressives.
Si cette autre mauvaise nouvelle achève de nous déprimer, cela signifie aussi que les pratiques agricoles peuvent être un levier efficace pour compenser les pertes écologiques. « J’ai pu montrer qu’une diminution du travail du sol et le retrait de l’usage d’un passage d’herbicide sur trois peuvent créer des gains certes inférieurs mais comparables à ceux obtenus en agriculture biologique ! Environ 7 fois plus d’activité de chauves-souris peut être détectée par ces changements par rapport à un système classique en labour ! » En plus, cette « agriculture de conservation » n’engendre pas ou peu de perte de rendement.
Une énergie toujours verte ?
Cette vaste étude de Kévin fait surgir mille interrogations. Celle qui me vient alors à l’esprit : si les chauves-souris se meurent aux pieds des éoliennes, ou les fuient à plus large échelle, qu’en est-il des autres espèces animales ? « Quelques études ont déjà été menées sur les oiseaux et il semblerait que les effets soient similaires» déplore Kévin. Les scientifiques doivent encore creuser la question. Combinons à ces impacts directs de l'éolien l’intensification agricole, et le coktail devient carrément explosif pour les chauves-souris et probablement pour toute la biodiversité. Ces révélations accréditent encore un peu plus ce constat tragique : sur de larges échelles l'épandage massif de produits phytosanitaires et l'apauvrissement des sols peut être plus agressif encore que l’urbanisation ou la pollution lumineuse !
Alors quoi, on déracine une par une toutes les éoliennes ? Pas question insiste Kévin, mais demandons-nous déjà, avant chaque installation, ce qu'on enlève au vivant. Et si perte il y a, faisons tout pour compenser, par la transition agricole notamment. Mais ça, c'est la théorie... « L’incohérence de l’aménagement du territoire est parfois frustrante en tant qu’écologue, soupire Kévin à la fin de l'entretien. Actuellement, si un projet éolien doit politiquement se faire, il se fera et ce peu importe les enjeux biodiversité. Même si heureusement de rares cas me font mentir. C’est aussi sur ça qu’il faut travailler, ne plus remettre la biodiversité à plus tard."
La loi sur la transition énergétique de 2015, vise une production d’électricité éolienne de 22 000 mégawatts en 2023 (12 000 aujourd’hui). Selon les prévisions, il faudrait ajouter en France 4 000 éoliennes aux 6 500 qui existent déjà. L’éolien offshore, lui, peine à voir le jour. La pression devrait donc s’accroître sur la biodiversité agricole. D'où une question légitime : cette énergie verte le restera-t-elle encore longtemps ?
http://vigienature.mnhn.fr/blog/publications/chauves-souris-et-eoliennes-les-liaisons-dangereuses

11/12/17 Énergies renouvelables et biodiversité, les liaisons dangereuses
Dans un monde aux ressources finies, déjà fortement mises à contribution pour nos besoins, il est essentiel d’évaluer l’impact potentiel sur la biodiversité de nouvelles activités humaines, et notamment des technologies qui accompagnent le développement des énergies renouvelables.
En France, ce débat est régulièrement ouvert : ce fut le cas, par exemple, avec la centrale thermique de Provence, à Gardanne, une installation susceptible d’exploiter une grande quantité de bois, local ou d’importation, pour son fonctionnement.
Chez nos voisins d’outre-Manche, ces réflexions sur la pertinence d’utiliser le bois comme source d’énergie (pour produire de la chaleur ou de l’électricité) a alimenté de multiples controverses ; à l’origine de ces polémiques, les informations fournies par les associations environnementales puis les scientifiques. Ces derniers ont ainsi mis en évidence que le Royaume-Uni importait des millions de tonnes de bois pour faire fonctionner ses centrales et que ces importations généraient des pressions extrêmement fortes sur des forêts du sud des États-Unis.
Nous sommes ici confrontés à un paradoxe : des évolutions technologiques nous permettant de délaisser les énergies fossiles (ce qui est en soi positif pour l’environnement) ont en fait des impacts majeurs sur les écosystèmes naturels.
Il est ainsi important de s’intéresser à l’ensemble de ces impacts… et pas seulement à leur bilan carbone !
Pas assez de données précises
Un récent article paru dans la revue scientifique Plos One, montrant très clairement que plus des trois quarts des insectes volants avait disparu en Allemagne ces trente dernières années, est venu compléter toute une série d’études et de prospectives (basées en particulier sur les listes rouges) établissant qu’une large part des vertébrés, oiseaux et mammifères, allait voir leurs populations décroître drastiquement au cours des 30, 40, ou 50 prochaines années.
La biodiversité est ainsi déjà gravement menacée, tant à l’échelle des populations, des espèces que des communautés ou des écosystèmes ; elle le sera encore plus dans le futur en raison de pressions humaines croissantes avec l’augmentation démographique : intensification des processus de changement d’usage des terres, incluant la déforestation, surexploitation des ressources, pollutions multiples…
La littérature scientifique souligne aussi que l’ensemble des filières d’énergie renouvelable a des effets négatifs sur cette biodiversité.
Bien évidemment, ces impacts varient selon les filières ; et il est pour l’heure encore difficile d’évaluer au plan quantitatif leur incidence négative, faute de données suffisamment précises. Pour les éoliennes, par exemple, seule une très faible proportion des rapports annuels de suivi de mortalité est transmise aux autorités. Par ailleurs, ces filières ne sont qu’au début de leur déploiement et nul ne sait comment vont évoluer leurs impacts sur une très grande échelle.
Les éoliennes
Mais revenons plus précisément aux éoliennes et à leur impact environnemental.
Aujourd’hui, la mortalité des oiseaux et des chauves-souris induites par le déploiement de ces installations est encore difficile à établir. Aux États-Unis, la littérature indique toutefois de 234 000 à 573 000 morts par an pour les oiseaux. Ces chiffres sont actuellement faibles par rapport aux mortalités causées par d’autres facteurs anthropogéniques, comme les collisions avec les lignes à haute tension (22,8 millions), les voitures (200 millions) ou les immeubles (600 millions) ; mais ce facteur de mortalité peut avoir une incidence significative sur les populations de certains rapaces comme cela a été montré dans plusieurs pays ; par ailleurs, ces chiffres devraient augmenter à mesure du développement des parcs éoliens.
D’autres données, concernant cette fois les chauves-souris, indiquent de 600 000 à 900 000 morts annuelles aux États-Unis et 250 000 mortspour l’Allemagne.
Les oiseaux meurent de chocs directs avec les pales des éoliennes ; les chauves-souris subissent des traumatismes internes associés à des réductions soudaines de la pression de l’air à proximité des pales. Il existe également des perturbations des voies migratoires pour certaines espèces.
Enfin – et cela fait l’objet d’une étude en cours au Muséum national d’histoire naturelle –, il existe des impacts indirects sur certaines chauves-souris qui cherchent à éviter les parcs éoliens. Cela conduit à une réduction significative de leur habitat.
Les réglementations peinent à prendre en compte ces récentes avancées scientifiques. Ainsi, dans ses recommandations, l’Union européenne préconise de positionner les éoliennes à 200 mètres des espaces boisés, alors qu’il faudrait au minimum 1 000 mètres pour que le phénomène d’évitement des paysages éoliens ne se produise pas.
Face à cette situation complexe, liée aux difficultés de quantification des effets négatifs, il n’est pas étonnant de constater l’inefficacité des études d’impact réalisées en amont de la mise en place de parc éolien ; celles-ci peinent à renseigner sur la réalité des mortalités une fois l’infrastructure développée.
Bois et hydraulique
Les deux filières les plus impactantes pour la biodiversité restent à ce jour le bois-énergie et l’hydraulique.
Pour la première, l’affirmation même de sa neutralité carbone est actuellement remise en question. Cette neutralité n’est en effet assurée sur le long terme que si les forêts coupées peuvent intégralement repousser et qu’elles ne seront pas victimes d’artificialisation ou de mise en culture.
Quant à l’énergie hydraulique, ses infrastructures massives constituent de véritables barrières écologiques, générant la disparition d’écosystèmes et la fragmentation des habitats naturels. Ainsi, plusieurs milliers de grands barrages d’une capacité de plus d’un mégawatt sont prévus ou en cours de construction.
À terme, seules 21 % des grandes rivières mondiales devrait échapper à la mise en place d’installations hydro-électriques et les constructions futures pourraient affecter globalement des régions parmi les plus fragiles au plan écologique telles que les bassins de l’Amazonie, du Mékong et du Congo, sans oublier en Europe les Balkans.
Mobiliser scientifiques et acteurs économiques
Personne ne doute de la nécessité du développement des énergies renouvelables. Personne ne doute non plus que nous ne sommes qu’au début de leur déploiement. Considérant que toutes les filières d’énergie renouvelable ont en général des impacts négatifs sur la biodiversité, il apparaît nécessaire de mieux intégrer les connaissances existantes en matière d’écologie, de biologie et de comportement des espèces impactés dans les projets de développement des énergies renouvelables.
Il faut également essayer de faire preuve de bon sens : les méthodes d’évaluation des impacts de ces activités sur l’environnement doit évoluer afin de mieux prendre en compte la biodiversité. Et il semble évident d’éviter l’implantation de parcs éoliens ou de champs de panneaux solaires dans des zones très riches en biodiversité ou sur les parcours de migration d’oiseaux ou de chauve-souris.
Il faut certainement réfléchir de même à l’utilisation d’indicateurs plus variés que la simple comptabilité du bilan carbone dans les décisions de gestion. Ne pas raisonner qu’en termes de diminution nette des émissions de CO2, mais réfléchir aussi en termes de compensation de ces émissions, comme cela a été proposé par l’initiative « 4 pour 1000 ».
Pour éviter des décisions prises dans l’urgence, il peut aussi être avantageux de raisonner un mix énergétique composé, au moins temporairement, de sources renouvelables et de ressources fossiles (incluant éventuellement une part d’énergie nucléaire).
Il est enfin clair que toutes ces évolutions doivent être basées sur les meilleures connaissances scientifiques disponibles et dans certains cas, il faut pouvoir mobiliser chercheurs et acteurs industriels pour surmonter des contraintes techniques majeures lorsqu’elles sont à l’origine des impacts sur la faune ou la flore. Cela doit se faire au niveau national, mais aussi très probablement à travers des programmes européens ou internationaux.
Hélène Soubelet, directrice de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité est co-auteure de cet article.
http://theconversation.com/energies-renouvelables-et-biodiversite-les-liaisons-dangereuses-88489


06/12/17La lutte pour le climat au détriment de la biodiversité?

Chaque semaine, Allain Bougrain-Dubourg nous livre un avis sans concession, avec toujours la même bienveillance pour nos amis les animaux.
Mardi prochain, la France vérifiera si sa proposition d'initier un sommet mondial du climat était judicieuse. Au delà des discours de circonstance, il conviendra de répondre à cette question obsédante : qui paie et combien ? En attendant que les financeurs se fassent connaître, on peut constater que l'association Orée (« Entreprises, Territoires et Environnement ») ne démérite pas. Agrégeant des entreprises, des collectivités locales et autres organisations professionnelles, elle aurait pu porter une bonne conscience environnementale lavant les acteurs (ils sont 180) de tous soupçons. Or, depuis plus de 20 ans, Orée tente de sensibiliser le plus grand nombre aux questions environnementales sans dissimuler les difficultés, voire les manquements.
Le dossier « Climat et biodiversité » récemment publié, illustre cet engagement. Il souligne notamment combien il est difficile de conjuguer climat et biodiversité.
La loi d'août 2015 sur la transition énergétique n'a pas vraiment épousé celle d'août 2016 sur la biodiversité et pourtant elles sont étroitement liées. C’est ce qui apparaît notamment lorsqu'Orée revisite les différentes énergies renouvelables. Ainsi, l’hydroélectricité (60 % de la production de renouvelable) génère des perturbations par les lacs de retenues ou l'accumulation de limons en amont. L'éolien qui, en 10 ans, a été multiplié par 18, génère une emprise au sol non négligeable et des impacts sur les oiseaux et les chauves-souris. Sur la centaine d'espèces retrouvées au pied des éoliennes, 75 % sont protégées... Le photovoltaïque n'est pas exempt de critiques. Il entraîne un « ombrage » de l'habitat, tandis que les clôtures qui l'entourent perturbent les déplacements de la faune. Les énergies marines, celles de récupération ou encore la biomasse – bois, énergie connaissent également des inconvénients qu'Orée ne veut pas passer sous silence.
Un tel travail de transparence vise évidemment à apporter un éclairage lucide afin d'engager une production d'énergies renouvelables n'affectant pas (ou peu!) la biodiversité. Les entreprises et les collectivités regrettent souvent de manquer d'outils et d'aides aux décisions pour avancer dans la transition environnementale. Le document publié par Orée constitue une première réponse non négligeable.
http://www.linfodurable.fr/environnement/la-lutte-pour-le-climat-au-detriment-de-la-biodiversite-par-allain-bougrain-dubourg

05/12/17 : 
Les éoliennes en mer du Nord n’ont pas qu’un impact positif

Il y a actuellement 232 éoliennes en fonctionnement en mer du Nord. L’Institut royal des sciences naturelles de Belgique vient de publier un nouveau rapport. Il dresse les apports positifs mais aussi négatifs des éoliennes.
Les 232 éoliennes opérationnelles en mer du Nord produisent actuellement quelque 870 MW, soit la consommation électrique de 860 000 foyers. Elles n’émettent aucun gaz nocif et sont donc un moyen efficace de lutter contre le réchauffement climatique. Mais cela ne signifie pas qu’elles n’ont aucun impact sur l’environnement. Sans parler des ressources nécessaires à leur construction, elles ont inévitablement des conséquences sur le milieu dans lequel elles sont installées. Depuis 2008, l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique (IRSNB) coordonne la surveillance de ces effets. Son dernier rapport, publié ce mardi, évoque des aspects tant négatifs que positifs.
Cinq à six ans après la construction des premiers parcs d’éoliennes, «l’écosystème des substrats mous entre les éoliennes n’a pas changé de façon spectaculaire», relève d’abord l’IRSNB. Le nombre d’invertébrés et poissons qui vivent sur ou en association avec le fond marin est surtout lié à des fluctuations à grande échelle (température de l’eau, prolifération de plancton, etc.).
Une espèce de poisson, la plie commune, semble toutefois influencée positivement par les éoliennes en mer. «Cela peut être lié à une disponibilité locale accrue de ressources alimentaires et/ou à l’exclusion de la pêche dans les parcs éoliens», avance l’IRSNB.
La biodiversité sur les fondations des éoliennes et autres substrats artificiels de protection contre l’érosion est, elle, moindre que sur les substrats durs naturels, comme des lits de gravier, montre aussi le rapport.
D’autres effets négatifs des éoliennes proviennent du bruit généré lors de l’enfouissement des pieux. Au moment de ces opérations, la présence de marsouins diminue de 75%. Une expérience effectuée sur des cabillauds en cage a en outre permis de détecter une forte augmentation des lésions à la vessie natatoire, de nombreux saignements internes et un comportement anormal à la nage lié à ces nuisances sonores.
Les éoliennes en mer ont enfin des effets négatifs sur les oiseaux. «Les scientifiques ont pu mettre en évidence que quatre espèces évitent le parc éolien du Thorntonbank (le Fou de Bassan, la mouette pygmée, la mouette tridactyle et le guillemot de troïl) tandis que trois autres (le goéland marin, le goéland argenté et la sterne caugek) sont attirées», résume l’IRSNB. Parmi les individus attirés, un grand nombre sont victimes de collision mais, comme leur corps tombe à l’eau, on ne peut les compter. Un radar aviaire pour détecter les oiseaux est indispensable, souligne l’institut.
La Belgique a pour objectif d’atteindre 13% d’énergie produite à partir de ressources renouvelables d’ici 2020. Pour y parvenir, le pays mise notamment sur les éoliennes en mer du Nord, qui devront produire d’ici là quelque 2.200 MW, soit 10% des besoins en électricité.

23/11/17Pourquoi les chauves-souris ne voient-elles pas les éoliennes ?

Le chiffre a de quoi effrayer : les éoliennes en France (6 000 aujourd'hui) pourraient avoir causé la mort de 1,6 million de chauves-souris sur la période 2002-15, selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Si les auteurs de l'étude établissent une prudente fourchette entre... des décès entre 12 000 et 3,3 millions d'animaux, la surmortalité de cette espèce déjà déclinante est reconnue. 
Les chiroptères, qui chassent au crépuscule et la nuit, ne sont pourtant pas aveugles. Alors quoi ?
Certains incriminent les feux de signalisation placés sur les éoliennes pour prévenir les aéronefs de leur présence, qui attireraient les insectes et donc les pipistrelles et autres noctules communes, ensuite balayées par les pales. Mais il semblerait en fait que ce soit surtout la forte variation de pression provoquée par le passage des pales devant le mât de l'éolienne qui crée un « barotraumatisme ». « Les fragiles capillaires de leurs poumons éclatent lors de cette dépression brutale, explique la Ligue de protection des oiseaux. Le sonar des chiroptères fonctionne par écholocation et détecte très bien les obstacles, mais il reste aveugle aux chutes de pression. »

https://www.lesechos.fr/week-end/business-story/enquetes/030911037667-pourquoi-les-chauves-souris-ne-voient-elles-pas-les-eoliennes-2132612.php#xtor=CS1-31#tirQOp7esY40p0QX.01

21/11/17
Dans quelles conditions des éoliennes peuvent-elles être implantées 
sur des domaines forestiers ?
La construction et l’exploitation d’un parc éolien sont soumises à plusieurs réglementations, en particulier au titre du code de l’énergie, du code de l’urbanisme, du code de l’environnement et du code forestier, notamment pour l’obtention des autorisations de défrichement. Cet encadrement réglementaire n’interdit pas l’implantation d’éolienne en zone forestière sur le territoire national.
Toutefois, si le développement de l’éolien en forêt offre des perspectives pour cette énergie renouvelable, il ne saurait résulter d’un choix par défaut au regard des enjeux écologiques et paysagers. Le milieu forestier, de part ses caractéristiques et enjeux propres, ne constitue pas naturellement un secteur d’implantation pour les projets éoliens. Leur développement fait, en conséquence, l’objet d’une approche et d’une analyse spécifiques, particulièrement en matière d’impact sur l’avifaune.
Par ailleurs, les services de l’État portent une attention particulière sur la justification des projets d’implantation en milieu forestiers aux regards d’autres sites potentiels de projets de parc éolien.

RÉFÉRENCES
Question écrite de Nathalie Goulet, n° 780, JO du Sénat du 2 novembre 2017
http://www.lagazettedescommunes.com/536421/dans-quelles-conditions-des-eoliennes-peuvent-elles-etre-implantees-sur-des-domaines-forestiers/

09/11/17 : éolien : précisions sur la prise en compte des espèces animales protégées par l'étude d'impact (Cour administrative d'appel de Bordeaux)😏
La Cour administrative d’appel de Bordeaux a rendu deux arrêts, les 28 septembre 2017 et 2 novembre 2017, par lesquels elle se prononce sur le caractère suffisant ou non d’une étude d’impact d’un projet de parc éolien, s’agissant de l’identification des espaces animales protégées. La Cour a souligné leur importance par la publication d’un communiqué.
Par un arrêt n° 15BX02976-15BX02977-15BX03015 du 2 novembre 2017, la Cour administrative d’appel de Bordeaux a jugé qu’une étude d’impact doit être regardée comme présentant un caractère suffisant dès lors qu’elle identifie les espèces animales protégées susceptibles d’être affectées et les dangers que représentent pour elles les installations éoliennes.
En ce sens, la Cour relève que "il ne peut être argué un défaut d’information sur la présence de l’aigle royal et sur les risques induits pour cette espèce dès lors que l’étude signale la présence d’un couple d’aigles royaux dans la zone d’étude et reconnaît que le projet se traduira par une perte de territoire de chasse et la réduction du domaine vital, et préconise l’abandon d’une implantation en secteur Sud en raison de sa sensibilité ornithologique et l’implantation des éoliennes dans un milieu forestier dès lors que les rapaces chassent de façon privilégiée en milieu ouvert, ce qui a été au demeurant pris en compte en validant une proposition de suivi de l’avifaune pendant cinq ans".
Cet arrêt est l’occasion de rappeler que la seule présence d’espèces protégées sur une zone n’est pas de nature à faire obstacle à la réalisation d’un parc éolien, dès lors que le porteur de projet procède à une expertise détaillée des espèces protégées présentes sur le site, analyse précisément l’impact du projet et le cas échéant, met en œuvre les mesures d’évitement requises.
A l’inverse, par un arrêt n°15BX02978-15BX02995 du 28 septembre 2017, la Cour administrative d’appel de Bordeaux a jugé, que l’étude d’impact d’un projet de parc éolien est insuffisante, dès lors qu’elle omet de mentionner la présence avérée d’aigles royaux au sein de la zone d’implantation du projet. Elle a précisé que cette insuffisance avait nui à l’information complète de la population.
Ces solutions rejoignent les préconisations du Ministère de la Transition écologique et solidaire, rappelées aux termes du guide relatif à l'élaboration des études d'impacts des projets de parcs éoliens terrestres de décembre 2016 et du guide sur l'application de la réglementation relative aux espèces protégées pour les parcs éoliens terrestres de mars 2014.
Ces arrêts apportent ainsi d‘utiles précisions sur les modalités d’appréciation, par le Juge administratif, de la suffisance de l’étude d’impact.
Ils pourront faire office de référence dans l’ensemble des contentieux éoliens ainsi que pour la constitution des dossiers de demande d’autorisation environnementale.
http://www.arnaudgossement.com/archive/2017/11/09/eolien-precisions-sur-la-prise-en-compte-des-especes-animale-5997370.html

03/11/17 : Énergies renouvelables : des impacts sur la biodiversité

Aux États-Unis, près de 234 000 oiseaux sont tués annuellement par des collisions avec des éoliennes selon la FRB.
La biodiversité a occupé une place importante dans l’action du ministère de la transition écologique et solidaire au mois d’octobre. Il a été rappelé par la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) que développement des énergies renouvelables et protection de la biodiversité n’allaient pas nécessairement de pair.
Aucune filière renouvelable exemplaire
Dans un article publié le 27 octobre, la FRB vulgarise les conclusions d’une étude scientifique(1) sur les impacts des énergies renouvelables sur la biodiversité. Elle y fait le constat qu’il « n’existe pas de filière d’énergie renouvelable qui n’ait aucun impact », quand bien même ces énergies sont « souvent implicitement considérées comme favorables à l’environnement ».
La FRB fait ainsi état des effets négatifs (et positifs) de chaque filière renouvelable (solaire, éolien, hydroélectricité, bioénergie, géothermie et énergies marines) sur la base de plus de 500 études scientifiques consacrées à ce sujet : perte ou modification d’habitats, pollutions, conflits d’usages de l’eau, invasions biologiques, etc. Si les différentes filières possèdent chacune leurs propres contraintes, certaines d’entre elles font peser des pressions plus fortes sur les écosystèmes comme l’hydroélectricité et la biomasse.
Les installations hydroélectriques modifient entre autres les régimes hydriques en amont et en aval des sites de production et peuvent affecter la biodiversité, notamment en cas d’eutrophisation du milieu (accumulation de nutriments). Des dispositifs peuvent toutefois atténuer les impacts sur la biodiversité (comme les passes à poissons), voire avoir des effets favorables (comme la création d’îlots artificiels constituant des habitats pour la loutre géante au Brésil)(2).
Des compromis nécessaires
Les impacts des énergies renouvelables sur la biodiversité varient selon la filière concernée et naturellement selon le lieu et les conditions d’implantation. La FRB rappelle à ce propos que les contraintes seront « d’autant plus importantes que ces solutions énergétiques seront déployées à grande échelle pour permettre une transition rapide vers une économie verte ». La transition énergétique s’accompagne ainsi de défis environnementaux « cachés », comme l’indiquait également une étude de la Banque mondiale en juillet 2017 sur les énormes besoins de minerais et de métaux.
Il n’y pas de remise en cause du développement des filières renouvelables mais la FRB souhaite mettre en lumière leurs impacts négatifs potentiels sur la biodiversité et les écosystèmes qu’elle juge « sous-estimés ». La FRB recommande par exemple d’installer les grandes centrales solaires dans des zones éloignées des écosystèmes. Elle rappelle que l’espacement nécessaire des panneaux et les infrastructures de soutien (voies d’accès, équipements électriques, etc.) mobilisent une surface totale environ 2,5 fois supérieure à celle des panneaux eux-mêmes. Les panneaux solaires installés sur des toitures ou des façades de bâtiments sont au contraire jugés « peu impactants lorsqu’ils sont montés sur des structures existantes ».
Dans ces conditions, il s’avère nécessaire de « déterminer les compromis cachés de l’expansion des énergies renouvelables entre le développement économique et la protection de l’environnement » selon la FRB. La promotion des biocarburants (de 1re génération) est notamment motivée par la plupart des pays comme un moyen d’améliorer la sécurité énergétique et le développement économique plutôt que de promouvoir la « durabilité environnementale ».
Une meilleure prise en compte de la protection de l’environnement est attendue dans l’action publique du ministère de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot s’étant engagé à ce que celle-ci accorde « autant d’importance à la reconquête de la biodiversité qu’elle en donne à la lutte contre le changement climatique »(2). Le ministre rappelle par ailleurs que les écosystèmes peuvent constituer les « premiers alliés » dans cette lutte, en particulier grâce aux puits de carbone constitués par la biomasse.
Pour rappel, la loi de transition énergétique pour la croissance verte fixe entre autres pour objectif de porter à 32% la part des renouvelables dans la consommation d’énergie finale de la France en 2030 (et à 40% dans la production nationale d’électricité à cet horizon).
Sources / Notes
1 - L’étude originale « Renewable energy and biodiversity: Implications for transitioning to a Green Economy » a été publiée en avril 2017 dans « Renewable and sustainable energy reviews ». Les résultats de cette étude ont été présentés par la FRB le 5 octobre 2017.
2 - Lors de la journée annuelle de la FRB le 5 octobre dernier, Laurent Gazull du Cirad (organisme français de recherche agronomique) a par ailleurs souligné l’impact des importations de biocarburants : « si nous substituons 10% de notre essence en France pour du bioéthanol, cela équivaudrait à 1,5 tonne de E85, soit la consommation en sucre de l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest ».
3 - « Nicolas Hulot place la reconquête de la biodiversité au cœur des territoires », Ministère de la transition écologique et solidaire, 31 octobre 2017.
Site de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB).
https://www.connaissancedesenergies.org/la-biodiversite-aussi-affectee-par-les-energies-renouvelables-171103?utm_source=newsletter&utm_medium=fil-info-energies&utm_campaign=newsletter/le-fil-info-energies-03-nov-2017

02/11/17 : 
Une étude d’impact est suffisante lorsqu’elle identifie les espèces animales susceptibles d’être mises en danger par un projet d’implantation de parc éolien

La cour administrative d’appel de Bordeaux a été amenée à se prononcer sur le caractère suffisant ou non d’une étude d’impact, au regard de l’identification des espèces animales protégées, dans deux affaires d’implantation de parcs éoliens.
Dans un arrêt rendu le 2 novembre 2017, la Cour juge qu’une étude d’impact réalisée dans le cadre d’un projet d’implantation d’un parc éolien, sur le territoire de la commune de Mélagues, doit être regardée comme présentant un caractère suffisant dès lors qu’elle identifie les espèces animales susceptibles d’être affectées et les dangers que représentent pour elles les aérogénérateurs.
L’étude d’impact avait bien signalé la présence d’un couple d’aigles royaux dans la zone d’étude.
Elle avait aussi souligné les risques induits pour ces rapaces et notamment que le projet devait se traduire par une perte de leur territoire de chasse et la réduction de leur domaine vital, et préconisait, à ce titre, l’abandon d’une implantation en secteur Sud en raison de sa sensibilité ornithologique et l’implantation des éoliennes dans un milieu forestier dès lors que les rapaces chassent de façon privilégiée en milieu ouvert, ce qui a d’ailleurs été pris en compte.
Dans ces conditions, l’étude d’impact était suffisante sur ce point.
Il n’en allait pas de même dans une autre affaire dont a eu à connaître la cour administrative d’appel de Bordeaux, à l’origine d’un arrêt rendu le 28 septembre 2017 sous les n°15BX02978 et 15BX02995, où des aigles royaux, dont la présence était avérée dans la zone d’implantation d’aérogénérateurs sur le territoire de la commune de Fondamente, n’étaient pas mentionnés dans l’étude d’impact.
Lire l'arrêt 15BX02976-15BX02977-15BX03015 dans sa version simplifiée
http://bordeaux.cour-administrative-appel.fr/A-savoir/Communiques/Une-etude-d-impact-est-suffisante-lorsqu-elle-identifie-les-especes-animales-susceptibles-d-etre-mises-en-danger-par-un-projet-d-implantation-de-parc-eolien

02/11/17 : Collisions, déforestation... Quand le développement des énergies renouvelables nuit aux animaux
BIODIVERSITE : L'ensemble des filières d’énergie renouvelable ont des impacts potentiellement négatifs pour les animaux, pointe la Fondation de recherche pour la biodiversité…
- On parle beaucoup de la lutte contre le réchauffement climatique un peu moins de la nécessaire préservation de la biodiversité.
- Pourtant, ces deux nécessités vont de pair, l’essor des filières d’énergies renouvelables pouvant avoir des impacts négatifs sur la biodiversité.
- La Fondation pour la recherche sur la biodiversité invite alors à ne pas accorder de blanc-seing aux projets d’énergies renouvelables au seul motif qu’ils promettent de moindres rejets de CO2 dans l’atmosphère.
« Je tiens à ce que la société française accorde autant d’importance à la reconquête de la biodiversité qu’elle en donne à la lutte contre le changement climatique. » Le message est de Nicolas Hulot, posté sur sa page Facebook cette semaine.
Le ministre de la Transition écologique et solidaire appelle à une réaction collective pour ne pas « devenir les dinosaures modernes de l’histoire », une allusion à la sixième extinction d’animaux que plusieurs scientifiques disent en cours, l’avant dernière ayant conduit à la disparition des dinosaures.
Ne plus traiter séparément biodiversité et réchauffement climatique
Cette perte de biodiversité ne sera pas à la table des discussions de la Cop 23 qui s’ouvre ce lundi à Bonn en Allemagne. Ou alors à la marge. A ces conférences annuelles organisées par l’ONU, on parle avant tout de réchauffement climatique et du plan de bataille à mettre sur pied pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre.
Pourtant, de plus en plus de voix, au sein de la communauté scientifique, appellent à ne plus traiter à part les deux nécessités que sont la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la biodiversité. « Ou du moins à prendre conscience que les mesures adoptées pour la première peuvent avoir des conséquences négatives sur la seconde », glisse Jean-François Silvain, président de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB), une fondation de coopération scientifique qui favorise la recherche sur la biodiversité.
Un exemple parlant : les centrales à bois
La FRB vient de traduire une étude dirigée par Alexandros Gasparatos, professeur à l’Université de Tokyo, publiée en avril dernier et qui analyse, à travers 500 références scientifiques, les rapports compliqués qu’entretiennent énergies renouvelables et biodiversité. L’éolien est peut-être l’exemple le plus visible, les cadavres d’oiseaux se ramassant souvent aux pieds des éoliennes. Aux Etats-Unis, les estimations varient entre 234.000 et 573.0000 oiseaux tués annuellement par des éoliennes aux Etats-Unis. Les chauves-souris seraient plus impactées encore, pas tant par des collisions que des suites de traumatismes internes, appelés barotraumatismes, associés à des réductions soudaines de pression de l’air à proximité des pales.
Plus que l’éolien, Jean-François Silvain s’attarde sur la biomasse bois pour souligner les potentiels impacts négatifs des énergies renouvelables sur la biodiversité. Cette filière se propose d’utiliser le bois, ressource renouvelable lorsqu’il est le produit d’une gestion durable des forêts, comme source d’énergie. La centrale à biomasse de Gardanne (Bouches-du-Rhône) s’inscrit dans cette optique-là.
« Depuis dix ans, la filière se développe aussi très vite en Grande-Bretagne où les centrales à charbon sont remplacées par des centrales à bois, poursuit Jean-François Silvain. Le hic, c’est que ces centrales sont très gourmandes en bois si bien que la Grande-Bretagne est obligée d’en importer, depuis les forets humides du sud des Etats-Unis, en Louisiane ou dans le Mississippi, où, les normes étant moins protectrices, les forestiers n’hésitent pas à faire des coupes à blanc sans se préoccuper de la repousse, ni de l'impact sur la biodiversité que ces forets abritent. » Plusieurs ONG environnementales américaines s’en sont émues ces dernières années.
L’essor de l’hydroélectricité tout aussi inquiétant ?
L’énergie hydroélectrique pose tout autant question. L’étude dirigée par Alexandros Gasparatos y consacre de longs paragraphes, soulignant que les barrages et les centrales hydroélectriques perturbent la migration de certaines espèces de poissons mais peuvent aussi inonder de vastes zones en amont, fragmentant les habitats et affectant les écosystèmes et les espèces qu’ils abritent.
Or de nombreux pays misent actuellement beaucoup sur l’énergie hydro-électrique pour asseoir leur indépendance énergétique. « Au moins 3.700 barrages majeurs sont soit en projet soit en construction dans le monde, en particulier dans les pays en voie de développement », pointait un article scientifique paru en octobre 2014. « Il est urgent d’évaluer et de limiter les impacts sociaux, économiques et écologiques de ce boom de la construction de barrages dans le monde »,concluaient alors les auteurs.
Un besoin d’études approfondies
« Evaluer et limiter les impacts »… C’est aussi le mot d’ordre de la FRB aujourd’hui, qu’elle veut appliquer à l’hydroélectricité comme à l’ensemble des énergies renouvelables. La fondation ne s’oppose pas à la transition énergétique mais invite à ne pas accorder non plus un blanc-seing à tous les projets d’énergies renouvelables au principe qu’ils permettent de réduire les émissions de C02 dans l’air. « Ces filières ont toutes des impacts, plus ou moins importants, sur la biodiversité et les écosystèmes, observe Jean-François Silvain. Négatifs comme positifs d’ailleurs. Il est nécessaire de les étudier bien plus intensément qu’on ne le fait aujourd’hui. »
Là encore, l’éolien est particulièrement parlant. « Il n’existe à ce jour que des estimations sur le nombre d’oiseaux tués et des espèces s’avèrent plus touchées que d’autres sans qu’on comprenne encore très bien pourquoi, poursuit le président de la FRB. Il y aurait des enseignements à tirer d’études approfondies. Faut-il par exemple implanter les éoliennes sur les couloirs de migrations des oiseaux ou dans des zones accueillant une forte biodiversité ? »
Jean-François Silvain note tout de même peu à peu du mieux. Le 5 octobre, la FRB organisait un colloque sur les «liaisons dangereuses » entre biodiversité et énergies renouvelables. « Nicolas Hulot a assisté à une partie des débats, de même que des représentants de grands acteurs des énergies renouvelables », pointe le président de la fondation. Preuve d’une certaine prise de conscience.
http://www.20minutes.fr/planete/2162223-20171102-collisions-deforestation-quand-developpement-energies-renouvelables-nuit-animaux

31/10/17Energies renouvelables et biodiversité : des compromis doivent être trouvés pour dépasser les conflits

Une étude scientifique met en lumière les impacts des énergies renouvelables sur l'environnement. Sans remettre en cause leur développement, elle préconise une meilleure prise en compte de la biodiversité dans les politiques énergétiques.
Le développement des énergies renouvelables (EnR) dans le cadre de la transition énergétique ne va pas sans conflit. A l'encontre tout d'abord des intérêts liés aux énergies fossiles mais aussi, de manière moins attendue, avec les défenseurs de la nature et des paysages, conduisant parfois à de rudes batailles entre deux camps se targuant chacun de défendre l'environnement.
Une étude de littérature parue dans Renewable and Sustainable Energy Reviews, vulgarisée par la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB), identifie les impacts des différentes filières EnR. Elle montre l'importance de prendre en compte ces impacts sur les espèces et les écosystèmes le plus en amont possible. Les résultats de cette étude ont été présentés lors de la journée FRB du 5 octobre 2017 consacrée aux "liaisons dangereuses" entre biodiversité et transition énergétique, qui a toutefois montré que toutes les filières ne devaient pas être logées à la même enseigne.
L'hydroélectricité et la biomasse pointées du doigt
Il n'existe pas de filière d'énergie renouvelable qui n'ait aucun impact sur l'environnement actuellement, surtout si elles doivent être déployées à grande échelle pour permettre une transition rapide vers une économie verte
Jean-François Silvain, FRB
"Les filières d'énergie renouvelable sont souvent considérées implicitement comme étant favorables à l'environnement en raison de leur rôle crucial dans la lutte contre le changement climatique. En vérité, il n'existe pas de filière d'énergie renouvelable qui n'ait aucun impact sur l'environnement actuellement, surtout si elles doivent être déployées à grande échelle pour permettre une transition rapide vers une économie verte", conclut l'étude selon la synthèse réalisée par Jean-François Silvain, président de la FRB.
L'impact le plus important est constitué par la perte ou la modification des habitats, en particulier du fait de la construction de structures auxiliaires telles que les routes. Mais d'autres effets négatifs sont recensés comme la mortalité directe des oiseaux par collision, la pollution, la compétition pour les usages de l'eau ou la modification des microclimats qui perturbent les écosystèmes, rapporte la Fondation. Si l'étude n'oublie pas de recenser les effets positifs possibles pour la biodiversité, ceux-ci semblent limités dans la plupart des cas à la création de nouveaux habitats pour les espèces.
Des effets de surexploitation indirecte dus au changement d'usage des terres peuvent aussi apparaître, indique l'étude, qui cite comme points de préoccupation l'expansion future des biocarburants en Afrique subsaharienne, de l'hydroélectricité dans l'Himalaya indien et de l'énergie marine en Europe. "Des effets non linéaires peuvent apparaître lors du développement de ces filières et (…) des impacts apparemment faibles pourraient devenir considérables lorsque les technologies d'énergie renouvelable sont déployées à grande échelle", ajoute l'étude.
Les pressions sur la nature varient toutefois considérablement selon les filières et les contextes environnementaux étudiés. Les impacts négatifs sur les écosystèmes sont davantage établis pour l'hydroélectricité et l'exploitation de la biomasse végétale que pour les filières solaire, éolienne, énergies marines et géothermie. "La centrale de Gardanne devrait importer 900.000 tonnes de bois par an sous forme de pellets, ce qui équivaut à la consommation de la capitale du Mali, Bamako, ou encore à l'exploitation durable de 1 million d'hectares de savane ou 250.000 hectares de forêt", a illustré Laurent Gazull du Cirad lors d'un exposé sur le développement des bioénergies du point de vue du Sud lors de la journée FRB.
"A l'avenir, ces pressions vont s'accroître", alerte la FRB, qui précise concernant l'hydroélectricité que 80% des grands rivières mondiales devraient à terme être équipées. Ce qui menacerait les bassins de l'Amazonie, du Mékong et du Congo qui contiennent à eux trois plus de 18% de la diversité mondiale des poissons d'eau douce.
Trouver des compromis avec l'agriculture, la foresterie et la pêche
L'identification de ces impacts remet-elle en cause le développement des EnR ? Non, répond l'étude qui ne remet pas en question "la logique fondamentale de la promotion des énergies renouvelables qui présentent des avantages environnementaux et socioéconomiques élevés". Mais, pour résoudre les conflits d'usage, ses auteurs soulignent la nécessité de trouver des compromis avec les secteurs économiques qui dépendent directement des ressources biologiques telles que l'agriculture, la foresterie et la pêche. Des compromis qui doivent aussi être trouvés du fait des pertes de services de régulation ou de services écosystémiques culturels, par exemple de loisir, liés au développement des EnR.
Les auteurs de l'étude proposent, pour chaque filière, une démarche hiérarchique d'atténuation des impacts du type "éviter-minimiser-restaurer-compenser". La mesure la plus évidente est la localisation des installations énergétiques dans les zones à faible biodiversité, comme l'a illustrée la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) vis-à-vis des sites Natura 2000 dans son étude de juin 2017 sur la mortalité des oiseaux imputable aux éoliennes.
"Mais le choix de technologies moins impactantes, la planification en amont incluant des procédures de préservation de la biodiversité ou la mise en place systématique d'éléments favorables à la biodiversité au sein ou autour des infrastructures est aussi recommandé", rapporte la FRB. Un autre axe d'amélioration réside dans l'acquisition des connaissances scientifiques sur les impacts réels des filières EnR sur les espèces et les habitats, et le développement d'outils d'évaluation.
Ne pas opposer transition énergétique et sauvegarde de la biodiversité
"L'objectif n'est pas (…) d'opposer transition énergétique et sauvegarde de la biodiversité, mais (…) d'inviter les pouvoirs publics et les décideurs (…) à prendre en compte la biodiversité dans l'élaboration et le déploiement des stratégies de transition énergétique afin d'éviter la survenue d'impacts majeurs, et non prévus, sur la biodiversité", résume Jean-François Silvain.
Ce que le président de la FRB traduit par un mix énergétique qui conserve une place aux énergies fossiles et au nucléaire en attendant que les décideurs puissent prendre en compte les impacts environnementaux globaux et pas seulement les émissions de gaz à effet de serre. "Dès lors que les décisions politiques se sont accordées pour sortir d'une économie carbonée, l'utilisation de sources d'énergie fossile compensées par des réserves de biodiversité stockant du carbone pourrait s'avérer plus durable qu'un scénario 100% renouvelable raisonné exclusivement par des logiques de marché avec comme dégât collatéral un fort impact sur la biodiversité (convertissant de la forêt non gérée en champs de biocarburant ou d'éoliennes par exemple)", soutient le président de la Fondation.
Pour Nicolas Hulot, qui a affirmé lors des journées de la FRB que la priorité de préservation de la biodiversité devait être à parité avec la lutte contre le changement climatique dans les enjeux politiques, la traduction semble différente. "Si nous voulons réduire la part du nucléaire, il faut que les Français acceptent la part des énergies renouvelables sur leur territoire. (...) Si, comme cela est en train de se passer trop souvent, on s'oppose à tous les projets, notamment l'éolien offshore ou terrestre, alors rien ne changera", a déclaré le ministre de la Transition énergétique dans un entretien au journal Le Monde publié le 29 octobre.
https://www.actu-environnement.com/ae/news/frbiodiv-energies-renouvelables-biodiversite-compromis-conflits-29954.php4

11/10/17 Les effets négatifs des énergies renouvelables sur la biodiversité

La Fondation pour la recherche sur la biodiversité pointe les effets négatifs de l’éolien, du solaire et des autres renouvelables sur la faune et la flore.
Attention ! Le petit cœur de tous ceux qui ont une fibre écologiste va un peu saigner en lisant les lignes de Arnaud Gonzague du site d’informations tempsreel.nouvelobs.com. Ils y apprendront, en effet, que les énergies renouvelables ne sont pas forcément les amies de la planète.
Ou, plus exactement, que si leur rôle pour lutter contre le réchauffement climatique et l’épuisement des ressources terrestres est crucial, elles doivent être aménagées pour ne pas trop faire de mal à la biodiversité.
Cette affirmation n’émane pas du lobby du pétrole ou de l’atome, mais de la très sérieuse Fondation pour la recherche sur la biodiversité (Frb) rassemblant les travaux scientifiques les plus pointus sur la question en France. Les Journées Frb 2017, un ensemble de colloques qui se sont ouvert ce jeudi 5 octobre 2017 à Paris, se sont pencher sur ces « liaisons dangereuses » entre la faune, la flore et énergies dites « vertes ».
L’éolien
On a le droit de défendre le bilan carbone de ces rangées d’hélices blanches tournant sur la ligne d’horizon. Mais les éoliennes ont un défaut majeur : elles provoquent des collisions avec certains oiseaux et avec les chauves-souris. « Aux Etats-Unis, on estime qu’entre 234.000 et 573.000 oiseaux seraient tués chaque année. Les rapaces sont plus touchés que les autres pour une raison que nous ignorons », affirme Jean-François Silvain. Certes, il faut mettre ce chiffre en perspective avec d’autres causes de mortalité des oiseaux bien plus alarmant, comme le rôle des chats (1,4 à 3,7 milliards de piafs tués tous les ans aux Etats-Unis !). Mais il reste important.
« Les chauves-souris sont proportionnellement encore plus impactées, souligne Jean-François Silvain. Entre 600.000 et 900.000 seraient tuées annuellement par les éoliennes aux Etats-Unis, même si les estimations restent à compléter. Et entre 200.000 et 250.000 chauves-souris le seraient en Allemagne. » Une hypothèse est avancée : les lumières clignotant en haut des mâts éoliens pour prévenir les avions pourraient attirer les insectes et donc, les chauves-souris. « En tout cas, il est nécessaire de réfléchir à des programmes pour limiter la surmortalité, explique Hélène Soubelet. Par exemple, aux Etats-Unis, il existe un programme appelé eBird, qui alerte les exploitants d’éoliennes du passage des oiseaux migrateurs. C’est une piste. »
L’hydraulique
Aujourd’hui, près de 4.000 projets d’hydroélectricité sont prévus rien en Chine et les barrages affectent quelque 80% des rivières dans le monde. Hélas, la biodiversité ne leur dit pas merci !
« Les retenues d’eau noient des vallées entières et toute la faune et la flore qui s’y trouvent. De plus, elles modifient les déplacements et la reproduction de certains poissons, pointe Jean-François Silvain. C’est un impact direct extrêmement important. »
Ce chamboulement des écosystèmes peut même provoquer des maladies, comme la bilharziose, une affection parasitaire qui a explosé au Sénégal à cause de la disparition de certains crustacés due, eh oui, aux barrages.
Le solaire
Le soleil brille pour tout le monde, mais les panneaux qui captent sa chaleur ou sa lumière ne font pas que du bien. En l’occurrence, les installations de fours solaires, assez répandues en Californie, déciment des milliers d’oiseaux chaque année – qui finissent cuits en rôti…
Quant aux fermes solaires, elles grignotent des hectares riches en biodiversité (champs, prairies, vallées) souvent traité aux herbicides pour empêcher l’herbe de faire de l’ombre aux panneaux. Ces espaces sont en plus souvent grillagés, perturbant le passage des espèces terrestres les plus grosses.
Le bois
Le principe de l’énergie biomasse-bois est très simple : on récupère des déchets de bois dont nul ne sait que faire et on les fait brûler pour produire de l’énergie. Cela dégage du CO2, mais, en théorie, il est compensé parce que d’autres arbres sont plantés à la place de ce qui a été coupé. Or, les nouveaux arbres aspirent le CO2.
Mais cela, c’est en théorie seulement. Parce que, dans les faits, cette idée est de plus en plus remise en cause par les scientifiques.
« D’abord, on ne replante pas forcément les arbres qui ont été coupés, décrit Hélène Soubelet. Ensuite, le bois, dès qu’il brûle, dégage immédiatement du CO2, alors que le rôle d’’aspirateur’ à carbone des arbres exige de longues années de croissance. Les plus rapides ont besoin de dix ans. »
Surtout, la logique de rentabilité des grandes centrales à bois exige beaucoup, beaucoup de bois. Comme les déchets ne suffisent pas à fournir, on se met à… couper des arbres et à les importer.
Un scandale du bois américain a ainsi éclaté en Grande-Bretagne : profitant d’une réglementation yankee très peu protectrice, les forestiers américains ont décimé les forêts du sud du pays pour fournir les chaudières britanniques… Pas terrible pour une « énergie propre »…
https://www.vivafrik.com/2017/10/11/les-effets-negatifs-des-energies-renouvelables-sur-la-biodiversite-a12665.html

05/10/17
Non, la biodiversité n’aime pas toujours les énergies renouvelables

La Fondation pour la recherche sur la biodiversité pointe les effets négatifs de l’éolien, du solaire et des autres renouvelables sur la faune et la flore.
Attention ! Le petit cœur de tous ceux qui ont une fibre écologiste va un peu saigner en lisant les lignes qui suivent. Ils y apprendront, en effet, que les énergies renouvelables ne sont pas forcément les amies de la planète.
Ou, plus exactement, que si leur rôle pour lutter contre le réchauffement climatique et l’épuisement des ressources terrestres est crucial, elles doivent être aménagées pour ne pas trop faire de mal à la biodiversité.
Cette affirmation n’émane pas du lobby du pétrole ou de l’atome, mais de la très sérieuse Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) rassemblant les travaux scientifiques les plus pointus sur la question en France.
Les Journées FRB 2017, un ensemble de colloques qui s’ouvrent ce jeudi 5 octobre à Paris, vont se pencher sur ces "liaisons dangereuses" (c’est le terme employé par la Fondation), entre la faune, la flore et énergies dites "vertes".
Petit passage en revue avec Jean-François Silvain et Hélène Soubelet, président et directrice de la FRB.
L’éolien
On a le droit de défendre le bilan carbone de ces rangées d’hélices blanches tournant sur la ligne d’horizon. Mais les éoliennes ont un défaut majeur : elles provoquent des collisions avec certains oiseaux et avec les chauves-souris. Jean-François Silvain :
"Aux Etats-Unis, on estime qu’entre 234.000 et 573.000 oiseaux seraient tués chaque année. Les rapaces sont plus touchés que les autres pour une raison que nous ignorons."
Certes, il faut mettre ce chiffre en perspective avec d’autres causes de mortalité des oiseaux bien plus alarmant, comme le rôle des chats (1,4 à 3,7 milliards de piafs tués tous les ans aux Etats-Unis !). Mais il reste important.
"Les chauves-souris sont proportionnellement encore plus impactées, souligne Jean-François Silvain. Entre 600.000 et 900.000 seraient tuées annuellement par les éoliennes aux Etats-Unis, même si les estimations restent à compléter. Et entre 200.000 et 250.000 chauves-souris le seraient en Allemagne."
Une hypothèse est avancée : les lumières clignotant en haut des mâts éoliens pour prévenir les avions pourraient attirer les insectes et donc, les chauves-souris.
"En tout cas, il est nécessaire de réfléchir à des programmes pour limiter la surmortalité, explique Hélène Soubelet. Par exemple, aux Etats-Unis, il existe un programme appelé eBird, qui alerte les exploitants d’éoliennes du passage des oiseaux migrateurs. C’est une piste."
L’hydraulique
Aujourd’hui, près de 4.000 projets d’hydroélectricité sont prévus rien en Chine et les barrages affectent quelque 80% des rivières dans le monde. Hélas, la biodiversité ne leur dit pas merci !
"Les retenues d’eau noient des vallées entières et toute la faune et la flore qui s’y trouvent. De plus, elles modifient les déplacements et la reproduction de certains poissons, pointe Jean-François Silvain. C’est un impact direct extrêmement important."
Ce chamboulement des écosystèmes peut même provoquer des maladies, comme la bilharziose, une affection parasitaire qui a explosé au Sénégal à cause de la disparition de certains crustacés due, eh oui, aux barrages.
Le solaire
Le soleil brille pour tout le monde, mais les panneaux qui captent sa chaleur ou sa lumière ne font pas que du bien. En l’occurrence, les installations de fours solaires, assez répandues en Californie, déciment des milliers d’oiseaux chaque année - qui finissent cuits en rôti…
Quant aux fermes solaires, elles grignotent des hectares riches en biodiversité (champs, prairies, vallées) souvent traité aux herbicides pour empêcher l’herbe de faire de l’ombre aux panneaux. Ces espaces sont en plus souvent grillagés, perturbant le passage des espèces terrestres les plus grosses.
Le bois
Le principe de l’énergie biomasse-bois est très simple : on récupère des déchets de bois dont nul ne sait que faire et on les fait brûler pour produire de l’énergie. Cela dégage du CO2, mais, en théorie, il est compensé parce que d’autres arbres sont plantés à la place de ce qui a été coupé. Or, les nouveaux arbres aspirent le CO2.
Mais cela, c'est en théorie seulement. Parce que, dans les faits, cette idée est de plus en plus remise en cause par les scientifiques.
"D’abord, on ne replante pas forcément les arbres qui ont été coupés, décrit Hélène Soubelet. Ensuite, le bois, dès qu’il brûle, dégage immédiatement du CO2, alors que le rôle d’'aspirateur' à carbone des arbres exige de longues années de croissance. Les plus rapides ont besoin de dix ans."
Surtout, la logique de rentabilité des grandes centrales à bois exige beaucoup, beaucoup de bois. Comme les déchets ne suffisent pas à fournir, on se met à… couper des arbres et à les importer.
Un scandale du bois américain a ainsi éclaté en Grande-Bretagne : profitant d’une réglementation yankee très peu protectrice, les forestiers américains ont décimé les forêts du sud du pays pour fournir les chaudières britanniques… Pas terrible pour une "énergie propre"...
http://tempsreel.nouvelobs.com/planete/20171003.OBS5505/non-la-biodiversite-n-aime-pas-toujours-les-energies-renouvelables.html

28/09/17 : Réponse à EDF Énergies Nouvelles suite au reportage de France 3 sur la collision mortelle d’un aigle royal avec une éolienne du plateau de l’Escandorgue
Suite au reportage de France 3 Occitanie (sur la collision mortelle d’un aigle royal avec une éolienne du plateau de l’Escandorgue dans l’Hérault), nous souhaitons répondre à M. David Augeix, Directeur régional Sud d’EDF Energies Nouvelles qui prétend « il y a eu quelques rares cas de collision entre éoliennes et quelques individus d’espèces protégées, on reste malgré tout sur des cas isolés… ».
Contrairement, à ce que Mr Augeix affirme, de nombreux oiseaux et chauves-souris protégés sont régulièrement tués par des éoliennes partout dans le monde. Leur nombre est très hétérogène selon le parc éolien considéré, et ce d’autant qu’en France, le manque de suivi et de transparence donnent des statistiques très en-deçà de la réalité. Dans plusieurs pays européens (comme l’Allemagne, l’Espagne, la Finlande), le bilan de la mortalité publiée et observée est de l’ordre de plusieurs milliers d’oiseaux et de chauve-souris (cf. l’étude de Dürr, Tobias, 2016).
Dans une situation locale et concrète telle que celle du parc éolien d’Aumelas (Hérault), que M. Augeix ne peut ignorer puisque ce parc est exploité par EDF EN, il ressort du suivi réalisé par la LPO 34 pour le compte de EDF EN qu’au moins 33 Faucons crécerellette* (espère de rapace rare en Europe et protégée en France dont la population est estimée à 400 couples) ont été tués depuis 2010, soit plus de 4% de la population française, ainsi qu’au moins 13 Busards cendrés. L’article publié cet été par Le Monde alertait sur cette situation.
Compte tenu de ces éléments – connus de tous les intervenants sur ce dossier (EDF EN, LPO, DREAL) – les déclarations de M. Augeix relèvent de la simplification outrancière. Pour le bien de la filière éolienne, il est temps qu’EDF soit un facteur d’exemplarité et reconnaisse que certains parcs éoliens ont été aménagés au mauvais endroit. Le parc d’Aumelas, aménagé dans un site Natura 2000 désigné pour la protection de l’avifaune, en est un exemple.

* il s’agit des mortalités constatées, qui sont nécessairement inférieures à la mortalité réelle, puisque les suivis ne permettent pas de retrouver tous les cadavres (biais liés à la fréquence de passage sous les éoliennes, à la présence de charognards qui font disparaître les cadavres, à l’embroussaillement du sol qui réduit la possibilité de les détecter, etc).

25/09/17 : La LPO au chevet des oiseaux sous les éoliennes
La Ligue de protection des oiseaux se charge du fastidieux comptage des oiseaux morts sous les éoliennes de Dehlingen. Si le bilan n’est pas catastrophique, la vigilance reste de mise pour les espèces protégées.
« Le parc éolien de Dehlingen est probablement le mieux suivi de France. Nous sommes impliqués depuis la phase d’études et je m’occupe du dossier depuis 2007 », explique Sébastien Didier, de la Ligue de protection des oiseaux (LPO). Avec son collègue Jérôme Isambert, il était hier matin au pied des mâts pour compter les oiseaux morts.
Depuis 2013, date de mise en production des éoliennes, ils viennent deux fois par semaine en période migratoire, de mai à octobre. Avec une corde accrochée au mât, Jérôme et Sébastien tournent en cercles concentriques autour de l’éolienne. Ils élargissent le rayon jusqu’à 50 mètres quand le protocole cible également les chauves-souris.
Les recenseurs passent chaque année des tests d’acuité visuelle. Le pourcentage de cadavres emportés avant comptage par les renards ou autres prédateurs est calculé en déposant sciemment des oiseaux morts. Ces données sont prises en compte dans les estimations de mortalité.
« L’Alsace Bossue est le territoire le plus riche d’Alsace en oiseaux. En ce moment, il y a une forte activité migratoire. Les busards des roseaux ou les hirondelles sont nombreux. Ils viennent du Nord-Est de l’Europe et descendent vers le Sud. Ce parc éolien est en plein sur le passage. En plus, il est orienté Est-Ouest, donc chaque éolienne est un obstacle. »
Les géants d’acier effarouchent les oiseaux. « Au moins la moitié des alouettes s’arrêtent, contournent le parc ou passent sous les pâles. Beaucoup de petits oiseaux migrent la nuit et ne voient pas les éoliennes, comme ce roitelet triple bandeau qui a été retrouvé coupé en deux. Leur espace de vie est aussi réduit par l’arrachage des haies et des arbres lors des chantiers. »
Les chauves-souris courent un risque même en ne passant qu’à proximité des pâles : le mouvement crée une dépression qui provoque un barotraumatisme, les organes internes de l’animal explosent. Le groupe d’étude et de protection des mammifères (Gepma) a chargé la LPO d’étendre son protocole de comptage aux chauves-souris, qui sont des mammifères.
Les éoliennes de Dehlingen tuent en moyenne chaque année cinq oiseaux et cinq chauves-souris. Le roitelet est l’espèce la plus touchée, suivie du faucon crécerelle, de la buse ou encore de la cigogne blanche. Ses espèces ne sont pas menacées de disparition, contrairement à la cigogne noire, même si aucune mesure particulière n’a encore été prise pour elle.
Cinq oiseaux et cinq chauves-souris morts chaque année
Mais l’espèce qui inquiète le plus Sébastien Didier est sans conteste le milan royal. Une cinquantaine de couples subsistent en Alsace, dont 15 en Alsace Bossue. Les deux tiers des effectifs ont disparu à la fin des années 90 avec la disparition des prairies, l’empoisonnement aux produits phytosanitaires, les électrocutions…
Les éoliennes sont un facteur aggravant. Le milan royal chasse en planant, concentré sur le sol pour repérer campagnols et sauterelles. « Il ne voit pas les éoliennes, dont les extrémités de pâles peuvent tourner à plus de 250 km/h. » Trois milans coupés en deux ont été retrouvés en quatre ans au pied du parc voisin de Woelfling, et un en cinq ans à Dehlingen.
« Quand on perd un oiseau, ses petits ne survivent pas. Et sur une population aussi faible, c’est tout de suite beaucoup. » Le parc naturel régional des Vosges du Nord, le Gepma, la LPO, les communes, la comcom et les services de l’État se réunissent tous les ans pour trouver des solutions.
En mai et juin, chaque année, l’exploitant Nordex arrête les éoliennes lorsque les agriculteurs fauchent, du lever au coucher du soleil. À cette époque, les milans royaux font de nombreux allers-retours entre les champs, où les proies sont foison, et le nid où ils nourrissent leurs petits. La Grange aux paysages assure le lien entre l’exploitant et les agriculteurs.
« Nordex joue vraiment le jeu. Quand en 2012 nous avons découvert un nid à moins d’un kilomètre de la première éolienne, ils ont financé l’implantation d’émetteurs sur deux individus, pour mieux les étudier. Don Quichotte est toujours en vie, il a déménagé au pays de Bitche. Dulcinée, qui nichait à Butten, a été électrocutée un an et demi plus tard. »
Par ailleurs, une convention a été signée avec l’ONF pour que les travaux en forêt soient suspendus autour des nids connus en période de reproduction. Étant arrivés au bout de leur mission, Jérôme et Sébastien arrêteront le comptage à la fin de la saison, après avoir transmis leurs derniers chiffres aux décideurs.
« Le bilan global n’est pas catastrophique. Nous avons recensé les migrateurs avant l’implantation des éoliennes et après. Nous avons perdu quelques couples de bruants jaunes par exemple, mais l’effectif des alouettes a légèrement augmenté. » Il faudra en revanche suivre les milans royaux et les cigognes noires de près.
Des inquiétudes à Herbitzheim
Sébastien Didier ne cache pas son inquiétude quant au parc éolien de Herbitzheim, en cours de construction. Pour lui, il accumule les facteurs de risques.
« Nous sommes loin d’être contre les éoliennes, mais nous voulons travailler en bonne intelligence, et que la législation soit respectée », explique-t-il. Et justement, la législation qui encadre l’exploitation des éoliennes a beaucoup évolué ces dernières années. Le projet de Herbitzheim, qui a mis plus de 10 ans à voir le jour, a dû s’adapter.
Dorénavant, les éoliennes sont des installations classées pour la protection de l’environnement. Les mesures prises répondent à la logique : « éviter, réduire, compenser ». Ainsi, les éoliennes sont à présent implantées de préférence dans un axe Nord-Sud pour limiter l’impact sur les migrateurs. Depuis le schéma éolien, il est aussi interdit de construire un mât à moins d’un kilomètre d’un nid de milan royal.
Pour Sébastien Didier, le site éolien de Herbitzheim est très risqué pour l’avifaune. « Trois nids de milans royaux ont été repérés à proximité, mais pas à moins d’un kilomètre. Il est aussi situé sur une zone de chasse d’un couple de cigognes noires. Mais surtout, à la différence de Dehlingen, il est implanté dans la forêt, milieu très riche pour la faune. »
Il poursuit : « Des zones de reproduction du crapaud sonneur à ventre jaune ont été détruites par défrichement. Les chauves-souris ont perdu du territoire. Un recensement en 2015 nous a permis d’établir la présence du gobe-mouches à collier, qui ne vit en France qu’en Lorraine et en Alsace Bossue. Et puis le site est près de la Sarre et du couloir migratoire ».
« Planter 2 200 mètres de haies ne remplace pas les arbres »
La LPO a alerté le maire Michel Kuffler et la préfecture. « Mais nous avons malheureusement laissé passer l’enquête publique, et le parc a été validé. Dans la logique “éviter, réduire, compenser “, nous avons totalement raté la première étape. Maintenant, nous nous battons pour réduire. »
Il y a un an, les responsables d’Aalto Power, exploitant du parc, ont reçu les représentants de la LPO. « Nous avons notamment évoqué la possibilité de brider les éoliennes. » Le bridage consiste à arrêter les éoliennes en période migratoire lorsque les conditions météorologiques permettent aux chauves-souris de voler : par temps sec, doux, et faible vent.
« Le problème est que les premières études, sur lesquelles ils se basent, étaient insuffisantes selon nous. Elles évoquent par exemple le busard cendré, qui n’est pas présent en Alsace Bossue ! » Les mesures compensatoires prévues ne conviennent pas non plus à Sébastien Didier : « Planter 2 200 mètres de haies ne remplace pas les arbres où nichent les oiseaux ».
Contactée par la rédaction des Dernières Nouvelles d’Alsace, la société Aalto Power n’a pas souhaité pour l’instant s’exprimer sur le sujet.
http://naturealsacebossue.over-blog.com/2017/09/la-lpo-au-chevet-des-oiseaux-sous-les-eoliennes.html

21/09/17 : Nature : Les éoliennes ne sont pas les amies des chauves-souris (4/5)
L’exposition les Experts au muséum (*), qui se tient jusqu’au 3 décembre, présente cinq actions menées pour la protection des chauves-souris. Le Berry républicain les détaille cette semaine.
Les éoliennes, qui font partie des modes de production d'énergies renouvelables, font souvent débat en ce qui concerne leur place dans le paysage. Selon les experts du muséum de Bourges, elles posent aussi problème pour les chauves-souris. « Une partie sont impactées par les éoliennes », indique Laurent Arthur, conservateur adjoint au muséum d'histoire naturelle.
Laisser passer les migrations
Ces éoliennes peuvent tuer les chauves-souris. « La mortalité touche les espèces qui sont migratrices, déplore Laurent Arthur. Et en plus, on tue les femelles ! » Laurent Arthur s'appuie sur un comptage effectué par un bureau d'études à l'été 2016, qui avait enregistré 45 cadavres de chauves-souris, dont 14 venaient de l'est de l'Europe.
La solution préconisée par le muséum serait d'arrêter les éoliennes le temps des migrations : « Quand on boucle les machines, cela fait 3 % de perte énergétique. Mais c'est 95 % de mortalité en moins. »
Un accord a été trouvé récemment entre France énergie éolienne (FEE) et les réseaux naturalistes régionaux. Il devrait entrer en vigueur pour les prochaines migrations de chauve-souris, au printemps. « Des développeurs ont commencé à brider leurs parcs d'éoliennes », se félicite Laurent Arthur.
(*) Les Experts au muséum, jusqu'au 3 décembre au muséum d'histoire naturelle de Bourges, allée René-Ménard. Ouvert tous les jours, sauf le 1 er novembre, de 14 à 18 heures.
http://www.leberry.fr/bourges/environnement/2017/09/21/les-eoliennes-ne-sont-pas-les-amies-des-chauves-souris-4-5_12559275.html#

15/09/17La Fédération Nationale de l'Environnement porte plainte après la mort d'un aigle tué par une éolienne dans l'Hérault

La Fédération Nationale de l’Environnement du Languedoc-Roussillon porte plainte après la mort d'un aigle royal sur le plateau de l'Escandorgue dans l'Hérault. L'oiseau aurait percuté les pales d'une éolienne.
La Fédération Nationale de l'Environnement (FNE) du Lanugedoc-Roussillon porte plainte contre EDF Energies Nouvelles après la mort d'un aigle royal sur le plateau de l'Escandorgue dans le Lodévois (Hérault). Le rapace est mort après avoir percuté une éolienne.
La FNE (qui regroupe 3 000 associations de protection de l'environnement) estime que l'entreprise qui implante les éoliennes n'a pas tenu compte des avertissements répétés sur les dangers d'implanter des éoliennes à cet endroit. Elle porte donc plainte pour destruction d'espèces protégées.
"Nous sommes pour l'éolienne, mais on ne peut pas faire n'importe quoi sans réfléchir" (😡)
FNE Languedoc Roussillon affirme ne pas être opposé à l'implantation d'éoliennes, l'association soutien même le développement de cette énergie renouvelable, mais elle dénonce l'absence de mesures de protections pour les oiseaux. "On considère que le développement des éoliennes est nécessaire et indispensable pour la transition énergétique, mais on doit être exemplaire et donc on demande à ce que la planification soit plus courageuse et restrictive.
En Languedoc Roussillon, nous sommes dans une région parmi les plus riches en terme de biodiversité avec PACA, cela fait des années qu'il y a des plans pour protéger les espèces, beaucoup d'argent est dépensé. Donc on ne peut pas dire sous prétexte qu'il faut développer l'éolien, on peut en faire partout, n'importe comment, à toute vitesse, sans réfléchir" explique Simon Popy, président de la FNE Languedoc Roussillon.
"On peut équiper les éoliennes pour faire fuir les oiseaux avant qu'ils ne les percutent"
Il existe des moyens de limiter les nuisances des éoliennes sur les oiseaux ajoute Simon Popy : "Les éoliennes font fuir les aigles, donc là où ils allaient chasser avant, ils ne peuvent plus chasser. Donc une manière de compenser c'est de réhabiliter des zones où ils peuvent de nouveau chasser.
On peut aussi mettre des dispositifs d’effarouchement sur les éoliennes pour détecter l'arrivée des oiseaux, de les effaroucher et dans certains cas d'arrêter les éoliennes. Par exemple pour les chauve souris, si on arrête les éoliennes au crépuscule et en fin de de nuit, on réduit de 80 % l'impact sur les oiseaux. Et puis parfois on peut aussi prendre des décisions courageuses et ne pas implanter des éoliennes dans certains coins"
"Une trentaine de faucons tués, ça commence à faire beaucoup pour une espèce protégée"
Cet été, la FNE avait déjà assigné EDF en justice pour la mort d'une trentaine de faucons crécerellettes victimes des éoliennes sur le plateau d'Aumelas au nord de Sète. "C'est un des parcs les plus meurtriers de France, on a démontré qu'il y avait eu une trentaine de faucons tués, ça commence à faire beaucoup pour une espèce aussi patrimoniale, c'est une espèce qui avait failli disparaître dans les années 80 et qui est aujourd'hui en rémission. Nous on incite EDF à respecter la législation."
https://www.francebleu.fr/infos/climat-environnement/la-federation-nationale-de-l-environnement-porte-plainte-apres-la-mort-d-un-aigle-tue-par-une-1505226527
13/09/17
Hérault: Des parcs éoliens accusés de destruction de rapaces

L’association France Nature Environnement a porté plainte pour destruction d’espèces protégées...
Un aigle royal a trouvé la mort début août après une collision avec une pale d’éolienne à Joncels, dans l’Hérault. L’oiseau, équipé d’un GPS, fait partie d’une espèce protégée depuis 1976, comme le sont toutes les espèces de rapaces en France.
En juin, l’association France Nature Environnement (FNE) avait évoqué la découverte depuis 2012 des cadavres de 30 faucons crécerelles sur le causse d’Aumelas. Elle estime à une centaine le nombre de ces oiseaux morts. « En tant qu’espèce protégée, leur destruction est une infraction pénale », rappelle l’association.
EDF assigné en justice
Elle a décidé en conséquence d’assigner EDF Energies Nouvelles, gestionnaire du parc éolien à Aumelas, et les sociétés propriétaires des éoliennes, devant le Tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre.
Elle souhaite obtenir réparation du préjudice subi au titre de la destruction de plus d’une centaine de faucons crécerellettes. « Si FNE n’est absolument pas opposée au développement de l’industrie éolienne, celui-ci ne doit cependant pas se faire au détriment des habitats naturels, ni au prix de la méconnaissance de nos règles environnementales », conclut l’association.
En 2013, à la suite des premiers cas de mortalité, EDF a mis en place des systèmes de détection et d’effarouchement sur les éoliennes. Le système DTBird est basé sur la reconnaissance visuelle automatisée de cibles aériennes. « Il peut être couplé avec des modules de dissuasion, d’arrêt des machines ou de détection des collisions », évoque le programme national éolien-diversité.
12/09/17 Collision mortelle d’un AIGLE ROYAL avec une éolienne du plateau de l’Escandorgue dans l’Hérault.
Au début du mois d’août, le cadavre d’un Aigle royal équipé d’un GPS a été retrouvé à proximité d’une éolienne exploitée par EDF Énergies Nouvelles sur la commune de JONCELS (34) au lieu-dit Combe Caude dans le massif de l’Escandorgue.
Alors que plusieurs associations et spécialistes avaient averti des risques pour les Aigles royaux qui fréquentent le massif de l’Escandorgue, FNE regrette que ces alertes n’aient pas été entendues et porte plainte aujourd’hui pour destruction d’espèce protégée.
FNE Languedoc-Roussillon soutient le développement de l’énergie éolienne parce qu’elle est incontournable pour la réussite de la transition énergétique, mais considère qu’elle doit passer par une bien meilleure prise en compte de ses impacts sur la biodiversité par les exploitants, et en particulier EDF Énergies Nouvelles (1).
Les impacts prévisibles des parcs éoliens du massif de l’Escandorgue sur l’Aigle royal
Six parcs éoliens sont construits (51 éoliennes) et 5 autres en projet (38 éoliennes) dans le domaine vital du couple d’Aigles royaux de l’Escandorgue, ce qui représente une pression très forte pour ce couple de grands rapaces. Malgré cette évidence, les études d’impacts n’ont pas suffisamment pris en compte l’impact cumulé sur ces derniers (2).
L’aménagement du parc éolien de Combe Caude, comprenant 7 éoliennes au sein d’un ensemble de 17 éoliennes, a été autorisé suite à un permis de construire accordé le 1er septembre 2005 à la société EDF EN France.
Alors que le risque de collision mortelle d’un Aigle royal avec une éolienne en fonctionnement apparaissait probable, EDF EN n’a pas cru utile de demander une dérogation pour la destruction d’espèce protégée, qui est la procédure conseillée par le ministère de l’environnement en présence d’enjeux importants.
Ce type d’autorisation constitue une garantie pour l’exploitant dont la responsabilité ne peut être engagée dès lors qu’il détient une telle autorisation. Elle est aussi une garantie d’une meilleure prise en compte des impacts sur la biodiversité puisqu’elle implique la réalisation d’une étude approfondie et, surtout, la mise en œuvre de mesures destinées à éviter, réduire et le cas échéant compenser les impacts résiduels sur les populations d’oiseaux concernées.
Pour limiter les impacts potentiels sur les Aigles royaux fréquentant le massif de l’Escandorgue, le préfet de l’Hérault a cependant pris un arrêté réglementant l’exploitation de ces éoliennes en 2015, imposant la mise en place d’un système d’avertissement anti-collision. Des dispositifs DT Bird – critiqués pour leur efficacité aléatoire – ont été mis en place sur les éoliennes.
La première fois qu’une collision mortelle d’un Aigle royal avec une éolienne est avérée en France
L’Aigle royal fait partie des plus grands rapaces. Tantôt admiré, tantôt persécuté, il a survécu au 20ème siècle après avoir frôlé la disparition et présente un fort caractère patrimonial. Aujourd’hui il fait l’objet de nombreuses protections (3) et il est inscrit sur la liste rouge de la faune menacée de France, dans la catégorie « rare ».
Si l’impact des éoliennes implantées dans le domaine de chasse des Aigles royaux était prévisible, c’est la première fois en France qu’une collision mortelle entre un Aigle royal et une éolienne est avérée. La détection de cette collision a été possible grâce au programme de suivi GPS porté par l’association BECOT depuis 1 an sur 9 jeunes Aigles royaux dans le sud du Massif Central. Le cadavre ayant été caché par un charognard, il n’aurait selon toute vraisemblance pas été retrouvé sans la puce GPS.
Cette mortalité démontre, une fois de plus et de manière incontestable que l’impact de l’éolien sur la faune volante (oiseaux et chauves-souris) existe et peut concerner des espèces protégées et menacées. Elle confirme, par ailleurs, que l’impact observé est probablement bien en deçà de la réalité, et que les dispositifs anti-collision ne sont pas une garantie d’absence d’impact pour les oiseaux, même de grande dimension (plus faciles à détecter).
En dehors de cette mortalité directe, un impact fort sur la fragmentation et la perte d’habitat
Si la rencontre d’un jeune aigle avec une pale d’éolienne revêt un caractère spectaculaire, le suivi GPS mis en place depuis 2014 sur un des Aigles royaux adultes du massif de l’Escandorgue montre surtout une forte fragmentation et une modification importante du cœur de leur domaine vital suite à la construction des premiers parcs éoliens. L’impact du développement éolien sur les aigles est donc multiple (destruction d’individu occasionnelle, mais aussi et surtout perte d’habitats), ce qui n’a jamais été mis en évidence ni appréhendé correctement par les études pré-implantation.
Concilier développement de l’énergie éolienne et protection de la biodiversité
Le développement d’éoliennes en Occitanie revêt un intérêt public certain. Il est incontestable que la région est peu autonome en matière d’alimentation électrique, et qu’un rééquilibrage de la production électrique est utile à cette région. Pour FNE LR, il est impératif de développer des énergies renouvelables (ENR) faiblement émettrices de gaz à effet de serre afin de protéger l’environnement sur le long terme.
Mais l’objectif de développement de l’énergie éolienne ne doit pas constituer un blanc seing au détriment des autres intérêts environnementaux et, tout particulièrement, la protection de la biodiversité. Cet enjeu est particulièrement fort dans notre région, qui contrairement à bien d’autres, a la chance d’accueillir des aigles.
Pour concilier ces enjeux environnementaux qui se heurtent au développement éolien avec une intensité particulière dans notre région, le développement de l’énergie éolienne doit être planifié de manière courageuse et les développeurs éoliens doivent se montrer exemplaires.
Comme le souligne Simon Popy, Président de FNE Languedoc-Roussillon : « Les exploitants éoliens et tout particulièrement EDF EN, doivent reconnaître les conséquences des éoliennes sur la faune volante pour mieux la protéger. Il en va de l’acceptation même des éoliennes et donc de leur bon développement. Que cela soit dans le cas du massif de l’Escandorgue ou dans celui du parc d’Aumelas dans l’Hérault, nous constatons que certains exploitants refusent de demander des dérogations à la destruction d’espèces protégées. FNE LR demande avec insistance que ces dérogations pour destructions d’espèces protégées soient mises en place pour les espèces patrimoniales. Bien que nous regrettions d’en arriver là, nous sommes prêts à recourir au juge si cela s’avère nécessaire pour y parvenir. »
(1) : EDF EN est une filiale d’EDF, détenue à 85,6% par l’Etat français fin 2016
(2) : Ainsi le permis d’aménager du parc de Bernagues (construit) a été annulé par la cour administrative d’appel de Marseille (arrêt du 26/01/2017) pour ce motif
(3) : désigné espèce protégées, inscrit à l’annexe 1 de la directive oiseaux, à l’annexe II de la convention de Berne et à la convention de Bonn qui lui accorde un statut de protection à l’échelle mondiale ou encore protégé par la convention de Washington sur le trafic d’espèce protégées.

12/09/17Hérault : une pale d’éolienne tue un aigle royal à Joncels

Un aigle royal est mort au début du mois d’août tué par une pale d’éolienne sur le plateau de l’Escandorgue à Joncels, dans l’Hérault. Une association de protection de la nature et de l’environnement porte plainte aujourd’hui, pour destruction d’espèce protégée.
6 parcs éoliens sont construits sur le plateau du massif de l’Escandorgue à Joncels, dans l’Hérault. Cette surface, c’est aussi le lieu de vie des aigles royaux, une espèce protégée car menacée d’extinction.
Un aigle royal équipé d’un GPS a été retrouvé mort début août suite à une collision avec une éolienne sur le plateau de l’Escandorgue à Joncels, dans l’Hérault.
Plusieurs associations et spécialistes avaient averti des risques pour ces aigles royaux, des éspèces protégées, qui fréquentent le massif de l’Escandorgue.
FNE, France Nature Environnement, une association qui lutte pour la protection de la nature et de l’environnement, regrette que ces alertes n’aient pas été entendues. Aujourd'hui, l'association porte plainte contre EDF pour destruction d’espèce protégée.
Pourtant, la préfecture de l’Hérault avait instauré en 2015, un système d’avertissement anticollision. Des dispositifs DT Bird avaient été mis en place sur les éoliennes.
Le parc éolien de l'Escandorgue n'est pas le seul concerné par cette problématique. Sur le parc éolien du causse d'Aumelas 33 faucons crécerellettes ont trouvé la mort. 
http://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/herault/montpellier/herault-pale-eolienne-tue-aigle-royal-joncels-1326639.html

08/09/17ÉOLIENNES D'YEU ET NOIRMOUTIER : VERS UN SCANDALE DU POISSON CONTAMINÉ À L'ALUMINIUM !

Une contamination de la mer par 75 tonnes d’aluminium par an !
C’est l’énorme paradoxe de la transition énergétique. Au nom de la défense de la planète et de la préservation des générations futures, les consortiums industriels d’énergie renouvelable n’hésitent pas à envisager des solutions polluantes et dangereuses pour la santé humaine et animale qui dégradent durablement des espaces naturels préservés et protégés.
Le projet de centrale éolienne entres les îles d’Yeu et Noirmoutier nous réserve à cet égard bien des surprises. S’il voyait le jour, non seulement il aurait un impact sur des îles situées en zone protégée Natura 2000, mais en plus, il pourrait entraîner une pollution aux métaux qui aurait un impact réel sur la chaîne alimentaire.
En effet, lors d’une réunion organisée en avril dernier par le consortium industriel désigné par l’appel d’offres pour porter le projet d’industrialisation éolienne des îles, a été évoquée la question de la qualité de l’eau et en particulier celle de la corrosion des structures installées dans la mer pour porter les mâts d’éoliennes.
En raison de la forte corrosion des métaux, la centrale éolienne devra être équipée de protection cathodique par « anodes sacrificielles ». Or, en mer, l’utilisation de telles anodes, par l’effet de la corrosion, peut conduire à la contamination des fonds marins par des métaux et en particulier par l’aluminium.
Selon les chiffres du consortium industriel, qui doivent être considérés comme des minimums, les anodes sacrificielles pourraient générer une contamination des fonds marins d’environ 75 tonnes d’aluminium et 4 tonnes de zinc par an. Sur la totalité des 40 années de la concession, la contamination totale serait donc d’environ 3 000 tonnes d’aluminium.
Ces chiffres sont tout simplement stupéfiants et angoissants lorsque l’on connaît la dangerosité maintenant établie des rejets d’aluminium dans la nature.
Il suffit de parcourir la documentation scientifique pour voir à quel point la pollution à l’aluminium constitue aujourd’hui un danger tant pour les humains que pour les animaux et qu’elle contamine par sa nature particulière toute la chaîne alimentaire.
Sur le site Internet du CNRS on peut lire par exemple : « La pollution métallique peut être due à différents métaux comme l’aluminium. […] La pollution métallique pose un problème particulier, car les métaux ne sont pas biodégradables. En outre, tout au long de la chaîne alimentaire, certains se concentrent dans les organismes vivants. Ils peuvent ainsi atteindre des taux très élevés dans certaines espèces consommées par l’homme, comme les poissons. Cette “bio-accumulation” explique leur très forte toxicité. »
Les impacts sur la santé de l’assimilation d’aluminium par les humains commencent à être connus et dénoncés dans le cadre d’études scientifiques sérieuses réalisées par des médecins et des spécialistes. C’est ainsi que des liens désormais forts sont établis entre l’aluminium et la maladie d’Alzheimer. Le professeur Christopher Exley, spécialiste renommé de la toxicité de l’aluminium, a publié un communiqué important sur le sujet en mars 2017 dans le Journal of Trace Elements in Medicine and Biology. Dans un colloque sur le sujet en 2015 il précisait : « Il est essentiel que nous levions le sujet de l’écotoxicité de l’aluminium et de son rôle dans les maladies humaines et plus particulièrement celles du système nerveux central dont la maladie d'Alzheimer. […] »
De nombreuses études sur le sujet sont en cours et de nombreuses interrogations se posent désormais sur les liens qui pourraient exister entre la consommation d’aluminium dans les aliments et l’émergence de certains cancers, en particulier le cancer du sein.
Une chose est certaine, s’il est ingéré, l’aluminium est un produit aujourd’hui reconnu comme un élément hautement toxique pour l’homme.
Il va sans dire que, si l’humain peut être informé, et donc limiter les dangers d’une telle consommation, les poissons et les corps vivants marins évoluant dans la zone de 83 km2 où seront potentiellement installées les éoliennes et donc la source de la pollution marine par l’aluminium seront de plein fouet infectés par le métal qui passera par leurs branchies et imprégnera définitivement leur chair. Ceux qui s’approcheront des anodes sacrificielles seront dès lors totalement contaminés.
Si bien que c’est toute la chaîne alimentaire qui sera affectée par la contamination des poissons, des crustacés, des moules et des huîtres. Comment distinguera-t-on les poissons fortement contaminés de ceux qui le seront moins ? Même pêché à 10 km de la centrale éolienne, un poisson contaminé pourra intégrer la chaîne alimentaire. Sachant, par ailleurs, que la source d’émission de cette contamination par l’aluminium ne se situera qu’à 10 km des premières plages…
C’est donc toute la filière de pêche et de vente de coquillages et crustacés des îles d’Yeu et Noirmoutier qui subira de plein fouet une image de marque désastreuse due au risque d’un potentiel scandale du poisson contaminé.
Il est plus qu’urgent d’attendre. Nicolas Hulot ministre de l’Écologie doit désormais mettre en place un moratoire afin d’étudier avec sérénité les impacts cumulés de ce projet de centrale éolienne et de cette pollution inéluctable à l’aluminium dangereuse pour les humains et les animaux.
http://www.economiematin.fr/news-eolienne-scandale-sanitaire-contamination-eau-aluminium-marin

07/09/17 : EDF est rendu responsable de la mort des oiseaux pris dans les pales de ses éoliennes
Dans le département de l'Hérault, dans une zone de protection spéciale, le causse d'Aumale, EDF a été autorisée à édifier un parc d'éoliennes sur environ 800 hectares entre deux zones de protection spéciale, créées en application de la directive oiseaux.
Il se trouve que le causse est le terrain de chasse du faucon crécerellette, un rapace de 75 cm d'envergure, très rare en Europe, d'où sa protection.
Le hasard a fait que ces faucons sont revenus dans le sud de la France ces dernières années où ils ont dû trouver des conditions d'habitat et de chasse propice à leurs habitudes.
Cependant, il se trouve qu'EDF Energie y exploite 31 ....

https://www.riskassur-hebdo.com/actu01/actu_auto.php?adr=709171439


23/08/17Eoliennes tueuses d’oiseaux, FNE attaque EDF Energies nouvelles

L’association France Nature Environnement (FNE) assigne en justice EDF Energies Nouvelles. Les militants reprochent à l’entreprise de ne pas avoir mis en place les moyens suffisants pour lutter contre les dizaines de morts d’oiseaux, dont certains d’espèces protégées, causées par un parc d’éoliennes de l’Hérault.
Les éoliennes tueuses d’oiseaux sont dans le viseur de France Nature Environnement (FNE). L’association a publié début août un communiqué qui annonce que l’association va assigner EDF Energies Nouvelles devant le Tribunal de Grande Instance de Nanterre pour ce dosssier.
« Au cœur de l’Hérault, à quelques kilomètres à l’Ouest de Montpellier, se trouve le causse d’Aumelas, vaste vallon couvert de garrigue et ponctué d’escarpements rocheux. Cet espace naturel à la beauté à couper le souffle est un lieu privilégié du développement pour l’alimentation et la reproduction d’oiseaux parmi les plus remarquables de l’avifaune française » commence le communiqué, bucolique jusqu’à ce qu’il entre dans le cœur du sujet. « Mais dans le causse d’Aumelas, le faucon n’est pas seul : c’est en effet le lieu d’installation d’un important parc éolien de trente-et-un aérogénérateurs, dont le gestionnaire est EDF Energies Nouvelles. Or, les faucons qui se déplacent dans la zone courent le risque de heurter mortellement les machines. C’est ainsi près de 30 cadavres de faucons crécerellettes qui ont été retrouvés au pied des éoliennes depuis 2012. Ce chiffre n’est cependant pas représentatif du vrai nombre de spécimens détruits par les éoliennes, que les estimations placent à… plus de 100 » continue le texte.
France Nature Environnement affirme que l’énergéticien a été sollicité à plusieurs reprises à ce sujet sans que des mesures efficaces ne soient décidées. : « les gestionnaires du parc éolien, ainsi que les sociétés propriétaires, n’ont rien fait pour renverser la vapeur : si un système d’effarouchement des oiseaux a été mis en place, ce n’est que tardivement, et il s’est avéré inefficace. » Un statu quo qui est interprété par les militants comme « une volonté délibérée de ne pas assumer leurs responsabilités ». Ce sera désormais à la justice de trancher.

31/07/17Pour la première fois, FNE attaque en justice un parc éolien en service

En théorie, animaux, végétaux et énergies renouvelables peuvent vivre en bonne intelligence – comme le prouve par exemple l’agrivoltaïque – mais dans les faits, cette cohabitation fait souvent des dégâts… C’est bien connu et pourtant, la puissante fédération France Nature Environnement (FNE) n’avait jamais attaqué en justice un parc éolien en fonctionnement. Jusqu’à maintenant. Le 30 juin, FNE a assigné en justice EDF Energies Nouvelles, ainsi que 7 sociétés exploitantes, devant le juge civil pour destruction récurrente d’espèces protégées. FNE demande aux défendeurs de lui verser, in solidum, 160 000 € soit 2 000 € par spécimen détruit. En service depuis 2006, le parc attaqué (62 MW, 31 éoliennes) se situe sur le causse d’Aumelas (Hérault), zone de nidification pour 13 espèces de l’annexe 1 de la directive Oiseaux, rappelle FNE dans son assignation.
Les victimes sont essentiellement des faucons crécerellette, tués par collision avec les pales : au moins 33 cadavres ont été retrouvés au sol par la Ligue de protection des oiseaux (LPO) du...



27/07/17 : Dans l’Hérault, les pales d’éoliennes tuent des oiseaux protégés
Les générateurs d’Aumelas ont abattu 33 faucons crécerellettes. France nature environnement assigne EDF en justice.
Sur le causse d’Aumelas, dans le département de l’Hérault, s’étend un parc éolien d’environ 800 hectares entre deux zones de protection spéciale. Ces surfaces, créées en application de la directive oiseaux, doivent assurer la protection de l’avifaune. Le causse est justement le terrain de chasse du faucon crécerellette, rapace de 75 centimètres d’envergure, et très rare en Europe, qui est revenu coloniser le sud de la France ces dernières années. Il s’agit d’une espèce protégée, classée « vulnérable » au niveau national.
C’est ici que se dressent les éoliennes dont EDF Energies nouvelles (EN) est le gestionnaire. Le site comporte aujourd’hui 31 aérogénérateurs, contre 24 en 2010. A l’année, le parc produit assez d’électricité pour une population de 70 000 habitants environ, soit l’équivalent de l’agglomération de Sète, voisine de la commune d’Aumelas.
La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) de l’Hérault, chargée de suivre sur le site la mortalité des faucons crécerellettes depuis 2010, a retrouvé 33 cadavres au pied des éoliennes. Les animaux sont morts de collision avec les pales. Le code de l’environnement punit les destructions d’espèces protégées de deux ans de prison et 150 000 euros d’amende, mais prévoit des possibilités de dérogation « à condition qu’il n’existe pas d’autre solution satisfaisante et que la dérogation ne nuise pas au maintien (…) des populations concernées ».
Malgré les demandes écrites de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) et de la LPO, EDF-EN n’a jamais déposé de dossier de dérogation, tout en continuant à détruire le faucon crécerellette. La Dreal n’a pas pris d’arrêté de mise en demeure pour obliger EDF-EN à déposer ce dossier.
Etude d’impact
France nature environnement (FNE) a engagé une action en justice contre l’entreprise pour destruction d’espèce protégée, le 30 juin. Dans l’assignation, la fédération de protection de la nature rappelle qu’EDF-EN a connaissance des risques de mortalités par collision du rapace depuis l’étude d’impact conduite en 2006 par la LPO de l’Hérault. Sollicitée, l’entreprise n’a pas souhaité commenter la procédure en cours.
Si EDF-EN déposait un dossier de dérogation, le groupe devrait indiquer la raison impérative majeure justifiant la construction du parc éolien dans cette zone. C’est-à-dire prouver que le parc n’aurait pas pu être aménagé ailleurs. Ce dossier pourrait remettre en question son existence.
L’association de protection des oiseaux, rémunérée par EDF pour réaliser le suivi de mortalité, passe deux fois par semaine, entre mars et novembre, et scrute le sol jusqu’à 50 mètres autour des éoliennes. Le nombre d’oiseaux victimes des palmes pourrait être supérieur aux 33 bêtes retrouvées entre les passages, car des prédateurs, comme des renards, peuvent emporter les rapaces morts. « Potentiellement, on pourrait avoir trois fois plus de cas de mortalité que ceux que nous trouvons », indique Nicolas Saulnier, directeur de la LPO-Hérault. L’association porte aussi la casquette d’opérateur départemental du plan national d’action pour les faucons crécerellettes visant à en augmenter la population. En France, il existe environ 400 couples de ce rapace, et 180 dans le seul département de l’Hérault.
Effarouchement
En 2013, à la suite des premiers cas de mortalité, EDF a mis en place des systèmes de détection et d’effarouchement sur les éoliennes. A l’approche des oiseaux, un appareil émet des sons pour les faire dévier. Mais il semblerait que les faucons crécerellettes soient trop petits pour être remarqués par le système. De plus, l’heure à laquelle les oiseaux chassent, très tôt le matin et très tard le soir, la luminosité est assez faible et ne permet pas à l’appareil de les distinguer. La mortalité des faucons n’a pas été réduite selon la LPO.
Les éoliennes représentent un danger pour la faune volante en général. Ainsi, 13 busards cendrés, autre espèce protégée et en déclin, ont été retrouvés morts par la LPO entre 2010 et 2016 dans le parc d’Aumelas. Le barotraumatisme – la baisse brutale de la pression près des éoliennes – touche également les chauves-souris qui meurent sur le coup. La zone est évitée par certains oiseaux comme les aigles de Bonelli qui perdent ainsi une partie de leur habitat, explique Alain Ravayrol, naturaliste, qui a installé des GPS sur leur dos afin de les suivre.
FNE, tout comme la LPO, rappelle que la fédération n’est pas opposée au développement de l’éolien, mais souhaite que cela se fasse en prenant en compte les enjeux de biodiversité. La France compte 5 760 éoliennes en exploitation selon la LPO, qui a publié une étude sur l’impact du parc éolien français sur l’avifaune en juin. Ce volume est amené à doubler à l’horizon 2023.
http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/07/27/dans-l-herault-des-oiseaux-proteges-meurent-sous-les-pales-d-eoliennes_5165794_3244.html

19/07/17 : Les parcs éoliens en mer accusés de nuire à la faune marine
Des éoliennes géantes implantées en pleine mer, sur la façade atlantique, sont critiquées par des associations au motif qu'elles nuisent à la faune marine.
«Imaginez 80 éoliennes de plus de 120 m de haut, à 10 km des plages !» se désole Hervé Texier, président de Belle Normandie Environnement. Le futur site éolien en mer dont le militant est le plus proche jouxte des plages très célèbres : celles du Débarquement et son vaste cimetière marin. «C'est une atteinte au patrimoine et au tourisme», estime-t-il.
Aux côtés d'une quinzaine de fédérations d'associations dans les communes concernées et depêcheurs, son association vient de déposer une plainte auprès de la Commission européenne contre les six projets d'éolien en mer autorisés sur la façade Manche- Atlantique, «tous en contradiction avec les politiques de protection de l'environnement marin». Des projets «conduits à marche forcée par l'Etat depuis 2012», disent les militants locaux, qui voient dans ce recours devant les tribunaux européens «la dernière chose qu'il nous reste», estime Hervé Texier.

Les antiéoliens sont amers : le nouveau ministre de l'Environnement tient à accélérer tous les projets d'éolien marin pour atteindre l'objectif de 40 % d'énergies renouvelables dans la production française d'ici à 2030.
Des zones de pêches dévastées
«On est prêts à faire tous les recours possibles, car on est absolument opposés à cette guirlande d'usines offshore sur le littoral français», se désole Jacky Bonnemains, porte- parole de l'association Robin des bois, qui dénonce « une industrialisation de la mer et une technique périmée ». Pour lui, les études d'impact sur l'environnement, la faune marine, et sur la sécurité maritime ne sont pas suffisantes. D'autres dénoncent une «énergie intermittente, qui ne produit qu'un tiers du temps, quand il y a du vent», avance Catherine Boutin, du collectif Pour un littoral sans éolienne.
Au Tréport, les pêcheurs fulminent. «Beaucoup de gens regardent ça de loin, mais nous, on vivra avec ça sous notre nez», glisse Olivier Becquet, gérant de la coopérative locale. En péril, selon lui, la seiche, le barbet et le hareng, qui viennent se reproduire dans les eaux du futur projet, ainsi qu'«un vrai gisement» de coquillages. «On est allés visiter le parc éolien de Thanet, en Angleterre, et on a bien vu les dégâts provoqués par ces piliers de béton sur toute la zone poissonneuse. Les Anglais n'y pêchent plus !» estime-t-il.
Des projets menés depuis des années
Parmi les six parcs éoliens en mer ayant été attribués sur le littoral français, quatre ont reçu leurs autorisations environnementales : Fécamp, Courseulles, Saint-Nazaire et Saint-Brieuc. Deux projets sont encore en attente, ceux de l'île d'Yeu-Noirmoutier et de Dieppe-Le Tréport.
La justice rejette un recours contre le parc éolien en mer au large de Fécamp
Des projets pour lesquels les procédures de concertation avec tous les acteurs, les enquêtes publiques et des études d'impact ont été menées depuis quatre ans. «Ce ne sont pas des projets déposés à la va-vite» résume Matthieu Monnier, de France Energie éolienne, l'association professionnelle des acteurs de l'éolien.
«On a perdu deux ans avec tous ces recours», juge-t-il. Aujourd'hui, chaque parc éolien fait l'objet de «mesures de compensation pour les déséquilibres causés par son implantation», se justifie Engie, impliqué dans trois projets. Le géant de l'énergie se préoccupe ainsi des goélands de l'île d'Yeu ou des oiseaux marins nicheurs vers Dieppe. Il rappelle aussi ses efforts pour limiter l'impact visuel des éoliennes, dans leur alignement, leur espacement ainsi que leur nombre.


02/07/17 : Eoliennes contre oiseaux : la LPO dresse un premier état des lieux
L'impact de l’éolien sur l’avifaune en France est un vieux serpent de mer, brandi régulièrement avec ardeur par le lobby anti-éolien dont on se doute bien qu'il est loin d'être motivé par le seul bien-être des petites bêtes à plumes. Le problème étant que si des suivis environnementaux ont été menés sur de nombreux parcs éoliens français entre 1997 et 2015 par des bureaux d’études et des associations naturalistes, aucune analyse globale et consolidée n’avait été réalisée jusque là, laissant le champ libre à tous les fantasmes, noyant le poisson et jetant le bébé avec l'eau du bain par la même occasion.
Ca c'était avant. Pour la première fois, la Ligue de la protection des oiseaux (LPO), qui n'a pas pour vocation de lutter contre l'énergie éolienne, mais dont le boulot consiste à exercer la plus grande vigilance pour préserver les oiseaux, présente une étude approfondie de la mortalité des oiseaux imputables aux éoliennes à l’échelle nationale, confirmant que si les éoliennes sont bien la cause de morts additionnelles d’oiseaux, on est bien loin du massacre dénoncé par les anti-éoliens. L'association présidée par Allain Bougrain-Dubourg identifie néanmoins certains facteurs d’impact et émet des recommandations pour améliorer l’intégration des parcs éoliens terrestres en réduisant leur impact sur l’avifaune.
197 rapports
Durant un an, la LPO, dont le congrès national s'est tenu ce samedi 1er juillet à Châtelaillon-Plage (Charente-Maritime), a compilé et analysé 197 rapports de suivis réalisés sur un total de 1 065 éoliennes réparties sur 142 parcs français. L'association a ainsi récolté une masse de données importante mais a également constaté l'existence d'un certain nombre d’indicateurs limités : distribution géographique disparate, suivis parfois dé-corrélés des cycles biologiques des espèces identifiées, disparité des méthodologies mises en œuvre... Voici ses constats et ses recommandations.
La mortalité, extrêmement faible, demeure hétérogène
Premier constat : les défenseurs des oiseaux diront que c'est encore trop, mais le nombre de cas de collisions constatées, extrêmement variable d’un parc à l’autre, apparaît relativement faible au regard de l’effort de prospection mis en œuvre. Selon l'étude de la LPO, 37 839 prospections documentées ont permis de retrouver 1 102 cadavres d’oiseaux. L'estimation de la mortalité réelle (prenant notamment en compte la durée de persistance des cadavres et le taux de détection) varie selon les parcs de 0,3 à 18,3 oiseaux tués par éolienne et par an, des résultats comparables à ceux obtenus aux Etats-Unis (5,2 selon Loss et al, 2013) ou au Canada (8,2 selon Zimmerling et al., 2013).
Premières victimes : les passereaux en migration et les rapaces nicheurs
Les migrateurs, principalement des passereaux, représentent environ 60 % des dépouilles d'oiseaux retrouvées. Les roitelets à triple bandeau et les martinets noirs, impactés principalement lors de la migration postnuptiale, sont les espèces qui tombent le plus souvent sur le champ des éoliennes françaises. Les rapaces diurnes, représentant 23 % des cadavres retrouvés – principalement pendant la période de nidification – forment le deuxième cortège d’oiseaux le plus impacté par les éoliennes.
Statut de protection et zones Natura 2000
Sur les 97 espèces retrouvées, 75 % sont officiellement protégées en France. 10,2 % des cadavres d'oiseaux appartiennent à des espèces inscrites à l’Annexe I de la Directive Oiseaux tels que le faucon crécerellette, le milan royal, le milan noir ou le busard cendré et 8,4 % appartiennent à des espèces considérées comme menacées sur la liste rouge française à l’instar du gobemouche noir, du bruant jaune, etc… La LPO constate que la mortalité directe due aux éoliennes est au moins deux fois plus importante dans les parcs situés à moins de 1 000 m des Zones de Protection Spéciale (ZPS Natura 2000 au titre de la Directive Oiseaux) et qu'elle y affecte bien plus qu’ailleurs les espèces patrimoniales.
Les transitions énergétiques et la biodiversité condamnées à "réussir ensemble"
En substance, afin de mieux protéger les oiseaux sans interdire les éoliennes de résidence en France, la LPO préconise un certain nombre de recommandations, au premier rang desquelles, élaborer sans plus tarder "un protocole de suivi robuste applicable à tous les parcs éoliens, afin de conforter dans le temps le suivi de l’impact des parcs en fonctionnement". Mais aussi, "mieux prendre en compte les migrateurs nocturnes" lors du développement des projets éoliens, préserver les espaces vitaux des rapaces diurnes, premières victimes des éoliennes au regard de leurs effectifs de population et enfin, "rejeter l’implantation d’éoliennes à l’intérieur et à proximité des zones Natura 2000". La LPO ajoute qu'"elle sera particulièrement vigilante sur les projets de simplification des autorisations préalables annoncés par le nouveau gouvernement, en particulier s'agissant du renouvellement des parcs les plus anciens", mis en service avant 2004 et qui sont plus souvent que les autres situés dans des espaces naturels et à proximité des zones Natura 2000.
Nos sociétés ont besoin d'énergie, et d'une énergie propre et non polluante, pour lutter contre le réchauffement climatique. Et, en la matière, pour préserver son avenir et celui de la nature sur la planète, l'humanité est aujourd'hui placée devant des choix fondamentaux. S'il faut tout mettre en oeuvre pour la réduire, la mortalité des éoliennes sur les oiseaux n'est rien au regard de la mortalité engendrée sur l'avifaune et la faune et de la flore en général, en cas de marée noire ou d'un accident nucléaire qui polluerait des territoires entiers pour des siècles (sans parler des victimes humaines). Toutefois, l’acquisition de connaissances spécifiques est nécessaire à l’amélioration de l’intégration environnementale des parcs éoliens. Une position que résume parfaitement Allain Bougrain Dubourg : « les transitions énergétiques ne peuvent s'exonérer de la prise en compte de la biodiversité, les unes et les autres sont condamnées à réussir ensemble ».
►A LIRE
Le parc éolien français et ses impacts sur l’avifaune, étude des suivis de mortalité réalisés en France de 1997 à 2015 : cliquer ICI Les autres impacts potentiels de l’éolien sur la biodiversité ne sont pas pris en compte dans cette étude (dérangement des oiseaux et impacts sur les chiroptères) exclusivement consacrée aux oiseaux.
Impacts des éoliennes sur les oiseaux : diverses études internationales ont montré que les parcs éoliens peuvent perturber l’avifaune : cliquer ICI
http://maplanete.blogs.sudouest.fr/archive/2017/07/02/eoliennes-contre-oiseaux-la-lpo-dresse-l-etat-des-lieux-1058682.html


02/07/17Le milan royal à l'aise en Corrèze

Une aire de nourrissage pour milans royaux a été inaugurée hier samedi 1er juillet à Saint-Bonnet-les-Tours en présence du préfet de Corrèze et d'élus. Ce rapace est classé en liste rouge comme espèce vulnérable. La Corrèze compte 40 couples de milans royaux sur les 50 en Limousin.
A St-Bonnet-les-Tours-de-Merle, la nouvelle aire de nourrissage, alimentée à l'automne et en hiver par des agriculteurs, permettra au milan royal de se sustenter. Ce dernier ne peut pas compter sur les trop rares carcasses d'animaux morts.
Ce sont des morceaux de viande découpée mais au moins on sera sûr de la nature sanitaire de la viande. Bertrand Gaume, préfet de la Corrèze
La reproduction du milan royal se raréfie, il est devenu une espèce gravement menacée. En cause : des techniques agricoles intensives, l'installation d'éoliennes et l'empoisonnement.
Il va se nourrir de rongeurs qui sont empoisonnés, en accumulant les proies, le milan va lui aussi s'empoisonner petit à petit. Mathieu André, SEPOL.
L'aire de nourrissage permettra au milan royal de se refaire une santé et d'assurer un avenir à sa descendance. Une première dans la région et sur ce site, réserve mondiale de biosphère.

http://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/correze/milan-royal-aise-correze-1290503.html

28/06/17 : L’éolien industriel et les abeilles ne vont pas bien ensemble
L’éolien est une énergie renouvelable et écolo, pensaient les deux auteurs de cette tribune, apiculteurs biologiques dans l’Indre. Pourtant, quand ils ont pris conscience des conséquences pour le bocage de l’installation d’engins de 200 m de hauteur, ils ont changé d’avis.
Robert Lefavre et Sébastien Camuzat sont apiculteurs, membres du collectif Bocage en péril. Ce mouvement citoyen interrégional, situé aux confins de l’Indre, du Limousin, de la Haute-Vienne, au sud-est du parc naturel régional de la Brenne, est motivé par la préservation de l’environnement et du bocage. Il se positionne contre la mauvaise gestion des déchets, l’agriculture déraisonnée, et contre les éoliennes industrielles. Ce dernier sujet pose question, car un a priori habituel présente cette technologie comme écologique et renouvelable.

Robert Lefavre, apiculteur à Bonneuil (Indre)
Notre bocage est en voie de disparition. C’est un territoire traditionnellement consacré à l’élevage. Depuis une trentaine d’années, le développement des grandes cultures céréalières et de l’agriculture intensive a entraîné la disparition des haies et de leurs chênes centenaires afin d’agrandir la taille des parcelles. Au cours des dix dernières années, la politique de transition écologique et la libéralisation du marché ont favorisé le développement de nombreux projets éoliens, à savoir 250 éoliennes géantes sur notre territoire.
Je suis agriculteur et apiculteur bio. En 2012, un promoteur m’a proposé l’implantation de deux éoliennes de 180 m de haut pour un loyer substantiel de 6.000 euros par éolienne et par an.
J’ai refusé cette proposition pour plusieurs raisons :
- Il fallait couler 1.500 tonnes de béton armé, en plein champ et dans un sol vivant pour la fondation d’une éolienne. Cela est contraire à mes pratiques agroécologiques ;
- Implanter une structure de 180 m dans un bocage où la hauteur d’un chêne centenaire est d’environ 30 m ferait une rupture dans le paysage ;
- Les nuisances sonores de l’éolienne en rotation (quand il y a du vent), située à environ 800 m de mon habitation, seraient inacceptables. De plus, les infrasons, préjudiciables pour l’homme, seraient également un risque pour les ruchers en production (perte de repères des abeilles pour retrouver leurs ruches) ;
- Lors des migrations, des grues cendrées se posent sur mon étang et seraient perturbées par la présence d’éoliennes. Les chauves-souris présentes à la lisière des bois éclatent à proximité des pales ;
- Mes enfants ont des projets d’accueil à la ferme et de résidence d’artistes. L’impact de la présence d’éoliennes à proximité serait négatif sur une clientèle urbaine et souvent étrangère qui recherche le calme et la qualité de vie.
Aujourd’hui, nous sommes 29 associations contre la destruction des paysages, la disparition de la biodiversité et pour le maintien de notre patrimoine culturel et historique. Nous luttons pour la survie de nos activités et pour transmettre aux générations futures un métier en harmonie avec leur environnement et la nature.

Nous n’avons qu’une seule planète, protégeons-la !
Sébastien Camuat est apiculteur à Saint-Gilles (Indre)
Avec ma compagne, nous sommes apiculteurs bio depuis une petite dizaine d’années. J’étais au départ favorable à l’énergie éolienne, étant moi-même écologiste au quotidien, autonome en énergie, utilisateur d’une petite éolienne domestique. Avec notre installation, l’essentiel de nos consommations est couvert par des panneaux solaires photovoltaïques (12m2), qui produisent tout le temps. Nous habitons une maison patrimoniale, basse consommation et auto-rénovée.
Sur place, nous accueillons ponctuellement des publics — lycées, collèges, particuliers — en lien avec notre modèle énergétique : autonomie sur un petit volume de production, avec de basses consommations énergétiques.
Mon avis sur l’éolien a évolué depuis que nous devons faire face à une déferlante de projets gigantesques (près de 200 m de haut) dans notre secteur de production apicole.
Le projet de 15 éoliennes en face de notre exploitation a été rejeté par le préfet de l’Indre, du fait en particulier d’un dossier plein de lacunes. Ce projet impliquait une forte déforestation du bois contigu, et était proche de deux lignes à très haute tension qui abîment déjà fortement le paysage.
Mais il y a encore 230 projets d’éoliennes de 180 m de haut dans les alentours.
En particulier, un de nos ruchers les plus productifs est menacé par deux projets (23 éoliennes), qui impliqueront, s’ils voient le jour, la déforestation du lieu. Des dizaines d’hectares de forêt de châtaigniers et des haies risquent d’être rasés, en lisière d’une zone Natura 2000, ainsi qu’une bande sauvage qui fait le bonheur des marcheurs et autres curieux de la nature.
Il en va de même pour nos autres ruchers, qui sont menacés par des projets de parcs éoliens similaires… Soit par la déforestation directe des emplacements soit par les infrasons qui seront générés par ces machines géantes.
Dans le secteur, nous produisons entre trois et cinq tonnes de miel biologique. Celui-ci est très demandé et nous tombons en rupture de stock tous les ans. Les emplacements de production de miel biologique sont de plus en plus difficiles à trouver en France, et les espaces reculent tous les jours un peu plus.
La transition énergétique doit être faite, mais pas n’importe comment. Le bocage est un lieu de vie qui doit être respecté. L’avenir se trouve dans une production énergétique douce et une réduction des consommations. Utilisons notre intelligence individuelle et collective pour que modernité rime avec sobriété.

https://reporterre.net/L-eolien-industriel-et-les-abeilles-ne-vont-pas-bien-ensemble


27/06/17 : Les éoliennes tuent plus d'oiseaux près des zones protégées
S’il est "relativement faible", le nombre d'oiseaux retrouvés morts à la suite d'une collision avec des éoliennes est "extrêmement variable" d'un parc à l'autre et deux fois plus important à proximité des zones protégées de type Natura 2000, a indiqué la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) dans une étude publiée le 20 juin. L’association formule aussi plusieurs recommandations pour limiter l’impact des éoliennes sur la mortalité des oiseaux.
Quel est l’impact des éoliennes sur la mortalité des oiseaux ? Pour la première fois, la Ligue de protection des oiseaux (LPO) a réalisé une étude approfondie sur le sujet dont les résultats ont été publiés le 20 juin. L’association, qui a compilé 197 rapports de suivis des impacts de 1.065 éoliennes implantées en France dans 142 parcs, pointe d’abord une mortalité hétérogène. L'estimation de la mortalité réelle varie, selon les parcs, de "0,3 à 18,3 oiseaux tués par éolienne et par an", précise-t-elle. Pour elle, le nombre de collisions constatées "apparaît relativement faible au regard de l'effort de prospection mis en oeuvre", soit 37.839 recherches documentées ayant permis de retrouver 1.102 cadavres d'oiseaux.
Surmortalité due aux parcs anciens près des zones protégées
Toutefois, la LPO souligne que "la mortalité directe due aux éoliennes est au moins deux fois plus importante dans les parcs situés à moins de 1.000 mètres des zones de protection spéciale", de type Natura 2000. Les parcs éoliens les plus anciens étant plus souvent que les autres situés à proximité d'espaces naturels protégés, "il conviendra d'être très vigilant" lors du renouvellement des autorisations de ces infrastructures, estime donc l’association. "Les transitions énergétiques ne peuvent s'exonérer de la prise en compte de la biodiversité et sont condamnées à réussir ensemble", souligne dans un communiqué Allain Bougrain-Dubourg, le président de la LPO.
Migrateurs et rapaces diurnes, principales victimes
La mortalité par collision avec une éolienne a principalement concerné des passereaux en migration (60%). Les roitelets à triple bandeau et les martinets noirs, touchés principalement lors de la migration postnuptiale, sont les espèces les plus dénombrées sous les éoliennes françaises. Les rapaces diurnes représentent quant à eux 23% des cadavres retrouvés - surtout en période de nidification - soit le deuxième cortège d’oiseaux victimes des éoliennes. Parmi les 97 espèces touchées, 75% sont protégées en France, tels le faucon crécerellette, le milan royal, le milan noir ou le busard cendré.
Pour limiter l'impact des éoliennes sur la faune, la LPO formule plusieurs recommandations. Elle conseille ainsi d’"élaborer sans plus tarder un protocole de suivi applicable à tous les parcs éoliens afin de conforter dans le temps le suivi de l’impact des parcs en fonctionnement ", de "mieux prendre en compte les migrateurs nocturnes lors du développement des projets éoliens", de "préserver les espaces vitaux des rapaces diurnes" et de "rejeter l'implantation d'éoliennes à l'intérieur et à proximité des zones de protection spéciale".
http://www.caissedesdepotsdesterritoires.fr/cs/ContentServer?pagename=Territoires/Articles/Articles&cid=1250279387471

26/06/17Allain Bougrain-Dubourg (LPO) : "Oui aux éoliennes mais pas n'importe comment"
La Ligue de protection des oiseaux vient de mener une étude approfondie sur la cohabitation de l'éolien et des oiseaux. Sur franceinfo, le président de la LPO, Allain Bougrain-Dubourg, déplore une mortalité accrue près des zones protégées et fait plusieurs recommandations
. 

Les éoliennes sont-elles des tueuses d'oiseaux ? La Ligue de protection des oiseaux (LPO) a dévoilé, mardi 20 juin, les conclusions de la première étude approfondie dans ce domaine. L'association a épluché les rapports de naturalistes et de bureaux d'études, réalisés entre 1997 à 2015, sur les 1 065 éoliennes implantées sur le territoire français et les 1 102 cadavres d'oiseaux tués par ces machines à pales et à hélices.
Sur franceinfo, le président de la LPO, Allain Bougrain-Dubourg, a déploré une mortalité accrue près des zones protégées et fait plusieurs recommandations pour les futures implantations de parcs.
franceinfo : Que préconise la LPO pour les nouvelles installations ?
Allain Bougrain-Dubourg : Nous sommes favorables aux énergies renouvelables. Mais pas n'importe où, pas n'importe comment. Si vous mettez de l'éolien sur une zone de migrations, vous êtes sûr que vous allez avoir un impact épouvantable. C'est justement ce que la LPO condamne. Jusqu'en 2004 globalement, on implantait des éoliennes un peu partout, sans faire véritablement d'études d'impact. On se rend compte que cela impactait notamment tous les migrateurs.
Nous ne voulons pas d'éoliennes dans les ZPS, les Zones de protection spéciale -Natura 2 000- là où on a évalué la plus grande richesse en biodiversité, donc il s'agit simplement de les mettre ailleurs. On voit que l'avenir c'est l'offshore, il y a un projet initié par Ségolène Royal [l'ex-ministre de l'Environnement] au large d'Oléron, et bien c'est en pleine zone de protection spéciale, ce n'est pas acceptable. Même les Aires marines protégées (AMP), qui sont des établissements publics, de l'État, trouvent que cela n'est pas fonctionnel. Donc : oui aux éoliennes mais pas n'importe comment.
Selon votre rapport, les éoliennes tuent entre 0,3 et 18,3 oiseaux chaque année en moyenne. Ce n'est pas une hécatombe...
Il faut être clair : les oiseaux qui se cognent sur des baie vitrées ou encore la prédation par les chats, c'est beaucoup plus important évidemment. Mais cela ne signifie pas que l'on doit rester indifférent. Pour moi, la transition énergétique ne peut pas s’exonérer de la prise en compte de la biodiversité. C'est valable pour le photovoltaïque etc.
Quand vous donnez ces chiffres, par exemple, c'est une moyenne un peu ridicule parce que vous avez des éoliennes très, très impactant où il peut y avoir des dizaines et des dizaines d'oiseaux qui vont être tués et d'autres pas du tout. On a pu justement faire valoir dans notre enquête qu'il y avait un peu d'incohérence dans les analyses et qu'on faisait des moyennes qui n'ont aucun sens en vérité.

http://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/alain-bougrain-dubourg-lpo-oui-aux-eoliennes-mais-pas-n-importe-comment_2255303.html

23/06/17ÉOLIENNES : QUEL IMPACT SUR LA MORTALITÉ DES OISEAUX ?

La Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) a publié, mardi 20 juin, une étude nationale inédite sur la mortalité des oiseaux due aux éoliennes. Selon l’association, les éoliennes présentent un risque plus important pour les oiseaux dans les zones “natura 2000”. Toutefois, le taux de mortalité reste faible.
Bien que des suivis environnementaux aient été menés sur de nombreux parcs éoliens français entre 1997 et 2015, aucune analyse globale n’avait été réalisée. C’est pour cela que la LPO a compilé et analysé pendant un an, 197 rapports de suivis réalisés sur un total de 1065 éoliennes et ce, réparties sur 142 parcs français. La ligue a pu constater un certain nombre d’indicateurs limités : distribution géographique disparate, suivis parfois décorrélés des cycles biologiques des espèces identifiées et la disparité des méthodologies mises en oeuvre. Mais elle a ainsi pu récolter une masse de données importantes.
Le nombre de cas de collisions constatées par la LPO est variable d’un parc à l’autre. Il apparaît aussi relativement faible face à l’effort de prospection mis en oeuvre. C’est plus de 37 839 documents qui ont permis de retrouver 1 102 cadavres d’oiseaux. L’estimation de la mortalité réelle, elle, varie selon les parcs éoliens de 0,3 à 18,3 oiseaux tués par an. Ces résultats sont comparables à ceux relevés aux États-Unis et au Canada.
Les espèces les plus touchées sont les rapaces nicheurs et les passereaux
60% des cadavres retrouvés sont principalement des passereaux. Les Roitelets à triple bandeau et les martinets noirs sont les espèces les plus nombreuses au pied des éoliennes françaises. Quant aux rapaces diurnes, ils représentent 23% des cadavres retrouvés. Sur les 97 espèces d’oiseaux, 75% sont officiellement protégées en France. À noter que 10,2% des cadavres sont des espèces inscrites à l’annexe I de la Directive Oiseaux. On retrouve donc le Faucon crécerellette, le Milan royal, le Milan noir et le Busard cendré. 8,4% d’entre eux sont considérés comme des espèces menacées sur la liste rouge française.
Cette mortalité due aux éoliennes est deux fois plus importante dans les parcs situés à moins de 1 000 mètres des zones de protection spéciales (ZPS), appelées aussi zones Natura 2000. À savoir que les parcs les plus anciens, mis en service avant 2004, sont plus souvent situés dans des espaces naturels et à proximité de ZPS.
Les mesures préconisées par la LPO
Suite à ce constat, l’association demande donc de refuser l’implantation de parcs éoliens dans les zones de protection spéciales et ce, dans une zone tampon d’au moins un kilomètre. Les ZPS représentent d’ailleurs 8% du territoire métropolitain. La Cour de justice de l’Union européenne avait jugé en 2011, qu’une réglementation nationale interdisant l’implantation d’éoliennes en zones Natura 2000 n’était pas contraire au droit communautaire.
L’association préconise également de ne pas implanter des éoliennes à proximité des sites de reproduction et de préserver les espaces vitaux de ces espèces. “Aucun suivi n’a permis de démontrer l’efficacité de dispositifs techniques visant à réduire leur mortalité par collision avec les éoliennes”, explique la LPO, dans son communiqué. Elle suggère aussi de prendre en compte les principales voies de déplacement des espèces migratoires, mais aussi des migrations nocturnes pour la mise en place de nouveaux projets éoliens.
Concrètement la LPO demande que des radars ornithologiques soient déployés plus fréquemment à l’échelle des projets mais également dans le cadre de la planification régionale.
Ne pas réhabiliter certains parcs éoliens
De nombreux parcs éoliens arrivent en fin de vie, surtout que de nombreux contrats d’achat d’électricité ont une durée de 15 ans et arrivent bientôt à terme. “Il s’agit là d’une opportunité unique de réduire l’impact du parc éolien français sur l’avifaune en faisant le choix de ne pas remplacer certaines éoliennes très problématiques”, indique la LPO.
Celle-ci souhaite donc élaborer “un protocole de suivi robuste applicable à tous les parcs éoliens” afin de conforter dans le temps le suivi de l’impact des parcs en fonctionnement. Bien qu’un protocole ait été reconnu en 2015, celui-ci ne précise ni les périodes, ni les surfaces, ni la fréquence de prospection.

http://actualites.reponse-conso.fr/limpact-eoliennes-mortalite-oiseaux/

22/06/17 : Oiseaux: éloigner les éoliennes des zones protégées

Les éoliennes ne doivent plus être implantées à proximité des zones de protection spéciale (ZPS), estime la Ligue de protection des oiseaux (LPO). Selon le bilan national qu’elle a publié mardi 20 juin, la mortalité y serait deux fois plus élevée chez les oiseaux.
Extrait : La LPO a analysé 197 rapports de suivi effectués entre 1997 et 2015 sur 1.065 éoliennes réparties dans 142 parcs français. Ces rapports font état de 1.102 cadavres d’espèces, pour une mortalité variant entre 0,3 et 18,2...
http://www.journaldelenvironnement.net/article/oiseaux-eloigner-les-eoliennes-des-zones-protegees,83914

20/06/17Impact de l’éolien sur l’avifaune en France : la LPO dresse l’état des lieux

La LPO présente pour la première fois une étude approfondie de la mortalité des oiseaux imputables aux éoliennes à l’échelle nationale, identifie certains facteurs d’impact et émet des recommandations pour améliorer l’intégration des parcs éoliens terrestres en réduisant leur impact sur l’avifaune.
Si des suivis environnementaux ont été menés sur de nombreux parcs éoliens français entre 1997 et 2015 par des bureaux d’études et des associations naturalistes, aucune analyse globale et consolidée n’avait été réalisée jusqu’ici. Pour répondre à ce besoin, la LPO a compilé et analysé pendant un an 197 rapports de suivis réalisés sur un total de 1 065 éoliennes réparties sur 142 parcs français. Elle a ainsi récolté une masse de données importante mais a également constaté l'existence d'un certain nombre d’indicateurs limités : distribution géographique disparate, suivis parfois décorrélés des cycles biologiques des espèces identifiées, disparité des méthodologies mises en œuvre.
Un constat à prendre en compte pour limiter les risques
La mortalité demeure hétérogène
Le nombre de cas de collisions constatées est extrêmement variable d’un parc à l’autre et apparaît relativement faible au regard de l’effort de prospection mis en œuvre : 37 839 prospections documentées ont permis de retrouver 1 102 cadavres d’oiseaux. L’estimation de la mortalité réelle (prenant notamment en compte la durée de persistance des cadavres et le taux de détection) varie selon les parcs de 0,3 à 18,3 oiseaux tués par éolienne et par an, des résultats comparables à ceux obtenus aux Etats-Unis (5,2 selon Loss et al, 2013) ou au Canada (8,2 selon Zimmerling et al., 2013).
Les passereaux en migration et les rapaces nicheurs sont les espèces les plus impactées
Les migrateurs, principalement des passereaux, représentent environ 60 % des cadavres retrouvés. Les roitelets à triple bandeau et les martinets noirs, impactés principalement lors de la migration postnuptiale, sont les espèces les plus dénombrées sous les éoliennes françaises. Les rapaces diurnes, représentant 23 % des cadavres retrouvés – principalement pendant la période de nidification – forment le deuxième cortège d’oiseaux impacté par les éoliennes.
Statut de protection et état de conservation
Sur les 97 espèces retrouvées, 75 % sont officiellement protégées en France. 10,2 % des cadavres appartiennent à des espèces inscrites à l’Annexe I de la Directive Oiseaux tels que le Faucon crécerellette, le Milan royal, le Milan noir ou le Busard cendré et 8,4 % appartiennent à des espèces considérées comme menacées sur la liste rouge française à l’instar du Gobemouche noir, du Bruant jaune, etc…
L’implantation des éoliennes dans ou à proximité des ZPS (Natura 2000) génère la plus grande mortalité
La mortalité directe due aux éoliennes est au moins deux fois plus importante dans les parcs situés à moins de 1 000 m des Zones de Protection Spéciale (zones Natura 2000 au titre de la Directive Oiseaux) et elle y affecte bien plus qu’ailleurs les espèces patrimoniales.
Les parcs les plus anciens – ceux mis en service avant 2004 – étant plus souvent que les autres situés dans des espaces naturels et à proximité des ZPS, il conviendra d’être très vigilant pour toute démarche qui consisterait à simplifier leur renouvellement sans prise en compte sérieuse des enjeux biodiversité.
La LPO préconise 4 mesures
Élaborer sans plus tarder un protocole de suivi robuste applicable à tous les parcs éoliens afin de conforter dans le temps le suivi de l’impact des parcs en fonctionnement.
Mieux prendre en compte les migrateurs nocturnes lors du développement des projets éoliens.
Préserver les espaces vitaux des rapaces diurnes, premières victimes des éoliennes au regard de leurs effectifs de population.
Rejeter l’implantation d’éoliennes à l’intérieur et à proximité des ZPS.
La LPO sera particulièrement vigilante sur les projets de simplification des autorisations préalables annoncés par le nouveau gouvernement, en particulier s'agissant du renouvellement des parcs les plus anciens.
Pour Allain Bougrain Dubourg, président de la LPO : « les transitions énergétiques ne peuvent s'exonérer de la prise en compte de la biodiversité et sont condamnées à réussir ensemble ».
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Consultez la position de la LPO sur les énergies renouvelables
Les autres impacts potentiels de l’éolien sur la biodiversité ne sont pas pris en compte dans cette étude (dérangement des oiseaux et impacts sur les chiroptères) exclusivement consacrée aux oiseaux.
https://www.lpo.fr/actualites/impact-de-l-eolien-sur-l-avifaune-en-france-la-lpo-dresse-l-etat-des-lieux

13/06/17 : Agrifaune met l’agroécologie à l’honneur

Aux Culturales, un stand réunit différents partenaires d'Agrifaune, des travaux réalisés en faveur de l’aménagement du territoire.
Les partenaires Agrifaune (FNC, ONCFS, FNSEA, APCA, Symbiose, …) font stand commun à l’occasion des Culturales 2017. Ils investissent le stand B74, avec un objectif : mettre en avant les travaux réalisés en faveur de l’aménagement du territoire et de l’amélioration des pratiques agricoles.
L’occasion de découvrir ou de redécouvrir la marque Agrifaune Interculture, créée pour promouvoir les couverts d’interculture agri-faunistiques. « Ce sont des couverts qui répondent à la fois aux exigences agronomiques, écologiques et économiques des agriculteurs. Ils ont ainsi des intérêts pour la production agricole mais aussi pour la faune sauvage », commente Solène Allart-Destreil de la Fédération départementale des chasseurs de la Marne.
Lors des Culturales, la présentation du Sem’Obord s’annonce comme l’un des temps forts. Ce semoir permet de restaurer la biodiversité en bordure de champs et de limiter le développement des adventices. Concrètement, l’outil est composé d’un rotavator et d’un semoir à petites graines avec une régulation à débit proportionnel de l’avancement, le tout placé au bout d’un bras d’élagage. Ainsi, l’accès d’un côté ou de l’autre de la bordure est très aisé. « Le Sem’Obord permet de travailler le sol sur une faible largeur, de semer et d’appuyer le semis avec un rouleau », détaille Bruno Heckenbenner de la Chambre d’agriculture de la Meuse.
Dans les autres thématiques qui sont mises en avant sur le stand Agrifaune, il y a aussi le partenariat éolien que la Fédération des chasseurs vient de nouer avec Engie Green. Et les visiteurs peuvent également profiter pour discuter des thématiques placées au centre des missions d’Agrifaune, comme les impacts du machinisme sur la faune sauvage.

http://www.la-marne-agricole.com/Article/1597/Agrifaune_met_l_agroecologie_a_l_honneur

03/05/17 : La Commission européenne lance un plan d'action pour la biodiversité teinté d'économisme
Renforcer le réseau Natura 2000 mais établir aussi un lien entre protection de la nature et activités socio-économiques. C'est ce que prévoit la Commission dans son plan d'action pour la biodiversité.

L'avenir des directives Oiseaux et Habitats, qui servent de fondement au réseau européen Natura 2000, avait été un temps menacé par le nouvel exécutif européen. Après la réalisation d'un bilan de qualité et une mobilisation de citoyens, d'ONG et des ministres de l'Environnement de plusieurs Etats membres en faveur de leur maintien, l'exécutif européen décidait en décembre dernier de préserver ces deux outils. Quatre mois après, il présente un plan d'action destiné à les améliorer. Constitué de quinze actions, ce plan doit être mis en oeuvre dès cette année, de telle sorte que l'exécutif européen puisse présenter un rapport sur leur mise en oeuvre au terme de son mandat en 2019. Bruxelles souhaite renforcer la gestion du réseau Natura 2000 mais aussi "garantir une meilleure cohérence avec des objectifs socio-économiques plus larges". Concilier protection de la biodiversité et activités économiques "Une application trop rigide des règles de protection des espèces, les retards et les charges administratives d'une lourdeur injustifiée touchant les procédures d'octroi de permis dans les sites protégés, et la sensibilisation insuffisante des parties prenantes peuvent susciter des tensions inutiles entre protection de la nature et activités socio-économiques", constate la Commission dans la communication qu'elle adresse aux autres institutions de l'UE. Pour remédier à cela, elle prévoit d'établir des lignes directrices sur les procédures d'"octroi de permis dans les sites protégés (sic)", ainsi que sur la protection et la gestion des espèces.
Elle établira aussi des lignes directrices spécifiques à certains secteurs tels que les parcs éoliens, l'énergie hydroélectrique et l'aquaculture. "De nouvelle lignes directrices concernant l'intégration des services écosystémiques dans la prise de décision seront également mises à disposition", ajoute l'exécutif européen. Ce dernier souhaite donc préserver la biodiversité mais pas de manière gratuite puisqu'il souhaite aussi "tirer parti des avantages économiques liés à la protection de la nature". "Nous établissons une base solide permettant de concilier la protection de la biodiversité avec les activités économiques, notamment les investissements dans notre patrimoine naturel", a confirmé Jyrki Katainen, vice-président de la Commission européenne pour l'emploi, la croissance, l'investissement et la compétitivité. Aider les Etats à mettre en place les mesures de conservation En même temps, la Commission européenne prévoit de renforcer le réseau Natura 2000, dont la gestion a fait l'objet de nombreuses critiques de la Cour des comptes européenne en février dernier. Pour cela, elle souhaite combler les lacunes relatives au milieu marin et aider les Etats membres à mettre en place les mesures de conservation nécessaires pour tous les sites. Bruxelles prévoit aussi de poursuivre l'élaboration des plans d'action pour les espèces et les habitats les plus menacés, et de mettre en place des plateformes d'échange sur la coexistence avec les espèces conflictuelles telles que le loup. Pour accompagner ces mesures, elle prévoit un soutien financier : augmentation de 10% du budget du programme Life consacré aux projets en faveur de la conservation de la nature, encouragement de l'investissement du secteur privé grâce au mécanisme de "financement du capital naturel", partenariat entre la Commission européenne et la Banque européenne d'investissement (BEI) fournissant des prêts et des investissements sur mesure, amélioration des synergies avec la politique agricole commune (PAC). La Commission prévoit aussi d'établir des lignes directrices afin de "soutenir le déploiement d'infrastructures vertes en vue de mieux interconnecter les zones Natura 2000". Cela signifie pour la France la "mise en oeuvre de la trame verte et bleue", se félicite France Nature Environnement, qui salue le plan tout en le jugeant insuffisant pour atteindre les objectifs de la Stratégie européenne pour la biodiversité d'ici 2020. Pour y parvenir, estime la fédération d'associations de protection de la nature, il reste indispensable de rendre compatibles les politiques des transports, de la pêche et de l'énergie avec ces objectifs, et de revoir en profondeur la politique agricole commune.
https://www.actu-environnement.com/ae/news/biodiversite-plan-action-activites-economiques-commission-europeenne-28920.php4


Aisne : éoliennes contre cigognes noires (17/03/2017)
http://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/picardie/aisne/watigny-02-eoliennes-contre-cigognes-noires-1216799.html
Un parc éolien pourrait voir le jour sur les commune de Martigny, Leuze et Any-Martin-Rieux dans l'Aisne, à proximité de la forêt de Saint-Michel. Classée Natura 2000, des cigognes noires y nichent. La société à l'origine du projet promet un impact zéro. Les ornithologues locaux sont sceptiques.


01/02/17 : Hérault : Aigles royaux : annulation du permis du parc éolien de Bernagues (Escandorgue)
Le 26 janvier 2017, la cour administrative d'appel (CAA) de Marseille a annulé le permis de construire du parc éolien de Bernagues, dans le massif de l'Escandorgue (Hérault), et condamné la société Energie Renouvelable du Languedoc à verser 2000 euros à la SCA de Lambeyran, à la SCI Domaine de Lambeyran et à l’association pour la protection des paysages et ressources de l’Escandorgue et du Lodèvois. Bien que le parc soit déjà construit, la CAA a ainsi donné raison aux associations qui avaient pointé l'insuffisance de l'étude d'impact, concernant l'évaluation des risques d’impact du projet, et ses effets cumulatifs avec ceux occasionnés par les projets voisins, sur le couple d'Aigle royaux de l'Escandorgue, qui a vu ces dernières années, un grand nombre de parcs éoliens installés au sein de son domaine vital.
L'argumentaire sur l'insuffisance de l'étude d'impact et sur les conséquences du projet sur les Aigles royaux a été essentiellement porté par ACNAT LR au travers d'un mémoire en intervention, qui a été jugé recevable par la CAA.
Nous nous félicitons de cette décision qui vient rappeler que l'enjeu de protection de la biodiversité est un enjeu tout aussi légitime que celui de la production d'énergie renouvelable, en particulier dans les secteurs de notre région qui abritent encore (pour combien de temps ?) une faune remarquable, et dans un contexte ou le développement des ENR n'est en aucun cas une contrepartie de la sortie du nucléaire ou d'efforts sérieux pour augmenter l'efficacité et la sobriété énergétique.
Vous pouvez télécharger ci-dessous le mémoire en intervention d'ACNAT LR et l'arrêt de la CAA de Marseille : 
http://acnatlr.org/sites/default/files/documents/documents/15183%20-%20m%C3%A9moire%20en%20r%C3%A9plique.pdf

19/01/17 : Eoliennes et oiseaux: le problème est plus sérieux qu’il n’en a l’air
Il est facile d’ironiser sur les quelques volatiles tués par les pales des éoliennes. Mais pour certaines espèces, telles le gypaète barbu, une mortalité en très légère hausse est une menace pour leur survie, explique Raphaël Arlettaz, professeur à l’Université de Berne
Dans Le Temps du 29 novembre, on critique les ornithologues qui feraient du foin pour quelque 20 pauvres volatiles tués par éolienne bon an mal an. Certains promoteurs et politiciens considèrent que ce ne sont là que «peanuts, une éolienne tuant moins qu’un chat», pour faire bref.
Le problème n’est pas tant la mortalité induite par les éoliennes, mais le fait qu’il s’agit d’une nouvelle cause de mortalité qui va s’ajouter aux pièges déjà existants: trafic routier et ferroviaire ainsi que bâtiments vitrés, en accroissement constant. Dans un monde de plus en plus technique, les populations d’oiseaux sauvages ne cessent pour la plupart de diminuer, essentiellement par perte d’habitats naturels. Comme il n’est pas possible d’augmenter leur taux de reproduction, pour conserver l’équilibre démographique, on ne peut que tenter de réduire les facteurs de mortalité.
Pas de soucis à se faire pour les pinsons
Bien sûr, les différentes espèces d’oiseaux ne sont pas égales face au danger représenté par les éoliennes. Le pinson des arbres par exemple, espèce abondante dans toute l’Europe, sentira à peine les pertes occasionnées par quelques milliers de destins foudroyés lors des déplacements migratoires. Il en va tout autrement des grands voiliers, naturellement rares, comme la cigogne, le milan royal, l’aigle royal ou le gypaète barbu (soit dit en passant rarement victime des chats!).
Prenons le cas du gypaète barbu, réintroduit à grands frais dans les Alpes, entre autres par le WWF suisse – qui semble soudain aveuglément assujetti à l’industrie éolienne. Selon nos modèles démographiques, une faible augmentation de mortalité pourrait avoir des conséquences fatales pour son avenir.
Le gypaète menacé
Les quelque 200 gypaètes barbus adultes qui forment actuellement la population alpine 30 ans après les premières réintroductions, affichent un taux de survie annuelle de 96%. C’est-à-dire que 8 de ces 200 adultes meurent «naturellement» chaque année. Or, selon nos projections démographiques, si 13 adultes au lieu de 8 devaient périr bon an mal an, soit seulement 5 de plus, par exemple tués par les éoliennes projetées sur les cols et les crêtes, et ceci dans les Alpes prises dans leur ensemble, on devrait se faire du souci pour l’avenir de notre prince des airs réhabilité à grands frais!
Nos études à l’Université de Berne ne se contentent pas d’analyser les problèmes. Nous avons montré qu’une manière de compenser la mortalité supplémentaire causée par les éoliennes consisterait à assainir les milliers de pylônes électriques suisses mal conçus qui électrocutent des centaines, sinon des milliers de grands oiseaux (cigognes, rapaces diurnes et nocturnes, etc.). Justement ceux dont la reproduction est trop lente pour équilibrer une nouvelle source de mortalité. Las, cette stratégie compensatoire n’a jusqu’ici trouvé grâce ni auprès de l’administration fédérale, ni guère d’ailleurs auprès des ornithologues, alors qu’elle serait à la fois pragmatique, car facile à mettre en œuvre, et doublement efficace si l’on songe aux pertes économiques que les cas d’électrocution entraînent sur les réseaux de distribution.
Chauves-souris affectées aussi
Un autre groupe est potentiellement affecté par les éoliennes: les chauves-souris. Une étude d’un de nos étudiants en master a montré qu’en ne les faisant fonctionner, nuitamment, que lorsque le vent souffle à plus de 5 m/s on éviterait l’essentiel des collisions avec les pales: en effet les chauves-souris ne sont pratiquement pas actives à la hauteur des pales lorsque le vent souffle au-delà de cette valeur. Les chiroptères se rabattent alors vers le sol et le couvert des arbres pour chasser. La perte de production d’énergie entraînée par cette mesure toute simple est infime car les éoliennes ne produisent que très peu d’électricité à basse vitesse.
Le développement de l’éolien se doit non seulement d’appliquer le principe de précaution, normalement cher aux élus écologistes, mais également faire l’objet d’une stricte planification du territoire. D’autant plus qu’il s’agit d’infrastructures techniques qui sont souvent implantées dans des paysages encore relativement intacts et hors des zones constructibles.
Espace alpin des grands rapaces
La solution pour assurer la coexistence entre, par exemple, les milans, les cigognes, les craves, les aigles, les gypaètes et les éoliennes consiste à éviter de les ériger dans les secteurs les plus fréquentés par ces grands voiliers. Nous sommes justement en train de construire des modèles prédictifs de l’utilisation de l’espace alpin par ces rapaces.
Une fois croisés avec les cartes du potentiel éolien, ces modèles spatiaux devraient permettre de définir des zones et des conditions à éviter absolument pour l’implantation des turbines, en raison de conflits potentiels trop élevés. En d’autres termes, on pourrait ainsi véritablement planifier le déploiement de l’industrie éolienne au lieu, comme c’est le cas actuellement, de réagir au coup par coup lorsqu’un projet sort des tiroirs. Notre groupe de recherche est en quête de financement pour une telle modélisation sur l’ensemble des Alpes suisses. Voilà donc une approche pragmatique et soucieuse du développement durable.
Nos élus verts sont très engagés dans la promotion des énergies renouvelables, mais il ne faudrait pas pour autant qu’ils délaissent la protection du paysage, de la nature et de la faune. Qui s’en soucierait sinon?
https://www.letemps.ch/opinions/2017/01/19/eoliennes-oiseaux-probleme-plus-serieux-quil-nen-lair

- Bruxelles épingle trois États membres sur l’environnement
http://www.sfepm.org/eoliennescs.htm
A l'heure du développement durable, les éoliennes représentent une énergie renouvelable intéressante.
Or la construction des parcs éoliens n’est pas toujours sans effet sur les populations d’espèces animales, comme les oiseaux et les chauves-souris, qui utilisent le vol comme moyen de locomotion. ....


- SUIVIS DES IMPACTS DES PARCS ÉOLIENS TERRESTRES SUR LES POPULATIONS DE CHIROPTERES

L’ÉOLIEN ET SES IMPACTS SUR L’ENVIRONNEMENT

http://www.observatoire-environnement.org/OBSERVATOIRE/L-eolien-et-ses-impacts-sur-l.html
L’impact des éoliennes sur la faune touche principalement les oiseaux et les chiroptères. Leur implantation peut avoir des conséquences perturbantes sur les voies de migration et sur les corridors entre zones de reproduction, de repos ou d’alimentation (des mortalités ont été observées résultant de la collision avec les éoliennes ou provenant de l’effet déviant des vols vers des lignes électriques). Elle peut également avoir un impact négatif sur la territorialisation des oiseaux au sein même des champs d’éoliennes et aux alentours (effet du bruit). Les incidences de la mise en place de l’équipement et des nouvelles structures de distribution de l’électricité sur les habitats existent également.
La région Poitou-Charentes se situe sur l’axe de migration atlantique. Celle-ci constitue un lieu de reproduction, de nourrissage et de reposoir pour de nombreuses espèces. Ces flux passent dans les zones les plus ventées. De même, ces zones regroupent des habitats très protégés (sites Natura 2000, ZNIEFF, zones humides remarquables…).....


Les éoliennes pourraient attirer les chauves-souris

http://www.journaldelenvironnement.net/article/les-eoliennes-pourraient-attirer-les-chauves-souris,76362
Les chauves-souris sont plus vulnérables aux éoliennes que ne l’avancent les évaluations d’impact environnemental menées avant leur implantation. C’est ce que révèle une étude britannique publiée dans la revue Current Biology, qui suggère même que les chiroptères seraient attirés vers les pales......

- Oiseaux, chauves-souris et autres victimes de l’éolien

http://www.cduvent.org/sgoinfre/oiseaux-chauves-souris-autres-victimes-de-l-eolien.pdf

Impact des éoliennes sur l’avifaune

http://www.conservation-nature.fr/article2.php?id=90
Les parcs éoliens de nombreux pays européens sont en pleine expansion actuellement. Cette augmentation n'est pas sans conséquence pour l'avifaunne : collision, déplacement à cause des dérangements, effet de barrière ou perte d'habitats. Les différentes conséquences sont ainsi détaillées.....


19/10/16 : Eoliennes, l’illusion durable
On nous prédit plus d’ éoliennes, plus d’énergie propre. Ces vertes promesses ont-elles vraiment la nature à cœur ? Enquête sous le vent de la polémique.
Les pales des éoliennes s’étendent, lisses et immaculées. Avec elles, la perspective d’un avenir énergétique sans émissions de CO2. Une vertu à la mode, vantée par le gouvernement, par le lobby de l’éolien, mais aussi par les grandes organisations écologistes tels le WWF et Greenpeace. Mais derrière l’image séduisante, la réalité. Celle d’une technologie pas si propre que ça.
Vous avez dit verte ?
Forte de 3000 éoliennes, la France a pour objectif d’atteindre un parc de plus de 10’000 machines d’ici à 2020, dont un millier en mer. Présentée comme une alternative au nucléaire, la production d’énergie éolienne totale n’équivaudra alors qu’à celle d’un seul réacteur, sur les 58 que compte le pays. De plus, comme le vent souffle par intermittence, il faudra régulièrement recourir aux centrales thermiques pour soutenir la demande en électricité. Résultat : des rejets de gaz à effet de serre. Enfin, nous allons assister à la multiplication des lignes à haute tension, source de controverse.
Non-sens
« Le réseau électrique est si bien interconnecté qu’il ne sera pas nécessaire d’ajouter des lignes à haute tension », promet Marion Lettry, responsable éolien du Syndicat des énergies renouvelables. Vraiment ? « Lorsqu’un projet de parc éolien est mené dans l’Aveyron ou sur des sites isolés en Normandie, la consommation et les infrastructures locales sont trop faibles » , contredit Yann André, environnementaliste à la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO). « Il faudra construire des lignes pour permettre l’acheminement de l’énergie vers d’autres lieux . »
Le Grenelle de l’Environnement II prévoit de refuser les projets de moins de cinq éoliennes, ce qui encourage la centralisation vers des sites de 50 à 100 machines. Ces méga-parcs seront construits dans des zones éloignées des habitations. Autrement dit, dans les espaces naturels. Sous prétexte d’énergie verte, les compagnies promotrices de l’éolien contournent ainsi les lois Littoral et Montagne qui interdisent toute construction dans les zones naturelles sensibles. Un haut responsable de la protection de la nature, qui préfère rester anonyme, s’indigne : « On refuse un permis pour construire une maison dans un parc naturel tout en accordant l’érection de monstres d’acier de 150 mètres de haut ! »
Pour autant, pourquoi les associations ne réagissent-elles pas davantage ? « Nous craignons bien entendu les effets négatifs sur les oiseaux comme les collisions, la perte d’habitat due au dérangement ou la déviation des flux migratoires. Mais notre association a choisi la concertation plutôt que l’opposition », justifie Yann André.
La loi oblige chaque projet éolien à conduire une étude d’impact avant toute construction. En France, seul un projet sur vingt est abandonné en raison de critères naturalistes. En revanche, un sur deux se trouve recalé pour des raisons paysagères. En d’autres termes, quand les riverains s’insurgent de trouver une éolienne devant leur jardin. Le dérangement de la faune sauvage serait-il moins souvent pris en compte que celui des personnes ?
Economisons !
Si le vent a une place à tenir dans la quête d’énergies plus propres, il ne représente pas une panacée. Gardons-nous de croire aveuglément aux belles paroles d’Eole. Notre avenir énergétique passe par plus d’économies, des ressources diversifiées et l’autonomie des particuliers. Un défi de taille.
Obstacle aux migrations
A l’approche des pales, les groupes de migrateurs sont perturbés, se scindent et dévient leur trajectoire. Cela semble anodin, mais de tels stress entraînent une dépense d’énergie supplémentaire pour les oiseaux. Un obstacle de plus pour les hirondelles, le faucon hobereau ou la bondrée apivore déjà menacés par les activités humaines.
Le Syndicat des énergies renouvelables assure que sur 10’000 accidents mortels chez les oiseaux, moins d’un cas est attribué aux éoliennes. Une broutille. Sur ces 10’000 cas, 1370 sont le fait des lignes à haute tension, deuxième cause de mortalité après les collisions contre des vitres. Comme augmentation des éoliennes rime avec ajout de lignes à haute tension, de nouveaux obstacles se trouveront bel et bien sur la route des migrateurs.
Chauves-souris hachées menu
Les éoliennes industrielles ont un impact sur les pipistrelles et les noctules, de grands voiliers qui circulent à la hauteur des pales. « Ces migratrices nocturnes traversent l’Europe deux fois par an. Avec la multiplication de ces engins, elles vont traverser un champ de mines ! » se désole Laurent Arthur, chiroptérologue. « A pleine puissance, la vitesse à l’extrémité de l’hélice peut atteindre 250 km/h. Les sonars des chauves-souris n’ont pas évolué pour détecter ce genre d’obstacle », ajoute-t-il. Peut-être encore plus dangereuses, les petites éoliennes individuelles tournent si vite qu’elles coupent les chauves-souris en morceaux.



- Loire



25/09/15 : PICARDIE Des éoliennes tueuses de vaches?
Les éoliennes peuvent-elles avoir un impact négatif sur la santé des vaches ? Oui, selon une expertise et cet éleveur de la Somme, contraint d’envoyer son cheptel à l’abattoir.
D’ici quelques mois, Yann Joly devra faire une croix sur son métier d’éleveur laitier. Pourtant, ni les quotas, ni le diktat de la grande distribution ne sont à l’origine de ce drame personnel. Non, si cet éleveur du Boisle, petit village situé une vingtaine de kilomètres au nord d’Abbeville, envoie ses vaches à l’abattoir, c’est tout bêtement, selon lui, à cause des éoliennes. Situé à cheval sur les communes voisines de Gueschart, Noyelles-en-Chaussée et Brailly-Cornehotte, à environ 1,8 kilomètre de son exploitation, ce parc de 24 machines mis en service en 2011 serait à l’origine de son malheur.
Contraint, à 44 ans, de licencier son employé et de prendre un boulot à mi-temps, l’éleveur vient d’assigner en justice l’opérateur de ce parc éolien pour obtenir réparation. Il réclame le remboursement d’une partie du manque à gagner, soit 356 900 euros. « Je n’ai plus rien à perdre, et j’irai jusqu’au bout », prévient Yann Joly, déterminé et sûr de son fait. Sa conviction, acquise au fil du temps, est aujourd’hui appuyée par une expertise qui pourrait faire date.
Malades du jour au lendemain
Réalisée à la demande de l’éleveur par Christiane Nansot, ingénieur en agriculture et expert agricole et foncier près la cour d’appel d’Amiens, ce document établit pour la première fois le lien de causalité entre la présence des éoliennes et la dégradation de l’état de santé de son cheptel. C’est en 2011 en effet, date de l’installation de ces monstres d’acier de 120 mètres de hauteur, que ses vaches ont commencé à présenter de curieux symptômes. Du jour au lendemain, les ruminants refusent de s’abreuver et la production de lait s’effondre. Comme en atteste le rapport d’expert, les bovins affichent également des retards de croissance, et le troupeau est marqué par une augmentation des mammites, une affection courante des mamelles des vaches laitières, et « une qualité bactérienne du lait qui se dégrade ».
Appelés à la rescousse, ni le technicien du contrôle laitier, ni le vétérinaire ou le marchand d’aliments ne trouvent d’explications rationnelles. « Du jour au lendemain, aux yeux du banquier ou de l’entourage, on me fait passer pour un farfelu et un éleveur qui fait mal son travail. C’est très dur à supporter. »
Une rivière en cause ?
C’est donc en désespoir de cause qu’il commande cette expertise qui finira par asseoir sa conviction. « Ce rapport montre clairement la concomitance entre les faits, l’installation de ces éoliennes, et les conséquences, la dégradation de l’état sanitaire des vaches, note son avocat Philippe Bodereau. Cette expertise n’est probablement pas suffisante pour faire condamner la société, mais c’est un élément très important qui nous met devant des réalités préoccupantes. »
Contacté, le promoteur de ce parc (CSO Energy), n’a pas souhaité répondre à nos questions. Pour l’éleveur, la difficulté dans ce dossier sera aussi de démontrer pourquoi son troupeau, et uniquement le sien, est affecté. La réponse se trouve peut-être dans un autre rapport réalisé par Alexandre Rusanof, ingénieur géologue renommé qui a détecté la présence d’une rivière souterraine située sous l’exploitation, susceptible de servir de conducteur aux ondes. Le même phénomène aurait été recensé par le chercheur dans un village de Loire-Atlantique, où plusieurs élevages situés à proximité d’un parc présenteraient les mêmes symptômes.
http://www.courrier-picard.fr/archive/recup%3A/region/picardie-des-eoliennes-tueuses-de-vaches-ia0b0n643642

01/12/14 : Réponse de la LPO à notre lettre du 6 septembre
Nous leur demandions : “ Nous vous invitons donc, ornithologues de la LPO, à vous joindre à nous pour empêcher le massacre de ces magnifiques oiseaux. Ecoutés comme vous l’êtes par les médias, vous seuls pouvez encore sauver notre faune ailée de cette terrible menace. ” (1)
Ils ont répondu qu’ils pensaient ( comme nous ) que les systèmes de dissuasion avienne proposés par les promoteurs étaient inefficaces : « il n’existe pas à notre connaissance à ce jour de systèmes efficaces pour réduire de manière significative la mortalité avienne. »
Et puis : « … nous ne voulons pas … laisser implanter des installations accidentogènes sous prétexte d’équipements dissuasifs qui n’ont pas fait leurs preuves. »
Et enfin : « J’espère vous avoir convaincu que la LPO s’inscrit résolument dans un esprit pragmatique … Bien amicalement … Allain Bougrain Dubourg, Président de la LPO. »
Voici la lettre intégrale, publiée avec l’accord de la LPO : Réponse de M. Bougrain Dubourg à M. Mark Duchamp
Note (1) – Notre lettre ouverte du 6 septembre : DTBird tuera nos aigles
Voir aussi : STEI et la LPO
https://conseilmondialpourlanature.wordpress.com/2014/12/01/lpo-et-systemes-de-dissuasion-avienne/
11/11/13 : Les éoliennes fauchent les chauves-souris par milliers
Une nouvelle étude conclut que plus de 600 000 chauves-souris sont probablement mortes à cause d'éoliennes aux États-Unis en 2012.
L'étude, publiée dans la dernière édition de la revue américaine BioScience, en vient à cette estimation par le biais de techniques statistiques poussées appliquées au nombre de chauves-souris mortes retrouvées dans 21 parcs d'éoliennes.
Les chauves-souris jouent un rôle important mais méconnu dans l'écosystème en tant que prédateurs d'insectes et pollinisateurs de certaines plantes.
Les éoliennes sont fatales pour ces mammifères, non seulement à cause des collisions avec les pales, mais surtout à cause de « barotraumatismes », c'est-à-dire des variations de pression atmosphérique causées par le déplacement des pales qui font exploser les poumons de ces petits mammifères volants lorsqu'ils s'en approchent.
Selon le chercheur Mark Hayes, de l'Université du Colorado, le chiffre de 600 000 est une estimation prudente et pourrait en fait atteindre près de 900 000.
Les données colligées par M. Hayes suggèrent que certaines parties des États-Unis pourraient avoir des taux de mortalité plus élevés que d'autres. La région des Appalaches présentait le taux de mortalité le plus fort dans son étude.
Les conséquences de cette mortalité sont difficiles à évaluer, car l'importance des populations de chauves-souris est mal documentée. Cependant, on sait que ces populations sont déjà gravement menacées par le syndrome du museau blanc, au point où le ministère de l'Environnement et de la Faune a lancé l'été dernier un appel à la population afin de l'aider à localiser des colonies.
Le syndrome du museau blanc a jusqu'ici causé la mort d'environ 5,7 à 6,7 millions de chauves-souris dans l'est du continent, soit dans 22 États américains et 5 provinces canadiennes. Au Québec, plusieurs mines et grottes qui abritaient des populations de milliers de chauves-souris durant l'hiver ont été touchées. Aujourd'hui, on compte généralement moins d'une trentaine de chauves-souris par site et, dans certains cas, elles ont même toutes disparu.
Le problème de la mortalité des chauves-souris autour des éoliennes est connu depuis plusieurs années. Une société française, Biotope, a mis au point un programme d'interruption à distance des éoliennes en période de forte activité des chauves-souris, qui réussit apparemment à réduire jusqu'à 74 % la mortalité chez ces chiroptères, avec un impact minime sur la production d'électricité.
Le système a été implanté dans plusieurs parcs éoliens en France.
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/641038/chauve-souris-eoliennes-mort

02/07/12 : L’impact des éoliennes sur les chauves-souris

Le Grenelle de l’environnement préconise – à juste titre – de recourir davantage aux énergies renouvelables. Hélas, il sert aussi de prétexte à la multiplication anarchique de projets de micro centrales hydrauliques, de cultures intensives de « biocarburants », de centrales solaires démesurées et autres parcs éoliens, aux impacts environnementaux parfois inquiétants. Des incitations fiscales rentables incitent en effet les investisseurs privés à développer des projets « verts », soutenus par des élus locaux et des petits propriétaires, peu regardants ou compétents en matière de protection de l’environnement, mais attirés par des retombées financières (exonération de taxe professionnelle, intérêts de placements). Les éoliennes ont pourtant des impacts négatifs majeurs connus comme le bruit, et surtout la dégradation considérable des paysages. En effet, en décuplant la taille des pales, on centuple la production d’énergie, ce qui provoque une course effrénée au gigantisme.
Les éoliennes ont aussi un lourd impact sur la faune sauvage, puisqu’elles peuvent tuer des oiseaux (migrateurs, rapaces…) et auraient encore davantage d’effets sur les chauves-souris. Les zones naturelles peu urbanisées souvent sont les plus convoitées par les projets éoliens.
A tel point que des associations de protection de l’environnement (« Vent de colère », par exemple) en viennent à s’opposent franchement à l’éolien !
Des études d’impact avant projet sont pourtant bien réalisées, mais il reste encore beaucoup à faire pour normaliser les protocoles de suivi. De plus, les bureaux d’études mandatés sont choisis et financés par les maîtres d’ouvrages des projets, ce qui peut biaiser leur indépendance. Pour étudier la répartition des chauves-souris et leur utilisation de l’espace, plusieurs actions sont menées. Les zones de chasse des chiroptères sont repérées au moyen de détecteurs d´ultrasons avec enregistrement automatique, au sol, perchés sur des mâts de 40m, ou hissés avec un petit ballon dirigeable à 50 ou 100m de hauteur.
Ces suivis acoustiques sont complexes, car ils peuvent recompter plusieurs fois les mêmes individus. Des espèces à fréquence trop basse (Molosse, Noctules) ou trop haute (Minioptère) peuvent aussi être inaudibles pour un détecteur réglé sur 40 kHz. L’utilisation de radars est parfois envisagée, mais le coût restreint souvent l’ambition des études préliminaires. Les gîtes d’été et d’hivernage sont également recherchés, jusqu’à 10 km autour du site d’implantation des éoliennes, voire à 30 km pour des Minioptères et des Murins de grande taille qui se déplacent beaucoup. Après mise en service des turbines, des bilans peuvent aussi être réalisés.
Ainsi, sur le parc éolien de Bouin (en Vendée) on a retrouvé des cadavres de 77 individus d’au moins 5 espèces de chauves-souris au pied des éoliennes. L’espèce la plus impactée est la Pipistrelle de Nathusius (45%), à priori seulement migratrice en Vendée. 19,5% sont des Pipistrelles communes, 7,8% des Noctules communes, 2.5 % des Sérotines communes, et autant de pipistrelles de Kuhl. 91% des chauves-souris mortes ont été retrouvées entre juillet et octobre: ce sont des individus migrateurs ou en dispersion postnuptiale.
Ces comptages sont pourtant sous-évalués, car une bonne partie des cadavres n’est pas retrouvée sous les éoliennes (consommation nocturne par des charognards opportunistes). La mortalité calculée serait de 6 à 26,7 chiroptères par éolienne et par an, mais on a pu retrouver jusqu’à 30 cadavres en moins d´un mois… La plupart des chauves-souris tuées par les éoliennes sont pour beaucoup des espèces migratoires.
A la différence des oiseaux, les chauves-souris trouvées mortes sous les pylônes présentent rarement des traces de choc avec les pales. 90% des chauves-souris sont en fait victimes de la chute de pression à proximité des turbines, tuées par hémorragie interne (barotraumatisme) (Robert Barclay, Université de Calgary, Current Biology 26 août 2008). Les fragiles capillaires de leurs poumons éclatent lors de la dépression brutale. Le sonar des chiroptères fonctionne par écholocation et détecte pourtant très bien les obstacles, mais il reste aveugle aux chutes de pression.
Ce phénomène d’autant plus préoccupant que beaucoup d’espèces de chauves-souris sont déjà menacées. La faible reproduction (compensée par une grande longévité) des chauves-souris les rend en effet particulièrement vulnérables à ces lourdes pertes, des éoliennes peuvent donc augmenter notablement leur danger d’extinction. Un schéma régional éolien va donc être réalisé en Rhône-Alpes pour cartographier les zones à enjeux, bien qu’il y ait encore trop peu de chiroptérologues et de connaissances face à la volonté des aménageurs.
On manque encore de recul en France, même en se basant sur les études allemandes et américaines. Mais l’accompagnement complet des projets éoliens devrait être la norme, le plus en amont possible. Christian Rolland, Myrtille Bérenger, coordinateurs groupe chiroptères de l’Isère
http://isere.lpo.fr/2012/limpact-des-eoliennes-sur-les-chauves-souris

Janvier 2012 : Les parcs éoliens espagnols tuent 6 à 18 millions d'oiseaux et de chauves-souris par an

Le 12 Janvier 2012, lors du premier congrès scientifique sur l' énergie éolienne et la conservation de la faune à Jerez de la Frontera, en Espagne, la Société Espagnole d'Ornithologie (SEO / Birdlife) a rendu public son estimation, chaque année , 18.000 éoliennes de l' Espagne peuvent être en train de tuer 6 à 18 millions d'oiseaux et de chauves-souris (1). La moyenne par turbine est de 333 à 1 000 morts par an, ce qui est loin des 2 à 4 oiseaux réclamés par l'industrie éolienne américaine, ou des 400 000 oiseaux estimés par année par l'American Bird Conservancy pour l'ensemble des États-Unis, a environ deux fois plus de turbines que l'Espagne.
Les chauves-souris sont incluses dans l'estimation de Birdlife, commente Mark Duchamp, président de Save the Eagles International (STEI). "Par conséquent, en supposant par exemple que les parcs éoliens tueraient deux fois plus de chauves-souris que d'oiseaux, les chiffres seraient les suivants: 111 - 333 oiseaux par turbine par an, et 222 - 666 chauves-souris par turbine / an. Les chiffres de mortalité qui ont été enregistrés en Allemagne et en Suède au début des années 1990 ne sont pas inhabituels après tout ", note-t-il. Citant une étude de la California Energy Commission: «Dans un résumé des impacts aviens sur les éoliennes par Benner et al. (1993), les décès d'oiseaux par turbine et par an atteignaient 309 en Allemagne et 895 en Suède. » (2)
Duchamp a toujours soutenu que les études antérieures, faites lorsque la mortalité des oiseaux dans les parcs éoliens n'était pas une patate chaude, étaient plus crédibles que les plus récentes. "C'est une affaire curieuse où les consultants qui trouvent ou prédisent la plus faible mortalité atterrissent tous les contrats. C'est ce qu'on leur demande, et c'est ce qu'ils font. Cette conduite contraire à l'éthique a déjà condamné l'aigle de Tasmanie à queue d'extinction à l'extinction (3), et plus récemment l'aigle royal aux États-Unis (4). Un autre facteur est l'occultation des carcasses par les employés du parc éolien, comme on peut le voir dans le rapport SEO / Birdlife. »(5)
Le rapport souligne également que même une faible augmentation de la mortalité pour les espèces d'oiseaux dont les populations ne sont pas abondantes peut les conduire à l'extinction. "C'est ce que je réclamais depuis des années", déplore Mark, qui a été banni des forums d'ornithologie comme un messager malvenu de mauvaises nouvelles. "Je suis maintenant justifié, mais cela ne sauvera pas les oiseaux", dit-il. SEO / Birdlife rejette la responsabilité d'études environnementales de mauvaise qualité. De même Duchamp, dès 2004: «... (les évaluations d'impact aviaires) ... sont parfois volumineuses et obscures, parfois courtes et précises , mais toujours mensongères , minimisant l'impact aviaire. Ils servent le but qui leur est assigné: permettre l'érection de parcs éoliens là où les promoteurs en ont besoin, indépendamment de l'activité des oiseaux dans la région. »(6)
Mark a longtemps prétendu qu'il était idiot de permettre aux promoteurs de parcs éoliens de diriger et de contrôler les évaluations d'impact environnemental. Il semble maintenant qu'il avait raison. La question est, conclut-il: "cette aberration sera-t-elle autorisée à continuer?" Contacts: Mark Duchamp +34 693 643 736 Président de Save the Eagles International save.the.eagles@gmail.com Juan Avalos Schlegel +34 639 30 26 19 Vice-président, Save the Eagles International - Espagne el_aguilero@hotmail.com Références: (1) - Sur la page Web SEO / Birdlife: http://www.seo.org/2012/01/12/seobirdlife-presenta-una-nueva- guia-para-la-évaluacion-del-impacto-de-parques-eolicos-en-aves-y-murcielagos /
http://savetheeaglesinternational.org/releases/spanish-wind-farms-kill-6-to-18-million-birds-bats-a-year.html

Principaux articles ou études sur les éoliennes et les animaux de ferme

L’effet des éoliennes sur le bétail et les autres animaux


Éoliennes et élevages de moutons en Australie

Les éoliennes font-elles chuter la production des vaches laitières ?

Et les élevages à proximité ? On ne peut pas donner la parole aux vaches, mais...
http://naturapiegelauragais.fr/fr/eolien-industriel/nuisances-sante/elevages-a-proximite-on-ne-peut-pas-donner-la-parole-aux-vaches-mais/

INFORMATION à l’attention des éleveurs
Avec l’augmentation des implantations de parcs éoliens industriels, de plus en plus d’éleveurs réagissent et dénoncent les effets sanitaires négatifs des parcs éoliens sur leurs cheptels malgré les pressions et le déni cynique de l’industrie éolienne
Plusieurs plaintes sont en cours et même sans plainte, de nombreux éleveurs font état de stress excessif, taux cellulaires élevés, chute de production, apparition de pathologies, comportements anormaux sur leurs troupeaux.


Nuisances mammifères

Wind turbines... what they're doing to people's health, and now it's official (voir reportage à 58s)

L'éolien et nos territoires...Conférence du 07 avril 2017 à Langres (52)(voir à 16 mn 10 s)