Stop à l'éolien industriel

Stop à l'éolien industriel
Un fléau d'une ampleur internationale s'abat, depuis quelques années, sur notre pays. Aidés par nos élus, les promoteurs éoliens se sont accaparés nos territoires et nos vies. Devant le massacre de notre patrimoine, un vent de colère s'élève partout sur l'hexagone. Il est grand temps de dire "STOP" à ce carnage.

samedi 16 septembre 2017

Pyrénées-Orientales : "Les Aspres valent bien le Canigó" : la population farouchement contre un projet d’éoliennes

http://www.lindependant.fr/2017/09/14/les-aspres-valent-bien-le-canigou-la-population-farouchement-contre-un-projet-d-eoliennes,3051408.php

Les opposants veulent dénoncer
«des projets inutiles et néfastes».


L’avant conseil municipal n’aura jamais été aussi animé, mercredi soir, à Banyuls-dels-Aspres. Et pour cause, près de 200 personnes s’étaient donné rendez-vous à l’appel du collectif "Le vent tourne" pour manifester devant la mairie contre les projets d’installation d’éoliennes dans les Aspres. Certains opposants avaient fait le déplacement depuis les communes limitrophes, à savoir Saint-Jean-Lasseille, Brouilla et même Fourques.



THT et éolien

«Après la THT (Ndlr, ligne à très haute tension), on va se retrouver avec des champs d’éoliennes», martèle Pierre Olibo, un habitant de Banyuls, venu en famille pour faire «bouger les choses.» 
Selon les détracteurs plusieurs projets sont en cours d’études. «À terme, 35 éoliennes pourraient sortir de terre dans le secteur», argumente Marie-Noëlle Moly, présidente de l’association Le vent tourne«Quotidiennement, des sociétés prospectent notre pays à la recherche de terrains. Rien n’est épargné puisqu’en France on peut implanter ces machines à 500 mètres des habitations comme c’est le cas pour les projets portés par les villages de Banyuls-dels-Aspres et de Brouilla.» Ils mettent en avant les expositions aux bruits, aux basses fréquences, aux vibrations, aux effets stroboscopiques qu’entraîne l’éolien. «Sans parler de l’aspect visuel, patrimonial», rajoute Bernard Faux, secrétaire adjoint de l’association pour qui cette mobilisation «fait plaisir à voir.»

Les réglementations d’autres pays sont «plus strictes» précisent les protestataires : «Aux États-Unis, la réglementation prévoit une distance de 3200 mètres entre ces ventilateurs et les logements. En Espagne, c’est de 2000 mètres. Tandis que l’Allemagne et le Danemark n’autorisent plus que l’implantation d’éoliennes en mer.»

Autre point soulevé par les contestataires «la perte de la valeur des biens immobiliers.» C’est le cas de David Tharin. De sa maison, il a désormais vu sur un mât de mesure «de 80 mètres de haut.» «Ça y est, c’est parti...», confie-t-il quelque peu dépité. «Des éoliennes près des habitations, c’est un scandale, c’est invraisemblable. Et une fois qu’elles sont là, on ne peut pas les déplacer.» Tous ici s’accordent sur une chose, «défendre les Aspres qui valent bien le Canigó.»

Laurent Bernardy, maire de Banyuls-dels-Aspres : «Je suis pro-éolien»

Laurent Bernardy, maire de la commune de 1 255 âmes de depuis 2014, ne dévie pas de sa trajectoire. Tout comme sa majorité municipale. «Il est normal que tout le monde puisse exprimer son point de vue», fait-il savoir au lendemain du rassemblement des opposants. «J’entends les arguments mais je reste le plus pragmatique possible. J’ai été contacté en décembre 2014 par des porteurs de projet. Deux sont à l’étude par la société Engie (6 éoliennes entre Brouilla et Banyuls-dels-Aspres ainsi qu’au niveau de la RD 900). Depuis mercredi, un mât de mesure est installé dans la commune de Brouilla», note l’élu. Il devrait y rester un an, le temps de faire des études d’impact (1). «Comme je l’ai dit, mercredi soir en conseil municipal en présence des représentants du collectif "Le vent tourne", dès que j’aurai des retours j’en ferai part à mes administrés.»
La municipalité a également lancé une consultation citoyenne qui doit s’achever à la fin septembre. «Nous avons pour l’heure, 200 retours», précise Laurent Bernardy. «Cette consultation servira à se faire une opinion. Moi, je suis-pro-éolien depuis 2011 quand j’étais déjà conseiller municipal. Je sais que cela va impacter le paysage mais avec le Plan régional éolien qui prévoit une transition énergétique de la région d’ici 2050, je préfère travailler pour avoir 7 éoliennes sur ma commune qu’en avoir 17 imposées.»

(1) Un mât de mesure doit être installé à Banyuls-dels-Aspres dans les prochains jours.


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Voir la vidéo : 
https://www.facebook.com/jean.giralt/videos/10212467770201454/

Site : 
https://adoizon.wixsite.com/le-vent-tourne

Pétition : 

vendredi 15 septembre 2017

Aveyron : deux mois de prison avec sursis pour le maire de Brusque

http://www.midilibre.fr/2017/09/13/aveyron-deux-mois-de-prison-avec-sursis-pour-le-maire-de-brusque,1560149.php

Le tribunal correctionnel de Rodez a reconnu coupable André Bernat de prise illégale d'intérêts dans une affaire concernant un projet de parc éolien.

Le jugement est tombé mercredi 6 septembre et pour le premier édile de Brusque, il n'est pas positif. André Bernat a été reconnu coupable de prise illégale d'intérêts dans une affaire dont il assume l'administration ou la surveillance. Il a écopé de deux mois de prison avec sursis et va devoir payer une amende d'un montant de 3 000 € (un jugement contre lequel il va faire appel). Le tout, pour être resté dans une salle où il n'aurait pas dû se trouver.

Condamné en 2015 pour un faux procès-verbal

Le 14 février 2015, André Bernat soumet à son conseil un vote sur une étude préliminaire de faisabilité concernant la construction d'un parc éolien sur le groupement forestier de Pressouyres, dans la commune de Brusque.

Petit problème, le maire est actionnaire de ce groupement forestier, il a donc des intérêts financiers dans ce projet et la loi stipule qu'il ne peut donc pas assister au vote. Or, André Bernat ne quitte pas la salle. Un acte qui a poussé l'association Vent du loup (qui se bat contre le développement de parcs éoliens dans la région) à se constituer partie civile et que le tribunal correctionnel de Rodez a jugé illégal.

Selon les propos de son avocate, Me Gaëlle Betrom (rapportés par Le Progrès Saint-Affricain dans son édition du 13 juillet, NDLR), son client ne possède “que 250 parts” dans le groupement forestier et son gain possible serait de “750 € par an”. Un intérêt jugé “très minime” par Gaëlle Betrom.

Au vu de la condamnation, le juge ne l'a pas entendu de cette oreille, même si le procureur avait, lui, demandé une amende encore plus lourde de 5 000 à 6000 €. Reste qu'André Bernat, n'en est pas à sa première affaire, puisqu'en mai 2015, il avait été condamné par ce même tribunal à une amende de 1 500 € (dont 1 000 € avec sursis) pour avoir produit un faux procès-verbal.

En vue des élections sénatoriales, l'homme avait été accusé d'avoir produit ledit faux procès-verbal de conseil municipal, pour se désigner lui-même grand électeur de la commune, et ce, sans qu'il n'y ait eu, ni convocation, ni tenue de séance, ni appel à candidature. Reste à présent à savoir si ces affaires vont écorcher la popularité d'un maire dans l'exercice de son septième mandat consécutif à la tête de la petite commune de Brusque.

Contacté, André Bernat n'a pas souhaité donner suite à notre demande d'entretien.

jeudi 14 septembre 2017

Aude : Destruction environnementale (XXIX)

BOURIEGE ... Pont du Rec, Pont du Gourga ... même combat !

Comme vous le savez tous, le pont du Rec a délégué son droit de résistance à son frère cadet le pont du Gourga. Et le cadet s'avère plus chanceux que son aîné... 
En effet la semaine dernière un convoi portant notamment une nacelle était resté bloqué au pont du Gourga et avait du faire marche arrière. Aujourd'hui mercredi 13 septembre un premier convoi est arrivé aux environs de 9h avec la même nacelle, partiellement réduite sur l'un des côtés ainsi qu'un camion grue. Le pont s’avérant être trop étroit !!!! le 1er camion n'a pas pu passer bloquant ainsi le second et les autres camionnettes qui suivaient. 
Le convoi, pesant plusieurs tonnes, a donc fait marche arrière et des encombrements ont eu lieu sur le pont de Bouriège. En effet, la plate forme de stockage étant déjà fort encombrée, des camions ont stationné la semaine dernière sur une aire sur la route entre Limoux et Carcassonne. Et depuis quelques jours deux camions stationnent au bord de la route entre Limoux et Bouriège. Nous l'avons d'ailleurs signalé au conseil départemental puisque cette occupation ne nous semble pas très réglementaire et que nous tenons à ce que le droit soit appliqué. 
A 14h, le camion grue, seul  a tenté de passer, effet infructueux et marche arrière ...
Dans les 2 cas, les gendarmes étaient présents et ont fait respecter la loi comme leur mission l'exige. Pour nous, ces 3 marches arrière sont autant de preuves de la fraude avérée. 
A ce jour, il semble évident que les dizaines de camions attendus ne passeront pas. Nous retiendrons comme preuve les réactions de certains chauffeurs qui reconnaissent qu'ils attendent ...notre absence ! ... pour pouvoir passer !!! 
Qui va avoir le courage et l’honnêteté de reconnaître que les voies d'accès n'y étant pas, ce permis a été acquis de façon frauduleuse ??? 
Qui va évaluer le gaspillage des deniers publics pour une compagnie privée qui tente de passer alors qu'elle sait très bien depuis le début qu'elle n'a pas les voies d'accès ? 
Pourquoi le conseil départemental semble vouloir soutenir cette compagnie privée contre des citoyens audois ? 
A l'époque le CG n'a vraisemblablement pas été sollicité quant à ce projet puisque la 1ère compagnie a répondu au commissaire enquêteur qui s'inquiétait de l'insuffisance des voies d'accès qu'il n'y avait aucun problème « sauf quelques petits empierrements »... Les autres compagnies ont fait comme si le problème n'existait pas ...
On voit aujourd'hui où nous en sommes et combien il serait facile au CD de répondre par l'application de la loi ce que nous avons, par ailleurs, un peu de mal à comprendre ...
Nous sommes tous les jours un peu plus inquiets puisque les sous-traitants semblent être exaspérés par la situation ce que nous pouvons comprendre dans la limite de ce qui s'est passé hier puisque l'un des chauffeurs a failli renverser l'une des résistantes qui a d'ailleurs porté plainte … 
Nous expliquons aux sous-traitants qu'on les a vraisemblablement induits en erreur quant aux mesures des ponts et que c'est de ce coté-là qu'ils doivent exprimer leur ressentiment et non du côté des citoyens que nous sommes qui ne demandent que l'application du droit et de la loi. 
Comme vous le montreront les photos, le lieu de vigie du pont du Gourga a été aménagé pour une meilleure convivialité et nous attendons avec plaisir ceux qui voudraient nous rejoindre. Certains d'entre nous « offrent » même aux soutiens qui souhaiteraient venir de loin et pour plusieurs jours une petite maison de village avec 4 places .N'hésitez pas à nous contacter si c'est votre cas. 
Vos soutiens sont les bienvenus. Nous avons besoin de tous ceux qui peuvent et veulent nous soutenir dans ce combat démocratique . 
Le Collectif des Résistants du Pont du Rec





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Mercredi 13 septembre 2017 tentative de passage en force





Trois jours de combats
«mirador» en place au Gourga. Tout est amovible et sert à se protéger.
Aujourd'hui les convois sont repartis matin et après midi.
Ils avaient rétréci l'ogive. Malgré tout la route n'a pas poussée....
Nous avons plus que jamais BESOIN DE MONDE. 
Merci







CONTACT : colldesresistantsdupontdurec@gmail.com



🖍 Pétition : http://s579467944.onlinehome.fr/sauvons-le-village-de-stsernin-dun-massacre-a-leolienne


👉 Toutes les vidéos (en direct) : 
https://www.facebook.com/101collectif-403581056508249/

👉 Voir tous les autres articles sur ce blog (Aude : Destruction environnementale I, II, III, ..., XXVIII)

Oise : Vent de colère autour du projet d’implantation d’éoliennes d’Eragny-sur-Epte

À Flavacourt, la colère est de mise. Une association a vu le jour pour lutter contre le projet d’éolienne de la toute proche municipalité d’Eragny-sur-Epte.
https://actu.fr/hauts-de-france/eragny-sur-epte_60211/vent-colere-autour-projet-dimplantation-deoliennes-deragny-sur-epte_11797653.html

Les projets d'implantation d'éoliennes ne font jamais l'unanimité. La règle se vérifie à nouveau autour d'Eragny-sur-Epte qui fait grincer les dents des riverains.

Depuis que la municipalité d’Eragny-sur-Epte a évoqué la possibilité de voir s’implanter sur sa commune des aérogénérateurs, dont le nombre exact ne semble pas encore déterminé, les communes voisines se sont liguées contre elle.

Car ces nouvelles éoliennes pourraient être à portée de vue des villages voisins de Flavacourt, Le Vaumain, Sérifontaine et Villers-sur-Trie pour l’Oise mais aussi de Bazincourt-sur-Epte dans l’Eure. Ce projet conduit par l’agence parisienne Eole-Res SA, une société avignonnaise spécialisée dans la construction, la conception et l’exploitation d’éoliennes et de panneaux solaires, préoccupe les élus comme les riverains des communes voisines de la cité de Pissaro qui ont eu connaissance, très récemment, de ce dossier les touchant directement dans leur environnement.

Banderoles et réunions d’urgence

À Flavacourt, des habitants craignant le bruit des turbines, les infrasons et la gêne visuelle occasionnée par la mise en place de cette dotation n’ont pas hésité à faire connaître leurs mécontentements en apposant des banderoles.

C’est sur les bases de ce vent de colère qu’a été fondé, le mois dernier, un collectif de sauvegarde. Les responsables de cette association, bien que sensibles à la notion de développement durable, dénonce « une décision prise en catimini » et se posent une question :

Comment une municipalité peut-elle prendre la décision, seule, d’ouvrir son territoire à des promoteurs et impacter d’autres localités dans leur environnement ?

De l’autre côté de l’Epte, Béatrice Dumontier, la maire de Bazincourt-sur-Epte, a moyennement apprécié la décision de ses homologues isariens. Les maisons du Clos des Mésanges dans le hameau de Thierceville se situeraient en effet à un petit kilomètre des infrastructures.

Même si la loi préconise une distance de 500 mètres (la législation en vigueur date de l’époque où les éoliennes culminaient à 50 m, aujourd’hui les mâts atteignent les 180 m), l’édile, inquiète, a convoqué son conseil municipal, mardi soir, en mairie.

Une assemblée locale qui a voté un avis négatif à la mise en place du parc à la majorité absolue.


Pétition
https://www.change.org/p/contre-le-projet-%C3%A9olien-les-chesnots-oise

Site : 👉👉 https://www.lebruitduvent2017.fr/

mercredi 13 septembre 2017

Hérault : une pale d’éolienne tue un aigle royal à Joncels

http://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/herault/montpellier/herault-pale-eolienne-tue-aigle-royal-joncels-1326639.html

Par Joane Mériot, publié le 12/09/2017

Un aigle royal est mort au début du mois d’août tué par une pale d’éolienne sur le plateau de l’Escandorgue à Joncels, dans l’Hérault. Une association de protection de la nature et de l’environnement porte plainte aujourd’hui, pour destruction d’espèce protégée.

6 parcs éoliens sont construits sur le plateau du massif de l’Escandorgue à Joncels, dans l’Hérault. Cette surface, c’est aussi le lieu de vie des aigles royaux, une espèce protégée car menacée d’extinction.

Un aigle royal équipé d’un GPS a été retrouvé mort début août suite à une collision avec une éolienne sur le plateau de l’Escandorgue à Joncels, dans l’Hérault.

Plusieurs associations et spécialistes avaient averti des risques pour ces aigles royaux, des éspèces protégées, qui fréquentent le massif de l’Escandorgue.
FNE, France Nature Environnement, une association qui lutte pour la protection de la nature et de l’environnement, regrette que ces alertes n’aient pas été entendues. Aujourd'hui, l'association porte plainte contre EDF pour destruction d’espèce protégée.

Pourtant, la préfecture de l’Hérault avait instauré en 2015, un système d’avertissement anticollision. Des dispositifs DT Bird avaient été mis en place sur les éoliennes.

Le parc éolien de l'Escandorgue n'est pas le seul concerné par cette problématique. Sur le parc éolien du causse d'Aumelas 33 faucons crécerellettes ont trouvé la mort.



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Hérault : Des parcs éoliens accusés de destruction de rapaces
http://www.20minutes.fr/montpellier/2131647-20170913-herault-parcs-eoliens-accuses-destruction-rapaces

L’association France Nature Environnement a porté plainte pour destruction d’espèces protégées...
Un aigle royal a trouvé la mort début août après une collision avec une pale d’éolienne à Joncels, dans l’Hérault. L’oiseau, équipé d’un GPS, fait partie d’une espèce protégée depuis 1976, comme le sont toutes les espèces de rapaces en France.
En juin, l’association France Nature Environnement (FNE) avait évoqué la découverte depuis 2012 des cadavres de 30 faucons crécerelles sur le causse d’Aumelas. Elle estime à une centaine le nombre de ces oiseaux morts. « En tant qu’espèce protégée, leur destruction est une infraction pénale », rappelle l’association.
EDF assigné en justice
Elle a décidé en conséquence d’assigner EDF Energies Nouvelles, gestionnaire du parc éolien à Aumelas, et les sociétés propriétaires des éoliennes, devant le Tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre.
Elle souhaite obtenir réparation du préjudice subi au titre de la destruction de plus d’une centaine de faucons crécerellettes. « Si FNE n’est absolument pas opposée au développement de l’industrie éolienne, celui-ci ne doit cependant pas se faire au détriment des habitats naturels, ni au prix de la méconnaissance de nos règles environnementales », conclut l’association.
En 2013, à la suite des premiers cas de mortalité, EDF a mis en place des systèmes de détection et d’effarouchement sur les éoliennes. Le système DTBird est basé sur la reconnaissance visuelle automatisée de cibles aériennes. « Il peut être couplé avec des modules de dissuasion, d’arrêt des machines ou de détection des collisions », évoque le programme national éolien-diversité.


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Collision mortelle d’un AIGLE ROYAL avec une éolienne du plateau de l’Escandorgue dans l’Hérault.

Au début du mois d’août, le cadavre d’un Aigle royal équipé d’un GPS a été retrouvé à proximité d’une éolienne exploitée par EDF Énergies Nouvelles sur la commune de JONCELS (34) au lieu-dit Combe Caude dans le massif de l’Escandorgue.
Alors que plusieurs associations et spécialistes avaient averti des risques pour les Aigles royaux qui fréquentent le massif de l’Escandorgue, FNE regrette que ces alertes n’aient pas été entendues et porte plainte aujourd’hui pour destruction d’espèce protégée.
FNE Languedoc-Roussillon soutient le développement de l’énergie éolienne parce qu’elle est incontournable pour la réussite de la transition énergétique, mais considère qu’elle doit passer par une bien meilleure prise en compte de ses impacts sur la biodiversité par les exploitants, et en particulier EDF Énergies Nouvelles (1).
Les impacts prévisibles des parcs éoliens du massif de l’Escandorgue sur l’Aigle royal
Six parcs éoliens sont construits (51 éoliennes) et 5 autres en projet (38 éoliennes) dans le domaine vital du couple d’Aigles royaux de l’Escandorgue, ce qui représente une pression très forte pour ce couple de grands rapaces. Malgré cette évidence, les études d’impacts n’ont pas suffisamment pris en compte l’impact cumulé sur ces derniers (2).
L’aménagement du parc éolien de Combe Caude, comprenant 7 éoliennes au sein d’un ensemble de 17 éoliennes, a été autorisé suite à un permis de construire accordé le 1er septembre 2005 à la société EDF EN France.
Alors que le risque de collision mortelle d’un Aigle royal avec une éolienne en fonctionnement apparaissait probable, EDF EN n’a pas cru utile de demander une dérogation pour la destruction d’espèce protégée, qui est la procédure conseillée par le ministère de l’environnement en présence d’enjeux importants.
Ce type d’autorisation constitue une garantie pour l’exploitant dont la responsabilité ne peut être engagée dès lors qu’il détient une telle autorisation. Elle est aussi une garantie d’une meilleure prise en compte des impacts sur la biodiversité puisqu’elle implique la réalisation d’une étude approfondie et, surtout, la mise en œuvre de mesures destinées à éviter, réduire et le cas échéant compenser les impacts résiduels sur les populations d’oiseaux concernées.
Pour limiter les impacts potentiels sur les Aigles royaux fréquentant le massif de l’Escandorgue, le préfet de l’Hérault a cependant pris un arrêté réglementant l’exploitation de ces éoliennes en 2015, imposant la mise en place d’un système d’avertissement anti-collision. Des dispositifs DT Bird – critiqués pour leur efficacité aléatoire – ont été mis en place sur les éoliennes.
La première fois qu’une collision mortelle d’un Aigle royal avec une éolienne est avérée en France
L’Aigle royal fait partie des plus grands rapaces. Tantôt admiré, tantôt persécuté, il a survécu au 20ème siècle après avoir frôlé la disparition et présente un fort caractère patrimonial. Aujourd’hui il fait l’objet de nombreuses protections (3) et il est inscrit sur la liste rouge de la faune menacée de France, dans la catégorie « rare ».
Si l’impact des éoliennes implantées dans le domaine de chasse des Aigles royaux était prévisible, c’est la première fois en France qu’une collision mortelle entre un Aigle royal et une éolienne est avérée. La détection de cette collision a été possible grâce au programme de suivi GPS porté par l’association BECOT depuis 1 an sur 9 jeunes Aigles royaux dans le sud du Massif Central. Le cadavre ayant été caché par un charognard, il n’aurait selon toute vraisemblance pas été retrouvé sans la puce GPS.
Cette mortalité démontre, une fois de plus et de manière incontestable que l’impact de l’éolien sur la faune volante (oiseaux et chauves-souris) existe et peut concerner des espèces protégées et menacées. Elle confirme, par ailleurs, que l’impact observé est probablement bien en deçà de la réalité, et que les dispositifs anti-collision ne sont pas une garantie d’absence d’impact pour les oiseaux, même de grande dimension (plus faciles à détecter).
En dehors de cette mortalité directe, un impact fort sur la fragmentation et la perte d’habitat
Si la rencontre d’un jeune aigle avec une pale d’éolienne revêt un caractère spectaculaire, le suivi GPS mis en place depuis 2014 sur un des Aigles royaux adultes du massif de l’Escandorgue montre surtout une forte fragmentation et une modification importante du cœur de leur domaine vital suite à la construction des premiers parcs éoliens. L’impact du développement éolien sur les aigles est donc multiple (destruction d’individu occasionnelle, mais aussi et surtout perte d’habitats), ce qui n’a jamais été mis en évidence ni appréhendé correctement par les études pré-implantation.
Concilier développement de l’énergie éolienne et protection de la biodiversité
Le développement d’éoliennes en Occitanie revêt un intérêt public certain. Il est incontestable que la région est peu autonome en matière d’alimentation électrique, et qu’un rééquilibrage de la production électrique est utile à cette région. Pour FNE LR, il est impératif de développer des énergies renouvelables (ENR) faiblement émettrices de gaz à effet de serre afin de protéger l’environnement sur le long terme.
Mais l’objectif de développement de l’énergie éolienne ne doit pas constituer un blanc seing au détriment des autres intérêts environnementaux et, tout particulièrement, la protection de la biodiversité. Cet enjeu est particulièrement fort dans notre région, qui contrairement à bien d’autres, a la chance d’accueillir des aigles.
Pour concilier ces enjeux environnementaux qui se heurtent au développement éolien avec une intensité particulière dans notre région, le développement de l’énergie éolienne doit être planifié de manière courageuse et les développeurs éoliens doivent se montrer exemplaires.
Comme le souligne Simon Popy, Président de FNE Languedoc-Roussillon : « Les exploitants éoliens et tout particulièrement EDF EN, doivent reconnaître les conséquences des éoliennes sur la faune volante pour mieux la protéger. Il en va de l’acceptation même des éoliennes et donc de leur bon développement. Que cela soit dans le cas du massif de l’Escandorgue ou dans celui du parc d’Aumelas dans l’Hérault, nous constatons que certains exploitants refusent de demander des dérogations à la destruction d’espèces protégées. FNE LR demande avec insistance que ces dérogations pour destructions d’espèces protégées soient mises en place pour les espèces patrimoniales. Bien que nous regrettions d’en arriver là, nous sommes prêts à recourir au juge si cela s’avère nécessaire pour y parvenir. »
(1) : EDF EN est une filiale d’EDF, détenue à 85,6% par l’Etat français fin 2016
(2) : Ainsi le permis d’aménager du parc de Bernagues (construit) a été annulé par la cour administrative d’appel de Marseille (arrêt du 26/01/2017) pour ce motif
(3) : désigné espèce protégées, inscrit à l’annexe 1 de la directive oiseaux, à l’annexe II de la convention de Berne et à la convention de Bonn qui lui accorde un statut de protection à l’échelle mondiale ou encore protégé par la convention de Washington sur le trafic d’espèce protégées.


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15/09/17 : La Fédération Nationale de l'Environnement porte plainte après la mort d'un aigle tué par une éolienne dans l'Hérault
https://www.francebleu.fr/infos/climat-environnement/la-federation-nationale-de-l-environnement-porte-plainte-apres-la-mort-d-un-aigle-tue-par-une-1505226527


La Fédération Nationale de l’Environnement du Languedoc-Roussillon porte plainte après la mort d'un aigle royal sur le plateau de l'Escandorgue dans l'Hérault. L'oiseau aurait percuté les pales d'une éolienne.
La Fédération Nationale de l'Environnement (FNE) du Lanugedoc-Roussillon porte plainte contre EDF Energies Nouvelles après la mort d'un aigle royal sur le plateau de l'Escandorgue dans le Lodévois (Hérault). Le rapace est mort après avoir percuté une éolienne.
La FNE (qui regroupe 3 000 associations de protection de l'environnement) estime que l'entreprise qui implante les éoliennes n'a pas tenu compte des avertissements répétés sur les dangers d'implanter des éoliennes à cet endroit. Elle porte donc plainte pour destruction d'espèces protégées.
"Nous sommes pour l'éolienne, mais on ne peut pas faire n'importe quoi sans réfléchir" (😡)
FNE Languedoc Roussillon affirme ne pas être opposé à l'implantation d'éoliennes, l'association soutien même le développement de cette énergie renouvelable, mais elle dénonce l'absence de mesures de protections pour les oiseaux. "On considère que le développement des éoliennes est nécessaire et indispensable pour la transition énergétique, mais on doit être exemplaire et donc on demande à ce que la planification soit plus courageuse et restrictive.
En Languedoc Roussillon, nous sommes dans une région parmi les plus riches en terme de biodiversité avec PACA, cela fait des années qu'il y a des plans pour protéger les espèces, beaucoup d'argent est dépensé. Donc on ne peut pas dire sous prétexte qu'il faut développer l'éolien, on peut en faire partout, n'importe comment, à toute vitesse, sans réfléchir" explique Simon Popy, président de la FNE Languedoc Roussillon.
"On peut équiper les éoliennes pour faire fuir les oiseaux avant qu'ils ne les percutent"
Il existe des moyens de limiter les nuisances des éoliennes sur les oiseaux ajoute Simon Popy : "Les éoliennes font fuir les aigles, donc là où ils allaient chasser avant, ils ne peuvent plus chasser. Donc une manière de compenser c'est de réhabiliter des zones où ils peuvent de nouveau chasser.
On peut aussi mettre des dispositifs d’effarouchement sur les éoliennes pour détecter l'arrivée des oiseaux, de les effaroucher et dans certains cas d'arrêter les éoliennes. Par exemple pour les chauve souris, si on arrête les éoliennes au crépuscule et en fin de de nuit, on réduit de 80 % l'impact sur les oiseaux. Et puis parfois on peut aussi prendre des décisions courageuses et ne pas implanter des éoliennes dans certains coins"
"Une trentaine de faucons tués, ça commence à faire beaucoup pour une espèce protégée"
Cet été, la FNE avait déjà assigné EDF en justice pour la mort d'une trentaine de faucons crécerellettes victimes des éoliennes sur le plateau d'Aumelas au nord de Sète. "C'est un des parcs les plus meurtriers de France, on a démontré qu'il y avait eu une trentaine de faucons tués, ça commence à faire beaucoup pour une espèce aussi patrimoniale, c'est une espèce qui avait failli disparaître dans les années 80 et qui est aujourd'hui en rémission. Nous on incite EDF à respecter la législation."

mardi 12 septembre 2017

Éolien : la destruction des paysages et du patrimoine historique de la France

Bonjour,
A la veille des "Journées du Patrimoine" je tenais à prendre acte que désormais les promoteurs éoliens détiennent tous les pouvoirs et qu'ils sont les nouveaux architectes des paysages et des monuments de notre pays. Ils organisent des visites de parcs éoliens et s'en vantent
Les associations historiques de défense du patrimoine sont impuissantes.
En acceptant sans réagir à de telles visites de promotion de l'éolien durant les jours qui leurs sont consacrés elles ont de fait accepté le massacre de notre pays par ces machines
Triste période pour le patrimoine et les paysages de la France.
Cordialement
JL Butré

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http://www.economiematin.fr/news-eolien-destruction-patrimoine-france-paysage-risque-energie-engie-butre

par Jean-Louis Butré (12/09/2017)


Un promoteur éolien (1) vient d’annoncer qu’il allait faire visiter deux de ses parcs durant les journées du Patrimoine, les 16 et 17 septembre 2017.
En organisant ce type d'opération de markéting durant cette période (2), les industriels du vent considèrent depuis 2015 que ces constructions industrielles électriques font désormais partie intégrante des paysages et du Patrimoine historique de notre pays.


Bien sûr, notre esprit peut raisonnablement se faire à l’idée que les éoliennes représentent un aspect architectural contemporain structurant le paysage, et que l’on ne doit pas être cramponné à des visions passéistes. La modernité est toujours dérangeante par rapport aux perceptions statiques d’un passé que l’on voudrait figer.

Au premier contact, en regardant en effet une éolienne à une distance de 4 kilomètres, elle semble majestueuse. Elle tourne lentement et par temps calme dans un paysage banal et plat, nombreux sont ceux qui la trouvent belle, voire paisible et rassurante.

Pourtant une sensation inquiétante naît en regardant à cette même distance un parc éolien classiquement composé de 10 aérogénérateurs de 185 mètres de haut disposés à 400 mètres les uns des autres en arc de cercle. Le sentiment de malaise augmente en s’approchant de ce complexe. D’abord le gigantisme apparait et puis surtout le fait que tout disparait autour.
Alors imaginons que ces 10 aérogénérateurs ne sont que le petit début d’un immense nouveau puzzle pharaonique.

En effet, pour atteindre les objectifs 2023 du nouveau programme du Président Emmanuel Macron et du Ministre de l’environnement Nicolas Hulot, près de 10.000 nouvelles machines sont programmées, et elles vont être disséminées sur tout le territoire. C’est toute la France qui va être transformée usines industrielles électriques. Les champs à perte de vue, les bocages, les montagnes, les forêts, les parcs naturels seront couverts de mâts tournoyants qui clignoteront jour et nuit.

Mais ce qui est surtout caché aux citoyens de notre pays, c’est que l’éolien industriel impose obligatoirement aussi un nouveau réseau électrique.
Il faudra donc non seulement recouvrir la France de ces machines, mais aussi la truffer de dizaines de milliers de pylônes électriques, de milliers de kilomètres de lignes hautes tension, de milliers de nouveaux transformateurs. (3) (4)

La France était reconnue mondialement grâce à sa diversité régionale, tenant à sa situation géographique exceptionnelle, à la variété infinie de sa structure géologique, à son climat et à son passé prestigieux qui a laissé un patrimoine magnifique. La richesse des paysages de la France et de son patrimoine historique n’avait d’égal que la diversité des régions. Ces paysages pratiquement intacts et ces monuments, ces villages préservés étaient des biens communs.
Ils sont désormais progressivement engloutis par des milliers de constructions industrielles identiques qui les banalisent et ils seront en plus recouverts par une future toile gigantesque de pylônes et de lignes électriques.

Ces opérations de promotions de l’éolien par des opérateurs privés consistant à faire visiter des parcs durant les journées du patrimoine, cela démontre aussi que l’ensemble des associations du patrimoine reconnues d’utilité publique qui depuis de décennies protégeaient notre patrimoine historique et nos paysages, sont devenues impuissantes.

Pourtant l’éolien entraîne la plus grande transformation paysagère de toute l’histoire de notre pays et l’intérêt privé a pris le pas sur l’intérêt public, dans l’indifférence médiatique générale (5).

L’avenir de l’ensemble du territoire français est donc maintenant dans les mains des industriels du vent, ces nouveaux architectes , qui détiennent tous les pouvoirs depuis le sommet de l’état , jusqu’à à la moindre parcelle de terrain, en passant par les communes, les régions, les administrations, les élus locaux et nationaux, les ministères de la Culture, de l’éducation nationale et de l'environnement

Il faut prendre acte : l’ originalité de la France est en passe de disparaitre. Sa nature intacte , ses paysages et son patrimoine historique, se banalisent et se mondialisent. Ils se transforment en des nouvelles zones industrielles électriques gigantesques et uniformes qui couvriront progressivement tout le territoire.

J.L Butré
Président de la Fédération Environnement Durable (6)


Références

(1) Engie (Ex entreprise nationale GDF puis GDF/Suez)
Paris Normandie 07/09/2017
Deux parcs éoliens à visiter en Seine-Maritime pendant les Journées du Patrimoine
http://www.paris-normandie.fr/breves/normandie/deux-parcs-eoliens-a-visiter-en-seine-maritime-pendant-les-journees-du-patrimoine-KJ10805539

(2) 2015 http://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/bas-rhin/journees-du-patrimoine-decouvrez-les-eoliennes-de-dehlingen-809443.html

2016 https://www.sortir-en-bretagne.fr/18119/plouarzel/journees-du-patrimoine-parc-eolien.html

(3) C’est au prix de ce maillage gigantesque que le réseau absorberait l’énergie éolienne intermittente programmée. Pour raccorder des milliers de centrales de production d’électricité que sont les parcs éoliens disséminés sur le territoire, et ERDF, devenue Enedis, avait déjà annoncé 40 milliards d’euros d’investissements pour 4 000 km de lignes Haute tension sur notre territoire.

(4) Remis au président de la République François Hollande en février 2015, le rapport européen Derdevet, laissés dans les cartons des ministères de l’écologie, préconise un investissement européen massif : 700 milliards d’euros pour construire 50 000 km de lignes haute tension permettant d’intégrer et de gérer les énergies renouvelables au plan européen dans les 10 prochaines années.

(5) Des régions entières couvertes, 800 éoliennes dans le cantal, 300 à 600 sur le parc régional du Languedoc Roussillon, la Bretagne, le Cotentin recouverts, la Picardie envahie, des centaines sur les crêtes de l’Ardèche, le Calvados disparu, le Vexin atteint, le Roussillon, l’Aude dénaturés, la Charente, la Vendée infestées, les cols des Vosges abîmés, le département de la Vienne truffé de vestiges historiques romans, patrie du bocage et de la Gâtine déjà banalisé par des remembrements, débité en deux par un nouveau TGV, envahi par des centaines de machines.

(6) La Fédération Environnement Durable est composée de 1100 associations de toutes les régions de France tente d’arrêter ce programme
http://environnementdurable.net
Contact@environnementdurable



dimanche 10 septembre 2017

Provence-Alpes-Côte d'Azur : EOLIENNES EN QUESTION ?

http://www.alpes-et-midi.fr/article/eoliennes-question

(Publié le 07 Septembre 2017)

Cela pourrait s’appeler « Le bon, la brute et le truand n°2 ! ». Encore qu’il soit bien difficile de savoir qui est qui dans cet énième épisode de la guerre des éoliennes. Entre habitants du sud du département regroupés en associations qui contestent le bien-fondé de l’éolien dans le Buëch, des maires qui voient là sans doute des retombées financières pour leur commune et les services de l’Etat semblant jouer la montre dans un silence de cathédrale, bien difficile donc d’imaginer qui gagnera ce match que personne ne veut perdre. Aujourd’hui, parole aux associations…
Le feu couve

Elles ne partent pas en ordre dispersé à la guerre, les associations anti-éoliennes. Non, du niveau national au niveau régional et local, elles constituent un maillage de 1 500 associations et surtout une force qui n’hésite pas attaquer en justice certains programmes éoliens et à manifester. Ainsi, de grands projets ont été annulés ou mis en sommeil, tels les schémas éoliens régionaux suite à des décisions de justice. 


Il n’est qu’à voir encore les oppositions et manifestations actuelles qui occupent l’actualité de la Dordogne. Il faut dire que ces associations ont du pain sur la planche avec plus de 25 000 machines prévues dans l’Hexagone dans les prochaines années. Et les récriminations se conjuguent à tous niveaux : faiblesse des rendements énergétiques (20%) imposant des centrales polluantes en complément, faible part dans la production (4,3%), facture exorbitante de la production avec une électricité rachetée à un taux plus de deux fois supérieur au coût de production, une facture acquittée par les usagers et en constante augmentation au titre de la CSPE, impact sur la santé et la biodiversité, sans compter les chutes de vente de l’immobilier. « Dans le Buëch, où le tourisme, soit 80% de notre activité économique, sera particulièrement menacé, qui aura encore envie de venir ? » avancent les associations.

La faune et la flore menacés


Le document, signé de son directeur Europe, émane de la société Boralex et s’appelle « demande de dérogation pour la destruction de sites de reproduction et de repos d’espèces protégées » et « demande de dérogation pour la destruction d’espèces protégées ». Colère des associations qui découvrent plus de 30 espèces concernées, de l’aigle royal au vautour et au tétras-lyre, plus de vingt espèces d’oiseaux victimes annoncées par Boralex de collisions avec les éoliennes. « Même constat pour d’autres espèces animales et végétales terrestres, toutes protégées et condamnées en raison de la destruction de leur habitat lors des chantiers » précise encore un membre des associations. Comment peut-on justifier cela ? La réponse est nette : « Motif d’intérêt public majeur selon Boralex. » 

La fronde sur le territoire


Comme souvent, la contestation a commencé avec banderoles et panneaux le long des routes, avant des réunions publiques. Le message affiché est clair : non à l’éolien. A la manœuvre, se retrouvent trois associations, en liaison avec Pivoine, une association de Bruis, toutes nées sur des communes où des projets éoliens ont émergé, bien souvent longtemps ignorés des habitants.

De Montjay à La Haute-Beaume et à Saint Julien en Beauchêne, souffle donc le vent de la contestation, un vent qui n’a rien de commun avec celui qui transforme son énergie cinétique en énergie mécanique au travers de pales ! Car sur ces communes, comme dans la vallée de l’Oule et ailleurs, existent des projets bien avancés d’implantation de ces machines, hautes de 150 mètres, que les industriels souhaitent installer sur les lignes de crètes. Ce qui fait dire à Jean-Philippe Salley, président de l’association Haut-Buëch Nature : « La justice a rejeté le schéma éolien régional. Les industriels, en réalité des financiers, reviennent avec le même projet. La société canadienne Boralex veut implanter 6 éoliennes sur la montagne d’Aureille au-dessus de la Haute-Beaume. »

Aureille et Saint Julien en Beauchêne, la chape de plomb ?

Le ton devient plus agacé, le préfet des Hautes-Alpes en est une des causes. « Malgré les diverses recommandations de la Commission d’Accès aux Documents Administratifs et nos demandes réitérées, le préfet ne nous donne pas accès aux documents relatifs au permis de construire et aux autorisations d’exploiter déposés par Boralex » assène J-F Salley. Et de se montrer tout aussi critique envers « les démarcheurs qui passent leur temps à tenter de convaincre les maires des petites communes rurales du bien-fondé de ces éoliennes pour des retombées financières dans leurs communes. »

Cap sur Saint Julien en Beauchêne où l’Association de Défense de l’Environnement de la Vallée du Haut-Buëch s’oppose au projet éolien porté par la mairie. Sa présidente, Hélène Saletti, revendique une pétition qui a rassemblé une majorité de 85 habitants de la commune, mais dont « le maire ne veut pas entendre parler, sous prétexte qu’il a la légitimité des urnes. » Légalité, légitimité ? Le fossé semble bien profond entre l’élu et l’association convaincue de sa représentativité. Pourtant, la mairie vient de lancer un appel d’offre clos mi-septembre 2017 et bien que le nombre d’éoliennes ne soit pas fixé par la commune selon les opposants, on s’accorde à citer leur nombre à 8. Et si l’édile évoque des difficultés pour construire des voies d’accès au site des éoliennes, « il aura recours à l’acheminement des éoliennes par ballons ou dirigeables ! On croit rêver » confie un des opposants. A noter que la Communauté de communes Buëch Dévoluy a apporté son soutien technique et une aide importante à la rédaction de l’appel d’offre, ce qui ne manque pas de rendre perplexes les anti-éoliens locaux, même si la collectivité a compétence en matière de développement économique. Enfin, trois élus de la Comcom ont intégré la commission de sélection des fournisseurs de générateurs. On le voit, comme à la Haute-Beaume, la situation est toujours tendue dans le Haut-Buëch et les associations n’entendent pas en rester là. Pour l’heure, toutes ensemble tentent d’informer et de convaincre les habitants de la vallée que les éoliennes y sont indésirables, « une fumisterie » résumée d’un mot par un ancien ingénieur d’EDF.

L’Épine et Ribeyret, un cas d’école


Enfin, regardons du côté de l’Épine et Ribeyret. Parole est donnée à Pierre Chauvet, président de l’Association pour la Préservation du Paysage Épinois : « Nous ne sommes pas en lutte contre nos municipalités, elles aussi opposées aux éoliennes, mais nous contestons la décision de la commune voisine de Montjay d’en installer sur son territoire, un projet qui aura un impact important sur L’Épine et Ribeyret. » On le comprend, rien n’est simple et chaque cas amène son lot d’interrogations. De même, l’absence de communication et d’information vers les associations ou la population semble briller par son absence dans tous ces projets, « une façon de faire passer en force l’implantation d’éoliennes » entendra-t-on encore.


Enfin, notons dans les propos de J-P Salley «un soutien en demi-teinte» de Pascale Boyer, nouvelle députée de la circonscription : « Je suis pour le développement des énergies renouvelables. Il est évident que nous devons être attentifs à l’emplacement des installations. Nous ne pouvons pas détruire la qualité environnementale de notre département au profit de groupes industriels extérieurs » et de soutenir les coopératives de production d’énergies renouvelables, sans se prononcer toutefois sur une condamnation ferme de l’éolien dans le Buëch.
Sans doute les « pro-éolien » voudront-ils répondre aux associations et à la population. Si tel est leur souhait, nous leur donnerons très vite l’opportunité de s’exprimer dans ces colonnes.

samedi 9 septembre 2017

Éoliennes d'YEU et NOIRMOUTIER : vers un scandale du poisson contaminé à l'aluminium !

http://www.economiematin.fr/news-eolienne-scandale-sanitaire-contamination-eau-aluminium-marin

Une contamination de la mer par 75 tonnes d’aluminium par an !

C’est l’énorme paradoxe de la transition énergétique. Au nom de la défense de la planète et de la préservation des générations futures, les consortiums industriels d’énergie renouvelable n’hésitent pas à envisager des solutions polluantes et dangereuses pour la santé humaine et animale qui dégradent durablement des espaces naturels préservés et protégés.

Le projet de centrale éolienne entres les îles d’Yeu et Noirmoutier nous réserve à cet égard bien des surprises. S’il voyait le jour, non seulement il aurait un impact sur des îles situées en zone protégée Natura 2000, mais en plus, il pourrait entraîner une pollution aux métaux qui aurait un impact réel sur la chaîne alimentaire.

En effet, lors d’une réunion organisée en avril dernier par le consortium industriel désigné par l’appel d’offres pour porter le projet d’industrialisation éolienne des îles, a été évoquée la question de la qualité de l’eau et en particulier celle de la corrosion des structures installées dans la mer pour porter les mâts d’éoliennes.

En raison de la forte corrosion des métaux, la centrale éolienne devra être équipée de protection cathodique par « anodes sacrificielles ». Or, en mer, l’utilisation de telles anodes, par l’effet de la corrosion, peut conduire à la contamination des fonds marins par des métaux et en particulier par l’aluminium.

Selon les chiffres du consortium industriel, qui doivent être considérés comme des minimums, les anodes sacrificielles pourraient générer une contamination des fonds marins d’environ 75 tonnes d’aluminium et 4 tonnes de zinc par an. Sur la totalité des 40 années de la concession, la contamination totale serait donc d’environ 3 000 tonnes d’aluminium.

Ces chiffres sont tout simplement stupéfiants et angoissants lorsque l’on connaît la dangerosité maintenant établie des rejets d’aluminium dans la nature.

Il suffit de parcourir la documentation scientifique pour voir à quel point la pollution à l’aluminium constitue aujourd’hui un danger tant pour les humains que pour les animaux et qu’elle contamine par sa nature particulière toute la chaîne alimentaire.

Sur le site Internet du CNRS on peut lire par exemple : « La pollution métallique peut être due à différents métaux comme l’aluminium. […] La pollution métallique pose un problème particulier, car les métaux ne sont pas biodégradables. En outre, tout au long de la chaîne alimentaire, certains se concentrent dans les organismes vivants. Ils peuvent ainsi atteindre des taux très élevés dans certaines espèces consommées par l’homme, comme les poissons. Cette “bio-accumulation” explique leur très forte toxicité. »

Les impacts sur la santé de l’assimilation d’aluminium par les humains commencent à être connus et dénoncés dans le cadre d’études scientifiques sérieuses réalisées par des médecins et des spécialistes. C’est ainsi que des liens désormais forts sont établis entre l’aluminium et la maladie d’Alzheimer. Le professeur Christopher Exley, spécialiste renommé de la toxicité de l’aluminium, a publié un communiqué important sur le sujet en mars 2017 dans le Journal of Trace Elements in Medicine and Biology. Dans un colloque sur le sujet en 2015 il précisait : « Il est essentiel que nous levions le sujet de l’écotoxicité de l’aluminium et de son rôle dans les maladies humaines et plus particulièrement celles du système nerveux central dont la maladie d'Alzheimer. […] »

De nombreuses études sur le sujet sont en cours et de nombreuses interrogations se posent désormais sur les liens qui pourraient exister entre la consommation d’aluminium dans les aliments et l’émergence de certains cancers, en particulier le cancer du sein.

Une chose est certaine, s’il est ingéré, l’aluminium est un produit aujourd’hui reconnu comme un élément hautement toxique pour l’homme.

Il va sans dire que, si l’humain peut être informé, et donc limiter les dangers d’une telle consommation, les poissons et les corps vivants marins évoluant dans la zone de 83 km2 où seront potentiellement installées les éoliennes et donc la source de la pollution marine par l’aluminium seront de plein fouet infectés par le métal qui passera par leurs branchies et imprégnera définitivement leur chair. Ceux qui s’approcheront des anodes sacrificielles seront dès lors totalement contaminés.

Si bien que c’est toute la chaîne alimentaire qui sera affectée par la contamination des poissons, des crustacés, des moules et des huîtres. Comment distinguera-t-on les poissons fortement contaminés de ceux qui le seront moins ? Même pêché à 10 km de la centrale éolienne, un poisson contaminé pourra intégrer la chaîne alimentaire. Sachant, par ailleurs, que la source d’émission de cette contamination par l’aluminium ne se situera qu’à 10 km des premières plages…

C’est donc toute la filière de pêche et de vente de coquillages et crustacés des îles d’Yeu et Noirmoutier qui subira de plein fouet une image de marque désastreuse due au risque d’un potentiel scandale du poisson contaminé.

Il est plus qu’urgent d’attendre. Nicolas Hulot ministre de l’Écologie doit désormais mettre en place un moratoire afin d’étudier avec sérénité les impacts cumulés de ce projet de centrale éolienne et de cette pollution inéluctable à l’aluminium dangereuse pour les humains et les animaux.

vendredi 8 septembre 2017

Pas-de-Calais (I) : Eoliennes et champ de bataille australien de Bullecourt

- Des éoliennes menacent le champ de bataille australien de Bullecourt (08/09/2017)
http://www.rfgenealogie.com/s-informer/infos/1914-18/des-eoliennes-menacent-un-champ-de-bataille-australien

Voilà un projet éolien qui ne passe pas : six "moulins à vent" doivent être installés sur le site du champ de bataille australien de Bullecourt, près d'Arras. C'est un lieu de mémoire, où entre 3 et 4.000 soldats australiens, anglais et aussi allemands ont été tués et n'ont jamais été retrouvés.

« Aux premiers coups de pioche, ils vont tomber sur des corps, c’est certain, rapporte au journal 20 Minutes, un agriculteur du village voisin de Riencourt-lez-Cagnicourt. Combien de cadavres risquent d’être broyés par les bulldozers ? C’est triste, alors qu’on n’arrête pas de commémorer le sacrifice de tous ces soldats. »

Le projet d'ailes géantes est porté par la société Eolis-Les quatre chemins, filiale d’Engie Green, dans un village "déjà encerclé par les parcs éoliens", dénonce le maire Gérard Crutel. Une première mouture avait déjà été rejetée par la municipalité en juillet 2015.

La presse australienne s'en était émue à l’époque, un article avait dénoncé cette "profanation de sépultures", sans que l’ambassade d’Australie à Paris, toutefois, ne réagisse, apprend-t-on dans l'article du quotidien. "La prochaine étape sera la présentation du projet auprès de la Commission Départementale de la Nature, des Paysages et des Sites, en présence de défenseurs du patrimoine, d’architectes des Bâtiments de France", explique Engie Green.

A l'heure du Centenaire, des centaines de familles débarquent chaque année d'Australie pour se recueillir à Bullecourt, venus honorer la mémoire de leurs morts tombés sur le sol français. Sur le lieu de la bataille se trouve un Mémorial, à 600 mètres du futur parc éolien. Il est dédié aux 10.000 victimes de la bataille, des cérémonies s'y tiennent depuis 30 ans.

Dans la région, le sujet australien va bientôt revêtir un caractère d'actualité prononcé, puisque le président de la République ira inaugurer le 25 avril prochain, le nouveau centre de mémoire australien Sir John Monash à Villers-Bretonneux dans la Somme à une cinquantaine de kilomètres au sud du projet éolien.



- Pas-de-Calais : Quand un projet d'éoliennes empiète sur un lieu de mémoire de la Guerre 14-18 (08/09/2017)
La mairie d’une petite commune du Pas-de-Calais s’insurge contre l’installation d’éoliennes sur un ancien champ de bataille devenu lieu de mémoire pour les Australiens…

  • Un projet d’implantation de six éoliennes doit voir le jour près d’Arras, sur un lieu de mémoire de la Première Guerre mondiale.
  • Un Mémorial australien se trouve près du futur parc d’éoliennes.
  • Cet ancien champ de bataille abrite encore entre 3 et 4.000 corps de soldats qui n’ont jamais été retrouvés.
Drôle de manière de commémorer les morts de la Grand Guerre. Une polémique inédite entoure un projet d’implantation d’éoliennes dans le Pas-de-Calais. Le maire de Riencourt-lez-Cagnicourt, un village près d’Arras, voit d’un mauvais œil l’arrivée de ces six nouvelles ailes géantes sur sa commune et la commune voisine, Noreuil.

Un lieu de mémoire

D’abord parce que son village est « déjà encerclé » par les parcs éoliens, note Gérard Crutel. Mais surtout parce que le site d’implantation choisi est un lieu de mémoire : des milliers d’Australiens ont combattu sur cet ancien champ de bataille, en 1917, il y a tout juste cent ans.

(A lire aussi : Pourquoi des soldats de la guerre 14-18 n'auront peut-être jamais de sépultures)

Le projet, porté cette fois par la société Eolis-Les quatre chemins, filiale d’Engie Green, avait déjà été rejeté par la municipalité en juillet 2015. A l’époque, un article était même paru dans la presse australienne pour dénoncer cette « profanation de sépultures », sans que l’ambassade d’Australie à Paris, toutefois, ne s’émeuve.


Pourtant, à 600 mètres du futur parc éolien se dresse un Mémorial australien dédié aux quelque 10.000 victimes de la bataille de Bullecourt, le village voisin. Depuis plus de 30 ans, des cérémonies ont lieu chaque année avec la visite de centaines de familles venues du bout du monde pour honorer la mémoire de leurs morts tombés sur le sol français.

Un vaste cimetière

« La préservation du patrimoine et les enjeux paysagers étant essentiels pour les porteurs du projet, l’implantation a été définie de telle sorte que l’impact paysager soit minime par rapport au Mémorial. Nous sommes aussi en contact régulier et permanent avec l’ambassade d’Australie », se défend Engie Green.

Par ailleurs, le lieu est un vaste cimetière : environ 3 à 4.000 corps de soldats allemands, anglais ou australiens portés disparus durant cette bataille de 1917 n’ont jamais été retrouvés et gisent encore sous terre. L’existence de plusieurs fosses communes -comme celles découvertes à Fromelles, près de Lille, en 2008- est avérée mais la localisation reste difficile à cerner.

Inscription au Patrimoine mondiale de l’unesco ?

« Aux premiers coups de pioche, ils vont tomber sur des corps, c’est certain, témoigne un agriculteur du village. Combien de cadavres risquent d’être broyés par les bulldozers ? C’est triste, alors qu’on n’arrête pas de commémorer le sacrifice de tous ces soldats avec les cérémonies du centenaire. »

Ce projet d’éolienne s’inscrit aussi dans un contexte où les sites funéraires et mémoriels de la Première Guerre mondiale font l’objet d’une demande d’inscription au Patrimoine mondial de l’Unesco. « La prochaine étape sera la présentation du projet auprès de la Commission Départementale de la Nature, des Paysages et des Sites, en présence de défenseurs du patrimoine, d’architectes des Bâtiments de France », explique Engie Green.

En attendant, la présentation au public du projet doit avoir lieu, vendredi soir à Noreuil, puis lundi à Riencourt. L’enquête publique doit se tenir du 27 septembre à la fin du mois d’octobre. Et les morts ne s’expriment pas.


Archive : 

- Riencourt-les-Cagnicourt : Ils ne veulent pas d’éoliennes sur le champ de bataille de Bullecourt (10/05/2015)
http://www.lavoixdunord.fr/archive/recup%3A%252Fregion%252Friencourt-les-cagnicourt-ils-ne-veulent-pas-ia29b0n2818952
Des habitants se mobilisent contre un projet éolien sur le site de la bataille de Bullecourt. Là où, en mai 1917, dix mille Australiens ont payé de leur vie notre liberté. Ils comprennent l’enjeu économique, mais veulent défendre avant tout le devoir de mémoire, ainsi que leur environnement proche.
Dans la plaine venteuse, Christian Manteuffel apprécie la vue, depuis ses fenêtres, sur les champs et la chapelle, où vient d’être posée une plaque commémorative de la bataille de Bullecourt (notre édition du 6 mai). « Dix mille Australiens ont été tués ici, des volontaires venus se battre pour notre liberté. »
Une ombre plane au-dessus de la mémoire de l’histoire. En fin d’année dernière, les habitants du village ont eu vent d’un projet éolien. Là, sur les lieux de la bataille. « Il y en a plein autour, il y a eu un projet à Bullecourt, on n’est pas allé à l’encontre mais aujourd’hui il faut que ce soit fait d’une façon plus rationnelle, et pas sur un site de mémoire. », explique Christian Manteuffel, qui a créé en novembre 2014 l’association Les 7 clochers, « pour la préservation du patrimoine historique et environnemental du village et de ses environs ».
On pourrait reprocher à Christian Manteuffel de monter au créneau pour préserver son environnement direct. Mais outre sa voisine, secrétaire de l’association, Les 7 clochers rassemblent au-delà du village.
L’intérêt des Manteuffeul pour la Grande Guerre ne date pas d’hier. Le couple a habité entre Albert, Bapaume et Péronne pendant une dizaine d’années et s’est intéressé de près à la bataille de la Somme. « En voyant tous ces bus anglo-saxons, canadiens sur les sites commémoratifs, j’ai découvert que le devoir de mémoire était tout autre là-bas qu’ici », expose Christian. En arrivant il y a trois ans à Riencourt-les-Cagnicourt, le couple continue de s’intéresser à l’histoire : « Je ne savais pas ce qu’était l’Anzac Day. On ne l’apprend pas à l’école. Je me suis intéressé à ça, au site de Bullecourt. » Christian Manteuffel est toujours impressionné par ces étrangers qui viennent « en pèlerinage. » Il agit avant tout pour la mémoire, mais aussi l’environnement et la santé des riverains. « J’ai rencontré des représentants du promoteur Maya Eolis. Ils veulent implanter six éoliennes de 150 mètres de haut. Le site recevrait une classification industrielle, avec ce que ça implique. Quand la municipalité a changé, le maire s’est trouvé devant le fait accompli. Le projet est à l’état embryonnaire. C’est maintenant qu’il faut agir. »