Stop à l'éolien industriel

Stop à l'éolien industriel
Un fléau d'une ampleur internationale s'abat, depuis quelques années, sur notre pays. Aidés par nos élus, les promoteurs éoliens se sont accaparés nos territoires et nos vies. Devant le massacre de notre patrimoine, un vent de colère s'élève partout sur l'hexagone. Il est grand temps de dire "STOP" à ce carnage.

EOLIEN : Divers : politique, économie, technologie, ....(III) (du 20/10/17 au 06/04/18)

Divers : politique, économie, technologie, .....



Pièces à conviction : Eoliennes : le vent du scandale
https://www.youtube.com/watch?v=VZQJHu2N17E&noredirect=1


Voir les articles précédents sur "EOLIEN : Divers : politique, économie, technologie, ...." (I) et (II)

Voir la suite sur "EOLIEN : Divers : politique, économie, technologie, ....." (IV)


06/04/18Des exceptionnels grèvent les comptes 2017 de Futuren
(Boursier.com) — Futuren, la société désormais filiale d'EDF Energies Nouvelles, a amélioré son chiffre d'affaires de 9% en 2017 pour atteindre 61,76 millions d'euros, tandis que son Ebitda s'appréciait de 23% à 34,5 ME. En revanche, le résultat opérationnel est divisé quasiment par deux à 6,35 ME, tandis que le résultat net part du groupe est déficitaire de -5,41 ME. Le résultat opérationnel a subi d'une part l'impact d'une charge de 3,8 ME liées aux opérations sur le capital, et d'autre part 1,8 ME de dépréciations. La dette financière nette a reculé d'un peu moins de 30 ME par rapport à l'exercice précédent, pour s'établir à 103,3 ME au 31 décembre dernier.
La politique de croissance se poursuit. Début 2018, le groupe a signé un contrat d'achat de 6 éoliennes pour la construction de son projet de Faydunes (Saint-Affrique, Aveyron). La construction des parcs éoliens de Courant-Nachamps (Charente-Maritime) et de Demange (Meuse) se poursuivent. Ces trois parcs d'une capacité cumulée de 54 MW seront mis en service en 2018 et 2019. Le groupe exploitait 620 MW en propre et pour compte de tiers fin 2017.
https://www.boursier.com/actions/actualites/news/des-exceptionnels-grevent-les-comptes-2017-de-futuren-761657.html


06/04/18 : Développement des énergies renouvelables : les doutes de France Nature Environnement
Le gouvernement a lancé à l’été 2017, un grand plan de libération des énergies renouvelables pour aider ces filières à se développer. France Nature Environnement, qui considère les énergies renouvelables comme l’un des piliers de la transition énergétique avec les économies d’énergie, n’a pu que se réjouir de cette annonce 😡. Pourtant, à l’occasion de la clôture du second groupe de travail sectoriel, la fédération déplore l’approche choisie par le gouvernement qui confond accélération des projets et précipitation. Ce qui risque in fine de freiner l’essor des renouvelables. Certaines des conclusions des groupes de travail sur l’éolien et sur la méthanisation paraissent contre-productives : raboter la concertation et la consultation du public sur les projets d’énergie renouvelable ne fera pas gagner du temps. Bien au contraire, ces temps d’échange permettent d’aboutir à des projets plus mûrs, mieux adaptés, et c’est bien cela qui conduira, à terme à réduire les contentieux donc les délais de réalisation. D’autres mesures de « simplification » du droit, en matière de contentieux ou d’encadrement des risques, ne semblent pas, non plus, garantir un développement à long terme de la filière. Pour Fabien Veyret, pilote du réseau Energie de France Nature Environnement, « la vision que nous avons portée pendant les travaux de ces groupes de travail n’a pas été intégrée dans leurs conclusions officielles, ce qui nous inquiète pour les groupes de travail à venir sur les autres énergies renouvelables. Dommage de gâcher des mesures d’encouragement positives par des mesures de « simplification » qui sont en fait des régressions pour l’environnement ».
http://batijournal.com/developpement-des-energies-renouvelables-les-doutes-de-france-nature-environnement/98843

05/04/18 : L'UFC-QUE CHOISIR ACCUSE EDF DE FAIRE FLAMBER LA FACTURE DES CONSOMMATEURS
L'association, qui a mené l'enquête, estime à 2,4 milliards d'euros les surcoûts payés par les usagers de l'électricité entre 2012 et 2017. En cause: une baisse délibérée de la production nucléaire qui ferait remonter les prix. EDF menace d'aller devant les tribunaux.
L'UFC-Que Choisir a accusé ce jeudi EDF de faire payer aux Français des "surcoûts faramineux" sur leur facture d'électricité en sous-utilisant volontairement son parc nucléaire, influençant ainsi les prix du marché. "La sous-utilisation des capacités de production d'EDF, qui a la mainmise sur le nucléaire, affecte lourdement les consommateurs", a dénoncé Alain Bazot, le président de l'association de consommateurs, lors d'une conférence téléphonique.
EDF a vivement réagi à sa mise en cause, menaçant d'aller "devant les tribunaux pour tirer les conséquences de ces allégations". Selon l'UFC, l'électricien sous-utilise ses capacités nucléaires lorsque cela l'arrange, par rapport à ce qui se fait dans d'autres pays européens comme l'Allemagne et le Royaume-Uni, avec pour effet d'augmenter les prix.
L'association estime en effet qu'EDF fait moins tourner ses réacteurs lorsque les prix de marché diminuent. "Cette sous-utilisation du parc nucléaire français est généralement compensée par l'emploi de centrales plus coûteuses (gaz, fioul, charbon), qui font augmenter les prix sur le marché de gros", remarque l'UFC Que Choisir. EDF profiterait alors de cette augmentation des prix pour vendre son électricité plus cher sur les marchés à terme (pour une livraison plus tard)."Cela permet à EDF de vendre sa production future, donc vendue maintenant par anticipation sur le marché à terme, à un bien meilleur prix que s'il avait utilisé 100% de son parc nucléaire", explique Nicolas Mouchnino, spécialiste de l'énergie à l'UFC.
2,4 milliards d'euros de surcoût
L'électricien fait ainsi des arbitrages pour "assurer une plus grande rentabilité de ses centrales nucléaires au détriment des consommateurs", indique l'étude. Cela se traduit ensuite par un alourdissement de la facture des particuliers: ce sont "2,4 milliards d'euros de surcoût qui ont été supportés par l'ensemble des consommateurs particuliers, entre 2012 et 2016".
Dans le détail, les abonnés au tarif réglementé de vente (TRV) chez EDF auraient supporté un surcoût moyen de 71 euros par consommateur sur la période, quand les clients des fournisseurs alternatifs ont vu leur facture gonflée de 109 euros par ménage. Alain Bazot a refusé d'utiliser le terme de "manipulation" du marché pour qualifier ce mécanisme. Mais il a suggéré que la Commission de régulation de l'énergie (CRE) ou l'Autorité de la concurrence se penchent plus précisément sur les pratiques d'EDF. L'UFC a rappelé la situation particulière de la France: les particuliers peuvent certes choisir leur fournisseur depuis plus de dix ans mais l'opérateur historique a conservé une part prépondérante dans la production d'électricité. EDF possède en effet l'intégralité du parc nucléaire français, constitué de 58 réacteurs et qui produit plus de 70% de l'électricité dans le pays.
Alors que la France élabore sa Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) pour les années à venir, l'UFC réclame "un cadre réglementaire plus contraignant" pour que l'exploitation du parc nucléaire français profite plus aux consommateurs.
"Raisonnement erroné"
Sur le fond, l'électricien "conteste" les accusations et rappelle agir sous le contrôle de la CRE, qui publie chaque année un rapport sur le fonctionnement du marché de gros de l'électricité. "L'UFC Que Choisir ne fonde ses allégations sur aucun élément tangible, s'appuyant seulement sur un raisonnement économique erroné qui ne tient pas compte de la réalité du marché de gros, marché européen interconnecté basé sur la rencontre de l'offre et de la demande", a réagi EDF dans un communiqué.
La CRE a de son côté rappelé mener une mission de surveillance des marchés de gros de l'énergie. Dans son dernier rapport sur le sujet publié en octobre, elle indiquait avoir ouvert six enquêtes, dont trois spécifiquement sur l'électricité.
http://www.charentelibre.fr/2018/04/05/l-ufc-que-choisir-accuse-edf-de-faire-flamber-la-facture-des-consommateurs,3234824.php

29/03/18Le brief éco. Contrefaçon industrielle, l’inquiétante et coûteuse progression
On connaissait les faux sacs à main ou autres produits de luxe contrefaits. Un autre type de contrefaçon se développe : la contrefaçon industrielle. Elle coûte très cher à l'économie française.
Le phénomène n’est pas nouveau mais il a pris une ampleur et des formes nouvelles au cours des dernières années, aidé par les ventes sur internet comme beaucoup d’autres produits. La Fédération des industries mécaniques alerte et tient à faire de la pédagogie autour de ce fléau car il passe presque inaperçu, en tout cas il est méconnu. L’organisation professionnelle estime à un près d’un million les contrefaçons industrielles sur les 8 millions et demi de produits saisis par les douanes françaises en un an.
Du traditionnel au plus original
Un des secteurs les plus concernés est l’automobile avec le marché des pièces de rechange : filtres à huile, plaquettes de frein, etc. La liste est longue et dangereuse car beaucoup de pièces mettent en jeu la sécurité des véhicules. Nous sommes là dans le basique. Parfois c’est du beaucoup plus lourd : on a découvert récemment quatre grands roulements destinés à la construction d’éoliennes d’un diamètre d’un mètre quarante et pesant une tonne. Sur 900 alertes par mois, dans 40% des cas, il s’agit bien de produits falsifiés, et les chiffres croissent de manière exponentielle.
Manque à gagner pour l’industrie et l’économie françaises
Les dommages sont difficiles à chiffrer mais ils sont très importants. La Fédération des industries mécaniques avance le chiffre d’un milliard et demi d’euros pour l’économie française. Si on prend l’ensemble des échanges de produits contrefaits dans le monde, et non plus uniquement industriels, on arrive à 300 à 350 milliards d’euros chaque année. Ce sont environ 2% du commerce mondial selon l’OCDE. Pour ce qui est de l’Europe, les produits piratés représentent jusqu’à 5% des importations. Une délinquance de plus en plus marquée, avec des produits sensibles, autrement plus dangereux que les pièces industrielles, comme les médicaments aux effets néfastes. Vrai fléau des temps modernes contre lequel il est, paradoxalement, difficile de lutter tant les opportunités d’échanges sont aujourd’hui développées à travers la planète. Le commerce de la contrefaçon est aujourd’hui plus rentable et moins dangereux que le trafic de drogue.
https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-brief-eco/le-brief-eco-contrefacon-industrielle-linquietante-et-couteuse-progression_2656972.html

27/03/18Transition énergétique et prix de l’électricité
La transition énergétique devrait être focalisée sur la réduction de la consommation d’énergie, et des énergies fossiles en particulier.
La concomitance de deux dossiers particuliers au niveau environnemental, la fermeture de Fessenheim et la renégociation technique et économique des champs d'éoliennes marines en Bretagne et Normandie, est une bonne occasion de mettre en perspectives quelques chiffres.
Le 12 avril 2018, Mr Sebastien Lecornu, Secrétaire d'État auprès de Mr Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et Solidaire, se rendra en Alsace pour discuter des conditions de fermeture de Fessenheim, qui devrait intervenir d'ici la fin de 2018, soit 41 ans après sa mise en service. Réunion particulière s'il en est, car cette centrale a aujourd'hui l'autorisation de l'ASN de fonctionner jusqu'en 2021, et elle est la copie d'une centrale américaine, mise en service en 1976, qui a une autorisation de fonctionnement de 60 ans.
Une centrale comme Fessenheim, d'une puissance de 1,8 GW, fonctionne en moyenne entre 5000 et 6000 heures par an. Elle délivre donc annuellement environ 10 Tera Wh, et ce, de manière tout à fait prévisible.Les champs d'éoliennes à implanter en mer, proche des côtes bretonnes et normandes, ont une puissance de 3 GW. Une éolienne bien positionnée peut fonctionner entre 2500 et 3000 heures par an. La quantité d'électricité produite chaque année serait donc de l'ordre de 7,5 à 9 Tera WH. Moins que Fessenheim. Disponible non à la demande, mais de manière intermittente, c'est-à-dire quand il y a un vent suffisant pour les faire tourner.
Simultanément à la supervision du dossier Fessenheim, Mr Sebastien Lecornu doit renégocier le dossier des champs d'éoliennes marines, sur l'aspect technique - avec une substitution d'éoliennes de nouvelle génération en lieu et place de celles d'ancienne génération actuellement proposées, et sur l'aspect économique - à la baisse par rapport à ce qui avait été envisagé par le gouvernement précédant : une facture de l'ordre de 40 milliards sur 20 ans pour disposer des kWh générés par les éoliennes (à un prix facturé entre 17 et 20 centimes le kWh), soit un montant très supérieur à celui qu'aurait facturé Fessenheim si la centrale avait continué à fonctionner, ou de manière indicative, 4 à 5 fois supérieur à celui du marché, qui est proche de 4 centimes le kWh.
Souhaitons à Mr Sebastien Lecornu le meilleur des succès dans sa négociation, et ce, pour le bien du consommateur final à qui le kWh est facturé. Car aujourd'hui, si les conditions économiques sont laissées telles quelles, ce projet d'éoliennes marines aura un impact à la hausse sur le prix de l'électricité payé par ce même consommateur final. Et sans intégrer à ce stade l'impact des investissements qu'il faudrait encore réaliser pour stocker l'énergie produite lors des périodes de faible demande de consommation. Le tout sans réduction globale de CO2, si l'on prend comme base de comparaison l'électricité qui aurait été fournie par Fessenheim. Par contre, effectivement, les déchets nucléaires en moins.
De manière générale, les projets mis en avant dans le cadre de la transition énergétique font très souvent référence à la substitution de l'énergie nucléaire par une autre énergie, et ne sont pas ciblés sur ce qui devrait être la priorité, et ce sur quoi les COP 21 et 22 ont insisté, à savoir la réduction du CO2. La meilleure des politiques pour y arriver est celle qui a pour objectif de réduire la consommation d'énergie, et en particulier celle des énergies fossiles : meilleure isolation des bâtiments, choix des énergies les plus efficaces pour les transports, utilisation des matériaux à faible contenu énergétique, la liste est longue et connue. C'est avant tout une question de mise en oeuvre.
La mise en perspective de chiffres comme ci-dessus n'a pas pour but de remettre en cause la transition énergétique. Bien au contraire, l'objectif est bien que l'allocation de ressources financières soit la plus appropriée possible, et permette donc, à budget équivalent, une transition énergétique encore plus rapide et efficace, permettant une réduction réelle de l'ennemi numéro 1 : le CO2, le tout avec des conditions économiques satisfaisantes.
La France a l'une des électricités les plus décarbonnées d'Europe, et son prix payé par le consommateur final est la moitié de celui de l'Allemagne. Faisons le maximum pour réussir une transition énergétique efficace, incluant une forte réduction de CO2, tout en conservant cet avantage économique compétitif sur le prix de l'électricité.
https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-180890-transition-energetique-et-prix-de-lelectricite-2164537.php

27/03/18« Des courts-circuits à prévoir dans l’électricité européenne »
Les grands électriciens devront-ils choisir entre la production et les services, interroge l’éditorialiste économique du « Monde » Philippe Escande, après l’amorce de démantèlement du suisse Alpiq.
Chronique. Ah, la Suisse, ses vertes vallées, ses sommets enneigés, ses affaires prospères, ses votations hebdomadaires !… Une forme d’optimum démocratique et économique. Même dans le domaine de l’énergie, la confédération était un modèle. Ses innombrables barrages lui fournissent une électricité propre, la seule énergie renouvelable réellement stockable par simple pompage de l’eau en aval. Grâce à cette faculté unique, le pays pouvait jouer des tarifs variables du kilowatt-heure. Achetant aux Français en heures creuses pour remplir ses réservoirs, revendant aux Italiens aux heures de pointe avec grand profit. On l’appelait l’émirat européen. Et puis la terre a tremblé au Japon un beau jour de mars 2011 et plus rien n’a été comme avant.
Ce lundi 26 mars, le premier producteur suisse d’électricité, Alpiq, a amorcé une forme de démantèlement en cédant au français Bouygues son activité d’ingénierie et de services à l’énergie pour le bâtiment et l’industrie. Un métier très rentable, dont il se sépare à contrecœur, mais qui va lui rapporter près de 725 millions d’euros. De quoi soulager des finances marquées par le surendettement et de premières pertes nettes. Pas de quoi néanmoins résoudre un problème de fonds que connaissent à présent tous les électriciens européens : l’électricité est aujourd’hui plus chère à produire qu’à vendre.
L’effondrement des prix de gros, dû à la conversion allemande à l’éolien subventionné, est à l’origine de la crise partout sur le Vieux Continent et a provoqué des restructurations massives chez tous les opérateurs. Le français Engie a été l’un des premiers à mettre le cap sur les services. Le 11 mars, c’était au tour des deux leadeurs allemands du secteur de procéder à un échange d’actifs géant, au terme duquel E.ON se concentrera sur la distribution et les services à l’énergie et RWE sur la pure production.
Trop tôt pour décider ?
Ce dilemme des grands producteurs d’électricité braque...
http://www.lemonde.fr/economie/article/2018/03/27/des-courts-circuits-a-prevoir-dans-l-electricite-europeenne_5276940_3234.html

26/03/18Vent de fronde contre l'éolien
Quelque 15.000 éoliennes terrestres devraient fonctionner d'ici à 2023, couvrant la quasi-totalité des régions françaises. Un rouleau compresseur qui n'est pas du goût de tout le monde. Enquête sur ces nouveaux Don Quichotte.
Record battu, pour la seconde année consécutive. L'an dernier, la France a raccordé 714 nouvelles éoliennes réparties sur 127 points du territoire (hors régions Paca et Corse), augmentant de 8 % sa capacité de production d'électricité issue du vent . Fini le creux notable des années 2011-2013 : l'Hexagone, actuellement quatrième parc d'Europe derrière l'Allemagne, l'Espagne et la Grande-Bretagne, avec une puissance installée portée à 13.760 MW, va cravacher fort dans les années à venir pour accroître nettement sa proportion d'électricité éolienne, pour le moment limitée à 4,9 % de sa consommation.
Entre les renouvellements de vieilles machines peu puissantes et les créations de nouveaux parcs, le pays devrait compter de 13.000 à 15.000 éoliennes terrestres à l'horizon de 2023, contre environ 7.000 actuellement, selon le Syndicat des énergies renouvelables (SER) au vu des objectifs gouvernementaux.
"Pas une commune qui n'a pas son projet. Des milliers de promoteurs et de cabinets conseil écument le terrain"
Icônes absolues de la modernité écologique pour les uns, les éoliennes n'ont pourtant pas que des partisans. « Pas une commune qui n'a pas son projet. Des milliers de promoteurs et de cabinets conseil écument le terrain », s'insurge Jean-Louis Butré, le président de la Fédération environnement durable (FED), un retraité qui combat inlassablement les « aérogénérateurs » depuis qu'en 2004 un promoteur s'est avisé d'en planter quelques-uns devant sa maison de la Vienne.
Atteinte aux paysages ou au cadre de monuments historiques, nuisances sonores ou infrasons pour les tympans plus fragiles, lumières clignotantes, perte de valeur des maisons voisines, menace des pales pour les oiseaux protégés, interférences avec les radars militaires ou météorologiques, voire soupçons de prise illégale d'intérêt pour des maires trop proches de propriétaires de terrains : les angles d'attaque juridiques ne manquent pas pour les opposants.
Comme les hypermarchés dans les zones périurbaines, ou les nombreux ronds-points qui y mènent, les éoliennes cannibalisent l'espace rural, et si elles ne tournent réellement que 23 % du temps en moyenne, elles sont bien visibles 100 % de l'année.
Augmentation des recours
Dans toutes les régions, les recours se multiplient, au grand dam des promoteurs qui perdent de nombreuses années. Alors que 50 % des permis de construire étaient attaqués en justice sur la période 2012-2014, poussant à des retards pouvant dépasser trois ans selon l'Ademe, 70 % d'entre eux finissent maintenant devant un tribunal administratif. Ainsi, le délai moyen pour la mise en route d'un nouveau parc est généralement de 7 à 9 ans, contre 3 à 4 ans en Allemagne.
D'où la parade brandie en janvier par Sébastien Lecornu, secrétaire d'Etat auprès de Nicolas Hulot : supprimer le premier degré de juridiction de proximité (le tribunal administratif), pour passer directement à l'étape de la cour administrative d'appel, comme cela se pratique déjà pour les grands projets éoliens en mer, tous expédiés à la cour de Nantes. Autres manières d'accélérer le tempo : réunir en un seul texte les diverses autorisations environnementales, et réduire à deux mois le délai de décision des préfets après la conclusion des commissaires-enquêteurs... alors que les études d'impact peuvent dépasser les 2.700 pages, selon la FED.
Qui sont au juste ces nouveaux Don Quichotte, qui refusent de se laisser porter par le vent consensuel de la transition énergétique ? A en croire les militants antinucléaires, les anti-éoliens « sont la plupart du temps des pronucléaire mal déguisés ».
La réalité est plus complexe. « Les opposants forment un puzzle, en aucun cas un parti constitué », soutient Jean-Louis Butré, qui prodigue des conseils avec quelques experts à plus de 1.000 associations réparties dans toute la France. Le rejet de l'éolien n'est souvent que leur plus petit commun dénominateur. « Quand on tient des réunions, il y a des gens allant de l'extrême gauche à l'extrême droite. Sur des sujets comme le climat ou le nucléaire, ils sont capables de s'écharper ! »
Châtelains et néo-ruraux
Néoruraux venus s'installer à la campagne et qui voient leur rêve s'écrouler, châtelains furibonds à la tête d'une association de défense du patrimoine, pêcheurs bretons ou normands inquiets pour la reproduction des espèces dans leur zone de chalutage... Il suffit d'écouter les arguments de quelques-uns de ces « anti » pour voir poindre une armada très composite.
"Avec ces pales visibles dans le parc, qui voudra venir visiter la ville ?"
Maire de Richelieu (Indre-et-Loire), Hervé Novelli ne décolère pas contre le projet des quatre machines promues par la société ABO Wind à Nueil-sous-Faye, dans le département voisin de la Vienne : «Notre département est celui qui compte le plus de châteaux au kilomètre carré, il y avait une volonté partagée de ne pas y implanter d'éoliennes. Si ce permis voit le jour, cela va faire un appel d'air pour d'autres projets voisins, surtout en période de disette financière des communes. Modèle unique d'urbanisme, Richelieu compte 103 monuments inscrits ou classés : avec ces pales visibles dans le parc, qui voudra venir la visiter ?» s'interroge l'ancien secrétaire d'Etat aux PME et au Tourisme.
Partisans de la décroissance
Un plaidoyer très différent de celui brandi dans la région de Saint-Affrique, dans le sud Aveyron. Là, des militants ont recréé une petite ZAD pour lutter contre l'installation de 6 « éoliennes industrielles », dont les travaux débutent. Mais surtout, celle d'un gros transformateur, un peu plus loin à Saint-Victor, pour centraliser le flux énergétique issu de plusieurs parcs éoliens de la région. « C'est un véritable noeud stratégique pour RTE. Mais en fait, un masque vert sur la continuation de la même stratégie énergétique », soutient Jean-Baptiste Vidalou (un pseudonyme), un Belge spécialiste de la forêt, théoricien et porte-parole de l'Amassada («assemblée» en occitan), qui préfère la théorie de la décroissance aux sirènes des renouvelables.

"On nous fait croire que ça va sauver la planète, or cela revient à extraire encore des ressources, au lieu de réduire notre consommation"
« Ce que l'on réfute, c'est la position 'not in my backyard' (« pas dans mon arrière-cour »). Il ne faut pas voir que la dégradation du paysage, mais aussi les aspects technologiques. Créer tous les objets intelligents que l'on nous promet, cela va faire exploser la demande d'énergie. Les éoliennes ? On nous fait croire que ça va sauver la planète, or cela revient à extraire encore des ressources, au lieu de réduire notre consommation. »
Luttes territoriales
Ici, la lutte rejoint celle contre les grands travaux en général, rejetés par une partie de l'ultra-gauche. « Avec Notre-Dame-des-Landes, on a vu qu'il fallait que l'on se regroupe, dans un mouvement des luttes territoriales... Bure (Meuse), Roybon (Isère) et l'Amassada, tout ça, ce sont des luttes jumelles », résume le porte-parole, dont le collectif a eu maille à partir avec les gendarmes ces derniers temps.
Un peu plus au sud, à Riols, dans les hauts cantons de l'Hérault, l'idéologie embrasse moins large mais le ton reste ferme. Après une première série de quatre petites éoliennes sur les crêtes de la commune, dix autres machines plus hautes sont ici à l'ordre du jour, plus dix autres dans le village voisin.
« Le préfet vient de donner son accord, on va donc faire un recours au tribunal administratif. S'ils veulent planter ces machines dans des friches, pourquoi pas, mais le projet imposé ici n'est pas à l'échelle d'un petit territoire rural. Nous n'avons rien à voir avec un mouvement politique, nous nous battons pour la biodiversité, contre les nuisances visuelles et sonores, indique Françoise Marchand, de l'association Hurlevent. Chez nous, la présidente de région Carole Delga est subjuguée par l'éolien, il est prévu de multiplier les parcs par cinq. »
Des éoliennes Ikea
La déferlante est encore plus nette dans les Hauts-de-France (plus d'un tiers des nouvelles machines implantées l'an dernier en France), par exemple dans l'Aisne déjà largement dotée : « Nous sommes dans un torrent qui est en train de dévaler. Pour une éolienne installée aujourd'hui, il y en a trois de plus autorisées, et 5 autres en projet ! », s'alarme Jean-Louis Doucy, de l'association Stop Eolien O2, intarissable sur les divers points faibles de l'économie du vent.
"Avec cette technique qui dépend des caprices du vent, on est en train de dézinguer tout le système électrique français"
Un repenti néanmoins, puisque précédemment directeur d'une petite communauté de communes rurales (Thiérache d'Aumale), il a favorisé l'implantation de parcs dans sa région, avant de se dire choqué « par l'escroquerie du siècle ». « J'ai cru à une époque qu'on pourrait, grâce à elles, se débarrasser du nucléaire. Seulement entre les promesses des promoteurs et la réalité, il y a un gouffre. Les emplois, on ne les voit pas, les incidences sur l'environnement sont désastreuses, avec cette technique qui dépend des caprices du vent, on est en train de dézinguer tout le système électrique français. »
Autre grief, selon lui, la variété des investisseurs derrière les projets. « Près de Guise, il y a un parc de 10 machines qui appartient à Ikea : que viennent-ils faire ici, sinon de l'optimisation fiscale ? Tel autre parc est soutenu par des fonds de pension australiens, il faut vraiment que ça rapporte ! » De son côté, Jean-Louis Butré, de la FED, pointe certaines turbines dans le Cantal, « filiales d'un groupe portugais qui travaille avec de l'argent chinois ...»
Projets annulés
S'ils sont vécus par les promoteurs comme des manoeuvres dilatoires, bloquant leurs appels d'offres de matériel comme l'accès au financement, tous les recours ne sont pas vains, loin de là. Selon le cabinet d'avocats Watson, Farley & Williams, qui a épluché près de 500 décisions de justice rendues entre 2000 et 2014, 39 % d'entre elles ont annulé un permis de construire, ou confirmé le refus d'en octroyer un.
Le panorama du Mont Saint-Michel a été ainsi préservé des nombreux mâts initialement prévus, comme tout récemment celui du pont du Gard. D'autres hauts lieux classés, comme le camp d'Alesia en Côte d'Or (100 machines annoncées) ou la basilique de Vézelay attendent d'être fixés sur leur sort.
Sondages pro-éoliennes
Le hic est que les contempteurs des pales blanches géantes n'ont pas vraiment les sondages pour eux. Selon une enquête Ifop de 2016 pour France Energie Eolienne (l'un des deux lobbies professionnels), l'éolien aurait une image positive pour 76 % de la population française comme auprès des riverains. De même, un autre sondage BVA de 2015 pour le Syndicat des énergies renouvelables (SER) auprès d'habitants directement concernés, ne relevait que 9 % de détracteurs, 6 % de méfiants et 20 % d'indécis. Le grief le plus partagé étant le manque d'information et de transparence sur le développement des parcs, plutôt que l'impact sur les paysages.
"De manière générale, on ne fait pas des parcs éoliens si élus et riverains sont contre"
« Le phénomène d'opposition est plus sociétal que politique. Mais de manière générale, on ne fait pas des parcs éoliens si élus et riverains sont contre », assure Paul Duclos, du SER. A défaut de décréter à chaque fois un référendum local, « le préfet dispose d'outils pour mesurer le taux d'acceptation des projets, comme l'enquête publique, ou la Commission départementale de la nature, des paysages et des sites (CDNPS) ».
Des experts très remontés
Toutefois, au-delà des enjeux locaux, l'estocade est également portée par des experts reconnus de l'énergie, qui n'hésitent pas à dénigrer ce système, massivement subventionné depuis plus de quinze ans. « L'éolien ? En France, il ne permet hélas d'améliorer aucun indicateur », assène Jean-Marc Jancovici, président du think tank The Shift Project et associé de Carbone 4. « Il remplace surtout du nucléaire, donc nos émissions de CO2 ne baissent pas. Comme il ne fournit pas de puissance garantie, il s'ajoute à un parc nucléaire qu'il faut conserver, mais avec un facteur de charge (nombre d'heures de fonctionnement annuel) en baisse. Ce dernier étant à coûts fixes, s'il gagne moins d'argent, la sûreté sera moins bien garantie. Enfin, pour produire un MWh d'éolien qui sera vendu 80 euros, il faut importer au moins 20 euros de composants fabriqués à l'étranger, alors que pour un MWh nucléaire nous n'importons que 1 euro d'uranium. »
Pour faire taire ces esprits grognons, le gouvernement s'est fixé un credo : garantir 20 % minimum des retombées fiscales des éoliennes aux seules communes concernées, et encourager le financement participatif des projets auprès des riverains. Chez les promoteurs du vent, on appelle cela « renforcer l'acceptabilité sociale ».
https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0301432034650-vent-de-fronde-contre-leolien-2164244.php

20/03/18L’exonération partielle d’ISF/IFI des propriétés en nature de bois et forêt à l’épreuve d’un projet éolien
Dans le cadre de projets éoliens en zone forestière nécessitant un défrichement, le bénéfice de l’abattement d’ISF/IFI de 75% sera remis en cause.
Lorsque les bois et forêts ou les parts de groupements forestiers peuvent être considérés comme des biens professionnels par leur propriétaire ils ne sont pas pris en compte pour l’assiette de ISF.
Dans le cas contraire, ces biens peuvent bénéficier de l’exonération partielle prévue aux articles 793-2-2° et 793-1-3° du CGI en matière de droits de mutation à titre gratuit et étendue à l’ISF par l’article 885 H du CGI.
Il résulte de la transposition de ces dispositions à l’ISF que les bois et forêts ne sont compris dans l’assiette de l’impôt qu’à concurrence du quart seulement de leur valeur vénale.
Cet abattement fiscal est assorti d’un engagement de « bonne gestion » sur une période de 30 ans qui suppose d’une part le maintien des surfaces en état boisé et d’autre part le respect d’un plan de gestion.
Rappelons que les dispositions de l’article 785 H du CGI ont été abrogées par l’article 31 de la LF pour 2018 qui a supprimé l’ISF et institué l’IFI. Mais, les bois et forêts, les biens données à bail à long terme, les parts de groupements forestiers, de groupements fonciers agricoles et de groupements agricoles fonciers continuent de pouvoir bénéficier d’une exonération totale ou partielle dans des conditions identiques à celles actuellement prévues pour l’ISF aux articles 885 H, 885 P et 885 Q du CGI.
L’article 785 H a ainsi été repris à l’article 976 relatif à l’IFI.
Le 27 février dernier, le député LREM du TARN a interrogé le Gouvernement sur les conditions du bénéfice de l’abattement des trois quarts de la valeur des surfaces boisées pour les personnes physiques les ayant cédées à un groupement forestier.
Comme le rappelle M. Philippe Folliot cet abattement fiscal est assorti d’un engagement de « bonne gestion » sur une période de 30 ans qui suppose d’une part le maintien des surfaces en état boisé et d’autre part le respect d’un plan de gestion.
Dans le cadre de projets éoliens en zone forestière, se pose alors la question de savoir si le bénéfice de cet abattement est maintenu pour les propriétaires alors que de tels projets nécessitent un défrichement, certes sur des surfaces très limitées.
« L’exonération des 3/4 de la valeur imposable des propriétés en nature de bois et forêt en matière d’impôt de solidarité sur la fortune (article 885 H du code général des impôts) et désormais d’impôt sur la fortune immobilière (article 976 du même code) est conditionnée au respect des conditions prévues au 2° du 2. de l’article de ce code, à savoir que le propriétaire s’engage, pour lui et pour ses ayant-cause, à appliquer pendant trente ans l’une des garanties de gestion durable prévues aux articles L.124-1 à L.124-4 du code forestier et à l’article L. 313-2 de ce même code. »
Ainsi, si une personne cède une forêt sous engagement trentenaire de gestion durable à un groupement forestier, celui-ci est tenu de maintenir l’état boisé du terrain et sa gestion durable jusqu’à la fin de l’engagement.
« En cas de défrichement, l’engagement sera considéré comme rompu et le propriétaire, responsable pour ses ayant-cause, donc pour le groupement forestier auquel il aura cédé sa forêt, devra s’acquitter, conformément à l’article 1840 G du code général des impôts, de l’impôt non perçu et des pénalités prévues. Si le manquement porte sur une partie de la forêt concernée, le rappel d’impôt est effectué à concurrence du rapport entre la superficie sur laquelle le manquement a été constaté et la superficie totale de la forêt sur laquelle l’engagement a été souscrit. L’engagement se poursuit normalement sur le reste de la forêt engagée. »

http://www.fiscalonline.com/L-exoneration-partielle-d-ISF-IFI.html

19/03/18 : L’impéritie de l’Etat ou la gabegie de l’éolien
Le gouvernement joue les don Quichotte contre des éoliennes qui n’existent encore que sur le papier. Il a enfin découvert que les marchés éoliens offshore attribués lors des deux appels d’offres de 2012 et 2014 à des consortiums menés par EDF-EN (champs de Guérande, Courseulles et Fécamp), Iberdrola (Saint-Brieuc) et Engie (Le Tréport, Noirmoutier-Yeu), étaient biaisés. Dans le cadre de ces projets, l’Etat oblige Electricité de France ou les entreprises locales de distribution à racheter l’électricité éolienne produite par les constructeurs lauréats aux prix fixés dans le cadre de l’appel d’offres. Or les prix acceptés lors de ces appels d’offres sont aujourd’hui quatre à cinq fois plus élevés que le prix actuel de marché.
Désormais, les progrès technologiques, tant au niveau des machines que des réseaux, permettent de produire de l’électricité éolienne quasiment sans subvention. C’est ce que font nos voisins du nord notamment. Le prix du mgwh va être réduit sur le marché à un niveau de 40 à 50 € quand l’Etat s’est engagé à le faire acheter, pendant 20 ans, à un montant proche de 200€ au détriment du consommateur et du contribuable. A ce prix là, le surcoût devrait représenter plus de 40 Md€ sur 20 ans pour une production de 3 gigawatts. Pour le même prix les spécialistes disent qu’auraient pu être financés 120 gigawatts d’électricité solaire.
L’Etat voulait, comme toujours, garder la main et gérer cette nouvelle filière pour y faire émerger des champions français qui depuis se sont vendus à GE (Etats-Unis) et à Siemens (Allemagne) et se sont de toute façon engagés si tardivement dans cette technologie après leurs concurrents étrangers qu’ils auront du mal à rattraper leur retard. Considérant désormais l’énorme gabegie d’argent public que représenterait le respect des appels d’offres et prenant en compte le fait qu’à ce jour encore aucun contrat d’obligation d’achat n’a été signé et aucune de ces installations n’est construite, l’Etat a glissé subrepticement, au Sénat, un amendement à l’article 34 du Projet de loi Pour un État au service d’une société de confiance déjà voté en première lecture à l’Assemblée nationale.
En son § II, l’amendement proposé permet au ministre de renégocier les contrats « et avec l’accord du candidat retenu à l’issue de la procédure de mise en concurrence, améliorer l’offre de ce dernier et notamment diminuer le montant du tarif d’achat ou du complément de rémunération, dans des conditions et selon des modalités définies par décret en Conseil d’État ». Mais bien entendu, cette renégociation ne pourra avoir lieu qu’avec l’accord des cocontractants retenus par l’appel d’offres et à défaut d’accord pour baisser les prix, le gouvernement se réserve le droit d’abroger l’autorisation d’exploiter accordée. Cet amendement cherche ainsi ouvertement, mais sans garantie de sécurité juridique, à donner une base légale à une renégociation qui sera sûrement très difficile eu égard à l’écart considérable de prix. Pour le cas où la renégociation échouerait, le texte prévoit la possibilité de rouvrir une procédure d’appels d’offres, mais dans des conditions de précipitation qui ne laissent déjà pas d’inquiéter quant aux droits des riverains et autres personnes intéressées d’être sereinement consultées et écoutées et qui pourraient à ce titre être considérées comme illégales.
Il aurait mieux valu que l’Etat prévoie, dans les appels d’offres d’origine, la possibilité de faire évoluer les matériels et de renégocier les prix en fonction de l’évolution des techniques, ce qui eut été tout à fait possible. Mais il n’y a pas pensé ! Il s’en moque car il n’est jamais sanctionné. D’ailleurs le ministère de la Transition écologique et solidaire se réjouit aujourd’hui sans honte : « Cet amendement permet d’adapter le droit aux évolutions des technologies, c’est positif pour le secteur de l’éolien ».
Plutôt que de vouloir à toute force relancer l’éolien, même dans des conditions financières plus satisfaisantes, il serait préférable de l’abandonner purement et simplement. Car ce mode de production restera cher et peu efficace eu égard au fait qu’il est par nature aléatoire et intermittent en fonction du vent, exigeant de ce fait, tant que l’électricité ne sait pas être stockée, le maintien en activité de centrales thermiques traditionnelles pour permettre de répondre en tout temps aux besoins des consommateurs. Ce faisant, ce mode de production n’atténue guère la pollution atmosphérique, ainsi que l’exemple allemand le démontre, tout en dégradant les paysages et ajoutant de nouveaux risques environnementaux au voisinage et, pour l’éolien offshore, aux activités halieutiques et aux fragiles équilibres des fonds marins et des rivages. Malheureusement ce n’est pas en fonction de ces arguments très recevables que, pour des raisons obscures, le Sénat a rejeté cet amendement qui sera très probablement adopté in fine par l’Assemblée nationale.
Après les désastres de l’écotaxe poids lourd, de Notre-Dame-des-Landes, du remboursement de la taxe à 3% sur les dividendes avec 5Md€ d’intérêts, l’Etat n’en est plus à quelques centaines de millions d’euros près pour indemniser les entreprises ayant remporté les appels d’offres dont les contrats seraient rompus. En espérant tout de même que l’indemnisation ne couvrira pas les énormes dépenses de lobbying, relevant peut-être même d’une forme de corruption dans certains cas, déployées par les industriels au profit des collectivités, syndicats, marins et autres populations locales pour les convaincre d’accepter ces projets maléfiques. Mais il vaut mieux tirer un trait rapidement plutôt que de s’engager dans des procédures de révision des contrats qui donneront lieu à d’éternels litiges avec les industriels mécontents comme avec les riverains. Et pour l’avenir, le mieux serait surtout que l’Etat ne se mêle plus de ce qui ne le regarde pas et laisse les entreprises mettre en œuvre les projets qu’elles estiment utiles, et profitables parce qu’utiles. Beaucoup d’autre formes d’énergies alternatives existent, sans doute moins nuisibles et il vaudrait mieux s’y consacrer.
https://fr.irefeurope.org/Publications/Articles/L-imperitie-de-l-Etat-ou-la-gabegie-de-l-eolien

16/03/18Eolien : bientôt des appels d'offres transfrontaliers pour faire baisser les coûts en Europe ?
"Dans le cadre des négociations actuelles [sur le prochain paquet climat énergie], une solution poussée par la Direction générale (DG) de la concurrence de la Commission européenne passe par la mise en place d'appels d'offres transfrontaliers qui faciliteraient le développement des énergies renouvelables dans les zones les plus propices avec les coûts les plus faibles possible", indique Observ'ER dans son baromètre éolien.
Le marché européen de l'éolien a battu un record d'installation en 2017 (+14,1 GW), porté par le trio de tête Allemagne, Royaume-Uni, France. Les prochaines années pourraient connaître ce même dynamisme mais des incertitudes pèsent à plus long terme. Bruxelles miserait donc sur les appels d'offres transfrontaliers pour dynamiser le marché et faire baisser les coûts. "Pour la Commission européenne, une ouverture de 10 à 15% des appels d'offres aux capacités étrangères entraînerait une diminution des coûts de soutien de l'ordre de 4 à 5% pour la période 2021–2030", précise Observ'ER.
Neuf pays européens se seraient déjà engagés à ouvrir une partie ou l'intégralité de leur mécanisme de soutien aux pays voisins : l'Allemagne, le Luxembourg, le Danemark, l'Estonie, la Roumanie, la Grèce, l'Italie, le Portugal et la Belgique.
"La Commission européenne estime également que l'ouverture transfrontalière des appels d'offres est le moyen le plus efficace pour favoriser une harmonisation des mécanismes de soutien. (…) Cette ouverture permettrait [également] de fixer un objectif européen de développement des énergies renouvelables lié à un mécanisme “européen” de soutien".
https://www.actu-environnement.com/ae/news/eolien-appel-offres-europe-transfrontaliers-30857.php4

14/03/18 : Agriculture et énergies renouvelables : un levier essentiel pour la transition énergétique 😡😡
L’Ademe dévoile une étude inédite qui conforte la place de l’agriculture au cœur du développement des énergies renouvelables. L’agriculture produit aujourd’hui autant d’énergies renouvelables qu’elle consomme d’énergies conventionnelles. Les énergies renouvelables sont aussi une source importante de revenus pour les agriculteurs, pouvant dans certains cas générer jusqu’à 15000€ annuels de revenus complémentaires.
Pour Nicolas Hulot, Ministre d’Etat, Ministre de la Transition Ecologique et Solidaire « Cette étude prouve une nouvelle fois que la transition énergétique est une réalité et une opportunité pour les agriculteurs. Les énergies renouvelables, c’est de l’emploi dans les territoires, c’est un revenu complémentaire pour les agriculteurs, c’est un plus pour la planète. Avec la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie, nous allons encore accélérer et faire en sorte que chaque agriculteur qui le souhaite puisse s’engager pour le solaire, l’éolien, ou le biogaz ».
Le secteur agricole, un important producteur d’énergies renouvelables
En 2015, le monde agricole a contribué à la production de 20% des EnR nationales. Avec 4,5 Millions de Tonnes Equivalent Pétrole (Mtep), les exploitations agricoles participent autant à la production d’EnR qu’elles consomment d’énergie non renouvelable.
Cette contribution des exploitations agricoles à la transition énergétique prend plusieurs formes :
• L’autoconsommation de chaleur et d’électricité pour réduire la facture énergétique de l’exploitation (géothermie, solaire thermique, photovoltaïque, méthanisation) ;
• La production et la vente de biomasse pour la production d’énergies renouvelables (cultures pour les biocarburants et la méthanisation, bois pour la chaleur) ;
• La vente d’électricité ou gaz directement sur les réseaux (photovoltaïque, méthanisation) ;
• La mise à disposition de surface pour les installations de panneaux solaires ou d’éoliennes.
Selon les estimations de l’étude, en 2015 plus de 50 000 exploitations agricoles (soit 15% des exploitations) participent déjà à la production d’EnR de manière significative. L’étude estime que cette contribution pourrait être multipliée par 2 à l’horizon 2030 et pourrait atteindre 15,8 Mtep en 2050, grâce au développement de la méthanisation, du photovoltaïque et de l’éolien notamment.
Les EnR : un plus pour le revenu des agriculteurs
Selon l’étude, en 2015 la contribution du secteur agricole à la production d’EnR représente un chiffre d’affaire d’1,4 milliard d’euros soit l’équivalent de 2% du chiffre d’affaires de l’agriculture française.
Ce chiffre d’affaires est essentiellement porté par les biocarburants, pour 1 milliard d’euros, suivi du photovoltaïque, pour 109 millions d’euros, de la méthanisation et de la biomasse chaleur, pour respectivement 88 et 85 millions d’euros et, dans une moindre mesure, 34 M€ pour la mise à disposition d’espace permettant l’installation d’éoliennes.
Ces chiffres, encore limités au regard du potentiel de l’ensemble du secteur agricole, génèrent néanmoins un impact significatif pour les agriculteurs engagés dans ces projets : le développement des EnR contribue à diversifier leur revenu, pour des montants pouvant aller de quelques milliers d’euros de réduction de leur facture énergétique à plus de 15 000 € de revenus complémentaires. Ces chiffres sont à mettre en perspective avec le revenu agricole moyen en 2015, évalué à 25 400 € pour l’ensemble des filières.
L’étude a identifié plus d’une cinquantaine d’opportunités offertes aux agriculteurs selon leur filière, les caractéristiques de leur exploitation, leurs possibilités d’investissements financiers ou leur volonté d’implication dans la gouvernance des projets.
Une animation locale pour des projets intégrés aux exploitations agricoles et aux territoires
Les EnR constituent une nouvelle filière en plein développement pour le monde agricole. Elles représentent une opportunité économique qu’il faut nécessairement organiser et accompagner. Compte tenu des perspectives, l’étude recommande le renforcement d’une animation locale axée sur la fourniture de conseils techniques, administratifs et financiers, ainsi que d’un accompagnement au montage de projets. Les objectifs sont d’accélérer la diffusion des EnR et de permettre à l’agriculture d’être un véritable acteur de la transition énergétique.
De plus, les projets d’EnR collectifs intégrés aux territoires contribuent à l’appropriation des EnR par les citoyens ce qui favorise leur déploiement.
Chaque année, l’ADEME publie une enquête sur les représentations sociales du changement climatique. En 2017, un focus sur les agriculteurs révèle l’importance de ces enjeux pour la profession :
• 89% des agriculteurs interrogés estiment que le changement climatique a un impact sur leur activité agricole
• 84% pensent devoir faire évoluer leur activité agricole
• 74% estiment pouvoir réduire les émissions de gaz à effet de serre générées par leur exploitation
• 49% envisagent des projets EnR
• Etude « Agriculture et EnR : contributions et opportunités pour les exploitations agricoles » de l’ADEME
• Enquête Représentations sociales du changement climatique – 18ème édition – 2017

14/03/18Quel juge peut ordonner la démolition d’une éolienne ?
La démolition d’une éolienne dont le permis de construire a été annulé par le juge administratif, mais dont l’exploitation a été autorisée, fait trembler le mur de séparation des juridictions.
Qui peut décider de démolir une éolienne dont le permis de construire a été annulé par le juge administratif pour irrespect des règles d’urbanisme, mais dont l’exploitation demeurait légalement autorisée au titre de la police administrative spéciale des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) ? Telle était la question délicate posée mi-février devant la troisième chambre civile de la Cour de cassation (1).
Permis de construire illégal
En l’espèce, par arrêté du 8 avril 2005, le préfet du Morbihan avait délivré à une société un permis de construire en vue de l’édification de quatre éoliennes sur le territoire de la commune de Guern. Mais, du fait d’une étude d’impact jugée insuffisante et de l’existence d’un risque d’atteinte à la sécurité publique au sens de l’article R.111-2 du code de l’urbanisme, le permis de construire avait été définitivement annulé par le Conseil d’Etat.
Par suite, les éoliennes litigieuses pouvaient être démolies sur décision du juge judiciaire en vertu de l’article L.480-13 du code de l’urbanisme. Car cet article permet, dans sa rédaction antérieure à la loi du 6 août 2015 pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques, au juge judiciaire de décider « de démolir une construction édifiée conformément à un permis de construire, du fait de la méconnaissance des règles d’urbanisme ou des servitudes d’utilité publique [uniquement] si, préalablement, le permis a été annulé par la juridiction administrative ».
Sauf que, depuis la loi « Grenelle 2 » du 12 juillet 2010, les éoliennes ont été intégrées à la nomenclature des ICPE. Ainsi, elles relèvent désormais de deux législations distinctes : celle relative aux règles de l’urbanisme pour leur construction et celle relative aux ICPE pour leur exploitation.
Exploitation autorisée
Cette seconde législation a consacré un droit acquis de l’exploitant à poursuivre l’exploitation des éoliennes construites antérieurement à ce classement à condition de se faire connaître du préfet dans l’année suivant la publication du décret, ce qui fut le cas en l’espèce. Ainsi, l’exploitation des éoliennes litigieuses a pu demeurer légalement autorisée au titre de la police administrative spéciale des ICPE.
Or, en vertu du principe de la séparation des autorités administratives et judiciaires, le juge judiciaire ne peut substituer sa propre appréciation à celle que l’autorité administrative a portée, dans l’exercice de ses pouvoirs de police spéciale, sur les dangers ou inconvénients que peuvent présenter des ICPE. Un raisonnement non retenu par la Cour de cassation, qui estime que le juge judiciaire peut ordonner la démolition d’une éolienne dont le permis de construire a été annulé par le juge administratif, quand bien même cette démolition ferait obstacle à la poursuite de l’activité de cette ICPE, « le risque d’atteinte à la sécurité publique étant la conséquence du non-respect des dispositions du code de l’urbanisme ». Ou comment retomber sur ses « pales »…
RÉFÉRENCES
Article R.111-2 du code de l’urbanisme
Article L.480-13 du code de l’urbanisme
Loi du 6 août 2015 pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques
Loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l'environnement
http://www.lagazettedescommunes.com/554238/quel-juge-peut-ordonner-la-demolition-dune-eolienne/


13/03/18 : Les pales des éoliennes d’un parc marin victimes d’érosion au large du Kent, au Royaume-Uni
En l’espace de quelques années depuis l’ouverture du plus gros parc éolien offshore, les pales des turbines ont été gravement atteintes par l’érosion au point de nécessiter des réparations d’urgence.
140 éoliennes sur 175 vont ainsi devoir subir des travaux représentant des millions de livres, au point que ceux qui critiquent cette énergie dite durable demandent si elle est justifiable du point de vue économique. Les turbines étaient supposées fonctionner sans problème pendant 20 ans : c’était la promesse du fabricant Siemens.
Les dommages sont en tout cas apparus bien plus vite qu’attendu. On ne sait pas, par exemple, si c’est le type d’éoliennes qui est en cause ou si l’usure constatée est celle qui est « normale » pour les turbines implantées en pleine mer, où les conditions sont extrêmement dures. « Les conséquences économiques seraient sévères », note un spécialiste.
Au Danemark, où une érosion similaire a été constatée en mer, on a pris le parti de munir les bords des pales d’un revêtement en caoutchouc, ce qui passe par le démontage et la réinstallation de l’ensemble.
La société London Array qui gère le site a refusé de commenter. Du côté de Siemens, on évoque des « problèmes de démarrage » (les éoliennes « font leur dents », dit-on de manière plus pittoresque) : l’installation de nouvelles turbines avec des pales encore plus importantes que celles de 60 mètres actuellement dans le collimateur.
http://reinformation.tv/eoliennes-victimes-erosion-kent-royaume-uni-vite-81814-2/


13/03/18Électricité : qui saura relever les défis pour construire les réseaux de distribution et de production adaptés aux enjeux de demain?
Bien qu'il semble aujourd’hui évident qu’un abandon des énergies fossiles à court terme est impossible, il convient d’examiner quel sera pour les décennies à venir le mix énergétique le plus pertinent (pour l’environnement, mais aussi économiquement et socialement).
L’accès fiable à une énergie bon marché est indispensable pour améliorer les conditions de vie des populations à travers le monde. Il est essentiel pour permettre aux pays émergents de poursuivre leur processus de convergence économique. En ce qui concerne l’élaboration des politiques énergétiques, il faut se rendre à l’évidence que quels que soient leurs objectifs, l’abandon total des énergies fossiles n’est pas envisageable dans les prochaines décennies (voir infra).
C’est vrai non seulement pour les pays consommateurs, mais également pour les pays producteurs de ces énergies. En effet, la très grande majorité de ceux-ci (1) ont grand besoin des revenus provenant de la vente de leurs produits énergétiques pour assurer la paix sociale, leur population étant généreusement subventionnée par l’État.
C’est cette préoccupation qui, entre autres, a motivé les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et la Russie à contrôler l’offre pour stabiliser les prix du pétrole à un niveau acceptable pour leur politique intérieure. En l’occurrence, l’abondance des réserves d’énergie fossile n’a pas joué un rôle déterminant. Un tel accord a pu être conclu relativement rapidement grâce à leurs régimes forts et à la très grande concentration des pouvoirs de décision. Aux États-Unis, l’exploitation du pétrole et du gaz de roche-mère (2) a conduit à une réduction considérable de la dépendance énergétique, voire à l’autonomie comme c’est le cas pour le gaz.
La mutation des systèmes électriques varie selon le degré de développement des pays et en fonction des décisions politiques dans le cadre de la théorie du changement climatique développée par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Cette organisation politique considère que les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’origine anthropique sont la cause des perturbations du climat et, en particulier, du réchauffement de l’atmosphère. En conséquence, elle estime indispensable de réduire drastiquement et rapidement de telles émissions. La politique bas carbone, une prise de conscience plus aigüe des effets néfastes de la pollution, le développement des technologies et l’innovation remettent en question les modèles énergétiques traditionnels.
Les enjeux énergétiques autour de la politique bas carbone
La politique bas carbone conduit à une part croissante des énergies renouvelables (principalement éolienne et photovoltaïque) dans le mix électrique.
Ces énergies intermittentes (elles ne sont pas produites en l’absence de vent et en cas de vent trop fort ou de manque de luminosité) requièrent des dispositions (par exemple, la gestion de la demande) et des investissements spécifiques coûteux (entre autres, d’infrastructures et de stockage) pour compenser l’intermittence de la production et donc pour assurer l’adéquation entre l’offre et la demande d’électricité.

La production renouvelable est dispersée, au lieu d’être concentrée comme l’est celle des centrales thermiques, hydrauliques à barrage ou nucléaires.
En outre, les consommateurs sont susceptibles d’être également producteurs (par exemple, en cas d’excédents de production des panneaux photovoltaïques installés sur les toits de résidences ou d’usines) et deviennent ainsi des éléments actifs du système électrique. Il en résulte des flux bidirectionnels sur les réseaux électriques.
Tout ceci rend obsolètes les modèles électriques traditionnels. Notons, chemin faisant, que la pénétration trop rapide et trop précoce de ces énergies intermittentes entraîne de lourds dysfonctionnements opérationnels, économiques et financiers (3).
La politique bas carbone affecte également le transport par route. Ainsi, pour réduire la pollution, d’une part, et les émissions de GES, de l’autre, le remplacement progressif des voitures équipées de moteur à combustion par des voitures électriques (VE) est adopté par un nombre croissant de pays (4). Ce type de voiture peut également contribuer au stockage d’électricité. En effet, nombre d’entre elles ne sont utilisées que pour des déplacements urbains et sont parquées la plus grande partie de la journée et, bien entendu, la nuit. Leurs batteries chargées à des moments opportuns pour le réseau, lorsque la demande d’électricité est faible durant la journée, ou pendant la nuit, pourraient être déchargées dans le réseau lorsque la demande est élevée. Dans ce contexte, les réseaux intelligents (smart grids) sont appelés à jouer un rôle essentiel de surveillance, de communication et de contrôle pour intégrer les charges et décharges (injection d’électricité dans le réseau). Un tel stockage distribué pourrait ainsi faire partie d’une stratégie locale d’intégration de l’éolien et du photovoltaïque.
La politique bas carbone n’est pas une priorité pour les grands émergents comme la Chine ou l’Inde, qui sont plus soucieux d’assurer leur croissance pour atteindre le plus rapidement possible un niveau de prospérité suffisant. Elle ne fait d’ailleurs pas l’unanimité parmi les pays développés.
Une politique qui ne fait pas l’unanimité dans l’Union européenne
L’Union européenne est fort divisée sur ce sujet. Si la Commission, en tant que telle, est convaincue du bien-fondé d’une politique bas carbone et soutient ses conséquences énergétiques, les pays du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie) y sont opposés essentiellement pour des raisons économiques.
D’une manière générale, les États membres de l’Ouest européen supportent, avec des nuances non négligeables et selon des schémas parfois peu rationnels, le reformatage du système électrique résultant de la politique bas carbone. En outre, la restructuration des systèmes électriques de ces pays est rendue plus complexe encore par le dossier nucléaire, à haute connotation émotionnelle.
La France (comme la Suède) a un parc électrique très largement bas carbone : nucléaire et hydraulique. Sortir du nucléaire, non émetteur de GES, est une décision purement politique et largement irrationnelle, surfant sur les réactions émotionnelles suscitées par la catastrophe de Fukushima (5). D’ailleurs, le gouvernement français actuel, malgré les promesses d’Emmanuel Macron durant sa campagne électorale, a dû faire marche arrière et reporter la réduction de 75 % à 50 % de la part d’électricité nucléaire dans le mix électrique au-delà de 2025 (6).
Le facteur émotionnel fut particulièrement exemplaire en Allemagne. Alors qu’avant Fukushima, la chancelière Merkel avait annoncé la renaissance du nucléaire, après l’accident, elle a décidé de fermer immédiatement la moitié de la capacité nucléaire et l’autre moitié en 2022. Cette décision s’est avérée politiquement et économiquement erronée. Elle a, en effet, fait exploser les prix de l’électricité, réduit le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des entreprises au point d’amener le gouvernement à exempter l’industrie exportatrice du surcoût du renouvelable. Elle a également mis en grande difficulté les producteurs d’électricité (7). Et, comble d’incohérence, les unités nucléaires (non émettrices de GES) mises hors service ont été remplacées par des unités de production au charbon et au lignite polluantes et grandes émettrices de GES.
Il en va de même en Belgique, où plus de la moitié de l’énergie électrique est d’origine nucléaire bon marché. La décision du gouvernement belge d’arrêter tous les réacteurs nucléaires entre 2022 et 2025 est non seulement incohérente mais pratiquement irréalisable. Elle n’est justifiée ni par la politique de l’UE, ni par des raisons techniques, de sûreté ou économiques. La mise à niveau des unités les plus récentes (plus de la moitié du parc nucléaire) ne pose pas problème et est meilleur marché que la construction de nouvelles unités thermiques au gaz, indispensables en cas de sortie totale du nucléaire pour assurer la sécurité d’approvisionnement.
Quelles sont les politiques bas carbone ailleurs dans le monde ?

La Suisse présente un modèle intéressant dans la mesure où elle est une plaque tournante électrique au cœur de l’Europe et une contributrice d’énergie de pointe. Elle a un rôle pivot dans la configuration électrique européenne : le transport nord-sud et est-ouest transite par la Suisse. Quoique son parc électrique soit presque entièrement bas carbone, elle envisage l’adoption d’objectifs qu’elle qualifie de plus ambitieux que par le passé en matière de politique énergétique et environnementale. Qu’elle soit soucieuse de s’aligner sur la stratégie et les objectifs de l’UE, même si celle-ci est parfois contestable, on peut le comprendre vu sa position au carrefour des échanges électriques européens. Mais qu’elle décide de sortir du nucléaire (non émetteur de GES) au nom du principe de précaution (utilisé trop souvent de manière abusive comme justification) est un exemple de plus du conformisme politique.
Le cas de la Norvège est encore plus surprenant. Sa production électrique est quasi entièrement hydraulique. C’est une source d’électricité mûre, bon marché, renouvelable et répondant aux besoins des consommateurs depuis de nombreuses décennies. Pourquoi dès lors vouloir changer un modèle performant produisant une énergie abondante permettant l’exportation d’électricité bas carbone, notamment au Danemark ? Pourquoi vouloir introduire le renouvelable intermittent, qui entraine des investissements supplémentaires sans augmenter la qualité et la sécurité de l’approvisionnement électrique ?
À la suite du tsunami, le Japon a décidé la fermeture de 54 réacteurs de son parc nucléaire. Avant cet accident, l’électricité était produite, en plus du nucléaire, à parts quasi égales, par le gaz (30 %), le nucléaire (27 %) et le charbon (25 %) (8).
Après l’arrêt du nucléaire, la part du gaz est montée à 42 % et celle du charbon à 30 %. Le Japon a même dû augmenter la part de l’électricité produite à partir de fuel de 7 % à 14 %. Cette situation a eu de profondes conséquences : une forte croissance des importations de charbon et d’hydrocarbures, multipliant par quatre le déficit commercial du pays entre 2011 et 2014 ; une augmentation autour de 20 % de la facture d’électricité des ménages et surtout des entreprises ; et un accroissement des émissions des GES.
Un « plan stratégique pour l’énergie » a fixé de nouveaux objectifs, avec une prévision de production nucléaire de 20 % du mix électrique et de 24 % pour les énergies renouvelables. Au total, 12 des 54 réacteurs initiaux – dont ceux de Fukushima – ont été définitivement mis à l’arrêt, tandis qu’un plan de redémarrage des 42 autres réacteurs a été engagé, conjointement à un renforcement des règles de sûreté. À l’été 2017, cinq réacteurs avaient été remis en service.
Des enjeux différents pour les pays émergents
Les préoccupations climatiques de l’UE et de certains pays développés – dont ne font pas partie les États-Unis – ne sont pas la priorité des pays émergents, tant s’en faut. La Chine et l’Inde en sont une bonne illustration.
Ces deux pays doivent en effet faire face à des besoins énergétiques immenses pour assurer leur développement, avec comme corollaire une consommation énergétique croissante résultant de l’augmentation des revenus de leurs populations. Ils ne peuvent donc renoncer à aucune source d’énergie, en particulier d’énergie électrique. En outre, ils sont confrontés à une pollution catastrophique dans les centres urbains, mais pas seulement.
C’est la raison pour laquelle la Chine tout comme l’Inde investissent massivement dans la production d’électricité nucléaire (peu émettrice de GES) mais également thermique (charbon) à la fois polluante et grande émettrice de GES (9).
Toutefois, en Chine, l’exploitation rentable des gaz de roche-mère, grâce aux progrès technologiques de forage et permettant une meilleure évaluation des volumes des réserves, est de nature à permettre le remplacement du charbon par du gaz de roche-mère, moins polluant et incidemment moindre émetteur de GES.
Éléments de prospective
En Europe, l’évolution des systèmes électriques est portée, comme vu précédemment, à la fois par le caractère intermittent et fluctuant de la production renouvelable ; une génération d’électricité plus dispersée (éolienne et photovoltaïque) ainsi qu’un stockage par batteries (actuellement de relativement faible capacité) réparti sur tout le territoire et la coexistence de flux bidirectionnels sur les réseaux. La gestion de la demande requiert donc désormais des réseaux de plus en plus intelligents (smart grid), une coordination accrue entre les composantes et les acteurs du système électrique et une numérisation toujours plus poussée.
La pénétration croissante de cette technologie fait d’ailleurs de la cybersécurité l’un des piliers importants de la sécurité énergétique.
L’analyse des informations et l’Internet des objets influeront ainsi de façon grandissante sur le fonctionnement des sociétés d’électricité par différents biais:
une automatisation croissante avec, par exemple, l’utilisation de détecteurs digitaux en vue d’augmenter la puissance de machines existantes (turbines) ;
la surveillance des performances, notamment par capture digitale d’informations en vue d’améliorations incrémentielles. Ainsi, connaitre de manière précise la performance des turbines à différents moments permet un travail d’analyse déclenchant rapidement les actions appropriées dans les domaines des services et de l’entretien, ce qui conduit à des économies significatives ;
la gestion à distance, qui est particulièrement importante en milieu rural ;
la technologie d’information « en nuage » (cloud based IT). Une plate-forme d’entreprise « en nuage » (cloud platform) permet d’accélérer la croissance et les résultats de celle-ci : par exemple, après consolidation des données dans le cloud, l’amélioration de l’exploitation de capacités sous-utilisées ou une meilleure analyse de la situation des consommateurs individuels. À leur tour, une collecte automatique plus rapide des factures impayées et des prestations non facturées par oubli ou négligence, une prévision précise de la demande et des revenus et l’automatisation des processus augmentent performance et rentabilité.
L’innovation technologique au cœur de l’avenir électrique
Quant aux types de production d’électricité, il est difficile de les prévoir à long terme vu le nombre de paramètres qui interviennent (entre autres, les progrès technologiques, les innovations, l’évolution des mentalités, les contextes politiques, la fin des subventions pour le renouvelable).
On peut, toutefois, estimer que certaines technologies n’ont pas ou peu d’avenir, telles que l’éolien sur terre (onshore) ou la biomasse de première génération.
D’autres font l’objet de recherches soutenues comme celles sur l’hydrogène et les algues (10) comme vecteurs énergétiques ou la génération d’électricité alternative utilisant la force des courants marins. Il faudra encore du temps pour que ces technologies atteignent une maturité suffisante pour une commercialisation à grande échelle.
En tout état de cause, il faut prendre le temps de réfléchir avant de renoncer définitivement à une filière de production d’électricité. L’évolution de la technologie est susceptible de remettre à l’honneur des types de production qui avaient été abandonnés pour des raisons économiques ou écologiques.
En résumé, l’avenir des systèmes électriques, plus spécialement européens vu la politique bas carbone de nombreux États membres, dépend de leur capacité à faire confluer la technologie de l’information (Information Technology-IT) et la technologie de l’exploitation (Operational Technology-OP). C’est par les plates-formes numériques que les systèmes électriques seront plus connectés et plus intelligents.
Ce défi est-il réalisable sans s’adosser à des entreprises technologiques de l’information (par partenariat ou par acquisition) maitrisant le numérique, le « big data » et la capacité d’analyser de grandes quantités d’informations, toutes choses primordiales pour assurer la performance ou tout simplement la survie ?
Actuellement, ce sont les sociétés de transport d’électricité (en Europe, elles sont séparées de la production et de la fourniture d’électricité (11)) qui sont les moteurs des systèmes électriques. Elles sont donc les premières concernées par ce changement.
Les sociétés de production sont confrontées aux mêmes problèmes d’optimisation et d’efficacité. Une centrale électrique est un système complexe qui requiert une optimisation constante par arbitrages entre la disponibilité, la production, le rendement, la maintenabilité (12), l’usure et la flexibilité. Si ces arbitrages n’utilisent pas toutes les données disponibles obtenues grâce aux différents outils numériques, la centrale n’est pas exploitée de manière optimale, ce qui conduit à des retours sur investissements médiocres.
En outre, les sociétés de production sont appelées à travailler davantage avec les consommateurs pour identifier et adapter les solutions. Elles deviennent ainsi des conseillers en énergie.
La question est de savoir qui prendra l’initiative de ce changement de paradigme : les sociétés d’électricité ou les entreprises technologiques de l’information ?
Si les électriciens ne procèdent pas rapidement au reformatage nécessaire, les entreprises technologiques en profiteront pour prendre le contrôle des systèmes électriques comme elles l’ont déjà fait dans d’autres secteurs économiques.
Notes
(1) Les États-Unis sont, à cet égard, une exception, surtout à la suite des progrès technologiques qui ont permis l’exploitation d’immenses réserves de pétrole et de gaz de roche-mère à des coûts très bas.
(2) Le gaz et le pétrole de roche mère, à la différence des hydrocarbures conventionnels, n’ont pas migré vers la surface au cours de millions d’années à la faveur de mouvements tectoniques, d’éruptions volcaniques etc.
Ils sont restés piégés dans les roches denses où ils se sont développés, d’où le nom de roche-mère.
(3) Par exemple, en Allemagne, l’électricité éolienne est générée principalement dans le Nord du pays, alors que la plupart des gros consommateurs se trouvent dans le Sud et l’Ouest. Les réseaux de transport d’électricité n’ont pas été prévus pour de tels flux, ni adaptés en conséquence (renforcement des lignes existantes ou nouvelles lignes). Le courant, ne pouvant circuler sur le réseau allemand, est donc acheminé par les réseaux des pays voisins avec des congestions hautement préjudiciables pour les systèmes électriques de ces derniers.
(4) Les biocarburants n’ont plus la cote. « Salués au départ comme “carburants verts”, les premiers carburants exploités à l’échelle industrielle ont été remis en question à la fois pour la consommation réelle d’énergie lors de leur fabrication et pour leur impact sur les cultures destinées à l’alimentation humaine » (« Les biocarburants sont-ils vraiment « verts » et durables ? », Planète Energies, 2 août 2016).
(5) Rappelons que Fukushima n’est pas un accident d’origine nucléaire mais fut causé par un tsunami, phénomène naturel, qui a noyé les pompes de refroidissement des réacteurs.
(6) Cet objectif était inscrit dans la loi de transition énergétique votée en 2015 et était également un engagement de campagne d’Emmanuel Macron.
(7) Elle a à ce point fragilisé les grosses sociétés de production d’électricité allemandes (ce qui s’est traduit par une chute substantielle de leurs cours de bourse) que trois d’entre elles ont introduit un recours devant la Cour constitutionnelle fédérale visant à une compensation pour les dommages occasionnés par la sortie précoce du nucléaire. Le jugement de la Cour leur a été favorable.

(8) Dossier « Le Japon et l’énergie », « Le Japon à la recherche de son équilibre énergétique », Planète énergies, 23 octobre 2017. Les chiffres du paragraphe suivant sont issus de la même source.
(9) La Chine a planifié une capacité nucléaire de 150 GW d’ici à 2030 (contre 58 GW en 2020/2021) et bien plus d’ici à 2050, tandis que l’Inde espère avoir une capacité en ligne de 63 GW en 2032 et vise une production nucléaire de 25 % de son mix électrique en 2050 (Nuclear power in China, World Nuclear Association, octobre 2017).
10) Les scientifiques de Synthetic Genomics, Inc et d’ExxonMobil ont développé une souche d’algue capable de convertir du carbone en une quantité record de corps gras, riches en énergie, et qui peuvent être transformés en biodiesel.
(11) Le troisième paquet énergétique, visant à la libération des marchés du gaz et de l’électricité et, entre autres, la séparation de la production et de la fourniture d’électricité du transport de celle-ci, a été proposé par la Commission européenne en septembre 2007 et adopté par la parlement et le Conseil européens en septembre 2009.
(12) Aptitude d’un système a être maintenu (ou rétabli) dans un état lui permettant d’accomplir la fonction attendue.


07/03/18Une justice d’exception pour les éoliennes
Tous les gouvernements en ont rêvé, mais celui d’Emmanuel Macron est en passe de le réussir, aidé en cela par une ministre de la Culture totalement absente sur tous les dossiers et qui ne s’oppose évidemment en rien à ce qui se prépare.
Il s’agit, purement et simplement, de supprimer le recours aux tribunaux administratifs pour les associations et les riverains voulant s’opposer aux projets d’installation d’éoliennes, ouvrant ainsi grand la possibilité de couvrir le pays entier de ces engins destructeurs du patrimoine, dangereux pour les oiseaux et pour les humains (les études inquiétantes à ce sujet se multiplient), extrêmement coûteux pour les finances publiques, vecteurs reconnus de corruption et, pour couronner le tout, inefficaces puisque l’impossibilité de stocker l’électricité rend nécessaire d’utiliser des centrales à charbon ou nucléaires pour suppléer les périodes très nombreuses et très longues pendant lesquelles la production est insuffisante. Résultat : le pays où il y a pratiquement le plus d’éoliennes, l’Allemagne, est un des plus pollueurs d’Europe. Même s’il est évident que les centrales nucléaires devront être, à terme, remplacées par autre chose, la France ferait mieux de développer la recherche pour trouver de vraies énergies de substitution plutôt que de multiplier les éoliennes qui ne servent à rien, ou à pas grand chose.
Au moins pourrait-on raisonne le développement de ces éoliennes et ne pas les installer n’importe où. Que l’on partage ou non notre opinion sur les éoliennes, comment peux-t-on accepter le projet de décret du gouvernement, qui prévoit exactement l’inverse ? Il s’agit en effet d’une part de supprimer, pour tous les recours contre les projets éoliens, la première audience devant le tribunal administratif et d’imposer directement le passage devant la cour d’appel administrative. C’est ainsi une véritable justice d’exception qui sera mise en œuvre, dont l’objectif avoué est de diviser par deux le délai de réalisation effective des parcs éoliens. Il est également prévu de limiter le temps des requérants pour rassembler leurs arguments et de réduire le temps d’instruction des dossiers 1 et, pour l’instruction des dossiers, d’adopter le principe « silence vaut accord » qui existe déjà depuis quelques années pour les permis de construire, ce qui revient à laisser l’administration accepter tacitement les projets.
Bien évidemment, les associations de protection du patrimoine et des paysages n’ont jamais été associées à la réflexion sur ce sujet. Il s’agit d’un véritable déni de démocratie afin de poursuivre le développement anarchique du nombre d’éoliennes dans notre pays. Ceci est d’autant plus pervers que cela se déroule sans grande publicité, alors qu’une consultation publique a été lancée qui se poursuit jusqu’à demain 8 mars seulement. Il ne vous reste que quelques dizaines d’heures pour faire savoir ce que vous pensez de ce projet à partir de cette page.
Pour en savoir plus, vous pouvez également consulter le site de la Fédération Environnement Durable et participer à leur appel de dons pour le dépôt d’une plainte devant la Commission européenne.
P.-S.
Nous avons corrigé notre article quelques heures après l’avoir publié. Nous avions en effet quelque peu confondu les notions de cristallisation du débat et du silence valant accord.
Par ailleurs, notons que la suppression du tribunal administratif pour le remplacer par un jugement en premier et dernier ressort par la cour d’appel administrative - avait été voulu par le gouvernement il y a quatre ans pour certains gros permis de construire. Le Conseil Supérieur des Tribunaux Administratifs (qui doit être saisi) avait donné un avis négatif, et avait été suivi par le Conseil d’État, alors que tous les syndicats de magistrats s’y étaient opposés. Il faut donc espérer que la même chose se passera pour ce décret.
Notes
1. Ce qui s’appelle la cristallisation du débat.
http://www.latribunedelart.com/une-justice-d-exception-pour-les-eoliennes
06/03/18Les énergies renouvelables, une opportunité pour le monde agricole
L’Ademe a profité du salon de l’Agriculture pour publier une étude qui tend à démontrer que les énergies renouvelables pouvaient non seulement combler les besoins en énergie du monde agricole, mais aussi s’avérer être un plus non-négligeable pour le revenu des agriculteurs.
Pour quantifier les apports potentiels des énergies renouvelables (EnR) à l'agriculture française, l'Ademe s'est basée sur les principales ressources énergétiques (biocarburant, méthanisation, éolien, etc.) appliquées aux principales filières agricoles (grandes cultures, élevage, viticulture...).
Il en ressort que l'agriculture, en France, pèse pour 20% de la production nationale d'énergies renouvelables (4,6 millions de tonnes équivalent pétrole -Mtep- sur 23 millions produites, au global, au niveau national, données 2015). C'est sur les postes biocarburant/biomasse, éolien et production de biomasse/chaleur que son poids est le plus important.
L'Ademe relève d'ailleurs que « toutes les filières contribuent à la production » d'énergies renouvelables : les grandes cultures en premier lieu devant la polyculture/polyélevage, les élevages de bovins pour le lait et la viticulture.
Géographiquement, précise l'Ademe, c'est la région Grand Est qui est la première productrice d'énergies renouvelables agricoles de France. Elle devance d'assez loin les Hauts-de-France et le Centre-Val de Loire. Ce trio concentre à lui seul 45% de la production d'EnR en France !
Jusqu'à 15 000 euros de revenu annuel complémentaire par agriculteur
Au total, selon l'étude de l'Ademe, ce sont plus de 50 000 exploitations agricoles qui, en France, sont impliquées dans la production d'énergies renouvelables (15% des exploitations françaises). La filière biocarburant en regroupe près de 35 000, suivie du solaire photovoltaïque (11 000). L'éolien (un peu plus de 5 000 exploitations) complète le podium.
Concernant l'impact de la production d'EnR sur le chiffre d'affaires des exploitations agricoles, elle pèse pour 2% du chiffre d'affaires global du secteur agricole hexagonal. Soit 1 366 millions d'euros, qui se répartissent notamment ainsi : 1 057 millions d'euros tirés de la vente de biomasse pour les biocarburants, 105 millions pour le photovoltaïque, 88 millions pour la méthanisation ou encore 85 millions pour la production de biomasse pour la combustion. « A ce chiffre d'affaires, s'ajoutent 112 millions d'euros d'économies sur la facture énergétique des exploitations par l'autoconsommation de biomasse, la mise en place d'installations de solaire thermique et de pompes à chaleur, soit 3,4% des dépenses énergétiques », précise l'Ademe.
De quoi dégager un vrai complément de revenu pour les agriculteurs engagés dans la production d'EnR. « Le développement des EnR contribue à diversifier leur revenu, pour des montants pouvant aller de quelques milliers d'euros de réduction de leur facture énergétique à plus de 15 000 euros de revenus complémentaires », détaille l'étude. Des chiffres « à mettre en perspective avec le revenu agricole moyen de 2015, évalué à 25 400 euros pour l'ensemble des filières », poursuit l'Ademe.
La production d'énergies renouvelables, qui a généré 370 emplois supplémentaires en 2015, pourrait être multipliée par deux entre 2015 et 2030 puis par trois entre 2015 et 2050, selon les projections de l'Agence.
La production totale passerait alors de 4,5 à 15,8 Mtep.
https://www.latribune.fr/entreprises-finance/la-tribune-de-l-energie-avec-enedis/les-energies-renouvelables-une-opportunite-pour-le-monde-agricole-770759.html

05/03/18"LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE EST LA PLUS FANTASTIQUE OPÉRATION DE GREENWASHING DE L’HISTOIRE", SELON GUILLAUME PITRON
C’est un livre choc sur la transition énergétique. Guillaume Pitron, journaliste indépendant, a enquêté pendant six ans dans une douzaine de pays pour découvrir d’où viennent les métaux utiles à nos éoliennes, nos panneaux solaires ou encore nos batteries de voitures électriques. Dans "La guerre des métaux rares", il lève le voile sur une industrie qui se veut verte côté pile, mais qui est particulièrement polluante coté face.
Novethic : Pourquoi la transition énergétique a-t-elle des impacts environnementaux encore plus importants que ceux générés par l’extraction pétrolière ?
Guillaume Pitron : La transition énergétique a été pensée hors-sol car on a complètement occulté ce qu’elle allait coûter en matières premières. Or, pour extraire un seul kilo de lutécium (une des 30 terres rares), il faut extraire 1 200 tonnes de roche. Pour les séparer, il faut de grandes quantités d’eau, de l’acide chlorhydrique, et énormément d'énergie produite majoritairement à partir de combustibles fossiles. Selon le Blacksmith Institute qui établit un palmarès des industries les plus polluantes, il apparaît que l’industrie pétrolière est de moins en moins polluante tandis que les activités minières (charbon inclus) le sont de plus en plus. Nous sommes donc en train de nous débarrasser du pétrole – à raison – pour une solution encore plus polluante.
Les mines sont si polluantes que ça ?
Une mine, c’est un véritable choc visuel, un derrick à côté ce n’est rien. Nous avons pu approcher des mines en Chine et des lacs de rejets d'effluents toxiques d'usines de raffinage en Mongolie. C’est l’enfer de Dante. Tout est pollué là-bas, les sols, les airs, les nappes phréatiques. Les eaux chargées en métaux lourds sont déversées dans des lacs artificiels qui débordent régulièrement et polluent les fleuves, tels que le Fleuve jaune. Dans la région de Baotou, capitale mondiale des terres rares, on parle de villages des cancers. D’un bout à l’autre de la chaîne de production de métaux rares, quasiment rien n’y a été fait selon les standards écologiques et sanitaires les plus élémentaires.
Comment a-t-on pu passer à côté de cet aspect ?
Tout simplement parce que les conséquences environnementales et sociales de cette extraction métallifère ne se font pas ressentir chez nous. Dans les années 80, nous nous sommes débarrassés de notre industrie minière - extraction et raffinage - justement parce qu’elle était sale. L’exemple le plus emblématique en France est celui de Rhône-Poulenc (aujourd’hui Solvay), l’un des deux grands chimistes mondiaux des métaux rares. L’entreprise se fournissait en terres rares en Australie et gérait la partie raffinage sur notre territoire. Mais l'entreprise accusée par les ONG d'avoir laissé échapper des éléments radioactifs dans la baie de La Rochelle, a préféré se tourner vers la Chine.
Un choix hypocrite selon vous…
Dissimuler en Chine l’origine douteuse des métaux a permis de décerner aux technologies vertes et numériques un certificat de bonne réputation. C’est du blanchiment écologique et certainement la plus fantastique opération de greenwashing de l’histoire. Car nous connaissions très bien le coût d’accès à des métaux rares à peu près propres. Nous avons alors choisi de délocaliser la pollution mais aussi notre savoir-faire en laissant partir une industrie stratégique. Un choix que nous allons payer cher puisque nous sommes aujourd’hui en quasi-totalité dépendants de la Chine qui fait avec les métaux rares ce que les Saoudiens ont fait avec le pétrole depuis les années 70. Ce manque de vision et ce court-termisme est affolant.
La solution serait l’ouverture de mines ailleurs, y compris en France ?
Les besoins en métaux vont exploser. Il faudra ouvrir une nouvelle mine de terres rares par an d’ici à 2025 pour y répondre. Pour le cobalt par exemple, la demande devrait être multipliée par 24 entre 2013 et 2030. Il va donc falloir ouvrir des mines à tous les étages. Barack Obama a déjà posé les bases juridiques pour l’exploitation de métaux présents dans les astéroïdes ! En France, il y aurait un intérêt stratégique mais aussi environnemental à rouvrir des mines car nos réglementations sont plus strictes et mieux appliquées qu’en Chine. Il faudrait aussi relancer toute la filière pour arriver à un produit fini 100 % Made in France. Car je ne dis pas qu’il ne faut pas faire la transition écologique, mais il faut essayer de faire en sorte qu’elle soit la moins sale possible.
http://www.novethic.fr/actualite/environnement/ressources-naturelles/isr-rse/la-transition-energetique-est-la-plus-fantastique-operation-de-greenwashing-de-l-histoire-selon-guillaume-pitron-145489.html


05/03/18ÉOLIENNES OFFSHORE : MACRON ET HULOT CAUTIONNERONT-ILS LE RACKET DU SIÈCLE ?
C’est un sujet occulté, caché et presque tabou qui commence enfin à émerger doucement mais sûrement. Et qui pourrait se transformer en énorme scandale d’État si rien n’est fait pour y remédier.
Le président Emmanuel Macron et son ministre de l’Écologie Nicolas Hulot s’apprêtent à mettre en œuvre la construction des sept centrales éoliennes offshore initiées par Nicolas Sarkozy et François Hollande, projets qui constitueraient la plus grande extorsion de fonds jamais connue en France au détriment des contribuables et consommateurs de l’électricité.
Les chiffres sont désormais connus, et le Figaro, dans un article de Luc-Antoine Lenoir au titre évocateur, « Éoliennes en mer : des 2CV au prix de Rolls-Royce », avait dévoilé le scoop du prix de rachat de l’électricité aux différents promoteurs de centrales éoliennes offshore pour un montant colossal de 221 euros le mégawattheure, information jusque-là non contestée.
Là où le bât blesse, c’est que ce chiffre qui a été fixé il y a moins d’une dizaine d’année ne correspond plus du tout au tarif de rachat actuel de l’électricité et même de l’éolien en mer. C’est ainsi qu’un consortium mené par ENGIE vient juste de gagner un appel d’offres en Grande-Bretagne pour seulement 63 euros le méga-wattheure (source Monde de l’Énergie), à comparer aux 221 euros le mégawattheure que le consortium également mené par ENGIE aurait obtenu pour la centrale éolienne entre Yeu et Noirmoutier, soit 3 à 4 fois le tarif du marché de l’électricité. Sans compter que les prix de l’électricité sont aujourd’hui orientés à la baisse avec des prix atteignant 40 à 50 euros le mégawattheure y compris dans les énergies renouvelables.
En prenant simplement la centrale éolienne entre Yeu et Noirmoutier, le consortium industriel prévoit un investissement de 2 milliards d’euros en intégrant les difficultés techniques avec une production prévisionnelle de 1 900 gigawattheure. Si on multiplie 221 euros × 1 900 000 mégawatheures, la centrale éolienne en question devrait rapporter 420 millions d’euros par an. Cette centrale serait donc amortie en un peu plus de 4 ans avec une énorme rentabilité à deux chiffres. Le surcoût pour cette seule centrale éolienne serait de l’ordre de 300 millions d’euros par an directement payés par le consommateur et le contribuable.
Si on multiplie ce chiffre par 7 (les 7 autres centrales éoliennes côtières ont des caractéristiques sensiblement identiques), on obtient un surcoût de l’électricité de 2 milliards d’euros par an. Si on additionne les 25 années de concession, cela fait un surcoût de 50 milliards d’euros, et si on ajoute les 15 ans de concession supplémentaires, cela revient à 80 milliards d’euros.... Une somme gigantesque pesant directement sur les Français au profit exclusif des actionnaires des consortiums industriels et financiers. Là il ne s’agit plus d’écologie mais d’un hold-up à très grand échelle et en bande organisée.
Ce chiffre gigantesque est très loin d’être farfelu et a été confirmé tout récemment par un ancien proche collaborateur du ministre Christine Lagarde, Benjamin Frémaux, dans un article des Échos du 5 février intitulé « Le coût exorbitant de l'éolien offshore français » et qui fixe – en utilisant des chiffres à minima selon l’auteur – à 30 milliards d’euros sur 20 ans le montant de la subvention ainsi versée aux consortium industriels en se basant sur des chiffres estimés de 180 à 200 euros le mégawattheure.
Le chiffre de cet ancien polytechnicien se rapproche sensiblement de notre calcul et reste tout simplement considérable, car il ne tient pas compte de toutes les subventions qui ont été accordées pour faire évoluer les infrastructures logistiques. Là où le dossier devient particulièrement gênant pour le gouvernement, c’est que ce tarif de rachat sursubventionné avait été fixé à un montant élevé afin de mettre en place une filière industrielle française de l’éolien en mer. Or, suite aux grands mouvements capitalistiques dans l’industrie française, les éoliennes prévues pour les centrales éoliennes offshore françaises ne sont... même plus françaises.
C’est l’article de Dominique Pialot dans la Tribune du 28 février intitulé « Éolien offshore à la croisée des chemins » qui souligne ce paradoxe, rappelant que le tarif de rachat prenait en compte la création d’une filière industrielle française. Le journaliste souligne que « cette politique n’avait pas eu l’effet escompté ». La France se contentant de récupérer simplement une chaîne de production de la même manière que certains fabricants automobiles ont délocalisé la fabrication de certaines de leurs voitures en Roumanie. Dans le dossier des éoliennes en mer la France deviendra juste la Roumanie de la fabrication des éoliennes allemandes.
Aussi, plus rien ne justifie de surpayer de 50 à 80 milliards d’euros pour la création en France de quelques chaînes de production d’éoliennes qui seront vite fermées lorsque les parcs français seront créés. A ce rythme, la France ne créera en aucun cas de filières industrielles éoliennes. Qu’est-ce qui justifie alors que la France paie son électricité 5 fois plus cher que le marché habituel ?
Cette problématique commence enfin à émerger politiquement. le 13 février, le député Julien Aubert a posé une question écrite (no 5074) à l’Assemblée nationale à Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, en l’alertant sur « les raisons qui justifieraient de payer 4 à 5 fois le prix habituel de l’électricité avec une technologie considérée aujourd’hui comme obsolète ». Il lui demande d’ailleurs de mettre en œuvre un moratoire sur ce thème.
Dans un article du Monde du 1er mars intitulé « L’éolien offshore peine à décoller en France », le journaliste Nabil Wakim pointe du doigt toutes ces problématiques et nous informe sur le fait que « le gouvernement réfléchit à revenir sur les conditions tarifaires de ces marchés, pour négocier des prix plus conformes à la situation actuelle, beaucoup plus bas ». Il ajoute : « Une épreuve de force pourrait s’engager entre l’État et les industriels au risque de retarder encore la mise en place de parcs éoliens au large des côtes françaises. »
Cette information précieuse du journaliste du Monde montre que le sujet commence enfin à inquiéter le gouvernement. Il va sans dire que l’obsolescence de la technologie envisagée pour les sept centrales éoliennes offshore sur les côtes françaises cumulée à un prix hors de proportion devrait inciter le président Macron et son gouvernement à mettre en œuvre d’urgence un moratoire et à faire table rase de ces différents dossiers pour envisager enfin des alternatives crédibles, comme l’éolien flottant à 50 kilomètres des côtes.
http://www.economiematin.fr/news-eoliennes-offshoreo-macron-et-hulot-cautionneront-ils-le-racket-du-siecleo-
02/03/18Eolien : comment passer le cap des 15 ans… et la fin des financements ?
La construction d’un parc éolien donne droit à un mécanisme de soutien tarifaire pendant quinze ans. En bout de course, son exploitant est, de fait, incité à le reconstruire. Si le « repowering » est décidé par le propriétaire de l’installation, les collectivités doivent l’anticiper, faire valoir l’intérêt du territoire et définir un nouveau cadre fiscal. En attendant des mesures de simplification, remplacer des mâts existants n’est pas plus facile que d’en créer de nouveaux. Gare à ne pas ajouter trop de contraintes.
CHIFFRES-CLÉS
5 GW : c’est, d’après la filière éolienne, la puissance théorique qui pourrait être gagnée d’ici à 2030 grâce aux seules opérations de repowering. Ce chiffre représente plus du tiers de la capacité installée à ce jour.

« Repowering ». Le mot est encore si peu usité que personne n’a pensé à lui chercher une traduction française acceptable. Il surgit pourtant régulièrement dans les discussions consacrées à l’énergie éolienne. Et pour cause. Les exploitants de parcs qui ont soufflé leur quinzième bougie sont incités à s’interroger sur la possibilité de les moderniser et, si l’on en croit la pyramide des âges éolienne, le mouvement va s’accélérer dans les années à venir. La France comptait 129 mégawatts raccordés fin 2002, mais presque le double l’année suivante. Puis, on a connu un véritable essor en 2005, jusqu’au ralentissement des années 2011-2012.
Fin du tarif d’achat réglementé
Démanteler les éoliennes après quinze ans n’est pas une opération anodine. Outre le fait que les renouvellements de composants sont de plus en plus nombreux au fil du temps, c’est l’âge à partir duquel leur exploitant ne bénéficie plus du tarif d’achat réglementé qui l’a aidé à rentabiliser son investissement.
Dès lors, deux options se présentent à lui. Vendre son énergie moins cher sur le marché libre de l’électricité jusqu’à ce que l’opération ne soit plus rentable et qu’il soit préférable de démanteler le parc. Ou ...
http://www.lagazettedescommunes.com/552315/eolien-que-faire-quand-on-a-quinze-ans/

02/03/18 : Eolien terrestre : Nicolas Hulot dévoile les 22 premiers lauréats 😠😠
Le ministre de la Transition écologique et solidaire a dévoilé mercredi 28 février 2018, le nom des 22 premiers lauréats de l’appel d’offres sur l’éolien terrestre, sélectionnés pour un total de 500 MW et un prix moyen pondéré de 65,40 euros le mégawattheure. Un tarif en forte baisse par rapport au précédent tarif d’achat, signe selon Nicolas Hulot, de la compétitivité croissante de l’énergie éolienne.
Lancé en mai 2017, l’appel d’offres éolien terrestre est divisé en six périodes s’étalant sur trois ans et conduira à l’attribution d’un total de 3 GW de puissance éolienne. Pour la première période dont les résultats ont été dévoilés mercredi 28 février 2018, 22 lauréats ont été retenus pour installer des éoliennes terrestres d’une capacité totale de 500 mégawatts. Le prix moyen pondéré proposé par les lauréats est de 65,4 euros par mégawattheure (MWh), un prix « nettement inférieur » au précédent tarif d’achat, a souligné le communiqué. « Les résultats sont sans ambiguïté : la maturité et la compétitivité de l’éolien terrestre et plus largement des énergies renouvelables sont une réalité », s’est félicité Nicolas Hulot, dans un communiqué.
Complément de rémunération et financement participatif
Cette procédure d’appel d’offres est une première pour la filière éolienne terrestre depuis la modification du mécanisme de soutien à l’éolien terrestre en France, opérée l’année dernière. Rachetée auparavant par EDF à un tarif défini par les pouvoirs publics, l’électricité produite par ces installations sera désormais vendue au prix du marché, auquel s’ajoutera un complément de rémunération garanti pendant vingt ans. Les lauréats de la première période se sont en effet vu attribuer un contrat de complément de rémunération sur cette période.
C’est également la première fois que des projets éoliens bénéficieront d’un bonus pour avoir fait l’objet d’investissement participatif : c’est le cas ici d’un tiers des projets sélectionnés. « L’intégration de collectivités et de particuliers au financement des projets permet une meilleure appropriation locale des installations en vue d’une intégration réussie des projets dans les territoires », explique le ministère. La seconde période de candidature à l’appel d’offres, dont la clôture aura lieu le 1er juin 2018, portera également sur une puissance de 500 MW.
http://lenergeek.com/2018/03/02/appel-offres-eolien-terrestre-nicolas-hulot-22-premiers-laureats/
01/03/18Les plus grandes pâles éoliennes du monde seront construites à Cherbourg-en-Cotentin😠
Les premiers prototypes ne seront visibles qu'en 2019 mais déjà le groupe Général Electric a annoncé que les pâles de ses éoliennes Off Shore super puissantes seront fabriquées à Cherbourg-en-Cotentin.
Le groupe General Electric a annoncé, ce jeudi, qu’il allait investir 400 millions de dollars (330 millions d’euros) pour développer la turbine éolienne off shore la plus puissante jamais conçue. Une partie de cette éolienne, les pâles, sera construite à Cherbourg.
Général Eletric annonce être en mesure de construire des éoliennes de 12MW. Les premiers prototypes de cette Haliade X sont attendus pour 2019. Une partie de cette éolienne, les pâles, sera construite à Cherbourg. Par cette annonce le groupe Général Electric renforce sa présence à Cherbourg-en-Cotentin. La construction de son usine de pâles d’éoliennes, qui devra achevée cet été, continue. Une usine qui devait initialement construire des pâles de 80 mètres pour des machines de 8MW. Le redimensionnement du projet amène Général Electric à accroître ses investissement sur Cherbourg. De 50 millions, on passe donc à 80 millions d’euros (100 millions de dollars) d’investissement.
Général Electric a déjà lancé sa campagne de recrutement. L’usine devrait employer 550 personnes et près de 2000 emplois indirects devraient être créer par le développement de cette nouvelle production..

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/nord-cotentin/cherbourg-cotentin/plus-grandes-pales-eoliennes-du-monde-seront-construites-cherbourg-cotentin-1433135.html

01/03/18Transition énergétique : le Cese alerte sur le retard pris par la France
Le mercredi 28 février, le Conseil économique social et environnemental (Cese) a publié un avis sur la nécessité d’accélérer la transition énergétique, dans lequel il alerte sur le retard pris par la France, notamment au regard des objectifs fixés par la loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015.
« Près de trois ans après l’adoption de la Loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV), le Conseil économique social et environnemental (Cese) dresse un premier bilan de sa mise en œuvre, au moment où s’engage également un débat public sur les objectifs de la deuxième période de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC) et de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) », indique le Conseil économique social et environnemental (Cese) dans un communiqué. Ainsi, pour le Cese, la France n’est pas encore en bonne voie pour réaliser l’ambition de diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre. Ce constat est partagé dans un avis rapporté à l’assemblée plénière du Cese du 28 février, et adopté à 105 voix pour, 27 abstentions et 23 voix contre.
« Les émissions globales de gaz à effet de serre (GES) ont augmenté de nouveau en 2015 et 2016 ; notamment dans le secteur du transport. De plus, les objectifs de rénovation énergétique des bâtiments sont loin d’être atteints et la France demeure un des pays d’Europe les plus en retard dans le déploiement des énergies renouvelables », constate le Cese, qui alerte sur le retard pris par la France en matière de transition énergétique. Par ailleurs, l’Assemblée consultative estime que les moyens alloués aux collectivités locales sont trop faibles « pour accroître leur effort en matière de rénovation des bâtiments, de développement des transports collectifs, de déploiement des énergies renouvelables ou encore pour mettre en place le Service public de la performance énergétique de l’habitat (SPPEH) prévu par la LTECV ».
Accélération du déploiement des ENR, participation citoyenne et PPEC
Afin d’accélérer la transition énergétique et de pallier le retard pris par la France, le Cese invite le gouvernement à « fixer dans tous les domaines, des objectifs réalistes et s’y tenir ». Des objectifs à fixer notamment dans le cadre de la révision de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), dont le débat public débutera mi-mars. « La prochaine PPE devra fixer une feuille de route pour toutes les filières de production d’énergie, y compris la production d’électricité nucléaire, afin d’atteindre le ratio de 50 % prévu par la loi à une date à fixer entre 2025 et 2035 », souligne le Cese. Pour le Conseil, il s’agit également de faciliter le déploiement des énergies renouvelables en simplifiant les procédures administratives et les délais de raccordement. Des nécessités dont la mesure a été notamment prise dans le cadre des groupes de travail mis en place par le gouvernement autour de l’éolien terrestre ou de la méthanisation. Le Cese souhaite également « voir se multiplier les projets dans lesquels sont impliqués des habitants et/ou des collectivités et propose l’objectif de 15 % de projets d’énergie renouvelable incluant une participation citoyenne à l’horizon 2030 ». Enfin, le Cese souligne l’urgence d’établir « au niveau national mais aussi au niveau des principales branches et des régions, les Plans de programmation de l’emploi et des compétences (PPEC) prévus par la LTECV ».
Engager un plan de rénovation énergétique « vraiment ambitieux »
Concernant la rénovation du bâti, le Cese rappelle les objectifs fixés par le Grenelle de l’environnement. Des objectifs qui « doivent être enfin suivis de façon précise et actualisée », est-il ajouté. Par ailleurs, pour le Cese, afin d’engager un plan de rénovation « vraiment ambitieux », « il est urgent de déployer un Service public de la performance énergétique de l’habitat (SPPEH) sur tout le territoire et de le doter d’un financement pérenne à hauteur de 3 euros par ménage et par an », lutter contre la précarité énergétique et engager la rénovation énergétique du secteur tertiaire. Des objectifs confirmés dans le plan de rénovation énergétique annoncé en novembre dernier par Nicolas Hulot. « Le Cese invite l’État à montrer l’exemple en rénovant rapidement ses propres bâtiments de façon ambitieuse et en aidant les collectivités territoriales à faire de même. »
Développer le biogaz et les mobilités alternatives
En matière de transport, le Conseil remet en question le choix du tout électrique et attire l’attention sur le développement du biogaz. Par ailleurs, « le Cese demande que les grands choix d’infrastructures de transport soient pris dès maintenant en cohérence avec l’objectif visé de neutralité carbone en 2050 et que les alternatives au transport routier individuel (transports en commun, covoiturage, ferroutage, télétravail...) soient davantage privilégiées ». Enfin, le Conseil souligne l’importance des secteurs agricole et alimentaire dans la transition énergétique et notamment le stockage de carbone.
35 milliards d’euros d’investissement demandés
Pour atteindre tous ces objectifs, le Cese demande une augmentation des fonds dédiés à la transition énergétique. Ainsi, il « demande que les 20 milliards d’euros promis pour la transition énergétique dans le cadre du Grand plan d’investissement [annoncé en septembre dernier par Edouard Philippe], soient portés à 35 milliards ». Afin de permettre aux collectivités locales d’accélérer la transition sur les territoires, le Cese demande « l’attribution d’une part de la Contribution Climat Energie (CCE) ». Enfin, une négociation au niveau européen serait nécessaire afin « d’exclure des critères de déficit et de dette publics dits de Maastricht, les financements destinés à la lutte contre le changement climatique et la transition énergétique ».
http://www.environnement-magazine.fr/energie/article/2018/03/01/117956/transition-energetique-cese-alerte-sur-retard-pris-par-france.php


01/03/18Le premier appel d'offres pour l'éolien terrestre fait baisser le tarif d'achat
Mercredi 28 février, le ministre de la transition écologique et solidaire Nicolas Hulot a annoncé les 22 lauréats de la première période de l’appel d’offres pour l’éolien terrestre : le gouvernement indique que les projets sélectionnés font baisser les coûts de soutien pour l’Etat.
« Les résultats sont sans ambiguïté : la maturité et la compétitivité de l’éolien terrestre et plus largement des énergies renouvelables sont une réalité. Nous n’en sommes qu’au début de la transition énergétique », a déclaré Nicolas Hulot à l’annonce des 22 lauréats de la première période d’appel d’offres pour l’éolien terrestre, pour une puissance de 500 MW. « Pour la première fois, ces projets ont été sélectionnés après une phase de mise en concurrence : le résultat sur la baisse des tarifs est important et préfigure une évolution du mode de sélection des projets afin d’en faire baisser le coût », explique le ministère dans un communiqué. Ainsi, le prix moyen pondéré des installations des 22 lauréats est de 65,4 euros/ MWh. Des prix « nettement inférieurs aux tarifs d’achats : -9 % par rapport à 72 euros / MWh », souligne le ministère. Par ailleurs, un tiers des projets sélectionnés font appel à un investissement participatif et bénéficient donc d’un bonus.
« Les récentes propositions issues du groupe de travail éolien permettront prochainement une accélération des rythmes de développement et une poursuite de la baisse des coûts de la filière », estime le gouvernement. Les bons résultats de cette première période d’appel d’offres concurrentiel « vont conduire le gouvernement à privilégier cette procédure pour les futurs projets, en redéfinissant le périmètre des projets éligibles aux soutiens sous forme d’appel d’offre et de tarif d’achat », est-il précisé.
Parmi les 22 lauréats, huit sont situés dans les Hauts-de-France, quatre dans les Pays-de-la-Loire, trois en Nouvelle-Aquitaine, trois en Centre-Val-de-Loire, un en Normandie, un en Bourgogne-Franche-Comté, un en Auvergne-Rhône-Alpes, et un dans le Grand-Est. Ils se voient attribuer un contrat de complément de rémunération d’une durée de 20 ans.
Cet appel d’offres, pour une puissance éolienne totale de 3 GW, est divisé en six périodes étalées sur trois ans. La seconde période de candidature se clôturera le 1er juin 2018 et portera sur une puissance de 500 MW.
http://www.environnement-magazine.fr/energie/article/2018/03/01/117957/premier-appel-offres-pour-eolien-terrestre-fait-baisser-tarif-achat.php

01/03/18Le 1er appel d'offres concurrentiel fait baisser les coûts de l'éolien terrestre
Avec 22 lauréats dans huit régions françaises, le premier appel d'offres concurrentiel de l'éolien terrestre a rempli son objectif : faire baisser les coûts de près de 10 %. Une preuve de la compétitivité des solutions selon le ministère de la Transition écologique et solidaire et le Syndicat des énergies renouvelables.
"Les résultats sont sans ambiguïté : la maturité et la compétitivité de l'éolien terrestre, et plus largement des énergies renouvelables, sont une réalité", annonce Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire qui vient de désigner les 22 lauréats d'un appel d'offres particulier. Car, pour la première fois, les projets ont été sélectionnés après une phase de mise en concurrence qui a eu pour résultat de grandement réduire les coûts.
Lancé au mois de mai 2017, cet appel d'offres éolien terrestre sera divisé en 6 périodes s'étalant sur 3 ans, conduisant globalement à l'attribution de 3 GW de puissance éoliennes. La première fournée de projets cumule donc plus de 500 MW de capacités nouvelles, réparties dans huit régions françaises. Ce sont les Hauts-de-France qui se taillent la part du lion, avec 8 parcs d'une puissance totale de 226,8 MW. La région, dont le gisement de vent et la topographie sont très favorables, dispose même des deux projets les plus importants (54 MW aux Nouvions et 36 MW à Ablaincourt). Le Centre-Val de Loire, cumule trois parcs de forte capacité (72 MW en tout) et devance les Pays de la Loire qui compteront quatre fermes éoliennes de plus (70,2 MW). La Nouvelle-Aquitaine dispose également de trois projets lauréats (63,7 MW).
Vers une mise en concurrence systématique ?
Les parcs sélectionnés disposeront d'un contrat de complément de rémunération d'une durée de 20 ans. La moyenne de prix sur l'ensemble des dossiers retenus s'établie à 65,4 €/MWh. Le ministère de la Transition écologique et solidaire note : "Les bons résultats apportés par cette nouvelle procédure concurrentielle, qui présente des prix nettement inférieurs aux tarifs d'achat (-9 %) vont conduire le Gouvernement à privilégier cette procédure pour les futurs projets, en redéfinissant le périmètre des projets éligibles aux soutiens sous forme d'appel d'offres et de tarif d'achat". A noter que, pour la première fois également, les projets faisant appel au financement participatif pourront prétendre à un bonus. Là encore, le ministère signale qu'il encouragera cette pratique permettant de mieux intégrer les collectivités et particuliers pour une meilleure appropriation locale des installations.
De son côté, le Syndicat des énergies renouvelables (SER) déclare : "Ces résultats soulignent la compétitivité sans cesse croissante, avec un coût maîtrisé et de plus en plus faible, de l'énergie éolienne et confirment la place importante qu'elle doit prendre dans le mix énergétique français". Toutefois, la filière s'inquiète de l'annonce de la généralisation de ce type d'appel d'offres concurrentiel. Elle serait, selon le SER, "de nature à fragiliser la filière" et souhaite en discuter avec les autorités. Pour Jean-Louis Bal, le président du syndicat, et Gwenaëlle Huet, celle de la commission éolienne, "le parc éolien se développera de manière d'autant plus harmonieuse que les deux dispositifs utilisés aujourd'hui - guichet ouvert et appel d'offres - demeureront en vigueur". Ils louent leur complémentarité qui permettrait de développer des fermes de toutes tailles, réparties plus harmonieusement sur le territoire.

http://www.batiactu.com/edito/1er-appel-offres-concurrentiel-fait-baisser-couts-eolien-52232.php

01/03/18 : Éolien terrestre : nette baisse des tarifs pour les futures installations 😰
Le prix de l’électricité produite par les futures installations d’éoliennes terrestres sera « nettement inférieur » au précédent tarif d’achat, selon les premiers résultats d’un appel d’offres diffusés mercredi par le gouvernement, illustrant la compétitivité croissante des énergies renouvelables.
« Les résultats sont sans ambiguïté: la maturité et la compétitivité de l’éolien terrestre et plus largement des énergies renouvelables sont une réalité », a déclaré le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, cité dans le communiqué.
Vingt-deux lauréats ont ainsi été retenus pour installer des éoliennes terrestres d’une capacité totale de 500 mégawatts (MW) et d’un prix moyen pondéré de 65,40 euros le mégawattheure. Le dernier tarif d’achat, défini en 2017, avait été fixé par arrêté à 72 euros/MWh et ne concerne que les installations de moins de 18 MW.
Pour Marion Lettry, déléguée générale adjointe du Syndicat des énergies renouvelables (SER), ces résultats démontrent que l’éolien « peut prendre une place importante dans le mix énergétique français », au moment où le gouvernement planche sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PEE), feuille de route des ambitions énergétiques pour les années à venir.
Les 500 MW attribués mercredi ne représentent que la première vague d’un appel d’offres global de 3 GW qui doit s’étaler sur trois ans.
Cette procédure est une première pour la filière depuis la modification du mécanisme de soutien à l’éolien terrestre en France, survenue l’année dernière.
Auparavant, l’électricité ainsi produite était rachetée par EDF à un tarif défini par les pouvoirs publics. Maintenant, elle sera vendue au prix du marché, auquel s’ajoutera un complément de rémunération garanti pendant vingt ans, les candidats réclamant le complément le plus bas étant privilégiés.
Un tiers des projets bénéficieront en plus d’un bonus pour avoir fait l’objet d’un financement participatif.
Ces résultats « vont conduire le gouvernement à privilégier cette procédure (d’appel d’offres) pour les futurs projets en redéfinissant le périmètre des projets éligibles aux soutiens sous forme d’appel d’offres et de tarif d’achat » (l’ancien système moins concurrentiel NDLR).
Pour le SER comme pour France énergie éolienne, l’association qui regroupe les industriels du secteur, cette annonce est un « mauvais signal » envoyé à la filière.
« Nous souhaitons que les choses se fassent de manière progressive et en concertation avec la filière », a indiqué Mme Lettry, jugeant « important de maintenir ces deux dispositifs pour assurer un développement harmonieux de l’éolien sur l’ensemble du territoire », et non pas cantonné aux régions les plus venteuses ou les plus accessibles.
« Les acteurs ont besoin de stabilité », a ajouté France énergie éolienne, précisant que la réglementation actuelle avait tout juste un an. Selon l’association, élargir le système d’appel d’offres à des installations plus petites risque de « mettre en péril un certain nombre de projets ».
Ces critiques font suite aux réactions plus favorables de mi-janvier, lorsque M. Hulot avait dévoilé des mesures pour lever les freins à l’éolien terrestre.
Parmi les dix mesures alors présentées figuraient notamment la modification de la répartition des retombées fiscales, en augmentant la part qui revient aux communes accueillant des éoliennes, et la suppression d’un niveau de juridiction pour les recours, qui seront directement traités par les cours administratives d’appel.
En 2017, 1.797 MW d’éolien ont été raccordés au réseau selon le « Panorama de l’électricité renouvelable » diffusé début février. « C’est la meilleure année jamais faite », avait réagi auprès de l’AFP Jean-Louis Bal, président du SER.
https://www.goodplanet.info/actualite/2018/03/01/eolien-terrestre-nette-baisse-tarifs-futures-installations/


01/03/18 : Appel d’offres éolien session 1 : qui sont les lauréats ?
« Cet appel d’offres est un appel d’air », formule Damien Ricordeau, président du cabinet de conseil Finergreen qui vient de livrer une analyse détaillée (consultable ci-dessous) de la première session de la compétition éolienne. Un exercice inédit dont les résultats ont été publiés hier et dans lequel la région Hauts-de-France se taille la part du lion : 226 MW sur les 500 MW attribués. Du coté des entreprises gagnantes, Damien Ricordeau observe un double mouvement : l’arrivée d’acteurs en provenance d’Allemagne, de Suisse et d’Autriche d’une part, la réussite de développeurs de taille moyenne, de l’autre.
Les leaders quasi-absents
De fait, les deux leaders du marché français sont quasi absents de ce round inédit : Engie n’y figure pas et EDF EN n’obtient que 10 MW. « Six seulement des 20 premiers IPP(producteurs indépendants d’électricité) éoliens font partie des lauréats de cette première tranche d’AO, pour 46% de la capacité totale lauréate », a calculé Finergreen. La place des leaders est prise par des développeurs venus surtout d’Outre-Rhin, parfois présents depuis longtemps en France comme WPD (lauréat de 65 MW sur trois parcs dans le Cantal, en Vendée et en Charente) ou le turbinier Nordex, basé à Hambourg, qui se transforme ici en développeur offensif et obtient 100 MW.
Vent d’Est
Mais le palmarès de cette première période se caractérise surtout par ces tout nouveauxarrivants venus de l’Est, comme Volkswind, filiale de l’énergéticien suisse Axpo, titulaire de 56 MW ou bien Vents du Nord (32 MW), filiale du groupe Loscon, basé à Berlin. W.E.B. Windenergie, qui obtient 18 MW, est un développeur d’origine autrichienne bien implanté en Allemagne, et David Energies, lauréat de 21 MW est pour sa part un développeur multiénergies basé à Angers (Maine-et-Loire) mais avec un bureau à Hambourg et c’est en Allemagne que David Energies a réalisé ses premiers projets éoliens.
Les indépendants de taille moyenne à l’honneur
Cette première compétition éolienne sous le régime de la vente sur le marché avec complément de rémunération, un double mécanisme concurrentiel dont les acteurs germaniques sont familiers, affiche donc des couleurs résolument européennes. Elle est aussi l’occasion pour les développeurs français indépendants puissants comme Quadran, mais aussi de taille moyenne, de conquérir des affaires : c’est le cas par exemple de Valorem sur 36 MW et de Valeco pour 32 MW, entre autres. On remarque aussi la présence d’une société d’économie mixte, GEG Source d’énergie, fournisseur d’énergie basé à Grenoble et initialement régie municipale de distribution de gaz. Cette SEM est retenue pour un projet de 15 MW.
Consultez l’analyse de l’appel d’offres éolien tranche 1 (ici en PDF)

01/03/18General Electric veut développer une éolienne de 12 MW
L'énergéticien General Electric a annoncé sa volonté de lancer la fabrication d'une éolienne de 12 MW. Ce sera la machine la plus puissance en la matière. Baptisé Haliade-X, elle culminera à 260 mètres de hauteur, et sera composée d'un rotor de 220 mètres, de pales de 107 mètres de long et disposera d'une envergure de 17.000 m2. Ces caractéristiques devraient lui conférer un facteur de charge 5 à 7 points au-dessus des turbines actuellement disponibles sur le marché.
Cette éolienne est destinée au marché de l'éolien en mer. Avec une projection de croissance de 17 à plus de 100 GW dans les 12 prochaines années, ce marché est en pleine expansion. Il représentera à court terme 20% du marché de l'éolien mondial. "L'Haliade-X 12 MW permettra une diminution des coûts de l'éolien en mer, positionnant nos clients pour gagner dans un environnement de plus en plus compétitif", explique Jérôme Pécresse, président directeur général de GE Renewable Energy.
L'Haliade-X sera construite en France dans les usines du groupe de Nantes, Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) et de Cherbourg (Manche). Pour cela, GE investira environ 60 millions de dollars au cours des cinq prochaines années dans la modernisation de son usine de Saint-Nazaire, où les nacelles seront produites. Près de 100 millions de dollars supplémentaires seront investis dans l'usine LM Wind Power de Cherbourg qui fabriquera les pales et qui ouvrira ses portes en 2018. GE Renewable Energy prévoit d'installer la première nacelle de démonstration au second trimestre 2019, et d'amorcer la livraison de la turbine d'ici 2021.

Présentation 
https://www.actu-environnement.com/ae/news/general-electric-eolienne-haliadex-30758.php4

28/02/18Boralex clôture un financement de 136 M€ en France
Boralex inc. (« Boralex » ou la « Société ») (TSX: BLX) annonce le financement visant les parcs éoliens Inter Deux Bos (33 MW), Côteaux du Blaiseron (26 MW), Le Pelon (10 MW), Hauts de Comble (20 MW) et Sources de l'Ancre (23 MW), pour un montant total d'environ 136 M€ (212 M$CAN) en France. Ce financement est assuré par le Crédit Industriel et Commercial, Auxifip, Caisse Régionale de Crédit Agricole Mutuel Nord de France et BPI France Financement.
Ce financement est établi sur un ratio de dette/équité de 80/20 et se compose d'une tranche à taux fixe amortie sur 15 ans de 108,8 M€ et d'une tranche à taux variable de 27,2 M€ amortie, elle aussi, sur une période de 15 ans. Compte tenu des contrats de couverture et des tirages en vigueur, le taux moyen combiné des deux tranches est d'environ 2,60%. Au-delà des tranches à long terme, le financement comporte aussi des tranches à court terme d'un montant total de 20,4 M€ (31,8 M$CAN) destiné à couvrir les besoins de fonds temporaires reliés à la taxe sur la valeur ajoutée française.
Le tirage de la dette des projets Hauts de Comble et Côteaux du Blaiseron reste soumis à certaines conditions usuelles qui devraient être levées au cours des prochaines semaines.
Enfin, la construction de chacun des projets est déjà amorcée ou le sera au cours des prochains mois et leur mise en service est prévue entre la fin de 2018 et 2019. [...]
https://www.newswire.ca/fr/news-releases/boralex-cloture-un-financement-de-136-m-en-france-675386303.html

28/02/18Le premier appel d'offres éolien fait baisser les coûts
Les 22 parcs éoliens sélectionnés par l'Etat, pour la première fois par un appel d'offres, bénéficieront d'un soutien à hauteur de 65,4€/Mwh. Un prix plus faible que le tarif d'achat octroyé jusqu'à maintenant, ce qui conforte l'Etat sur cette voie. 

Le ministère de la Transition écologique a sélectionné 22 projets de parcs éoliens via un appel d'offres, une procédure inédite dans cette filière et mise en place en 2017 pour les parcs de plus de six mâts. Au total 500 MW supplémentaires vont s'ériger sur le territoire dans les prochaines années. Ils complèteront un parc installé de 13.559 MW selon les dernières données de RTE.
Pour la première fois, les projets ont été mis en concurrence. Le prix a été le seul critère de sélection. Le cahier des charges prévoyait un prix plafond de 74,8 €/MWh. Résultat, les 22 projets lauréats présentent un prix moyen pondéré de 65,4€/MWh soit 9% de moins que le tarif d'achat d'électricité accordé jusqu'à aujourd'hui (72€/MWh). Les parcs vendront leur électricité sur le marché et bénéficieront d'un complément de rémunération d'une durée de 20 ans, versé par l'Etat, qui leur garantira la rémunération souhaitée. Un tiers des projets bénéficieront d'un bonus via le recours au financement participatif.
"À travers les résultats de cette première période, la filière apporte à nouveau la preuve de sa maturité et du potentiel de baisse des coûts qui est le sien", commente le ministère. "Ces résultats soulignent la compétitivité sans cesse croissante, avec un coût maîtrisé et de plus en plus faible, de l'énergie éolienne et confirment la place importante qu'elle doit prendre dans le mix électrique français", renchérit le Syndicat des énergies renouvelable dans un communiqué.
L'appel d'offres séduit le Gouvernement
Si la baisse des coûts est un bon point pour l'image de l'éolien, elle conforte l'Etat dans le choix du processus d'appel d'offres. "Le résultat sur la baisse des tarifs est important et préfigure une évolution du mode de sélection des projets afin d'en faire baisser le coût", explique-t-il. Le ministère de la Transition écologique envisage déjà de redéfinir le périmètre des projets soumis à appel d'offres. Sont concernées actuellement les installations d'au minimum sept aérogénérateurs et celles dont un des aérogénérateurs a une puissance nominale supérieure à 3MW. Le périmètre pourrait être élargi à de plus petits parcs qui passent aujourd'hui par un guichet ouvert, autrement dit sans sélection. Une approche déjà privilégiée par la Commission de régulation de l'énergie (CRE) qui aurait souhaité que les appels d'offres concernent également les parcs de six mâts.
Mais cette évolution inquiète le SER : "privilégier la procédure d'appel d'offres pour les futurs projets en redéfinissant le périmètre du guichet ouvert serait de nature à fragiliser la filière et devra faire l'objet d'échanges avec la profession". "Le parc éolien se développera de manière d'autant plus harmonieuse que les deux dispositifs utilisés aujourd'hui - guichet ouvert et appel d'offres – demeureront en vigueur. Leur complémentarité permet de développer des projets de toute taille et de répartir de manière équilibrée l'ensemble du parc éolien dans les différentes régions françaises", expliquent Jean-Louis Bal, président du SER et Gwenaëlle Huet, présidente de la commission éolienne.
Lancé dès mai 2017, l'appel d'offres éolien terrestre est divisé en six périodes s'étalant sur trois ans et conduira à l'attribution d'un total de 3GW de puissance éolienne. La seconde période de candidature à l'appel d'offres, dont la clôture aura lieu le 1er juin prochain, portera également sur une puissance de 500 MW.

https://www.actu-environnement.com/ae/news/appel-offres-eolien-30748.php4

28/02/18Eolien terrestre: nette baisse des tarifs pour les futures installations
Le prix de l’électricité produite par les futures installations d’éoliennes terrestres sera «nettement inférieur» au précédent tarif d’achat, selon les premiers résultats d’un appel d’offres diffusés mercredi par le gouvernement, illustrant la compétitivité croissante des énergies renouvelables.
«Les résultats sont sans ambiguïté: la maturité et la compétitivité de l’éolien terrestre et plus largement des énergies renouvelables sont une réalité», a déclaré le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, cité dans le communiqué.
Vingt-deux lauréats ont ainsi été retenus pour installer des éoliennes terrestres d’une capacité totale de 500 mégawatts (MW) et d’un prix moyen pondéré de 65,40 euros le mégawattheure. Le dernier tarif d’achat, défini en 2017, avait été fixé par arrêté à 72 euros/MWh et ne concerne que les installations de moins de 18 MW.
Pour Marion Lettry, déléguée générale adjointe du Syndicat des énergies renouvelables (SER), ces résultats démontrent que l’éolien «peut prendre une place importante dans le mix énergétique français», au moment où le gouvernement planche sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PEE), feuille de route des ambitions énergétiques pour les années à venir.
Les 500 MW attribués mercredi ne représentent que la première vague d’un appel d’offres global de 3 GW qui doit s’étaler sur trois ans.
Cette procédure est une première pour la filière depuis la modification du mécanisme de soutien à l’éolien terrestre en France, survenue l’année dernière.
Auparavant, l’électricité ainsi produite était rachetée par EDF à un tarif défini par les pouvoirs publics. Maintenant, elle sera vendue au prix du marché, auquel s’ajoutera un complément de rémunération garanti pendant vingt ans, les candidats réclamant le complément le plus bas étant privilégiés.
Un tiers des projets bénéficieront en plus d’un bonus pour avoir fait l’objet d’un financement participatif.
- «Besoin de stabilité» -
Ces résultats «vont conduire le gouvernement à privilégier cette procédure (d’appel d’offres) pour les futurs projets en redéfinissant le périmètre des projets éligibles aux soutiens sous forme d’appel d’offres et de tarif d’achat» (l’ancien système moins concurrentiel NDLR).
Pour le SER comme pour France énergie éolienne, l’association qui regroupe les industriels du secteur, cette annonce est un «mauvais signal» envoyé à la filière.
«Nous souhaitons que les choses se fassent de manière progressive et en concertation avec la filière», a indiqué Mme Lettry, jugeant «important de maintenir ces deux dispositifs pour assurer un développement harmonieux de l’éolien sur l’ensemble du territoire», et non pas cantonné aux régions les plus venteuses ou les plus accessibles.
«Les acteurs ont besoin de stabilité», a ajouté France énergie éolienne, précisant que la réglementation actuelle avait tout juste un an. Selon l’association, élargir le système d’appel d’offres à des installations plus petites risque de «mettre en péril un certain nombre de projets».
Ces critiques font suite aux réactions plus favorables de mi-janvier, lorsque M. Hulot avait dévoilé des mesures pour lever les freins à l’éolien terrestre.
Parmi les dix mesures alors présentées figuraient notamment la modification de la répartition des retombées fiscales, en augmentant la part qui revient aux communes accueillant des éoliennes, et la suppression d’un niveau de juridiction pour les recours, qui seront directement traités par les cours administratives d’appel.
En 2017, 1.797 MW d’éolien ont été raccordés au réseau selon le «Panorama de l’électricité renouvelable» diffusé début février. «C’est la meilleure année jamais faite», avait réagi auprès de l’AFP Jean-Louis Bal, président du SER
http://www.liberation.fr/futurs/2018/02/28/eolien-terrestre-nette-baisse-des-tarifs-pour-les-futures-installations_1632978

28/02/18Appel d’offres éolien : 22 lauréats pour un tarif moyen de 65,4 €/MWh
Les résultats de la première tranche de l’appel d’offres éolien terrestre, close il y a déjà trois mois, ont été rendus publics aujourd’hui par le Ministère de la transition écologique et solidaire (MTES) ; 22 projets (liste consultable ci-dessous) ont été retenus, pour 500 MW, sur les 900 MW présentés selon nos informations. Cette première compétition, sous le régime du complément de rémunération, aura donc été plus fréquentée que ne le prévoyait en novembre dernier la filière éolienne.
Appels d’offres pour tout le monde ?
Dans son communiqué, le MTES note avec satisfaction que le tarif moyen ressort à 65,4 €/MWh et souligne qu’il est inférieur de 9 % au tarif d’achat de 72 €/MWh – réservé aux projets de 6 turbines au maximum. Surtout, le communiqué annonce que « les bons résultats apportés par cette nouvelle procédure concurrentielle (…) vont conduire le gouvernement à privilégier cette procédure pour les futurs projets, en redéfinissant le périmètre des projets éligibles aux soutiens sous forme d’appel d’offre et de tarif d’achat ». Entendre : appel d’offres généralisé à tous les projets, conformément aux demandes de la Commission européenne, quelle que soit leur taille. Ce qui n’a pas manqué de faire réagir immédiatement...
https://www.greenunivers.com/2018/02/appel-doffres-eolien-22-laureats-tarif-moyen-de-654-e-mwh-177310/

28/02/18Les premiers résultats de l'appel d'offres sur l'éolien terrestre dévoilés
Vingt-deux lauréats ont été retenus pour installer des éoliennes terrestres d'une capacité totale de 500 mégawatts, à l'issue du premier appel d'offres pour ce type de projet, a annoncé mercredi le ministère de la Transition écologique et solidaire.
Le prix moyen pondéré proposé par les lauréats est de 65,4 euros par mégawattheure (MWh), un prix "nettement inférieur" au précédent tarif d'achat, a souligné le communiqué. "Les résultats sont sans ambiguïté: la maturité et la compétitivité de l'éolien terrestre et plus largement des énergies renouvelables sont une réalité", a déclaré Nicolas Hulot, cité dans le communiqué.
Le dernier tarif d'achat date de 2017 et avait été fixé par arrêté à 72 euros/MWh. Il concernait les installations de moins de 18 MW.
Ces 500 MW attribués représentent la première tranche d'un appel d'offres global de 3 GW qui doit s'étaler sur trois ans. Une procédure inédite qui fait suite à la modification du mécanisme de soutien à l'éolien terrestre en France l'année dernière. Auparavant, l'électricité ainsi produite était rachetée par EDF à un tarif défini par les pouvoirs publics. Maintenant, elle sera vendue au prix du marché, auquel s'ajoute un complément de rémunération garanti pendant vingt ans, les candidats réclamant le complément le plus bas étant privilégiés.
Un tiers des projets bénéficieront en plus d'un bonus pour avoir fait l'objet d'un financement participatif.
En 2017, 1 797 MW d'éolien ont été raccordés au réseau selon le "Panorama de l'électricité renouvelable" diffusé début février. "C'est la meilleure année jamais faite", avait réagi auprès de l'AFP Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER).
https://www.connaissancedesenergies.org/afp/les-premiers-resultats-de-lappel-doffres-sur-leolien-terrestre-devoiles-180228

28/02/18Net-Wind accompagne la vie des éoliennes 😏
Initialement spécialiste de la maintenance des éoliennes, cette société nantaise se place désormais dans l'installation, le démontage et la valorisation des éoliennes en fin de vie.
Engin complexe, une éolienne nécessite de 100 à 150 heures de maintenance par an. Au-delà de la vidange de la boîte de vitesses, l'entretien met en oeuvre des compétences mécaniques, électriques, hydrauliques, informatiques... « La maintenance est curative, préventive et de plus en plus prédictive », mentionne Didier Evano, cofondateur de Net-Wind.
Cette société de La Chevrolière, près de Nantes, s'est positionnée dès 2011 sur ce marché de la maintenance, ses concurrents étant essentiellement les constructeurs d'éoliennes ou les services internes des grands énergéticiens , exploitant les parcs. De fait, Net-Wind se présente comme un pure player indépendant et français, le seul selon Didier Evano.
Forte de 50 salariés sur cinq centres de service en France, la PME entend se distinguer en matière de formation et de sécurité. « Nous n'avons jamais eu d'accidents graves », se félicite le dirigeant de Net-Wind, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 4,5 millions d'euros en 2017. La société vise 10 millions d'euros en 2020 et vient de lever 840.000 euros pour accompagner cet essor.
Net-Wind a aussi grandi en rachetant la branche maintenance d'Areva dans l'éolien terrestre, en 2014, puis en élargissant son panel d'activités. Il fait désormais figure d'installateur , fort d'une première référence sur le parc d'Aunis, en Charente-Maritime, où il a implanté 9 turbines l'année dernière.
Bonnes perspectives
Net-Wind a aussi créé Mywindparts, une société spécialisée dans les pièces détachées pour les éoliennes. Et c'est désormais sur le démontage et le recyclage des éoliennes en fin de vie qu'il entend désormais se placer. L'entreprise est cheffe de file d'un projet pilote (D3R) de filière complète de démontage et de valorisation des éoliennes, en partenariat avec les pouvoirs publics et la ville de Châlons-en-Champagne
Selon Didier Evano, des procédés innovants sont à l'étude pour valoriser le composite des pales. Les aimants, issus des terres rares, seront également stockés en attendant de nouvelles possibilités de valorisation. « Nous espérons être prêts en 2020 », poursuit le dirigeant. C'est à ce moment que sont attendus les premiers gros volumes à recycler. On estime à 1.500 le nombre de machines à démonter dans les cinq ans à venir. Dans le même temps, une centaine de nouveaux parcs pourraient être installés chaque année en France.
Effectif: 50 salariés
Chiffre d'affaires: 4,5 millions
Activité : mécanique
https://www.lesechos.fr/pme-regions/actualite-pme/0301339422172-net-wind-accompagne-la-vie-des-eoliennes-2157231.php

28/02/18 : Consultation autour d’un projet de décret pour l’assouplissement des règles pour l’éolien terrestre 
Un projet de décret relatif aux éoliennes terrestres et portant diverses dispositions de simplification et clarification du droit de l’environnement est mis en consultation sur le site du ministère de l’Ecologie jusqu’au 8 mars 2018. Le projet propose plusieurs évolutions du code de l’environnement, du code de la justice administrative, et du code de l’urbanisme, destinées à simplifier le droit applicable aux éoliennes, à améliorer le dispositif de l’autorisation environnementale au niveau réglementaire, tout en en corrigeant diverses imperfections et erreurs matérielles et à mettre à jour, améliorer et clarifier différentes autres procédures du code de l’environnement.
http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/csprt-du-13-mars-2018-projet-de-decret-relatif-aux-a1784.html
http://batijournal.com/consultation-autour-dun-projet-de-decret-lassouplissement-regles-leolien-terrestre/98503

27/02/18 : Assouplissement des règles pour l'éolien terrestre : un projet de décret en consultation😠
Un projet de décret visant notamment à simplifier le droit de l'éolien terrestre est mis en consultation jusqu'au 8 mars sur le site du ministère de l'Ecologie. Il comporte aussi de nombreuses autres dispositions destinées à améliorer le dispositif de l'autorisation environnementale au niveau réglementaire et à clarifier diverses procédures du code de l'environnement.
Le ministère de la Transition écologique a ouvert jusqu'au 8 mars une consultation sur un projet de décret relatif aux éoliennes terrestres et portant diverses dispositions de simplification et clarification du droit de l'environnement. Ce texte, qui propose plusieurs évolutions des codes de l'environnement, de la justice administrative et de l'urbanisme, vise notamment à traduire au niveau réglementaire les conclusions du groupe de travail gouvernemental sur l'éolien terrestre dévoilées le 18 janvier dernier qui appelaient à simplifier le droit applicable aux éoliennes.
Simplification du droit de l'éolien terrestre
Le projet de décret prévoit ainsi de confier en premier ressort le contentieux de l'éolien terrestre aux cours administratives d'appel, avec des dispositions transitoires pour les contentieux en cours, et instaure le principe de la "cristallisation des moyens". Il entend également modifier le code de l'environnement pour, dans le dossier de demande d'autorisation, supprimer l'obligation de transmettre les éléments justifiant la constitution effective des capacités techniques et financières au plus tard à la mise en service de l'installation et ne demander que le montant des garanties financières prévues, et non plus leur nature et leurs délais de constitution. Toujours au niveau du dossier de demande d'autorisation, la conformité aux documents d'urbanisme, quand ceux-ci sont en cours de modification, ne serait plus exigée et le résultat des calculs établissant la compatibilité avec les radars météo dans le "deuxième cercle" serait demandé comme pièce du dossier (l'avis conforme n'étant maintenu que dans le "premier cercle").
Les codes de l'environnement et de l'urbanisme seraient aussi modifiés. Le premier serait revu de façon à restreindre les cas d'avis conforme de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), en faisant référence à un arrêté fixant des critères pour les questions "hors radar" et en clarifiant, pour les radars, que l'avis conforme n'est requis que dans les périmètres fixés par arrêté. Le second serait lui aussi révisé pour permettre d'éviter une double procédure de modification de l'autorisation environnementale et de permis de construire lors de la modification d'un parc autorisé sous l'ancien régime des installations classées pour la protection de d'environnement (ICPE).
Autorisation environnementale
Le projet de décret entend aussi améliorer le dispositif de l'autorisation environnementale au niveau réglementaire, tout en en corrigeant diverses imperfections et erreurs matérielles. Il prévoit ainsi que le pétitionnaire peut joindre au dossier une notice proposant au préfet des prescriptions de nature à assurer le respect des intérêts protégés par le code de l'environnement. Il propose aussi d'améliorer la cohérence entre l'étude d'impact et l'étude d'incidences pour éviter de doublonner des dossiers relatifs à des projets IOTA (installations, ouvrages, travaux et activités). En outre, il ajuste le contenu du dossier exigé pour les barrages, digues et systèmes d'endiguement, en supprimant des redondances, et entend simplifier et clarifier la procédure applicable à la mise en œuvre des systèmes d'endiguements dans le cadre de la Gemapi (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations). Il réintroduit également des dispositions qui avaient été oubliées comme le fait de demander dans le dossier les éléments relatifs à une installation classée soumise à enregistrement incluse dans le périmètre d'une autorisation environnementale. Il supprime la mention au niveau du décret au Conseil d'État de certaines consultations internes à l'État ne résultant pas d'une disposition législative, "selon la logique que le préfet est responsable de consulter qui il estime nécessaire", selon la présentation de la consultation. Le projet de décret modifie par ailleurs le point de départ du délai de deux mois de la phase de décision, "afin d'améliorer l'opposabilité de la date en question" ainsi que l'article R.423-58 du code de l'urbanisme pour éviter la réalisation d'une double enquête publique dans le cas particulier où le dossier de permis de construire serait déposé avant le dossier de demande d'autorisation environnementale. Il corrige également plusieurs erreurs de référence et apporte diverses améliorations rédactionnelles.
Autres procédures du code de l'environnement
Enfin, le projet de décret vise à mettre à jour et à clarifier différentes autres procédures du code de l'environnement. Ainsi, il propose le passage en "silence vaut accord" de la procédure d'enregistrement ICPE uniquement dans les cas où il n'y a ni bascule dans le régime d'autorisation (notamment lorsque le préfet estime que le projet doit faire l'objet d'une évaluation environnementale) ni demande par l'exploitant de prescriptions particulières dérogeant aux règles nationales. Il prévoit la publication des mesures de police de l'environnement, afin notamment de donner un point de départ aux délais de recours pour les tiers. Il veut rendre obligatoire la transmission d'une version électronique du dossier de déclarations IOTA (comme pour l'autorisation environnementale) et rappelle l'obligation d'un recours administratif préalable aux recours contentieux. Il apporte des précisions rédactionnelles sur les déclarations ICPE soumises à contrôle périodique. Il prévoit aussi la modification de trois articles du code de l'environnement pour prendre en compte la simplification introduite par le projet d'article 35 I. de la loi pour un Etat au service d'une société de confiance (sous réserve de vote final conforme) concernant la procédure de dérogation prévue par la directive relative aux émissions industrielles (IED). Enfin des références doivent être actualisées dans le cadre de la procédure de délivrance de certificats concernant les gaz fluorés, d'une part, et suite à une évolution législative (loi de transition écologique de 2015) concernant l'obligation de constitution de cartes de bruit.
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https://www.caissedesdepotsdesterritoires.fr/cs/ContentServer?pagename=Territoires/Articles/Articles&cid=1250280674232

23/02/18Les énergies renouvelables deviennent une source non négligeable de revenus pour les agriculteurs
Plus de 50.000 exploitations agricoles produisent des EnR, révèle l'Ademe. Une production qui peut générer jusqu'à 15.000 euros de revenus par an. Les agrocarburants, prépondérants, devraient laisser plus de place à l'éolien et au biogaz à l'avenir.
Les agriculteurs s'intéressent de plus en plus à la production d'énergies renouvelables (EnR). L'organisation par la FNSEA et le Syndicat des énergies renouvelables (SER) d'une journée dédiée sur le Salon de l'agriculture le démontre. Au-delà de la prise en compte de l'enjeu des changements climatiques, cette production commence à compter dans les revenus des exploitations agricoles, révèle une étude de l'Ademe publiée jeudi 22 février.
Selon cette dernière, le secteur agricole a produit 20% des EnR nationales en 2015 à travers plus de 50.000 exploitations. Avec 4,5 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) produites, "l'agriculture produit aujourd'hui autant d'énergies renouvelables qu'elle consomme d'énergies conventionnelles", se félicite le ministère de la Transition écologique.
Cette contribution prend plusieurs formes, explique l'étude : autoconsommation de chaleur et d'électricité pour réduire la facture énergétique de l'exploitation, production et vente de biomasse pour la production d'EnR, vente d'électricité ou de gaz directement sur les réseaux, ou encore mise à disposition de surfaces pour les installations de panneaux solaires ou d'éoliennes.
Si toutes les filières agricoles contribuent à la production, elles sont loin d'être au même niveau. Ce sont les grandes cultures qui sont les plus contributrices via les biocarburants et l'installation d'éoliennes. Logiquement, ce sont donc les régions où ces filières sont les mieux représentées qui arrivent en tête de la production : Grand Est, Hauts-de-France et Centre-Val de-Loire.
Des revenus portés par les agrocarburants
En termes de revenus, la contribution du secteur agricole à la production d'EnR représentait un chiffre d'affaires de 1,4 milliard d'euros (Md€) en 2015, soit l'équivalent de 2% du chiffre d'affaires de l'agriculture française. La répartition des revenus entre les différentes sources est très hétérogène. Ces revenus sont portés principalement par les agrocarburants (1 Mds€), suivis du photovoltaïque (105 M€), de la méthanisation (88 M€), de la biomasse chaleur (85 M€) et, enfin, de l'installation d'éoliennes (34 M€). "A ce chiffre d'affaires s'ajoutent 112 millions d'euros d'économies sur la facture énergétique des exploitations par l'autoconsommation de biomasse, la mise en place d'installations de solaire thermique et de pompes à chaleur", précise l'étude.
"Ces chiffres, encore mesurés par rapport à l'ensemble du secteur agricole, génèrent néanmoins un impact économique significatif pour les agriculteurs engagés dans ces projets", relève l'Ademe. Les EnR permettent en effet aux agriculteurs de diversifier leurs revenus pour des montants allant de quelques milliers d'euros de réduction de leur facture énergétique à plus de 15.000 euros de revenus supplémentaires par an, souligne l'étude. Des chiffres, ajoute-t-elle, qui sont à mettre en perspective avec le revenu agricole moyen, évalué à 25.400 euros par an en 2015.
Production multipliée par trois d'ici 2050
Ces revenus, même s'ils restent encore modestes et proviennent essentiellement des grandes cultures à travers les agrocarburants, sont appelés à croître. L'étude estime que la production d'EnR pourrait être multipliée par deux (9 Mtep) à l'horizon 2030 et par trois en 2050 (15,8 Mtep). Cette évolution quantitative s'accompagnerait d'une évolution du mix énergétique : "selon les hypothèses prises pour cette prospective, l'éolien et le biogaz deviendraient les premières énergies renouvelables issues du secteur agricole", révèle l'Ademe. La baisse des agrocarburants agricoles devrait notamment résulter du développement des biocarburants de deuxième génération qui utilisent davantage de biomasse forestière et de déchets.
Selon l'étude, ce sont quelque 280.000 exploitations qui deviendraient productrices en 2050. La part du chiffre d'affaires devrait se développer fortement, donnant lieu à "une véritable filière agricole économiquement équivalente aux autres". D'où l'enjeu, insiste-t-elle, de "renforcer dès aujourd'hui l'animation et l'organisation de cette filière".
Une préconisation que Nicolas Hulot fait sienne. "Avec la nouvelle programmation pluriannuelle de l'énergie, nous allons encore accélérer et faire en sorte que chaque agriculteur qui le souhaite puisse s'engager pour le solaire, l'éolien, ou le biogaz", annonce le ministre de la Transition écologique.
https://www.actu-environnement.com/ae/news/energies-renouvelables-EnR-revenus-agriculteurs-etude-Ademe-30726.php4


23/02/18Compétence judiciaire pour ordonner la démolition d’une éolienne
Le juge judiciaire peut ordonner la démolition d’une éolienne dont le permis de construire a été annulé par la juridiction administrative, quand bien même cette démolition fera obstacle à la poursuite de l’activité de cette installation classée pour la protection de l’environnement.
L’article L. 480-13 du code de l’urbanisme, dans sa rédaction issue de la loi portant engagement national pour le logement (ENL) du 13 juillet 2006 (et avant sa réécriture par la loi Macron, v. ci-dessous), prévoit que, dans l’hypothèse où une construction a été édifiée conformément à un permis de construire, le propriétaire ne pourra être condamné par le juge judiciaire à la démolir que si le permis de construire a été préalablement annulé pour excès de pouvoir par le juge administratif. Par ailleurs, le propriétaire ne pourra être condamné au paiement de dommages-intérêts que si le permis de construire a été annulé ou son illégalité constatée par le juge administratif. Par dérogation à la prescription de cinq ans de l’article 2224 du code civil, l’action en responsabilité civile de l’article L. 480-13 doit être engagée au plus tard deux ans après l’achèvement des travaux (cette date s’appréciant in concreto comme celle où la construction « est en état d’être affectée à l’usage auquel elle est destinée », v. not. Civ. 3e, 6 janv. 1999, n° 96-18.197, Constr.-Urb. 1999, n° 229).
Contrairement au Tribunal des conflits (T. confl., 16 mars 1994, Muller, n° 2911, Lebon 📃; D. 1994. 238 📃), la Cour de cassation a jugé que l’action en démolition de l’article L. 480-13 du code de l’urbanisme ne trouvait à s’appliquer qu’aux constructions soumises à la délivrance préalable d’un permis de construire, de sorte que le juge judiciaire était compétent pour ordonner la démolition d’une construction soumise au régime de la déclaration, sans que le juge administratif ait eu préalablement à se prononcer sur la légalité de cette autorisation (Civ. 3e, 2 oct. 1996, n° 92-13.724, D. 1996. 236 📃; AJDI 1997. 39 📃; ibid. 40, obs. H. Fabre-Luce 📃).
La démolition d’une installation classée pour la protection de l’environnement
Dans l’espèce ayant donné lieu à l’arrêt commenté, le préfet du Morbihan avait, par arrêté du 8 avril 2005, délivré à une société un permis de construire quatre éoliennes et un poste de livraison sur le territoire de la commune de Guern (sur la compétence de l’État pour la délivrance d’un tel permis de construire, v. C. urb., art. L. 422-2).
Et, depuis l’intervention de la loi « Grenelle II » du 12 juillet 2010 (v. C. envir., art. L. 553-1) et de son décret d’application n° 2011-984 du 23 août 2011, les éoliennes sont soumises à la législation sur les installations classées pour la protection de l’environnement. Conformément à ces nouvelles dispositions, l’exploitant avait été autorisé à poursuivre l’exploitation de ses éoliennes en sollicitant une autorisation dans l’année suivant la publication du décret précité.
Parallèlement, plusieurs requérants ont sollicité et obtenu du juge administratif l’annulation définitive de l’arrêté du préfet du Morbihan du 8 avril 2005 (v., pour le rejet du pourvoi contre l’arrêt de la CAA de Nantes, CE 28 sept. 2012, n° 340285).
Les requérants se sont alors tournés vers le juge judiciaire afin qu’il ordonne, sur le fondement des dispositions de l’article L. 480-13 du code de l’urbanisme, la démolition des éoliennes dont le permis de construire avait été définitivement annulé.
Une question délicate était toutefois soumise au juge judiciaire : si la non-conformité du projet de parc d’éoliennes aux règles d’urbanisme avait bien été sanctionnée par le juge administratif, cette exploitation demeurait légalement autorisée au titre de la police administrative spéciale des installations classées pour la protection de l’environnement. Or le Tribunal des conflits a été amené à juger que le juge judiciaire ne pouvait, dans l’exercice de ses compétences juridictionnelles, prendre des mesures susceptibles de contrarier « les prescriptions édictées par l’administration dans l’intérêt de la société et de la salubrité publique » (T. confl., 13 oct. 2014, n° 3964, Lebon 📃; AJDA 2014. 2398 📃). Le juge judiciaire peut ainsi condamner l’exploitant d’une installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE) à indemniser les troubles anormaux de voisinage (not., Civ. 1re, 15 mai 2001, n° 99-20.339, D. 2001. 2242 📃; RDI 2001. 360, obs. M. Bruschi 
📃 ; ibid. 2002. 370, obs. Y. Jégouzo et F. G. Trébulle 📃) ou ordonner la suspension d’une installation régulièrement autorisée afin de supprimer les nuisances résultant de son exploitation, « dès lors qu’il n’est pas soutenu que cette mesure contrarierait les prescriptions de l’administration » (Civ. 1re, 13 juill. 2004, n° 02-15.176, AJDA 2005. 1235 📃, note M. Moliner-Dubost 📃; D. 2004. 2349 📃 ; AJDI 2004. 917 📃 ; RDI 2005. 40, obs. F. G. Trébulle 📃).
Se fondant sur ces précédents, la cour d’appel de Rennes avait décliné sa compétence pour connaître de l’action en démolition des éoliennes au motif que, quand bien même le juge administratif a reconnu l’irrégularité de la construction au regard des règles d’urbanisme, le juge judiciaire ne peut en ordonner la démolition dès lors que celle-ci aurait pour effet de remettre en cause la poursuite de l’activité de ces installations, qui relèvent, pour leur exploitation, de la législation relative aux ICPE.
Ce raisonnement est censuré par la Cour de cassation, qui reproduit ici un raisonnement qu’elle avait précédemment retenu (Civ. 3e, 22 mai 1997, n° 93-20.957, D. 1998. 61 
📃, obs. A. Robert 📃 ; AJDI 1998. 114 📃, obs. H. Fabre-Luce 📃) : le principe de la séparation des autorités administratives et judiciaires s’oppose seulement à ce que le juge judiciaire substitue sa propre appréciation à celle de l’autorité administrative titulaire des pouvoirs de police spéciale des ICPE. Et, s’il appartient au seul juge administratif de se prononcer sur la légalité des autorisations délivrées au titre de cette législation (par application des critères fixés par le code de l’environnement), en revanche, dès lors que le permis de construire autorisant la construction d’une telle ICPE a été annulé par la juridiction administrative, le juge judiciaire est compétent pour ordonner la démolition de l’éolienne érigée en méconnaissance des règles d’urbanisme.
La nouvelle action en démolition après la loi Macron
Il est à noter que la loi n° 2015-990 du 6 août 2015 pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques, dite « loi Macron », a totalement réformé l’action en démolition de l’article L. 480-13 du code de l’urbanisme (sur l’entrée en vigueur de cette réforme, v. Civ. 3e, 23 mars 2017, n° 16-11.081, AJDA 2017. 653 📃 ; D. 2017. 762 📃 ; RSC 2017. 322, obs. J.-H. Robert 📃).
L’étude d’impact de ce projet de loi soulignait qu’eu égard notamment aux risques que faisait peser l’action en démolition sur la sécurité des projets de construction, « le groupe de travail dirigé par M. Labetoulle a proposé de recentrer l’action en démolition sur son objet premier, à savoir permettre la démolition des immeubles construits dans des zones protégées et dont le permis a été annulé, ce recentrage permettant également de remettre en valeur l’utilisation d’un outil spécifique privilégié par les requérants de bonne foi : le référé suspension qui permet de traiter le problème en amont et d’éviter la démolition ».
Cette réécriture de l’article L. 480-13 du code de l’urbanisme est toutefois loin de faire l’unanimité (v., sur ce sujet, not. RDI 2015. 560, obs. B. Busson 📃 ; H. Périnet-Marquet, Macron Démolition ! Non, au contraire…, Constr.-Urb. 2015. Repère 2).

https://www.dalloz-actualite.fr/flash/competence-judiciaire-pour-ordonner-demolition-d-une-eolienne#.Wo_alKjOUdU

22/02/18Politique climatique : erreur française, fraude des mots
Plus l’Etat français dépense l’argent public pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre, et plus elles augmentent. Un proverbe des Shadoks ? Non, le constat tout à fait officiel et détaillé fait par le ministère dirigé par Nicolas Hulot. La France prend en effet très au sérieux son rôle dans l’action mondiale pour atténuer la menace climatique future. Elle a donc mis au point une Stratégie nationale bas carbone. Laquelle détaille année après année et secteur par secteur les objectifs de diminution des émissions jusqu’à parvenir à -75% en 2050 relativement à 1990. Le fameux « facteur 4 », puisque cela correspond à une division par quatre de ces émissions. Une opération nécessaire si la France veut apporter sa quote-part à l’objectif mondial d’une atténuation de la menace climatique afin de la limiter à une élévation de la température moyenne de la planète de 2°C maximum relativement à la fin du 19ème siècle.
Cette Stratégie ne se contente pas de chiffrer les objectifs, elle liste aussi les moyens mis en oeuvre pour y parvenir : subventions, décisions structurantes, intégration des objectifs climatiques dans l’ensemble des politiques publiques… Tout cela fait très sérieux. Surtout lorsque l’examen du premier bilan dressé par le suivi de cette stratégie démontre son erreur manifeste lorsque l’on examine l’adéquation entre objectifs et moyens, le B et A BA d’une bonne stratégie.

Des émissions qui augmentent en 2016

Les émissions réalisées sur le territoire national sont ainsi en augmentation de 2015 à 2016, de 457 millions de tonnes équivalent CO2 à 463 MTeCO2. Un très mauvais démarrage pour la Stratégie bas carbone. Surtout que le dérapage concerne en particulier les secteurs les plus émissifs : transports (plus 6% par rapport à l’objectif avec 136 MTeCO2); bâtiment, tant pour la construction que l’entretien et le chauffage (plus 11% avec 88 MTeCO2), agriculture (plus 3% avec 90 MTeCO2 dus pour l’essentiel aux oxydes d’azote des engrais et au méthane émis par le bétail)… L’industrie en revanche est presque en ligne avec les objectifs, à 1% près après avoir diminué de 45% ses émissions depuis 1990. Quant au secteur de la production d’énergie, il ne représente que 11% des émissions de gaz à effet de serre du pays, en raison d’un mix de production électrique dominé par le nucléaire et l’hydraulique.
Les évolutions des émissions d’une année sur l’autre ne sont pas nécessairement représentatives d’une tendance de long terme. Mais l’important, dans une stratégie, c’est l’adéquation des moyens aux objectifs. C’est là que l’on vérifie si l’on sera Napoléon à Austerlitz et pas à Waterloo. La Stratégie nationale bas carbone française se prépare t-elle à la victoire ou à la déconfiture ?

Plus de 5 milliards par an pour… rien
Au regard des chiffres, on s’attendrait à un effort maximal sur les transports, le bâtiment, l’agriculture. Or, que nous apprend le document ministériel sur la distribution de l’effort public ? Que l’écrasante majorité des dépenses pour diminuer nos émissions de gaz à effet de serre est dirigée vers… le secteur électrique. En 2016, sur près de 6,7 milliards recensés (lire page 9 de ce document de suivi des « recommandations transversales » de la Stratégie bas carbone), 3,5 milliards sont consacrés à soutenir l’implantation d’éoliennes et de panneaux photovoltaïques.

L’indicateur de suivi des « Dépenses publiques de l’Etat en faveur d’une société bas carbone ».
En 2017, ces chiffres grimpent à près de 9 milliards dont 5,6 pour ces deux modes de production certes très peu émetteurs de CO2 mais dont l’intermittence suppose des moyens de productions complémentaires, en back up, qui seront pour l’essentiel… du gaz.
Si l’on se penche sur les objectifs d’ici 2028, détaillés ici, on découvre le pot au roses : l’ensemble du secteur production d’énergie se voit fixé l’objectif… de ne pas diminuer ses émissions, calées à 55 MTeCO2 sur l’ensemble de la période 2015-2028.

Autrement dit, le gouvernement et les députés qui ont voté cette Stratégie consacrent la majorité des dépenses destinées à diminuer les émissions de GES à un secteur dont ils n’attendent strictement rien dans les dix ans qui viennent pour contribuer à la baisse des émissions du pays. Lorsque les moyens d’une stratégie sont en majorité destinés à des objectifs autres que ceux de la dite stratégie, c’est Waterloo assuré. Ou une philosophie très shadokienne de la vie. Pour la suite, après 2028, le secteur électrique se voit fixer des objectifs très ambitieux qui ne peuvent être atteints avec les technologies disponibles aujourd’hui car ils supposent une éradication totale des centrales à fioul et à gaz naturel (pour les 3000 MW de charbon, Emmanuel Macron a pris l’engagement de les fermer durant son quinquennat).
La fraude des mots

«La perversion de la Cité commence par la fraude des mots», selon Platon. Le philosophe Grec aurait aimé cet exemple. Où se niche la fraude dans cette affaire de comptes publics ? Tout simplement dans le tour de passe-passe sémantique qui a confondu l’objectif d’atténuer la menace climatique avec celui d’une transformation de notre système électrique visant à y diminuer la part de l’énergie nucléaire. Ce tour de passe-passe trouve son origine dans le combat de forces politiques pour éliminer cette source d’énergie et inclure cet objectif dans la transition énergétique censée nous permettre d’atteindre nos objectifs climatiques.
La question posée ici n’est pas de savoir si l’énergie nucléaire est une bonne ou une mauvaise solution pour notre système électrique. Ni de savoir si éoliennes et panneaux photovoltaïques sont une bonne idée économique et écologique pour le système électrique du pays. Elle est de remarquer que la fraude des mots aboutit à nommer « politique climatique » une action publique – la subvention massive des éoliennes et des panneaux photovoltaïques – dont le résultat climatique est nul tant que cette électricité se substitue à une autre qui est déjà bas carbone. En fraudant sur les mots, la société française se leurre sur son effort en faveur de l’atténuation de la menace climatique. Et elle ne se leurre pas sur une action marginale ou minoritaire, mais sur la majorité de son effort financier.
Un tel aveuglement aboutit par exemple à ne pas se demander si ces milliards annuels ne seraient pas beaucoup plus efficaces s’ils étaient consacrés à l’isolation des bâtiments (chauffés au gaz voire au fioul pour beaucoup), à améliorer les transports collectifs, surtout ceux propulsés à l’électricité, ou à promouvoir une agriculture utilisant moins d’engrais azotés à l’origine de près de la moitié de ses émissions de GES. L’ennui, c’est que la réponse à cette question est oui. En témoigne l’évolution des émissions du secteur des transports où la politique publique actuelle se signale par la promotion du bus (au pétrole) contre le rail (à l’électricité décarbonée), ce qui a déjà fait perdre 250 millions d’euros à la SNCF dont la filiale bus affiche pertes sur pertes :

Et que l’on se retrouve dans une situation shadokienne (ou orwellienne, lorsque les mots désignent leur contraire) puisque la priorité financière de l’action publique en faveur du climat est consacrée… à autre chose.http://huet.blog.lemonde.fr/2018/02/22/politique-climatique-erreur-francaise-fraude-des-mots/

22/02/18Les énergies renouvelables, opportunité de revenus pour les agriculteurs (étude)
La production d'énergies renouvelables peut se révéler un complément de revenu intéressant pour les agriculteurs, selon une étude publiée jeudi par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe).
Selon celle-ci, la production d’énergies renouvelables par le monde agricole a représenté un chiffre d’affaires d’1,4 milliard d’euros en 2015, soit 2% du chiffre d’affaires de l’agriculture, majoritairement à travers la production de biocarburants (1 milliard d’euros).
Le photovoltaïque, la méthanisation, la biomasse chaleur et la mise à disposition d’espaces pour l’installation d’éoliennes ont respectivement rapporté 109, 88, 85 et 34 millions d’euros aux agriculteurs.
Ces chiffres encore « mesurés », selon l’Ademe, ont néanmoins pu avoir un « impact significatif » pour les 50.000 exploitations engagées dans cette activité (soit 15% du totale d’agriculteurs) avec jusqu’à 15.000 euros de revenus complémentaires annuels.
La production d’énergie verte reste assez concentrée puisque presque la moitié de celle-ci (45%) vient des régions Grand-Est, Hauts-de-France et Centre-Val de Loire.
Selon l’étude, l’agriculture a contribué en 2015 à 20% de la production des énergies renouvelables, principalement à travers la production de biocarburant et l’installation d’éoliennes.
Le secteur a ainsi produit autant d’énergies décarbonnées qu’il a consommé d’énergies non renouvelables, soit 4,5 millions de tonnes en équivalent pétrole.
Sa contribution pourrait doubler d’ici à 2030 et tripler d’ici à 2050, souligne l’Ademe.
Mais pour atteindre ces prévisions, l’Agence recommande d’améliorer les dispositifs de financement, de « faciliter les démarches administratives » et de « faire la promotion des modèles d’affaires adaptés au monde agricole ».
https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/les-energies-renouvelables-opportunite-de-revenus-pour-les-agriculteurs-etude-52375/
22/02/18Agriculture et énergies renouvelables : un levier essentiel pour la transition énergétique😠😠😠
A la veille de l’ouverture du 55ème Salon de l’Agriculture, l’Ademe dévoile une étude inédite qui conforte la place de l’agriculture au cœur du développement des énergies renouvelables. L’agriculture produit aujourd’hui autant d’énergies renouvelables qu’elle consomme d’énergies conventionnelles. Les énergies renouvelables sont aussi une source importante de revenus pour les agriculteurs, pouvant dans certains cas générer jusqu’à 15000€ annuels de revenus complémentaires.
Pour Nicolas Hulot, Ministre d’Etat, Ministre de la Transition Ecologique et Solidaire « cette étude prouve une nouvelle fois que la transition énergétique est une réalité et une opportunité pour les agriculteurs. Les énergies renouvelables, c’est de l’emploi dans les territoires, c’est un revenu complémentaire pour les agriculteurs, c’est un plus pour la planète. Avec la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie, nous allons encore accélérer et faire en sorte que chaque agriculteur qui le souhaite puisse s’engager pour le solaire, l’éolien, ou le biogaz ».
Le secteur agricole, un important producteur d’énergies renouvelables
En 2015, le monde agricole a contribué à la production de 20% des EnR nationales. Avec 4,5 Millions de Tonnes Equivalent Pétrole (Mtep), les exploitations agricoles participent autant à la production d’EnR qu’elles consomment d’énergie non renouvelable.
Cette contribution des exploitations agricoles à la transition énergétique prend plusieurs formes :
• L’autoconsommation de chaleur et d’électricité pour réduire la facture énergétique de l’exploitation (géothermie, solaire thermique, photovoltaïque, méthanisation);
• La production et la vente de biomasse pour la production d’énergies renouvelables (cultures pour les biocarburants et la méthanisation, bois pour la chaleur) ;
• La vente d’électricité ou gaz directement sur les réseaux (photovoltaïque, méthanisation) ;
La mise à disposition de surface pour les installations de panneaux solaires ou d’éoliennes
Selon les estimations de l’étude, en 2015 plus de 50 000 exploitations agricoles (soit 15% des exploitations) participent déjà à la production d’EnR de manière significative. L’étude estime que cette contribution pourrait être multipliée par 2 à l’horizon 2030 et pourrait atteindre 15,8 Mtep en 2050, grâce au développement de la méthanisation, du photovoltaïque et de l’éolien notamment.
Les EnR : un plus pour le revenu des agriculteurs
Selon l’étude, en 2015 la contribution du secteur agricole à la production d’EnR représente un chiffre d’affaire d’1,4 milliard d’euros soit l’équivalent de 2% du chiffre d’affaires de l’agriculture française.
Ce chiffre d’affaires est essentiellement porté par les biocarburants, pour 1 milliard d’euros, suivi du photovoltaïque, pour 109 millions d’euros, de la méthanisation et de la biomasse chaleur, pour respectivement 88 et 85 millions d’euros et, dans une moindre mesure, 34 M€ pour la mise à disposition d’espace permettant l’installation d’éoliennes.
Ces chiffres, encore limités au regard du potentiel de l’ensemble du secteur agricole, génèrent néanmoins un impact significatif pour les agriculteurs engagés dans ces projets : le développement des EnR contribue à diversifier leur revenu, pour des montants pouvant aller de quelques milliers d’euros de réduction de leur facture énergétique à plus de 15 000 € de revenus complémentaires. Ces chiffres sont à mettre en perspective avec le revenu agricole moyen en 2015, évalué à 25 400 € pour l’ensemble des filières.
L’étude a identifié plus d’une cinquantaine d’opportunités offertes aux agriculteurs selon leur filière, les caractéristiques de leur exploitation, leurs possibilités d’investissements financiers ou leur volonté d’implication dans la gouvernance des projets.
Une animation locale pour des projets intégrés aux exploitations agricoles et aux territoires
Les EnR constituent une nouvelle filière en plein développement pour le monde agricole. Elles représentent une opportunité économique qu’il faut nécessairement organiser et accompagner. Compte tenu des perspectives, l’étude recommande le renforcement d’une animation locale axée sur la fourniture de conseils techniques, administratifs et financiers, ainsi que d’un accompagnement au montage de projets. Les objectifs sont d’accélérer la diffusion des EnR et de permettre à l’agriculture d’être un véritable acteur de la transition énergétique.
De plus, les projets d’EnR collectifs intégrés aux territoires contribuent à l’appropriation des EnR par les citoyens ce qui favorise leur déploiement.
Chaque année, l’ADEME publie une enquête sur les représentations sociales du changement climatique. En 2017, un focus sur les agriculteurs révèle l’importance de ces enjeux pour la profession :
• 89% des agriculteurs interrogés estiment que le changement climatique a un impact sur leur activité agricole
• 84% pensent devoir faire évoluer leur activité agricole
• 74% estiment pouvoir réduire les émissions de gaz à effet de serre générées par leur exploitation
• 49% envisagent des projets EnR
https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/agriculture-et-energies-renouvelables-levier-essentiel-transition-energetique


19/02/18 : Energies renouvelables : l’Europe n'est pas assez ambitieuse
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Un rapport de l’IRENA remis aujourd’hui au Commissaire européen Miguel Arias Cañete révèle que l’Union européenne pourrait atteindre 34% d’énergies vertes en 2030, au lieu des 27% fixés dans le paquet énergie climat. En revanche, si elle ne modifie pas ses politiques dans cette perspective, leur part dans le mix énergétique ne dépassera pas 24%.
De 9% en 2005, la part des énergies renouvelables dans le mix européen est passée à près de 17% en 2015, et devrait atteindre 27% en 2030. C'est en tous cas l'objectif fixé par la Commission européenne dans le cadre du paquet énergie climat de 2014, précisé dans celui baptisé « Energies propres pour tous les Européens » de novembre 2016.
Mais selon l'agence internationale des énergies renouvelables (IRENA), cet objectif est soit trop, soit trop peu ambitieux. En effet, ses experts prédisent qu'en l'état actuel des réglementations et des politiques, cette part des énergies renouvelables plafonnerait à 24%. En revanche, en les adaptant, les 28 pourraient collectivement atteindre une part de 34% d'énergies vertes dans leur mix grâce aux technologies existantes, à un coût tout à fait acceptable.
Economies de santé publique et d'environnement
En effet, les coûts et les performances des technologies vertes, notamment les énergies renouvelables, ont rapidement évolué depuis la fixation de cet objectif en 2014. La digitalisation a également modifié en profondeur les usages de l'énergie dans les secteurs tels que le bâtiment, l'industrie ou les transports. Certes, les coûts liés à la modernisation des réseaux électriques afin qu'ils puissent absorber plus d'énergies intermittentes ou encore une période durable de prix des énergies fossiles bas diminueraient le bénéfice strictement financier. Mais ces évolutions s'accompagneraient d'importantes économies en matière de santé publique et d'environnement, évaluées entre 52 et 133 milliards de dollars par an.
Mais il faudrait investir 73 milliards de dollars par an dans les énergies renouvelables d'ici à 2030 pour parvenir à ce résultat, soit 433 milliards de plus d'ici à 2030 que ne le prévoit le scénario de référence, alors que les investissements diminuent depuis le pic atteint en 2011. Car il faudrait à l'horizon 2030 disposer de 327 gigawatts (GW) d'éolien - soit 97 GW de plus que prévu - et 272 GW de photovoltaïque - 87 GW de plus.
Verdir les systèmes de chaud et de froid
Tous les Etats membres ont du potentiel à exploiter. Alors que la part des renouvelables dans le mix national variait en 2015 de 5 à 54% selon les pays, cet écart se réduirait. Selon l'IRENA, le système électrique européen est capable d'absorber le surplus d'énergies intermittentes, même si des efforts d'intégration transfrontalière pourraient s'avérer nécessaires. Mais il faudrait par ailleurs verdir les systèmes de froid et de chaleur, qui représentent un tiers du potentiel. Notamment grâce aux réseaux collectifs, qui desservent aujourd'hui 9% des consommateurs européens, mais aussi au déploiement de chauffe-eaux solaires thermiques ou de pompes à chaleur. Au-delà des seuls producteurs, il importe également de s'intéresser aux utilisateurs d'énergie et accentuant le recours à l'électricité. Notamment le secteur des transports, dans lequel la part d'énergies renouvelables pourrait atteindre 17% en 2030, le bâtiment (42%) et l'industrie (36%).
L'Europe cherche à retrouver son leadership
En plus des bienfaits en termes de climat, d'environnement et de santé publique, cette révision à la hausse des objectifs en matière d'énergies renouvelables serait selon l'IRENA la condition sine qua non pour entretenir la croissance du marché de façon à ce que l'Europe atteigne également son objectif de (re)devenir leader dans ce secteur, où elle se fait tailler des croupières par l'Asie - Chine en tête - et dans une moindre mesure par les Etats-Unis. Outre la création d'emplois et l'amélioration de la balance commerciale européenne, grâce au caractère décentralisé des énergies renouvelables, et à la répartition de ressources telles que la biomasse, ce développement accéléré pourrait aussi permettre de désenclaver certaines régions rurales et pauvres et de lutter contre la précarité énergétique.
https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/energies-renouvelables-l-europe-n-est-pas-assez-ambitieuse-769103.html
19/02/18 : Eolien terrestre : un projet de décret de simplification😠😠
Le ministère de la Transition écologique et solidaire (MTES) a mis en consultation le projet de décret de simplification de l’éolien terrestre, à partir du 16 février et jusqu’au 8 mars, avant la réunion Conseil supérieur de la prévention des risques technologiques le 13 mars.
Le texte est issu des propositions émanant du groupe de travail sur le sujet lancé par le MTES en octobre dernier. Il comprend une longue série de modifications réglementaires (consultables ci-dessous) au premier rang desquelles le contentieux confié dès le départ aux cours administratives d’appel et la « cristallisation des moyens » – le plaignant ne doit pas invoquer en appel un motif qui a été écarté en première instance. « Cette mesure, en complément de l’instauration de l’autorisation environnementale, est le principal facteur conduisant à diviser par deux le délai de réalisation effective des parcs éoliens », commente le MTES dans le document de présentation. Une prévision qui pourrait se révéler trop optimiste pour l’instant : « Le nouveau rôle dans l’éolien terrestre des cours administratives d’appel ne sera effectif que si elles sont ...

https://www.greenunivers.com/2018/02/176919-176919/

16/02/18 : Le "silence vaut accord" pourrait être appliqué à la procédure d'enregistrement des installations classées
Le Gouvernement envisage de franchir un pas supplémentaire dans la simplification des procédures applicables aux ICPE : l'exploitation des installations soumises à enregistrement pourrait démarrer en l'absence de réponse de l'Administration.
C'est un projet de décret qui bouscule la réglementation environnementale actuelle que le ministère de la Transition écologique soumet à la consultation du public jusqu'au 8 mars prochain. Outre une simplification du droit de l'éolien terrestre et un ajustement de la procédure de l'autorisation environnementale, le texte prévoit d'appliquer la règle du "silence vaut accord" à la procédure d'enregistrement des installations classées (ICPE) .
Démarrer l'exploitation sans décision expresse
Actuellement, le silence du préfet sur une demande d'enregistrement vaut décision de refus. En d'autres termes, comme pour la procédure d'autorisation, une décision positive expresse du représentant de l'Etat dans le département est nécessaire pour pouvoir démarrer l'exploitation. Avec cette modification, l'exploitant pourra procéder à ce démarrage si le préfet n'a pas tranché sur la demande d'enregistrement dans un délai de cinq mois à compter de la réception du dossier complet.
Le texte prévoit toutefois que cette décision implicite ne sera pas possible si l'exploitant a demandé de déroger aux prescriptions nationales fixées par arrêté ministériel ou si le préfet a décidé d'un basculement en procédure d'autorisation. Un tel basculement peut être décidé lorsque le représentant de l'Etat dans le département estime que le projet doit faire l'objet d'une évaluation environnementale. Ce qui est possible en cas de sensibilité environnementale particulière du milieu ou de cumul d'incidences avec d'autres projets situés dans la même zone.
Une quarantaine d'activités concernées
Malgré cette restriction, il s'agirait là d'une simplification majeure au bénéfice des exploitants d'ICPE soumises à enregistrement. La réforme du "silence vaut accord", mise en oeuvre en novembre 2014, avait en effet épargné les arrêtés préfectoraux pris en matière d'installations classées.
Or, les ICPE soumises à enregistrement sont des installations qui présentent des dangers aussi graves que celles soumises à autorisation mais dont on estime qu'ils peuvent être prévenus par le respect de prescriptions générales fixées au plan national. La création du régime d'enregistrement en 2010 a permis de soustraire progressivement toute une série d'installations à l'obligation de réaliser une étude d'impact et une étude de dangers, et de supprimer la phase d'enquête publique de la procédure.
L'instauration de la règle du "silence vaut accord" apporterait une couche de simplification supplémentaire pour les installations relevant de ce régime, soit des activités relevant maintenant d'une quarantaine de rubriques de la nomenclature des installations classées. Il s'agit d'installations aussi diverses que des entrepôts, des ateliers de préparation de produits alimentaires, des installations de combustion ou des installations de compostage.
Mais cette réforme, si elle se confirmait, bénéficierait aussi à de nombreux élevages de bovins, porcs et volailles, qui sont passés du régime de l'autorisation à celui de l'enregistrement lorsqu'ils n'étaient pas classés au titre de la directive sur les émissions industrielles (IED). Cette simplification s'ajouterait à de nombreuses autres : suppression du contrôle périodique pour les élevages soumis à déclaration, possibilités de demandes de dérogations pour les élevages IED et simplification des modalités de participation du public sur ces demandes.


16/02/18 : Eolien : les mesures du groupe de travail trouvent leur traduction réglementaire
Certaines mesures issues du groupe de travail sur l'éolien ont été intégrées à un projet de décret mis en consultation le 16 février. D'autres mesures devront attendre un arrêté complémentaire ou un projet de loi de finances pour se concrétiser.
Le ministère de la Transition écologique a commencé à traduire règlementairement les mesures actées lors du groupe de travail sur l'éolien. Un projet de décret mis en consultation le 16 février prévoit une modification du code de justice administrative pour confier en premier ressort le contentieux de l'éolien terrestre aux cours administratives d'appel. "C'est la mesure la plus efficace et la plus attendue. Ça va accélérer les procédures. En supprimant le niveau du tribunal administratif, on gagne deux ans. Le droit au recours reste préservé", commente Pauline Le Bertre, déléguée générale de France énergie éolienne (FEE).
Le décret prévoit des dispositions transitoires pour les contentieux en cours, et ajoute le principe de la cristallisation des moyens. Lors des recours, les parties n'auront que deux mois pour alimenter leur argumentation. "Le tribunal aura rapidement l'ensemble des moyens entre les mains pour entamer l'étude du dossier. Les durées d'instruction seront donc plus homogènes et se réduiront", se satisfait Gwénaëlle Huet, présidente de la Commission éolienne du SER.
Les opposants à l'éolien réunis dans plusieurs associations ont fait savoir au secrétaire d'Etat Sébastien Lecornu lors d'un rendez-vous, qu'ils étaient opposés à ces mesures : "La suppression de l'échelon des tribunaux administratifs pour le contentieux éolien ne règleront pas les questions de fond que ce contentieux doit traiter et n'empêcheront nullement les personnes qui s'estiment lésées de poursuivre aussi loin que possible leurs actions en justice". Les associations se disent disposées à faire des propositions plus conformes au droit pour améliorer le déroulement de ce contentieux.
Les opposants à l'éolien veulent une "réflexion nouvelle"
Reçues par le secrétaire d'Etat Sébastien Lecornu le 8 février, les associations opposées au développement de l'éolien terrestre seront désormais associées aux réflexions en cours. Même si elles restent opposées à la poursuite du programme éolien dans les conditions actuelles, elles ont d'ores et déjà fait une liste de propositions :
- Elaboration d'une planification opposable des zones d'implantation d'éoliennes qui se substitue à "l'anarchie actuelle" et de mesures d'information effectives et préalables des riverains.
- Concertation au niveau nationalet local, par exemple au sein des Commissions Départementales de la Nature, des Paysages et des Sites dont elles sont souvent exclues.
- Réalisation d'un audit "complet et indépendant" de l'incidence de la filière éolienne sur les finances publiques, sur la production électrique, sur les biens des riverains et sur l'activité touristique locale.
Modification du dossier d'autorisation
Le décret prévoit également une modification du code de l'environnement pour ajuster le dossier de demande d'autorisation. Il est prévu une suppression de l'obligation de transmettre les éléments justifiant la constitution effective des capacités techniques et financières au plus tard à la mise en service de l'installation. "Cette mesure ne s'appliquera pas qu'aux éoliennes mais elle sera particulièrement impactante pour celles-ci", commente le ministère. Cette disposition est en effet une source de contentieux important et d'insécurité juridique. Dans l'éolien, il est courant de créer une société de projet, portée par une société-mère qui lui met à disposition ses capacités financières lorsqu'elle en a besoin et pas forcément lors de la demande d'autorisation, comme l'exige l'actuelle réglementation.
Le décret prévoit aussi de ne demander que le montant des garanties financières attendues, et non plus leur nature et leurs délais de constitution et de ne pas demander la conformité aux documents d'urbanisme quand ceux-ci sont en cours de modification.
Le cas complexe des radars militaires
Dans le cadre du groupe de travail, la question des contraintes spatiales liées aux radars militaires a été abordée. Le gouvernement a acté pour limiter le veto de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) dans un périmètre de 16 km autour de leur radar au lieu des 30 km actuels. Le projet de décret modifie donc le code de l'environnement pour restreindre les cas où l'avis conforme de la DGAC est nécessaire et fait référence à un futur arrêté pour fixer les périmètres.
Mais la question est loin d'être réglée : "C'est le sujet le plus complexe. Les contraintes spatiales sont nombreuses et se superposent : radar militaire, plafond aéronautique en fonction des régions.... Résultat, 50% du territoire national est interdit comme en Bretagne ou dans la région Grand-Est. C'est le prochain sujet sur lequel il faut continuer à travailler en faisant converger les acteurs", estime Pauline Le Bertre.
Alléger les procédures en cas de modifications d'un parc
Le projet de décret prévoit de modifier le code de l'urbanisme pour permettre d'éviter une double procédure de modification de l'autorisation environnementale et de permis de construire lors de la modification d'un parc autorisé sous l'ancien régime ICPE. La mesure est simplificatrice mais elle ne s'attaque pas encore aux situations de repowering. Pour l'instant, le Gouvernement prépare une note aux services instructeurs pour qu'ils appréhendent les dossiers et qu'ils jugent de l'importance des évolutions demandées.
Mais là aussi, il faut aller plus loin : "Le sujet est identifié par l'Etat, c'est bien. Mais unenote d'instruction n'a pas de force juridique et il serait préférable de modifier la loi pour y inscrire ces améliorations. Il faut également créer une procédure d'autorisation allégée pour les cas où le repowering serait jugé substantiel et donc considéré comme un nouveau projet. Nous n'avons pas encore de réponse à ce sujet", explique Gwénaëlle Huet, présidente de la Commission éolienne du SER. La filière éolienne demande une procédure ad hoc en lieu et place de la procédure de création de parc actuelle qui prend 7 à 10 ans. "Il faut de la souplesse car c'est du cas par cas. Il ne faut pas rater l'opportunité d'un repowering qui peut permettre à des parcs de produire plus tout en réduisant leur impact", complète Pauline Le Bertre de FEE.
Le décret est en consultation jusqu'au 8 mars prochain. D'autres mesures annoncées par Sébastien Lecornu vont devoir se traduire dans les faits. Le passage d'un balisage clignotant à un balisage fixe doit faire l'objet d'un arrêté. La meilleure répartition de l'imposition forfaitaire sur les entreprises de réseau (IFER) collectivités accueillant les parcs devra être inscrite dans une loi de finances.
13/02/18Pourquoi l’Europe de l’énergie est un fiasco
Parmi les grands fiascos qui ont marqué la politique européenne avec un savant mélange d’idéologie et de bureaucratie, on peut mettre l’énergie en bonne place. Et tandis que les grandes sociétés électriques se démènent avec leurs financiers pour cantonner leurs productions structurellement déficitaires, les chevaux-légers des renouvelables caracolent en tête engrangeant des bénéfices confortables sans risques avec l’argent des consommateurs. Dans le secteur électrique où régnait l’ordre des grandes reconstructions nationales, la libéralisation, « l’unbundling », le « découpage », couplée avec le poids des anti-nucléaires et des idéologues des « nouvelles énergies » ont mené à un désordre incroyable dont il parait désormais indispensable et difficile de sortir.
Puisque les sujets qui pourraient rebâtir une Europe Nouvelle sont sur la table, il serait absurde d’ignorer ce chantier car il est aussi structurant que beaucoup d’autres dont on nous rabat les oreilles. Chacun sait dans sa vie de tous les jours qu’il est difficile d’atteindre des objectifs contradictoires, et c’est cependant ce que, collectivement, les Etats ont essayé de faire depuis des dizaines d’années.
Quand on parle de politique énergétique européenne on s’occupe essentiellement de l’électricité et du gaz après s’être préoccupés dans les années cinquante du charbon. « L’acte unique » de 1987 conduit au marché de ces deux produits et donc à la « libéralisation » la séparation des activités de production, de transport et de distribution. On est donc passé des monopoles ou oligopoles à une multiplication d’acteurs souhaitée pour « baisser les prix « pour les consommateurs « rackettés « par les grands producteurs !
Le résultat a été inverse, les prix ont augmenté et ce n’est qu’un début. Car si le monopole ne conduit pas, en général, à l’optimum des couts, le marché, s’il est artificiellement construit, peut conduire à pire. Nous y sommes, ce qui n’empêche pas la Commission européenne à célébrer les bienfaits du « marché intérieur ».
D’une part, chaque pays a ses propres motivations économiques ou politiques en ce qui concerne ses sources d’énergie. Le gaz est généralement admis comme acceptable par tous, mais le nucléaire sépare l’Europe, tandis que les énergies renouvelables, hydraulique, éolien et solaire, dépendent directement de considérations géographiques, chaque pays ayant un potentiel différent. Les bureaucrates ont fini par devoir admettre que l’unicité n’était pas de mise et au Traité de Lisbonne en 2007 il est écrit que les Etats choisissent leurs sources !
La machine va alors complètement se dérégler, l’Allemagne de Schroder (coalition avec les Verts) a pris une première décision défavorable au nucléaire en 2000, mais l’étau se desserre progressivement, jusqu’à l’accident de Fukushima qui conduit Merkel à décider l’arrêt définitif de toutes les centrales allemandes en 2020 . Que l’Autriche en 1978, la Suède en 1980 et l’Italie en 1987 aient décidé de même n’a pas déstabilisé l’Europe, mais que La France nucléaire à 75% , en pleine politique d’interconnexion avec son voisin allemand se retrouve avec un pays qui tourne le dos complètement à cette source et c’est tout le continent qui perd la boussole. Jusqu’alors on pouvait concevoir un fonctionnement pragmatique sans illusions mais rationnel. Après cette décision unilatérale, sans étude des conséquences sur la politique énergétique du continent on est rentré dans l’aventure.
Certes les « verts allemands « étaient bien conscients que cette décision arrachée à la chancelière allaient conduire à une augmentation des productions charbonnières du pays pendant une bonne dizaine d’années et donc ne conduirait pas à une diminution des pollutions ni de l’émission de CO2. Mais , en contrepartie, cette décision allait orienter l’Europe vers la constitution de parcs éoliens et solaires qui étaient leurs objectifs depuis des années : l’énergie » verte et propre » célébrée de part et d’autre du Rhin par les écologistes ,( en France avec le « Grenelle de l’Environnement de 2009 ») .
C’était, bien sûr, sous-estimer dans le feu de l’action pour sauver la planète, deux éléments fondamentaux. Le premier c’est que les renouvelables « nouvelles », solaire et éolienne, sont intermittentes et ont donc besoin d’être « secondées » par des productions disponibles à tout moment. Le deuxième c’est que la priorité donnée sur le réseau à ces renouvelables conduit à la chute de rendement économique des centrales classiques et conduisent à déstabiliser tout le secteur de production électrique. C’est-à-dire que lorsque l’on parle d’intermittence compensée par la flexibilité et la modulation du parc on se fout de nous, car le parc existant a ses propres contraintes techniques et économiques, on ne peut pas faire n’importe quoi !
En poursuivant plusieurs objectifs sans effectuer la simulation de savoir s’ils étaient ou non compatibles on a donc mis le bazar dans un système vital pour notre économie et notre société, la disponibilité en courant électrique ! Les centrales à gaz ont été arrêtées et mises sous cocon (non rentables), le prix du charbon a conduit à solliciter encore plus outre Rhin leurs centrales, les réseaux se retrouvaient gavés à certains moments d’électricité éolienne et les pays producteurs le distribuaient à prix négatifs, le marché de gros explosait puis disparaissait dans les limbes, on avait joué aux apprentis sorciers et personne n’arrivait plus à décrire l’avenir prévisible. Le consommateur, lui, est clairement floué, il paie plus cher un produit moins surement disponible ! C’est donc un échec
En 2015 ceci n’a pas empêché la Commission Européenne à bomber le torse avec ses cinq objectifs, sécurité d’approvisionnement, marché intérieur, meilleure efficacité énergétique, réduction des émissions carbonées, et recherche et innovation, mais nous n’avons pas bougé.
Le fait que l’Allemagne ait abandonné le nucléaire sans en mesurer les conséquences pour ses voisins reste une épine douloureuse et pérenne. La solution de restreindre l’aventure nucléaire de la France par mimétisme ne passe pas dans une épure de compétitivité mondiale échevelée, nos économies ne peuvent pas nous le permettre. La meilleure solution pour sécuriser l’approvisionnement électrique et pour rester à un niveau de prix acceptable est de prolonger la durée de vie du parc nucléaire jusqu’à 50 ou 60 ans comme aux USA. Poursuivre en Allemagne la construction de nouveaux parcs renouvelables toujours aussi intermittents nous oblige au contraire , en France , à maintenir nos centrales en fonctionnement pour assurer la disponibilité mais si l’on doit accepter, même à couts négatifs profitables, trop d’électricité éolienne à certains moments , notre production va connaitre de plus en plus de complexités, la politique de connexion « automatique « et très européenne avec l’Allemagne devra être revue à la baisse.
On le voit, si l’Allemagne et la France ne convergent pas de nouveau c’est la compétitivité entière du continent qui va souffrir, si nous voulons concilier de manière idéologique le marché, le nucléaire et le climat, nous ne pouvons pas nous en sortir. Si on veut le climat, il faut le nucléaire, si on ne veut plus le nucléaire et le remplacer par des éoliennes ou du solaire il faut de nouveau assurer une rentabilité des centrales à gaz et en construire vite pour pouvoir « encaisser » des retards éventuels , si on veut le marché, c’est-à-dire un meilleur prix pour le contribuable et l’économie, il faut réduire les renouvelables, et si on veut améliorer notre sécurité d’approvisionnement il faut revenir au gaz et au pétrole non conventionnel du continent. Si on rajoute que chaque pays (27) a ses propres priorités, on s’engage dans un processus complexe.
La France doit choisir sa priorité et celle-ci doit été compatible avec celle choisie par l’Allemagne . Le bazar actuel c’est la décision unilatérale de l’Allemagne en 2011, convenons- en ensemble et voyons comment on peut s’en sortir.
http://www.atlantico.fr/decryptage/pourquoi-europe-energie-est-fiasco-3306751.html


12/02/18Les énergies renouvelables : pour la croissance plus que pour l’écologie
Que s’agit-il de sauver, la croissance ou le climat ? À entendre le colloque du Syndicat des énergies renouvelables, on comprenait que le chiffre d’affaires et le profit comptent bien plus que l’environnement. Quand le renouvelable sert simplement le capitalisme vert.
« Accélérons la croissance des énergies renouvelables » clamait haut et fort le 19e colloque annuel du Syndicat des Énergies Renouvelables (SER), organisé à l’UNESCO jeudi 8 février. Pourtant, à entendre les dirigeants, les industriels et les élus réciter le credo libéral à la sauce énergies renouvelables, on se demande si un autre titre n’eût pas mieux convenu : « Accélérons la croissance, grâce aux énergies renouvelables ».
Une brève formule du PDG de Direct Énergie, Xavier Caïtucoli, suffit à résumer l’idéologie des invités de la journée : « La croissance, ça donne le sourire ». Car des spécificités des énergies renouvelables, finalement, on parle peu. Presque rien sur leur impact – positif et négatif - sur l’environnement. Ce qui importe, c’est le nouveau marché qu’elles représentent, et dans lequel investissent massivement les grandes entreprises les plus polluantes : EDF, Engie, Total, General Electric, Siemens…
Sur scène, le gratin des capitaines d’industrie européens fanfaronne. Invités à la deuxième table ronde de la journée, intitulée « Énergies renouvelables : une ambition industrielle et sociale pour l’Europe », les dirigeants de Total, Siemens, Dalkia ou encore Direct Énergie égrènent les chiffres d’affaires et le nombre d’emplois créés… Derrière eux, des photos en contre-plongée et grand format, présentent des gigantesques pales et réacteurs d’éoliennes que construit General Electric dans le Nord de la France.
Pour Philippe Rocher, fondateur et directeur du cabinet Metrol et animateur de la table ronde, les énergies renouvelables servent d’abord à « maximiser les retombées industrielles ». Autrement dit : on prend les mêmes acteurs que pour les énergies fossiles, et on recommence, en plus vert.
L’idéologie et le vocabulaire restent ceux des énergies fossiles. Le maître-mot demeure : « la compétitivité ». Et le deuxième : « la performance ». Ainsi, pour Filippo Cimitan, président de la branche française de Siemens Gamesa Renewable Energy, « il faut viser la création non pas d’un éléphant, mais d’un cheval de course pour répondre aux exigences du marché mondial ».
Dès lors, à quoi bon des pouvoirs publics dans un marché des énergies renouvelables soumis aux ambitions des industries privées ? La dernière table ronde de la journée, « Énergies renouvelables : les territoires, premiers acteurs de la transition », fournit les éléments de réponse. Les deux premiers invités, le député LREM Jean-Charles Colas-Roy et Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, conçoivent l’action publique en matière d’énergies renouvelables comme strictement exécutive. Pécresse défend une intervention autoritaire, grâce à des « mini-ordonnances sur des projets, pour aller beaucoup plus vite ». Proposition saluée par force applaudissement de la salle. Colas-Roy louvoie plus, mais son propos demeure sensiblement identique : « La transition dans les territoires se fera entre les acteurs économiques et les pouvoirs publics », ces derniers se réduisant aux élus, qui eux-mêmes n’ont d’autre fonction que de « servir au dialogue avec le gouvernement et le Parlement ». Soit des courroies de transmission entre l’exécutif présidentiel et les réalités locales.
Quelle place pour les citoyens dans une conception aussi verticale de la politique des énergies renouvelables ? Jean-Charles Colas-Roy détaille le rôle qu’il leur dévolue : « Avec les habitants, il faut jouer la sensibilisation, pour pallier leur tendance à l’oubli des catastrophes écologiques, et la concertation. » Par « concertation », il faut entendre « simplification administrative pour accélérer la transition », un point que partage Valérie Pécresse.
Les trois invités qui suivent ne changent guère la donne. Maryse Etzol, maire de Grand-Bourg (île de Marie-Galante, Guadeloupe), Jean-Édouard Lemasson, maire de Jullié (Sarthe) et Patrick Sabin, maire d’Escource (Landes) portent tous trois des projets d’énergies renouvelables à l’échelle de communes peu peuplées. Ils intègrent pleinement les « acteurs endogènes », comme le dit Patrick Sabin, aux énergies renouvelables. À Jullié, la mairie a organisé un partenariat avec la coopérative agricole de Loué, principal actionnaire des éoliennes municipales. Et à Escource, les citoyens détiennent à 20 % le capital de la Société d’Économie Mixte qui s’occupe des énergies renouvelables. Mais les questions que leur pose Philippe Roger se désintéressent absolument de l’aspect démocratique de ces projets, pour privilégier exclusivement les « retombées locales », c’est-à-dire économiques.
Un débat un peu plus tôt dans l’après-midi entre Jean-François Carenco, président de la Commission de Régulation de l’Énergie, et François Brottes, président du Réseau de Transport d’Électricité (RTE), résumait on ne peut mieux la dépolitisation des énergies renouvelables par les agences d’État, se rangeant sans barguigner au service des grandes entreprises. La discussion s’enflamme au sujet de l’autoconsommation et des énergies citoyennes. Jean-François Carenco les accuse de briser l’homogénéité nationale du réseau électrique : « L’autoconsommation, c’est bien pour réduire l’empreinte écologique, pas pour se méfier du voisin. Il faut d’abord sauver le réseau ». François Brottes va plus loin, en accusant indirectement les coopératives citoyennes d’élitisme : « Ceux qui n’ont pas les moyens de pratiquer l’autoconsommation ne doivent pas payer pour ceux qui la pratiquent ».
Dans une dernière pirouette rhétorique, Carenco renverse la donne, et condamne les énergies citoyennes – jamais directement mentionnées - …. d’être anti-démocratiques. « Attention au populisme et au communautarisme énergétiques ! s’emporte-t-il. Je me méfie des ‘auto’ ceci et cela… On ne peut pas être isolé dans la vie. On ne peut pas sauver la planète en défendant sonbackyard [jardin privé, NDLR] dans un monde interconnecté. Il nous faut convaincre les citoyens, dans leur Moi personnel, et surtout pas collectif, des vertus de la transition énergétique. » Gare à qui s’écarte de l’État – et de la croissance !
https://reporterre.net/Les-energies-renouvelables-pour-la-croissance-plus-que-pour-l-ecologie

08/02/18La France peut-elle rattraper son retard dans les énergies renouvelables ?😠😠
A la traîne par rapport à beaucoup de ses voisins, l’Hexagone doit redoubler d’efforts s’il veut atteindre les objectifs qu’il s’est fixés en matière d’énergies « vertes ».
« Accélérons la croissance des énergies renouvelables face à l’urgence climatique. » Le thème choisi pour le 19e colloque annuel du Syndicat des énergies renouvelables (SER), jeudi 8 février à Paris, résume la situation d’un secteur économique au milieu du gué. A la traîne par rapport à nombre de ses voisins, la France doit redoubler d’efforts si elle veut atteindre les objectifs qu’elle s’est fixés en matière d’énergies « vertes ».
Les données publiées, fin janvier, par Eurostat, l’Office statistique de l’Union européenne (UE), la classent parmi les cancres de l’espace communautaire. Avec 16 % de sa consommation finale d’énergie provenant de sources renouvelables fin 2016, la France se situe au-dessous de la moyenne européenne (17 %), loin derrière les champions que sont la Suède (53,8 %), la Finlande (38,7 %), la Lettonie (37,2 %), l’Autriche (33,5 %) ou le Danemark (32,2 %). Elle devance toutefois l’Allemagne (14, 8 %) et le Royaume-Uni (9,3 %).
Surtout, elle est, avec les Pays-Bas, le pays qui accuse le plus gros retard par rapport à son objectif pour 2020, soit 23 %. Cela, alors que onze des vingt-huit Etats membres de l’UE ont déjà atteint – et parfois largement dépassé – leur cible.
Une soudaine embellie
« L’objectif de 2020 est hors de portée », a prévenu depuis plusieurs années le président du SER, Jean-Louis Bal. Pour autant, le seuil de 32 % prévu, en 2030, par la loi de transition énergétique, lui semble accessible. Il en veut pour preuve « la hausse record » des raccordements d’installations de production d’électricité renouvelable en 2017.
Au cours de l’année écoulée, précise-t-il, une capacité de 2 763 mégawatts (MW) s’est ajoutée sur le réseau métropolitain, dont 1 797 MW d’éolien (contre 1 345 MW en 2016) et 887 MW de solaire photovoltaïque (576 MW en 2016). A lui seul, le quatrième trimestre a enregistré une progression d’un peu plus de 1 100 MW. Un rythme de croissance...
http://www.lemonde.fr/planete/article/2018/02/08/la-france-peut-elle-rattraper-son-retard-dans-les-renouvelables_5253487_3244.html


02/02/18L'arnaque de la croissance verte...
La mise en place d’un mix énergétique basé sur les nouvelles énergies renouvelables, notamment l’éolien et le photovoltaïque, est un mythe. En réalité, la croissance verte est techniquement et écologiquement insoutenable.
La croissance verte s'appuie sur des minerais... qui s'épuisent
Cette transition tant espérée repose sur l’extraction importante de métaux…qui s’épuisent ! La Banque Mondiale rappelle dans son dernier rapport "Le rôle croissant des minéraux et des métaux pour un rapport sur le carbone" que la production d’énergie renouvelable nécessite beaucoup plus de ressources que les systèmes d’alimentation traditionnels.
L’ingénieur centralien Philippe Bihouix, démontre dans son livre "L’âge des low-tech. Vers une civilisation techniquement soutenable" que ces énergies renouvelables nécessitent, pour leur fabrication et leur extraction, des métaux rares qui sont disponibles en quantité limitée et qui sont très mal réparties géographiquement (du néodyme et dysprosium dans les aimants permanents des génératrices d’éoliennes, au gallium, indium, sélénium, cadmium ou tellure pour les panneaux photovoltaïques à haut rendement). 
Il faut de plus en plus d’énergie pour aller extraire ces métaux dans les mines, et il faut de plus en plus de métaux pour aller chercher une énergie moins accessible. On se dirige en fait vers un "peak everything" (un pic de tout). Le journaliste et réalisateur, Guillaume Pitron, à travers son livre "La guerre des métaux rares. La face cachée de la transition énergétique et numérique", confirme que la Chine assure aujourd’hui 95% de la production des terres rares. D’autre part, il rappelle que ces extractions ont des impacts sociaux et environnementaux majeurs : acides chlorhydrique qui polluent les cours d’eau, formation de montagnes de déchets, hausse des maladies et des cancers considérables chez les riverains, développement de marchés noirs à l’exportation… La problématique est identique pour toutes les "high-technologies" sur lesquelles se base la croissance verte (LED, écrans plats, voitures électriques, smartphone, ordinateurs portables, etc.)La croissance verte se base sur des énergies loin d’être vertes
Les autres énergies "vertes" n’ont rien de "propres" non plus. En France, la majeure partie de notre électricité renouvelable provient des barrages hydroélectriques. Or, il est désormais prouvé que ces barrages constituent également des catastrophes écologiques. Ces derniers déséquilibrent complètement les écosystèmes (modification de la température de l’eau, changement de l’écoulement, augmentation de l’eutrophisation, diminution du débit minimal d’eau, variation des débits, immersion des berges, diminution de la capacité d’autoépuration du cours d’eau…), ce qui provoque une forte perte de la biodiversité environnante. Par ailleurs, les barrages hydroélectriques sont des grands émetteurs de gaz à effet de serre, dans certains cas encore plus que les énergies fossiles. En effet, la décomposition de la végétation submergée par les barrages ainsi que la stagnation de l’eau dans les réservoirs relâchent énormément de méthane dans l’atmosphère (un gaz à effet de serre 25 fois plus réchauffant que le CO2). Quant à l’énergie issue de la biomasse, un rapport produit par l’organisation Birdlife, et relayé dans le journal britannique The Guardian indiquait que la croissance de la production de cette dernière accentuait le phénomène de déforestation, véritable désastre écologique en termes d’émissions de CO2, de régulation du climat, et d’effondrement de la biodiversité. La croissance verte n’a en fait de vert que le nom, elle est désastreuse pour la nature.
La croissance verte mise sur un maintien de nos modes de vie insoutenables
Finalement, le plus grand danger qui se cache derrière les mensonges de la croissance verte est certainement le fait de penser que nous pourrions sauver la planète en trouvant une énergie propre pour alimenter nos modes de vie. Il convient de rappeler que ce qui détruit littéralement la planète n’est pas tant la source d’énergie que nous utilisons pour alimenter nos activités que ces activités elles-mêmes.
En effet, ce qui ravage actuellement la biosphère, ce sont toutes les extractions de ressources et les déchets produits par notre société de consommation (le plastique dans les océans, les substances toxiques dans les rivières, les fleuves et les nappes phréatiques, etc.), les rejets des usines sous formes de pollutions (pollutions atmosphériques, mais aussi la pollution des sols, des cours d’eau, etc.), l’artificialisation des sols (la bétonisation) liée à l’étalement urbain, ou encore une agriculture inefficace et insoutenable. Si nous nous demandons comment freiner ou inverser l’emballement climatique, comment cesser de dégrader l’environnement planétaire, alors la substitution d’une source d’énergie à une autre n’est pas la réponse. Au contraire, nous n’avons d’autre choix que de démanteler tout ce qui constitue notre civilisation industrielle, de mettre en place une transition basée sur les besoins fondamentaux et sur la réparation des écosystèmes qui s’effondrent, et de penser un avenir sans industrialisme, mais avec des sociétés à taille humaine et low-tech.
http://www.journaldunet.com/management/expert/68442/l-arnaque-de-la-croissance-verte.shtml

02/02/18
Bientôt une filière pour la fin de vie des éoliennes ?
La dernière ligne droite se présente : celle où l’on valide le modèle économique. Si les conclusions s’avèrent satisfaisantes, c’est une filière complète qui pourrait naître dans la région Grand Est d’ici 2020 pour gérer « la fin du premier cycle de vie des éoliennes, avant repowering éventuel », présente Didier Evano, président de Net-Wind, une PME fondée en 2011 et historiquement positionnée sur la maintenance éolienne.
Le sujet commence à peine à être traité par l’administration. Mais la question du repowering – c’est-à-dire du renouvellement ou de l’amélioration des plus anciennes centrales – s’impose comme l’un des enjeux des prochaines années pour l’éolien français. Et qui dit renouvellement des parcs, dit démantèlement des équipements pour en installer de nouveaux. Pour le financement, « les exploitants de parcs éoliens ont l’obligation de constituer une garantie de 50 000 euros par machine, mais ce montant est insuffisant pour rentabiliser le démantèlement », analyse Didier Evano. C’est la raison pour laquelle sa société, qui vient de lever des fonds, a pris la tête d’un groupement d’entreprises. L’objectif est de...
https://www.greenunivers.com/2018/02/bientot-filiere-fin-de-vie-eoliennes-175911/


01/02/18 : Le gouvernement autorise le non respect des normes environnementales
La mesure n’a pas fait grand bruit en dépit de ses impacts potentiellement dévastateurs. Un décret, paru au journal officiel le 31 décembre 2017, donne la possibilité à certains préfets de prendre des décisions qui ne respectent pas la réglementation en vigueur en matière d’environnement, d’agriculture, d’aménagement du territoire, d’urbanisme ou encore de développement économique. Prévue comme une expérimentation d’une durée de deux ans, cette dérogation est valable dans les régions et départements de Bourgogne-Franche-Comté, de Pays-de-la-Loire, du Lot, du Bas-Rhin, du Haut-Rhin, de la Creuse, ou encore à Mayotte, Saint-Barthélemy et Saint-Martin.
Les raisons de ce joli cadeau aux aménageurs et lobbys économiques soucieux de passer outre les réglementations existantes ? Le gouvernement d’Édouard Philippe prône la simplification des normes et l’efficacité. Les préfets concernés peuvent désormais prendre des mesures qui « auront pour effet d’alléger les démarches administratives, réduire les délais de procédure ou favoriser l’accès aux aides publiques ». Les préfets peuvent faire valoir « un motif d’intérêt général » ou « l’existence de circonstances locales », sans qu’ils n’aient été précisément définis par le gouvernement, pour motiver leurs décisions.
Crainte de « dérives locales »
Cette disposition avait été annoncée dans la feuille du ministre de l’Intérieur diffusée en septembre dernier [1]. Lors du Congrès des maires en novembre 2017, Gérard Collomb l’avait présentée comme « une grande révolution ». Les préfets deviennent des « facilitateurs » ayant pour mission d’accélérer l’installation de nouvelles entreprises ou infrastructures, y compris les processus de déclaration d’utilité publique. Ce n’est pas tout. En cours de discussion à l’Assemblée nationale, le projet de loi « pour un État au service d’une société de confiance » prévoit, au nom d’une « administration moins complexe », d’autoriser les maîtres d’ouvrage de bâtiments à déroger à certaines règles de construction (article 26).
Ce droit à déroger les règles existantes n’inquiète pas seulement les associations de protection de l’environnement et les juristes spécialistes de ce genre de contentieux. Ainsi, le syndicat FSU a interpellé Nicolas Hulot et Jacques Mézard, respectivement ministres de la transition écologique et solidaire et ministre de la Cohésion des territoires, jugeant la mesure « contraire à l’esprit républicain d’égalité territoriale », faisant craindre « des dérives locales sous le prétexte de faciliter des aménagements ou des activités économiques ».
Vers le passage en force de grands projets ?
Le syndicat y voit également un risque d’affaiblissement de la capacité des services déconcentrés de l’État et de ses salariés de se prémunir des pressions extérieures et de celles des préfets, pour finalement « servir des intérêts particuliers aux bénéfices des élus et du secteur privé ». Le décret signé par le gouvernement prévoit que les mesures de dérogation doivent « être compatibles avec les engagements européens et internationaux de la France ». Paradoxe : le grand nombre de domaines concernés laisse penser qu’un très vaste champ de la réglementation en vigueur pourrait être concerné par des mesures de dérogation. Comment dans ce cas respecter « les engagements européens de la France » si le droit environnemental, dont 80% des mesures sont le fruit de transpositions du droit européen, est mis entre parenthèse ?
Le manque de précision du décret gouvernemental génère d’autres incertitudes. Inscrit par la loi relative à la biodiversité, le principe de non-régression implique que les dispositions réglementaires en matière écologique ne peuvent faire l’objet que d’une amélioration constante : sera-t-il respecté avec les dérogations prévues ? L’intérêt général peut-il être mobilisé pour déroger à des règles élaborées par le législateur au nom de ce même intérêt général ? Ces dérogations vont-elles être utilisées pour passer en force dans le cadre de projets d’infrastructures bloqués par des oppositions citoyennes ? Dans le Bas-Rhin, ces dérogations pourraient ainsi s’appliquer au projet de contournement autoroutier de Strasbourg, contesté localement. Ou à Saint-Martin, dans le cadre de la reconstruction de l’île dévastée par le passage de l’ouragan Irma. La dérogation aux normes existantes va-t-elle demain devenir la règle ? Autant de questions auxquelles le gouvernement n’a, à ce jour, apporté ni réponses ni garanties de nature à écarter des craintes bien légitimes.


31/01/18 : DINO CINIERI : « LE PAYSAGE FRANÇAIS EST EN TRAIN D'ÊTRE COMPLÉTEMENT DÉNATURÉ PAR LE DÉVELOPPEMENT AHURISSANT DES PARCS D'ÉOLIENNES »
Au lendemain d'un vote des députés sur le développement de l'éolien terrestre et maritime, Dino Cinieri, député "les Républicains " de la Loire, considère que le « paysage français est en train d'être complètement dénaturé par le développement ahurissant des parcs d'éoliennes ». Expliquant que les riverains subissaient de nombreuses nuisances (bruit, flashs lumineux) sans oublier la perte de la valeur de leurs terrains, Dino Cinieri s'étonne que « les questions d'installations d'éoliennes dans des zones classées ou protégées n'a même pas été abordée » pas plus que celle sur les études d'impact qualitative ou quantitative.
Vidéo en ligne
Et pour appuyer son propos, le député "les Républicains" de la Loire prend exemple sur un projet de parc éolien dans le Parc naturel régional du Pilat où, malgré l'avis défavorable de l'enquête publique et de nombreux autres avis (bureau du parc naturel du Pilat, architecte des Bâtiments de France...) « le préfet s'apprêterait à signer un permis de construire ».
« On ne voit pas l'intérêt de mettre des procédures en place autour des installations classées pour la protection de l'environnement pour finalement ne pas prendre en compte leurs avis et décider seul alors que ces territoires sont protégés en raison de leurs riches paysagères ou patrimoniales », déplore Dino Cinieri.

31/01/18 : Acceptabilité de l'éolien : le gouvernement va installer "un médiateur national de l'éolien"
Le gouvernement va installer dans "les tous prochains jours" un "médiateur national de l'éolien", a annoncé Sébastien Lecornu, ce mercredi 31 janvier. "La situation n'est satisfaisante pour personne, ni pour les porteurs de projets éoliens, ni pour les élus locaux, ni pour les riverains", explique le secrétaire d'Etat à la transition énergétique. Cette annonce a été faite en réponse au député Dino Cinieri (Les Républicains, Loire) qui interrogeait le gouvernement dans le cadre des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.
Le gouvernement est conscient que les parlementaires et les élus locaux sont sollicités en permanence sur la création de parcs éoliens. Le médiateur national de l'éolien aura donc pour tâche de se déplacer dans les territoires pour concilier les positions des élus locaux, des porteurs de projets et des préfets. "C'est une demande que vous formulez depuis longtemps, mais que vous avez vous-même oublié", a lancé Sébastien Lecornu au député.
Initialement, Dino Cinieri (Les Républicains, Loire) interrogeait le gouvernement sur les mesures qu'il envisageait de prendre contre le "développement ahurissant des parcs éoliens". Le député LR de la Loire déplorait que le gouvernement ait acté différentes mesures "en faveur du développement à tout va [de l'éolien terrestre et maritime] sans aucune étude d'impact qualitative et quantitative". Et de demander au gouvernement la mise en place d'un moratoire sur les projets de parcs éoliens, en particulier dans les zones classées.
https://www.actu-environnement.com/ae/news/acceptabilite-eolienne-mediateur-national-30563.php4

30/01/18Energies renouvelables : de nombreuses dispositions votées dans le projet de loi "droit à l'erreur"
L'Assemblée vote ce mardi en première lecture le projet de loi "société de confiance". Le Gouvernement a introduit de nombreuses dispositions facilitant le développement des EnR : raccordement, EMR, éolien, géothermie...
Le projet de loi pour un Etat au service d'une société de confiance, présenté le 27 novembre dernier par le Gouvernement, contenait déjà des dispositions visant à faciliter l'implantation des éoliennes offshore et développer la géothermie.
Mais ce dernier a profité de l'examen du texte par l'Assemblée nationale, qui le vote ce mardi 30 janvier en première lecture, pour introduire de nouvelles dispositions visant à faciliter le développement des projets de production d'énergie renouvelable (EnR). Ces amendements résultent des consultations menées au cours du dernier trimestre 2017, indique l'exécutif, mais aussi des conclusions du groupe de travail sur l'énergie éolienne dévoilées le 18 janvier par le secrétaire d'Etat à la transition écologique, Sébastien Lecornu.
Simplifier la procédure d'élaboration des schémas de raccordement
Les députés ont voté l'habilitation du Gouvernement à prendre par ordonnances des mesures portant sur le raccordement au réseau des installations de production d'EnR. Ces ordonnances, qui devront être prises dans un délai de 12 mois à compter de la promulgation de la loi, simplifieront la procédure d'élaboration et de révision des schémas régionaux de raccordement.
Elles permettront aussi de rendre applicable aux ouvrages des réseaux publics d'électricité la procédure d'extrême urgence prévue par le code de l'expropriation. Avec cette mesure, "vous facilitez la démarche et la procédure, mais vous limitez la capacité et le droit d'expression des élus locaux", a dénoncé la députée LR Véronique Louwagie.
L'Assemblée a aussi adopté un amendement des députés Modem visant à faciliter le raccordement des installations au réseau de transport ou de distribution d'électricité. Les dispositions votées visent à ne maintenir l'approbation du projet d'ouvrage (APO) que pour les lignes électriques aériennes haute tension ou très haute tension. Pour les autres installations, "il s'agit de remplacer ce dispositif par un contrôle effectué par un organisme indépendant agréé dans le cadre de procédures existant par ailleurs pour certains ouvrages, comme les postes ou des lignes souterraines", a expliqué le député Philippe Bolo. La suppression de l'APO pour les ouvrages électriques inter-éoliens et les raccordements des parcs, à terre comme en mer, constituait l'une des dix propositions du groupe de travail "éolien".
Les dispositions votées reconnaissent également le droit des utilisateurs du réseau à réaliser eux-mêmes leur raccordement en maîtrise d'ouvrage déléguée.
Développer les projets d'énergies marines renouvelables
Les députés ont habilité le Gouvernement à prendre par ordonnance des mesures visant à développer les projets d'énergies marines renouvelables (EMR). Ils ont voté un amendement de l'exécutif qui précise cette habilitation suite aux consultations effectuées au cours du dernier trimestre 2017.
Les ordonnances poursuivront plusieurs objectifs, précise ce dernier : l'information et la participation du public auront lieu en amont de l'appel d'offres, c'est l'Etat qui assurera les études techniques et environnementales (études de levée de risques, état initial de l'environnement), le porteur du projet pourra demander un permis enveloppe permettant de modifier et d'adapter le projet dans des limites définies, la procédure d'appel d'offres permettra de délivrer les autorisations d'occupation du domaine public maritime. "Par ailleurs, il est prévu un régime de sanctions au cas où le bénéficiaire du dispositif de soutien ne réaliserait pas le projet sans motif valable", ajoute le Gouvernement.
Celui-ci devra prendre les ordonnances dans un délai de 18 mois à compter de la promulgation de la loi. Il devra présenter un bilan de leur application, notamment en ce qui concerne les délais de réalisation des projets, dans les quatre ans suivant leur publication.
Eviter deux régimes juridiques pour l'éolien terrestre
Un amendement des députés Modem a été voté afin de considérer les permis de construire des éoliennes terrestres délivrés avant le 1er mars 2017, date d'entrée en vigueur de la réforme de l'autorisation environnementale unique, comme valant autorisation à ce dernier titre.
"Il donne ainsi plein effet à la suppression du permis de construire pour les installations d'éoliennes terrestres depuis l'entrée en vigueur de l'ordonnance n° 2017‑80 du 1er mars 2017 et évite que deux régimes juridiques distincts ne continuent à coexister", explique le député Philippe Bolo.
Réformer le code minier pour favoriser la géothermie
Les députés ont voté l'article du projet de loi habilitant le Gouvernement à prendre, dans un délai de 18 mois, des ordonnances réformant le code minier en ce qui concerne l'énergie géothermique. Il s'agit, d'une part, d'établir un régime simplifié pour les projets en situation géologique connue et ne nécessitant qu'une phase d'exploration limitée et, d'autre part, de prévoir un régime plus complet pour les autres projets, sans que la température du gîte géothermique ne soit un critère de distinction, précise l'exécutif.
La majorité a repoussé des amendements de suppression de cette habilitation. Leurs auteurs, des députés LR, craignaient un allongement des délais d'instruction des demandes de permis de gîtes géothermiques pour les réseaux de chaleur. "Le but n'est pas de traiter les délais relatifs à la géothermie, mais de s'attaquer à une situation qui n'est actuellement pas opérante. Avec ce critère de température, on est censé savoir ce que l'on va trouver avant de commencer à creuser. Là réside toute la difficulté en géothermie aujourd'hui", a répondu le rapporteur LRM Stanislas Guerini.
Dispense de procédures pour certaines activités hydroélectriques
Enfin, l'Assemblée a voté plusieurs amendements identiques accordant une dispense de procédures pour certaines activités hydroélectriques accessoires à une activité principale régulièrement autorisée. "Permettez-moi de prendre l'exemple de la Société du canal de Provence, qui dispose de plus de 5.000 kilomètres de canaux et se retrouve bloquée par une législation qui a évolué dans le temps. La simplification que nous proposons faciliterait à nouveau l'installation de petites centrales micro-électriques, qui participerait à la transition énergétique et entraînerait les acteurs du territoire", a illustré le député LRM François-Michel Lambert.
Ces amendements ont été votés contre l'avis du rapporteur et du Gouvernement qui estimaient que cette question était déjà résolue par la mise en place de l'autorisation environnementale unique.
https://www.actu-environnement.com/ae/news/projet-loi-societe-confiance-droit-erreur-energies-renouvelables-30548.php4

30/01/18 : Net-Wind double ses fonds propres pour s’étendre dans l’éolien
La PME nantaise a levé 840 000€, portant ses fonds propres à 1,6 M€. Après des opérations de croissance externe, Net-Wind poursuit donc son développement grâce « à la confiance renouvelée de ses actionnaires historiques et de ses cadres, rejoints par des investisseurs chefs d’entreprises », évoque l’entreprise dans un communiqué. Son président Didier Evano reste « l’actionnaire de référence avec 30% du capital, le solde est détenu par des chefs d’entreprises de mon réseau », précise le dirigeant à GreenUnivers.
Doubler le chiffre d’affaires d’ici 2020
Fondée en 2011, Net-Wind s’est d’abord positionnée comme un « pure-player de la maintenance éolienne », mais cherche depuis à...
https://www.greenunivers.com/2018/01/net-wind-double-fonds-propres-setendre-leolien-175577/

29/01/18 DROIT À L'ERREUR : UNE LOI BAVARDE MAIS DE RÉELLES AVANCÉES ?
L'Assemblée s'apprête à voter, mardi, le projet de loi sur le droit à l'erreur. Objectif affiché : réconcilier les Français et leur administration incitée à être plus clémente envers les erreurs de bonne foi des administrés. LCP.fr vous détaille l'essentiel des mesures et des expérimentations.
[...]
Éolien, construction et dons par SMS... des simplifications à tout-va
Le projet de loi est également truffé de mesures sectorielles. L'Assemblée a supprimé une étape pour les demandes d'installation d'éolienne terrestre et maritime, afin d'accélérer leur déploiement sur le territoire.[...]
http://www.lcp.fr/actualites/droit-lerreur-une-loi-bavarde-mais-de-reelles-avancees

28/01/18Le monde vu par Claude Sérillon : la guerre aux métaux lourds
Le journaliste Claude Sérillon livre son point de vue sur les métaux rares, face cachée de la transition énergétique et numérique.
L'actualité internationale ne peut se résumer aux calendriers officiels qu'ils soient à Davos ou ailleurs. Il est soudain plus essentiel de s'intéresser à un enjeu peu connu et bien au-delà des postures des grands de ce monde tels Trump ou Poutine, plus inquiétant même que les menées terroristes sanglantes. Il s'agit des métaux rares. Je devine, cela fait bien peu au regard des manifestes économiques ou démonstrations militaires. Et pourtant.
Le livre passionnant de Guillaume Pitron, intitulé La guerre des métaux rares (aux éditions Les Liens qui libèrent), sous titre : face cachée de la transition énergétique et numérique, révèle un danger à moyen terme qui ressemble à un secret géopolitique bien gardé. La société du tout charbon a dû faire de la place au tout pétrole, puis au nucléaire… chacune apportant un lot de conséquences néfastes, de pollutions et de tensions parfois militaires.
Dépendance obscure
Les énergies fossiles sont aujourd'hui présentées comme dépassées et tellement nocives pour l'environnement que toutes les recherches se font vers le renouvelable, le recyclage intense afin de sauver la planète. Pendant ce temps, à vitesse multipliée, nous entrons dans une dépendance autrement obscure, considérablement plus onéreuse et surtout capable de bouleverser les rapports de force autant que les avancées environnementales.
Les métaux rares en question sont au nombre de trente environ et portent pour la plupart des noms totalement inconnus pour les non spécialistes dont je suis.
A part le graphite et le cobalt, le lithium et le tungstène, le reste est rarissime mais bien réel. La transition écologique est sérieusement menacée par ces métaux indispensables dans la composition des voitures électriques, des ordinateurs et téléphones, des panneaux solaires comme des éoliennes.
Dégâts pour les sous-sols
Tous les objets connectés en ont besoin. Or ils sont non seulement recherchés mais peu abondants, dispersés sur le plan géographique, difficile techniquement à extraire, à transformer. Ils sont chers, très chers à travailler, à purifier. les méthodes d'extraction sont dommageables pour la nature, les dégâts pour les sous-sols sont très importants. L'exploitation de ces métaux rares qui entrent dans la composition d'armes balistiques comme dans celles des super-aimants est super-polluante.
À noter que, je cite, “le secteur des technologies de l'information et de la communication produit ainsi (en utilisant ces métaux rares) 50 % de plus de gaz à effet de serre que le transport aérien”.
Il y a donc selon cette longue enquête, à la fois un grave problème quant à l'exploitation industrielle de ces métaux, une redistribution politique internationale des ressources (les chinois sont à priori maîtres de la filière mondiale, ils détiennent ainsi la clef de ce progrès à double visage) et un risque majeur pour la planète.
Ces métaux très rares dont nous avons un besoin croissant au nom de l'ère numérique, paraissent tout le contraire d'un progrès écologique et plutôt une menace lourde sur la santé de l'humanité. C'est le dilemme nouveau qu'il faut prendre en compte dans le développement digital en cours.

http://www.midilibre.fr/2018/01/27/le-monde-vu-par-claude-serillon-la-guerre-aux-metaux-lourds,1619826.php

26/01/18 : Patrimoine immobilier : trois décisions à prendre sans tarder
Soyez propriétaire de votre logement, offrez-vous une résidence secondaire si vous en avez les moyens et l’envie, enfin, investissez dans l’immobilier locatif de défiscalisation. Telles sont les recommandations des experts du Revenu pour votre patrimoine immobilier.
La pierre représente plus de 60% des biens des Français. La gestion du patrimoine immobilier est donc un point clé pour s’enrichir avec ses placements.
Après vingt ans de hausse des prix (dans les grandes agglomérations) où peut-on encore acheter pour louer ? Quelles villes résisteront le mieux au retournement du marché ? Quelle stratégie adopter en immobilier d’habitation ? Les réponses du Revenu en trois priorités à adopter.
Soyez propriétaire de votre logement
En période d’incertitudes, être propriétaire de son logement rassure. 59% des ménages possèdent leur résidence principale, contre 33% en 1953. Même si les prix ont augmenté, acheter son toit constitue toujours un bon réflexe d’épargnant. S'astreindre à rembourser un crédit aide à se constituer un patrimoine immobilier, car les mensualités comprennent une part d'intérêts, mais aussi de capital.
Et à la retraite, vous économisez le montant d’un loyer. Ce qui augmente d’autant votre pouvoir d’achat. Le budget logement se «limitant» aux frais d’entretien et aux impôts locaux.
Attention toutefois à ne pas trop s’endetter. Les mensualités ne doivent pas dépasser le tiers de vos revenus. Souscrivez un prêt à taux fixe pour mieux maîtriser son budget.

N'optez pour un crédit à taux variable que si vous anticipez une baisse des taux sur le long terme, en privilégiant une formule où le montant des mensualités est plafonné.
Offrez-vous une résidence secondaire si vous en avez les moyens et l’envie
La majorité des résidences est très loin de l’imaginaire collectif, à savoir la belle villa face à la mer.
Les prix médians de vente des résidences secondaires sont souvent inférieurs à ceux des résidences principales. Les acquéreurs acceptent des maisons plus petites, de faire des travaux.
En revanche, l’emplacement est primordial et un petit jardin reste un plus.
Seule certitude : les prix ont baissé, de l’ordre de 10% sur le littoral Manche – Atlantique. Davantage encore à la campagne. Dans le Perche, selon les notaires, les tarifs ont chuté de 30 à 40% en cinq ans. C’est le moment d’en profiter si l’acquisition d’une «seconde résidence» vous fait rêver.
Trois conseils :
1) N’achetez pas une maison trop isolée. A moins de deux heures d’une grande ville, à proximité d’une gare SNCF ou d’un aéroport, des commerces, loisirs. C’est l’idéal.
2) Ne sous-estimez pas les frais d’entretien. Comptez entre 1 et 2% du prix d’achat / 4% avec une piscine et un grand jardin. Hors impôts locaux.
3) Renseignez-vous sur les projets d’infrastructure. Il serait dommage d’acheter au milieu d’un futur champ d’éoliennes !
Investissez dans l’immobilier locatif de défiscalisation
La résidence principale payée, il peut être attrayant d’acheter un logement à crédit pour le louer. Avec un double objectif : réduire vos impôts dans un premier temps, puis compléter vos revenus une fois à la retraite.
La solution la plus simple consiste à acheter dans le neuf pour profiter du dispositif Pinel.
Autre solution : acquérir un bien ancien à rénover. Les travaux venant en déduction des loyers, vous créez un déficit foncier reportable sur le revenu global à hauteur de 10.700 euros par an, ce qui réduit vos impôts.
L’ancien est moins cher que le neuf (de 20 à 25%) et vous avez la possibilité de visiter le bien, ce qui est préférable que d’acheter sur plan. Le neuf a, pour lui, le levier fiscal qui peut être plus important.
À vous de faire votre choix, en fonction de vos goûts personnels et du temps que vous avez à consacrer à votre investissement. La pierre est un placement plus chronophage que l’assurance vie ou des livrets bancaires, mais c’est le seul que vous pouvez réaliser à crédit, tout en diminuant votre impôt sur le revenu.
Outre une fiscalité pesante, la pierre n’a qu’un défaut, elle se transmet difficilement.
Plus de conseils pour réussir vos projets immobiliers (acquisition/construction d’une résidence principale, secondaire ou investissement locatif à Paris ou en province), optimiser la gestion locative et la fiscalité de vos revenus fonciers, dans nos publications payantes. 
https://lerevenu.com/immobilier/patrimoine-immobilier-trois-decisions-prendre-sans-tarder

25/01/18DROIT À L'ERREUR : FIN DE L'EXAMEN D'UN TEXTE FOURRE-TOUT
[...] Le gouvernement pousse l'éolien
Faciliter l'installation des éoliennes en mer, c'est l'objectif de l'article 34. À l'heure de la transition énergétique, Caroline Janvier (LREM) rappelle qu'aujourd'hui, "il faut environ 10 ans" pour qu'un projet aboutisse. Le gouvernement compte réduire ce délai en abrégeant certaines procédures.
Bruno Bilde (FN) propose de supprimer cet article et livre un plaidoyer anti-éolien.
Quant aux Républicains, ils s'opposent à ce que l'éolien terrestre soit aussi concerné par cette réforme, mais l'article est finalement adopté.
Un amendement MoDem et LREM adopté facilite le raccordement au réseau des particuliers producteurs d'électricité, en leur épargnant certaines formalités.
La participation du public facilitée
Les députés ont voté une expérimentation de trois ans pour remplacer les enquêtes publiques par des consultations publiques sur certains projets soumis aux législations sur l’eau et sur les installations classées pour la protection de l’environnement.
La liste des installations sera précisée plus tard par décret en Conseil d'État.[...]

http://www.lcp.fr/actualites/en-direct-suivez-les-debats-sur-le-droit-lerreur

25/01/18 : L'Europe met 578 millions d'euros dans une ligne électrique entre l'Espagne et la France
L'Union européenne s'apprête à débloquer 578 millions d'euros pour financer la construction d'une ligne électrique en partie sous-marine reliant la France et l'Espagne par le Golfe de Gascogne, a-t-on appris de source européenne.
Ce projet d'interconnexion électrique, qui doit courir sur 370 kilomètres entre Cubnezais (près de Bordeaux) et Gatika (près de Bilbao), vise à acheminer vers la France les excédents de production électrique espagnole basée sur des sources d'énergie renouvelables.
Il doublera quasiment les capacités d'échanges électriques entre les deux pays, les portant à 5.000 mégawatts.
Sa mise en service est prévue pour 2025, pour un investissement total estimé à 1.750 millions d'euros.
Par cette participation financière inédite en matière d'infrastructures électriques, la Commission européenne entend faciliter l'utilisation des énergies renouvelables de part et d'autre des Pyrénées, réduire la dépendance européenne au gaz russe et contribuer au respect des objectifs que le bloc communautaire s'est fixés en vue de lutter contre le réchauffement climatique.
"Seul un marché (électrique) pleinement intégré améliorera la sécurité d'approvisionnement de l'Europe en mettant fin à la dépendance à l'égard de fournisseurs uniques et donnera plus de choix aux consommateurs", a déclaré à Reuters le commissaire européen au Climat et à l'Energie, l'Espagnol Miguel Arias Cañete, avant l'officialisation prévue ce jeudi.
Cet investissement s'inscrit dans un ensemble plus large de 873 millions d'euros budgétés par les Etats membres pour 17 projets d'infrastructures électriques afin d'améliorer l'intégration du marché électrique européen.
Parmi les autres projets retenus, 70 millions d'euros iront au financement du SüdOstLink en Allemagne, qui doit relier les éoliennes du nord aux consommateurs du sud du pays.
http://www.boursorama.com/actualites/l-europe-met-578-millions-d-euros-dans-une-ligne-electrique-entre-l-espagne-et-la-france-230fcf0f691f4e8d0a44ee3d64bec611


24/01/18 : 
La transition énergétique demande-t-elle trop de métaux ?
Selon Guillaume Pitron, auteur de « La guerre des métaux rares », la réussite de la transition énergétique est menacée par son besoin en métaux rares. La Banque mondiale met également les pays en garde. Alors, que faire ?
En juillet 2017, la Banque mondiale alertait sur le fait qu’un monde bas carbone nécessitera beaucoup de ressources. La transition énergétique demandera bien son lot de minéraux et de métaux pour construire toujours plus d’éoliennes, de panneaux solaires et stocker l’énergie dans des batteries. « Il faut s’attendre à une augmentation de la demande d’acier, d’aluminium, d’argent, de cuivre, de plomb, de lithium, de manganèse, de nickel et de zinc, ainsi que de certaines terres rares, telles que l’indium, le molybdène et le néodyme », prévenait la Banque mondiale. Pour respecter la trajectoire des 2°C, l’augmentation de la demande de métaux – aluminium, cobalt, fer, plomb, lithium, manganèse et nickel – pourrait notamment être multipliée par plus de 1.000 %. Elle invitait les pays disposant de ces réserves stratégiques à mettre en place des mines durables.
Des nombreux métaux dans les technologies du futur
Ces nouvelles technologies incorporent significativement plus de ressources dans leur fabrication que les centrales à énergie fossile traditionnelles. C’est-à-dire qu’il faut plus, voire parfois beaucoup plus, de métaux pour produire la même quantité d’électricité d’origine renouvelable qu’avec la combustion de produits fossiles. « Soutenir le changement de notre modèle énergétique exige déjà un doublement de la production de métaux rares tous les quinze ans environ, et nécessitera au cours des trente prochaines années d’extraire davantage de minerais que ce que l’humanité a prélevé depuis 70 000 ans », calcule Guillaume Pitron.
L’évolution de la demande en différents matériaux dépendra des choix technologiques qui seront retenus au niveau mondial. Et ainsi du nombre d’éoliennes, de panneaux solaires et de véhicules électriques fabriqués. Par exemple, les trois principales catégories de véhicules alternatifs ont des impacts différents sur la demande de métaux, note la Banque mondiale. Si les véhicules électriques ont besoin de lithium, les véhicules hybrides préfèrent le plomb et les véhicules à hydrogène le platine.
Le lien capital entre transition énergétique et numérique
L’électricité produite par les panneaux solaires et les éoliennes est intermittente. Les gestionnaires de réseaux misent ainsi sur le développement des réseaux intelligents pour assurer l’équilibre de l’offre et de la demande en continu. Pour ce faire, ils font appel au big data et, nécessairement, à des infrastructures de gestion des données de plus en plus importantes.
Le numérique promet de nous aider à faire cette transition énergétique et décarboner notre économie. La troisième révolution industrielle prévue par Jeremy Rifkin nous promet de tout dématérialiser grâce au « cloud ». Il appelle de ses vœux la création d’un Internet de l’énergie. Il oublie simplement de dire ouvertement que cette révolution nécessiterait des réseaux complexes, des téléphones portables, tablettes et ordinateurs, câbles sous-marins, serveurs, ordinateurs, supercalculateurs, data centers, satellites et fusées pour les lancer. « Est-ce vraiment immatériel ?» questionne Guillaume Pitron. En réalité, cette révolution repose sur l’exploitation de métaux, rares ou non, dont l’impact environnemental est à améliorer. Pour le moment, nous délocalisons la pollution vers les pays extracteurs de matières premières, chinois, africains ou latino-américains et devenons dépendants des importations. La pollution est externalisée.
La question à Guillaume Pitron : Vous peignez un tableau très noir de la transition énergétique actuelle. Faut-il abandonner les éoliennes, les panneaux solaires, les véhicules électriques et le numérique?
G.P : Non, bien évidemment. Mon livre peint une photographie actuelle de ces technologies qui utilisent un certain nombre de ressources, des métaux abondants et des métaux rares. Il ne faut surtout pas les abandonner, la question n’est pas de revenir à un monde du tout pétrole ! Il faut bien évidemment changer de modèle énergétique. La transition énergétique contient des avancées qu’il faut pousser davantage. J’ai tendance à dire qu’il y a une transition dans la transition. Sur un certain nombre de technologies, nous avons des problématiques qui se posent sur terrain. Nous allons bientôt remplacer un certain nombre de composants des panneaux solaires qui sont très polluants par d’autres qui permettront un meilleur rendement. C’est notamment le remplacement des technologies silicium par les pérovskites. Cela sera également le cas pour les éoliennes et les voitures électriques. Il y a un immense enjeu d’innovation pour repousser plus loin les capacités de ces technologies dans un monde où nous serons bientôt 10 milliards d’humains.
J’ai voyagé pendant 10 ans et je suis frappé par la dégradation environnementale dans tous les pays où je suis allé. Je suis frappé par les tensions sur les ressources, notamment en Algérie, en Indonésie, et en Chine. Si l’on ne travaille pas à davantage de sobriété dans la façon dont nous consommons nos ressources, si nous ne rationalisons pas davantage l’utilisation de ces matières premières, je crains que cette transition ne soit ni durable ni soutenable.
https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/transition-energetique-metaux-51388/


24/01/18
Le développement des éoliennes, menacé par les métaux ?
Les éoliennes nécessitent beaucoup de métaux, notamment de l'acier. Quelques métaux rares sont parfois utilisés, mais ne posent pas de problèmes d'approvisionnement particulier. Le bilan carbone reste bénéfique par rapport aux autres solutions.
L’ADEME a dressé une analyse du cycle de vie de l’éolien français en 2015, depuis l’extraction des matières premières jusqu’à leur fin de vie. Selon l’agence, le bilan est largement positif en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Les émissions de CO2 équivalent sont de 12,7 grammes par kilowattheure produit (CO2eq/kWh) pour une éolienne terrestre et 14,8 g CO2eq/kWh pour une éolienne marine. Ces valeurs sont faibles comparées à celles du mix électrique français, estimé à 79 g CO2eq/kWh. Une éolienne terrestre produirait en un an et une éolienne marine en 14 mois, assez d’énergie pour compenser celle qui a été nécessaire à sa fabrication.
Des impacts avant tout liés à la fabrication
Les deux solutions ont un impact plus faible en terme d’acidification que le reste du mix. « L’éolien est remarquablement économe en eau », ajoute l’étude de l’Ademe. Les émissions de particules fines sont quant à elles sensiblement plus faibles que celles liées au mix global.
Les principaux impacts environnementaux se situent au niveau de l’utilisation des ressources fossiles nécessaires à la fabrication des composants. Le matériau le plus énergivore est l’acier, présent en grande quantité dans les nacelles et les mâts. Viennent ensuite les différents plastiques présents dans les pales et les nacelles. L’approvisionnement en deux terres rares, le néodyme et le dysprosium, reste à surveiller. Elles sont utilisées pour leurs propriétés magnétiques dans les éoliennes à aimants permanents. Cependant, « cette technologie représente moins de 10 % du marché en France, assure Alexandre Roesch, délégué général du Syndicat des Énergies Renouvelables (SER). Il n’y a pas de crainte particulière à avoir sur la rareté de la ressource ».
Un recyclage provisionné
« Le développeur d’un projet éolien doit provisionner 50.000 euros par éolienne en vue de son démantèlement », précise Alexandre Roesch. Les retours d’expérience sur le recyclage des éoliennes sont encore faibles, mais les premiers démantèlements se feront entre 2020 et 2030, avec le renouvellement de 5 gigawatts en France.
Dans les calculs de son analyse de cycle de vie, l’Ademe fait l’hypothèse que le béton des fondations sera intégralement recyclé. L’acier, la fonte, le cuivre et l’aluminium, présents dans la nacelle et le mât seront recyclés à hauteur de 90 %. Par ailleurs, l’intégralité des plastiques et matériaux composites utilisés dans les pales seront incinérés. Enfin, les aimants utilisés dans les éoliennes à aimants permanents seront intégralement enfouis.
https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/developpement-eoliennes-metaux-51386/

23/01/18
Eolien terrestre : la filière et les collectivités saluent les annonces du gouvernement
Les associations de professionnels de la filière éolienne et de collectivités territoriales ont salué les nouvelles mesures annoncées par le secrétaire d’Etat Sébastien Lecornu jeudi 18 janvier dernier. Celles-ci ont pour but de développer la filière et renforcer la confiance des territoires dans les projets éoliens.
L’association France énergie éolienne (FEE) a annoncé le jeudi 18 janvier dernier, un record de puissance raccordée en 2017, avec 1692,05 MW. Ce qui porte la puissance totale installée en France à 13.760,35 MW. L’occasion pour l’association de saluer les conclusions du groupe de travail gouvernemental sur l’éolien terrestre, « dont deux des mesures principales sur l’accélération des temps de développement et la juste répartition de l’Imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux (IFER) sont issues de propositions de FEE ».
« La filière se félicite de la convergence des prises de conscience et des décisions : elles sont indispensables pour libérer l’éolien français et pérenniser son développement de façon concertée, harmonieuse, et pragmatique. Ce groupe de travail a permis de faire dialoguer toutes les parties prenantes et a démontré la pertinence et l’efficacité de cette méthode. L’objectif était de mettre les différents sujets sur la table et d’y apporter des réponse efficaces et rationnelles », estime le président de FEE, Olivier Perot.
L’association nationale des collectivités, Amorce, salue également les annonces présentées par Sébastien Lecornu. « Amorce et le Club des collectivités éoliennes (Cléo) se félicitent tout d’abord des mesures de simplification des procédures pour les projets éoliens, en particulier de la réduction du temps de traitement des contentieux et du réexamen de 4 zones d’entraînement aérien qui limitent les possibilités de projets. Le ministre a par ailleurs évoqué le lancement d’une réflexion sur la mise à disposition du foncier de l’armée aux projets d’énergies renouvelables, moyennant compensation, qui serait également une avancée », indique l’association dans un communiqué. Amorce souligne avec intérêt les annonces issues de ses propositions : notamment la répartition de la fiscalité éolienne dans les territoires, le soutien aux projets participatifs, l’accompagnement des collectivités et la réalisation d’un guide des bonnes pratiques entre développeur éolien et collectivités. « Par ailleurs, Amorce est favorable au principe d’un accompagnement de l’Ademe pour l’intégration paysagère des éoliennes, mais des interrogations subsistent sur la manière dont ces nouveaux financements à destination des collectivités seront mis en œuvre ». Enfin, l’association propose la mise en place d’objectifs régionaux pour le développement de l’éolien.
Les associations de défense du patrimoine dénoncent une mise à l’écart
Mais certaines associations de riverains de parcs éoliens et de protection du patrimoine n’ont pas réagi aussi positivement. C’est le cas par exemple des associations Vieilles maisons de France (VMF), Vent de Colère, Sites et Monuments ou encore La Demeure Historique. Ces associations dénoncent une mise à l’écart des riverains d’éoliennes et des associations de défense du patrimoine et des paysages dans la concertation du groupe de travail. Par ailleurs, ces associations estiment que les mesures annoncées « ignorent l’impact de la proximité des habitations face aux éoliennes, ainsi que la protection des paysages et l’environnement du patrimoine, classé par l’Etat ». Pour ce groupement d’associations, les mesures annoncées par le gouvernement représentent « une démarche à caractère financier, de faciliter à tout prix une industrialisation massive des espaces naturels et agricoles, au mépris de ce que devrait être une démarche écologique respectueuse ».

http://www.environnement-magazine.fr/energie/article/2018/01/23/117113/eolien-terrestre-filiere-les-collectivites-saluent-les-annonces-gouvernement.php

23/01/18
Transition énergétique : quand les pouvoirs publics impulsent le changement
Financement, partenariats : pour accélérer le passage à une économie décarbonée, les acteurs publics mobilisent acteurs privés et citoyens.
« Nous sommes en train de perdre la bataille du climat. » Lors du dernier sommet sur la finance et le climat, le One Planet Summit, à Paris en décembre, Emmanuel Macron a une nouvelle fois exhorté la communauté internationale à « bouger ». Mais dans quel sens ? « En Europe, il n'existe pas de définition partagée de la transition énergétique. Même en France, elle signifie trop souvent la baisse du nucléaire dans l'électricité. Mais la transition énergétique, c'est avant tout décarboner les transports et l'industrie, améliorer les bâtiments, mieux valoriser la biomasse », rappelle Jean-Marc Jancovici, directeur du think tank de The Shift project et associé fondateur du cabinet Carbone 4. Et rien de cela ne se fera sans l'impulsion des pouvoirs publics. Comment impliquer les acteurs privés et les citoyens dans cette révolution ?
En 2003, le gouvernement britannique a lancé un ambitieux partenariat public-privé pour décarboner les transports dans le cadre de son plan carbone visant à réduire de 80 % son niveau d'émission de CO2 de 1990 à horizon 2050. Le « Low Carbon Vehicle Partnership » réunit aujourd'hui 200 constructeurs automobiles, sociétés de transports, associations environnementales et collectivités publiques. Il a notamment permis le lancement du premier taxi électrique à Londres et la mise en circulation dans le pays de 4.000 bus à basse émission, limitant à hauteur de 55.000 tonnes annuelles leurs émissions de CO2.
Les collectivités montent au capital
Les choses bougent également dans l'Hexagone. Dédié au financement des projets de PME liés à la transition énergétique, le fonds Eiffel Energy Transition, qui rassemble investisseurs privés et publics comme la Maif et l'Ademe, a levé 200 millions d'euros en huit mois. Mais c'est surtout aux autorités locales qu'il revient d'impulser le changement.
La transition énergétique relève de tous les niveaux d'acteurs publics, de la commune à la région.
« Politique des transports, logement, énergie, bâtiments publics, la transition énergétique relève de tous les niveaux d'acteurs publics, de la commune à la région », note Carine Staropoli, maître de conférences à la Paris School of Economics. La loi de transition énergétique pour la croissance verte a créé de nouveaux outils juridiques pour leur permettre d'agir. Elles peuvent désormais intervenir directement dans le capital de sociétés privées par actions simplifiées. La communauté de communes de Questembert en Bretagne, est ainsi devenue actionnaire du futur parc éolien du Rocher Breton, qui produira l'équivalent de la consommation annuelle de 6.700 foyers.
Nouveaux outils juridiques
De leur côté, les sociétés d'économies mixtes prospèrent, diversifiant leurs activités de l'éolien au solaire en passant par la biomasse, levant des fonds auprès des citoyens. « Les impliquer permet d'obtenir une acceptation sociale sur des projets sujets à controverse », note Carine Staropoli. « Et la régulation du prix de l'énergie permet de garantir une rentabilité. » Ainsi, Sergies, la société d'économie mixte (SEM) du syndicat Energies Vienne, propose une rémunération de 4 % aux particuliers qui ont investi dans le projet éolien de Rochereau et qui y maintiennent leur participation pendant cinq ans.

Autre nouvel outil juridique en vogue, la SEM à opération unique, dite « SemOp ». « Le privé peut être actionnaire majoritaire, mais la SemOp instaure une coopération opérationnelle et stratégique au quotidien », explique-t-elle. La ville d'Amiens a choisi cette forme juridique pour Amiens Energies, chargé de développer le réseau de chaleur de la ville. En envoyant un message clair : fini les contrôles a posteriori ou la passivité face à un opérateur privé, la transition est aussi l'occasion pour les pouvoirs publics de reprendre la main sur l'énergie.
https://www.lesechos.fr/thema/0301146401973-transition-energetique-quand-les-pouvoirs-publics-impulsent-le-changement-2147303.php

22/01/18
Accélération de l’éolien : l’Armée reste aux abonnés absents, pour l’instant
Les contraintes militaires sont dans l’angle mort des propositions retenues par le gouvernementpour accélérer le développement de l’éolien dans l’Hexagone : l’obstacle est majeur mais pratiquement pas évoqué. Pour l’aviation, un balisage « mixte » (fixe au « centre » du parc, clignotant autour) des éoliennes va certes être étudié mais il ne fait qu’atténuer les nuisances visuelles nocturnes.
Zone d’exclusion
Surtout, « la construction de parcs éoliens reste interdite dans un rayon de 30 km autour des radars militaires – la France compte une cinquantaine de radars militaires dits « primaires », NDLR- et l’ensemble des contraintes militaires et radars interdisent plus de 50% du territoire français à l’éolien », selon les calculs de Valorem et de son fondateur Jean-Yves Grandidier, qui a consacré un ouvrage* au sujet, paru à l’automne. Une question stratégique suivie aussi de très près par l’association professionnelle France Energie Eolienne (FEE) et sa commission « chantiers techniques ». Mais celle-ci n’a pas pu participer aux travaux du groupe de travail éolien sur les contraintes militaires, car aucun représentant professionnel n’y était autorisé, confidentialité oblige.
Un cône comme abri refuge
La concertation « ne tranche pas sur sur les contraintes militaires qu’il est nécessaire d’assouplir pour réussir la transition énergétique à moindre coût », regrette Valorem, dans un communiqué qui salue les avancées sur les autres thématiques. Interrogé à ce sujet, Jean-Yves Grandidier propose que l’on aménage les règles d’exclusion autour des radars, au moins dans la rondelle située entre 20 et 30 km, en mettant en place ...
https://www.greenunivers.com/2018/01/acceleration-de-leolien-larmee-reste-aux-abonnes-absents-175124/

22/01/18
Vents contraires pour l'éolien terrestre en France
Selon les chiffres, les filières renouvelables électriques ont le vent en poupe : avec près de 13 GW de puissance installée, 21 TWh d’électricité produite et 16 000 emplois, l’éolien confirme son dynamisme retrouvé et affirme son rôle de relais de croissance dans les territoires. Cependant, la filière doit continuer de monter en puissance et doit, pour cela, se débarrasser des obstacles qui ralentissent encore sa croissance. C’est pourquoi, près de trois mois après son lancement par Sébastien Lecornu, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, le groupe de travail sur l’éolien terrestre dévoile dix propositions pour accélérer la concrétisation des projets et améliorer leur acceptabilité au niveau local. Car tout n'est pas rose pour l’éolien terrestre : des associations signataires expriment vivement leur opposition à ces nouvelles mesures.
Au niveau européen, selon le huitième "Baromètre des énergies renouvelables électriques en France", la France est actuellement le quatrième parc installé derrière l’Allemagne, l’Espagne et le Royaume-Uni.
Après une reprise amorcée en 2014 et confortée l’année suivante, la filière éolienne française connaît, depuis 2016, une dynamique sans précédent. Alors qu’un record de volume de puissances nouvellement raccordées a été atteint en 2016 avec 1 530 MW, 2017 devrait faire encore mieux. En effet, au cours des neuf premiers mois de l’année, 103 nouvelles installations ont été mises en service, pour une capacité totale de 1 019 MW, soit une hausse de 23 % par rapport à la même période de l’année précédente. Avec un parc total raccordé de 12 908 MW à fin septembre 2017, la France est parvenue à rattraper le retard pris entre 2011 et 2013 pour désormais pleinement s’inscrire dans la lignée de ses objectifs à fin 2018. La projection de la dynamique actuelle devrait permettre de conclure 2017 sur un volume total de 1 600 MW et un parc total proche des 13 500 MW. Les 15 000 MW d’éolien terrestre ambitionnés à fin 2018 seraient alors tout à fait réalisables, à condition que le secteur maintienne son rythme.
Cartographie de la filière éolienne en France (Source : SDES 2017)
Au-delà des bons résultats des premiers mois de 2017, l’année a également vu la mise en place définitive du cadre réglementaire complet pour la filière. Si, dans l’ensemble, les professionnels du secteur français de l’éolien ont bien accueilli ces annonces qui leur ouvrent une fenêtre de visibilité pour les années à venir, ils n’en oublient pas pour autant qu’il existe encore de nombreux obstacles qui ralentissent la filière. C’est dans cette optique qu’un groupe de travail pour simplifier et consolider les règles dans l’éolien a été mis en place en octobre 2017, en marge de la Conférence nationale des territoires, avec pour axe central la simplification du déploiement de la filière au travers de cinq thématiques : la simplification des procédures, la protection des paysages, l’éolien en mer, la fiscalité et le repowering. La mission de ce groupe s’est achevée le 30 novembre 2017 avec la remise d’une liste de mesures précises. qui viennent d’être dévoilées ce 18 janvier.
Gagner du temps
Proposition 1 - Accélérer le contentieux relatif aux parcs éoliens terrestres et à leurs ouvrages connexes en ayant un contentieux en premier et dernier ressort devant la cour administrative d’appel.
Actuellement, près de 70 % des autorisations délivrées font l’objet de recours devant les tribunaux administratifs. La fonction de filtre de la juridiction de premier degré n’est pas efficiente puisqu’une immense majorité des recours est portée ensuite en appel devant la cour administrative d’appel, voire en cassation. La conséquence directe est l’allongement des projets éoliens avec une durée moyenne de 7 à 9 ans en moyenne, contre 3 à 4 ans en Allemagne. Il est ressorti des discussions du groupe de travail que ces délais de réalisation apparaissaient disproportionnés. Par ailleurs, la durée de développement exceptionnellement longue en France induit un retard technologique pour la filière française au vu de l’évolution rapide de la technologie des éoliennes, qui ne peuvent être installées du fait de ce décalage. La suppression d’un niveau de juridiction est une mesure qui est utilisée par l’Etat dans plusieurs cas pour accélérer le développement des projets d’éolien en mer, les grandes surfaces commerciales (supermarchés, hypermarchés) et pour les salles de cinéma de plus de 300 places.
Proposition 2 - Simplifier le contentieux en figeant automatiquement les moyens (de légalité externe ou interne) au bout de 2 mois.
Le traitement des requêtes par les tribunaux est retardé par la multiplication des mémoires remis et des moyens invoqués par les parties en cours d’instruction.
Simplifier les procédures et les rendre plus prévisibles
Proposition 3 - Clarifier les règles pour les projets de renouvellement (« repowering ») des parcs en fin de vie, via une instruction ministérielle.
Le renouvellement des installations éoliennes est un sujet nouveau et d’une importance capitale, car il doit permettre le maintien, voire l’augmentation, des capacités déjà raccordées dans l’optique de réaliser les objectifs ambitieux fixés pour la France. La profession estime à environ 5 GW la puissance installée éolienne qui pourrait être gagnée à l’horizon 2030 par le remplacement des éoliennes existantes par des éoliennes plus puissantes. 8 Conclusions du groupe de travail « éolien » Si le cadre réglementaire actuel permet déjà le traitement des modifications de parc, et donc le renouvellement, les quelques parcs qui ont procédé à leur renouvellement l’ont fait par le biais d’une procédure d’autorisation complète (comme pour une installation neuve). Lors d’un renouvellement, c’est aujourd’hui le caractère substantiel de la modification qui décide de la nécessité d’une nouvelle autorisation ou non. Il est ressorti des discussions du groupe une nécessité de préciser les critères d’appréciation du caractère substantiel desdites modifications, et ce, afin de donner aux exploitants une meilleure visibilité sur l’avenir de leurs installations. Ces précisions seront apportées via une instruction aux services de l’État qui instruisent les dossiers d’autorisation.
Proposition 4 - Renforcement de la motivation des avis conformes et réévaluation des zones propices au développement de l’éolien.
Le groupe de travail interministériel s’est attaché à rechercher des solutions pour assurer le développement de l’éolien tout en maintenant les exigences de sécurité et de protection des paysages. A l’issue de ces travaux, la Direction Générale de l’Aviation Civile conservera un avis conforme jusqu’à 16 kilomètres autour de ses radars, mais il est proposé de passer en avis simple au-delà. Une circulaire aux préfets sera également adressée pour rappeler les principes de l’avis conforme : motiver les refus, préciser les modalités des recours administratifs gracieux, ne pas étendre les refus autour des zones soumises à avis conforme. Enfin, le ministère de la Défense s’engage à un réexamen de 4 zones d’entraînement aérien particulièrement propices à l’éolien.
Proposition 5 - Suppression de l'approbation d'ouvrage électrique pour les ouvrages électriques interéoliens et les raccordements des parcs éoliens à terre et en mer.
Lors du développement d’un projet éolien, la construction des ouvrages électriques pour les câbles inter-éoliens et les raccordements nécessitent une autorisation spécifique : l’approbation d’ouvrage électrique (APO). Cette autorisation délivrée jusqu’à présent par l’administration, relève uniquement d’une vérification de conformité technique, vérification qui pourra être effectuée par ailleurs. Elle constitue ainsi une procédure supplémentaire jugée peu pertinente et sujette à des recours. Dans une optique de simplification, il a été convenu de la suppression de l’APO.
Apaiser les relations des projets éoliens avec leur territoire
Proposition 6 - Passer la moitié des mâts d’un parc d’un balisage clignotant à un éclairage fixe.
Les éoliennes sont équipées de dispositifs lumineux afin de pouvoir être repérées par les pilotes d’aéronefs. Les règles françaises demandent notamment un balisage clignotant. Le balisage clignotant utilisé aujourd’hui constitue l’un des principaux facteurs de gêne de la population riveraine des parcs éoliens terrestres et maritimes. C’est la principale nuisance invoquée par les riverains des parcs éoliens, bien avant l’impact sur le paysage ou le bruit des éoliennes. Un balisage fixe permettra de réduire ces nuisances. 9 Conclusions du groupe de travail « éolien ».
Proposition 7 - Mieux intégrer l’éolien dans les paysages.
Chaque territoire dispose de ressources naturelles et climatiques spécifiques. La démarche paysagère permet de faire un bilan des potentiels énergétiques de chaque territoire, de les mobiliser en prenant en compte leurs besoins spécifiques et de favoriser les retombées économiques locales, ce qui est une condition centrale de l’acceptabilité. Cependant, le déficit d’assistance à maîtrise d’ouvrage est un obstacle pour des territoires qui souhaiteraient se lancer dans une réflexion sur la transition énergétique. Les structures aptes à accompagner les territoires existent (les paysagistes-concepteurs ou les écoles de paysages par exemple), mais les difficultés de mise en œuvre tiennent à la mobilisation des financements. Pour lever cette difficulté, le ministère de la Transition écologique et solidaire propose une collaboration avec l’ADEME.
L’ADEME pourra financer certains de ces programmes et relayer les retours d’expérience. Le ministère de la Transition écologique et solidaire mobilisera les territoires volontaires et organisera l’assistance à maîtrise d’ouvrage conjointement avec les professionnels du paysage et écoles, réseaux et programmes de recherches.
Proposition 8 - Faire évoluer la répartition de l’IFER éolien pour « intéresser » les communes aux projets éoliens.
L’Imposition Forfaitaire sur les Entreprises de Réseau (IFER) est un impôt décliné en 9 composantes, l’une d’elle concerne les installations éoliennes et hydroliennes. L’IFER éolien représentait en 2017 7400€/MW installé qui sont ensuite répartis entre le département, l’établissement public de coopération intercommunale et la commune d’implantation, suivant le régime fiscal de l’EPCI. Le problème soulevé par les membres du groupe est le suivant : dans certains cas précis, sous certains régimes fiscaux, la répartition actuelle de l’IFER ne permet pas de garantir une part de l’IFER à la commune où sont implantées les éoliennes. Or, il est essentiel de considérer que si elles ne sont pas les seules impactées, les communes d’implantation sont la plupart du temps les communes qui cohabitent directement avec les installations et qui ont par ailleurs porté et accompagné le développement du projet sur leur territoire. Le ministère de la Transition écologique et solidaire propose de modifier la répartition de l’IFER pour garantir un minimum de 20 % des retombées fiscales aux communes d’implantation des éoliennes, sans modifier le niveau global de l’imposition.
Propositions 9 :
Travailler à un « guide des bonnes pratiques » entre développeur éolien et collectivité.
Les membres du groupe de travail ont fait le constat que les projets éoliens les mieux accueillis et qui connaissent les développements les plus aisés sont souvent ceux pour lesquels la période de « démarche privée » s’est déroulée sereinement.
La présente mesure vise donc dans un premier temps à rédiger un « guide des bonnes pratiques » qui pourra éclairer chacune des parties prenantes aux projets éoliens sur les démarches à suivre, les informations à communiquer et les pratiques à éviter pour le développement d’un projet le plus paisible possible. Ce guide sera élaboré en collaboration avec les différentes administrations mais surtout avec les représentants d’élus et les développeurs éoliens.
Créer un réseau national d’accompagnement des collectivités.
Il est également ressorti des discussions du groupe de travail que les communes rurales qui portent une très grande majorité des projets éoliens sur leurs territoires s’avouent très régulièrement et de manière légitime peu compétentes en la matière, ce qui du fait de craintes non fondées ou de réticences peut être dommageable pour un projet. Un besoin d’accompagnement technique, a minima dans les premières phases du développement, se fait ressentir et apporterait, selon tous, des bénéfices conséquents pour la filière et les collectivités : que ce soit en termes d’acceptabilité, de temps, de développement ou de montée en compétence. L’idée d’un réseau de conseillers techniques à disposition et chargés d’accompagner la collectivité ponctuellement pendant le projet a émergé, cette proposition faisant notamment suite à des retours d’expériences sur des dispositifs similaires. Des études préliminaires relatives à la construction d’un tel réseau ont débuté en collaboration avec les collectivités.
Proposition 10 - Inciter le financement participatif des projets éoliens.
Le groupe de travail a constaté que l’implication financière des riverains permettait de renforcer l’acceptabilité locale des projets éoliens. Il est proposé de systématiser les bonus dans les appels d’offres pour les projets qui favorisent le financement participatif avec des fonds provenant de financeurs locaux.
« Je me réjouis des conclusions de ce groupe de travail qui liste des propositions équilibrées qui vont permettre de gagner du temps dans l’élaboration des projets éoliens tout en donnant de nouveaux outils pour apaiser les relations entre les porteurs de projets, les collectivités et les riverains » explique Nicolas Hulot.
Pour Marion Lettry, déléguée générale adjointe du Syndicat des énergies renouvelables (SER) en charge des filières électriques, ces mesures semblent bien concrètes pour lever un certain nombre d’obstacles et, pour une bonne part, ces mesures sont issues de propositions du secteur. Les avancées, si ces mesures se concrétisent, seront significatives principalement sur trois axes : un raccourcissement du délai de traitement des contentieux, une réforme de la fiscalité locale pour que les communes qui accueillent les sites éoliens puissent davantage profiter des retombées financières des taxes et une simplification des procédures administratives autour des parcs éoliens offshore avec, notamment, une réaffirmation du principe du permis enveloppe.
Elle fait par ailleurs remarquer que la dynamique du financement participatif sur des projets éoliens aujourd’hui en France devient indéniablement un phénomène qui prend de l’ampleur : « Le mouvement s’est accéléré grâce aux appels d’offres faits dans le domaine du photovoltaïque au cours des douze derniers mois et il arrive désormais dans l’éolien. Pour ce secteur, le cadre général qui avait été posé initialement était à revoir car il prévoyait une part de financement citoyen qui pouvait aller de 20 à 40 % de l’investissement total des parcs. Ramené à la taille moyenne des parcs qui passent par la procédure d’appels d’offres, cela représentait quelques dizaines de millions d’euros qu’il aurait été difficile de réunir. La DGEC a revu sa position et ces critères vont évoluer. Nous devrons être alors avec une part de 10 % du montant des investissements, un niveau nettement plus réalisable ».
Désaccords sur les mesures liées à la préservation des paysages
La France, qui a ratifié la Convention européenne du paysage, souhaite veiller à ce que le développement de l’éolien terrestre se réalise en adéquation avec la préservation de la qualité et de la diversité de nos paysages ordinaires, qui constituent une richesse nationale.
En raison des enjeux et des impacts potentiels associés à l’exploitation des éoliennes, l’Etat déclare que l’implantation de tout parc est soumise à un examen approfondi de l’intégration des éoliennes dans leur environnement et de la bonne prise en compte des enjeux associés à leur exploitation, et fait notamment l’objet d’une étude d’impact.
« A l’heure actuelle, sept à neuf années sont nécessaires pour concrétiser des projets de construction d’éolienne terrestre en France. Le Gouvernement va donner aux porteurs de projets les moyens de diviser par deux cette durée, avec l’ambition de doubler la capacité de production issue de l’éolien terrestre entre 2016 et 2023. Cette démarche ne peut cependant être effectuée aux dépens de la qualité de vie des Français et de la protection des paysages. Nous avons souhaité mettre autour de la table des syndicats professionnels, des ONG et des représentants de l’État pour accélérer le développement de la filière tout en améliorant l’acceptabilité des projets dans les territoires. Les conclusions présentées ce jour répondent à ce double objectif » déclare Sébastien Lecornu.
Malgré cette déclaration, pour un certain nombre d’associations (1), certaines mesures ne sont pas satisfaisantes et elles dénoncent un « mitage massif des territoires et paysages de France » : La soi-disant consultation évoquée par le ministre aurait soigneusement tenu à l’écart les riverains d'éoliennes et les associations qui les représentent et ont pour objet la défense du Patrimoine et des paysages.
Par ailleurs, ces mesures ne prendraient aucunement en compte l’impact de la proximité des habitants face à des engins de plus en plus hauts (200 mètres).
Autre revendication, ces mesures ignoreraient tout autant la protection des paysages et l’environnement du patrimoine, classé par l’Etat, qui n’est même pas mentionné par les propositions.
Il s’agirait là, par une démarche à caractère financier (sur le dos des consommateurs), de faciliter à tout prix une industrialisation massive des espaces naturels et agricoles, au mépris de ce que devrait être une démarche écologique et respectueuse.
Pour ces associations, le choix est fait de mettre en place des procédures dérogatoires au droit commun français afin de tenter de museler l’opposition des citoyens.
Un véritable équilibre doit donc être trouvé entre la politique de protection du patrimoine et celle de l’environnement, toutes deux contribuant à l’activité économique du pays.
(1) La demeure historique, Maisons paysannes de France, Patrimoine-environnement, Fondation La sauvegarde de l’art français, Rempart, Sites & Monuments, Vent de colère, vmf.
Dualités d'une technologie dite "écologique"
Pour une autre association, Negawatt, « L’éolien n’est et ne sera jamais une solution parfaitement propre. Comme tout moyen de production d’énergie, il y a un impact. » C’est le site Reporterre qui explique : pour les détracteurs de l’éolien, cette industrie reproduirait le schéma extractiviste. Puisque, avec leurs piles au lithium et toutes les nouvelles technologies qui se veulent vertes, l’éolien reproduirait la même logique prédatrice que celle des voitures électriques (2). Une éolienne n’émet pas de gaz à effet de serre pour fonctionner mais elle utilise des matières premières et de l’énergie dans sa phase de construction et de mise en place physique, ce que les chercheurs appellent « l’énergie grise ». Et c’est là qu’apparaît la question des « terres rares » (3) qui impacte un type particulier d’éoliennes, celles qui utilisent des génératrices à aimant permanent, une technologie qui allège la partie centrale et réduit le coût global de production.
Pour conclure, les éoliennes seraient-elles donc mal-aimées ? Elles peuplent désormais nos paysages, poussées par le vent de la transition énergétique. Elles semblent "idéales" sur le plan écologique et rien ne semble pouvoir freiner leur progression. Et pourtant, elles suscitent leurs lots de critiques et de contestation un peu partout sur le territoire. Qu’elles soient implantées dans les campagnes ou au large des côtes, les clameurs de ses opposants se font partout entendre. Alors, quels sont les inconvénients de ces moulins à vent des temps modernes ?
Les éoliennes sont des unités de production d’électricité décentralisées. Leur impact sur le territoire est loin d’être neutre. D’abord sur le plan esthétique. Leur installation dans les paysages des campagnes séculaires ou des horizons marins suscite souvent des interrogations légitimes. Certains y verront une nouvelle forme de beauté, séduits par la magie des champs d’éoliennes dressées comme des œuvres monumentales. D’autres y voient un affront à une organisation de l’espace apparemment séculaire.
Les défenseurs des animaux, et plus particulièrement des oiseaux, voient dans leurs pales un terrifiant danger et une gêne fatale dans leurs déplacements.
Ceux qui habitent près de ces immenses constructions soulèvent fréquemment un problème de bruit. Des progrès ont pourtant été faits à cet égard puisque les éoliennes modernes tournent plus lentement et sont installées – c’est la règle – à plus de 200 mètres d’une zone habitable. À cette distance elles devraient être inaudibles. Mais pour les voisins des éoliennes, au bruit s’ajoute un autre désagrément : des interférences électromagnétiques, causées par la rotation de l’hélice, créeraient des signaux parasites intermittents. Télévision, radio et tout ce qui transite par onde hertzienne verraient ainsi leur signal haché menu.
Enfin, un des inconvénients les plus soulevé par la technologie des éoliennes est… le vent. Quand il n’y en a pas, plus d’électricité ! Alors, bien sûr, les ingénieurs ont réfléchi à des solutions d’énergies alternatives – dont le thermique – pour compenser les pertes de production. Ils ont aussi pensé à des solutions de stockage, pas forcément très écologiques. En effet, l’électricité ne se stocke pas encore facilement. Le seul moyen de la conserver est de la transformer en énergie chimique dans des accumulateurs. Un système coûteux qui ne pourra être remplacé qu’à partir du moment où l’on saura maîtriser l’hydrogène comme vecteur de stockage.
(2) Livre « L’âge des Low Tech » de Philippe Bihouix – Edition Anthropocène Seuil, 2014
(3) Livre "La guerre des métaux rares" de Guillaume Pitron - Edition Les Liens qui Libèrent, janvier 2018
http://up-magazine.info/index.php/planete/transition-energetique/7355-nouvelles-mesures-pour-la-filiere-de-l-eolien-francais

21/01/18Transition énergétique : le débat tué dans l'oeuf ?
Un projet de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour la période 2023-2028 doit être soumis à consultation à compter de la mi-février, sur la base d’une note de cadrage élaborée par le gouvernement à l’issue d’ateliers qui viennent de s’achever. Ces derniers ont privilégié les seuls scénarios qui laissent la part belle au nucléaire et misent sur de fortes augmentations des exportations, une démarche dénoncée par les associations environnementales.
Le secrétaire d'Etat Sébastien Lecornu est pour trois jours en opération déminage à Fessenheim pour préparer la fermeture de cette centrale nucléaire emblématique. Mais le gouvernement ne semble pas envisager d'autre fermeture lors de ce quinquennat, ni même de fermeture massive au-delà. C'est ce qui ressort de l'atelier sur la PPE électrique qui s'est tenu le 16 janvier et s'est conclu sans détailler aucune perspective de fermeture.
Nicolas Hulot a rappelé en début de réunion que les fermetures seraient fondées sur trois critères: la sûreté, après avis de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), le rendement économique, et le volet social. Comme l'a rappelé Emmanuel Macron à plusieurs reprises, une grande partie du parc nucléaire français étant atteint par la limite des quarante ans entre 2019 et 2025, l'Autorité de sûreté devra déterminer à quelles conditions ces centrales pourront être prolongées sans danger. Un avis générique, initialement prévu pour 2018, a été repoussé à 2021.
De 9 à 16 réacteurs fermés à l'horizon 2035
Pour l'heure, la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC) aurait demandé à l'opérateur de transport RTE, sans que cette décision ait été soumise aux participants du groupe de travail ni discutée avec eux, de ne présenter lors de l'atelier du 16 janvier que deux des quatre scénarios de mix énergétique à l'horizon 2035 élaborés et présentés par RTE en novembre dernier. Ampère et Volt, les deux qui maintiennent la part du nucléaire à son niveau le plus élevé, au détriment de Watt et Hertz, plus ambitieux en termes de réduction du parc nucléaire.
Ampère repose sur une réduction de la part du nucléaire qui se ferait au rythme du développement des renouvelables. En 2035, les capacités de production renouvelable tripleraient pour atteindre 149 GW, 16 réacteurs nucléaires seraient fermés (en plus des deux de Fessenheim) et le nucléaire représenterait 46% du mix électrique. « Ce scénario est honnête vis-à-vis de la loi de transition énergétique, reconnaît Yves Marignac », directeur de Wise-Paris et membre de l'association NégaWatt. Il permet bien d'atteindre l'objectif de réduire la part du nucléaire à 50 % du mix énergétique, mais en 2030 au lieu de 2025. À condition de développer des capacités de stockage des énergies renouvelables, il permet également de diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre. « En revanche, ensuite, on s'arrête là et on ne poursuit pas la baisse », regrette-t-il.
Volt propose de développer les moyens de production au rythme des débouchés économiques. Neuf réacteurs nucléaires seraient fermés d'ici 2035 (en plus de Fessenheim). L'éolien représenterait 50 GW, le photovoltaïque 36 GW, et le nucléaire représenterait encore 56% du mix électrique en 2035. La capacité en énergies renouvelables serait multipliée par 2,5 et la consommation baisserait, tout comme les émissions de GES, en diminution de 60% par rapport à 2016.
Des scénarios ignorés, car plus émetteurs de gaz à effet de serre
Watt et Hertz, dédaignés par le gouvernement, proposaient des perspectives plus ambitieuses de diminution du parc nucléaire, mais contreviendraient, selon RTE, aux objectifs français en matière de climat.
Selon le scénario Watt, les réacteurs nucléaires fermeraient dès leur quarantième anniversaire (54 réacteurs fermés en 2035) et les capacités en énergies renouvelables seraient multipliées par trois. Mais, selon RTE, et malgré une consommation électrique en baisse, ce déploiement ne permettrait pas de compenser la perte de l'énergie nucléaire et imposerait donc d'ouvrir de nouvelles centrales thermiques au gaz, entraînant une hausse de 45 % des émissions des émissions de gaz à effet de serre en 2035 par rapport à 2016.
Hertz, qui prévoit de ramener à 50% la part du nucléaire en 2030 (27 réacteurs fermés en 2035) et une capacité de production renouvelable multipliée par 2,5, imposerait également la mise en service de capacités de production thermiques qui aboutirait à un maintien du niveau d'émissions de GES.
Le gisement d'économies d'énergie sous-estimé ?
Les associations environnementales dénoncent la méthode employée par le gouvernement. Certes, elles approuvent la méthodologie de RTE, qui a largement consulté pour élaborer ses scénarios et organisé des journées d'échange avec les associations.
Mais elles lui reprochent globalement de sous-estimer le potentiel d'économies d'énergie et de baisse de la consommation d'électricité que permettraient des efforts en matière d'efficacité énergétique, de rénovation thermique ou encore de développement de la mobilité électrique. Celle-ci est pourtant systématiquement évaluée en baisse de 20% par rapport à celle de 2016 (trajectoire basse) ou égale à celle de 2010 (trajectoire haute) à l'horizon 2035, au grand dam de EDF, qui souhaite que soit étudiée l'hypothèse d'une reprise de la consommation.
Pour ces raisons, affirment-elles, Watt et Hertz, ne sont pas nécessairement contraires à l'objectif de maîtrise des émissions de gaz à effet de serre. En 2035, celles liées à la production d'électricité atteindraient selon ces scénarios entre 19 et 35 millions de tonnes de CO2, contre 22 millions de tonnes aujourd'hui, sur un total de quelque 300 millions de tonnes de CO2 produites par l'ensemble de l'économie française.
La transformation du système retardée
En outre,
« Chacun des scénarios de RTE comporte des milliers de variantes, souligne Anne Bringault, responsable de la coordination transition énergétique au CLER (réseau, pour la transition énergétique) ; l'intérêt, c'est précisément d'étudier les hypothèses, notamment sur l'évolution de la consommation, le développement des énergies renouvelables, les exportations, etc. »
En outre, les deux scénarios privilégiés reposent sur des hypothèses de prolongation du parc nucléaire que les associations jugent optimistes. Le scénario Ampère prévoit de prolonger 36 des 52 réacteurs qui atteindront 40 ans d'ici à 2035 et le scénario Volt, 43. Un point en particulier inquiète les associations environnementales : que les visites décennales, aujourd'hui prévues pour une durée de six mois n'interférant pas avec la période hivernale, soient sous-estimées dans la mesure où elles concerneront des équipements théoriquement parvenus à la fin de leur durée d'exploitation initialement prévue (40 ans). Plus longues, elles risqueraient de chevaucher la période hivernale et imposer de recourir à des moyens thermiques pour garantir la sécurité d'approvisionnement.
« Surtout, martèle Yves Marignac, la question n'est pas l'évolution des émissions à 10 ans, mais l'élaboration d'une trajectoire de neutralité carbone. Et le choix de ces scénarios retarde la mise en œuvre d'une transformation du système.»
Des hypothèses d'exportations risquées
Mais l'aspect le plus sujet à caution aux yeux des associations concerne le poids des exportations. En effet, les deux scénarios privilégiés par le gouvernement tablent sur une multiplication par 2,5 des exportations d'électricité vers les pays voisins, jusqu'à des niveaux compris entre 134 à 159 térawattheures. Aujourd'hui, la consommation annuelle en électricité des Français est à peine supérieure à 450 térawattheures et au cours des dernières décennies, la France a exporté en moyenne quelque 60 TWh par an (39 TWh en 2016).
Surtout, un tel niveau d'exportations suppose que la France produise une énergie moins chère que celle de ses voisins et que ces derniers aient envie de la lui acheter. Ce dont doute fort Yves Marignac:
« Cette hausse des exportations n'est pas compatible avec les objectifs et les stratégies affichés par nos voisins. Aucun d'entre eux ne se projette dans un scénario où il dépend du bon fonctionnement du parc français pour son approvisionnement électrique ! »
Au lieu d'envisager le remplacement du nucléaire par les énergies renouvelables, les acteurs de la filière proposent d'additionner les deux. Mais si les prévisions d'exportations ne se réalisent pas et si les moyens manquent pour investir dans les deux secteurs, les ONG redoutent que la priorité soit donnée au prolongement du parc nucléaire au détriment des énergies renouvelables.
Un débat public se déroulera de mi-février à mi-avril environ, pour déboucher sur un rapport en juin, suivi du dépôt d'un projet de PPE par la DGEC fin juin/début juillet. Celui-ci sera ensuite soumis à consultation auprès de diverses instances : CNTE (Comité national de la transition énergétique), CESE (Conseil économique, social et environnemental), Autorité environnementale, comité d'experts, etc. La publication du décret final de la PPE est prévue en janvier 2019 au plus tard.
https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/transition-energetique-le-debat-tue-dans-l-oeuf-765401.html

21/01/18
L'horizon se dégage pour les éoliennes 😡😡😡😡😡
L'État veut accélérer l'essor de l'éolien grâce à différentes mesures annoncées jeudi. La puissance installée pourrait tripler dans une douzaine d'années.
Sans vouloir tenter un jeu de mots facile, on peut dire que, depuis 24 heures, les défenseurs de l'éolien... soufflent. Ils soufflent parce que le gouvernement a entendu leurs doléances et qu'il semble soucieux, dit Pauline Le Bertre, déléguée générale de France Énergie éolienne, de mettre « l'éolien au centre de la transition énergétique ». De quoi s'agit-il ? D'une dizaine de mesures annoncées par Sébastien Lecornu, secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique, pour favoriser l'essor des éoliennes dans les prochaines années. Et, donc, l'atteinte des objectifs de la loi de transition énergétique : une puissance installée de 21,8 GW à 26 GW en éolien en 2023, contre près de 14 GW au 31 décembre 2017.
Pour réaliser cet objectif, Sébastien Lecornu a entendu les professionnels de la filière. Il a assuré, d'abord, qu'il mettrait en œuvre l'une des mesures principales qu'ils ont demandées : la suppression d'un échelon juridictionnel offert à ceux qui s'opposent aux projets de parcs éoliens. Très bien organisés, les contempteurs des mâts, comme Vent de colère, attaquent quasi systématiquement les projets. Ils le font à trois niveaux : tribunal administratif de première instance, appel, Conseil d'État. En moyenne, les projets d'implantation de parcs éoliens traînent donc : il faut entre 7 à 9 ans entre les études initiales et le branchement sur le réseau. Le gouvernement entend supprimer le premier échelon afin de gagner du temps, entre « 3 à 4 ans », selon Sébastien Lecornu. L'intérêt est aussi technologique : en gagnant 4 à 5 ans, les parcs d'éoliennes pourront bénéficier des dernières technologies, plus respectueuses de l'environnement et du voisinage – elles sont de plus en plus puissantes, donc moins nombreuses par parc, et de moins en moins bruyantes.
L'armée sollicitée
Une deuxième mesure promise par le gouvernement vise à rendre les parcs éoliens plus « acceptables » par la population, surtout par ceux qui habitent près de ces mâts géants. Les retombées fiscales de ces installations seront réparties de façon à mieux profiter aux communes qui accueillent les parcs, alors qu'aujourd'hui l'imposition forfaitaire sur les entreprises de réseau (Ifer) est partagée entre l'intercommunalité et le département d'accueil. Mieux rémunérées, les communes pourront donc convaincre ses habitants de l'intérêt... fiscal des éoliennes.
Afin d'implanter toujours plus de mâts, le gouvernement promet aussi que le ministère de la Défense mettra la main à la pâte. Près de la moitié du territoire national ne peut héberger d'éoliennes, notamment parce que l'armée l'interdit (zones d'entraînement, radars...). Le ministère de la Défense devrait se montrer plus conciliant et autoriser l'implantation d'éoliennes dans certaines zones jusqu'ici prohibées. De même, dans Les Échos, Sébastien Lecornu promet que les préfets, qui signent les autorisations d'implantation, seront incités à le faire avec plus d'entrain : les professionnels, tel le Syndicat des énergies renouvelables, qui regroupe près de 400 entreprises, regrettent que les préfets ne soient pas toujours de fervents supporteurs des engins à pales, ce qui freinerait bon nombre de projets.
Tripler la puissance éolienne
« Ces annonces représentent une déclinaison concrète de l'accélération de la transition énergétique », se félicite Pauline Le Bertre. Ces dernières années, le nombre d'éoliennes installées en France avait un peu ralenti. Avec 1,7 GW de puissance raccordée à la fin de l'année 2017, ce qui porte le total à près de 14 GW, l'objectif de la loi de transition énergétique (15 GW fin 2018) devrait toutefois être atteint. La prochaine étape, c'est une discussion visant à définir des objectifs pour la période 2023-2028. Au vu de l'effort affirmé par le gouvernement, France Énergie éolienne recommande d'atteindre, en 2030, une puissance installée de près de 50 GW (37 GW en éolien terrestre, 10 en éolien en mer). La France triplerait donc, au minimum, la puissance produite par ses éoliennes.
Est-ce à dire que le nombre de mâts triplerait lui aussi, alors que le pays en compte déjà, en gros, 7 000 ? Le calcul n'est pas si simple. Au fur et à mesure des avancées techniques, chaque éolienne produit plus d'électricité. Tripler la puissance installée, ce n'est donc pas tripler le nombre d'éoliennes. Mais c'est évidemment en multiplier le nombre. Selon le Syndicat des énergies renouvelables, l'effort à fournir pour atteindre la cible de la loi nécessite ainsi l'installation d'environ 800 éoliennes chaque année...
http://www.lepoint.fr/economie/l-horizon-se-degage-pour-les-eoliennes-21-01-2018-2188391_28.php

20/01/1810 mesures nécessaires pour libérer l’énergie éolienne
Après trois mois de réunions, le groupe de travail sur l’éolien a dévoilé dix propositions pour accélérer la concrétisation des projets et améliorer leur acceptabilité au niveau local.
Installé en octobre 2017, le groupe de travail sur l’éolien terrestre avait pour objectif de trouver des solutions pour gagner du temps sur la durée de projets, simplifier les procédures et apaiser les relations avec les riverains afin, in fine, de doubler la capacité de production issue de l’éolien terrestre entre 2016 et 2023. Aujourd’hui, monter un projet de parc éolien prend de 7 à 9 ans, contre 3 à 4 ans en Allemagne. La France s’est fixée comme objectif d'installer d'ici 2023 entre 21,8 et 25 gigawatts (GW) de capacités de production d'électricité à partir d'éolien. À fin 2017, 13,7 GW étaient installés. Le groupe de travail, piloté par Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat à la transition écologique et solidaire, a présenté le 18 janvier dix mesures pour atteindre ce triple objectif.
1 Supprimer un niveau de juridiction pour les contentieux
Les contentieux relatifs aux parcs éoliens terrestres et à leurs ouvrages connexes seront traités en premier et dernier ressort devant la
Cour administrative d’appel. Actuellement, près de 70 % des autorisations délivrées font l’objet de recours devant les tribunaux administratifs. La suppression d’un niveau de juridiction est une mesure qui est utilisée par l’Etat pour accélérer le développement des projets d’éolien en mer.
2 Figer automatiquement les moyens au bout de 2 mois
Le traitement des requêtes par les tribunaux est retardé par la multiplication des mémoires remis et des moyens invoqués par les parties en cours d’instruction. Cette mesure devrait simplifier les contentieux.
3 Clarifier les règles pour les projets de "repowering"
Le renouvellement des installations éoliennes pourrait faire gagner 5 GW à la puissance installée à l’horizon 2030 avec le remplacement des éoliennes actuelles par des éoliennes plus puissantes.
4 Réévaluer les zones propices à l’éolien
La Direction Générale de l’Aviation Civile conservera un avis conforme jusqu’à 16 kilomètres autour de ses radars, mais il est proposé de passer en avis simple au-delà. Le ministère de la Défense s’engage à un réexamen de quatre zones d’entraînement aérien particulièrement propices à l’éolien.
5 Supprimer l'approbation d'ouvrage électrique
Lors du développement d’un projet éolien, la construction des ouvrages électriques pour les câbles inter-éoliens et les raccordements de l’éolien en mer ne nécessitera plus d’autorisation spécifique pour l’approbation d’ouvrage électrique (APO).
6 Réduire les balisages clignotant
Le balisage clignotant utilisé aujourd’hui afin de pouvoir être repéré par les pilotes d’aéronefs constitue la principale nuisance invoquée par les riverains des parcs éoliens, bien avant l’impact sur le paysage ou le bruit des éoliennes. Un balisage fixe sur la moitié des mats d'un parc permettra de réduire ces nuisances.
7 Mieux intégrer l’éolien dans les paysages
L’Ademe pourra financer de programmes de démarche paysagère permettant de faire un bilan des potentiels énergétiques de chaque territoire, de les mobiliser en prenant en compte leurs besoins spécifiques et de favoriser les retombées économiques locales et de relayer les retours d’expérience. Chaque territoire dispose de ressources naturelles et climatiques spécifiques.
8 Réserver 20 % de l’IFER éolien aux communes
L’Imposition Forfaitaire sur les Entreprises de Réseau (IFER) est un impôt décliné en 9 composantes, l’une d’elle concerne les installations éoliennes et hydroliennes. L’IFER éolien représentait, en 2017, 7400 €/MW installés, répartis entre le département, l’établissement public de coopération intercommunale et la commune d’implantation, suivant le régime fiscal de l’Etablissement public de coopération intercommunale (EPCI). Le ministère de la Transition écologique et solidaire propose de modifier la répartition de l’IFER pour garantir un minimum de 20 % des retombées fiscales aux communes d’implantation des éoliennes, sans modifier le niveau global de l’imposition.
9 Editer un guide des bonnes pratiques
Les projets éoliens les mieux accueillis sont souvent ceux pour lesquels la période de "démarche privée" s’est déroulée sereinement. Un "guide des bonnes pratiques" éclairant chacune des parties prenantes aux projets éoliens sur les démarches à suivre, les informations à communiquer et les pratiques à éviter pour le développement d’un projet le plus paisible possible, sera élaboré en collaboration avec les différentes administrations mais surtout avec les représentants d’élus et les développeurs éoliens. Un réseau de conseillers techniques leur sera mis à disposition pour accompagner la collectivité ponctuellement pendant le projet.
10 Inciter le financement participatif
Pour renforcer l’acceptabilité locale des projets éoliens, les bonus dans les appels d’offres pour les projets qui favorisent le financement participatif avec des fonds provenant de financeurs locaux seront systématisés. Sur le même modèle, des groupes de travail seront prochainement mis en place sur la méthanisation et le solaire.
https://www.usinenouvelle.com/article/10-mesures-necessaires-pour-liberer-l-energie-eolienne.N640758

19/01/18
Éoliennes : les communes vont enfin avoir leur part du gâteau fiscal
Dix propositions ont été présentées le 18 janvier 2018 par le groupe de travail sur l'éolien lancé par le secrétaire d'Etat à la Transition écologique et solidaire, Sébastien Lecornu. Parmi les principales, l'assurance que les communes d'implantation des éoliennes toucheront a minima 20% des ressources fiscales (IFER) et la diminution par deux du temps de développement d'un projet.
C’était l’une des principales revendications des collectivités : améliorer les retombées fiscales et faire en sorte que la commune sur laquelle est installée une éolienne soit également bénéficiaire de cette manne. C’est désormais chose faite, au regard des dix conclusions formulées par le groupe de travail sur l’éolien que Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat à la Transition écologique et solidaire a lancé en octobre 2017.
20% minimum de retombées pour les communes
Actuellement, l’IFER (imposition forfaitaire sur les entreprises de réseau) qui est la principale ressource fiscale liée à l’éolien, est partagée entre l’échelon intercommunal, le département et la commune, mais sans garantie pour cette dernière. Désormais, la commune devrait récupérer un minimum de 20 % du montant, sans ...
http://www.lagazettedescommunes.com/545525/eoliennes-les-communes-vont-enfin-avoir-leur-part-du-gateau-fiscal/

18/01/18
Pour développer l’éolien, le gouvernement veut limiter les recours en justice
Ils seront directement traités par les cours administratives d’appel, et non plus par les tribunaux administratifs de première instance.
Le gouvernement a dévoilé, jeudi 18 janvier, son « plan de libération des énergies renouvelables », qui prévoit notamment de réduire les possibilités de recours en justice sur l’éolien terrestre, ou en tout cas de raccourcir les délais, en supprimant un niveau de juridiction. Ils seront directement traités par les cours administratives d’appel, et non plus par les tribunaux administratifs de première instance.
Au total, dix mesures ont été présentées. Elles sont issues de trois mois de concertations avec le secteur.
L’accroissement des recours
L’éolien (terrestre et offshore) doit aujourd’hui faire face à un véritable problème d’acceptabilité. Dans beaucoup d’endroits, les gens n’en veulent pas, au nom de la défense du paysage, qui serait dénaturé par des dizaines de mâts en béton, selon eux. Sans compter l’opposition de l’armée qui a restreint les zones d’implantation, en évoquant des perturbations pour ses radars.
Résultat, environ 70 % des autorisations d’éoliennes terrestres délivrées font l’objet de recours devant les tribunaux administratifs, souligne le ministère et une « immense majorité » des recours est ensuite portée en appel devant la cour administrative d’appel, voire en cassation.
« À l’heure actuelle, sept à neuf années sont nécessaires pour concrétiser des projets de construction d’éolienne terrestre en France. le gouvernement va donner aux porteurs de projets les moyens de diviser par deux cette durée », affirme Sébastien Lecornu, le secrétaire d’État à la Transition écologique, dans un communiqué.
Un niveau record de raccordement en 2017
L’objectif du gouvernement est de « doubler la capacité de production issue de l’éolien terrestre entre 2016 et 2023. La France prévoit d’installer d’ici à 2023 entre 21,8 et 26 gigawatts (GW) de capacités éoliennes, contre un peu plus de 13,7 gigawatts installés à la fin 2017, une année record avec plus d'1,6 GW, selon le bilan publié jeudi 18 janvier par France énergie éolienne (FEE), le syndicat du secteur.
Les opérateurs se frottent les mains, les opposants s’insurgent
« C’est une régression majeure du droit de l’environnement », affirme Jean-Louis Bultré, le président de la Fédération environnement durable (FED) qui regroupe un millier d’associations. Il regrette que le gouvernement veuille « imposer le développement de l’éolien industriel par la force » et craint que « des affrontements désespérés de plus en plus violents », au travers de ce qu’il appelle « la révolte des territoires ».
Pour les professionnels, les projets vont effectivement pouvoir se déployer plus vite. « On va gagner facilement 18 mois, voire 2 ans », estime Marion Lettry, du Syndicat des énergies renouvelables, jugeant l’ensemble des mesures « clairement de nature à accélérer » les projets. Le raccourcissement des délais devrait également rassurer les investisseurs, leur donner plus de visibilité et donc de diminuer le coût financier des projets.
D’autant que le gouvernement promet également de simplifier les procédures pour remplacer les vieilles turbines des éoliennes mais de nouvelles, plus modernes.
Les communes et les riverains seront récompensés
Pour améliorer l’acceptabilité de l’éolien, la répartition des retombées fiscales en augmentant la part de l’imposition forfaitaire sur les entreprises de réseau (Ifer) qui revient aux communes accueillant des éoliennes. Elles en recevront désormais au moins 20 %, alors que pour l’instant, la taxe est partagée par la structure intercommunale et le département.
Les « bonus » accordés aux projets qui ont recours au « financement participatif », apporté par exemple par des riverains, seront aussi systématisés dans les appels d’offres.
https://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Environnement/developper-leolien-gouvernement-veut-limiter-recours-justice-2018-01-18-1200907006

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8/01/18Groupe de travail éolien : deux mesures vraiment majeures
Deux propositions sortent du lot, parmi les dix présentées aujourd’hui par le ministère de la Transition écologique et solidaire pour accélérer le développement éolien, elles-mêmes issues du groupe de travail lancé en octobre dernier : 1) la suppression d’un niveau de juridiction pour traiter les contentieux et 2) une nouvelle clé de répartition de la taxe Ifer (Imposition forfaitaire sur les entreprises de réseau), pour inclure les communes riveraines à coup sûr.
« Limiter les contentieux en premier et dernier ressort devant la cour administrative d’appel, en supprimant donc le passage au tribunal administratif, va nous faire gagner 18 mois à deux ans au minimum », prévoit Marion Lettry, déléguée général adjointe du Syndicat des énergies renouvelables (SER). Les délais moyens actuels tournent autour de sept ans. La mesure, inspirée par la simplification dans l’offshore en 2016 mais qui pourrait se heurter ...
https://www.greenunivers.com/2018/01/groupe-de-travail-eolien-deux-mesures-vraiment-majeures-174894/


18/01/18
EOLIEN : LE GOUVERNEMENT VEUT ÉCARTER PLUS RAPIDEMENT LES RECOURS CONTRE LES NOUVEAUX PROJETS
Le gouvernement a dévoilé jeudi des mesures pour accélérer le déploiement de l'éolien terrestre en France, et notamment abréger les recours. En France ceux-ci ralentissent les développements des projets qui peuvent prendre jusqu’à 9 ans pour aboutir.
Le développement de l'éolien se heurte en France à un problème d'acceptabilité, avec de nombreux recours d'associations ou de riverains hostiles, ainsi qu'à des difficultés de cohabitation avec des installations militaires ou le patrimoine architectural. Pour débloquer la situation au moment où la France prévoit de quasi doubler son parc éolien d'ici 2023, le gouvernement a lancé en octobre un groupe de travail avec tous les acteurs concernés. Il s'est conclu par 10 propositions que le ministère de la Transition écologique prévoit d'appliquer.
L'objectif est "de gagner du temps" et d'"apaiser les relations entre les porteurs de projets, les collectivités locales et les riverains", a défendu Nicolas Hulot, cité dans un communiqué du ministère de la Transition écologique et solidaire. La principale proposition consiste à supprimer un niveau de juridiction pour traiter les recours déposés contre les projets éoliens.
Ils seront traités directement par les cours administratives d'appel. "On va gagner facilement 18 mois, voire 2 ans", s'est félicitée Marion Lettry, du Syndicat des énergies renouvelables. Actuellement les projets mettent entre 7 et 9 ans à se concrétiser en France, contre 3 à 4 ans par exemple en Allemagne.
Changer la répartition des retombées fiscales
Pour améliorer l'acceptabilité de l'éolien, le gouvernement veut aussi modifier la répartition des retombées fiscales en augmentant la part de l'Imposition forfaitaire sur les entreprises de réseau (Ifer) qui revient aux communes accueillant des éoliennes. Elles en recevront désormais au moins 20%.
"Cela fera une retombée directement sur le territoire où l'éolienne sera placée, alors qu'aujourd'hui, c'était plutôt recentré sur celui qui est propriétaire du terrain", s'est félicité Charles-Antoine Gautier de la FNNCR, fédération de collectivités gérant les services publics d'énergie et d'eau.
Les bonus accordés aux projets qui ont recours au financement participatif, apporté par exemple par des riverains, seront aussi systématisés dans les appels d'offres, et l'éclairage dont sont équipées les éoliennes pour permettre aux avions de les repérer sera fixe, et non plus clignotant (c'est
la principale source de gêne pour les riverains).
"C'est une régression majeure du droit", s'est en revanche insurgé Jean-Louis Butré, président de la Fédération environnement durable, opposée à l'éolien. La France prévoit d'installer entre 21,8 et 26 gigawatts (GW) de capacités de production d'électricité éolienne d'ici 2023, contre un peu plus de 13,7 gigawatts installés fin 2017.
http://www.novethic.fr/actualite/energie/energies-renouvelables/isr-rse/eolien-le-gouvernement-veut-ecarter-plus-rapidement-les-recours-contre-les-nouveaux-projets-145326.html

18/01/18
Eolien : Sébastien Lecornu propose dix mesures pour diviser par deux les délais de construction
Dix mesures ont été retenues à l'issue du groupe de travail sur l'énergie éolienne. Elles doivent accélérer les projets et améliorer leur acceptabilité. Les professionnels saluent l'évolution de la fiscalité en faveur des collectivités.
Ce jeudi 18 janvier 2018, Sébastien Lecornu a rendu les conclusions du groupe de travail sur l'énergie éolienne installé en octobre dernier. Le secrétaire d'Etat à la transition écologique a présenté dix propositions "pour accélérer la concrétisation des projets et améliorer leur acceptabilité au niveau local". Avec ces mesures, le gouvernement entend donner aux porteurs de projet les moyens de diviser par deux le délai de construction des parcs d'éoliennes terrestres. Celui-ci est actuellement de sept à neuf ans, explique le ministère.Cette accélération doit servir "l'ambition de doubler la capacité de production issue de l'éolien terrestre entre 2016 et 2023".
"Les mesures dévoilées aujourd'hui sont le fruit d'un consensus entre tous les acteurs impliqués dans le secteur éolien", précise le ministère. France Energie Eolienne (FEE) et le Syndicat des énergies renouvelables (SER) "saluent" ces dix mesures, dans deux communiqués de presse distincts. Les professionnels du secteur insistent en particulier sur la future répartition de l'imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux (Ifer) au profit des communes d'implantation des parcs éoliens et sur la suppression d'un niveau de juridiction pour accélérer le traitement des contentieux.
Un contentieux unique en premier et dernier ressort
Les deux premières mesures concernent directement la réduction des délais. Le ministère propose d'accélérer les recours contentieux portant sur les parcs éoliens terrestres et leurs ouvrages connexes en allant directement devant la cour administrative d'appel. "La fonction de filtre de la juridiction de premier degré n'est pas efficiente puisqu'une immense majorité des recours est portée ensuite en appel (…), voire en cassation", justifie le ministère, rappelant que la mesure s'applique déjà à l'éolien en mer. Dans le même esprit, le gouvernement propose de figer automatiquement les moyens (de légalité externe ou interne) au bout de deux mois. En clair, les requérants ne pourront plus multiplier les mémoires et les moyens invoqués pour rallonger l'instruction des recours.
Les trois mesures suivantes visent à simplifier les procédures et à les rendre plus prévisible. Il s'agit tout d'abord de "clarifier les règles pour les projets de renouvellement (repowering) des parcs en fin de vie". Pour l'instant, la mesure n'est pas détaillée. Une instruction ministérielle sera adressée aux services de l'Etat qui instruisent les dossiers d'autorisation de renouvellement des parcs. Celle-ci précisera les critères d'appréciation du caractère substantiel des modifications impliquant une nouvelle autorisation. Les professionnels estiment qu'une simplification du repowering permettrait d'accroître de 5 gigawatts (GW) la puissance éolienne installée à l'horizon 2030.
Le ministre propose aussi de renforcer la justification des avis conformes rendus par les administrations et de réévaluer les zones propices au développement de l'éolien. "La direction générale de l'aviation civile conservera un avis conforme jusqu'à 16 kilomètres autour de ses radars, mais il est proposé de passer en avis simple au-delà", précise le ministère. Quant au ministère de la Défense, il s'engage à réexaminer quatre zones d'entraînement aérien particulièrement propices à l'éolien. Sébastien Lecornu propose aussi de supprimer l'approbation d'ouvrage électrique (APO) pour les ouvrages électriques inter-éoliens et les raccordements des parcs éoliens à terre et en mer.
Au moins 20% de l'Ifer aux collectivités locales
La troisième série de mesures doit permettre de renforcer l'acceptabilité des projets. Pour cela, le ministère propose tout d'abord de passer la moitié des mâts d'un parc d'un balisage clignotant à un éclairage fixe. "Le balisage clignotant utilisé aujourd'hui constitue l'un des principaux facteurs de gêne de la population riveraine", justifie le gouvernement. Il propose aussi de mieux intégrer l'éolien dans les paysages en s'appuyant par exemple sur le recours aux paysagistes-concepteurs ou aux écoles de paysages. Certains programmes pourront être financés par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) et le ministère se dit prêt à jouer un rôle d'assistance à maîtrise d'ouvrage.
Sur le plan fiscal, Sébastian Lecornu propose que la répartition de l'imposition forfaitaire sur les entreprises de réseau (IFER) bénéficie plus aux communes qui accueillent les parcs éoliens. Au moins 20% de cette taxe de 7.400 euros par MW installé devrait revenir aux communes d'implantation des éoliennes. Cela, "sans modifier le niveau global de l'imposition". Enfin, les dernières mesures retenues sont la rédaction d'un "guide des bonnes pratiques" entre développeur éolien et collectivité, la création d'"un réseau national d'accompagnement des collectivités" et l'incitation au financement participatif.

18/01/18Le plan du gouvernement pour multiplier les éoliennes
Le ministère de la transition écologique et solidaire veut limiter dans le temps les recours contre les parcs éoliens, alors que la France est à la traîne dans le développement du secteur.
C’est l’une des priorités de Nicolas Hulot : le développement à grande échelle des énergies renouvelables, avec la volonté de rattraper le retard pris par la France, en particulier dans le domaine éolien. La France compte aujourd’hui quelque 6 000 éoliennes installées, mais elles ne produisent que 4 % de l’électricité du pays. L’objectif fixé est de quasi doubler la capacité installée d’ici à 2023.
Le secrétaire d’Etat à la transition écologique et solidaire, Sébastien Lecornu, a présenté, jeudi 18 janvier, les propositions du groupe de travail sur l’éolien mis en place par le gouvernement. Ces idées devraient être reprises rapidement par l’exécutif.
Les propositions présentées s’articulent autour de deux axes principaux : simplifier les procédures et permettre une meilleure intégration des éoliennes dans les territoires.
Gagner du temps. C’est l’une des difficultés majeures qui freinent le développement des parcs éoliens en France : les projets mettent entre sept et neuf ans pour se concrétiser, contre trois à quatre ans en Allemagne. Le groupe de travail propose donc de supprimer un niveau de juridiction pour les recours contre des projets éoliens terrestres, comme c’est déjà le cas pour l’éolien en mer. Le gouvernement prévoit aussi de clarifier les règles en matière de renouvellement ou de modification d’un parc éolien. Cela ne nécessitera plus une procédure entièrement nouvelle, longue et coûteuse. Enfin, les contraintes posées par l’aviation civile et le ministère de la défense sont, en partie, allégées.
Améliorer l’acceptabilité des éoliennes. Principale proposition du groupe de travail : mieux répartir la fiscalité au profit des communes qui accueillent des éoliennes, alors qu’elles doivent aujourd’hui partager les revenus avec les autres collectivités locales. Par ailleurs, les projets qui ont recours au financement participatif seront favorisés lors des appels d’offres. L’une des critiques des habitants qui vivent non loin d’éoliennes est le balisage lumineux clignotant. La réglementation française permettra désormais un balisage fixe, censé réduire les nuisances lumineuses la nuit. .......
http://www.lemonde.fr/economie/article/2018/01/18/le-plan-du-gouvernement-pour-multiplier-les-eoliennes_5243666_3234.html


18/01/18
France: le gouvernement annonce des mesures pour lever les freins à l'éolien terrestre
Après plusieurs mois de consultations, le gouvernement a dévoilé jeudi des mesures pour accélérer le déploiement de l'éolien terrestre en France, alors que le pays est en retard sur ses objectifs d'après les industriels du secteur, globalement satisfaits de ces annonces.
L'objectif est "de gagner du temps" et d'"apaiser les relations entre les porteurs de projets, les collectivités locales et les riverains", a défendu Nicolas Hulot, cité dans un communiqué du ministère de la Transition écologique et solidaire.
La France prévoit d'installer d'ici 2023 entre 21,8 et 26 gigawatts (GW) de capacités de production d'électricité à partir d'éolien, contre un peu plus de 13,7 gigawatts installés fin 2017, une année record avec plus d'1,6 GW, selon le bilan publié jeudi par l'organisation professionnelle France énergie éolienne.
Mais les projets se heurtent à un problème d'acceptabilité, avec de nombreux recours d'associations ou de riverains hostiles, ainsi qu'à des difficultés de cohabitation avec des installations militaires ou le patrimoine architectural. Résultat, les projets mettent entre 7 et 9 ans pour se concrétiser, contre 3 à 4 ans en Allemagne.
Parmi les dix mesures présentées jeudi à l'issue d'un groupe de travail créé en octobre, le gouvernement prévoit notamment de modifier la répartition des retombées fiscales, en augmentant la part qui revient aux communes accueillant des éoliennes.
"Cela fera une retombée directement sur le territoire où l'éolienne sera placée alors qu'aujourd'hui, c'était plutôt recentré sur celui qui est propriétaire du terrain", s'est félicité Charles-Antoine Gautier de la FNNCR, fédération de collectivités gérant les services publics d'énergie et d'eau.
Les bonus accordés aux projets qui ont recours au financement participatif seront aussi systématisés dans les appels d'offres, et l'éclairage dont sont équipées les éoliennes pour permettre aux avions de les repérer sera fixe, et non plus clignotant (c'est la principale source de gêne pour les riverains).
Ces mesures vont "lever les freins", alors qu'"un certain nombre de collectivités veulent s'engager sérieusement dans la transition énergétique", selon M. Gautier.
"gagner 18 mois à 2 ans"
Autre mesure réclamée de longue date par les porteurs de projets, la suppression d'un niveau de juridiction pour les recours qui seront directement traités par les cours administratives d'appel.
"On va gagner facilement 18 mois, voire 2 ans", s'est félicitée Marion Lettry, du Syndicat des énergies renouvelables, jugeant l'ensemble des mesures "clairement de nature à accélérer" les projets .
Selon les professionnels, la France devrait installer environ 2 GW par an pour atteindre les objectifs fixés, contre environ 1,4 GW réalisés annuellement en 2015 et 2016.
"Pour un développeur cela veut dire aussi une meilleure visibilité et des frais juridiques, des coûts administratifs moins élevés", a noté Pierre-Antoine Chazal, analyste chez Bryan Garnier.
"C'est une régression majeure du droit", conséquence d'"un lobby industriel qui impose ses volontés", s'est en revanche insurgé Jean-Louis Butré, président de la Fédération environnement durable, opposée à l'éolien.
Pour tenter de limiter le veto de l'armée ou de l'aviation civile quand les projets entrent en conflit avec des zones d'entraînement ou des radars, le gouvernement a réduit le pouvoir de la Direction générale de l'aviation civile.
Le ministère de la Défense s'est lui simplement engagé à réexaminer quatre zones d'entraînement aérien propices à l'éolien. C'est une "déception (...) sur ces sujets potentiellement très pénalisants" pour Marion Lettry, qui salue toutefois les échanges interministériels.
Enfin, le gouvernement va clarifier les règles sur le remplacement des vieilles éoliennes par des turbines plus récentes.
"Nous sommes très satisfaits (...) de ces mesures efficaces et rationnelles", a réagi Pauline Le Bertre, de France énergie éolienne.
Pour Alexis Gazzo, expert du cabinet EY, ces mesures et le bilan éolien de 2017 permettent de penser "qu'on peut être plutôt sur la tendance haute" de l'objectif en 2023.
"Il faut que l'accélération se traduise maintenant dans de nouveaux objectifs ambitieux" qui seront fixés dans les discussions en cours sur la prochaine feuille de route énergétique de la France, a plaidé Pauline Le Bertre.

18/01/18
Eolien terrestre: dix mesures à venir pour simplifier les règles
Augmenter les retombées fiscales pour les communes ou supprimer un niveau de juridiction pour limiter les recours: le ministère de la Transition écologique et solidaire a dévoilé jeudi 10 mesures pour accélérer le développement de l'éolien terrestre en France.
Ces propositions, issues d'un groupe de travail créé en octobre dernier et piloté par le secrétaire d'Etat Sébastien Lecornu, "ont vocation à toutes être mises en oeuvre par des voies réglementaires ou législatives", a indiqué le ministère à l'AFP.
La France s'est fixé des objectifs ambitieux en matière de développement de l'éolien mais les projets se heurtent à un problème d'acceptabilité, avec des contentieux au long cours, ainsi qu'à des difficultés de cohabitation avec des installations militaires ou le patrimoine architectural.
Pour améliorer l'acceptabilité de l'éolien dans les territoires, le gouvernement va ainsi revoir la fiscalité pour augmenter les retombées financières des projets dans les communes sur lesquelles sont installés des parcs éoliens.
Elles recevront "un minimum de 20% des retombées fiscales" des parcs via l'Imposition forfaitaire sur les entreprises de réseau (Ifer) qui est répartie entre commune, département et intercommunalité.
Par ailleurs, les bonus accordés aux projets qui ont recours au financement participatif seront systématisés dans les appels d'offres et la moité des mâts des éoliennes d'un parc seront équipés d'un éclairage (qui sert aux avions à les repérer) fixe et non plus clignotant, principale source de gêne pour les riverains.
Afin de limiter les temps de traitement des recours sur les projets de parcs, qui mettent en moyenne sept à neuf ans pour entrer en service contre trois ou quatre ans en Allemagne, le gouvernement compte supprimer un niveau de juridiction, à l'image de ce qui a été fait pour l'éolien en mer.
Les recours seront traités directement au niveau des cours administratives d'appel.
Alors que selon les industriels, plusieurs milliers de mégawatts sont actuellement bloqués par le veto de l'armée ou de l'aviation civile car ils entrent en conflit avec des zones d'entraînement ou des radars, le gouvernement annonce des avancées sur ce sujet sensible.
L'avis de la Direction générale de l'aviation civile ne sera contraignant que jusqu'à 16 km autour de ses radars.
De son côté, le ministère de la Défense s'est engagé à réexaminer quatre zones d'entraînement aérien qui pourraient être propices à l'éolien.
Enfin, le gouvernement va clarifier les règles sur le remplacement des vieilles éoliennes par des turbines plus récentes, et donc plus puissantes.
https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/eolien-terrestre-dix-mesures-a-venir-pour-simplifier-les-regles_119980

18/01/18
L'Etat veut abréger les contentieux sur les éoliennes
Sébastien Lecornu veut un temps de procédure moyen de trois à cinq ans, contre sept à neuf ans aujourd'hui. 
L'Etat va supprimer un niveau de juridiction pour le traitement des contentieux sur l'éolien terrestre afin d'accélérer le développement des projets, a annoncé le secrétaire d'Etat à la Transition écologique, Sébastien Lecornu, dans un entretien publié jeudi par le quotidien Les Echos.
Diviser par deux le temps de la procédure. Les recours seront directement traités par les cours administratives d'appel, et non plus par les tribunaux administratifs de première instance, une mesure qui "permettra de gagner deux à trois ans" dans le développement des parcs, a précisé Sébastien Lecornu. "Il faut à la fois accélérer le montage des projets d'éolien terrestre, et améliorer leur acceptabilité. L'objectif est de diviser par deux le temps moyen des procédures : au lieu de sept à neuf ans aujourd'hui, nous allons ramener ce temps à trois à cinq ans, ce qui change totalement la donne, y compris pour mobiliser des financements", a également dit le secrétaire d'Etat. La réduction de la durée de traitement des contentieux sur les éoliennes fait partie des demandes du Syndicat des énergies renouvelables (SER), selon lequel la France dispose d'un gisement d'énergies renouvelables qui pourrait lui permettre de dépasser ses objectifs dans ce domaine.
Mieux répartir l'Ifer. Sébastien Lecornu, qui organise jeudi matin une dernière réunion d'un groupe de travail sur l'éolien terrestre, a en outre indiqué qu'il présenterait lors du prochain projet de loi de finances une meilleure répartition de l'Ifer, l'imposition forfaitaire liée aux éoliennes terrestres, aujourd'hui partagée entre l'échelon intercommunal et le département. "Il s'agira désormais d'octroyer 20% de l'Ifer aux communes, et je préconise de ne pas toucher au bloc départemental. Ce n'est pas pour favoriser une instance plus qu'une autre, c'est pour n'en oublier aucune", a-t-il expliqué aux Echos.
Nuisances lumineuses. Alors que les riverains se plaignent des nuisances lumineuses des éoliennes la nuit, Sébastien Lecornu a aussi évoqué un "panachage" des mâts : "la moitié aura des lumières fixes, et sur les 'noeuds' d'un parc, les lumières seront clignotantes mais avec un rallongement du temps entre deux éclats à trois secondes."
http://www.europe1.fr/economie/letat-veut-abreger-les-contentieux-sur-les-eoliennes-3549263

18/01/18Éoliennes : des mesures pour faciliter l'installation des parcs en France
Comment faire décoller l'éolien en France ? Le secrétaire d'État à la Transition écologique, Sébastien Lecornu, dévoile ce jeudi 18 janvier plusieurs mesures pour faciliter l'installation des parcs. Et avant tout pour réduire le temps de recours juridiques.
C'est un sport national. Dès qu'un projet de construction d'éoliennes est connu, il y a presque systématiquement un recours. Dans 70% de cas en général, ces recours n'aboutissent pas, donc les opposants font appel. Pour perdre.
Mais tout cela rend le projet interminable. Il faut, en France, entre cinq et sept ans pour construire un parc, contre deux ans en Allemagne. Le gouvernement veut réduire de moitié la durée des procédures.
Sébastien Lecornu, secrétaire d'État à la transition écologique, annonce ce jeudi 18 janvier qu'il va supprimer un niveau de juridiction. Il y en a trois : le tribunal administratif, la cour administrative et le Conseil d'État. Il supprime la première étape. Les communes seront incitées fiscalement à accepter de nouveaux projets sur leur territoire.
Plus de 6.000 éoliennes en France
Une autre mesure concerne les nuisances pour les riverains, qui sont souvent gênés par les lumière en haut des mâts qui clignotent. Une partie de ces lumières seront désormais fixes, dans les éoliennes qui bordent le parc. Ce sera moins fatigant pour les habitants. Seules celles qui sont au milieu clignoteront pour des raison de sécurité, et permettre à l'armée et aux avions de bien repérer les mâts.
Il y a aujourd'hui un peu plus de 6.000 éoliennes installées en France, qui fournissent 5% de notre électricité. L'objectif est de doubler cette production en six ans et de rattraper notre retard. Si on regarde le nombre d'éoliennes installées par habitants, la France se classe au seizième rang en Europe.

18/01/18Eolien : un marché hexagonal dominé par l'Allemagne et le Danemark

+VIDEO. En 2017, le danois Vestas et l'allemand Enercon ont équipé plus de 60 % des nouvelles éoliennes, selon France Energie Eolienne.
L'objectif paraît désormais à portée de main : avec 13.760 mégawatts (MW) éoliens installés et raccordés à fin 2017 (soit +1.692 MW l'an dernier), l'objectif de 15.000 MW à fin 2018 fixé par la Programmation pluriannuelle de l'énergie est désormais « facilement atteignable », juge France Energie Eolienne (FEE), à l'occasion de la publication, ce jeudi, du bilan annuel du secteur. Les Hauts-de-France ont tiré la croissance de l'éolien en France , avec plus d'un tiers des nouvelles éoliennes raccordées l'an dernier.
Ces éoliennes installées sont pour la plupart d'origine européenne, mais très peu ont été fabriquées en France. Selon le palmarès des turbiniers de FEE, le danois Vestas a remporté 34,3 % du marché l'an dernier, devant l'allemand Enercon (28,2 %). Les différents turbiniers allemands présents sur le marché français (Senvion, Siemens Gamesa , Nordex...) ont capté au total 62 % du marché français.
Fabrication de composants
« Si aucun fabricant majeur des éoliennes terrestre actuelles de plus de 1 MW n'est d'origine française, certains acteurs nationaux existent ou se développent sur des marchés plus spécifiques », tente de relativiser l'Ademe, dans une étude récente. C'est le cas de Poma, Eolys ou Okwind, des PME présentes sur les éoliennes de petite taille.
« Certains turbiniers étrangers ont par ailleurs des activités de fabrication de composants en France, comme Enercon avec WEC Mâts Béton, ou GE avec la fabrication de pales », poursuit l'Ademe. L'allemand Enercon emploie 120 salariés dans son usine de mâts en béton près de Compiègne (Oise). « Depuis l'ouverture de l'usine il y a cinq ans, nous avons produit 6.600 segments de béton pour l'équivalent de 450 éoliennes », indique une porte-parole. Mais il reste une exception dans le paysage des turbiniers allemands. La moitié des 700 salariés d'Enercon en France sont des techniciens de maintenance.
Nouvelles usines
Paradoxalement, l'emploi industriel des turbiniers est surtout lié à l'éolien en mer, alors même qu'aucune éolienne n'a encore été posée au large des côtes. Pour faire émerger une filière française, les industriels s'étaient engagés, lors des appels d'offres, à construire de nouvelles usines (au Havre, à Saint-Nazaire, à Cherbourg). Suite au retrait d'Areva des énergies vertes au profit de Siemens Gamesa et au rachat d'Alstom par General Electric , les industriels ont changé de drapeau.
VIDEO. « La filière éolienne a créé 4 emplois par jour en 2016 », selon Pauline Le Bertre (France Energie Eolienne) (20 décembre 2017)
https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0301166103309-eolien-un-marche-hexagonal-domine-par-lallemagne-et-le-danemark-2145989.php

18/01/18
Sébastien Lecornu : Eolien : « Nous allons gagner deux à trois ans sur les procédures »
A l'issue de trois mois de réunions avec le secteur, les élus, l'administration et les associations, Sébastien Lecornu dévoile aux « Echos » les mesures retenues pour accélérer le développement de l'éolien en France.
Vous avez conduit pendant trois mois un groupe de travail pour « libérer l'éolien » avec des élus, des entreprises et des associations. Y a-t-il un consensus pour en accélérer le développement ?
Tout le monde est convaincu que la programmation pluriannuelle de l'énergie qui se discute en ce moment doit s'écrire de manière sincère, que rien ne sert de se donner des objectifs si on ne s'intéresse pas au « comment » on y parvient.
Le temps de développement des projets éoliens en France est l'un des points les souvent critiqués. Comment y remédiez-vous ?
Il faut à la fois accélérer le montage des projets d'éolien terrestre, et améliorer leur acceptabilité. L'objectif est de diviser par deux le temps moyen des procédures : au lieu de sept à neuf ans aujourd'hui, nous allons ramener ce temps à trois à cinq ans, ce qui change totalement la donne, y compris pour mobiliser des financements.
Concrètement, comment procédez-vous ?
Nous allons supprimer un niveau de juridiction pour le traitement des contentieux - celui du tribunal administratif de première instance. Les recours seront directement traités par les cours administratives d'appel, en France et outre-mer. C'est déjà le cas pour l'éolien en mer mais aussi pour les salles de cinéma de plus de 300 places par exemple ! On ira ainsi probablement vers une homogénéisation des jurisprudences. Les droits du justiciable ne seront pas amoindris, et le recours en conseil d'Etat sera toujours possible. Mais 70 % des projets font aujourd'hui l'objet d'un recours et la quasi-totalité vont en appel. Cette mesure permettra de gagner deux à trois ans.
Les recours traduisent souvent une hostilité locale. Comment l'éviter ?
D'abord en étant plus juste envers les collectivités : je présenterai, lors du prochain projet de loi de finances, une meilleure répartition de l'Ifer, l'imposition forfaitaire pour les entreprises de réseaux, à périmètre constant. Aujourd'hui, l'Ifer est partagée entre l'échelon intercommunal - l'EPCI - et le département, alors que c'est la commune qui héberge le parc éolien. Dans mon département de l'Eure, il y a eu beaucoup de brouilles sur ce sujet. Il s'agira désormais d'octroyer 20 % de l'Ifer aux communes, et je préconise de ne pas toucher au bloc départemental. Ce n'est pas pour favoriser une instance plus qu'une autre, c'est pour n'en oublier aucune. Ensuite, en offrant la possibilité aux riverains de s'approprier les projets sur leur territoire : nous allons systématiser les bonus dans les appels d'offres pour les projets qui favorisent le financement participatif avec des fonds provenant de financeurs locaux.
Le secteur demande d'assouplir les conditions de rénovation des parcs éoliens. Y êtes-vous favorable ?
Devoir repartir à zéro pour rénover un parc est un obstacle à la régénérescence de la technologie, alors même qu'elle apporte certaines améliorations, par exemple en termes de bruit et de puissance. Nous souhaitons donc, quand la modification du parc n'est pas substantielle, avoir un régime simple dans lequel il n'y a qu'une adaptation de l'autorisation initiale. Ainsi, on ne relancerait pas une procédure si le projet de modification est dans l'esprit des droits acquis lors de la première déclaration ICPE. Cela sera défini par circulaire.
Les riverains se plaignent des nuisances lumineuses des éoliennes la nuit. Avez-vous trouvé un remède ?
Les flashs nocturnes perturbent les riverains. Nous allons arriver à un panachage des mâts : la moitié aura des lumières fixes, et sur les « noeuds » d'un parc, les lumières seront clignotantes mais avec un rallongement du temps entre deux éclats à trois secondes. C'est un bon consensus, validé par l'armée et l'administration de ce ministère.
Des développeurs estiment que certains préfets sont hostiles par principe à l'éolien. Est-ce le cas ?
Nous allons leur rappeler le champ d'appréciation qui doit être le leur. Il faut créer de la prévisibilité. Nous allons aussi nommer un médiateur national, parce qu'un préfet peut avoir besoin d'un tiers pour résoudre un conflit et facilité l'avancement d'un projet. Nous lancerons un guide pratique entre développeurs et élus, parce que certains rudiments de concertation ne sont pas toujours assurés.
Les contraintes du ministère de la Défense et des radars gèlent le développement de l'éolien sur de vastes surfaces. Est-ce toujours légitime ?
L'armée prend des précautions systématiques et gèle ainsi une partie importante du territoire. Il y a désormais un engagement des militaires à faire une étude au cas par cas, à l'aide d'un logiciel, et ils devront rendre un avis motivé. Par ailleurs, les Armées vont se lancer sur le déploiement d'énergies renouvelables sur leur foncier. Elles ont de grands terrains, de grandes toitures, elles veulent se verdir et cela leur procurera des ressources.
Vous passez trois jours à Fessenheim. Quels travaux ont été préparés pendant cinq ans par la délégation interministérielle ?
Les agents de ce ministère et le préfet ont fait des choses bien mais du temps a été perdu. Le comité de pilotage que je vais installer devrait être en place depuis longtemps, mais c'est l'héritage.
https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0301163874501-sebastien-lecornu-eolien-nous-allons-gagner-deux-a-trois-ans-sur-les-procedures-2145990.php


15/01/18
Qu’appelle-t-on le « repowering » ?
Le « repowering » (ou « renouvellement » en français) désigne le « remplacement intégral »(1) d’unités de production électrique par de nouvelles unités plus performantes selon la définition de l’Ademe(2). Ce terme est aujourd’hui principalement employé dans le secteur éolien, où les progrès techniques des dernières décennies incitent à moderniser les premiers parcs installés.
Une opération de « repowering » permet de tirer parti des innovations et de remplacer d’anciennes éoliennes par des modèles plus grands, plus puissants et présentant un meilleur rendement(3). Elle permet ainsi d’augmenter la production électrique d’un site, de réduire ses coûts d’exploitation ou encore ses impacts environnementaux.
Une telle opération permet notamment de continuer à exploiter l’énergie éolienne dans les zones disposant des meilleures ressources de vent (où les premiers parcs ont généralement été installés), tout en bénéficiant des infrastructures existantes (voies d’accès, raccordement, etc.) et en limitant les risques d’oppositions locales de type « Nimby ».
Pour rappel, la puissance moyenne d’une éolienne est passée de moins de 1 MW au début des années 2000 à près de 3 MW aujourd’hui. Au Danemark, l’exploitant Vattenfall a par exemple remplacé 35 éoliennes de 600 kW exploitées pendant 18 ans au sein du parc de Klim(4) par 22 nouvelles éoliennes de 3,2 MW de puissance unitaire. Les éoliennes remplacées peuvent alors être démantelées et recyclées, voire être déplacées sur un autre site plus adapté à leurs caractéristiques ou dans un pays aux réglementations différentes(5).
En France, les opérations de « repowering » se développent actuellement, les premiers parcs éoliens ayant été raccordés au réseau électrique en 2001. Selon l’Ademe, les volumes concernés par ces opérations dans l’hexagone pourraient atteindre 0,8 à 1 GW par an à l’horizon 2025(6). Au niveau mondial, le marché, principalement développé aujourd’hui en Allemagne, au Danemark et aux États-Unis, pourrait atteindre 8 GW par an d’ici 2020.
Précisons que certains acteurs distinguent les opérations de « repowering » complet et partiel (ex : remplacement des rotors d’éoliennes). Par ailleurs, le terme de « repowering » n’est pas uniquement employé dans le secteur éolien : il peut entre autres désigner l’augmentation du rendement et de la puissance installée d’une centrale hydroélectrique, l'augmentation du rendement d’une centrale à charbon(7) ou sa conversion en centrale à gaz ou à biomasse.
parue le 15 janvier 2018
Sources / Notes
1 - Selon l’Ademe, on qualifie aussi de « retrofit » (maintenance lourde) le remplacement de composants d’une unité de production (ex : changement de pales) et de « revamping » (réaménagement) les changements de composants s’accompagnant d’une modification des caractéristiques principales de l’installation (ex : dimensions, puissance).
2 - Étude sur la filière éolienne française, Ademe, septembre 2017.
3 - Les éoliennes offshore sont à entraînement direct, sans réducteur, afin de simplifier l'entretien coûteux du train d’engrenages en mer. La tendance évolue également vers des éoliennes terrestres synchrones à entraînement directe, ce qui améliore leur capacité de participer à la stabilité du réseau. Ce choix a un impact majeur sur la consommation d'aimants permanents et donc de néodyme (terre rare).
4 - Opération réalisée en 2014/2015.
5 - Les anciennes éoliennes du parc de Klim ont par exemple été réinstallées en Italie.
6 - Soit un marché de près de 1,3 milliard d’euros par an.
7 - Le « repowering » de centrales au charbon est très développé en Chine et a un impact très positif sur les émissions de gaz à effet de serre de ce pays : le rendement des centrales passe en moyenne de près de 32% à plus de 45%, ce qui implique une production électrique beaucoup plus importante pour une même quantité de CO2 émis.
https://www.connaissancedesenergies.org/quappelle-t-le-repowering-180115
08/01/18
Hulot invite les agriculteurs à investir dans le solaire et l'éolien 😠😠😡😡
Nicolas Hulot a exhorté lundi les agriculteurs à investir dans les énergies renouvelables pour participer à "l'accélération" de la transition écologique, lors de la visite à Juillé (Sarthe) du champ d'éoliennes d'une coopérative agricole.
Les Fermiers de Loué - qui regroupent 1.100 éleveurs sur les départements de la Sarthe et de la Mayenne - ont fait édifier en novembre 2013 six éoliennes de 145 mètres de haut, qui réinjectent dans le réseau électrique l'équivalent de leur consommation énergétique.
"Ça confirme une conviction que j'ai, à savoir que l'agriculture doit être partie prenante de la transition énergétique : si elle a pu être en matière climatique un problème, elle peut aussi être une solution", a dit le ministre de la Transition écologique et solidaire.
Nicolas Hulot va désormais "faire de la pédagogie" pour "essayer de rendre acceptables" les champs d'éoliennes ou les fermes solaires auprès du reste de la population française.
"Nous sommes en train de préparer un accélérateur de la transition écologique (...) pour changer d'échelle, notamment dans les appels d'offres : on va quasiment multiplier par deux sur le solaire", a-t-il expliqué à la presse.
A Juillé, petit village de 500 habitants, les Fermiers de Loué ont eux réussi à lever 1,7 million d'euros lors d'une campagne de financement participatif : les souscripteurs, qui devaient avoir nécessairement vue sur les éoliennes, ont obtenu la garantie d'un retour sur investissement de 3,90 %.
IMAGE DE MARQUE
Les adhérents, pour leur part, ne touchent rien sur les bénéfices de la production d'électricité, qui financent des "actions de protection du patrimoine local".
"On l'a fait avant tout pour notre image de marque", dit Yves de la Fouchardière, directeur des Fermiers de Loué.
Cette activité semble en tous cas aujourd'hui un complément idéal pour la coopérative agricole. "C'est vraiment un métier de paysan, avec des bonnes et mauvaises années", observe-t-il. "Il faut être du métier pour accepter que la production ne sera pas linéaire d'une année sur l'autre."
Quelque 150 adhérents des Fermiers de Loué se sont convertis pour leur part à l'énergie solaire, un investissement plus abordable à l'échelle d'une exploitation.
Benoît Drouin a été l'un des premiers d'entre eux, en 2006, à installer des panneaux photovoltaïques sur les toits de ses hangars.
"Quelque part, l'énergie solaire, c'est notre assurance : cela nous sert de filet de secours les mauvaises années, on sait qu'on n'aura pas tout perdu", explique cet agriculteur de 41 ans, basé à Rouez-en-Champagne (Sarthe).
Ses premiers panneaux solaires, qui lui ont coûté 50.000 euros, sont désormais amortis et lui rapportent 5.000 euros par an. Depuis, il a réinjecté 240.000 euros dans de nouvelles installations.
"Au départ, l'intérêt était économique, avec les aides de l'Etat", explique Benoît Drouin. "Mais désormais, je le fais aussi pour produire de l'énergie verte : même si on parle beaucoup des agriculteurs à travers les produits phytosanitaires, cela montre qu'on peut aussi protéger l'environnement."

http://www.boursorama.com/actualites/hulot-invite-les-agriculteurs-a-investir-dans-le-solaire-et-l-eolien-b7baff8b0cdaf8968c10ed2f83f12d04

08/01/18Renouvelables : Nicolas Hulot précise la stratégie gouvernementale
En attendant l'adoption de la programmation pluriannuelle de l'énergie, Nicolas Hulot a précisé les trois axes de la stratégie française en matière de renouvelables électriques. Quelques annonces émaillent le discours ministériel.
Ce lundi 8 janvier, Nicolas Hulot, ministre de la Transition énergétique a donné les grands axes présenté les grands axes de la stratégie gouvernementale visant à accélérer le déploiement des énergies renouvelables électriques. Il a notamment déclaré que les mesures de simplification destinées à développer l'éolien devraient être annoncées le 18 janvier.
En matière de photovoltaïque, le ministre a annoncé la sélection de 283 lauréats, pour un volume de 150 mégawatts (MW), dans le cadre de la troisième période de l'appel d'offres pour des installations photovoltaïques sur bâtiment. "Le prix moyen proposé à la troisième période de candidature est de 85 euros par mégawattheures (MWh), en baisse de 9% par rapport à la période précédente", précise le ministère.
Quant à l'innovation, elle sera notamment soutenue via un appel à projets pour des démonstrateurs lancé par l'Ademe au premier trimestre 2018. "Il s'agit de projets plus importants, pour les dernières étapes de mise au point pré-commerciale des nouvelles technologies avant la mise sur le marché", explique le ministère.
Simplifier, développer et innover
Plus globalement, la stratégie française de déploiement des renouvelables électriques s'appuie sur trois piliers.
Le premier objectif du gouvernement est la poursuite de la simplification, explique le ministère. Sébastien Lecornu, secrétaire d'Etat auprès de Nicolas Hulot, a présidé un groupe de travail afin de simplifier les procédures, le financement ou encore la planification dans le secteur de l'éolien. Le secrétaire d'Etat en présidera deux autres dédiés à la méthanisation et au solaire, confirme Nicolas Hulot. En outre, le ministre a rappelé trois mesures de simplification dédiées à l'éolien en mer : la création en cours du "permis enveloppe", l'organisation d'un débat public plus en amont et un nouveau cadre pour le raccordement.
S'agissant du développement des renouvelables, le ministre a rappelé que les volumes des appels d'offres pour le photovoltaïque, qui passeront de 1,5 GW à 2,5 GW par an. Il s'agit d'atteindre l'objectif fixé pour 2023 : 18,2 à 20,2 gigawatts (GW) installés, contre 7,7 GW au 30 septembre 2017. "L'augmentation des volumes prendra effet progressivement, dès les prochaines périodes des appels d'offres, qui auront lieu en mars pour les installations sur bâtiment et en juin pour les centrales au sol", explique le ministère, précisant que la quatrième période de l'appel d'offres pour les installations sur bâtiments, dont la clôture aura lieu le 9 mars prochain, portera sur 200 mégawatts (MW). Du côté de l'autoconsommation, le ministère a rappelé que l'appel d'offres pour les consommateurs des secteurs industriels, tertiaires et agricoles lancé en 2017 a permis de sélectionner 145 projets en décembre dernier. L'appel d'offres sera relancé tous les trimestres avec un objectif de 50 MW. Sur le premier semestre 2017, quelques 6.000 projets de toutes tailles ont été déclarés, contre 8.000 sur l'ensemble de 2016, précise le ministère.
Enfin, le troisième axe de la stratégie gouvernementale vise la promotion de l'innovation. Le ministère rappelle le lancement, par Bpifrance et l'Ademe, du Concours d'innovation dédié aux projets innovants portés par les PME.
https://www.actu-environnement.com/ae/news/renouvelables-energie-strategie-gouvernement-hulot-30404.php4

08/01/18 : Energies renouvelables 😱
Les énergies actuelles, pétrole et nucléaire, doivent être remplacées par des énergies renouvelables : photovoltaïque, éoliennes, méthanisation et autres… On ne peut s’opposer à leur développement. S’il y en a trop ou pas assez, ce n’est pas au citoyen lambda d’en décider. L’État doit bien étudier les sites adéquats et passer outre les oppositions. Les projets doivent être étudiés par des organismes neutres, non animés par la finance, le profit, et non par les installateurs. On ne doit même plus en passer par les enquêtes publiques. Il n’est pas normal que les opposants gagnent grâce à « la complexité administrative, loi sur l’eau, utilisateur du domaine public maritime… » Il ne doit pas y avoir de recours possible. Naturellement, les éoliennes doivent être installées dans les régions venteuses et offshore. Il faut les déployer sur les 53 % du territoire autorisé afin de répartir la densité. Les panneaux photovoltaïques ne doivent pas couvrir les sols agricoles tant qu’il y a suffisamment de toitures, ombrières, terrains désaffectés, pollués. La méthanisation doit être développée, mais elle ne doit pas devenir le revenu de l’agriculteur qui ne vit pas de son métier.

06/01/18Éoliennes, le suicide d’EDF : entretien avec Jean-Louis Butré
Avec le “One planet summit”, la France n’a parlé que de transition écologique et d’énergies renouvelables. Jean-Louis Butré, Président de la Fédération Environnement Durable (FED), qui regroupe plus de mille associations confrontées à l’éolien, revient sur la réalité concrète de cette source d’énergie. Et promet un avenir compliqué à EDF, qui s’engage chaque jour plus avant dans cette impasse technologique et financière.
Mickaël Fonton : Comment définiriez-vous la situation actuelle, en France, sur le front de l’éolien ?
Jean-Louis Butré: Aujourd’hui en France 7000 éoliennes terrestres sont en fonctionnement. Selon les dernières informations données par le Ministre de l’Environnement Nicolas Hulot, 20000 sont à venir à l’horizon 2023. Ces machines, qui peuvent atteindre désormais 230 mètres de haut et être implantées à 500 m d’une habitation, sont composées d’un socle de béton armé de 1500 tonnes, d’un mât en acier ou en béton de plus de 100 mètres et d’une nacelle contenant le générateur d’électricité entraîné par une hélice tripale. Chaque pale peut atteindre 60 mètres. La nacelle pèse plus de 70 tonnes. Le coût complet de sa construction est de l’ordre de 3 millions d’euros. Voilà pour l’objet en lui-même.
Ce qu’il faut noter ensuite, c’est qu’il n’y pas d’industrie française de fabrication d’éoliennes terrestres. Elles sont toutes importées, principalement d’Allemagne et du Danemark, pour un montant total de 21 milliards d’euros.
Enfin, malgré leur gigantisme, toutes ces éoliennes, du fait de leur productivité annuelle dérisoire (environ 23%) ne fabriquent aujourd’hui qu’une quantité d’électricité minime, correspondant à 4% du total de l’électricité de la France.
Qu’en est-il des recours parfois déposés contre les mairies ?
La FED estime que plus de 30% des parcs éoliens en fonctionnement ont été construits ou vont l’être sur terrains appartenant à des élus locaux. S’il est prouvé que ces élus ont pris part au processus décisionnel, ces pratiques correspondent à des prises illégales d’intérêts qui ont été dénoncées dès 2015 par les rapports du Service Central de Prévention de la Corruption. Des condamnations ont été prononcées dont la perte des droits civiques pour un maire. Des procès sont en cours. Dans le cadre de la construction des 2000 nouveaux parcs éoliens programmés pour 2023 par la “Transition Énergétique”, ce phénomène d’une ampleur inégalée pourrait conduire à la corruption de près de mille communes rurales par les éoliennes. Une situation qui jetterait le discrédit sur l’ensemble de la classe politique.
L’éolien offshore est-il plus intéressant ?
En France, Il ne s’agit pas d’éoliennes offshores mais d’éoliennes terrestres dites “les pieds dans l’eau” qui n’ont rien à voir avec celles implantées en pleine Mer du nord, balayées par des vents forts et constants où la productivité des éoliennes peut atteindre 43%. Six chantiers éoliens français, (1200 machines), sont programmés au raz des côtes de la Manche et sur la façade atlantique : Le Tréport/Dieppe, Fécamp, Arromanches/Courseulles, Saint-Brieuc, Saint-Nazaire/La Baule, les îles d’Yeu et Noirmoutier. EDF sera obligée par l’Etat d’acheter cette électricité offshore à plus de 22 centimes d’euro le kWh alors que sur le prix de l’électricité se négocie en dessous de 3 centimes d’euro le kWh. C’est soit 7 fois moins ! Cette dissimulation de la réalité du coût de l’éolien en mer est porteuse de conséquences sociales très graves : qu’adviendra-t-il des huit millions de ménages les plus défavorisés, quand leur facture d’électricité aura doublée et qu’ils ne pourront plus la payer ?
Les entreprises françaises sont-elles au moins impliquées dans ces projets ?
C’est le credo officiel. Après plus d’une décennie passée à essayer d’imposer ce programme terrestre et offshore, l’argumentaire des gouvernements successifs relayés par l’Agence de maîtrise de l’énergie (Ademe), a été basé sur le développement d’une filière industrielle française de fabrication d’éoliennes et sur la création de dizaines de milliers d’emplois. On en est très loin : les deux sociétés qui devaient relever ce défi, Alstom et Areva, ont fait défection. Alstom, pourtant un des fleurons de l’industrie française, a été vendu à l’américain General Electric, et Areva a sombré corps et biens dans l’éolien maritime. Après avoir programmé le massacre de la France par 20.000 éoliennes terrestres géantes importées de France et du Danemark, nos dirigeants ont donc désormais décidé de saccager aussi un littoral jusqu’ici préservé, au mépris de l’économie locale et de la protection indispensable de l’océan.
De manière générale, comment expliquez-vous le succès de ce qui s’apparente pourtant assez fortement à une impasse électrique, écologique et financière ?
L’éolien n’est ni une affaire d’électricité, ni d’environnement ni de sauvetage de la planète. C’est un “big business” ou des multinationales, des banques, des affairistes et même certains escrocs font des fortunes gigantesques. Ils pillent les consommateurs à qui ils font croire qu’ils leur vendent une électricité verte, vertueuse et gratuite qui va sauver le monde. Cette électricité éolienne est dispersée sur le territoire, ce qui entraine la construction d’un nouveau réseau de collecte et de distribution d’électricité, des milliers de kilomètres de lignes électriques, des milliers de pylônes et de transformateurs. En outre, comme il s’agit d’une électricité intermittente, en l’absence de vent ce sont des centrales thermiques qui prennent le relais et émettent des gaz à effet de serre.
Comment cette gigantesque machine s’est-elle mise en place ?
C’est Yves Cochet, ancien ministre de l’Environnement du gouvernement Jospin, qu’on surnommait “le barde délirant de l’éolien”, qui a engagé la France dans cette gabegie.
Il était le “chef” du groupe des Verts à l’Assemblée nationale et avait publié en 2005 « Pétrole apocalypse », un livre dont toutes les prévisions se sont révélées fausses. Il a inventé le système de tarif de rachat de l’électricité éolienne, par le groupe EDF à un prix garanti, anormalement élevé, obligatoire et prioritaire sur 15 ans. Pour combler le gouffre financier ainsi créé les consommateurs s’acquittent d’une taxe, la CSPE, qui atteint aujourd’hui 23% du montant de leur facture. C’est grâce à ce système de subventions cachées que des fortunes individuelles gigantesques se sont faites. Pour ne citer que les plus célèbres : EnR, la filiale d’EDF chargée du développement des énergies renouvelables, c’est-à-dire principalement de l’éolien, a été rachetée à Pâris Moratoglou. Cet homme d’affaires avisé, père du très médiatique Patrick, (coach de Serena Willams) a convaincu, voilà quinze ans, EDF d’entrer dans le capital de sa société, SIIF, rebaptisée EDF Énergies nouvelles. Prix du « cadeau » : 800 millions d’euros. En 2007, Jean-Michel Germa, frère jumeaux de l’ancien Directeur Général de WWF, a revendu la moitié de sa société « La compagnie du vent » à GDF-Suez qui l’avait valorisée à 753 millions d’euros. Là aussi, un joli jackpot.
Présent au dernier Congrès des climato-réalistes, vous avez notamment affirmé : “l’évolution d’EDF donne le frisson”. Qu’entendiez-vous par là ?
Ce sont des chiffres connus de tous mais il est important de les rappeler. En 2016, EDF, premier producteur mondial d’électricité employait 155000 salariés dans le monde dont 129000 en France. Sa situation économique est alors fortement dégradée : des fonds propres inférieurs à 20 milliards d’euros, une action en forte baisse (- 66 % depuis 2014), un endettement qui s’est envolé (40 milliards, soit plus de la moitié de son chiffre d’affaire), des retraites non provisionnées évaluées à plus de 60 milliards d’euros, une fusion périlleuse en cours avec Areva qui totalise de son côté 4,8 milliards de pertes. Ces difficultés se sont traduites par la sortie d’EDF du CAC 40 fin 2015, la démission de son directeur financier début 2016, l’abaissement de la note du groupe par l’agence Standard & Poor’s et son déclassement par l’agence Moody’s. Un déclin confirmé début 2017 par l’annonce de plusieurs milliers de suppressions de postes à venir. C’est un scénario de faillite programmée.
Vous dénoncez une stratégie de communication “médiatiquement suicidaire” ?
Ces événements posent la question du bien-fondé de la stratégie du groupe et de la responsabilité des Energies Renouvelables (EnR) dans son déclin. Les Energie renouvelables solaire et éolien (hors hydraulique) ne représentent que 2% de la production d’électricité du groupe : c’est une infime partie ! La fameuse filiale EDF Energie Nouvelles n’emploie que 3000 collaborateurs dans le monde et seulement 1400 en France, soit 1,1 % de l’effectif national. En revanche, la stratégie agressive de communication de cette filiale, appuyée par l’Ademe et le Ministère de l’environnement, conduit à faire croire aux décideurs politiques et aux citoyens que l’avenir d’EDF et de ses salariés est basé sur les énergies renouvelables. Celles-ci, parées de toutes les vertus écologiques, ont pratiquement occulté les autres. L’annonce récente du président d’EDF d’investir 25 milliards d’euros dans le solaire fait partie de de plan de communication destiné à masquer les difficultés financières gigantesques de cette entreprise.
Vous dites que des scenarii de démantèlements sont actuellement en cours d’élaboration à Bercy – c’est du roman d’anticipation ?
EDF a un énorme besoin d’argent, notamment pour assurer l’avenir de son parc nucléaire dont la sécurité inquiète beaucoup de spécialistes. Pour trouver ces sommes, plusieurs scénarii sont en cours d’étude à Bercy. Certains datent même probablement de l’époque ou Emmanuel Macron était ministre de l’économie. Des projets envisagent ainsi la séparation du groupe en plusieurs entités dont certaines seraient cédées à des repreneurs pouvant être des groupes étrangers qui entreraient progressivement dans le capital de ces nouvelles entités. Pour sauver EDF de l’asphyxie financière, le découpage entre activités nucléaires et activités non nucléaires est une des pistes possibles. Selon certaines sources, des groupes financiers internationaux ont flairé l’hallali et travailleraient sur ces hypothèses de démantèlement et de rachat total ou partiel.
Il s’agirait en réalité d’une sorte de mécano de dépeçage progressif d’EDF comme l’ont connu de nombreuses filières industrielles de notre pays avec perte de contrôle de l’Etat français au profit de multinationales concurrentes.
Ne craignez-vous que, par une sorte de dernière ironie, on mette alors la faillite de l’entreprise sur le compte de sa “stratégie du tout-nucléaire” ?
Il est certain que le nucléaire sera toujours le coupable idéal. Depuis des années, une campagne médiatique gigantesque détruit systématiquement l’image de la filière nucléaire française. Résultat : selon certains sondages 77% % des français sont aujourd’hui antinucléaires alors que c’est cette filière qui fournit plus de 75% de l’électricité des ménages. On peut s’interroger sur les mécanismes à l’œuvre dans cette campagne de dénigrement et plus particulièrement les motivations de certaines ONG.
Vous pointez notamment du doigt le double jeu de Greenpeace…
Un rapport de de Thibault Kerlirzin, de l’Ecole de Guerre Economique, explique que Greenpeace possède une branche business, Greenpeace Energy, dont la filiale Planet Energy investit dans les centrales électriques “propres” et a déjà construit dix parcs éoliens. En Allemagne comme à l’étranger, Planet Energy a plusieurs partenaires dont Vestas Wind Systems, le plus grand fabricant mondial d’éoliennes. Greenpeace Pays-Bas est aussi actionnaire de longue date de la Triodos Bank, dont le fonds dédié au développement durable a Vestas pour premier investissement. Sven Teske, cofondateur de Greenpeace Energy, a été en 2012 le directeur de projet et principal auteur d’un rapport coécrit qui portait sur la “révolution énergétique”, coécrit avec le Global Wind Energy Council (GWEC), la “voix de l’industrie de l’énergie éolienne mondiale”, et l’European Renewable Energy Council (EREC), organisation parapluie de l’industrie des énergies renouvelables. Pour aller au but je poserais deux questions : Greenpeace est-elle une ONG uniquement au service de l’écologie ou le cheval de Troie de multinationales qui rôdent autour d’un démantèlement d’EDF ? Quel est le rôle de la filiale Enr qui, par sa publicité et son action sur le terrain, détruit médiatiquement la filière nucléaire de sa maison mère EDF ?

29/12/17LE SURPLUS DE LA PRODUCTION ÉOLIENNE ET SOLAIRE BIENTÔT CONVERTI EN GAZ À FOS-SUR-MER
Avec le développement massif des éoliennes et des panneaux solaires, l’enjeu est désormais de stocker et valoriser l’électricité produite en surplus. Une des pistes est le "power to gas", une technique qui consiste à convertir les électrons en gaz. Jupiter 1000, le premier démonstrateur industriel de l’Hexagone, est en train de voir le jour à Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône.
La première pierre de Jupiter 1000 a symboliquement été posée ce lundi 18 décembre en présence de GRT-gaz et de ses huit partenaires, conformément au calendrier fixé. Installé sur une parcelle de 6 500 mètres carrés, ce démonstrateur se situe au cœur une pépinière d’entreprises innovantes du Grand Port de Marseille. "On inaugure un démonstrateur aujourd’hui, j’espère qu’on inaugurera bientôt un outil industriel", a déclaré René Raimondi, le maire de Fos-sur-Mer, lors de la cérémonie officielle.
Ici, l’objectif est de réussir à produire du méthane de synthèse, un équivalent du gaz naturel, à partir des surproductions d’électricité des éoliennes de la région. C’est la technique dite du "power to gas". Elle consiste à utiliser l’électricité renouvelable en surplus pour produire de l’hydrogène par électrolyse de l’eau. L’hydrogène est ensuite combiné à du CO2 capté sur un site industriel voisin, par un processus de méthanation. Le méthane ainsi formé – neutre en carbone – est injecté dans le réseau gazier, sans aucune restriction de volume. Les industriels locaux serviront de cobaye pour tester dans leurs usines le gaz produit par Jupiter 1000.
10 % de gaz renouvelable en 2030
Le projet, qui doit entrer en service en 2018, est doté d’une puissance d’un mégawatt, soit la consommation annuelle de 150 familles. D’une durée de vie de trois ans, il vise à tester la viabilité technico-économique du Power to Gas afin de faire émerger une nouvelle filière de production de gaz renouvelable. La loi de transition énergétique prévoit d’atteindre 10 % de gaz renouvelable à l’horizon 2030.
"C’est l'une des premières réalisations concrètes en France autour des technologies relevant de l’hydrogène", a estimé Bruno Lechevin, président de l’Ademe, partenaire du projet. L’organisation rendra en début d’année prochaine un rapport instruisant la possibilité d’atteindre du gaz 100 % renouvelable d’ici 2050.
Un autre projet, baptisé Grhyd et porté par Engie à Dunkerque, va lui aussi convertir l’énergie éolienne en hydrogène pour chauffer un quartier et faire rouler des bus. Directement injecté dans le réseau de distribution de gaz (dans une proportion limitée à 20 %), il va permettre de répondre aux besoins en chauffage et eau chaude de 100 logements. L’hydrogène, mélangé à du gaz naturel, va aussi pouvoir alimenter une flotte de 50 bus.
http://www.novethic.fr/actualite/energie/energies-renouvelables/isr-rse/le-surplus-de-l-eolien-et-du-solaire-bientot-convertis-en-gaz-a-fos-sur-mer-145226.html

28/12/17
Eolien : la filière se prépare pour la rénovation des premiers parcs
Le marché du « repowering » des parcs éoliens démarre en France. Les développeurs de projets et l'administration débattent du futur cadre réglementaire.
Fin décembre, Vestas a reçu une commande ferme pour fournir six éoliennes de 3,45 mégawatts (MW) à Reinholterode (centre de l'Allemagne), qui viendront en remplacer des beaucoup plus petites (1,5 MW). La capacité de production sera triplée, et la production attendue sera même supérieure « grâce à des turbines plus efficaces », promet le fabricant danois. En novembre, le leader mondial du secteur avait décroché une commande en Italie pour remplacer 59 micro-éoliennes par 16 nouvelles, permettant là aussi d'accroître de 50 % la puissance du parc.
Après les pays pionniers du secteur -l'Allemagne, le Danemark ou le sud de l'Europe-, le marché du renouvellement des éoliennes - le « repowering »- devient un sujet de discussion dans l'Hexagone. « En France, les premiers raccordements de parcs éoliens datent de 2001, et ont connu un véritable essor dès 2005 pour ensuite croître de 750 à 1.250 mégawatts par an jusqu'en 2009 », rappelle le Syndicat des énergies renouvelables.
Les meilleures conditions de vent
Avec la fin des premiers contrats assurant la vente de leur électricité à un prix garanti pendant quinze ans, les exploitants commencent donc à se poser la question de l'avenir de leur parc. D'autant que les premiers parcs exploités ont souvent les meilleures conditions de vent, et que cette première génération de machines arrive en fin de vie. « Le matériel installé en 2005 aura une durée de vie de vingt ans, contre 35 ans pour les éoliennes qu'on installe aujourd'hui », estime Nicolas Couderc, directeur général adjoint d'EDF Energies Nouvelles.
La filiale d'EDF se prépare ainsi à renouveler deux parcs, l'un en Corse et l'autre en Guadeloupe, tandis que Kallista Energy et Quadran, deux développeurs de projets, ont déjà mené leurs premiers chantiers. « Le marché décollera vraiment à partir de 2020. A partir de 2023, 1 gigawatt (soit 1.000 MW représentant 500 à 700 éoliennes, NDLR) sortira chaque année du tarif d'achat », indique Nicolas Couderc.
La filière et l'administration sont en pleines discussions autour des règles qui seront bientôt applicables à ces installations. « Le ministère a la ferme intention de libérer les dossiers de renouvellement de certaines contraintes administratives », assure-t-on dans l'entourage du secrétaire d'Etat à la Transition écologique Sébastien Lecornu. Le groupe de travail qu'il a lancé à l'automne doit rendre ses conclusions mi-janvier.
Débat sur le renouvellement « partiel »
Aujourd'hui, pour bénéficier du système de subvention publique , les installations (turbines, mâts, raccordements entre les éoliennes...) doivent être « nouvelles », indique un arrêté publié au printemps. « S'il s'agit de renouveler un parc avec des turbines beaucoup plus grandes, qui nécessiteront plus d'espace entre elles, ce sera considéré comme un nouveau parc, avec les mêmes contraintes et les mêmes subventions », estime un industriel. Mais le débat porte sur le renouvellement « partiel » des installations, quand la taille des nouvelles éoliennes restera sous certains seuils d'accroissement. Le secteur discute aussi des conditions d'extension de durée de vie des parcs désormais soumis à de nouvelles contraintes environnementales (radars, loi littoral, zones d'entraînement militaire...).
« D'un point de vue économique, le repowering n'est pas forcément le plus intéressant si on le compare à l'extension de vie. Parce qu'il faut intégrer le manque à gagner sur le parc existant », explique Johann Tardy, directeur du développement de Kallista Energy. Les industriels proposent déjà ces services. « Quand l'Espagne a supprimé les prix fixes, Gamesa a créé un programme d'extension de vie des éoliennes, qui permettait de refinancer des projets auprès des banques », explique Christian Jourdain, directeur marketing des services de Siemens Gamesa .
https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0301060953980-eolien-la-filiere-se-prepare-pour-la-renovation-des-premiers-parcs-2141471.php

27/12/17
EDF EN SE RENFORCE DANS L’ÉOLIEN AUX ETATS-UNIS
Si l’électricien français EDF souhaite s’engager pleinement dans le développement de l’énergie solaire (en atteste son vaste plan solaire), il n’entend pas pour autant délaisser les autres filières renouvelables toutes aussi importantes dans la transition énergétique. L’énergie éolienne notamment reste une de ses priorités, et ses capacités de production dans la filière continuent de croître de manière régulière. EDF Energies Nouvelles a annoncé par exemple, jeudi 14 décembre 2017, via sa filiale nord-américaine EDF Renewable Energy, la mise en service aux Etats-Unis du parc éolien de Rock Falls, dans l’Etat américain d’Oklahoma. D’une capacité totale de 154 MW, cette nouvelle installation renforce la position du groupe français dans les renouvelables outre-Atlantique et confirme ses nouvelles ambitions dans la filière éolienne à l’international.
L’Amérique du Nord, une piste de développement privilégiée
Comme l’a réaffirmé Jean-Bernard Lévy, jeudi 11 décembre 2017 à l’occasion de la présentation à la presse de son nouveau plan solaire pour la France, le premier producteur d’énergie renouvelable à l’échelle européenne n’entend pas s’arrêter en si bon chemin et prévoit d’investir massivement dans les énergies vertes en France comme à l’international d’ici 2050, afin de doubler ses capacités de production. « Ce Plan Solaire est d’une ampleur sans équivalent et marque un véritable tournant dans le développement d’EDF dans le domaine de l’énergie solaire. Il concrétise l’accélération de notre ambition affichée dans la stratégie CAP 2030 du Groupe, lancée en 2015, qui vise à doubler les capacités renouvelables installées du Groupe à l’horizon 2030 », a déclaré le Président du groupe énergétique français.
Partie intégrante de cette nouvelle stratégie, le continent nord-américain est une des pistes de développement privilégiées par l’électricien français qui espère profiter pleinement des nouvelles opportunités de croissance dans les secteurs éolien et solaire aux Etats-Unis, au Canada ou au Mexique. EDF EN, filiale d’EDF spécialisée dans les énergies renouvelables, est déjà très présente outre-Atlantique et vient par ailleurs d’annoncer la mise en service officielle d’un nouveau parc éolien aux Etats-Unis pour un total de 154 MW de puissance cumulée.
154 MW d’énergie éolienne supplémentaire aux Etats-Unis
Situé dans le nord de l’Etat de l’Oklahoma, dans les comtés de Kay et de Grant, le parc éolien de Rock Falls est composé de 60 turbines et de divers équipements fabriqués aux États-Unis. Le projet a mobilisé plus de 150 emplois depuis le début de sa construction en juillet 2017, et a apporté plusieurs millions de dollars à l’économie locale. L’électricité produite servira en grande partie à alimenter les usines du groupe Kimberly-Clark qui a signé avec EDF RE, il y a quelques mois, un contrat portant sur l’achat de 120 MW d’électricité renouvelable. Kimberly-Clark compte en effet plusieurs usines en Amérique du Nord, dont un site à Jenks, dans l’Etat de l’Oklahoma, qui fabrique des mouchoirs et serviettes en papier pour les marques Kleenex, Scott, Cottonelle et Viva. « L’électricité produite par le parc éolien de Rock Falls, permettra à l’entreprise de compenser, à hauteur de 1,5 fois, les émissions de gaz à effet de serre liées à la consommation d’électricité du site de Jenks » a indiqué Lisa Morden dans un communiqué.
Cette nouvelle opération permet à EDF Energies Nouvelles de dépasser les 3,5 GW bruts de capacité installée d’énergies renouvelables aux Etats-Unis et de rester encore aujourd’hui, l’un des plus gros développeurs d’énergie renouvelable en Amérique du Nord avec 9,1 gigawatts d’énergie éolienne, solaire, biomasse et des projets de production de biogaz développés aux États-Unis, au Canada et au Mexique.
L’éolien, un secteur d’activité en pleine croissanceDe manière générale, la filière éolienne, en Amérique du Nord comme dans le reste du monde, connaît actuellement un essor spectaculaire. Sa croissance moyenne a atteint 26% par an et devrait même encore s’accélérer selon le dernier rapport de prospective à moyen-terme du marché des énergies renouvelables réalisé par l’Agence internationale de l’énergie. Les progrès techniques permettent la mise au point d’équipements toujours plus performants et des coûts de production de l’électricité en baisse. Le coût des éoliennes terrestres a ainsi diminué de 40% depuis 2010, tandis que la capacité éolienne dans le monde était multipliée par près de 10 entre 2004 et 2016, passant de 48 GW à 467 GW à fin 2016.
Le groupe français contribue à ce nouvel élan et a fait au fil du temps de la filière éolienne son premier axe de développement au niveau national et international. Cette énergie représente actuellement 87% de la capacité installée totale de sa filiale en Europe, en Amérique du Nord, en Afrique et au Moyen-Orient. En France, le parc éolien national a franchi cette année les 12,3 GW raccordés et affiche depuis 2014 une dynamique de croissance prometteuse pour les années à venir. Le groupe EDF a dépassé pour sa part le cap des 1300 MW de puissance éolienne terrestre installée, répartie dans plus de 80 parcs.
http://lenergeek.com/2017/12/27/edf-en-eolien-etats-unis/

20/12/17
Le Conseil d'Etat confirme l'annulation des schémas régionaux éoliens adoptés sans évaluation environnementale
Les schémas régionaux du climat, de l'air et de l'énergie (SRCAE) étaient tenus de faire l'objet d'une évaluation environnementale même si aucun texte réglementaire ne le prévoyait au moment où ils ont été attaqués (ce qui a changé depuis).
Telle est la conclusion à laquelle est parvenue le Conseil d'Etat dans plusieurs décisions rendues le 18 décembre par lesquelles il rejette le pourvoi de la ministre de l'Environnement. Cette dernière contestait les décisions de cours administratives d'appel ayant annulé les arrêtés préfectoraux d'approbation des SRCAE et des schémas régionaux éoliens (SRE) qui leur étaient annexés pour défaut d'évaluation environnementale.
Pour parvenir à cette conclusion, la Haute juridiction administrative rappelle que les SRCAE s'imposent dans un rapport de compatibilité aux plans de protection de l'atmosphère (PPA), aux plans de déplacement urbain (PDU) ainsi qu'aux plans locaux d'urbanisme (PLU) pour leurs dispositions en tenant lieu. Il en résulte que ces schémas devaient être regardés comme définissant le cadre de mise en œuvre de travaux et projets d'aménagement entrant, en vertu de l'article L. 122-4 du code de l'environnement qui transpose la directive du 27 juin 2001 relative à l'évaluation de certains plans et programmes sur l'environnement, dans le champ d'application de l'étude d'impact dans les domaines de l'industrie, de l'énergie et des transports.
Prévus par la loi Grenelle 2 de juillet 2010, les SRCAE définissent les orientations et les objectifs régionaux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), de lutte contre la pollution atmosphérique, de développement des filières d'énergies renouvelables (EnR) et d'adaptation aux changements climatiques. Les schémas régionaux éoliens (SRE) qui leur sont annexés déterminent les parties du territoire favorables au développement de l'énergie éolienne.
Les SRCAE et leur annexe doivent être intégrés dans les schémas régionaux d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires (Sraddet) prévus par la loi Notre de 2015 et qui doivent être adoptés en 2019.

20/12/17« Ça coûte rien, c’est l’État qui paie » : comment l’État vous fait les poches ! [Interview de François Lepère]
[...] Quelle est pour vous la taxe la plus injuste parmi les 360 que vous dénombrez?
C’est la contribution au service Public de l’Electricité (CSPE). Cette taxe représente 16% de la facture d’électricité, soit environ 100 euros par an, en moyenne, par ménage. Elle a augmenté de 650 % depuis 2002. Et ce n’est pas fini…
Cette contribution pourrait porter le nom de « taxe éolienne », puisqu’elle sert à financer en grande partie les énergies renouvelables. La CSPE permet en fait de subventionner les éoliennes et les panneaux photovoltaïques. EDF a, en effet, l’obligation d’acheter ce courant de mauvaise qualité à tous les producteurs. Problème : EDF achète à 10 mais revend à l’abonné 7. Or, 10 – 7 = 3. EDF perd donc de l’argent à chaque kWh acheté. Ces surcoûts engendrés par cette obligation d’achat représentent 71 % de la CSPE ! On comprendra donc qu’EDF, ne voulant pas être le dindon de la farce, récupère d’un côté sur nos factures ce qu’elle a perdu de l’autre…
Et pour moi, les éoliennes sont une énorme escroquerie. Il est impossible que l’énergie intermittente issue du vent vienne concurrencer le nucléaire. À moins d’en mettre de Cerbère à Menton et d’Hendaye à Bray-Dunes, tous les 50 mètres…
 [...] 
http://www.contribuables.org/2017/12/ca-coute-rien-cest-letat-qui-paie-comment-letat-vous-fait-les-poches-interview-de-francois-lepere/

19/12/17
Énergies renouvelables : elles doivent se développer en France 😠😠
Énergies renouvelables : Emmanuel Macron veut les renforcer.
Comparativement aux autres pays européens, de nombreuses études montrent que la France est en retard en terme d’équipements capables de produire des énergies renouvelables. Elle doit donc renforcer son dispositif dans ce domaine, pour moins s’appuyer sur le nucléaire et ne pas augmenter ses émissions de gaz à effet de serre.
Pour réussir sa mutation énergétique, la France va devoir consolider son parc d’éoliennes. Alors que le pays n’en totalise aujourd’hui que 6.500, sur terre et en mer, il faudrait que d’ici 2035 il puisse bénéficier de 13.000 à 17.000 éoliennes pour atteindre les objectifs qu’il s’est fixé. De la même manière, un effort considérable devra être mis en œuvre en matière de panneaux photovoltaïques, pour véritablement compter sur une exploitation effective de l’énergie solaire. Actuellement, le territoire ne produit que 6,7 GW, alors qu’à l’avenir ses capacités sont censées atteindre une production évaluée entre 36 et 48 GW. Cette évolution est clairement soutenue et voulue par le président Macron, comme il l’a expliqué dans son interview avec Laurent Delahousse, enregistrée au palais de l’Élysée et diffusée sur France 2, ce 17 décembre 2017.
http://bulletindescommunes.net/accueil/energies-renouvelables-emmanuel-macron-veut-les-renforcer/

19/12/17
Assembler des éoliennes... sans grue !
Aller plus haut, là où les vents sont plus importants et plus réguliers. Tel est l’un des enjeux actuellement pour la filière de l’éolien terrestre. Mais pour installer des mâts en acier de plus de 100 m, il faut des grues de fortes capacités, lesquelles présentent deux inconvénients majeurs : elles sont peu disponibles et sont coûteuses à mettre en œuvre. Pour pallier ces désavantages, Freyssinet a mis au point une solution clé en main pour concevoir et construire de grandes tours pour les éoliennes en béton.
Composées d’anneaux en béton assemblés par précontrainte, elles s’adaptent à tous les types de turbines. Elles peuvent être entièrement en béton ou hybride, avec la partie la plus haute en acier afin de répondre aux contraintes de l’éolienne. Le montage de la tour repose sur un équipement spécialement conçu, l’Eolift. Cette méthode permet de monter des tours jusqu’à 160 mètres par des vents allant jusqu’à 20 m/s (72 km/h). Concrètement, chaque anneau de béton est ajouté par-dessous, à l’aide d’un portique, en soulevant la portion déjà construite. Les travaux d’assemblage se réalisent donc à faible hauteur, sécurisant le chantier d’installation. Le cycle comprenant le montage et le transfert de l’équipement peut être achevé en moins de dix jours pour des tours de 145 m de haut. Outre un gain estimé à 15% sur les coûts de construction, l’impact environnemental se révèle lui aussi moindre, puisque le béton nécessite moins d’énergie lors de sa fabrication que l’acier. De plus, couler le mât sur place avec des matériaux locaux limite les frais de transport.
Eolift a été mis en œuvre dans le parc éolien de Trairi au Brésil dans le cadre d’un partenariat avec GE. Là, Freyssinet a conçu et construit 36 tours équipées d’éoliennes Alstom ECO 122 de 2,7 MW, avec une hauteur de moyeu de 119 mètres.
https://www.constructioncayola.com/environnement/article/2017/12/19/116560/assembler-des-eoliennes-sans-grue.php

18/12/17 : CNR atteint 500 MW de puissance installée avec son 40ème parc éolien
Le CNR a annoncé la signature d’un contrat avec son partenaire energieTEAM, 3e exploitant éolien français, pour l’achat du nouveau parc éolien de Domart-en-Ponthieu (80). Ce 40ème parc, composé de 6 éoliennes de 2 MW chacune, mis en service le 24 novembre 2017, permet à CNR d’atteindre les 500 MW de puissance installée en éolien en France.
« Les énergies renouvelables sont dans notre ADN. Parmi elles, l’éolien représente aujourd’hui 14% de la puissance totale installée de CNR. Une puissance de 3 600 MW aujourd’hui, que nous souhaitons porter à 4 000 MW à l’horizon 2020, pour contribuer de manière ambitieuse aux objectifs fixés par le gouvernement dans le cadre de la Loi de Transition Energétique » a déclaré Cécile Magherini, Directrice Nouvelles Energies de CNR.
CNR s’est en effet engagée, il y a plus de dix ans, dans la diversification de son mix énergétique, en ajoutant notamment l’éolien à son métier historique de production d’hydroélectricité sur le Rhône.
Depuis la mise en service de ses premiers parcs éoliens, en 2006, à Fos-sur-Mer (13) et Beaucaire (30), CNR a développé ses actifs dans l’énergie éolienne, soit par l’acquisition de parcs existants, soit par la construction de nouvelles installations, en Vallée du Rhône et dans le Nord et l’Ouest de la France.
Aujourd’hui, CNR dispose de 40 parcs, totalisant 500 MW de puissance installée, et pouvant produire annuellement l’équivalent de la consommation électrique de près de 500 000 personnes.
Un premier parc CNR en Bourgogne en 2019
En construction depuis novembre, le projet éolien des Sources du Mistral, premier parc éolien de CNR dans le département de la Côte d’Or, sera mis en service en janvier 2019.
Ce parc, composé de 9 éoliennes de 2 MW chacune, sera implanté sur les communes de Chazeuil et Sacquenay. Il produira à terme 40 GWh/an, soit la consommation électrique annuelle d’environ 17 000 personnes.
A propos de CNR 
CNR est le 1er producteur français d'électricité d'origine 100% renouvelable (eau, vent, soleil) et le concessionnaire à vocation multiple du Rhône de la frontière suisse à la mer Méditerranée : production d'hydroélectricité, déploiement de la navigation et de zones portuaires, irrigation et autres usages agricoles. Forte de 1370 collaborateurs, CNR produit plus de 14 TWh annuels issus de son mix hydraulique, éolien et photovoltaïque. Acteur intégré, à la pointe des métiers de l'énergie qu'elle fait évoluer en permanence grâce à une démarche d'innovation active, CNR propose ses services en gestion et valorisation des énergies intermittentes et son expertise en ingénierie à des tiers en France et dans une trentaine de pays. Au service de la transition énergétique, elle travaille sur l'intelligence des réseaux, le stockage de l'énergie et développe la mobilité électrique durable. Le capital de CNR est majoritairement public : la Caisse des Dépôts ainsi que les collectivités locales détiennent plus de 50% du capital; le Groupe ENGIE, actionnaire de référence, 49,97%.
http://www.enerzine.com/cnr-atteint-500-mw-de-puissance-installee-avec-son-40eme-parc-eolien/24253-2017-12


16/12/17 : Le coût exorbitant des énergies renouvelables
Avec les énergies renouvelables, l’électricité qui représente aujourd’hui moins de 5 % du budget des ménages français, pourrait représenter 30 % de celui-ci.
L’IREF a tout récemment rappelé que l’énergie était deux fois plus chère en Allemagne qu’en France : 0,30 euro le kWh outre-Rhin contre 0,14 euro dans notre pays. Un coût élevé est dû au choix, fait par nos voisins, d’abandonner le nucléaire pour privilégier les énergies renouvelables (ENR), essentiellement l’éolien.
Le gouvernement français entend lui aussi s’engager dans cette voie. Certes, les objectifs de réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité ont été reculés dans le temps. C’est désormais en 2050, et non plus en 2025, que la part de notre électricité d’origine nucléaire devra être baissée à 50 % (contre 72 % aujourd’hui).
Cette annonce par Nicolas Hulot a déclenché des indignations nombreuses chez ses amis écologistes, tandis que d’autres commentateurs soulignaient le réalisme du ministre.
Ce dernier reconnaissait d’ailleurs que « Si on veut maintenir la date de 2025 pour ramener le nucléaire à 50 %, ça se fera au détriment de nos objectifs climatiques ».
INDISPENSABLES SOURCES D’ÉNERGIE NON INTERMITTENTES
En effet, nous le savons, les ENR ne produisent que par intermittence. Il est donc indispensable d’avoir d’autres sources de production d’électricité, comme le charbon abondamment utilisé en Allemagne. Cela est difficilement compatible avec la chasse au CO2 dont on nous rebat les oreilles.
Mais, venons-en à la question du coût de ces énergies renouvelables. Un ingénieur, par ailleurs enseignant à Mines-Paris Tech, Jean-Marc Jancovici a tenté d’estimer le coût qu’aurait une électricité 100 % ENR, rêve de tout écologiste qui se respecte et, nous dit-on, de tout citoyen soucieux de l’avenir de ses enfants, de l’humanité et de la planète.
QUEL COÛT POUR UNE ÉNERGIE À 100 % RENOUVELABLE ?
En effet, écrit Jean-Marc Jancovici, un avenir 100% ENR, nous sommes tous pour, a priori. Ou plus exactement nous sommes tous pour si ‘tout le reste est comme aujourd’hui’ : on s’est débarrassé des combustibles fossiles, du nucléaire, et par ailleurs personne n’a froid l’hiver, ne manque de carburant pour se déplacer, ou ne voit son usine, son train ou son bureau à l’arrêt faute d’électricité pour que les machines fonctionnent, et tout cela ne coûte pas plus cher. Qui serait contre ?
Il nous propose donc un exercice qui consiste à calculer combien d’argent aura été investi une fois que l’on sera arrivé à une électricité 100 % ENR. Le calcul a été fait en supposant la consommation d’électricité constante. Ce qui signifie que les investissements réalisés pourraient être inférieurs à ceux calculés si nous réduisons notre consommation électrique.
100 % d’ENR signifie qu’il n’y a plus ni gaz ni charbon pour combler les creux de production. Par conséquent, la régulation ne peut se faire que par stockage-déstockage grâce à des barrages réversibles, appelés STEP, seule solution actuellement disponible.
L’auteur suppose également que la France subvient à ses besoins, à tout moment, sans importations. Une hypothèse qui tient compte de notre situation géographique et climatique au cœur de l’Europe.
Nos voisins immédiats, en effet, connaissent peu ou prou les mêmes conditions climatiques que nous, et sont dans un créneau horaire proche du nôtre quand ce n’est pas le même. Bref, quand il fait nuit chez nous, il fait également nuit chez eux. Et quand nous connaissons une tempête, ils sont très souvent aussi touchés.
Nous n’allons pas détailler les calculs de Jean-Marc Jancovici qui se trouvent sur son blog, mais en donner les grandes lignes :
• le passage du nucléaire à l’éolien suppose d’avoir trois à quatre fois plus de puissance installée pour produire la même quantité d’électricité sur la même période, et avec du solaire, c’est six à sept fois plus ;
• avec de l’éolien, environ 50 % de la consommation doit être stockée à un moment ou à un autre, et avec du solaire c’est environ 80 %. Il faut donc augmenter la production de 40 % environ pour tenir compte des pertes liées à ce stockage. Avec de l’éolien, cela nous amène à environ 300 GW installés ; et avec du solaire, il faut presque 450 GW de puissance totale. Rappelons qu’actuellement le nucléaire représente 63 GW sur un total de 131 GW installés
• ce stockage sera fait avec des STEP ;
• enfin le réseau doit pouvoir « encaisser » les 300 à 450 GW totaux, et cela conduit à doubler les coûts d’infrastructure.
Par ailleurs, il faut tenir compte de la différence de durée de vie des différents moyens de production, et des coûts d’installation qui diffèrent également selon l’option choisie.
Les résultats sont éloquents, pour ne pas dire effrayants :
là où 600 milliards d’investissements sont suffisants pour fournir à la France sa consommation d’électricité actuelle pendant un siècle si le choix se porte sur le nucléaire, il faut investir environ 4 000 milliards d’euros sur un siècle (soit deux années de PIB actuellement) avec un système 100 % éolien + stockage, et 7 000 milliards sur un siècle (soit 3,5 années de PIB actuellement) avec un système 100 % solaire + stockage.
Jean-Marc Jancovici précise que les Allemands, qui ne produisent aujourd’hui qu’environ 20 % d’électricité intermittente, ont investi entre 300 et 500 milliards selon les estimations.
30 % DU BUDGET DES MÉNAGES CONSACRÉ À L’ÉLECTRICITÉ
L’électricité 100 % ENR coûterait donc six à huit fois plus cher. Ce qui veut dire que l’électricité qui représente aujourd’hui moins de 5 % du budget des ménages français, pourrait représenter 30 % de celui-ci. Et même davantage encore, selon Jean-Marc Jancovici, qui estime qu’il faudrait aussi payer l’électricité des entreprises incluse dans le coût des produits et services.
Jean-Marc Jancovici, qui défend l’idée qu’il faut se débarrasser des énergies carbonées pour lutter contre le réchauffement climatique, et qui est membre du conseil scientifique de la Fondation pour la Nature et l’Homme de Nicolas Hulot, affirme qu’une analyse rationnelle de la situation commanderait « d’arrêter demain matin de mettre le moindre euro supplémentaire dans l’éolien et le solaire ».
Il va même jusqu’à dire que, « pour conserver une électricité décarbonée une fois les réacteurs actuels mis hors service [NDLR : du fait de leur obsolescence], la meilleure idée est donc… de refaire du nucléaire ».
https://www.contrepoints.org/2017/12/16/305561-cout-exorbitant-energies-renouvelables

13/12/17
Jean-Louis Butré : “Éoliennes, le suicide d’EDF”
Avec le “One planet summit”, la France n’a parlé que de transition écologique et d’énergies renouvelables. Jean-Louis Butré, Président de la Fédération Environnement Durable (FED), qui regroupe plus de mille associations confrontées à l’éolien, revient sur la réalité concrète de cette source d’énergie. Et promet un avenir compliqué à EDF, qui s’engage chaque jour plus avant dans cette impasse technologique et financière.
Valeurs actuelles. Comment définiriez-vous la situation actuelle, en France, sur le front de l’éolien ?
Jean-Louis Butré. Aujourd’hui en France 7000 éoliennes terrestres sont en fonctionnement. Selon les dernières informations données par le Ministre de l’Environnement Nicolas Hulot, 20000 sont à venir à l’horizon 2023. Ces machines, qui peuvent atteindre désormais 230 mètres de haut et être implantées à 500 m d’une habitation, sont composées d’un socle de béton armé de 1500 tonnes, d’un mât en acier ou en béton de plus de 100 mètres et d’une nacelle contenant le générateur d’électricité entraîné par une hélice tripale. Chaque pale peut atteindre 60 mètres. La nacelle pèse plus de 70 tonnes. Le coût complet de sa construction est de l’ordre de 3 millions d’euros. Voilà pour l’objet en lui-même.
"Ce qu’il faut noter ensuite, c’est qu’il n’y pas d’industrie française de fabrication d’éoliennes terrestres. Elles sont toutes importées, principalement d’Allemagne et du Danemark, pour un montant total de 21 milliards d’euros."
Enfin, malgré leur gigantisme, toutes ces éoliennes, du fait de leur productivité annuelle dérisoire (environ 23%) ne fabriquent aujourd’hui qu’une quantité d’électricité minime, correspondant à 4% du total de l’électricité de la France.
Qu’en est-il des recours parfois déposés contre les mairies ?
La FED estime que plus de 30% des parcs éoliens en fonctionnement ont été construits ou vont l’être sur terrains appartenant à des élus locaux. S’il est prouvé que ces élus ont pris part au processus décisionnel, ces pratiques correspondent à des prises illégales d’intérêts qui ont été dénoncées dès 2015 par les rapports du Service Central de Prévention de la Corruption. Des condamnations ont été prononcées dont la perte des droits civiques pour un maire. Des procès sont en cours. Dans le cadre de la construction des 2000 nouveaux parcs éoliens programmés pour 2023 par la “Transition Énergétique”, ce phénomène d’une ampleur inégalée pourrait conduire à la corruption de près de mille communes rurales par les éoliennes. Une situation qui jetterait le discrédit sur l’ensemble de la classe politique.
L’éolien offshore est-il plus intéressant ?
En France, Il ne s’agit pas d’éoliennes offshores mais d’éoliennes terrestres dites “les pieds dans l’eau” qui n’ont rien à voir avec celles implantées en pleine Mer du nord, balayées par des vents forts et constants où la productivité des éoliennes peut atteindre 43%. Six chantiers éoliens français, (1200 machines), sont programmés au raz des côtes de la Manche et sur la façade atlantique : Le Tréport/Dieppe, Fécamp, Arromanches/Courseulles, Saint-Brieuc, Saint-Nazaire/La Baule, les îles d’Yeu et Noirmoutier. EDF sera obligée par l’Etat d’acheter cette électricité offshore à plus de 22 centimes d’euro le kWh alors que sur le prix de l’électricité se négocie en dessous de 3 centimes d’euro le kWh. C’est soit 7 fois moins ! Cette dissimulation de la réalité du coût de l’éolien en mer est porteuse de conséquences sociales très graves : qu’adviendra-t-il des huit millions de ménages les plus défavorisés, quand leur facture d’électricité aura doublée et qu’ils ne pourront plus la payer ?
Les entreprises françaises sont-elles au moins impliquées dans ces projets ?
C’est le credo officiel. Après plus d’une décennie passée à essayer d’imposer ce programme terrestre et offshore, l’argumentaire des gouvernements successifs relayés par l’Agence de maitrise de l’énergie (Ademe), a été basé sur le développement d’une filière industrielle française de fabrication d’éoliennes et sur la création de dizaines de milliers d’emplois. On en est très loin : les deux sociétés qui devaient relever ce défi, Alstom et Areva, ont fait défection. Alstom, pourtant un des fleurons de l’industrie française, a été vendu à l’américain General Electric, et Areva a sombré corps et biens dans l’éolien maritime. Après avoir programmé le massacre de la France par 20.000 éoliennes terrestres géantes importées d'Allemagne et du Danemark, nos dirigeants ont donc désormais décidé de saccager aussi un littoral jusqu’ici préservé, au mépris de l’économie locale et de la protection indispensable de l’océan.
De manière générale, comment expliquez-vous le succès de ce qui s’apparente pourtant assez fortement à une impasse électrique, écologique et financière ?
L’éolien n’est ni une affaire d’électricité, ni d’environnement ni de sauvetage de la planète. C’est un “big business” ou des multinationales, des banques, des affairistes et même certains escrocs font des fortunes gigantesques. Ils pillent les consommateurs à qui ils font croire qu’ils leur vendent une électricité verte, vertueuse et gratuite qui va sauver le monde. Cette électricité éolienne est dispersée sur le territoire, ce qui entraine la construction d’un nouveau réseau de collecte et de distribution d’électricité, des milliers de kilomètres de lignes électriques, des milliers de pylônes et de transformateurs. En outre, comme il s’agit d’une électricité intermittente, en l’absence de vent ce sont des centrales thermiques qui prennent le relais et émettent des gaz à effet de serre.
Comment cette gigantesque machine s’est-elle mise en place ?
"C’est Yves Cochet, ancien ministre de l’Environnement du gouvernement Jospin, qu’on surnommait “le barde délirant de l’éolien”, qui a engagé la France dans cette gabegie".
Il était le “chef” du groupe des Verts à l’Assemblée nationale et avait publié en 2005 « Pétrole apocalypse », un livre dont toutes les prévisions se sont révélées fausses. Il a inventé le système de tarif de rachat de l’électricité éolienne, par le groupe EDF à un prix garanti, anormalement élevé, obligatoire et prioritaire sur 15 ans. Pour combler le gouffre financier ainsi créé les consommateurs s’acquittent d’une taxe, la CSPE, qui atteint aujourd'hui 23% du montant de leur facture. C’est grâce à ce système de subventions cachées que des fortunes individuelles gigantesques se sont faites. Pour ne citer que les plus célèbres : EnR, la filiale d’EDF chargée du développement des énergies renouvelables, c’est-à-dire principalement de l’éolien, a été rachetée à Pâris Moratoglou. Cet homme d’affaires avisé, père du très médiatique Patrick, (coach de Serena Willams) a convaincu, voilà quinze ans, EDF d’entrer dans le capital de sa société, SIIF, rebaptisée EDF Énergies nouvelles. Prix du « cadeau » : 800 millions d’euros. En 2007, Jean-Michel Germa, frère jumeaux de l’ancien Directeur Général de WWF, a revendu la moitié de sa société « La compagnie du vent » à GDF-Suez qui l’avait valorisée à 753 millions d’euros. Là aussi, un joli jackpot.
Présent au dernier Congrès des climato-réalistes, vous avez notamment affirmé : “l’évolution d’EDF donne le frisson”. Qu’entendiez-vous par là ?
Ce sont des chiffres connus de tous mais il est important de les rappeler. En 2016, EDF, premier producteur mondial d’électricité employait 155000 salariés dans le monde dont 129000 en France. Sa situation économique est alors fortement dégradée : des fonds propres inférieurs à 20 milliards d’euros, une action en forte baisse (- 66 % depuis 2014), un endettement qui s'est envolé (40 milliards, soit plus de la moitié de son chiffre d’affaire), des retraites non provisionnées évaluées à plus de 60 milliards d’euros, une fusion périlleuse en cours avec Areva qui totalise de son côté 4,8 milliards de pertes. Ces difficultés se sont traduites par la sortie d’EDF du CAC 40 fin 2015, la démission de son directeur financier début 2016, l’abaissement de la note du groupe par l’agence Standard & Poor’s et son déclassement par l’agence Moody’s. Un déclin confirmé début 2017 par l’annonce de plusieurs milliers de suppressions de postes à venir. C’est un scénario de faillite programmée.
Vous dénoncez une stratégie de communication “médiatiquement suicidaire” ?
Ces événements posent la question du bien-fondé de la stratégie du groupe et de la responsabilité des Energies Renouvelables (EnR) dans son déclin. Les Energie renouvelables solaire et éolien (hors hydraulique) ne représentent que 2% de la production d’électricité du groupe : c’est une infime partie ! La fameuse filiale EDF Energie Nouvelles n’emploie que 3000 collaborateurs dans le monde et seulement 1400 en France, soit 1,1 % de l’effectif national. En revanche, la stratégie agressive de communication de cette filiale, appuyée par l'Ademe et le Ministère de l’environnement, conduit à faire croire aux décideurs politiques et aux citoyens que l’avenir d'EDF et de ses salariés est basé sur les énergies renouvelables. Celles-ci, parées de toutes les vertus écologiques, ont pratiquement occulté les autres. L’annonce récente du président d’EDF d’investir 25 milliards d’euros dans le solaire fait partie de de plan de communication destiné à masquer les difficultés financières gigantesques de cette entreprise.
Vous dites que des scenarii de démantèlements sont actuellement en cours d’élaboration à Bercy – c’est du roman d’anticipation ?
EDF a un énorme besoin d’argent, notamment pour assurer l’avenir de son parc nucléaire dont la sécurité inquiète beaucoup de spécialistes. Pour trouver ces sommes, plusieurs scénarii sont en cours d’étude à Bercy. Certains datent même probablement de l’époque ou Emmanuel Macron était ministre de l’économie. Des projets envisagent ainsi la séparation du groupe en plusieurs entités dont certaines seraient cédées à des repreneurs pouvant être des groupes étrangers qui entreraient progressivement dans le capital de ces nouvelles entités. Pour sauver EDF de l’asphyxie financière, le découpage entre activités nucléaires et activités non nucléaires est une des pistes possibles. Selon certaines sources, des groupes financiers internationaux ont flairé l’hallali et travailleraient sur ces hypothèses de démantèlement et de rachat total ou partiel.
Il s’agirait en réalité d’une sorte de mécano de dépeçage progressif d’EDF comme l’ont connu de nombreuses filières industrielles de notre pays avec perte de contrôle de l’Etat français au profit de multinationales concurrentes.
Ne craignez-vous que, par une sorte de dernière ironie, on mette alors la faillite de l’entreprise sur le compte de sa “stratégie du tout-nucléaire” ?
Il est certain que le nucléaire sera toujours le coupable idéal. Depuis des années, une campagne médiatique gigantesque détruit systématiquement l’image de la filière nucléaire française. Résultat : selon certains sondages 77% % des français sont aujourd’hui antinucléaires alors que c’est cette filière qui fournit plus de 75% de l’électricité des ménages. On peut s’interroger sur les mécanismes à l’œuvre dans cette campagne de dénigrement et plus particulièrement les motivations de certaines ONG.
Vous pointez notamment du doigt le double jeu de Greenpeace…
Un rapport de de Thibault Kerlirzin, de l’Ecole de Guerre Economique, explique que Greenpeace possède une branche business, Greenpeace Energy, dont la filiale Planet Energy investit dans les centrales électriques “propres” et a déjà construit dix parcs éoliens. En Allemagne comme à l’étranger, Planet Energy a plusieurs partenaires dont Vestas Wind Systems, le plus grand fabricant mondial d’éoliennes. Greenpeace Pays-Bas est aussi actionnaire de longue date de la Triodos Bank, dont le fonds dédié au développement durable a Vestas pour premier investissement. Sven Teske, cofondateur de Greenpeace Energy, a été en 2012 le directeur de projet et principal auteur d’un rapport coécrit qui portait sur la “révolution énergétique”, coécrit avec le Global Wind Energy Council (GWEC), la “voix de l’industrie de l’énergie éolienne mondiale”, et l’European Renewable Energy Council (EREC), organisation parapluie de l’industrie des énergies renouvelables. Pour aller au but je poserais deux questions : Greenpeace est-elle une ONG uniquement au service de l’écologie ou le cheval de Troie de multinationales qui rôdent autour d’un démantèlement d’EDF ? Quel est le rôle de la filiale Enr qui, par sa publicité et son action sur le terrain, détruit médiatiquement la filière nucléaire de sa maison mère EDF ?
https://www.valeursactuelles.com/societe/entretien-jean-louis-butre-eoliennes-le-suicide-dedf-91507

13/12/17 : L'énergie éolienne menacée par le réchauffement climatique ?Une étude, à prendre avec des pincettes car c'est la première du genre, prédit que les vents souffleront moins fort dans l'hémisphère nord d'ici la fin de ce siècle. Une fraction de l'énergie éolienne disponible pendant encore au moins quelques décennies pourrait donc disparaître dans certains pays, notamment au Japon.
Interview 3/5 : l'énergie éolienne, un bon gisement L’énergie éolienne, inépuisable, peut être récupérée avec un rendement élevé. En France, ce gisement est bon mais peu développé. Jean-Luc Wingert, ingénieur-conseil énergie et environnement, nous parle des enjeux du secteur.
Nous pourrions certainement remplacer une bonne part des énergies fossiles et nucléaires par des énergies renouvelables avant la fin du XXIe siècle si nous en avions le temps. Or, même en diminuant la part des énergies fossiles et nucléaires consommée dans les pays développés, ailleurs, celle-ci ne fera que croître, dépassant la quantité totale consommée aujourd'hui. Surtout, et c'est là le problème essentiel, il faut décarboner notre économie au plus vite pour limiter les effets du réchauffement climatique, qui, sinon, seront catastrophiques et plongeront le monde dans le chaos.
Des centaines de millions de personnes (peut-être même un milliard) deviendraient alors des migrants fuyant des pays où les températures seraient devenues invivables et l'eau et la nourriture bien trop rares. Des tensions considérables en résulteraient certainement. Pour éviter cela, les énergies renouvelables ne suffiront pas. Il va nous falloir développer l'énergie nucléaire, et probablement aussi la séquestration géologique du CO2, en plus de faire monter la production photovoltaïque et éolienne.
Malheureusement, le réchauffement climatique lui-même devrait avoir un impact négatif sur la possibilité d'utiliser des énergies renouvelables ainsi que le nucléaire dans certaines parties du globe, rendant la situation encore plus difficile à gérer. Nous pensons, bien sûr, au manque d'eau qui va rendre les barrages et les centrales hydroélectriques moins performants, et même rendre plus difficile le refroidissement des centrales nucléaires. Mais, comme l'explique un groupe de chercheurs de l'université du Colorado, à Boulder (États-Unis), dans un article paru dans Nature Geoscience, la production électrique éolienne risque, elle aussi, d'être touchée.
David MacKay était un mathématicien, physicien et informaticien. Il fut conseiller scientifique en chef du Département de l'Énergie et du Changement climatique britannique (DECC). Il expose ici les atouts et les limites des énergies renouvelables comme le solaire et l'éolien. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur la roue dentée à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ».
5 à 15 % d'énergie éolienne en moins dans l'hémisphère nord ?
La puissance installée en éoliennes ne fait que croître chaque année. Mais la production électrique, qui est intermittente et dépend de la vitesse du vent, est en réalité assez faible sur un an. Il faut donc trouver des énergies d'appoint ou stocker l'énergie pendant les périodes de l'année où le vent ne souffle pas ou faiblement. Ces deux options sont problématiques, même avec des réseaux intelligents qui répartiraient la production électrique locale. On comprend donc bien que, si, en plus, les vents se font plus rares et moins puissants, cela ne va pas arranger les problèmes auxquels l'humanité va devoir faire face.
Selon les chercheurs états-uniens, si le réchauffement climatique se poursuit sur la trajectoire actuelle, les ressources en énergie éolienne vont effectivement baisser dans l'hémisphère nord de 5 à 15 % environ, mais elles augmenteront dans l'hémisphère sud de 20 à 40 %. Il n'est pas très difficile de comprendre pourquoi. Les vents dans l'hémisphère nord sont d'autant plus forts qu'il existe un gradient de température élevé entre les régions arctiques et l'équateur. Ce gradient va diminuer si le pôle Nord se réchauffe. A contrario, la topographie de l'hémisphère sud est telle que les continents vont se réchauffer par rapport aux océans et que le gradient de température va augmenter, rendant des zones comme le Brésil, l'Afrique de l'Ouest, l'Afrique du Sud et l'Australie plus venteuses d'ici 2100.
Si le réchauffement climatique est finalement mitigé à temps, les ressources en énergie éolienne baisseront de toute façon dans l'hémisphère nord, mais elles n'augmenteront pas dans l'hémisphère sud. Au final, le Japon, la Mongolie et le pourtour méditerranéen seront moins dotés en énergie éolienne à la fin du XXIe siècle.
Les prédictions ne sont pas fiables en ce qui concerne l'Europe et le centre des États-Unis, où l'on ne sait pas bien ce qui va se passer compte tenu des incertitudes concernant les modèles climatiques utilisés. Les autres prédictions peuvent aussi être questionnées. Il reste donc du travail à faire pour consolider les conclusions de l'équipe de chercheurs de Boulder.
CE QU'IL FAUT RETENIR
Le réchauffement climatique nous impose de décarboner nos économies au plus vite en diminuant fortement la part des énergies fossiles.
Mais, même si l'humanité s'engageait sérieusement dans cette voie, la pluviosité et les vents devraient diminuer dans certaines régions du globe, réduisant la part d'électricité pouvant être produite avec l'éolien et l'hydroélectrique d'ici la fin de ce siècle.
L'énergie éolienne disponible le sera un peu moins dans l'hémisphère nord à ce moment-là. Paradoxalement, elle pourrait l'être un peu plus dans l'hémisphère sud.
http://www.futura-sciences.com/planete/actualites/developpement-durable-energie-eolienne-menacee-rechauffement-climatique-69523/
12/12/17 : Vu sa faiblesse dans l'éolien EDF est obligée de miser sur le solaire

Son ministre de tutelle Nicolas Hulot n'a pas ménagé ces dernières semaines ses critiques contre EDF, dont les faiblesses, malgré elle, dans l'éolien sont connues et que nous évoquons par ailleurs, lui demande un plan précis pour accélérer le développement des énergies renouvelables en France.
Personnes ignore que notre ministre de la transition écologique et solidaire se trouve en porte à faux, après avoir été obligé d'admettre un report de la baisse du nucléaire à 50 % dans la production d'électricité, d'ici 2025, ce qui signifie le maintien en activité de centrales nucléaires qu'il aurait voulu, comme déjà annoncer, fermer.
Mais revenons au solaire en sachant que Jean-Bernard Levy, le PDG d'EDF affirme vouloir « une formidable accélération du solaire photovoltaïque avec un plan solaire de 25 milliards d'investissements sur 15 ans, entre 2020 et 2035 ».

....
https://www.riskassur-hebdo.com/actu01/actu_auto.php?adr=1212171126

12/12/17
Des incitations financières pour l’éolien
[...]Concrètement, qu’allez vous proposer pour « libérer » les énergies renouvelables ?😠😠
Pour l’éolien terrestre, par exemple, tout en protégeant les paysages, plusieurs pistes sont sur la table, comme l’évolution des retombées de la fiscalité de l’éolien sur les communes ou des mesures de simplification pour réduire les délais.😠😠
[...]
http://www.ledauphine.com/environnement/2017/12/11/des-incitations-financieres-pour-l-eolien


11/12/17 : EDF LANCE UN PLAN SOLAIRE DE 25 MILLIARDS D’EUROS EN FRANCE
EDF veut déployer 30 GW de solaire en France d’ici 2035. Un investissement de 25 milliards d’euros qui ne fait pas peur à l’électricien national. En revanche, se dresse un obstacle sur sa route : la disponibilité des espaces libres pour le déploiement de grandes centrales au sol, plus optimisées sur le plan économique selon l’électricien.
À la veille du sommet climat à Paris du 12 décembre, le One Planet Summit, EDF a révélé "le Plan Solaire", un programme visant à déployer 30 gigawatts (GW) de photovoltaïque en France sur la période 2020-2035. Une puissance à comparer aux 8 GW actuellement déployés dans l’Hexagone ou aux 63,2 GW du parc nucléaire.
"Dans un contexte de forte volonté politique et de baisse des coûts des panneaux photovoltaïque, EDF veut occuper une place majeure. Ce plan d’une ampleur sans précédent en Europe est un tournant pour EDF et pour la filière solaire française", assure Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF, en évoquant la création de "millions d’emplois induits".
"Ce plan est en cohérence avec la volonté politique de rééquilibrage du mix énergétique", ajoute-t-il. Aujourd’hui 75 % du mix électrique est assuré par le nucléaire. EDF refuse toutefois de projeter ce mix à l’horizon 2035, ne voulant pas faire publiquement de prévisions sur l’évolution de la consommation, ni sur l’abaissement de la part du nucléaire à 50 %. Objectif que le gouvernement a repoussé à 2030-2035, contre 2025 prévu dans la loi de transition énergétique.
Un nouvel investissement de 25 milliards d’euros
Selon EDF, la France possède le cinquième potentiel d’ensoleillement en Europe. Mais avec 1,8 % de solaire dans son mix électrique, elle se situe loin derrière l’Italie (7,8 %), l’Allemagne (6,2 %), l’Espagne (5,1 %), ou encore pire la Grande Bretagne (2,5 %).
"L’heure est venue d’un changement d’échelle majeur", assure le patron de l’électricien qui chiffre le plan solaire à environ 25 milliards d’euros en 15 ans. Un investissement qui ne remet pas en cause les dépenses à venir dans les autres énergies renouvelables (éolien, éolien offshore et hydroélectricité), ni le grand carénage, ce plan de 51 milliards d’euros sur la période 2014-2025 pour prolonger la durée de vie des réacteurs nucléaires.
La direction d’EDF juge l’appétence des banques et des investisseurs pour ces projets lui permettra de se financer sans difficulté. Elle prend à témoin le développement de 10 GW de solaire et d’éolien dans 20 pays par le groupe.
Des centrales de plus de 100 MW
En revanche, le PDG soulève une autre difficulté : le foncier. EDF mise le déploiement des grandes centrales au sol de plus de 100 MW (contre 12 MW en moyenne aujourd’hui en France). Ce qui permet d’optimiser les coûts de construction et d’exploitation… mais demande de la place. Le déploiement de 25 GW nécessitera 25 à 30 000 hectares (43 000 stades de football !).
EDF va mobiliser son propre patrimoine. Comme par exemple, les sites en cours de démantèlement ou les retenues d’eau des barrages hydrauliques. "Mais cela ne suffira pas", prévient Jean-Bernard Lévy. "Nous souhaitons travailler sur ce sujet avec les pouvoirs publics pour libérer le potentiel français", explique-t-il en assurant avoir déjà prévenu le gouvernement de cet enjeu.

http://www.novethic.fr/actualite/energie/energies-renouvelables/isr-rse/edf-lance-un-plan-solaire-de-25-milliards-d-euros-en-france-145182.html

11/12/17Lancement d'un appel d'offres mettant en concurrence solaire et éolien
Le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot a annoncé, le 11 décembre, le lancement d'un appel d'offres expérimental bitechnologie, mettant en concurrence le photovoltaïque et l'éolien. "Cet appel d'offres est un appel d'offres expérimental visant à évaluer la compétitivité relative des filières photovoltaïque au sol et éolien terrestre, indique le ministère. Il porte sur un volume total de 200 MW pour une capacité par projet devant être comprise entre 5 et 18 MW". Les projets seront sélectionnés sur le seul critère économique. Ils bénéficieront d'un complément de rémunération.
Les appels d'offres neutres technologiquement sont un souhait de la Commission européenne. "La France a décidé de le mettre en œuvre de façon expérimentale sur les technologies renouvelables aujourd'hui les plus compétitives. Une évaluation de cet appel d'offres permettra d'en identifier les bénéfices et les inconvénients".
https://www.actu-environnement.com/ae/news/appel-offres-bitechnologie-eolien-solaire-competitivite-30247.php4


11/12/17 : « Quand l’Académie des sciences critique la loi de transition énergétique, silence radio ! »
Créé par la loi du 3 brumaire an IV (25 octobre 1795) sur l’organisation de l’instruction publique, l’Institut de France est le regroupement de cinq académies :
l’Académie française
(fondée en 1635)
l’Académie des inscriptions et belles-lettres
(fondée en 1663)
l’Académie des sciences
(fondée en 1666)
l’Académie des beaux-arts
(créée en 1816 par la réunion de l’Académie de peinture et de sculpture, fondée en 1648, de l’Académie de musique, fondée en 1669 et de l’Académie d’architecture, fondée en 1671)
l’Académie des sciences morales et politiques
(fondée en 1795, supprimée en 1803 et rétablie en 1832)

En outre en 2006 a été créée l’académie des technologies plus industrielle que l’Académie des sciences.
Pourtant tous les académiciens ne sont pas égaux dans les médias
Quand l’Académie française a pris position contre l’écriture inclusive, la presse en a parlé, même si cela n’a pas fait la une des journaux. Mais quand l’Académie des sciences a critiqué la loi de transition énergétique, silence radio !
Voici des extraits de cette critique dont le texte intégral est disponible : Cliquer ici.
La question de la transition énergétique est désormais une question majeure, en raison de la nécessité de maîtriser nos émissions de gaz à effet de serre et de réduire notre dépendance vis-à-vis des combustibles fossiles (pétrole, gaz, charbon) qui alourdit notre balance commerciale.
Et pourtant cette question ne nous semble pas traitée dans les débats actuels en prenant la pleine mesure du problème.
Dans l’état actuel du débat, nos concitoyens pourraient être conduits à penser qu’il serait possible de développer massivement les énergies renouvelables comme moyen de décarbonation du système en le débarrassant à la fois des énergies fossiles et du nucléaire. Nous voulons ici rappeler un certain nombre de vérités.
Le recours aux énergies renouvelables est a priori attrayant, mais il ne faut pas oublier les réalités. Rappelons d’abord que l’électricité ne représente que 25 % de notre consommation d’énergie et qu’il faut donc bien distinguer le mix énergétique qui concerne l’ensemble de nos activités du mix électrique. Pour les éoliennes, le facteur de charge moyen en France (rapport entre l’énergie produite et celle qui correspond à la puissance maximale affichée) est de 23 % ; il est de 13 % pour le solaire photovoltaïque. Pour obtenir un niveau d’énergie donné, il faut donc mettre en place des puissances plusieurs fois supérieures à la valeur répondant à la demande.
Une intermittence du vent et du soleil à compenser
En termes de puissance, la situation est encore plus défavorable puisque le rapport de la puissance installée à la puissance garantie est de l’ordre de 20 pour l’éolien. C’est ce qui ressort des chiffres de production éolienne en France, montrant que la puissance disponible issue de l’ensemble des éoliennes réparties sur le territoire tombe souvent à 5 % de la puissance affichée.
Ainsi, un ensemble qui peut en principe fournir 10 GW ne délivre qu’un demi GW pendant une partie du temps. Cette variabilité des énergies renouvelables éoliennes et solaires nécessite la mise en œuvre d’énergies alternatives pour pallier cette intermittence et compenser la chute de production résultant de l’absence de vent ou de soleil.
On pourrait penser que les échanges d’énergie au niveau européen pourraient pallier ce problème. Or les nuits sont partout longues à la même période en Europe, et les anticyclones souvent simultanés chez nous et nos voisins.
Afin de minimiser le risque de black-out à l’échelle de notre pays, voire de l’Europe, il est important d’anticiper les problèmes de stabilité de réseau qui pourraient résulter de variations soudaines des niveaux de vent ou d’ensoleillement.
Le simple bon sens conduit à conclure qu’une production d’électricité qui garantit la consommation du pays nécessite la disponibilité des énergies « à la demande », celles qui ne souffrent pas de l’intermittence et auxquelles on peut faire appel en permanence.
Une politique énergétique en pleine contradiction
La France est, parmi les pays développés, l’un des plus faibles émetteurs de gaz à effet de serre par habitant (environ deux fois moins qu’en Allemagne, trois fois moins qu’aux Etats-Unis). C’est l’un des plus avancés dans la production d’électricité décarbonée (c’est ainsi que la France produit 540 TWh d’électricité avec des émissions de 46 Mt CO2/an, alors que l’Allemagne produit 631 TWh d’électricité en émettant 334 Mt CO2/an, c’est-à-dire 6,2 fois plus par kilowattheure produit).
Cette sobriété relative en CO2 est le résultat de la solution actuellement dominante en France, l’énergie nucléaire, qui fournit 75 % de notre électricité. L’énergie nucléaire est objectivement le moyen le plus efficace pour réduire la part des énergies fossiles dans la production d’énergie électrique.
Dans ce cadre général, il y a une véritable contradiction à vouloir diminuer les émissions de gaz à effet de serre tout en réduisant à marche forcée la part du nucléaire. En réalité de nombreuses études montrent que la part totale des énergies renouvelables dans le mix électrique ne pourra pas aller très au-delà de 30-40 % sans conduire à un coût exorbitant de l’électricité et des émissions croissantes de gaz à effet de serre et à la mise en question de la sécurité de la fourniture générale de l’électricité.
https://www.lemondedelenergie.com/quand-lacademie-des-sciences-critique-la-loi-de-transition-energetique-silence-radio-tribune/2017/12/11/


11/12/17
Energies renouvelables : sans réalité, pas de crédibilité😠
A la veille du sommet sur le climat réuni sur l'île Seguin, les responsables de cinq grandes organisations pour la planète demandent à Emmanuel Macron de lever les freins qui entravent encore la transition énergétique.
Alors que la France s’apprête à accueillir le sommet sur le climat voulu par le président de la République, commençons par balayer devant notre porte en matière de transition énergétique. En effet, championne des engagements internationaux sur la limitation des émissions de gaz à effet de serre, la France est aussi l’un des quatre plus mauvais élèves européens pour ce qui est du développement des énergies renouvelables, et l’on sait déjà qu’elle sera loin de respecter ses propres engagements à l’horizon 2020.
Quand l’Allemagne installe chaque année plus de sept gigawatts d’éolien terrestre et de photovoltaïque, la France peine à en déployer deux, alors même qu’elle dispose des gisements les plus importants d’Europe pour l’ensemble des filières. Vent, soleil, cours d’eau, zones littorales, forêts, biomasse sous toutes ses formes : autant de cadeaux de la nature dont la France est riche !
Nos voisins européens ne nous ont pas attendus pour enclencher la révolution énergétique : la Suède couvre par des sources renouvelables 53 % de tous ses besoins en énergie, tandis que plus au sud, le Portugal fait de même pour 52 % de son électricité avec chaque année des périodes de plusieurs semaines où les renouvelables avoisinent les 100 %. Alors que d’autres pays comme le Danemark, visent les 100 % renouvelables en 2050, la France, elle, plafonne à moins de 16 % en 2016, guère plus que ce qu’elle faisait déjà il y a dix ans, et surtout encore loin des 23 % auxquels elle s’est engagée pour 2020. Comment expliquer que, malgré les atouts majeurs et les compétences technologiques reconnues dont elle dispose, la France soit autant à la traîne ?
Conséquence de l’opposition à la décentralisation énergétique des acteurs dominants du système actuel, elle n’a pas su ou pas voulu mettre en place un cadre réglementaire et une politique de soutien stables et efficaces : entre errements et changements permanents, les freins au développement des énergies renouvelables ont été d’une redoutable efficacité.
Aujourd’hui les acteurs locaux heureusement se réveillent : depuis les fameux territoires à énergies positives (Tepos) ancrés dans les zones rurales jusqu’à des régions entières comme l’Occitanie ou la Bourgogne-Franche-Comté en passant par la Ville de Paris, ils n’hésitent pas à se projeter vers le «100 % renouvelable». Pour cela, ils misent sur la baisse de moitié de la consommation à confort équivalent, grâce aux gains en efficacité, et sur la maturité avérée des technologies renouvelables qui en font désormais les filières les plus compétitives en Europe et dans le monde.
Au moment où le président de la République affirme vouloir faire de la lutte contre les changements climatiques sa priorité et en revendique le leadership mondial, il ne peut, s’il ne veut pas faire manquer à notre pays le train de la transition énergétique, qu’enclencher les efforts immédiats pour lever les freins au développement des énergies renouvelables.
Un cadre réglementaire simplifié et stable, la levée des contraintes injustifiées telles que les zones radar militaires, des mécanismes de soutien bien dimensionnés dont les évolutions sont prévisibles, des objectifs ambitieux et à long terme, un appui spécifique à l’émergence de projets portés par les collectivités locales et les citoyens, le doublement du fonds chaleur : voilà ce dont il y a besoin pour déclencher des investissements massifs, lutter au mieux contre le changement climatique et soutenir le développement économique des territoires.
Nous attendons de M. Macron, à l’occasion du One planet summit, qu’il fasse des énergies renouvelables une priorité nationale et qu’il soutienne leur développement au niveau européen en relevant l’objectif renouvelable en Europe et en le déclinant de manière obligatoire dans chaque Etat membre.

08/12/17 : LE RAPPORT DES FRANÇAIS À L’ÉNERGIE
Enquête réalisée en ligne du 28 au 30 novembre 2017. Échantillon de 1 004 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e). ....http://harris-interactive.fr/opinion_polls/le-rapport-des-francais-a-lenergie/

07/12/17
Energie : les Français veulent plus de renouvelable et moins de nucléaire😟😏
Il y a du nouveau au pays de l'atome: selon un sondage commandé par une fondation écologiste allemande, 83 % des personnes interrogées pensent que la France ferait mieux d'investir dans les énergies vertes que dans le nucléaire...
Et si les Français étaient moins pro-nucléaires que leurs voisins Allemands, mi-verts mi-charbon, ne le pensaient ? Et si le slogan venu d’Outre-Rhin «Atomkraft nein danke» (l’atome non merci) commençait à faire son chemin dans le pays le plus nucléarisé au monde ? Quand on voit l’indifférence générale qui a accueilli le report de la fermeture de la centrale de Fessenheim, au mieux à fin 2018, et le renvoi par le gouvernement français à 2035 des grands objectifs de la transition énergétique (50% de nucléaire contre 75% aujourd’hui dans le mix électrique), il serait permis d’en douter.
Pourtant, selon un sondage commandé à l’institut Harris Interactive (1) par la Fondation Heinrich Böll (proche des Verts allemands) et la Fabrique Ecologique, qui sera publié vendredi et que Libération dévoile en primeur avec la Frankfurter Allgemeine Zeitung, l’opinion des Français vis-à-vis du nucléaire est beaucoup moins favorable - ou en tout cas moins neutre - que par le passé. Surtout, ils s’engagent de plus en plus en faveur d’un développement rapide des énergies renouvelables.
Priorité aux énergies nouvelles
Alors que l’Hexagone compte toujours 58 réacteurs nucléaires (sans compter l’EPR de Flamanville qui devrait entrer en service à la fin de l’année prochaine), ils seraient 83% à penser que la France ferait mieux d’investir dans les énergies vertes que dans le nucléaire, contre 16% seulement à privilégier la consolidation de l’atome comme source d’énergie. Dans le détail, quand on leur demande «à quoi les investissements dans le secteur de l’électricité en France dans les années à venir devraient-ils être principalement affectés ?», les sondés sont encore 75% à réclamer un investissement «prioritaire» dans les énergies renouvelables, contre 23% seulement à demander la priorité à la poursuite des dépenses nucléaires. Les femmes (78%) et les sympathisants de gauche (85%) sont surreprésentés dans le camp des partisans de la transition énergétique, tandis que les électeurs de droite (39%) et du FN (37%) fournissent le gros des bataillons pro-nucléaire. Alors que les écologistes ne pèsent plus grand-chose sur le plan politique en France, c’est donc le clivage droite-gauche qui domine sur ces questions.
«Nous avons été agréablement surpris: ces résultats vont à l’encontre de ce que pensent les Allemands, qui voient globalement la France comme un pays toujours pro-nucléaire. C’est une bonne nouvelle,commente Jens Althoff, le représentant de la Fondation Heinrich Böll à Paris. Mais ce qui est plus intéressant encore, c’est le fait que les Français s’engagent fortement pour un développement des énergies renouvelables dans leur pays». De fait, 63 % des sondés considèrent la transition énergétique plus comme «une opportunité» que comme «un risque». Et «plus encore parmi les hommes, les catégories aisées, les sympathisants de gauche et de La République En Marche», analyse Jean-Daniel Levy, le directeur du département politique-opinion d’Harris Interactive.
«L’exemple allemand»
Pour ce dernier, «l’exemple allemand» de la sortie du nucléaire d’ici à 2022, décidée en 2011 a sans doute constitué pour les Français «une source d’inspiration voire un encouragement à avancer dans cette voie», même si tout n’est pas vert dans le bilan énergétique outre-Rhin. Les Français n’ignorent pas que l’Allemagne a dû relancer ses centrales à charbon pour compenser la fermeture de ses tranches nucléaires: ils estiment ainsi à 72% que la transition énergétique allemande n’a pas assez contribué à la réduction des émissions de CO2. Mais ils sont 65% à estimer qu’elle a favorisé la création d’emplois et autant à juger qu’elle a relancé l’économie. Ainsi, 64% considèrent l’exemple allemand comme la preuve qu’un pays développé peut sortir du nucléaire…
A cet égard, le sondage a évité la question frontale et très clivante «Pour ou contre la fermeture des centrales nucléaires en France», qui n’aurait peut-être pas donné le même résultat. La filière emploie encore directement plus de 120 000 personnes dans le pays et plus de 400 000 avec les postes induits, soit 2 % de l’emploi en France. Et le débat sur la fermeture de la centrale de Fessenheim a montré que l’opinion était encore divisée, en raison de l’impact social immédiat qu’aurait l’arrêt du nucléaire. Mais Jens Althoff estime que les Français «préféreront désormais investir 100 milliards d’euros dans le développement d’une industrie des énergies renouvelables qui créera de la richesse et de l’emploi, plutôt que 100 milliards dans la continuation d’une énergie du passé», avec les travaux prévus par EDF pour prolonger la durée de vie de ses centrales, démanteler les vieux réacteurs, ou encore construire des EPR.
Vers un Airbus des renouvelables ?
Au bout du compte, Jens Althoff estime que «les Français sont beaucoup plus favorables à un engagement plus fort de la France contre le changement climatique et pour une transition vers les énergies renouvelables, que leurs dirigeants et nombre d’acteurs du débat public ne le pensent». Et qu’ils sont, dans leur majorité, «beaucoup plus en avance sur ces questions que la plupart des élites économiques et politiques du pays». Le responsable de la Fondation Böll appelle de ses vœux «une plus grande coopération franco-allemande dans le domaine de la transition énergétique, avec la perspective de développer une politique européenne de l’énergie». Un Airbus des énergies renouvelables ? L’idée avancée ici et là pourrait faire son chemin, à condition que la citadelle EDF - et avec elle l’Etat toujours actionnaire à plus de 83 % du groupe - sorte de sa logique du presque tout nucléaire pour investir beaucoup plus fortement dans le secteur. Car depuis la vente des turbines d’Alstom à l’américain GE et celle des éoliennes d’Areva à l’allemand Siemens, aucun autre acteur français ne semble en mesure de relever le défi des énergies vertes.
Hasard du calendrier, le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, devrait annoncer ce lundi 11 décembre un nouveau cap stratégique visant à renforcer fortement l’engagement de l’électricien dans les énergies éoliennes et le solaire à travers sa filiale EDF Energies Nouvelles. Une manière de répondre à la demande du ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, qui, lui, a demandé un vrai plan de marche dans ce secteur, après avoir prévenu dans une interview au Financial Times que «demain, la norme ne doit plus être l’énergie nucléaire, mais les énergies renouvelables». Mais c’est la pression venue des citoyens consommateurs d’électricité qui sera sans doute le premier levier d’une véritable transition énergétique en France.
(1) Enquête réalisée en ligne du 28 au 30 novembre 2017 par l’institut Harris Interactive, auprès d’un échantillon de 1004 personnes représentatif des Français âgés de 18 ans et plus, suivant la méthode des quotas.

http://www.liberation.fr/france/2017/12/07/energie-les-francais-veulent-plus-de-renouvelable-et-moins-de-nucleaire_1615118

07/12/17Énergie éolienne : Un atlas mondial pour des données fiables
La Banque mondiale et l’Université technique du Danemark viennent de lancer un nouvel atlas mondial sur l’énergie éolienne consultable en ligne, dénommé « Global Wind Atlas». Il permet d’identifier dans le monde, les endroits propices à la production d’énergie électrique de source éolienne.
Dans le but de permettre aux pouvoirs publics de réaliser des millions de dollars d’économie sur l’établissement de cartes nationales d’énergie éolienne, un atlas numérique en consultation gratuite en ligne (www.globalwindatlas.info) vient d’être lancé par la Banque mondiale et l’Université technique du Danemark.
Dénommé « Global Wind Atlas», cet outil repose sur les technologies de modélisation les plus récentes, combinant des données climatiques sur l’éolien et des informations de terrain à haute résolution, notamment des facteurs tels que les collines et les vallées qui peuvent influencer le vent.
«Ces informations climatiques sont fournies à une échelle de 1/100 000 qui permet d’obtenir des données plus fiables sur le potentiel éolien. L’outil donne également accès à des cartes mondiales et régionales à haute résolution, ainsi qu’à des données de systèmes d’information géographique (SIG) permettant aux utilisateurs d’imprimer des cartes-affiches et de tirer parti d’autres applications. Mais également de comparer le potentiel éolien et solaire entre différentes localités d’une région ou entre différents pays», précise un communiqué de la Banque mondiale.
Selon le directeur principal et chef du Pôle mondial d’expertise en Énergie et industries extractives de la Banque mondiale, Riccardo Puliti, de nombreux pays recèlent d’énormes possibilités de tirer parti de l’électricité propre et peu coûteuse qu’offre l’éolien, mais le manque de données de qualité entrave leur exploitation. «En fournissant gratuitement des données de qualité à un niveau de détail aussi élevé, nous espérons contribuer à la mobilisation de l’investissement privé pour accélérer la généralisation de technologies telles que l’éolien, afin de répondre à l’urgence des besoins énergétiques», souhaite-t-il.
Selon la Banque mondiale, toutes les informations prélevées sont publiées sur la plateforme de partage de données https://energydata.info/ du Groupe de la Banque mondiale.
http://gabonreview.com/blog/energie-eolienne-atlas-mondial-donnees-fiables/

07/12/17
Le préfet de région ne peut être l'autorité environnementale des projets
Le Conseil d'Etat annule une disposition du décret d'avril 2016 portant réforme de l'autorité environnementale. Le préfet de région ne peut être à la fois autorité décisionnaire d'un projet tout en jouant le rôle d'autorité environnementale.
Désigner le préfet de région en qualité d'autorité compétente pour procéder à l'évaluation environnementale de certains projets n'est pas légal. C'est ce que le Conseil d'Etat a jugé dans une décision du 6 décembre 2017 rendue sur une requête de France Nature Environnement (FNE). Ce qui l'a conduit à annuler une disposition du décret du 28 avril 2016 portant réforme de l'autorité environnementale qui prévoyait cette possibilité. Une annulation qui pourrait conduire à l'annulation d'autorisations de projets prises sur cette procédure irrégulière.
L'article R . 122-6 du code de l'environnement issu du décret attaqué prévoyait que le préfet de région jouait le rôle d'autorité environnementale dans les cas où cette autorité n'était ni le ministre chargé de l'environnement, ni l'Autorité environnementale (Ae) du Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD), ni la mission régionale d'autorité environnementale (MRAe) du CGEDD.
Cette disposition, juge la Haute juridiction administrative, méconnaît la directive du 13 décembre 2011 qui impose l'évaluation environnementale des projets avant leur mise en oeuvre. En effet, les textes nationaux ne garantissent pas que la compétence d'autorité environnementale du préfet de région soit exercée par "une entité interne disposant d'une autonomie réelle à son égard" lorsqu'il est en charge de l'élaboration ou de la conduite du projet au niveau local ou qu'il est compétent pour l'autoriser. En particulier, dans ce dernier cas, lorsqu'il agit en qualité de préfet de département chef lieu de la région.
Une vraie indépendance de l'autorité environnementale ?
Cette décision fait suite à des arrêts précédents du Conseil d'Etat qui avaient pointé l'illégalité des textes français en ce qui concernait, cette fois, l'évaluation environnementale des plans et programmes. Ce qui avait conduit à l'adoption du décret du 28 avril 2016. Mais ce texte réglait le problème pour les seuls plans et programmes et non pour les projets, pointait Gabriel Ullmann, docteur en droit, dans les colonnes d'Actu-Environnement en décembre 2016.
Une brèche avait été ouverte par un jugement du tribunal administratif d'Orléans du 2 novembre 2016. Cette juridiction de premier degré avait annulé un arrêté du préfet de la région Centre autorisant des éoliennes en retenant l'inconventionnalité de l'article R. 122-6 du code de l'environnement sur la base duquel avait été pris l'avis du même préfet en tant qu'autorité environnementale. "Cette décision devrait en appeler d'autres, pour vraisemblablement finir par conduire, cahin-caha, à la même issue : la fin de la tutelle de l'autorité environnementale en région par l'autorité décisionnaire", concluait M. Ullmann.
Cette nouvelle décision du Conseil d'Etat va dans ce sens là sans pour autant régler totalement le problème. En effet, ce dernier ne se prononce pas sur le cas où ce n'est pas le préfet de région mais le préfet de département qui est l'autorité décisionnaire.
Moyens humains et administratifs dédiés
Se posait également la question de savoir si les services instructeurs de l'avis pouvaient rester les directions régionales de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal). Dans sa requête, FNE contestait également le fait que le décret confie aux MRAe la compétence pour procéder à l'évaluation environnementale de certains projets, plans ou programmes sans assurer sa séparation fonctionnelle avec le préfet de région et les services régionaux chargés de l'environnement.
Le Conseil d'Etat écarte ce moyen considérant que la MRAe doit être regardée comme disposant d'une autonomie réelle dès lors que trois conditions sont réunies. D'abord qu'elle soit une entité administrative séparée de l'autorité compétente pour autoriser un projet, ou en assurer la maîtrise d'ouvrage, et qu'elle dispose d'une liberté de décision pour exercer sa mission consultative d'autorité environnementale. Ensuite, que le service régional désigné pour la soutenir dans l'instruction des demandes d'avis dispose de moyens humains et administratifs dédiés à cette mission. Enfin, que ce service soit placé sous l'autorité fonctionnelle du président de la MRAe pour l'exercice de cette mission.
Cette deuxième condition "signifie la fin de l'instruction des avis d'autorité environnementale sur les installations classées (ICPE) par les agents des unités territoriales de Dreal en charge également de l'inspection des ICPE", réagit Emmanuel Wormser, membre du directoire du réseau juridique de FNE.
Quoi qu'il en soit, France Nature Environnement se dit "particulièrement attentive aux mesures que l'Etat prendra pour tenir compte de cette décision et réviser sa copie". "La future organisation des autorités environnementales doit être plus simple et ne pas ouvrir la voie à de nombreuses exceptions", réagit Michel Dubromel, président de la fédération d'associations. En effet, explique-t-il, l'autonomie des autorités environnementales est une condition incontournable pour restaurer la confiance vis à vis des procédures de participation du public.

https://www.actu-environnement.com/ae/news/prefet-region-autorite-environnementale-projets-conseil-etat-30221.php4

01/12/17Une start-up prépare l’impression 3D de mâts d’éoliennes
Développeurs éoliens, vous en avez assez des convois exceptionnels sur les routes pour acheminer les matériels ? Pensez à la 3D béton ! C’est l’idée de la start-up californienne RCAM Technologies, qui vient de recevoir un financement de 1,2 M$ pour concevoir et tester cette méthode, pour les mâts exclusivement. Il est procuré par le programme Epic (Electric Program Investment Charge) de la Commission de l’énergie de l’État californien, qui ne l’estime pas du tout farfelu et évalue à ...
https://www.greenunivers.com/2017/12/start-up-prepare-limpression-3d-de-mats-deoliennes-172377/

01/12/17
Les acteurs de l'éolien font leur liste de Noël
Les acteurs de l'éolien ont terminé leurs réflexions sur les mesures de simplification à envisager. Tout est entre les mains du gouvernement. L'arbitrage est attendu pour mi-janvier.
Le groupe de travail sur l'éolien lancé en octobre a terminé ses réflexions. Lors d'une réunion jeudi 30 novembre, ses membres ont présenté au gouvernement une liste de mesures. L'arbitrage est attendu pour mi-janvier 2018. Cinq thématiques étaient à l'ordre du jour : la simplification des procédures, la protection des paysages, l'éolien en mer, la fiscalité et le repowering. Parmi les mesures sur la table, plusieurs font déjà consensus et pourraient être retenues par le ministère. D'autres, portées par les acteurs de l'éolien, sont encore à défendre.
La fiscalité et le repowering en bonne voie
Le sujet de la fiscalité est l'un des plus consensuels. L'éolien, comme toute activité économique implantée sur un territoire, génère des recettes fiscales au niveau local : taxes foncières, contribution économique territoriale (CET) et imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux (IFER). A l'heure actuelle, l'IFER est transmise aux établissements publics intercommunaux (EPCI), sans obligation de fléchage vers les communes d'implantation. Selon une étude d'Amorce et de l'Ademe, une éolienne de 2 MW rapporte annuellement près de 20.000 euros aux collectivités territoriales. Au niveau national, c'est plus de 100 millions d'euros qui sont versés aux territoires. Aujourd'hui, un consensus assez général se dégage pour octroyer une part de l'IFER à ces communes d'implantation. Mais des questions restent à lever sur la mise en oeuvre. Faut-il augmenter l'IFER ? Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) en est convaincu "A iso-enveloppe, ce fléchage est possible", estime Marion Lettry, déléguée générale adjointe du SER.
Autre sujet qui pourrait avancer rapidement : celui du renouvellement des parcs arrivés en fin de contrat d'achat, avec la mise en place d'une procédure simplifiée pour les prolonger. La procédure du cas par cas plutôt qu'une étude d'impact systématique pourrait être envisagée, avait esquissé Sébastien Lecornu le 20 octobre lors de la première réunion du groupe de travail. "Reste toutefois à définir les seuils", précise Marion Lettry du SER qui demande également "qu'un dispositif économique incitatif pour le renouvellement partiel des parcs éoliens terrestres soit mis en place, afin de permettre une prolongation significative de la durée de vie de ces installations".
Simplification et souplesse pour les procédures
Concernant le cadre réglementaire, il est question de supprimer un niveau de juridiction afin de raccourcir les délais d'instruction des recours. L'allongement de la durée de réalisation des projets éoliens (6 à 7 ans) s'explique par un traitement de ces recours extrêmement long : deux ans pour obtenir un jugement du Tribunal administratif, un délai un peu moindre pour un arrêt de la Cour administrative d'appel (CAA). L'idée serait de confier une compétence directe aux CAA pour le traitement des contentieux éoliens, comme c'est déjà le cas pour l'éolien offshore.
En matière de raccordement, une série de mesures sont à l'étude par la DGEC pour raccourcir les délais. Le SER demande plus particulièrement une plus grande souplesse sur la révision des schémas régionaux de raccordement (S3REnR) et un rééquilibrage du périmètre des ouvrages entre producteurs et gestionnaires de réseaux..
Pour l'éolien offshore, la discussion est toujours en cours pour dessiner les contours d'une réforme en matière de débat public et des procédures regroupées (permis enveloppe). Dans le cadre du projet de loi pour un Etat au service d'une société de confiance, le gouvernement aura 18 mois pour prendre des ordonnances en la matière. Les mesures actées suite au groupe de travail sur l'éolien seront traduites dans ces ordonnances.
https://www.actu-environnement.com/ae/news/acteurs-eolien-mesures-simplification-30174.php4

01/12/17
Envision Energy présente de nouvelles éoliennes internationales sur le salon WindEurope 2017
Envision Energy, l'un des principaux fournisseurs mondiaux de solutions d'énergie intelligente, annonce aujourd'hui la sortie mondiale de son tout dernier portefeuille de produits internationaux qui englobe sa plus grande éolienne à ce jour, à l'occasion du WindEurope se déroulant à Amsterdam. 
La nouvelle éolienne EN148 de 4,5 mégawatts d'Envision est la dernière évolution de la plate-forme de 4 mégawatts d'Envision. Elle est équipée d'un rotor de 148 mètres et offre une capacité nominale flexible pour optimiser la capture d'énergie dans les environnements où le vent a une vitesse entre moyenne et élevée. 
Cette éolienne permet à Envision de répondre à la demande en termes de coût actualisé de l'électricité (LCOE) plus faible, car elle apporte un rotor de grand diamètre sur des sites où la vitesse moyenne du vent atteint 9 m/s au maximum. L'architecture flexible de ce modèle de turbine permet à Envision d'optimiser les paramètres du site pour fournir la plus grande production énergétique possible sur chaque site, à l'échelle du globe. 
En plus de l'éolienne EN148 de 4,5 mégawatts, les éoliennes EN140 de 3,0 mégawatts et EN131 de 2,5 mégawatts d'Envision sont également nouvelles sur le marché. Celles-ci sont idéales pour les faibles vitesses du vent. Le nouveau modèle EN131 de 2,5 mégawatts se pose comme une nouvelle référence pendant les heures de pleine charge et soutient ainsi les énergies renouvelables sur le point de devenir une solution de centrale électrique à charge de base. Le fondateur et PDG d'Envision, Lei Zhang, a déclaré : « Envision ne cesse d'innover pour créer un écosystème basé sur l'énergie renouvelable. Les énergies naturelles telles que l'éolienne et la photovoltaïque sont propres, libres et abondantes. 
Notre modèle EN148 de 4,5 mégawatts constitue une autre avancée importante dans notre capacité à apporter des solutions énergétiques qui optimisent la production d'énergie et font de l'énergie abordable et durable une réalité ». La configuration de ces trois produits repose sur des plates-formes dont la conception a fait ses preuves et qui intègrent la chaîne logistique internationale contrôlée d'Envision, des composants extrêmement fiables et la certification IEC 61400-22. Chaque éolienne d'Envision est équipée de commandes activées par un capteur qui permettent d'optimiser les performances et la production d'énergie. Elles sont construites avec la précision d'ingénierie d'Envision et l'expertise en R & D de l'entreprise. Les solutions IdO d'Envision bouclent la boucle entre la conception d'un parc éolien et son fonctionnement, afin de garantir une performance et une disponibilité optimales. Elles protègent ainsi les actifs d'énergie renouvelable tout au long de leur durée de vie. Envision Energy allie son expertise de pointe dans la fabrication d'éoliennes avec l'analyse des Big data pour fournir des logiciels de gestion de l'énergie qui permettent une entière visibilité et un contrôle complet aux exploitants de parcs éoliens. Les solutions logicielles numériques d'Envision sont conçues pour fonctionner parfaitement sur les technologies des OEM (équipementiers d'origine). Les performances des éoliennes peuvent être affectées par un certain nombre de facteurs environnementaux et extérieurs. 
Grâce à l'application EnSighttm d'Envision, exécutée sur le système IdO EnOStm lancé à l'occasion du WindEurope l'année dernière, les données brutes sont utilisées pour créer des informations exploitables, dans le but d'améliorer la performance d'exploitation et financière des parcs éoliens et solaires. Les solutions numériques d'Envision gèrent actuellement plus de 100 gigawatts d'actifs énergétiques à l'échelle du globe. Envision aspire à être une force primordiale dans l'accélération de la transformation de l'énergie et dans le façonnage du nouveau paradigme énergétique. En comblant le fossé entre le numérique et le physique d'un côté et entre les nouveaux systèmes énergétiques et les anciens de l'autre, les turbines activées par des capteurs, les solutions logicielles avancées et les alliances technologiques intégrées d'Envision sont à l'avant-garde de la transition vers une énergie intelligente, propre et abondante. Pour en savoir plus, rendez-vous sur http://www.envision-energy.com. 
Avis aux rédacteurs en chef 
- L'éolienne EN148 de 4,5 mégawatts, l'éolienne EN140 de 3,0 mégawatts et l'éolienne EN131 de 2,5 mégawatts sont désormais disponibles dans le monde entier. 
- La plateforme IdO EnOStm d'Envision sera utilisée dans le cadre de l'évènement « Hack the Wind » de WindEurope, un hackathon visant à innover et façonner l'avenir de l'énergie éolienne. Les concepteurs, développeurs, experts en énergie éolienne, les scientifiques des données et analystes des données auront l'opportunité de travailler avec EnOStm et d'avoir accès à des jeux de données provenant des capteurs d'éoliennes, dans l'optique de forger un avenir plus vert. 
- Sur l'évènement WindEurope, Envision Energy annonce également que les clients de Bazefield, la plus grande entreprise européenne de logiciels énergétiques, qu'Envision a acquise l'année dernière, auront accès aux produits de gestion de l'énergie EnOStm, tels qu'Ensighttm d'Envision. Au coude-à-coude, Envision et Bazefield utiliseront des logiciels pour optimiser l'efficacité de tous les composants du matériel d'énergie renouvelable qu'ils utilisent. Les deux entreprises fourniront ainsi l'infrastructure numérique essentielle pour relever le défi énergétique et climatique sur notre planète. 
À propos d'Envision Energy 
Envision Energy est l'une des plus grandes entreprises axées sur la gestion de l'énergie intelligente au monde. Elle dispose de plus de 100 gigawatts en actifs énergétiques connectés à sa plateforme énergétique IdO. Elle figure en outre parmi les dix plus grandes entreprises spécialisées en turbines au monde car elle produit plus de 12 gigawatts avec ses éoliennes intelligentes Envision en fonctionnement. Basée à Shanghai, Envision possède des bureaux régionaux en Asie, Europe, Amérique du Nord et du Sud et elle a fondé des centres mondiaux de R & D et d'ingénierie au Danemark, en Allemagne et aux États-Unis. 
Envision s'est fixé pour mission de « résoudre les défis pour permettre un avenir durable ». L'entreprise s'engage à créer un avenir durable en révolutionnant l'industrie de l'énergie grâce à des technologies de pointe. Pour en savoir plus, rendez-vous sur http://www.envision-energy.com.
http://www.lelezard.com/communique-15459542.html


01/12/17
Le Gouvernement cherche des pistes pour réduire le retard dans l'éolien
La France ne compte aujourd'hui sur son territoire que 6 500 éoliennes qui contribuent qu'à moins de 4 % de la production d'électricité.
Pour atteindre les objectifs fixés par la loi de transition énergétique votée en 2015, il faut changer sérieusement de braquet, en sachant que l'essor des parcs éoliens avance à un rythme trop faible, en faisant face à de nombreux obstacles, qu'il faut lever, de son chemin.
Force est de constater que la durée de mise en place d'un parc peut prendre entre sept et dix ans en France, contre trois à quatre ans en Allemagne, ce qui est déjà nettement trop long.
Les causes en sont connues, les recours systématiques des opposants, les lenteurs administratives et la lenteur des raccordements aux réseaux, au point que les professionnels du secteur réclament depuis des ...
https://www.riskassur-hebdo.com/actu01/actu_auto.php?adr=112170949


30/11/17Groupe de travail éolien : les pistes les plus solides
Dans la longue liste des mesures présentées lors des travaux du groupe de travail éolien lancé le 20 octobre par le Ministère de la Transition écologique et solidaire (MTES), quelles sont celles qui tiennent la corde et pourraient s’imposer l’année prochaine ? De la réunion en forme de premier bilan organisé ce matin par le MTES se dégage un début de consensus autour de plusieurs mesures phares.
La première est juridictionnelle et vise à concentrer les contentieux directement sur les cours administratives d’appel, en sautant l’étape des tribunaux administratifs. Une mesure proche de celle mise en place pour la filière marine. Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) estime que « l’allongement de la durée de réalisation des projets éoliens (de l’ordre de 6 à 7 ans en moyenne) s’explique par un traitement de ces recours extrêmement long : deux années sont nécessaires en moyenne pour obtenir un jugement du tribunal administratif ».
Le repowering facilité
Deuxième mesure probablement retenue : l’affectation de la taxe Ifer (Imposition forfaitaire pour les entreprises de réseaux) à hauteur de 20% vers les communes riveraines des parcs et pas seulement vers les communautés de communes. La troisième ...
https://www.greenunivers.com/2017/11/groupe-de-travail-eolien-pistes-plus-solides-172430/

30/11/17Eolien, solaire : le financement participatif a le vent en poupe
Si les Français sont toujours plus frileux que leurs voisins allemands quant à leur participation financière à des projets liés aux énergies renouvelables, la tendance pourrait bien se développer dans l’Hexagone dans les années à venir.
Ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières. Cet adage populaire pourrait parfaitement résumer l'essence de la participation citoyenne aux chantiers menés dans l'éolien, le solaire ou l'hydroélectricité, dans le futur.
En créant un nouveau mode de fonctionnement, la loi de transition énergétique pour la croissance verte du 17 août 2015 a en effet permis le développement du financement participatif des projets d'énergies renouvelables. De nombreux programmes en faveur de la transition écologique peuvent ainsi être financés par crowdfunding, qu'ils soient portés par des particuliers, des associations, des entreprises ou des collectivités territoriales.
Depuis lors, l'Etat a en effet mis en place des cahiers des charges spécifiques pour les appels d'offres concernant le développement de projets d'énergies renouvelables qui valorisent le financement participatif. Les développeurs qui remportent ces appels d'offres et s'engagent à recourir au « crowdfunding » peuvent ainsi bénéficier, sous certaines conditions, d'un bonus sur le prix de rachat de l'électricité produite.
Encore confidentiel il y a quelques années, ce mode de financement connaît aujourd'hui une croissance intéressante : en 2015, l'Ademe comptait ainsi plus de 150 projets financés par des particuliers. En 2016, les plateformes de financement participatif, comme Lumo, Enerfip ou Lendosphere ont récolté plus de 11,5 millions d'euros de participation au financement de 66 projets répartis dans la France entière (baromètre réalisé par GreenUnivers). Des plateformes généralistes jouent elles aussi la carte de la transition énergétique.
Pas une donation mais un prêt
Concrètement, les projets peuvent être financés à n'importe quelle étape du développement, de la phase des études jusqu'à l'exploitation. Autre élément important : la participation financière ne s'entend pas comme une donation mais plutôt comme un prêt (qui peut aller de quelques euros à des sommes plus conséquentes), remboursé avec des intérêts.
Si les pourcentages de participation restent encore à un niveau relativement modeste, les professionnels du secteur s'accordent à dire qu'ils représentent un levier essentiel dans l'augmentation à venir de la part des énergies renouvelables dans la production d'électricité, sachant que l'éolien et le solaire ne représentent aujourd'hui en France qu'à peine plus de 6% de la production électrique.
Outre le volet financier et incitatif au développement des énergies renouvelables, le financement participatif permet également d'associer les riverains à des projets qui sont parfois contestés localement parmi la population, notamment dans le domaine sensible de l'éolien. Ce mode de participation a d'ailleurs déjà fait ses preuves sur le terrain comme par exemple à Albine dans le Tarn où la 3e campagne de financement participatif du parc éolien de Soulanes de Nore (ouverte à tous, mais à des conditions préférentielles aux habitants du Tarn, de l'Aude, de l'Aveyron, du Tarn-et-Garonne, de Haute-Garonne et de l'Hérault), s'est clôturée au début du mois de novembre avec 300 000 euros collectés.
https://www.latribune.fr/entreprises-finance/la-tribune-de-l-energie-avec-enedis/eolien-solaire-le-financement-participatif-a-le-vent-en-poupe-759823.html

30/11/17 : 
Le solaire et l'éolien risquent de coûter cher à l'économie
La transition énergétique vers des sources d’énergies renouvelables, comme le solaire ou l’éolien, risque d’être assez globalement défavorable à la croissance économique. C'est ce qu'on peut lire mardi matin dans une étude publiée par la revue Regards économiques.
Jusqu'ici, beaucoup d’économistes avaient tendance à considérer que cette transition énergétique, qui consiste à utiliser de moins en moins d’énergies fossiles et de plus en plus de renouvelables, soutiendrait la croissance économique, notamment au travers d’investissements considérables, et donc la création d'emplois. La revue Regards économiques tempère cet optimisme. Selon elle, il faudrait utiliser de plus en plus d’énergie pour produire une quantité d’énergie donnée.
"Pour les énergies renouvelables, on a 2 difficultés : une première qui dit que ces énergies offrent un taux de rendement plus faible que le taux de rendement du non renouvelable de la meilleure qualité, et par ailleurs on est soumis a un effet de localisation. C’est-à-dire qu’au fur à mesure qu’on va étendre les capacités de production en renouvelable, on va devoir glisser vers des sites qui sont moins propices. La chute du taux de rendement énergétique qu’on peut attendre de l’exploitation du renouvelable est donc liée à cet effet de localisation. Au fur et à mesure que nous allons chercher à davantage capter le soleil ou le vent, nous allons devoir installer nos équipements productifs dans des endroits moins performants. Sans compter que s’agissant de l’éolien, le fait d’installer beaucoup d’éoliennes à un endroit peut aussi influencer la quantité de vent qui souffle à cet endroit"; explique Jean-François Fagnart, professeur d’économie aux facultés universitaires Saint-Louis.
Investir pour moins de rendements?
On remarque le même phénomène avec les énergies non renouvelables comme le gaz, le pétrole et le charbon. Le taux de rendement se détériore également. Il est beaucoup plus cher d’extraire du pétrole en eaux profondes, dans les océans, ou des sables bitumineux du Canada que dans le puits de pétrole dans le désert saoudien.
Cette situation risque de mobiliser une partie de plus en plus importante des investissements au profit de la production d’énergie et au détriment des besoins d’investissements des autres secteurs, ceux qui produisent les biens et les services qui nous sont destinés à nous, aux ménages, ou aux entreprises non énergétiques.
"Cette tension, en soi, va compliquer le processus de croissance économique jusqu’à potentiellement créer une tension irréconciliable entre les 2 mondes, ce qui pourrait signifier que la phase de transition énergétique s’accompagne d’une contraction d’activité économique", explique Jean-François Fagnart.
Le progrès technique n'est pas infini
Il est possible effectivement que le progrès technique, dans la production d’énergies renouvelables, permette en tout cas de fluidifier la transition énergétique et de limiter l’impact inhibant sur la croissance économique. Mais le progrès technique n’est pas infini. Il y a un autre levier auquel il est important de penser et qu’il faut absolument activer, c’est réduire notre consommation d’énergie au quotidien en isolant mieux nos maisons et en privilégiant massivement les transports publics. Tout ça peut atténuer l’impact macro-économique de la transition énergétique, mais ça suppose qu’on change nos comportements.
https://www.rtbf.be/info/economie/detail_la-transition-energetique-vers-des-sources-d-energies-renouvelables-risque-d-etre-defavorable-a-la-croissance-economique?id=9776731

30/11/17
Développement des éoliennes : les premières pistes du gouvernement
L’exécutif va présenter, jeudi, au groupe de travail chargé de simplifier le secteur de l’éolien ses orientations pour permettre à la France de rattraper son retard.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la France compte aujourd’hui 6 500 éoliennes sur son territoire, et elles ne contribuent qu’à moins de 4 % de la production d’électricité. Alors que la loi de transition énergétique votée en 2015 fixe des objectifs ambitieux de développement des énergies renouvelables, l’essor des parcs éoliens avance à un rythme trop faible et fait face à de nombreux obstacles. La durée de mise en place d’un parc peut prendre entre sept et dix ans en France, contre trois à quatre ans en Allemagne. Recours systématiques, lenteurs administratives, raccordements au réseau : depuis des années, les professionnels du secteur réclament des mesures aux pouvoirs publics.
En octobre, le gouvernement a mis en place un groupe de travail pour « libérer le secteur des contraintes qui pèsent sur lui ». Le secrétaire d’Etat à la transition écologique et solidaire, Sébastien Lecornu, va présenter, jeudi 30 novembre, les orientations du gouvernement aux acteurs de ce groupe de travail. L’objectif de l’exécutif est « d’envoyer un signal qu’il y a un avenir pour cette filière en France », explique M. Lecornu.Permettre d’améliorer les parcs existants
C’est un sujet majeur pour les opérateurs : en quelques années, les éoliennes sont devenues beaucoup plus performantes. Plutôt que de créer de nouveaux parcs, et donc d’occuper plus d’espace sur le territoire, les professionnels aimeraient pouvoir remplacer les vieilles éoliennes par des neuves, plus puissantes et moins bruyantes.
Mais, pour effectuer cette opération, appelée repowering, la procédure doit être quasiment reprise depuis le début… et prend donc plusieurs années. Le gouvernement entend donner un « cadrage juridique clair au repowering », à travers une circulaire, avec des procédures administratives minimales.Faire profiter les communes de la fiscalité
L’autre outil majeur serait une meilleure répartition de la fiscalité liée aux...

http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/11/30/developpement-des-eoliennes-les-premieres-pistes-du-gouvernement_5222500_3234.html

29/11/17 : Les sociétés d’économie mixte, leviers d’une dynamique locale de transition énergétique
On assiste à un engouement des collectivités pour la création de SEM de production d’énergies renouvelables. « Le Monde » organise jeudi 30 novembre une conférence : « Transition énergétique : innover, mais à quel coût ? »
Au sein de la communauté de communes de la Haute Lande (7 communes, 6 000 habitants), le déclic s’est produit au lendemain de la tempête Klaus. Les élus de ce territoire, dévasté par cette violente dépression qui s’est abattue en janvier 2009 sur le Sud-Ouest, ont alors vu arriver des fonds d’investissement leur proposant d’exploiter leurs ressources naturelles pour produire de l’énergie.
« Cela nous aurait certes rapporté des taxes. Mais pour nous, il n’était pas question que des opérateurs exogènes gèrent les ressources énergétiques de notre territoire. Nous tenons à en garder la maîtrise, explique Patrick Sabin, maire d’Escource et vice-président de cette communauté de communes chargée de l’environnement. En contraintes budgétaires fortes, créer une SEM s’est révélé être le meilleur moyen de matérialiser notre ambition. » En mars 2015, la société d’économie mixte Territoire à énergie positive ou SEM Tepos de la Haute Lande voyait ainsi le jour.

Depuis quatre, cinq ans, on assiste à un engouement pour la création de SEM de production d’énergies renouvelables, à l’initiative d’intercommunalités ou de syndicats d’énergies, ces structures départementales chargées de la distribution d’électricité. Avec la transition énergétique, cette forme d’entreprise publique locale des plus anciennes connaît un regain d’intérêt.
« Sur fond de libéralisation du marché de l’électricité, les collectivités, conduites à adopter depuis la loi Grenelle 2 de 2010 un plan climat énergie territorial [rebaptisé plan climat-air-énergie depuis 2016], se posent de plus en plus de questions sur la façon d’atteindre les objectifs qu’elles se sont fixés et dès lors sur les moyens de produire elles-mêmes leur électricité verte, observe Marie Dégremont de France Stratégie, chargée de la transition énergétique. Reposant sur un partenariat public privé, une SEM est pour elles un moyen d’agir directement tout en partageant le risque, sans attendre que quelqu’un se présente pour le faire à leur place. »
Partager le risque
Cette forme de partenariat-actionnariat public-privé permet en effet à une collectivité, tout en étant actionnaire majoritaire, d’externaliser une part du risque, grâce à l’apport financier du privé, et de bénéficier des compétences de son ou ses partenaires. Et le financement des opérations que la SEM engage peut être complété non seulement par des emprunts mais aussi, et surtout, par du « crowfunding ». Surtout, car faire intervenir l’épargne des citoyens est une préoccupation forte de nombreuses SEM spécialisées dans la transition énergétique.
« Permettre aux citoyens d’être acteur, et non simple spectateur est un vecteur essentiel d’ancrage local, souligne Emmanuel Julien, président du directoire de Sergies, première SEM dédiée au développement durable en France, créée en 2001 par la volonté des 225 communes du Syndicat Energies Vienne. Nous ouvrons pour cela chaque projet de taille significative, à du financement participatif, afin de les associer et de leur faire bénéficier des retombées économiques. » Par exemple, pour le projet éolien de Rochereau, 250 000 euros ont été collectés auprès des particuliers, soit en moyenne 200 euros par personne. « Une somme non négligeable », relève Emmanuel Julien. Et ce prêt des citoyens est rémunéré à 4 % dès lors qu’ils maintiennent leur participation pendant cinq ans.
Pour une acceptation des projets par les citoyens
La participation citoyenne passe par la mise en place d’une plate-forme de financement participatif, ou par l’attribution d’une part de l’actionnariat du projet aux citoyens, regroupés en association ou en société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) pour éviter d’avoir une multitude de microactionnaires. « Il est essentiel d’arriver à impliquer la population, en particulier sur l’éolien, pour qu’il y ait une acceptation totale », appuie Alain Leboeuf, président de Vendée Energie. Cette SEM, créée en 2012 par le Syndicat départemental d’énergie et d’équipement de la Vendée, s’est fixé l’objectif d’atteindre, sur chaque projet, 20 % de financement participatif.
Intervenant sur un territoire plus restreint, la communauté de communes de Haute Lande a, elle, rendu les citoyens directement actionnaires de sa SEM, soucieuse de les associer à toutes les opérations engagées. Réunis au sein d’une coopérative, ils sont détenteurs de 25 % du capital. « Nous nous sommes engagés dans un programme d’installation de panneaux photovoltaïques notamment sur la toiture des particuliers volontaires. Et les recettes retirées de l’électricité produite seront converties en chèques travaux pour isoler leur logement. »
C’est là un autre atout des SEM : favoriser l’investissement dans une vraie politique locale de transition énergétique. Restant maître du jeu, les collectivités sont en mesure de réinvestir les ressources tirées de l’énergie produite dans des actions locales de maîtrise de la consommation. Nombreuses sont celles qui s’inscrivent ainsi dans une démarche « négawatt » associant développement d’énergies renouvelables et maîtrise-sobriété énergétique.
« Nous pouvons jouer aujourd’hui à la fois sur la production puisque nous produisons notre propre énergie éolienne et photovoltaïque mais aussi sur la consommation puisque nous avons tous les réseaux d’éclairage public de tout le département, tous les bâtiments publics qu’il faut essayer de mieux réguler en fonction de notre production », explique Alain Lebœuf de Vendée Energie. Et celui-ci d’insister : « Nous ne nous lançons pas dans un projet photovoltaïque ni éolien s’il n’y a pas une perspective de rentabilité. C’est un impératif. Et les dividendes sont totalement réinvestis localement, notamment dans la rénovation énergétique des bâtiments publics. » Sur 1 500 bâtiments répertoriés comme nécessitant des travaux d’isolation urgents, une centaine ont déjà été rénovés, ce qui a permis une économie d’énergie de 62 % en moyenne pour chaque bâtiment.
Dynamique de territoire
Le statut de SEM permet de développer des projets en lien avec tous les acteurs économiques locaux. Ainsi, Vendée Energie cherche-t-elle également à inciter les agriculteurs à développer des unités de méthanisation, en jouant le rôle de facilitateur auprès de ceux souhaitant se lancer dans cette voie : elle mobilise ses équipes pour les aider à monter leur projet et prend une part dans le capital. Et pour soutenir cette filière, elle s’est lancée dans un projet d’installation de huit stations-service GNV (gaz naturel pour véhicule), dont la première a été ouverte le 31 octobre.
« Les projets que nous engageons à travers la SEM créent une vraie dynamique de territoire », insiste lui-même Patrick Sabin. A son échelle, moyennant un investissement de 600 000 euros, la SEM Tepos de Haute Lande est, elle, en train de mettre en place une plate-forme de valorisation de la biomasse, qui produira des granulés et des bûches de bois ainsi que du compost. Un projet qui mobilise les agriculteurs comme les citoyens, tous étant appelés à alimenter la plate-forme en matière première.
En somme, comme le résume Emmanuel Julien, directeur de Sergies, « au lieu d’alimenter des sociétés du CAC40, nous développons une vraie économie circulaire locale, les fruits de nos opérations restant sur le territoire. »

http://www.lemonde.fr/energies/article/2017/11/29/les-societes-d-economie-mixte-leviers-d-une-dynamique-locale-de-transition-energetique_5222078_1653054.html

29/11/17Le SER présente cinq mesures phares pour libérer l'éolien terrestre
A l’occasion de la réunion présidée demain par Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, en présence des membres du groupe de travail national éolien, le syndicat des énergies renouvelables (SER) a rendu publiques cinq mesures phares pour accélérer le développement de l’énergie éolienne dans le mix électrique français.
A l’horizon 2030, les énergies renouvelables devront représenter 40 % de notre production d’électricité contre 19,1 % en 2016. L’énergie éolienne terrestre jouera un rôle dans l’atteinte de cet objectif puisqu’elle est en mesure de représenter 19 % de la production électrique nationale en 2030. Pour cela, le rythme de croissance annuel du parc éolien terrestre doit s’accélérer pour s’établir autour de 2 000 MW/an, contre 1 400 MW actuellement.
Depuis le 20 octobre dernier, le SER a contribué aux commissions techniques pilotées par la Direction générale de la prévention des risques (DGPR) et la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC). Ces commissions se sont intéressées aux enjeux suivants : cadre réglementaire des projets éoliens terrestres, fiscalité locale et insertion locale des projets, renouvellement des parcs existants.
Elles ont permis au SER de présenter dans les détails une série de mesures visant à « permettre aux citoyens et aux élus de mieux s’approprier les parcs éoliens ; réduire l’impact des feux de balisage des éoliennes la nuit ; diviser par deux la durée de réalisation des projets ; adapter les contraintes aéronautiques et radars aux enjeux de développement de l’énergie éolienne ; anticiper la fin d’exploitation des premières éoliennes ».
« Ces dernières années ont été marquées par l’adoption de mesures de simplification, saluées par la profession et dont les effets sont visibles depuis 2014, avec une première accélération du rythme annuel d’installations, indiquent Jean-Louis Bal, président du syndicat des énergies renouvelables, et Gwenaëlle Huet, présidente de la Commission éolienne du SER. Cette accélération doit se poursuivre et, pour cela, nous avons identifié cinq mesures phares pour libérer l’éolien terrestre, contributeur indispensable de la transition énergétique ».
29/11/17Trois choses que vous ne savez peut-être pas sur l'éolien
Trois choses à savoir sur l'éolien ont été dites lors des premières assises de l'éolien dans le Morvan, lundi 27 novembre, à la Maison du parc, à Saint-Brisson. Une manifestation organisée par l'association Morvent en Colère, qui voulait aller plus loin qu'une opposition stérile.
Tout le monde paye pour le renouvelable
Via la facture d'électricité, tout le monde paye pour les énergies renouvelables. Il s'agit d'une taxe, à retrouver sur vos factures : la taxe CSPE (contribution au service public de l'électricité). La CSPE augmente régulièrement, ainsi en 2011 elle était de 5,04 %, en 2016, 13 %. Les aides aux énergies renouvelables de 2010 à 2016, ont été de 21 milliards d'euros.
Une production fiable ?
Pas toujours. Evidemment, cela dépend du vent. Aussi, pour compenser les "sauts" d'électricité, il faut faire appel à une autre énergie. C'est le paradoxe allemand... qui fait tourner des centrales à charbon, très polluantes.
Un rachat obligatoire
La loi impose à EDF de racheter, à un prix fixé, l'électricité produite par les éoliennes. Ce qui "dérégule" le marché de l'électricité, avec d'un côté un prix de rachat fixé par la loi et de l'autre une revente sur le marché "spotday" de l'électricité. Par exemple, en 2016, la loi fixait le le rachat à 88,2 euros le mégawattheure, quand le prix de revente était de 36,7 euros.
http://www.lejdc.fr/saint-brisson/environnement/2017/11/29/trois-choses-que-vous-ne-savez-peut-etre-pas-sur-l-eolien_12647922.html

28/11/17
Pourquoi la transition énergétique ne se doit pas se faire au détriment des filières classiques de l’industrie française
Au nom des énergies renouvelables on ne devrait pas pouvoir faire n’importe quoi !
Le 21 Novembre de cette année, le groupe français EREN a annoncé l’heureuse conclusion de sa demande de financement d’un projet déjà en construction d’une centrale solaire au Burkina-Faso dans la mine d’or d’Essakane exploitée par le canadien Iamgold. Cette unité sera couplée à une centrale à fioul existante et permettra d’économiser 6 millions de litres par an de combustibles. Voilà l’illustration de ce que l’on peut faire vraiment pour diminuer l’émission de CO2, l’hybridation bien localisée dans une mine à ciel ouvert et roche dure nécessitant une énergie abondante.
Il y a du soleil là-bas et on est au Nord-Ouest du pays très loin de l’approvisionnement en hydrocarbures. Voilà un projet pragmatique, privé et rentable !
Pendant le même temps dans la baie de Saint-Brieuc, grand lieu de pêche, avec 60 espèces de crustacés et poissons et surtout la récolte de la moitié des coquilles Saint-Jacques françaises, la population se débat contre un projet de construction d’éoliennes en mer, 62 appareils s’élevant à 215 mètres au-dessus de l’eau. Le projet impliquerait plus de 100 Km2 à 16 km d’une merveille de la nature, le Cap Fréhel, et du port coquillier d’Erquy, une beauté exceptionnelle également. L’association Gardez les Caps combat depuis 6 ans , argumentant sur tous les plans, site, installation avec 256 forages à 42 mètres, rejets des sédiments, pêche, qualité des paysages, oiseaux migrateurs, dauphins, vents tournants et instables, bruit à 111,7 Décibels , et surtout nécessité, vue l’intermittence, du couplage avec une centrale thermique tandis que le courant produit serait garanti à 4 fois le prix. Là, aucun pragmatisme, de l’idéologie pure et aucune écologie véritable, on massacre la nature plusieurs fois tout en demandant une hybridation de 70% avec une centrale à gaz. Projet absurde, dont on ne devrait même pas entendre parler, mais on annonce l’arrivée de bateaux qui vont faire des sondages ! Au nom des énergies renouvelables on ne devrait pas pouvoir faire n’importe quoi !
Ces deux exemples ont pour but de nous faire réfléchir en rajoutant un élément, celui des matériels utilisés pour produire l’électricité. Nous sommes conscients que partout où on le pourra on va chercher à remplacer l’énergie fossile par le renouvelable, mais à coté d’une installation rentable comme au Burkina-Faso, le fait de voir un projet anti-écologique comme celui de la baie de Saint-Brieuc ne pourrait avoir qu’une justification, celle d’expérimenter du matériel français en vue de l’exporter vers des pays qui ont plus de vent que nous et qui pourraient le rentabiliser. Mais cet argument ne tient pas, nous nous sommes lancés dans une politique énergétique en ignorant délibérément la politique industrielle c’est à dire l’approvisionnement de matériel créateur de richesses et d’emplois. Et c’est bien là que le bas blesse alors que les idéologues ne cessent de dire que les énergies renouvelables sont créatrices d’emplois en France par centaines de milliers. C’est faux car nous n’avons pas mené la politique d’innovation industrielle correspondant à nos choix énergétiques ! Tant que nous n’aurons pas compris ce divorce et les mesures qu’il convient de prendre pour y remédier, la réindustrialisation du pays sera en difficultés.
En ce qui concerne notre outil industriel qui a construit et assuré la maintenance de nos centrales nucléaires, le grand carénage prévu le préserve et peut préparer des futurs développements. La vente des turboalternateurs Arabelle d’Alstom à General Electric a été une catastrophe nationale, mais on a encore les moyens de contrôler l’avenir si on le veut.
Notre outil thermique tant décrié peut encore progresser, même si General Electric a désormais la maitrise de l’outil industriel ex-Alstom, en particulier grâce aux travaux réalisés par EDF depuis cinq ans pour bruler des résidus ligneux dans ses centrales charbon.
Pour l’hydraulique , nous avions avec Alstom (ex Neyrpic) la première compagnie mondiale, comme je l’ai indiqué nous pouvons revenir sur l’accord avec General Electric et constituer un nouveau leader mondial en y associant des constructeurs de petites centrales comme Mecamidi.
Mais pour les énergies nouvelles nous avons lancé des programmes industriels ambitieux « étatiques » qui ont tous échoué. Les causes en sont simples, il n’y avait pas d’industriels dans ces projets, seulement de l’argent public et des fonctionnaires, aucun argent privé. Les installations prévues dans la baie de Saint-Brieuc étaient prévues pour des espagnols achetant des éoliennes à Areva spécialiste des centrales nucléaires ! Résultat : Areva a revendu à ses partenaires espagnols qui ont fini dans les mains de Siemens, les allemands. Le programme concurrent a été financé par l’Etat chez Alstom, vendu à General Electric, puis abandonné par manque de rentabilité. Les programmes « volontaristes » imaginés par des gens très intelligents cela ne marche pas parce que l’industrie se fait d’abord avec des industriels. Ces patrons qui connaissent les métiers et qui sont prêts à se mobiliser pour le pays existent, mais ce ne sont pas eux qui sont, en général, sous le robinet des promesses électorales. Et c’est ainsi que de l’argent est gaspillé et ne conduit pas à réindustrialiser le pays dans les perspectives nouvelles des énergies renouvelables. Ce diagnostic doit être fait et partagé avant d’aller plus loin et il faut gommer ces décisions régaliennes basées sur des fantasmes .
Revenons aux réalités, les techniques évoluent vite, très vite, et si, dans un premier temps, nous paraissons être dépendants des matériels chinois pour le solaire (panneaux photovoltaïques) et pour l’éolien des danois et des allemands, nous ne sommes pas à la fin de l’histoire , loin s’en faut. Ce qui est vrai des matériels de production l’est encore plus du stockage électrique et non électrique où les alternatives scientifiques et techniques sont encore nombreuses. J’entends part exemple que pour les batteries automobiles la filière lithium-ion plébiscitée par monsieur Musk a gagné ! Je n’en sais rien, l’avenir nous le dira, j’ai travaillé vingt ans dans ce domaine de l’électrochimie et il y a encore des surprises à attendre. Dans les énergies nouvelles (éolien, solaire et stockage), nous sommes encore dans les balbutiements de la technique et de l’industrialisation, ce qui veut dire que si nous menons une politique d’innovation et d’industrialisation basée sur des travaux de recherche et l’utilisation du numérique nous pouvons de nouveau être à la pointe et compétitifs. Mais ce n’est pas un travail de salon, c’est un travail d’industriel et cela ne part pas d’en haut mais d’en bas avec l’aide de ces gens de terrain qui savent faire marcher les machines ! Autrement dit la réindustrialisation du pays à partir des énergies nouvelles est possible, il suffit de ne pas déverser tout l’argent public dans les tonneaux des Danaïdes des intellectuels brillants et éthérés .
Il est donc clair que ceux qui réalisent un dispositif hybride au Burkina-Faso sont dans l’histoire, ceux qui mettent dix ans à ne pas faire une horreur au cap Fréhel sont dépassés et qu’il faut revenir à des calculs simples, les énergies nouvelles financées par de l’argent public doivent être écologiques , avec du matériel français et compétitives, autrement le contribuable paie trois fois, l’atteinte à son environnement, sa note d’électricité, et le soutien à un filière qui finit par disparaitre. Je ne me résous pas à considérer que la transition énergétique préconisée aujourd’hui conduit à la perte des filières classiques de l’industrie française au profit des matériels chinois et autres . Tout indique que nous allons vivre avec la cohabitation de toutes les sources d’énergie, les « hybrides » du Burkina- Faso, nous avons tout en mains pour réindustrialiser la France et exporter nos techniques et notre expérience , ne gâchons pas tout avec des anathèmes, des abandons et des idéologies dépassées, le monde avance, nous sommes encore dans l’histoire, restons-y.

http://www.atlantico.fr/decryptage/pourquoi-transition-energetique-ne-se-doit-pas-se-faire-au-detriment-filieres-classiques-industrie-francaise-3238717.html

28/11/17 : Vestas Wind : Les fabricants d'éoliennes affrontent des vents contraires - Plus Europe
En lançant quasiment unanimement des avertissements sur résultats ces dernières semaines, les fabricants mondiaux d'éoliennes ont prévenu : l'année 2018 s'annonce particulièrement turbulente. Trois des cinq plus grands marchés du secteur, à savoir les Etats-Unis, l'Inde et l'Allemagne, ont engagé des réformes qui pourraient modifier leur cadre réglementaire.
Aux Etats-Unis, la réforme fiscale en cours de négociation fait craindre une révision à la baisse des mesures incitant à l'investissement dans les énergies renouvelables. Début novembre, la Chambre des représentants a proposé une réduction de près de 40% du crédit d'impôts dont bénéficie le secteur éolien, mettant ainsi en risque, selon les défenseurs des énergies renouvelables, 50 milliards de dollars d'investissement. Le projet a été supprimé ensuite par le Sénat. Un compromis devra donc être trouvé dans les prochains mois, faisant ainsi planer une importante incertitude sur les fabricants de turbines. Pour le groupe danois Vestas, 2 GW de commandes potentielles d'ici à la fin de l'année sont menacées, expliquant le grand écart de sa prévision de cash-flow annuel : entre 450 et 900 millions d'euros.
En Allemagne, l'incapacité du parti d'Angela Merkel à former un nouveau gouvernement de coalition met en danger la mesure de fermeture de 8 à 10 GW demandée par les Verts, faisant ainsi disparaître un important marché potentiel pour les fabricants d'éoliennes. Enfin, en Inde, la mise en place en début d'année d'un système d'appel d'offres pour attribuer les projets éoliens a contribué à faire chuter les prix de rachat de l'électricité produite par ces centrales et donc alimenter le mouvement de déflation des équipementiers. Certains d'entre eux auraient cassé leurs prix pour écouler leurs stocks. Sans détailler les différentes composantes du chiffre, Vestas, le numéro un mondial, a indiqué mi-novembre que son prix moyen de vente a baissé de 9% au troisième trimestre.
"De nombreux investisseurs s'interrogent sur la juste valeur des fabricants d'éoliennes dans ce contexte déflationniste", reconnaissaient la semaine dernière les analystes de HSBC dans une note sectorielle. Ils préviennent qu'un nouvel ajustement à la baisse des actions n'est pas exclu alors que les multiples actuels des différents acteurs, malgré la correction récente, restent supérieurs au ratio plancher chiffré à 5 fois l'Ebit, hors activités de maintenance. Le risque de baisse va de 10% à 15% suivant les valeurs.
A l’occasion du Sommet de l’Economie, le PDG d’EDF détaille les voies du changement pour l’énergéticien confronté à la chute des prix des énergies renouvelables et au questionnement sur l’allongement de la vie de ses réacteurs nucléaires.
Où en est la transformation d'EDF ?
EDF est en constante transformation, laquelle s'accélère depuis quelques années. Aujourd'hui, la transformation est perçue différemment par le corps de l'entreprise. Pendant quinze ans, elle était subie comme une conséquence regrettable de la déréglementation et de l'introduction de la concurrence. Aujourd'hui, elle est volontariste. Nous appuyons sur l'accélérateur sous un double effet qui révolutionne notre industrie : la prise en main de l'énergie par le client et la chute du prix des énergies renouvelables.
Quelles sont les sources d'énergie concernées ?
C'est particulièrement spectaculaire pour le solaire. A la fois grâce à la chute des prix, divisés par trois depuis 2010 et tombés à 50 dollars le mégawattheure sur le plan mondial, et grâce à la dimension des projets en Inde, au Brésil, au Moyen-Orient, aux Etats-Unis. Dubai, par exemple, construit la plus grande ferme solaire au monde, d'une capacité de 5 000 MW. Un projet innovant, dans lequel EDF investit.
La France est moins intéressée par ce mouvement…
Pour des raisons climatiques et géographiques évidentes, la France n'accueille pas d'immenses fermes solaires. En revanche, pour l'éolien, dont le prix du mégawattheure est devenu également compétitif, la France pourrait profiter de ce mouvement. Or nous sommes confrontés à une grande complexité administrative et juridique qui allonge significativement les délais de réalisation de projets éoliens. Le gouvernement a également reconnu cette difficulté, en annonçant la préparation d'un plan d'actions pour simplifier le développement de ces projets. L'installation d'une éolienne peut prendre huit années. Et cinq années de plus pour l'éolien offshore. Ce sont des délais difficiles à gérer, surtout vis-à-vis des équipes qui veulent voir leurs projets aboutir. EDF a fait des propositions pour trouver des solutions pragmatiques.

Comment a évolué l'organisation d'EDF ?
Nous étions par tradition un groupe très centralisé, où les décisions se prenaient selon un processus top-down. La génération Y travaille autrement. Pour continuer à attirer les talents, il nous faut devenir plus agiles, casser les rigidités, responsabiliser les collaborateurs et multiplier les canaux porteurs d'innovations. Nous avons créé vingt-sept laboratoires d'innovation internes dans le monde entier. Nous avons mis en place le Projet Y qui permet aux jeunes de s'exprimer en dehors des voies hiérarchiques et de partager leur vision de l'entreprise. Nous avons lancé de nouveaux produits en travaillant avec des start-up. C'est le cas de Sowee, notre offre digitale qui regroupe la fourniture d'énergie, le pilotage de sa consommation et la gestion de l'ensemble de la domotique grâce à une station connectée. Un lancement que nous avons fait en moins de douze mois… C'est assez inhabituel dans un groupe qui s'inscrit habituellement dans le temps long.
Avez-vous le sentiment que les Français ont évolué sur les questions du climat ?
Je me méfie des généralités, même si la Cop 21 a eu un impact réel et si l'écologie a pris une place spectaculaire dans les débats. Sur la réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique, le gouvernement a tranché : à l'heure du " make the planet great again ", mieux vaut en effet disposer plus longtemps de centrales nucléaires qui ne produisent pas de CO2 que de construire de nouvelles centrales thermiques émettant beaucoup de CO2. Avec son mix nucléaire et renouvelables, EDF s'inscrit avec enthousiasme et détermination dans la politique énergétique et climatique arrêtée par les pouvoirs publics.
https://www.challenges.fr/sommet-de-l-economie/pour-jean-bernard-levy-le-pdg-d-edf-le-developpement-de-l-eolien-va-etre-enfin-simplifie_516458
27/11/17WPD : 6 nouveaux parcs éoliens mis en service en 2017
WPD SAS a annoncé avoir mis en service six nouveaux parcs éoliens en France cette année, confirmant ainsi son rôle moteur dans le développement de l’énergie éolienne ; la société compte 25 parcs éoliens en France.
La mise en service des parcs éoliens de Boule Bleue, Carreau Manceau, Mont du Saule, Clussais-la-Pommeraie, TIPER et Tigné fait passer la puissance totale du parc installé par WPD en France à 347 MW, représentant un investissement total supérieur à 500 millions d’euros :
– Première réalisation de wpd dans le département de la Mayenne, le parc éolien du Mont du Saule (puissance totale : 7 MW ; trois éoliennes Enercon E 92) s’inscrit dans le cadre d’un projet plus large, initié en 2011 par les collectivités locales et l’Etat, pour la reconversion d’un ancien site militaire.
– Le parc éolien de Clussais-la-Pommeraie (Deux-Sèvres) s’intègre dans une volonté de transition énergétique et de promotion des énergies renouvelables en France. Avec une puissance de 11 MW, ce parc de cinq éoliennes Vestas V100 est en mesure de produire l’équivalent de la consommation électrique d’environ 25 000 personnes.
– Le projet éolien de la Boule Bleue (puissance totale : 14,1 MW ; six éoliennes Enercon E92), situé au nord du département de la Somme, a été initié dans une réelle dynamique locale à la suite du développement du projet de Montagne Gaillard se trouvant à une distance de 3 kilomètres.
– En rajoutant une deuxième tranche d’éoliennes dans le parc du Carreau Manceau dans l’Aisne (2016 : huit éoliennes Enercon E82 ; 2017 : cinq éoliennes Enercon E92), wpd renforce sa position dans la région où elle est présente depuis de nombreuses années. Avec une puissance cumulée d’environ 30 MW, ce parc permet de produire de l’électricité correspondant à la consommation annuelle de plus de 59 000 personnes.
– Le parc éolien de TIPER, Technologies Innovantes pour la Production d’Energies Renouvelables, dans les Deux-Sèvres (puissance totale : 6,6 MW ; trois éoliennes Vestas V100), s’inscrit dans le cadre d’un projet plus large qui vise à la reconversion d’un ancien site militaire en pôle d’énergies renouvelables. wpd a par ailleurs choisi le parc éolien de TIPER pour une première opération de financement participatif via la plate-forme d’épargne participative Lumo. Au total, 157 075 euros ont été collectés pour ce projet via Lumo.
– Mené en concertation avec l’Institut National des Appellations d’Origine, le parc éolien de Tigné (Maine-et-Loire) se situe à cheval sur des exploitations céréalières et viticoles. Les quatre éoliennes Enercon E 82 (puissance totale : 8 MW) permettent de couvrir l’équivalent de la consommation électrique de 15 000 habitants.
Chaque année, la production d’énergie renouvelable générée par le parc éolien français de WPD couvre la consommation électrique de plus de 400 000 personnes, permettant d’éviter le rejet de plus de 300 000 tonnes de CO2.

19/11/17Y a-t-il trop ou pas assez d’éoliennes en France ?
Débat. Les points de vue Daniel Steinbach,président de l’association Vent de colère, et de Pauline Le Bertre, déléguée générale de France énergie éolienne.
« La mobilisation ne cesse de grandir »
Daniel Steinbach
Président de l’association Vent de colère
Il y a 7 000 éoliennes actuellement en France, c’est déjà énorme. Mais si l’on suit les scénarios de l’Ademe, il en faudra 50 000, à l’horizon 2050, pour que la France atteigne son objectif de 100 % d’énergie d’origine renouvelable. Où va-t-on les mettre, alors même que le potentiel de l’éolien en mer est très limité, compte tenu de la typologie de nos fonds marins ?
Les éoliennes sont des machines qui ne servent à rien, si ce n’est à détruire l’environnement et à industrialiser les campagnes. Nous avons d’ailleurs du mal à comprendre comment ceux qui prétendent défendre la nature acceptent que l’on saccage des espaces naturels protégés en les bétonnant pour y installer des engins de 180 mètres de haut, souvent au mépris des lois et là où n’importe quel citoyen ne pourrait rien construire.
Les Français sont en tout cas de plus en plus opposés aux éoliennes et la mobilisation ne cesse de grandir, malgré les efforts des gouvernements pour limiter les possibilités de recours. Dans le Grand Sud-Est, par exemple, la moitié des municipalités refusent de nouvelles installations et de nombreuses associations se créent pour s’opposer à des projets, recueillant des centaines, voire des milliers, de signatures. Nous arrivons ainsi à faire retoquer environ 20 % des projets, sans compter ceux qui sont refusés a priori. De plus en plus de préfets rendent d’ailleurs des avis négatifs.
À LIRE : En mer, les éoliennes de la discorde
« Mieux répartir les projets sur l’ensemble du territoire »
Pauline Le Bertre
Déléguée générale de France énergie éolienne
Contrairement à ce que certaines minorités agissantes veulent faire croire, il n’y a pas de problèmes d’adhésion et d’acceptabilité de l’éolien en France. Dans l’enquête que nous avons fait réaliser par l’Ifop en 2016, 77 % des personnes interrogées déclarent avoir une image positive de l’éolien, et neuf Français sur dix vivant à côté d’installations disent n’avoir aucun sentiment négatif à l’annonce de l’installation du parc.
Nous menons les concertations les plus fines possible avec les associations et les élus locaux pour faire de l’implantation d’éoliennes de véritables projets de territoires. Et quand les parcs sont installés, tout se passe très bien.
Cela dit, il existe, c’est vrai, certaines zones plus densément équipées, et nous sommes les premiers à plaider pour un développement plus harmonieux sur l’ensemble du territoire. S’il y a du vent partout en France, il existe aussi de nombreuses contraintes empêchant l’installation d’éoliennes, en particulier la présence des radars pour l’armée, la météo ou l’aviation civile.
Au total, 47 % du territoire est aujourd’hui interdit aux éoliennes. Nous plaidons donc pour un allègement de ces contraintes, afin de répartir les projets d’installation sur l’ensemble du territoire. Pour alléger les zones déjà denses, nous travaillons également sur ce que l’on appelle le repowering, c’est-à-dire le rééquipement des parcs déjà installés avec des technologies plus récentes. C’est une opportunité qui permettra de produire autant d’énergie avec moins 
d’éoliennes.
https://www.la-croix.com/Economie/Economie-et-entreprises/Y-trop-pas-assez-deoliennes-France-2017-11-19-1200893223
18/11/17
Les industriels veulent vaincre les oppositions aux éoliennes
La France prend du retard dans ses objectifs de développement de l’éolien terrestre en partie à cause des recours déposés systématiquement contre les parcs. Les industriels misent aujourd’hui sur la concertation et sur des assouplissements réglementaires.MIX. La renonciation soudaine de Nicolas Hulot à l'objectif de la loi de transition énergétique d'une réduction à 50% de l'énergie nucléaire dans le mix énergétique a mis en exergue le retard que prend la principale source des renouvelables, l'éolien. Aujourd'hui, la capacité installée de ce secteur est de 12,8 GigaWatts (GW). " Avec 1,627GW supplémentaires connectés au réseau ces douze derniers mois, nous avons réalisé le meilleur score de notre histoire, se félicite Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER) lors du colloque organisé par la filière éolienne le 16 novembre dernier. Ce n'est cependant pas suffisant pour atteindre les objectifs à 2030 ".
Car le SER a enterré l'échéance de 2025 pourtant inscrite dans la loi. Les industriels tablent en effet sur une fourchette de puissance installée pour 2023 située entre 21,8GW et 26GW. Or, selon les scénarios de Réseau de transport de l'électricité (RTE), il faudrait avoir installé 30GW d'éolien terrestre en 2025 pour atteindre seulement 34% de part d'énergie renouvelable dans le mix énergétique. Ce résultat ne permet pas de réduire la part du nucléaire à 50% sans devoir construire 11MW de centrales à gaz. Avec à la clé une augmentation des gaz à effet de serre que le ministre de la Transition écologique veut à tout prix éviter. "Dès l'adoption de la loi, nous savions que cet objectif était irréaliste ", reconnaît, désabusé, Jean-Louis Bal.
Radars militaires et oppositions idéologiques
INCOMPATIBILITÉ. Le secteur des énergies renouvelables prend donc du retard et peine à suivre les trajectoires que lui proposent les pouvoirs publics. C'est que l'installation des éoliennes est particulièrement freinée sur le territoire. L'une des causes, c'est l'incompatibilité de ces mâts avec les zones de survol aérien et les radars militaires. Les éoliennes sont accusées de troubler le travail de surveillance du territoire. "En Bretagne, pourtant région pionnière de l'éolien, il ne reste que 4% de la surface où on peut installer des parcs, le reste étant interdit par la Défense nationale ", raconte Gwenaëlle Huet, Présidente de la commission éolienne du SER. Des négociations sont donc en cours avec le ministère de la Défense pour que surveillance du territoire et développement de l'éolien deviennent compatibles.
La question de l'acceptation des parcs éoliens par les populations riveraines est bien plus épineuse. Si le délai moyen de réalisation d'un parc en France excède les huit années (contre trois à quatre ans en Allemagne), c'est bien à cause des recours juridiques. " Tous les projets sont systématiquement attaqués, la plupart du temps pour des raisons idéologiques d'opposition aux énergies renouvelables ", dénonce Jean-Louis Bal. Ainsi, la Fédération énergie durable revendique ces procédures juridiques permanentes et distribue même des modes d'emploi procéduraux. Rarement avec succès. "80% des recours sont rejetés mais hélas, entre temps, on a perdu plusieurs années ", affirme Jean-Louis Bal. Les services du secrétaire d'Etat Sébastien Lecornu sont actuellement en train de mener une analyse juridique pour introduire éventuellement l'interdiction d'aller devant une cour d'appel quand les motivations rejetées en première instance n'ont pas été modifiées.
Le financement participatif plébiscité
ÉCLAIRAGE. Reste que les éoliennes suscitent des craintes réelles. Parfois pour des raisons auxquelles on n'aurait pas pensé au premier abord. "Ainsi, les plaintes les plus récurrentes contre les parcs éoliens concernent l'éclairage clignotant la nuit au sommet des mâts, révèle Gwénaëlle Huet. Ces éclairs rouges intermittents perturbent beaucoup les riverains ". Le SER réclame donc une modification de la législation. En Allemagne, ces éclairages de sécurité sont fixes. Plus globalement, les industriels veulent améliorer la concertation. " Nous ne devons plus arriver sur les territoires avec des projets tout ficelés, assure Jean-Louis Bal. La concertation sur l'emplacement du parc, le nombre de mâts, la répartition des revenus doit se faire très en amont ". Le SER plaide aussi pour un développement du financement participatif faisant appel à l'épargne des populations riveraines. "Un développeur garantit aujourd'hui un rendement assuré de 2 à 4% quand le Livret A est à 0,75% ", affirme Jean-Louis Bal. Des parcs de plus en plus nombreux reçoivent ainsi des apports des "Clubs d'investisseurs pour une gestion alternative et locale de l'épargne solidaire" (CIGALE).
Les industriels de l'éolien espèrent ainsi retrouver la fourchette haute de la trajectoire de développement de cette énergie. "L'éolien terrestre a le potentiel d'atteindre 40GW en 2030 soit 314 milliards de kWh de production sur une consommation totale de 480 milliards ", assume Jean-Louis Bal. Soit un dépassement conséquent des objectifs de la loi de transition énergétique, avec cependant cinq ans de retard.
https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/climat/les-industriels-de-l-eolien-contre-les-recours-juridiques_118394


17/11/17
Éolien : les fabricants européens résisteront-ils au vent chinois ?
Siemens Gamesa, Vestas et Nordex voient leurs activités se réduire. En cause, l'arrivée sur le marché mondial des fabricants chinois.
Après s'être brûlé les ailes en s'approchant trop près du soleil, les industriels allemands commencent à regretter d'avoir bâti leur stratégie sur du vent… Les fabricants d'éoliennes en République fédérale et dans le reste de l'Europe ont du mal à résister à la tempête venue d'Asie qui frappe leur marché.
Le géant Siemens Gamesa, né de la fusion en 2016 des activités dans ce secteur du conglomérat bavarois avec celles de son rival espagnol, vient d'annoncer la suppression de 6 000 postes, soit près d'un quart de ses effectifs dans le monde. Son projet initial prévoyait 700 licenciements, mais la chute de deux tiers de sa rentabilité depuis le mois d'avril et la baisse annoncée de 20 % de ses ventes l'an prochain ont contraint ses dirigeants à accélérer leur programme de réduction de leurs coûts.
Son plus grand concurrent en Europe, Vestas, n'est pas non plus à la fête. Son chiffre d'affaires a reculé de 6 % au troisième trimestre par rapport à la même période de l'année précédente, à 2,7 milliards d'euros, et sa marge opérationnelle a baissé de deux points, à 12,9 %. En un an, son cours en Bourse est passé de 632 à 398 euros alors que celui de Siemens Gamesa a perdu plus de la moitié de sa valeur. « Le secteur de l'énergie éolienne traverse une période difficile », reconnaît José Luis Blanco, le patron du numéro trois européen, l'allemand Nordex, qui vient d'enregistrer un effondrement de plus de 50 % de ses bénéfices lors des trois premiers trimestres de 2017 et qui devrait licencier 500 de ses 5 200 salariés.
Une hausse qui marque le pas
Ces baisses pour le moins brutales ne sont pas une conséquence de la chute du marché de l'éolien. Bien au contraire… Entre 2015 et 2016, la puissance éolienne cumulée dans le monde est passée de 433 023 à 486 679 mégawatts, selon EurObserv'ER, et, si l'on en croit le rapport annuel du Global Wind Energy Council, la capacité de production électrique installée sur la planète devrait quasiment doubler durant les cinq prochaines années. L'an dernier, 13 489 mégawatts ont été installés en Europe, un chiffre deux fois inférieur à celui enregistré en Asie (27 680 mégawatts). Ces hausses, aussi impressionnantes soient-elles, représentent pourtant un léger recul par rapport aux exercices précédents.
L'Allemagne, qui abrite près de 28 000 éoliennes sur terre et 1 055 en pleine mer, devrait notamment connaître un sérieux coup de frein. En 2019, la hausse de la capacité de production d'énergie éolienne dans le pays pourrait se situer sur une échelle comprise entre 1 100 et 2 500 mégawatts, contre 4 625 en 2016. Et le record de 58,6 gigawatts de nouvelles installations construites dans le monde réalisé en 2015 ne devrait pas être battu d'ici à 2025, si l'on en croit Bloomberg New Energy Finance.
Des prix tirés vers le bas
La baisse des subventions accordées par les pouvoirs publics pour encourager les énergies renouvelables explique en partie ce ralentissement. Ce phénomène a débuté en Europe il y a plusieurs années, mais il commence depuis peu à apparaître sur d'autres marchés comme l'Inde. Un projet de réforme fiscale aux États-Unis risque, lui aussi, de réduire le crédit d'impôt en faveur de l'industrie éolienne.
Les États, et notamment l'Allemagne, commencent en outre à faire des appels d'offres lors du lancement de nouveaux parcs éoliens et les gagnants sont généralement ceux qui proposent les tarifs les plus bas. Sur les 18 derniers mois, les prix ont ainsi chuté de plus de 50 % dans l'offshore. Ce recul met énormément de pression sur les fabricants de turbines qui doivent réduire leurs prix.
Le précédent solaire
Or, depuis quelques années, les Chinois sont très agressifs sur ce marché. Cinq des dix principaux producteurs d'éoliennes sur la planète sont basés en République populaire, dont le leader mondial Goldwind. Longtemps concentrés sur leur pays, qui est depuis 2010 le premier marché dans le monde de ce secteur, les industriels locaux commencent, aujourd'hui, à participer aux appels d'offres internationaux. Ce phénomène n'est pas sans rappeler celui qui a touché l'énergie solaire il y a quelques années.
En 2008, les Chinois ont découvert que le marché du photovoltaïque avait un gros potentiel de croissance. Du jour au lendemain, leurs fabricants ont submergé la planète avec leurs panneaux. En 2009, l'offre mondiale était deux fois supérieure à la demande et les prix se sont effondrés. En 10 ans, le tarif moyen d'un module est ainsi passé de 3,50 dollars en « watt-crête » (cette unité mesure la puissance électrique maximale qui peut être fournie dans des conditions standards) à moins de 50 centimes. Les capacités de production en République populaire représentent aujourd'hui encore 1,3 fois le marché mondial. Pour écouler leurs panneaux, les industriels chinois ont donc cassé les prix et provoqué la disparition ou le rachat par des groupes étrangers de la quasi-totalité de leurs rivaux européens comme Q-Cells, SolarWorld, Solon, Conergy, Solarion, SMA Solar, Sunways et Solarwatt. Vestas, Siemens Gamesa et Nordex ont du souci à se faire…
http://www.lepoint.fr/economie/eolien-les-fabricants-europeens-resisteront-ils-au-vent-chinois-17-11-2017-2173064_28.php
16/11/17
Transition énergétique : le cauchemar des antiéoliens
Plusieurs scénarios prévoient le quasi-triplement du nombre d'éoliennes en France les vingt prochaines années pour prendre le relais du nucléaire. Réaliste ?
La semaine dernière, c'est un Nicolas Hulot un peu gêné aux entournures qui annonce, à la sortie du conseil des ministres, que la France ne respectera pas l'objectif fixé par la loi de transition énergétique, selon lequel la part du nucléaire doit baisser à 50 % de la production d'électricité (contre 75 % aujourd'hui). La France n'est pas prête, presque rien n'a été fait pour respecter l'engagement. Les énergies renouvelables, au premier rang desquelles l'éolien, ne pourront compenser à cette date la fin de l'atome.
Et pourtant : les éoliennes devraient se multiplier comme des petits pains...
http://www.lepoint.fr/economie/transition-energetique-le-cauchemar-des-antieoliens-16-11-2017-2172830_28.php#

16/11/17 : Energies renouvelables : mais où sont donc passés les emplois promis ?
Le développement des énergies renouvelables devait créer 100 000 emplois en France en quelques années selon les déclarations de Ségolène Royal (alors Ministre de l’écologie) en août 2015, lors de la promulgation de la loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV).
Mieux encore. Delphine Batho, qui l’avait précédé à ce poste, déclarait en décembre 2012 “La prévision, à ce jour, sans effort supplémentaire de l’Etat, c’est 295.000 créations d’emplois d’ici 2020. Quand on dit 100.000 emplois en trois ans, c’est un objectif crédible, réaliste“.
L’ex-députée de l’Ardèche, Sabine Buis, s’enthousiasmait encore en octobre 2013 des milliers d’emplois supplémentaires qu’allaient créer les énergies solaires et éoliennes.
Benoit Hamon, l’ancien ministre délégué à l’Economie sociale et solidaire, a même réaffirmé en mars 2017 «Cette transition énergétique va être riche en emplois. Là où on fait de l’énergie renouvelable, on fait six fois plus d’emplois qu’avec de la production d’énergie classique ou nucléaire».
Est-il besoin de rappeler les autres promesses fallacieuses de centaines de milliers d’emplois qui auraient dû accompagner le développement des énergies renouvelables ces dernières années ?
Quel est le bilan aujourd’hui ?
“Un vent froid souffle sur les industriels de l’éolien” indique Véronique Le Billon dans « Les Echos » du 10 novembre 2017.
L’industriel allemand Siemens, qui a déjà abandonné la construction de panneaux solaires devant la concurrence chinoise, mais qui reste encore impliqué dans les éoliennes, s’apprête à supprimer plus de 10 000 emplois en Allemagne.
Après avoir fusionné leurs activités dans l’éolien, Siemens et l’espagnol Gamesa ont annoncé 6000 suppressions de postes, soit près d’un quart de leurs effectifs.
Ce mois-ci, le cours de l’action de Vestas, un grand constructeur d’éoliennes, a fortement chuté en bourse après la publication de ses résultats trimestriels.
Le constructeur allemand d’éolienne Nordex a annoncé la suppression de 10% de ses effectifs, soit plusieurs centaines d’emplois en septembre dernier.
En France, Alstom a jeté l’éponge depuis plusieurs mois après des espoirs déçus et une expérience désastreuse dans l’éolien.
Les promesses dans le domaine des énergies renouvelables n’engagent vraiment que ceux qui les écoutent et y croient…. Mais où sont donc les “gisements d’emplois non délocalisables” tant vantés ?
Des emplois éphémères ont bien été créés (parfois avec de la main d’œuvre étrangère), mais l’augmentation du prix de l’électricité, incluant les faramineuses subventions aux énergies renouvelables, a détruit d’autres emplois durables en France. La Commission de régulation de l’énergie estime le prélèvement financier sur les factures d’électricité des Français à… 8 milliards d’euros, uniquement en 2018.
La ruineuse LTECV
Rendre possible l’exploitation ruineuse de moyens de productions intermittentes d’électricité et massacrer des paysages préservés devaient passer par une loi ! Et nos élus “bien conseillés” y sont parvenus. Elle s’appelle la LTECV.
La LTECV veille sur le magot des énergies renouvelables que se partage des affairistes sans scrupules qui profitent de textes légaux élaborés dans le sens de leurs intérêts.
Mais comment ont-ils réussi à faire passer des lois qui leur permettent d’appauvrir les Français en toute légalité ?
Se réfugier derrière ce qui est légal pour défendre ce qui n’est pas moral est une stratégie politique qui ne tiendra pas longtemps. Comme pour le secret bancaire, le moment est venu d’ouvrir les yeux sur les “Panama” et autres “Paradise papers” verts.
Cette loi « scélérate » est un bel exemple d’anesthésie des citoyens par des promesses mirifiques pour mieux les piller. Les initiateurs de cette loi inique peuvent ainsi brandir un laisser-passer qui a été validé par les représentants du peuple. Ils ont avec eux le droit et, dans le respect de la démocratie, ils vont coloniser les espaces libres avec d’immenses éoliennes et se servir dans le portefeuille des Français.
Pour “sauver la planète” et au nom de “l’avenir de nos enfants”, le monde politico-médiatique n’est-il pas majoritairement le défenseur de ce système légal mais immoral ?
Une autre loi permettant de faciliter et d’accélérer les procédures pour avancer plus vite dans le développement des énergies renouvelables est en préparation dans le cadre plus général des lois de simplifications administratives. “Un groupe de travail” s’y est attelé activement fin octobre. Et sans la vigilance de nos élus, ils arriveront à créer le « choc de simplification » promis.
Les Français auront alors un vrai choc… financier et émotionnel !
https://metamag.fr/2017/11/16/energies-renouvelables-mais-ou-sont-donc-passes-les-emplois-promis/

16/11/17Le solaire et l'éolien bientôt mis en concurrence
Un premier appel d'offres «technologiquement neutre » de 200 mégawatts doit être lancé en France, à la demande de Bruxelles. Sans entrain du régulateur ni de la filière.
Des projets de parcs éoliens et de fermes solaires seront bientôt en concurrence pour répondre à un même appel d'offres, a annoncé le ministère de la Transition écologique et solidaire à l'occasion des Assises nationales de l'éolien terrestre ce jeudi à Paris. « Nous le faisons parce que la Commission européenne nous l'a demandé », a indiqué la directrice de l'énergie, au sein de l'administration du ministère (DGEC), Virginie Schwartz.
La Commission européenne, qui a validé fin septembre le régime de soutien financier, espère intensifier la concurrence et ainsi accélérer la baisse des subventions publiques. Mais la France montre peu d'entrain. « Il y aura une absence de visibilité pour chaque filière, et l'équilibre entre les régions sera impossible à piloter », a jugé Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables. Le calendrier n'est pas encore été fixé et ce premier appel d'offres sera modeste, avec 200 mégawatts (MW) à installer en métropole, et un plafond de 18 MW par projet. « La discussion est encore en cours avec la Commission européenne sur le cahier des charges », indique le SER.
Avis défavorable du régulateur
Au printemps, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) avait émis un avis défavorable sur le projet. « Le recours a des appels d'offres multi-technologiques ou plus largement technologiquement neutres, s'il était systématisé, pourrait avoir des effets indésirables en termes d'atteinte des objectifs de la politique énergétique et de cout d'intégration des énergies renouvelables au systeme électrique », estimait le régulateur dans sa délibération. Ce dernier voit dans un appel d'offre commun, la perte d'un avantage. « Les pics de production respectifs de ces deux technologies n'étant pas corrélés, les périodes de faible production de l'une peuvent etre compensées par l'autre », pointait la CRE.

A fin septembre, la capacité installée éolienne s'est élevée à 12.820 mégawatts (MW), avec une nette accélération les douze derniers mois, selon les chiffres trimestriels du Panorama de l'électricité renouvelable diffusés ce jeudi. L'objectif 2018 est d'atteindre 15 gigawatts (GW) d'éolien, pour croître jusqu'à une fourchette entre 21,8 et 26 GW à l'horizon 2023. Dans le solaire, 7.239 MW sont installés, soit 71% des objectifs 2018. Mais la mise en place d'appels d'offres planifiés devrait commencer à se voir dans les chiffres de croissance l'an prochain, estime le SER. 
https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/030885892798-le-solaire-et-leolien-bientot-mis-en-concurrence-2130816.php
16/11/17Un appel d'offres mêlant solaire et éolien
La France va lancer un appel d'offres qui mettra en concurrence le solaire et l'éolien, une première pour le secteur français des énergies renouvelables, a annoncé jeudi une responsable de la direction générale de l'énergie et du climat (DGEC). "Nous le faisons parce que la Commission européenne nous l'a demandé", a expliqué Virginie Schwartz, directrice de l'énergie à la DGEC, administration dépendant du ministère de la Transition écologique et solidaire, qui s'exprimait lors des Assises de l'éolien terrestre.
Elle n'a pas précisé le volume et le calendrier précis de cet appel d'offres, mais la Commission européenne avait validé fin septembre un régime d'aide spécifique pour un appel d'offres bi-technologique éolien et solaire d'une capacité de 200 mégawatts. Elle précisait aussi que ce futur appel d'offres français concernerait les installations "n'excédant pas 18 mégawatts". Bruxelles souhaite favoriser ce type de procédure en Europe, estimant que certaines énergies renouvelables, comme l'éolien et le solaire, sont désormais plus matures.
La France et les industriels français du secteur, à l'inverse, défendent le modèle existant d'appels d'offres par technologie, craignant que la mise en concurrence des énergies renouvelables entres elles pénalise leur développement. C'est la "meilleure solution économique (...) qui donnera les prix de soutien les plus bas", a encore rappelé Virginie Schwartz, jeudi, même si "ce n'est pas encore gagné" car "en face de nous il y a des gens qui défendent ardemment la solution inverse".
http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2017/11/16/97002-20171116FILWWW00136-un-appel-d-offres-melant-solaire-et-eolien.php

16/11/17Siemens prépare ses employés à des milliers de suppressions de postes
Objectif rentabilité: l'industriel allemand Siemens, déjà largement bénéficiaire, doit détailler jeudi à ses employés un vaste plan de restructuration qui menace des milliers d'emplois dans le secteur énergétique, en pleine transition.
La branche énergie du conglomérat, qui produit aussi bien des turbines à gaz, des éoliennes que des locomotives, avait déjà été réduite lors d'un vaste plan de restructuration de Siemens en 2013.
Mais Joe Kaeser, à la tête d'un groupe qu'il a transformé à marche forcée depuis quatre ans pour redresser ses marges, a annoncé jeudi dernier de nouvelles "coupes douloureuses".
"Nous devons nous attaquer aux difficultés structurelles de certaines activités", avait-il glissé la semaine dernière sans précisions, préférant détailler l'année "record" de Siemens: un bénéfice net annuel de 6,2 milliards d'euros lors de son exercice décalé 2016-17, en hausse de 11% sur un an, et 83 milliards d'euros de chiffre d'affaires.
Après des semaines de rumeurs au sein du groupe munichois, Joe Kaeser tient ce jeudi un comité d'entreprise pour exposer à ses salariés les détails de son plan, assurant faire tout son possible pour "atténuer ce coup" avec, par exemple, des requalifications et réaffectations de salariés plutôt que des licenciements secs.
- La principale usine menacée -
Le géant allemand a déjà annoncé début novembre la suppression de 6.000 emplois au sein de sa coentreprise leader mondial de l'énergie éolienne, Siemens-Gamesa, en raison d'une baisse des ventes. Selon le journal Manager Magazin, Siemens envisage désormais la fermeture de 11 de ses 23 sites mondiaux de production électrique, qui emploient au total 30.000 personnes, dont 12.000 en Allemagne.
La direction du personnel de Siemens envisage une coupe "à quatre chiffres", principalement en Allemagne, selon le plus grand syndicat allemand de l'industrie, IG Metall.
Sur la liste des sites menacés se trouverait la principale usine du groupe, la célèbre "Dynamowerk" de Berlin, d'où est partie l'aventure Siemens au début XXe siècle, une immense bâtisse de briques rouges où travaillent aujourd'hui 11.000 salariés.
D'autres usines sont sur la sellette, principalement dans l'est du pays, une zone déjà sinistrée économiquement et un terreau électoral de choix pour l'extrême droite allemande.
La ministre allemande de l'Économie, la sociale-démocrate sur le départ Brigitte Zypries, a écrit au patron de Siemens pour le mettre en garde, relate le journal Bild.
"Cela peut nourrir le mécontentement et les doutes qui favorisent les développements politiques auxquels on a assisté aux dernières législatives", dit-elle en référence au score historique du parti d'extrême droite AfD (Alternative pour l'Allemagne), qui a fait son entrée au parlement allemand en octobre.
- 'Résistance créative' -
IG Metall a jugé plus généralement "irresponsable" de mettre à la porte des milliers d'employés alors que le groupe affiche des résultats positifs et s'était engagé au nom de la célèbre "Mitbestimmung" allemande - le principe de cogestion direction/salariés - à consulter les employés sur tout futur plan de licenciement.
"Siemens doit se préparer à un combat difficile", a averti le syndicat, qui annonce la tenue de manifestations d'ampleur devant les sites menacés et des "moyens de résistance créatifs", citant par exemple "le refus (d'effectuer) des heures supplémentaires".
Pour accompagner la transition énergétique allemande du nucléaire vers les énergies renouvelables, le groupe aux 351.000 salariés avait déjà sacrifié 15.000 postes en 2013, dont un tiers en Allemagne.
Siemens avait entrepris de recentrer ses activités, cédant l'électroménager et les réseaux télécoms, puis abandonnant le nucléaire et l'énergie solaire. Le groupe avait misé sur l'éolien, qui a connu des débuts confus.
"Siemens est quand même censé pouvoir supporter certaines difficultés temporaires en attendant des solutions plus durables", estime IG Metall.
Une capacité d'amortissement que n'a pas son principal concurrent en difficulté, l'Américain General Electric, qui a annoncé lundi un vaste plan de restructuration pour se recentrer sur trois activités (aéronautique, santé et énergie) et s'accompagnant de milliers de suppressions d'emplois à travers le monde.
http://www.boursorama.com/actualites/siemens-prepare-ses-employes-a-des-milliers-de-suppressions-de-postes-5078474e2d6b77203bbae4162d18bf28

15/11/17
Le gouvernement demande à EDF d'augmenter le recours aux énergies renouvelables
C'est Nicolas Hulot, le numéro trois du gouvernement Macron en sa qualité de ministre de la transition écologique et solidaire, en fait de l'écologie, qui une semaine après avoir renoncé à l'objectif 2025 pour réduire le nucléaire en France dans la production d'électricité demande à EDF un « plan précis » pour développer le solaire et l'éolien dans l'hexagone, car il faut bien couvrir les besoins en électricité du pays.
Pendant ce temps, le gouvernement Macron a pris à son compte l'engagement non tenu par François Hollande, d'arrêter les deux ....

https://www.riskassur-hebdo.com/actu01/actu_auto.php?adr=1511171112

15/11/17Appel d’offres éolien terrestre : ça ira mieux l’année prochaine… [Enquête]
Y aura-t-il des candidats à la première session du premier appel d’offres éolien sous le régime du complément de rémunération ? Sans doute, mais ils pourraient être rares et les 500 MW proposés, difficiles à atteindre. C’est pourquoi Olivier Perot, président de France Energie Eolienne (FEE), a adressé la semaine dernière un mail aux adhérents de l’association professionnelle pour les inciter à participer. Le sujet figurera aussi dans les conversations des participants au colloque éolien du Syndicat des énergies renouvelable, jeudi 16 novembre.
C’est aussi la raison des modifications qui ont allégé in extremis le cahier des charges de cette première période. Elles autorisent les projets bénéficiant de l’arrêté Complément de rémunération 2016 (CR 2016) à candidater et aussi ceux qui sont encore en cours d’enquête publique, qui n’ont donc pas d’autorisation environnementale. « Il faut bien sûr répondre aux critères fixés par le cahier des charges mais au moins le fait de candidater ne fait pas perdre le bénéfice du régime de complément de rémunération en guichet ouvert », explique Hélène Gelas, avocate associée du cabinet d’avocats LPA-CGR avocats.
Le pipe est à sec
Il est vrai que la filière éolienne, surprise par l’arrivée du mécanisme marché + prime annoncée mi-2016, a présenté depuis un maximum de projets à EDF Obligation d’Achat – un spécialiste qualifie le volume d’ « hallucinant » – pour bénéficier du tarif réservé aux projets présentés dans ce cadre, y compris ceux sans autorisation environnementale. Du coup, le pipe de dossiers à construire est à sec, nombre d’entreprises n’ont plus de projets à proposer. « Tous nos projets sont sécurisés sous CR 2016, indique Xavier Nasse, directeur général de JPEE, propriétaire de 184 MW de parcs éoliens. Mais...
https://www.greenunivers.com/2017/11/appel-doffres-eolien-terrestre-ca-ira-mieux-2018-enquete-171509/

15/11/17
Le financement participatif au secours des éoliennes
Les projets des professionnels de l'énergie éolienne mettent souvent plus de dix ans à sortir de terre en raison de recours déposés devant les tribunaux.
Annulé! La cour administrative d'appel de Marseille a annulé le 10 novembre le schéma éolien du Languedoc-Roussillon. Le recours avait été déposé par la Fédération environnement durable (FED), qui regroupe un millier d'associations, opposée à la construction d'éoliennes au sol et en mer. «C'est la quinzième décision du genre que nous remportons, se satisfait Jean-Louis Butré, son président. Désormais, les lobbies industriels ne ...
Plongée pédagogique dans les nouveaux marchés de l’électricité : de la concurrence en bout de ligne et une bourse de l’électricité. Par François Lévêque, Mines ParisTech
Vous pouvez désormais acheter votre électricité chez Total. Pas à la pompe bien sûr, mais en vous abonnant. Vous recevrez chez vous du courant à chaque instant et une facture de temps en temps, tout comme de la part d'autres fournisseurs. Pourtant Total ne possède pas de centrales électriques comme EDF. Elle ne produit donc pas son électricité. Mais ce n'est pas nécessaire car les kWh peuvent s'acheter sur des marchés de gros et être revendus au détail aux particuliers, un débouché ouvert à la concurrence depuis 10 ans.
L'électricité réputée différente des autres marchandises en est devenue une. Voyons comment, car dresser les électrons à l'économie ne s'est pas réalisé par enchantement d'un coup de baguette magique.
Des réseaux et des circuits
Remontons d'abord le courant de l'électricité qui arrive dans les prises de votre logement. Elle vient de parcourir un réseau de distribution et un réseau de transport, un ensemble de fils et lignes électriques qui irriguent le territoire, un peu comme le réseau routier avec ses chemins vicinaux et ses autoroutes. Les autoroutes de l'électricité sont directement branchées sur des centrales de tous types. Peu importe ici qu'elles aient été alimentées par du gaz, du charbon, de l'uranium enrichi ou encore le souffle du vent car tous les électrons se ressemblent physiquement.
Mais attention, ils ne circulent pas sur le réseau comme des voitures. La vitesse de la charge électrique ne dépasse pas le kilomètre-heure. L'électricité que vous recevez chez vous c'est un peu comme l'eau d'un long tuyau plein : l'eau qui sort instantanément par la pomme d'arrosage quand vous ouvrez le robinet n'est pas celle qui entre. C'est la pression qui se transmet très vite, pas l'eau.
Avant la libéralisation, ce circuit était maîtrisé par une seule et même entreprise, Electricité de France. Elle produisait l'électricité, la transportait, l'acheminait et la commercialisait. Aujourd'hui, il y a toujours au milieu de ce circuit un seul opérateur de réseau, RTE pour la haute tension et Enedis pour la moyenne et basse tension, mais à l'amont coexistent plusieurs producteurs et à l'aval plusieurs fournisseurs.
De la concurrence aux deux bouts
Pourquoi l'ouverture à la concurrence s'est-elle limitée aux deux bouts et n'a-t-elle pas concerné les réseaux ? Tout simplement parce que le transport et la distribution de l'électricité sont des monopoles naturels. Une unique entreprise est préférable à plusieurs car les économies d'échelle sont telles qu'un seul opérateur permet de minimiser le coût.
Inutile d'introduire la concurrence qui ferait moins bien. Songer à d'autres monopoles naturels plus évidents comme un tunnel en montagne ou un réseau de remontées mécaniques pour le ski : installer deux infrastructures côte à côte desservant la même demande locale conduirait à un gaspillage et le péage et l'abonnement seraient d'un montant plus élevé.
Pour qu'une telle chaîne qui combine des activités en concurrence et d'autres en monopole fonctionne il faut créer deux machineries. La première est un système de régulation, avec une autorité et des règles pour faire en sorte que les réseaux soient accessibles sur un pied d'égalité aux différentes entreprises rivales qui produisent l'électricité à l'amont ainsi qu'aux entreprises rivales qui le vendent aux consommateurs finals à l'aval. Le régulateur, la Commission de Régulation de l'Énergie en France, doit également veiller à ce que ces réseaux restés en monopole recouvrent leurs dépenses sans réaliser de surprofit.
La mise en place d'un marché de gros de l'électricité, ou bourse de l'électricité, est la seconde machinerie. On serait même tenté de parler ici de tringlerie tellement la chose est compliquée. Voyons cela de plus près.
Une bourse de l'électricité
Aujourd'hui, les transactions boursières pour échanger des devises ou des actions se règlent en microsecondes. Elles s'échangent entre vendeurs et acheteurs en un éclair. Rien de tel pour les marchés électriques : les ordres sont passés la veille pour le lendemain. EDF ne peut pas annoncer qu'elle est vendeuse, disons de 100 MWh, et Total de les acheter dans la seconde qui suit.
L'absence de marché spot réellement instantané de l'électricité s'explique par les caractéristiques bien particulières de cette commodité : elle ne se stocke pas (ou plus précisément pas à un coût raisonnable contrairement au pétrole ou au charbon) et la consommation et la production doivent s'équilibrer à chaque instant (sinon la lumière des ampoules faiblit ou les lignes électriques s'échauffent).
EDF peut en revanche annoncer qu'elle est prête à offrir demain pour chaque heure des volumes à différents prix, par exemple entre 12h et 13h 10 000 MWh à 31 € l'unité 7 000 MWh à 35 €, et 500 MWh à 150 € et Total peut s'engager à acheter à la même heure du lendemain 1 400 MWh à 33 €.
Quand le gestionnaire du marché empile les déclarations de tous les vendeurs et de tous les acheteurs pour une même heure, il obtient une courbe d'offre et une courbe de demande et leur intersection détermine le prix et le volume d'équilibre pour cette heure de la journée du lendemain. Il fait de même pour les autres heures.
Bien évidemment, en chaque heure du jour d'après la production et la consommation ne seront pas exactement celles prévues la veille. Tout un montage est organisé pour faire face à ces aléas et injecter ou soutirer de l'électricité au dernier moment afin d'assurer l'équilibre du système électrique.
Des marchés emboîtés
Les brusques variations du côté de l'offre et de la demande donnent ainsi des sueurs froides à l'opérateur du réseau de transport de l'électricité. Les éclipses solaires qui font brusquement chuter la production photovoltaïque en Allemagne ou les soirées de finales de championnat de football en Europe lorsque tous les postes de télévision s'allument et s'éteignent au même moment sont des événements particulièrement redoutés. Les pires étant ceux non prévus comme une chute de température exceptionnelle ou une panne de centrale électrique fortuite. Ces besoins de flexibilité en puissance ou en flexibilité sont parfois eux-mêmes couverts par des marchés. Ils rémunèrent, par exemple, l'effacement de grands consommateurs prêts à différer leur consommation ou la capacité de producteurs prêts à injecter de l'électricité en urgence au cas où.
Une construction si sophistiquée de marchés emboîtés afin de pouvoir installer la concurrence vaut-elle finalement la peine ? Oui, sans aucun doute si on raisonne à l'échelle de l'Europe continentale et pour l'allocation de court terme des capacités disponibles à la couverture des besoins. L'intérêt des bourses d'électricité en gros et de leurs marchés annexes est en effet de répondre à la demande d'électricité en faisant appel aux installations des producteurs qui produisent au moindre coût.
Le prix qui s'affiche la veille pour telle heure du lendemain est en effet égal au coût variable de l'unité marginale, c'est-à-dire la dernière centrale appelée quand on empile les offres par coût variable croissant. Cette formule ramassée chère aux économistes de l'énergie implique par exemple que les centrales à gaz seront d'abord toutes appelées avant les centrales à fioul dont le coût variable est beaucoup plus élevé.
Si seulement la moitié du parc de centrales à gaz est nécessaire pour satisfaire la demande à un instant donné, elle implique aussi que ce seront les centrales à gaz aux plus bas coûts variables qui seront sélectionnées. En deux mots la bourse sélectionne les meilleures offres des différents concurrents.
En réalité, c'est encore plus compliqué puisqu'il s'agit de minimiser l'ensemble coût de production et de transmission. Par exemple pour fournir telle ville, ce n'est pas forcément une installation d'éoliennes produisant à coût marginal quasi nul qui doit être sélectionnée. Si elle est très éloignée de la zone de consommation, il sera peut-être plus efficace de faire appel à une centrale à gaz plus coûteuse à exploiter mais qui est plus proche. Acheminer de l'électricité de plus loin est en effet plus coûteux à cause des pertes en ligne, une partie de l'électricité se dissipant en chaleur. Il peut également arrivé que des congestions apparaissent en quelques points du réseau, conduisant également à modifier le principe d'appel des centrales par coût croissant.
Du monopole à l'Europe de l'énergie
Les nostalgiques de l'électricité publique en monopole diraient qu'EDF pouvait aussi à l'époque seule dans son coin allouer sa production en tenant compte des caractéristiques des centrales et des réseaux pour satisfaire la demande au moindre coût. C'est juste à condition de supposer que l'entreprise et ses dirigeants étaient tous mus par la recherche de l'intérêt général, une hypothèse avancée par Marcel Boiteux. (Cet ancien patron d'EDF avançant même qu'il servait mieux la France électrique que ses ministres de tutelle trop préoccupés par diverses autres considérations.) Une telle hypothèse est difficile à admettre par les économistes depuis que le plus fameux d'entre eux, l'écossais Adam Smith, a fondé leur discipline sur l'intérêt égoïste des hommes.
En tout état de cause une EDF vertueuse n'aurait pu étendre son monopole à l'ensemble de l'Europe pour y minimiser à court terme le coût de production et de transmission des électrons. C'est pourtant chose faite aujourd'hui car les différentes bourses de l'électricité du continent sont couplées à des systèmes d'enchères pour gérer le transport de l'électricité à travers les frontières.
Un grand consommateur ou un fournisseur d'électricité en France peut acheter pour demain son électricité d'Allemagne ou de Belgique rendue dans l'Hexagone sans devoir réserver et payer par ailleurs un passage au-dessus du Rhin ou à travers les Ardennes.
En résumé, l'Europe s'est dotée d'un système efficace de marchés électriques pour allouer au mieux les électrons sur son territoire qui devient progressivement une vaste plaque de cuivre. C'est une prouesse technique doublée d'une réussite économique. Nous verrons la semaine prochaine que cette belle construction dont Total tire parti chancelle aujourd'hui. En attendant notez que la volonté de cette compagnie de faire jeu égal avec EDF et Engie ne trouve pas sa source dans les perspectives de croissance et de profit liées à l'alimentation électrique de votre résidence mais dans celles offertes demain par le véhicule électrique. En plus de recevoir chez vous l'électricité de Total vous pourrez bientôt recharger votre voiture dans ses stations-service.
http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/la-nouvelle-fee-electricite-757903.html

14/11/17
Les énergies renouvelables concentreront deux-tiers des investissements dans les centrales électriques, d’ici 2040 (AIE)
A l’horizon 2040, deux-tiers des investissements globaux dans l’installation de centrales électriques seront orientés vers les énergies renouvelables. C’est ce que révèle, aujourd’hui, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans son nouveau rapport World Energy Outlook (WEO) portant sur les projections énergétiques sur la période 2016-2040.
D’après l’organisation, le déploiement rapide des systèmes photovoltaïques en Chine et en Inde, lié à la baisse continue du coût du kWh d’origine solaire, constatée depuis quelques années, fera du solaire la première source d’énergie à faible teneur en carbone.
Portées par cette dynamique dans le solaire ainsi que par un essor de l’éolien onshore et offshore en Europe, les énergies renouvelables devraient peser pour 40% de la production électrique globale, d’ici 2040.
Au-delà de la simple génération d’électricité, les énergies renouvelables joueront, selon l'AIE, un rôle de plus en plus important sur le plan de la production de chaleur, notamment au Brésil où ils devraient représenter 45% de la consommation finale d’énergie, d’ici 2040, contre 39% actuellement.
Ces perspectives favorables pour les énergies renouvelables s’inscrivent dans un contexte où la demande énergétique mondiale devrait progresser de 30%, d’ici 2040, principalement du fait des pays développés de l’Asie (deux-tiers des besoins mondiaux) et plus modestement de pays du Moyen-Orient, de l’Afrique et de l’Amérique latine. 
https://www.agenceecofin.com/energies-renouvelables/1411-52075-les-energies-renouvelables-concentreront-deux-tiers-des-investissements-dans-les-centrales-electriques-d-ici-2040-aie

14/11/17 : Energies renouvelables : Hulot augmente la pression sur EDF😠😠😡
Le ministre de la transition écologique et solidaire demande à EDF un « plan précis » pour développer le solaire et l’éolien en France.
Une semaine après avoir dû renoncer à l’objectif de 2025 pour réduire la part du nucléaire en France dans la production d’électricité, Nicolas Hulot passe à l’offensive sur Electricité de France (EDF). Dans un entretien publié, mardi 14 novembre, par le Financial Times, le ministre demande à l’électricien comment il compte augmenter significativement la part des énergies renouvelables dans le mix électrique français.
« EDF a deux priorités : gérer l’énergie nucléaire, d’un côté, et les renouvelables, de l’autre. Comment EDF doit faire face aux défis du XXIe siècle ? Une réflexion est en cours », explique le ministre.
« Tout est sur la table, nous sommes en phase de discussion », déclare Nicolas Hulot, qui, selon le journal, réfléchit notamment à l’architecture de l’entreprise, mais ne remet pas nécessairement en question sa direction actuelle. L’Etat est actionnaire d’EDF à hauteur de 83,40 %.
« La norme ne doit plus être l’énergie nucléaire »
« EDF peut se revitaliser grâce aux [énergies] renouvelables… Son intérêt n’est pas de se cacher la tête dans le sable comme une autruche, mais d’être comme une girafe et de regarder au loin », a ajouté Nicolas Hulot dans le Financial Times. « Demain, la norme ne doit plus être l’énergie nucléaire, mais les énergies renouvelables. C’est un bouleversement complet de notre modèle », a-t-il ajouté.

Les scénarios de transition énergétique pour 2035 présentés, mardi 7 novembre, par RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, impliquent tous un doublement, voire un triplement, de la capacité de production d’électricité à partir d’énergies renouvelables. Par exemple, la France compte aujourd’hui 6 500 éoliennes, et il en faudrait entre 13 000 et 17 000 installées en 2035 pour tenir un schéma de transition qui permette de réduire la part du nucléaire, tout en ne produisant pas plus de gaz à effet de serre.
Dimanche 12 novembre, le président de l’Assemblée nationale, l’écologiste François de Rugy, membre du parti La République en marche, avait déjà accusé EDF d’être responsable de la lenteur française à engager la transition énergétique.
« Pendant cinq ans, malheureusement, EDF n’a rien voulu faire et les gouvernements ont cédé [à ses] pressions », a dénoncé M. Rugy sur BFM-TV. Selon lui, « il faudra donner des instructions plus claires à EDF que ce qui avait été fait ».

http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/11/14/energies-renouvelables-nicolas-hulot-augmente-la-pression-sur-edf_5214616_3234.html

11/11/17ÉOLIENNES : LA MALADIE « VERTE » EST MORTELLE
L’Allemagne, la Belgique et la France installent de plus en plus d’éoliennes. L’Allemagne doit bien vendre ces engins dont nombre de pays ne veulent pas. Des pays en veulent si nous les leur payons (les cent milliards annuels de la COP21). Ces engins sont polluants par l’indispensable complément de centrales thermiques ultra-polluantes, ils sont chers, ils rendent progressivement les riverains malades… Pourquoi acceptons-nous cette dictature « verte » qui, à partir de l’Allemagne, répand déjà un nuage de pollutions sur l’Europe ?
Nous l’acceptons parce que les gains énormes du lobby éolien lui permettent de matraquer les médias, de « convaincre » nos hommes politiques, d’éviter de nous instruire ! Le citoyen honnête ne voit que l’alternative « nucléaire qui tue – éolien qui sauve ». Vue compréhensible mais simpliste qui date de Tchernobyl !
La centrale de Tchernobyl était avant tout militaire, servait accessoirement à donner du courant électrique. Des ordres contradictoires ont été exécutés par des incompétents et l’Europe a subi le nuage radioactif venu d’Ukraine. La peur de voir se renouveler pareil désastre a mis un frein aux recherches dans le domaine du nucléaire. Cette peur était plus que compréhensible ! Elle est revenue à la surface avec Fukushima alors que, là, il n’y a eu aucune mort liée au nucléaire… seulement une stupide erreur humaine de vouloir sauver les réacteurs.
Si les réacteurs actuels sont d’origine militaire, certains réacteurs civils en test sont sans le moindre danger, même en cas d’erreur humaine, même en cas d’attaque terroriste. Il s’agit du nucléaire de la 4e génération. Son développement a été retardé par la peur. Certaines variantes promettent tous les avantages qu’on peut espérer d’une source d’énergie électrique : aucun danger de radiations en cas de problème, aucun risque d’explosion. La sécurité est totalement passive. Il consomme les déchets des anciennes centrales qui nous encombrent actuellement. Il dispose d’uranium ou de thorium pour des milliers d’années. Le prix de cette énergie est ridiculement bas, il est même possible de construire de petites centrales près d’un centre industriel, dans des agglomérations… j’en voudrais une dans mon jardin ! On les appelle des SMR (Small Modular Reactor). Dans ce domaine, la Belgique avait une avance spectaculaire jusqu’en 2010…
La géothermie fait d’énormes progrès. Elle profite des recherches et techniques permettant des forages à grande profondeur, permettant d’atteindre le magma. L’Islande a déjà deux ans d’expérience réussie à Krafla. Il s’agit d’une source d’énergie éternelle. Encore un peu de patience.
Le gaz et le pétrole de schiste font peur. À l’origine, cette peur était bien justifiée car les exploitations étaient très polluantes. Grâce à George Phydias Mitchell, des progrès ont été faits qui permettent non seulement de forer à grande profondeur mais aussi d’en réduire le nombre. Aucun risque d’effondrement ni de pollution, mais un gaz qui peut nous servir dans les centrales au gaz « turbine-vapeur » de 60 % de rendement, nettement moins polluantes que le couple éoliennes-centrales « turbine simple » de 40 % de rendement. Ce gaz peut nous être utile tant que les centrales nucléaires de 4e génération n’ont pas réussi à convaincre. La Chine, l’Inde, la Russie et le Canada s’activent ! Des dizaines de pays qui en ont les moyens financiers développent le nucléaire.
Nous ne faisons rien…
L’éolien est condamné à disparaître et l’« explosion » actuelle ne peut s’expliquer que par la crainte du lobby d’être bientôt empêché de continuer son escroquerie. Il sera empêché de la continuer le jour où tout le monde aura compris que le réchauffement climatique actuel n’a rien d’anthropique, n’a aucun lien avec le gaz carbonique (CO2), qu’on nous ment pour remplir quelques poches !
Une seule conclusion s’impose : instruisons-nous, obligeons nos hommes politiques à s’instruire, faisons barrage à la ruine qui nous guette, évitons la pollution « verte » qui nous tue.
http://www.bvoltaire.fr/eoliennes-maladie-verte-mortelle/

10/11/17Énergies renouvelables. Les éoliennes dans le collimateur du ministère de la Défense ?
Les éoliennes, il n’y a pas que les riverains ou les associations qui défendent les paysages qui en ont marre. L’armée aussi. Elle trouve que la France est « saturée » d’éoliennes et que celles-ci perturbent grandement le fonctionnement des radars. Un projet de décret, censé à l’origine assouplir l’installation d’éoliennes et qui a intégré les préoccupations de l’armée, inquiète la filière.
Aujourd’hui, la moitié des projets éoliens français (53% soit 253) font l’objet de recours en justice. Et les contraintes d’implantation sont nombreuses : « habitations, monuments, centrales nucléaires, zones Natura 2000, aéroports, radars météorologiques… » mais surtout « secteurs d’entraînement à très basse altitude de la défense, réseau très basse altitude de défense, zones de vols tactiques pour hélicoptères de combat, zones interdites, zones dangereuses ». Pour Jean-Yes Grandidier, patron de Valorem et cofondateur du syndicat professionnel France énergie éolienne (FEE), 6500 MW de projets éoliens sont gelés par le ministère de la Défense.
Dans un livre paru le 19 octobre (Le Vent nous portera, Gallimard) écrit avec le journaliste Gilles Luneau, il explique qu’à cause des contraintes imposées par les militaires et les centrales nucléaires, de plus en plus de portions de territoire sont interdites aux éoliennes. En France, 12.3% du territoire étaient grevés par ces contraintes en 2013, 50.25% en 2016 et d’ici 2019, cela pourrait être 86% du territoire.
Un décret vise en effet à étendre la zone tampon interdite aux éoliennes de 30 km autour d’un radar militaire à 70 km. « Les éoliennes sont dans le collimateur de l’armée car elles renvoient un signal qui, pour résumer, peut faire prendre à un radar des éoliennes pour des avions ou lui empêcher de détecter un avion qui passerait derrière un champ d’éoliennes », explique Le Monde. Pour le général Pierre Reutter, patron de la Dircam (direction de la circulation aérienne militaire), l’autorité qui rend les avis de l’armée sur les projets éoliens, « les éoliennes peuvent constituer un obstacle à la réalisation de nos missions en réduisant notre capacité de détection des menaces voire en les annihilant ».
Pour mieux connaître les impacts des éoliennes sur les radars, les modéliser et pouvoir les contrecarrer,« la direction générale des armées a chargé l’Office national d’études et de recherches aérospatiales de développer un logiciel de simulation dénommé Dempere – pour démonstrateur de perturbations des éoliennes sur les radars électromagnétiques. La première version, en cours d’élaboration, a pris du retard et la deuxième phase d’expérimentation ne devrait pas débuter avant le premier semestre 2018 ».
Le ministère de la Défense répondait au sujet de DEMPERE à un sénateur le 15 septembre 2016 : « Pour améliorer la précision de ses estimations, le ministère de la Défense a lancé le développement d’un outil spécifique de modélisation dénommé « DEMPERE » (DEMonstrateur de Perturbations des Éoliennes sur les Radars Électromagnétiques) afin notamment de mieux mesurer la contrainte exercée par l’implantation d’éoliennes sur la performance des radars de la défense. Cet outil doit faire l’objet d’expérimentations qui permettront d’affiner les données de simulation. C’est au terme de ces essais que le projet de décret sera finalisé en vue de définir les critères d’espacement, d’alignement et de neutralité hertzienne des aérogénérateurs vis-à-vis des installations de défense (radars, postes d’observations et zones sensibles). »
La réponse précise aussi les besoins des armées : « les armées nécessitent pour l’entraînement des avions de chasse et des hélicoptères en vol tactique de larges tracés libres sur le territoire national, présentant une faible densité de population, afin de préserver la sécurité des centres urbains. Cet entraînement est indispensable à la préparation des forces aériennes stratégiques et conventionnelles, appelées à être déployées en opérations extérieures. Ces tracés ne sont compatibles qu’avec des aérogénérateurs dont la hauteur varie entre 90 et 150 mètres au plus. Il appartient aux projeteurs de respecter ces plafonds dans ces secteurs » tout en ouvrant la voie à une réduction de ces secteurs. En 2014, une étude a amené à « de 18 % le réseau très basse altitude des avions de chasse et de 11 % les secteurs d’entraînement au vol tactique des hélicoptères ».
Le problème, c’est que tant que le logiciel n’est pas au point, l’armée se barricade derrière le principe de protection et « a prévenu qu’elle émettrait désormais des avis défavorables aux nouveaux projets ». Jusque là, l’armée accueillait plutôt favorablement le développement de l’éolien terrestre, comme il est précisé dans la réponse du ministère de la Défense au Sénat : « depuis 2011, [le ministère] a ainsi donné un avis favorable à près de 88 % des demandes de permis de construire de parcs éoliens qui lui ont été présentées, et a autorisé la réalisation de plus de 26 700 MW éoliens ». Comme les avis de la Défense sont nettement plus écoutés que ceux des opposants locaux ou des collectivités territoriales – et pour cause – ce sont souvent des arrêtés de mort pour les projets éoliens concernés.
Secrétaire d’État à la transition énergétique et solidaire, Sébastien Lecornu a installé ce 19 octobre un groupe de travail pour simplifier les règles de l’éolien terrestre et tenter de concilier les intérêts de la Défense et des industriels éoliens. « L’armée étudie chaque dossier en prenant en compte les perturbations que génèrent les éoliennes sur les radars qui protègent notre territoire et les obstacles que ces dernières peuvent représenter dans ses zones d’entraînements », explique-t-il au Monde. Les intérêts de l’armée ne seront pas sacrifiés, mais il milite pour que les vastes terrains de la Grande Muette servent à des « logiques de compensation », notamment pour y installer des panneaux solaires.
https://www.breizh-info.com/2017/11/11/81555/energies-renouvelables-eoliennes-collimateur-ministere-de-defense

09/11/17 : Fortes turbulences dans l'éolien
Le numéro un mondial Vestas voit ses marges s'éroder. Siemens Gamesa et Nordex ont déjà annoncé des plans sociaux.
Un vent froid souffle sur les industriels de l'éolien. Jeudi, le cours de l'action Vestas a subi un trou d'air en Bourse après la publication de ses résultats trimestriels. Le danois, numéro un mondial de la fabrication d'éoliennes, a publié un chiffre d'affaires en baisse de 6 % au troisième trimestre par rapport à la même période l'année précédente, à 2,7 milliards d'euros. Surtout, la marge opérationnelle (marge d'Ebit) a reculé de deux points en un an, à 12,9 %.
Le PDG du groupe, Anders Runevad, a jugé ses résultats « solides », mais il a pointé un contexte de « compétition accélérée et de profitabilité décroissante », nécessitant « d'améliorer l'efficacité » du groupe. Pour l'ensemble de l'année, Vestas a ramené sa prévision de marge de 12-14 % à 12-13 %.
Améliorer son efficacité
Après avoir marié leurs activités dans l'éolien l'an dernier, l'allemand Siemens et l'espagnol Gamesa viennent de passer à la vitesse supérieure en annonçant 6.000 suppressions de postes dans le monde , soit environ un quart de leurs effectifs. En septembre, c'est l'allemand Nordex qui avait annoncé plusieurs centaines de suppressions de postes et annoncé un plan d'économies.
Le durcissement du marché est notamment lié au passage d'une politique de soutien public fondée sur un guichet ouvert et un prix d'achat fixe (feed-in-tariff) de l'électricité produite par les éoliennes à un système d'appels d'offres et d'enchères, où les plus compétitifs remportent les marchés . C'est le cas en Europe depuis quelques années, et c'est désormais aussi le cas en Inde, l'un des grands marchés mondiaux pour les énergies renouvelables.
Numéro un sur le marché indien, Siemens Gamesa Renewable Energy a ainsi indiqué que le gel temporaire de son activité en Inde avait entraîné un recul de son chiffre d'affaires mondial de 12 % au troisième trimestre. Hors marché indien, le recul aurait été limité à 2 %.
Réforme fiscale
Un projet de réforme fiscale aux Etats-Unis pourrait aussi, s'il est adopté en l'état, réduire le crédit d'impôt dont bénéficie l'industrie éolienne sur le sol américain. Le nouveau patron de l'américain GE, qui fait aussi partie des leaders mondiaux, publiera le 13 novembre sa nouvelle feuille de route.
Les industriels devront aussi probablement faire face à une concurrence chinoise accrue ces prochaines années. Le chinois Goldwind , grâce à son marché intérieur, fait partie des leaders mondiaux en capacités installées. Mais le marché a déjà enregistré une baisse de rythme l'an dernier.

09/11/17Entre Hulot et les écolos : un réalisme qui ne passe pas !
Au royaume de l’utopie, il ne fait pas bon tenir des propos réalistes.
Au royaume de l’utopie, il ne fait pas bon tenir des propos réalistes. Notre nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire en fait l’amère expérience et doit se mordre les doigts d’avoir accepté un poste qu’il avait jusqu’ici refusé. Car s’il est un domaine où prospèrent les projets aussi mirobolants qu’improbables, c’est bien le sien !
Voilà donc Hulot cloué au pilori par ses anciens amis, écolos et socialistes réunis. Son crime ? Avoir déclaré, le 7 novembre, qu’il serait « difficile » de tenir l’objectif de réduire de 75 % à 50 % la part du nucléaire dans la production électrique d’ici 2025. Objectif inscrit dans la loi de transition énergétique portée sur les fonts baptismaux en 2015 par une Ségolène Royal en lévitation.
« Je préfère le réalisme et la sincérité à la mystification », a dit Hulot. Crime de lèse-écologie, tonne le socialiste Luc Carvounas : « Franchement, utiliser les éléments de langage en parlant d’insincérité des mesures annoncées dans la précédente loi sur la transition énergétique portée par Ségolène Royal, en disant que c’était impossible, inatteignable et qu’on n’a pas dit la vérité… Mais il se moque de qui, Nicolas Hulot ? »
Eh bien, justement, je pense que, pour une fois, on ne se moque de personne car cette mesure mirobolante, elle, était purement démagogique. « Le politicien Nicolas Hulot a cédé aux lobbies », hurle Carvounas, qui ajoute : « S’il arrive à se regarder dans le miroir et à renier ce qu’il a été, comme d’ailleurs beaucoup de membres du gouvernement d’Édouard Philippe… Le reniement de ce qu’on a été est un peu la marque de fabrique de la “Macronie”. »
Voilà pour la politique. Voyons maintenant ce qu’il en est de l’électricité et des lobbies, c’est-à-dire lobby nucléaire contre lobby solaire/éolien.
À l’appui de Nicolas Hulot, le dernier rapport de Capgemini pointe une vérité que les tenants des énergies « vertes » se gardent bien d’aborder : « Le solaire et l’éolien sont des énergies intermittentes et aléatoires. Les États doivent donc prévoir des énergies de complément pour assurer la continuité de l’approvisionnement en électricité. » Concrètement, « ces charges supplémentaires, ou “coûts de réseau”, devraient être prises en compte dans le prix du solaire et de l’éolien. Il devrait être majoré d’environ 30 % pour éviter une distorsion de concurrence défavorable aux autres énergies. »
Plus largement, comme le soulignait ce jeudi François Lenglet sur RTL, « bon nombre d’experts disent depuis longtemps qu’on ne peut pas baisser autant le nucléaire sans augmenter l’utilisation des centrales thermiques, au gaz et au pétrole, et sans prolonger les centrales à charbon. Ce serait un comble, puisque parallèlement la France s’est engagée à diminuer ses émissions de gaz carbonique (CO2) pour limiter le réchauffement. » C’est la solution qu’a trouvée l’Allemagne, qui « a investi plusieurs centaines de milliards d’euros dans la production de renouvelables pour atteindre 20 %, mais a maintenu quasiment intégralement ses centrales à charbon (ultra-polluantes), au gaz et au pétrole, qui font plus de 40 % de l’électricité ».
Bref, pour nous sauver d’un hypothétique Fukushima, l’Allemagne de Mme Merkel nous tue sûrement avec ses fumées.
Reprenant les propos de Capgemini, Lenglet poursuit : « Et cela va durer, parce qu’on ne peut s’en remettre totalement à la production d’énergie qu’on appelle fatale », car comment fait-on quand il n’y a ni vent ni soleil ? La preuve : « Au Danemark, où la part de renouvelable est encore supérieure à celle de l’Allemagne, ce sont les barrages hydrauliques norvégiens et suédois qui fournissent l’énergie d’appoint. »
Bref, la question reste inchangée : que fait-on, entre la peste des centrales nucléaires vieillissantes et le choléra des centrales à gaz ou à charbon ?
On attend la réponse de monsieur Hulot…
http://fr.friends-against-wind.org/realities/entre-hulot-et-les-ecolos08/11/17L’armée, ennemie numéro 1 des éoliennes
Les éoliennes : voilà un marché qui, en France, devrait avoir le vent en poupe. En effet, la loi impose qu’en 2030, l’éolien produise six fois plus d’électricité qu’aujourd’hui. Pourtant, la filière se heurte à un ennemi inattendu, qui lui met des bâtons dans les pales : l’armée. Pourquoi les éoliennes perturbent-elles les militaires ? L’Œil du 20h vous explique tout.
La commune la plus écologique de France, c’est peut-être Escource, dans les Landes. Ici, il y a des panneaux solaires partout : sur les réverbères, les salles de fête et même… les toilettes publiques. Mais Escource en veut plus. En 2011, la mairie envisage de construire un parc de 9 éoliennes. Il devait s’implanter à proximité de la commune et aurait fourni l’électricité à 15 000 habitants. Tout était prêt : les riverains étaient d’accord, les financements trouvés.
Mais au dernier moment, le vent tourne. Le ministère de la Défense met son veto. “L’armée utilise le ciel aux alentours pour ses entraînements à basse altitude, explique Kévin Zimmermann, qui a coordonné le projet. Or, pour capter du vent à Escource, il faut monter les éoliennes très haut. Et du coup on était obligé de les monter un tout petit peu trop haut par rapport au palier de sécurité de l’armée.”
Bref, les éoliennes prévues étaient trop hautes selon l’armée, et auraient pu gêner les hélicoptères pendant leurs entraînements.
Un projet de décret fatal aux éoliennes ?
Pas de chance pour les éoliennes : elles perturbent aussi les radars militaires ! Pendant quelques secondes, pour des raisons techniques, les avions disparaissent des écrans lorsqu’ils volent près des éoliennes.
Aujourd’hui, il est presque impossible d’implanter une éolienne à moins de 30 km d’un radar militaire, c’est la règle. Conséquence : plus de 50% du territoire est aujourd’hui inconstructible aux éoliennes.
Demain, un projet de décret que nous nous sommes procurés pourrait aggraver les choses pour la filière : l’armée voudrait étendre la zone d’interdiction de 30 à 70 km autour d’un radar. Une catastrophe pour les professionnels du secteur. « Il y a presque 90% du territoire qui serait couvert par les contraintes militaires, s’indigne Jean-Yves Grandidier, président de Valorem, un constructeur d’éoliennes. Au-delà de 2020, on ne pourra plus construire d’éoliennes terrestres en France. L’armée a le droit de vie ou de mort sur nos projets !”
Selon les syndicats de l’éolien, le ministère de la Défense a bloqué la création d’environ 3 500 éoliennes en quatre ans. La direction de la circulation aérienne militaire (Dircam) assure au contraire accorder beaucoup d’autorisations. Même si son directeur, le général Pierre Reutter, veut rappeler sa priorité : l’armée. « Nous avons un engagement en opérations extérieures qui est particulièrement fort, avec un engagement des équipages de chasse, de transport, d’hélicoptère, énorme, souligne-t-il. Il faut bien qu’on s’entraîne. Et il faut bien aussi assurer la surveillance, la protection du territoire. »
Conscient du problème, le gouvernement vient d’installer un groupe de travail pour trouver des solutions, comme construire des éoliennes… mais très loin, en pleine mer !
Ce qui coûterait beaucoup plus cher…
http://blog.francetvinfo.fr/oeil-20h/2017/11/08/larmee-ennemie-numero-1-des-eoliennes.html

08/11/17
Les énergies vertes demandent au gouvernement d’être plus ambitieux
Les acteurs du secteur des énergies renouvelables ont demandé mercredi au gouvernement d’augmenter ses ambitions en la matière, au lendemain du report de la baisse à 50% de la part du nucléaire dans la production d’électricité française.
Cette annonce sur le nucléaire «porte atteinte aux objectifs de transition et d’indépendance énergétique» définis en 2015 dans la loi sur la transition énergétique, a ainsi regretté France énergie éolienne dans un communiqué.
La loi prévoit que les énergies renouvelables représenteront 32% de la consommation d’énergie et 40% de la production d’électricité française en 2030, contre près de 20% fin 2016.
La fédération, qui regroupe les acteurs de l’éolien, demande ainsi au gouvernement de porter à 45% l’objectif d’énergie renouvelable dans la production d’électricité française en 2030, un objectif «ambitieux mais réaliste», selon elle.
Le Syndicat des énergies renouvelables (SER), qui rassemble les entreprises développant tous les types d’énergies vertes, a lui estimé mardi que ces énergies «pourront fournir 50% de la production électrique française» à l’horizon 2030, grâce à des «gains de compétitivité croissants».
Dans le détail, le SER table notamment sur 52 gigawatts (GW) de capacités solaires en 2030, contre plus de 7 GW aujourd’hui, et sur un parc éolien terrestre et maritime de 58 GW, contre plus de 12 GW actuellement.
Les deux organisations s’appuient sur les scénarios prospectifs publiés mardi par le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE, qui incluent tous un développement massif des énergies vertes à l’avenir.
«Si, aujourd’hui, la part des énergies thermiques, fortement émettrices de CO2, a baissé dans le mix électrique français en quelques années, c’est bien grâce à l’éolien et aux énergies renouvelables qui ont fait la preuve de leur pertinence, de leur fiabilité et de leur efficacité», défend Olivier Perot, président de France énergie éolienne.
La France s’est jusqu’ici fixé comme objectif de tripler la puissance du parc solaire photovoltaïque d’ici à 2023 pour atteindre une fourchette située entre 18,2 et 20,2 GW, et prévoit de se hisser à entre 21,8 et 26 GW en éolien à la même date.
http://www.liberation.fr/futurs/2017/11/08/les-energies-vertes-demandent-au-gouvernement-d-etre-plus-ambitieux_1608725

08/11/17
Energies renouvelables : la France à la traîne
La part des renouvelables dans la consommation finale d’énergie n’était que de 16 % fin 2016. Ce chiffre place le pays dans la queue du peloton européen.
C’est souvent le reproche formulé à l’Allemagne. En annonçant sa sortie du nucléaire après l’accident de Fukushima (Japon), en 2011, le pays a continué à faire tourner à plein régime ses centrales à charbon, tant pour sa consommation d’électricité que pour l’exportation. Malgré un fort développement des énergies renouvelables, Berlin pourrait ne pas atteindre son objectif de réduire ses émissions de gaz à effet de serre pour 2020.
Comment la France peut-elle éviter cet écueil ? Dans ses scénarios, RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, étudie les efforts que le pays doit faire pour diminuer progressivement la part du nucléaire tout en évitant d’augmenter ses émissions de gaz à effet de serre.
Les chiffres sont impressionnants : quel que soit le scénario retenu, la France devra être dotée de 13 000 à 17 000 éoliennes, sur terre et en mer, d’ici 2035. Le territoire en compte aujourd’hui 6 500. Une démarche aussi volontariste doit être engagée pour le solaire : il faudrait atteindre une capacité installée de panneaux photovoltaïques comprise entre 36 GW et 48 GW, contre 6,7 GW aujourd’hui.

Queue du peloton européen
La France est donc loin du compte. La part des renouvelables dans la consommation finale d’énergie n’était que de 16 % fin 2016. Un chiffre en nette progression, mais qui place le pays dans la queue du peloton européen. « Pour infléchir le rythme, il faut rapidement actionner, dans les mois qui viennent, un certain nombre de leviers, en particulier dans le domaine de la simplification », a réagi le président du Syndicat des énergies renouvelables, Jean-Louis Bal.
L’un des principaux obstacles à l’accroissement de l’éolien terrestre réside dans l’opposition féroce des riverains à l’installation de nouveaux champs. Selon les industriels, le temps de développement d’un champ d’éoliennes prend entre six et huit ans, deux à trois fois plus que dans les autres pays européens,...

http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/11/08/energies-renouvelables-la-france-a-la-traine_5211870_3234.html

07/11/17
: Eolien : les déconvenues de Siemens Gamesa, ou les limites des grandes fusions
La filiale de l’allemand, née d’une fusion avec l’espagnol Gamesa en 2016, a annoncé lundi un plan de restructuration massif.
Il est toujours dangereux de bâtir une stratégie sur du vent. L’allemand Siemens, qui a construit une partie de son avenir énergétique sur l’éolien, en mesure la difficulté. Siemens Gamesa, sa filiale née de la fusion de ses activités dans ce secteur avec celles de l’espagnol Gamesa, a annoncé lundi 6 novembre un plan de restructuration massif, qui se traduira par la suppression de près de 6 000 postes dans le monde, soit près d’un quart de ses effectifs. Pour une industrie d’avenir et un relais de croissance majeur, on pouvait rêver mieux. Cette déconvenue ne pose pas seulement la question de la solidité à long terme de cette branche, qui pèse plus de 10 milliards d’euros de revenus pour le groupe allemand, mais aussi celle de la gestion de ses acquisitions.
Un trou d’air passager
L’alliance Siemens Gamesa, conclue en 2016, ressemble, en effet, furieusement à celle signée un an plus tard par le groupe munichois avec le français Alstom dans le ferroviaire. Même participation tout juste majoritaire de l’allemand, 59 % dans Gamesa et 51 % dans Alstom Transport, et même volonté de maintenir une identité locale, concrétisée par une cotation en Bourse séparée, à Madrid pour l’éolien, à Paris pour le train. Et puis probablement, même pression concurrentielle, avec, dans l’ombre, des géants chinois qui se font les dents sur leur marché intérieur, le plus gros du monde, avant de sortir en masse de leurs frontières.
Les vents restent cependant nettement plus porteurs dans le cas de l’éolien. Selon le rapport annuel du Global Wind Energy Council, la capacité de production électrique installée dans le monde devrait quasiment doubler dans les cinq ans qui viennent, avec un tiers en Chine. Ce ne sera pas le cas des trains, ni même des métros. Le trou d’air de Siemens Gamesa semble donc passager, mais il est lié à deux facteurs intéressants à suivre sur la durée. Le premier est un ralentissement conjoncturel en Inde, quatrième marché du monde. La conséquence...
http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/11/07/eolien-les-deconvenues-de-siemens-gamesa-ou-les-limites-des-grandes-fusions_5211340_3234.html


07/11/17 : Colloque National Eolien 2017 : les acteurs de l'éolien présentent leurs innovations (1/3)
La filière éolienne est arrivée à maturité en France. Mais elle ne cesse pas d'innover pour autant. Lors du Colloque National Eolien 2017, nombre d'acteurs sont venus présenter leur solution pour favoriser la concertation, optimiser le productible, voire faciliter la maintenance. Sélection en vidéo.
L'année écoulée aura été marquée par des avancées certaines pour la filière éolienne. La mise en place de l'arrêté tarifaire éolien 2017 et la publication du cahier des charges des appels d'offres ont redonné visibilité et confiance aux porteurs de projets éoliens.
Pour autant, de nombreux leviers restent à activer pour notamment, améliorer l'acceptation des projets éoliens, optimiser le productible, et faciliter la maintenance des parcs. Autant de questions auxquels les acteurs de la filière entendent répondre par l'innovation.
Le Colloque National Eolien qui s'est tenu mi-septembre au parc Floral de Paris a été l'occasion, pour nombre d'organisations, de venir présenter leurs solutions. En partenariat, France Energie Eolienne et Actu-Environnement en ont sélectionné une douzaine, et vous les présenter en vidéo :

06/11/176000 EMPLOIS BIFFÉS CHEZ SIEMENS-GAMESA
Le fabricant d'éoliennes germano-espagnol Siemens-Gamesa va supprimer «au maximum» 6000 emplois dans 24 pays.

Le groupe, qui emploie quelque 27'000 personnes, entend ainsi «continuer à accroître sa compétitivité» et procédera à ces suppressions d'emplois, dont 700 ont déjà été annoncées, «dans les prochains mois», a-t-il précisé dans un communiqué.
Il n'a pas indiqué quels étaient les pays concernés par ces suppressions d'emploi mais souligné que des discussions allaient être immédiatement entamées avec les représentants des salariés. «Ce plan (...) est une étape nécessaire pour renforcer le groupe et consolider sa position de leader sur le marché», a-t-il affirmé
Siemens-Gamesa s'attend en outre à un recul de son chiffre d'affaires pour son exercice 2018 (qui s'achève fin septembre) à «entre 9 et 9,6 milliards d'euros», contre 10,96 milliards d'euros (12,6 milliards de francs) sur l'exercice 2017, achevé au 30 septembre, selon des chiffres publiés également lundi.
Recentrage des activités
Affaibli par une rentabilité en berne, le conglomérat allemand Siemens, qui doit révéler jeudi ses résultats annuels, a entrepris de recentrer ses activités.
Il s'est par ailleurs renforcé dans des domaines jugés porteurs, comme les turbines ou les équipements pour l'exploitation pétrolière et gazière, et s'est respectivement allié à Gamesa et Alstom pour former deux géants des éoliennes et du ferroviaire.
Selon la presse allemande, il prévoit la suppression de milliers de postes dans sa division d'équipements pour centrales électriques, affectée par une chute des commandes. (ats/nxp)
https://www.lematin.ch/economie/6000-emplois-biffes-siemensgamesa/story/27490718

06/11/17 : Siemens-Gamesa (éoliennes) va supprimer environ 6.000 emplois
Le fabricant d'éoliennes germano-espagnol Siemens-Gamesa va supprimer "au maximum" 6.000 emplois dans 24 pays, a-t-il annoncé lundi. Le groupe, qui emploie quelque 27.000 personnes, entend ainsi "continuer à accroître sa compétitivité" et procèdera à ces suppressions d'emplois, dont 700 ont déjà été annoncées, "dans les prochains mois", a-t-il précisé dans un communiqué. Il n'a pas indiqué quels étaient les pays concernés par ces suppressions d'emploi mais souligné que des discussions allaient être immédiatement entamées avec les représentants des salariés.
"Ce plan (...) est une étape nécessaire pour renforcer le groupe et consolider sa position de leader sur le marché", a-t-il souligné.
Siemens-Gamesa s'attend en outre à un recul de son chiffre d'affaires pour son exercice 2018 (qui s'achève fin septembre) à "entre 9 et 9,6 milliards d'euros", contre 10,96 milliards d'euros sur l'exercice 2017, achevé au 30 septembre, selon des chiffres publiés également lundi. Affaibli par une rentabilité en berne, le conglomérat allemand Siemens, qui doit révéler jeudi ses résultats annuels, a entrepris de recentrer ses activités. Il s'est par ailleurs renforcé dans des domaines jugés porteurs, comme les turbines ou les équipements pour l'exploitation pétrolière et gazière, et s'est respectivement allié à Gamesa et Alstom pour former deux géants des éoliennes et du ferroviaire.
Selon la presse allemande, il prévoit la suppression de milliers de postes dans sa division d'équipements pour centrales électriques, affectée par une chute des commandes.
LIRE AUSSI : Eolien: accord entre Gamesa et Siemens
http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2017/11/06/97002-20171106FILWWW00273-siemens-gamesa-eoliennes-va-supprimer-environ-6000-emplois.php

05/11/17L’Ademe réactualise son scénario énergie-climat
Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, a présenté en juillet dernier les grandes orientations de son Plan Climat qui vise à accélérer la transition énergétique française et à atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris. Ce Plan doit notamment permettre d’ici l’horizon 2050 de diviser par quatre nos émissions de dioxyde de carbone et de réduire de moitié notre consommation énergétique. Pour atteindre ces objectifs et honorer ses engagements, le gouvernement dispose de deux outils : la Stratégie nationale bas carbone (SNBC) et la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Alors que les travaux de révision de ces deux feuilles de route ont débuté, l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (Ademe) compte bien peser dans les débats en présentant une actualisation de son scénario pour le volet énergie-climat sur la période 2035-2050. Explications.
Peser dans les débats sur la révision de la SNBC et de la PPE
C’est en 2013, en plein débat sur la transition énergétique, que les économistes de l’Ademe publient Vision 2030-2050, un dossier qui présente le profil énergétique et climatique de la France sur les prochaines décennies. Cette étude scientifique à caractère prospectif et exploratoire vise à identifier les champs de compétence (maîtrise de la consommation d’énergie, démocratisation des énergies renouvelables…) sur lesquels travailler pour atteindre les objectifs de la transition énergétique.
Alors que le gouvernement vient de débuter le travail de révision de la SNBC et de la PPE, l’Ademe semble bien décidée à enrichir une fois de plus les débats en proposant une première réactualisation de ses « visions ». Selon le nouveau scénario de l’Ademe, et en accord avec la loi sur la transition énergétique, il est tout à fait envisageable d’ici 2050 de réduire de 70% les émissions de gaz à effet de serre de la France tout en réduisant de 49% sa consommation d’énergie finale.
« Il s’agit d’une approche énergie et climat considérant l’intégralité des besoins énergétiques de la France (chaleur, électricité, carburant, combustible) pour couvrir tous ses besoins en évaluant les émissions de gaz à effet de serre, y compris celles non énergétiques. Cet exercice d’actualisation (…) a notamment permis de prendre en compte un nouveau cadrage économique et démographique et les résultats d’études récentes approfondissant certains leviers concourant à la transition énergétique », explique l’Ademe.
Réduire drastiquement nos consommations énergétiques
La mise en œuvre d’une stratégie de rénovation du parc de bâtiments existant fait partie des chantiers considérés comme prioritaires par l’Ademe. L’objectif est aussi simple qu’ambitieux : d’ici 2030, il s’agira de rénover l’ensemble du parc de logements sociaux construit avant 2005 ainsi que 5 millions de maisons individuelles. À partir de 2030, le rythme de rénovation du parc privé devra atteindre les 750.000 logements par an.
L’Ademe plaide également pour une transformation rapide et profonde du secteur des transports. L’objectif doit être de favoriser la démocratisation des véhicules à motorisation électrique afin de réduire drastiquement les émissions françaises de CO2. Si le gouvernement met en place les préconisations de l’agence, les ventes de véhicules hybrides devraient décoller dès 2035, au détriment des véhicules thermiques qui auront perdu 60% de part de marché d’ici là.
De manière générale, l’Ademe estime qu’il est possible de réduire fortement les besoins énergétiques de la France. Il s’agira dans un premier temps de passer à une consommation annuelle de 148 Millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) en 2010 à 105 Mtep (-29%) en 2035 puis, dans un second temps, à 82 Mtep en 2050 (-45%).
Des efforts insuffisants au niveau des émissions de CO2
« L’analyse des potentiels de production a été effectuée pour chacune des énergies renouvelables, séparément. Il s’agit de potentiels avérés, mobilisables dans des conditions technico-économiques favorables. L’Ademe propose des trajectoires de déploiement réalistes, régulières et compatibles avec le développement industriel des filières de production d’énergies renouvelables », expliquent les auteurs de l’étude.
D’ici l’horizon 2035 et 2050, ce sont donc les énergies renouvelables éolienne, photovoltaïque et biomasse qui semblent les plus adaptées pour couvrir les besoins énergétiques du pays. Selon les nouvelles prévisions de l’Ademe, trois scénarios sont envisageables au sein desquels la part des énergies propres s’élève à 50%, 80% ou 90% de notre mix énergétique. De fait, les usages directs d’énergies renouvelables se diversifient notamment en raison de changement d’équipements dans les bâtiments, les transports, l’agriculture et l’industrie.
Le seul bémol de l’étude prospective de l’Ademe concerne les émissions françaises de gaz à effet de serre. L’évolution profonde de nos habitudes et de nos infrastructures permettra de réduire nos émissions de CO2 de 52% d’ici 2035 et de 70% d’ici 2050. Les objectifs de la loi de la transition énergétique (baisser de 40% nos émissions de CO2 en 2030 par rapport à 1990 et les diviser par 4 d’ici 2050) ne seront donc pas tout à fait atteints.
http://www.lemondedelenergie.com/ademe-energie-climat/2017/11/05/

04/11/17 : « Green Deal » : quel mix énergétique pour la France ?
Le Ministre de la Transition écologique et solidaire a annoncé samedi dernier la présentation d’un « Green Deal » début 2018. Cet engagement viendra soutenir « la transition énergétique, l’efficacité énergétique, le développement des énergies renouvelables, les nouvelles filières industrielles ».
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Quel plan pour les objectifs de réduction de la part du nucléaire en France ?
L’objectif précisé à l’annonce du Plan Climat de « ramener à 50% la part du nucléaire d’ici 2025 » sera confirmé par le « Green Deal ». Nicolas Hulot précisera les différentes étapes de la fermeture des réacteurs nucléaires à l’occasion de la programmation pluriannuelle de l’énergie fin 2018.
Les décisions gouvernementales relatives à la fermeture ou à la prolongation des activités des centrales nucléaires françaises, s’appuient d’ordinaire sur les avis de l’ASN (l’Agence de Sûreté Nucléaire). Or cet avis qui devait être publié en 2018, risque d’être reporté. Certaines sources parlent d’un cadre dévoilé « en 2021 au mieux », c’est ce qu’a confirmé Yves Marignac, Directeur de l’agence Wise-Paris et membre du groupe permanent d’experts pour les réacteurs nucléaires à l’ASN.
En 2016, la Cour des Comptes avait estimé que l’objectif de réduction à 50% d’ici 2025, réduirait d’environ un tiers la production nucléaire en France, ce qui représente 17 à 20 réacteurs.
Déploiement des énergies renouvelables sur le territoire
Le Ministre ajoute que la réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétiqueFrançais implique que les citoyens soient prêts à accepter le déploiement des énergies renouvelables sur le territoire. A ce titre, il donne pour exemple la multiplication de projets éoliens offshores ou terrestres. L’éolien, secteur incontournable de la transition énergétique, est régulièrement pointé du doigt avec des arguments d’ordre esthétique et de confort. L’énergie éolienne est pourtant une source d’électricité fiable et compétitive qui se développe à un rythme soutenu.
Le saviez-vous ?
Le déploiement des énergies renouvelables passe également par le solaire. Les installations photovoltaïques, tout comme de nombreuses installations allant dans le sens de la transition énergétique, sont éligibles à des aides et subventions. Pour connaître les aides dont vous pourriez bénéficier pour vos travaux, vous pouvez utiliser le simulateur gratuit de Quelle Energie :
AIDES ET SUBVENTIONS
D’autres sources d’énergie renouvelables comme le solaire, sont déjà accueillies favorablement par les citoyens français. Les récents efforts du gouvernement pour simplifier et encourager les démarches d’autoconsommation de l’énergie issue d’installations photovoltaïques, ne font qu’amplifier cet engouement.
De nombreuses plateformes se sont lancées sur le financement de projets liés à l'environnement et aux énergies renouvelables. Elles surfent sur des incitations offertes par l'Etat aux développeurs qui ont recours à elles.
Pour les particuliers, financer à plusieurs une éolienne ou des panneaux photovoltaïques est non seulement possible mais aussi de plus en plus fréquent. Dans le sillage du développement du financement participatif en France, de nombreuses plateformes misent sur l'essor des investissements « par la foule » dans des projets d'énergies renouvelables ou liés à l'environnement.

Une « forte appétence » des particuliers
De fait, les sommes collectées pour financer ce type de projets ont plus que doublé sur un an au premier semestre, pour atteindre près 16 millions d'euros, selon le baromètre récemment publié par KPMG et l'association Financement Participatif France (FPF). Ce montant ne représente que 10 % de la collecte globale du secteur. Cependant, « la tendance [au développement du crowdfunding vert] devrait se confirmer », estime Fabrice Odent chez KPMG.
C'est le pari que font des plateformes spécialisées sur ce segment telles que Lendosphère, Lumo, Enerfip, Akuocoop ou plus généralistes comme Lendopolis ou Wiseed. « Il y a une forte appétence des investisseurs pour ces projets d'énergies renouvelables », assure ainsi Stéphanie Savel, présidente de Wiseed. Depuis la fin de 2016, la société propose d'investir dans des projets éoliens ou photovoltaïques via des obligations avec un taux de 4 à 7 %.
Améliorer l'accueil des projets par les riverains
« Cela offre une bien meilleure visibilité sur les flux futurs par rapport à un investissement dans une entreprise traditionnelle », ajoute Nicolas de Feraudy, directeur de Lendopolis une plateforme généraliste qui s'est lancé sur ce segment il y a un an et demi.
Le développement du financement participatif « vert » est aussi soutenu par les porteurs de projets. Pour eux, y recourir permet d'associer des riverains à des projets qui peuvent être contestés au niveau local. « Certains projets ont un besoin d'acceptabilité, notamment dans l'éolien », explique ainsi Alexandre Raguet, patron de la plateforme spécialisée sur l'électricité verte Lumo.
Un bonus sur le rachat de l'électricité
Les développeurs sont surtout incités par la puissance publique à recourir au financement par la foule. Depuis la loi de transition énergétique de 2015, les cahiers des charges des appels d'offres de l'Etat pour le développement de projets d'énergies renouvelables valorisent le financement participatif. Les développeurs qui remportent ces appels d'offres et s'engagent à recourir au « crowdfunding » pourront bénéficier, sous certaines conditions, d'un bonus sur le prix de rachat de l'électricité produite.
Selon le think tank I4CE, ce dispositif ouvre un marché de 250 à 500 millions d'euros sur les cinq prochaines années pour les acteurs du financement participatif. Soit jusqu'à 4 % de l'investissement total que devraient générer les appels d'offres, lancés par vagues par la Commission de régulation de l'énergie. « De plus en plus de développeurs font des appels d'offres pour identifier la plateforme avec laquelle ils vont fonctionner », témoigne Julien Hostache directeur de la plateforme Enerfip.
Vers une consolidation du marché
Aux dires de Laure Verhaeghe, fondatrice de la plateforme Lendosphère. « Les appels d'offres vont permettre un développement extraordinaire du financement participatif pour les énergies renouvelables grâce à la prime de rachat », assure-t-elle. Comme d'autres, Lendosphère compte cependant continuer à financer d'autres projets que ceux qui font l'objet d'appels d'offres.
Avec plus de 19 millions d'euros levés depuis son lancement en 2014, la plateforme s'est faite une place de choix sur le segment du financement vert investi par de nombreuses sociétés pas toutes rentables. « Jusqu'à aujourd'hui, il y a eu de la place pour tous ces acteurs du financement participatif, reconnaît Laure Verhaeghe, mais il y aura un mouvement de consolidation à moyen terme.
"Les appels d'offres vont permettre un développement extraordinaire du financement participatif"
https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/030771729311-le-financement-participatif-se-met-au-vert-2127330.php

30/10/17Transition énergétique : les projets locaux à la diète
Nicolas Hulot a décidé de recadrer le financement des 554 territoires à énergie positive. Les consignes données aux préfets passent mal chez les élus.
La France pourra-t-elle tenir son engagement climatique, à savoir réduire de 40 % ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 ? Le doute s'installe chez les collectivités et structures publiques locales signataires d'une des 554 conventions de territoires à énergie positive pour la croissance verte (TECV). Chiffrée à 750 millions d'euros, la somme des actions qu'elles ont conclues avec l'Etat dans le cadre de ce dispositif initié à l'automne 2014 par Ségolène Royal, dépasse de près de deux fois celle que son successeur indique disposer pour 2018.
Le plus grand discernement
Dans une récente circulaire adressée aux préfets de région, Nicolas Hulot signale une « impasse de financement de 350 millions d'euros ». Une situation à laquelle il leur demande de faire face en gérant « les crédits disponibles avec le plus grand discernement ». Il faut que les porteurs de projet « puissent attester obligatoirement d'un démarrage effectif au plus tard le 31 décembre 2017. Les demandes de reports de délais seront systématiquement refusées », poursuit la circulaire. En clair, pas question de faire de cadeaux.
C'est « une remise en cause de la signature de l'Etat » estime-t-on à la Fédération des Parcs naturels régionaux. Une quarantaine d'entre eux ont signé une convention de TECV. « Nous avons joué le rôle d'ensembliers pour le compte de l'Etat. Aujourd'hui, les porteurs de projets que nous avons fédéré sur nos territoires nous demandent ce qui se passe », s'insurge Pierre Weick, le directeur de cette fédération. La plupart des associations de collectivités et des ONG impliquées dans le processus s'estiment, elles aussi, mises en porte à faux par l'attitude de l'Etat.
Des engagements non budgétés
« Je ne voudrais pas que cette affaire se traduise par un désaveu des élus locaux », s'est ému mardi dernier Franck Montaugé, sénateur PS du Gers, devant la commission des affaires économiques. « Ce n'est pas de gaieté de coeur que j'ai fait cette circulaire », a répondu Nicolas Hulot, dénonçant une « situation ubuesque sur des engagements qui n'avaient pas été budgétés » par le précédent gouvernement.
Nombre de ces 554 conventions ont été signées dans les derniers mois du précédent quinquennat. Certaines associations partenaires reconnaissent que la méthode adoptée pour faire émerger ces TECV a été « empirique ». « L'appel à projets lancé par Ségolène Royal a débouché sur beaucoup de labellisations. Peut-être trop », résume un élu. En outre, le dispositif implique un écheveau de structures territoriales - pays, parcs naturels, communautés d'agglomération et de communes, etc. - qui complique la tâche des services de l'Etat.
Changement de pied
Le changement de pied du gouvernement pourrait avoir une autre conséquence, redoutée au sein d'AMORCE, une association de collectivités locales spécialisée dans la compétence énergétique. « On risque de ne pas atteindre le facteur 4 », explique Nicolas Garnier, le délégué général de cette organisation. En d'autres termes, la France pourrait passer à côté de son objectif consistant à diviser par quatre ses émissions de GES d'ici 2050.
https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/030797535584-transition-energetique-les-projets-locaux-a-la-diete-2126305.php


29/10/17
« Green deal »- Eoliennes : une escroquerie énergétique et financière
En attendant le « Green Deal » de Hulot, il et utile de rappeler certaines réalités et certaines illusions à propos des éoliennes. Nombre de maires de petites communes rurales sont assaillies par des sociétés de promotion de parcs éoliens. Avec la promesse de retours financiers invraisemblables pour les propriétaires de terrain et pour les communes. Exemple, la petite ville de Douai la Fontaine (7000 habitants Maine et Loire) a été sollicitée par pas moins de 24 promoteurs ! Beaucoup tombent dans le panneau faute de compétences techniques et économiques. Exemple à Mouliherne (commune de 900 habitants, Maine et Loire), l’étude de faisabilité économiques, technique, sociale et environnementale a été confiée directement à un promoteur qui évidemment a conclu qu’un parc d’éoliennes se justifiait mais en oubliant de contacter les riverains et exploitants agricoles concernés. Des propriétaires de terrain d’une valeur de 1500 euros se voient proposer des retours annuels de -6000 à 16000 euros par an pour une éolienne ! (On oublie par ailleurs d’indiquer aux propriétaires que le coût de démantèlement de chaque éolienne sera à leur charge : de l’ordre de 300 000 euros ! ). Par ailleurs on assure aux communes un retour fiscal de 30 000 à 80 000 euros par an. Des retours financiers invraisemblables qui ne seront évidemment pas tenus. Toute repose sur le principe qu’EDF rachètera cette électricité 2 à 3 fois le prix du marché. Quand on connaît la situation financière d’EDF (et derrière de la France), cela ne pourra durer longtemps (Voir à cet égard la baisse des prix de rachat de l’énergie solaire). Certes on ne peut qu’être d’accord avec la politique de transition énergétique qui vise d’une part à réduire la part du nucléaire à 50 % d’ici 10 ans, d’autre part à développer les énergies alternatives. Un objectif ambitieux mais irréalisable. Pour preuve dans les 20 ans à venir, on ne fermera aucune centrale nucléaire et l’éventuelle fin de Fessenheim sera plus que compensée par la mise en service de la centrale de Flamanville. La durée de vie du parc actuel sera même prolongée d’une vingtaine d’années avec l’opération grand carénage. Du coup, les objectifs de la loi de transition énergétique paraissent assez hypothétiques puisqu’il est supposé par ailleurs que la demande sera réduite de 20% d’ici 2020-2025 et de 50% d’ici 2050. En fait, cette loi présente davantage un caractère d’affichage qu’une dimension réellement opérationnelle. Pour parler plus clair, elle a surtout été décidée pour satisfaire les écolos politisés et-ou- ésotériques et non pour constituer la base d’une politique énergétique. Pour gommer ses contradictions, au moins en apparence, la France développe un plan de développement d’éoliennes à la fois incongru, coûteux et dangereux pour la santé et l’environnement. En outre, les conditions financières de ce plan constituent une aberration puisque la rentabilité des éoliennes est essentiellement fondée sur un tarif de rachat de l’électricité garanti par l’État supérieur de deux fois au prix du marché de l’électricité. (Une aide illégale d’après la Cour de Justice de l’Union Européenne). On peut se demander, en l’état actuel des finances d’EDF, quel sera l’équilibre économique de ces projets. En effet la situation d’EDF est catastrophique et s’il agissait d’une entreprise réellement privée, elle serait en faillite depuis longtemps (l’action d’EDF a 90% de sa valeur en quelques années et cela en dépit de la présentation d’un résultat relativement artificiel). L’entreprise est sans doute au bord de la rupture financière en tout cas à moyen et long terme. Il faudra sans doute envisager pour les prochaines années une augmentation de l’ordre de 50 % à 100% du prix de l’électricité. D’une manière générale, le coût de l’électricité d’origine nucléaire a été complètement sous-estimé en France. Il faut dire que la situation financière d’EDF est intenable. Il faut d’abord apurer une énorme dette de 40 milliards, ensuite trouver 50 milliards pour les travaux permettant de prolonger la durée de vie du parc nucléaire actuel. Financer aussi au moins en partie les 25 à 50 milliards du site d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure en Moselle ; un site d’enfouissement qui va permettre de participer au démantèlement du parc nucléaire actuel le moment venu. Un démantèlement dont le coût est fixé autour de 15 milliards et qui pourrait être plus proche de 100 milliards sans parler de la remise à niveau financière d’Areva qui va couter autour de 10 milliards. .Enfin avec le développement notamment des énergies alternatives, il faudra envisager la construction d’un nouveau réseau électrique pour collecter et redistribuer le courant. Pour raccorder des milliers de centrales de production d’électricité que seraient tous ces parcs éoliens disséminés sur le territoire, et pour éviter une instabilité des réseaux, ERDF a annoncé 40 milliards d’investissements dont 4000 km de lignes haute tension. Enfin il faudra faire face à un besoin de financement de 200 milliards à terme pour le renouvellement du parc nucléaire. Globalement il faudra trouver de l’ordre de 500 milliards d’ici 2050-2060. On se demande comment EDF pourra assurer dans ces conditions le rachat d’électricité d’origine éolienne au double ou au triple du prix du marché. Il est vraisemblable que le développement d’autres énergies alternatives serait économiquement plus rentable pour EDF, les clients et plus généralement la collectivité. On pense en particulier au développement d’énergies neutres voire positives des bâtiments industriels et agricoles et des résidences d’habitation via la filière photo voltaïque notamment. Aujourd’hui 75% de l’énergie primaire sont utilisés par le résidentiel, le tertiaire et le transport. Avec les bâtiments à énergie neutre ou positive on pourrait réduire cette part à 25 %. Contrairement à l’idée répandue, les prix mondiaux de l’électricité ne s’inscriront pas dans une tendance haussière compte tenu de l’excédent de l’offre. Les baisses enregistrées du prix de l’électricité ces derniers temps sur le marché mondial en témoignent. Du coup l’équilibre économique d’EDF s’en trouvera encore davantage perturbé et le rachat de l’énergie d’origine éolienne au double ou au triple du prix de ce marché encore plus intenable. D’autant que la concurrence des distributeurs va encore s’accroître (voir notamment les effets du regroupement Engie et l’entreprise allemande RWE). Un contexte énergétique et financier qui passe par dessus la tête de nombre élus locaux qui en plus proposent de localiser ces éoliennes dans les zones déjà économiquement et socialement défavorisées qui bénéficient pas des équipements de base comme le tout-à-l’égout, dont couverture par mobile téléphonique est très hypothétique, dont le raccordement au réseau Internet est très insuffisant voire absent à moins de payer des coûts de raccordement exorbitants (sans parler de l’état catastrophique des routes). On peut aussi imaginer que ces zone ne sera jamais raccordées au câble qui ne desservira sans doute que les centres bourg (le coût théorique serait de leurs 25 milliards, en fait il faudrait compter sur 50 à 75. Du coup Emmanuel Macron vient d’annoncer que le plan câble sera remis en cause pour ces zones qui seront desservies par la technologie 4G et 5G et non par la câble. . L’implantation d’éoliennes dans la zone défavorisées ne fera qu’accentuer inégalités d’équipement. Des régions déjà relativement isolées sur le plan économiques et qui doivent en plus assumer les inconvénients d’implantation d’équipements sans aucun intérêt, ni retour sur le plan économique et social pour la collectivité locale (hormis pour quelques propriétaires dont beaucoup d’ailleurs ne résident pas dans ou à proximité des éoliennes). De telles installations engendreront par ailleurs des nuisances incontestables qui concerneront l’environnement, la faune mais surtout l’élevage. (Vaches, chevaux, poulets notamment). En outre le foncier (terres et bâtiments) déjà affecté par la désertification économique se trouvera encore sérieusement dévalorisé. En 15 ans, la valeur immobilière des habitations a déjà subi une diminution de l’ordre de 50 %. Avec l’installation des éoliennes, la dépréciation sera considérable tant pour les terres que pour les résidences (on trouvera avant peu des maisons à vendre à 40 000 euros). Notons aussi les perturbations nouvelles des ondes de radio, de télévision et de liaison téléphonique alors que déjà les réceptions sont de très mauvaise qualité. On peut s’étonner que le choix d’implantation des éoliennes ne se soit pas porté au sein des nombreuses. Sans doute veut protéger les intérêts de la chasse à cour ! Il serait utile de rappeler à certains élus locaux que la priorité des équipements doit aller au soutien du développement économique et à l’emploi et non vers des installations qui enrichiront que les promoteurs. Des promoteurs à la fiabilité financière très douteuse puisque la plupart n’ont qu’un capital de quelques milliers d’euros pour couvrir les risques de projet d’un coût de plusieurs dizaines de millions. Des risques dont se sont prémunis les promoteurs puisqu’il est prévu explicitement que les sociétés exploitation pourront être revendues sans information préalable des propriétaires et des communes. Ce qui rendra caduques nombre de dispositions contractuelles.

28/10/17Le "Green deal" énergétique présenté début 2018
PARIS (Reuters) - Le ministre français de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, annonce dans un entretien au journal Le Monde de samedi qu'il présentera son plan sur la transition énergétique, surnommé "Green deal", dans "la première partie de 2018".
La France s'est donnée pour objectif de réduire de 75% à 50% la part du nucléaire dans sa production d'électricité d'ici à 2025.
"Je prépare un 'Green Deal' sur la transition énergétique, l'efficacité énergétique, le développement des renouvelables, les nouvelles filières industrielles, que je présenterai dans la première partie de 2018", déclare Nicolas Hulot au quotidien.
"Pour réduire à 50% la part du nucléaire, il va falloir fermer un certain nombre de réacteurs, et je préciserai le nombre et les étapes au moment de la programmation pluriannuelle de l'énergie fin 2018", ajoute-t-il.
Dans son rapport annuel, la Cour des comptes avait estimé en 2016 que l'objectif de 50% à l'horizon 2025 aurait pour conséquence de réduire d'environ un tiers la production nucléaire en France - l'équivalent de 17 à 20 réacteurs, sur un total de 58.
"Si nous voulons réduire la part du nucléaire, il faut que les Français acceptent la présence des énergies renouvelables sur leur territoire", dit Nicolas Hulot.
Pour ce faire, ajoute le ministre, les Français devront accepter l'idée de projets éoliens offshore ou terrestres.
http://www.boursorama.com/actualites/le-green-deal-energetique-presente-debut-2018-b03291426beba83719aba2734993ab04


27/10/17 : Installation d’éoliennes ou de parc photovoltaïque : l’épineuse question du foncier…
Les changements dus au réchauffement climatique invitent à trouver des solutions à la fois lucratives et estampillées développement durable, telle que l’installation sur son terrain d’éoliennes ou d’un parc photovoltaïque. Une solution également prisée par des entreprises. Mais ce genre d’infrastructure a un coût et cache quelques points d’achoppement.
Nouvel eldorado, effet de mode ou réel engouement pour les énergies durables et renouvelables, de plus en plus de Français propriétaires d’un terrain suffisamment grand, se lancent dans l’aventure de l’installation d’une ou plusieurs éoliennes ou d’un parc photovoltaïque. Des investissements financiers importants, mais qui peuvent, à terme, devenir source de revenus plus ou moins conséquents. Mais avant de se lancer dans pareil projet, il est nécessaire de connaître des éléments essentiels, afin de peser le pour et le contre.
Les obstacles liés à ces installations d’éoliennes ou de parc photovoltaïque
De nombreux agriculteurs en perte de revenus décident parfois de louer une partie de leurs terrains à des exploitants éoliens. Pour qu’une telle tractation puisse se faire, l’exploitant doit demander l’autorisation préalable à la mairie, avant toute signature avec le propriétaire. Une somme allouée est ainsi versée à ce dernier pour chaque année de location de l’emplacement de chaque éolienne, sachant qu’il faut environ 1 000 m2 pour la construction de chacune, détruisant ainsi des parcelles agricoles qui ne pourront plus être utilisées de la sorte. Car ces parcelles sont désormais classées en établissement industriel. Outre les désagréments esthétiques et sonores des éoliennes, pouvant donner lieu à des problèmes de voisinage, d’autres soucis peuvent survenir pour les propriétaires fonciers. Tout d’abord la question de la propriété de l’éolienne quand elle arrive en fin de vie (en général au bout d’une vingtaine d’années). A qui appartient-elle ? Qui se doit de la démonter ? Car le promoteur n’en assure l’entretien que pendant la durée du bail et le propriétaire du terrain est ensuite considéré comme responsable de l’éolienne à la fin du contrat. Un bail emphytéotique qui engage le propriétaire, aux conditions irréversibles, d’autant qu’une simple signature de promesse de bail tient lieu de bail à elle-seule. Il faut donc bien réfléchir aux conséquences, avant d’apposer sa signature…
Installer des panneaux photovoltaïques sur son toit ou son terrain n’est pas non plus une mince affaire. Il faut s’assurer de l’autorisation de la mairie et qu’aucune clause d’interdiction ne figure dans votre bail si vous louez le terrain en question. Et il faut, bien évidemment, s’assurer qu’un opérateur d’électricité (en général EDF) donne son accord pour un raccordement à son réseau. Et pour les toitures, il faut disposer d’une surface minimum (400 m2) et ne pas oublier que les contrats de location durent 20 ans et plus.
Une réelle manne financière ?
Passés ces quelques désagréments (après tout l’installation d’une éolienne coûte de l’argent uniquement à l’exploitant), avoir une éolienne sur son terrain peut se montrer lucratif, même si cela fait baisser le prix de ce dernier.
Pour le voltaïque, EDF étant obligé contractuellement d’acheter l’électricité produite pour les vingt années à venir, permet de sécuriser l’investissement à pareille installation. Car les coûts ne sont pas négligeables. Déjà, il faut posséder un terrain d’au moins deux à trois hectares. Pour meilleur rapport prix/rendement, il faut acheter des panneaux solaires monocristallins qui sont plus fiables, ainsi que des ondulateurs et régulateurs solaires. Il faut, bien évidemment, aménager votre terrain (création d’accès, de tranchées de raccordement…) et surtout, le raccordement en lui-même est ce qu’il y a de plus coûteux. C’est l’opérateur qui en fixe le prix, représentant souvent jusqu’à six mois d’équivalent de la production électrique qui découlera de votre parc ou centrale photovoltaïque. Il est préférable également de réserver un peu d’argent à la préservation de la biodiversité en valorisant les terres entre deux rangées de panneaux solaires, avec des semis et plantations. L’investissement au global mettra donc une dizaine d’années avant d’être totalement remboursé.
Quant à la location d’une toiture pour des panneaux solaires, tout dépend de la surface, de la localisation, de son orientation et de son inclinaison. Les prix peuvent donc varier du tout au tout, en fonction de l’un ou l’autre de ces facteurs.
Les entreprises louent aussi leur terrain
Mais si jusqu’à présent c’était surtout des particuliers qui souhaitaient l’installation d’une éolienne ou de panneaux photovoltaïques sur leurs terrains, les entreprises leur emboîtent le pas également. ArcelorMittal vient ainsi de mettre en service son propre parc photovoltaïque sur 15 hectares de son site de Fos-sur-Mer, en collaboration avec EDF. Une première en Europe. Et ce n’est pas seulement pour employer une énergie renouvelable, mais aussi par simple souci d’optimisation de son foncier. Un exemple à suivre selon David Augex, directeur région sud d’EDF Energies Nouvelles : « De nombreux sites industriels inoccupés peuvent accueillir des centrales photovoltaïques » assure-t-il.
Ce parc, baptisé La Fossette, a été inauguré avec EDF le 24 octobre 2017. Il recense plus de 45 000 panneaux, pour une capacité de 12 mégawatts, soit la production nécessaire pour la moitié de la ville de Fos-sur-Mer. Près de 60 millions d’euros ont été investis pour ce projet qui devrait en rapporter bien davantage… dans quelques années.
http://www.lejournaleconomique.com/2017/10/27/installation-eoliennes-parc-photovoltaique-location-terrain-foncier/

27/10/17 : La filière éolienne terrestre est victime de multiples contraintes
A en croire le syndicat professionnel France énergie éolienne FEE, l'objectif de la loi de transition énergétique qui consiste à parvenir à l'horizon 2030 à couvrir 32 % de nos besoins par les énergies renouvelables contre 15,5 % aujourd'hui est intenable, en ce qui concerne la part de l'éolien, aujourd'hui de 4 % seulement.
La faute en est une multitude de contraintes liées aux habitations, monuments, centrales nucléaires, zones Natura 2000, aéroports, radars météorologiques et bien d'autres encore qui risquent de réduire comme peau de chagrin l'espace autorisé pour l'implantation des éoliennes.
De plus, on les accuse d'être trop bruyantes, de dénaturer le paysage, de tuer les oiseaux, ce qui fait que 53 % des projets.. 
https://www.riskassur-hebdo.com/actu01/actu_auto.php?adr=2710171130

26/10/17Transition énergétique : les Français toujours plus concertés
Pour Nicolas Hulot, aucun doute possible : la transition énergétique de la France ne se fera pas sans la participations des citoyens. Dans ce sens, plusieurs mesures ont déjà été proposées afin d’inclure l’ensemble des Français dans ce vaste effort. Le ministre de la Transition écologique et solidaire a néanmoins fait part de sa volonté d’aller encore plus loin, en invitant la population à participer aux débats relatifs aux implantations d’éoliennes. Les détails.
Il y a quelques semaines, le Sénat validait le projet de loi relatif à l’évaluation environnementale, qui vise notamment à renforcer la participation du public aux décisions pouvant impacter l’environnement.
Une initiative qui a visiblement donné quelques idées à Nicolas Hulot. En effet, le ministre de la Transition écologique et solidaire a demandé mercredi 25 à « associer les citoyens » au débat portant sur les implantations d’éoliennes, notamment en mer.
D’après lui, pour « réussir la transition énergétique, il va falloir qu’on associe, d’une manière ou d’une autre, les citoyens ». « Ça ne se fera pas d’une manière autoritaire, ça se fera évidemment en étant à l’écoute de leurs réserves », assurait-il.
Une efficacité plus que discutable
La proposition du ministre n’a toutefois pas séduit l’ensemble des députés, à l’instar d’Emmanuel Maquet (Les Républicains). « Depuis plus de dix ans, les projets se sont multipliés sans cohérence territoriale, sans concertation avec les acteurs locaux et sans la considération que méritent les habitants », a souligné l’élu de la Somme.
« D’emblée, je ne peux pas vous donner tort. Jusqu’ici, on n’est pas vraiment très bons et il va falloir qu’on engage une concertation », lui a répondu Nicolas Hulot. « Mais il faut aussi que chacun se mette dans une ouverture d’esprit. »
« L’éolien offshore, ça se passe bien de l’autre côté de la Manche, ça se passe mal chez nous. Il y aura peut-être des enseignements à tirer, mais j’ai bien conscience de cette difficulté », a-t-il ajouté. Reste à déterminer des solutions viables pour y remédier. 
Depuis des années, les éoliennes défigurent le pays. Que ce soit en Bretagne, dans la Drôme, en Normandie et dans le Nord, il est devenu bien difficile de faire 100 km sans voir ces excroissances blanches, animées de pales gigantesques, qui brassent le vent, quand elles ne sont pas immobiles …
Cet investissement qui est réalisé sous couvert d’énergie nouvelle, repose sur un principe simple : l’investisseur crée une SAS (société par actions simplifiées), il s’entend avec le propriétaire d’un terrain sur un bail de longue durée. Puis, intervient une société ERDF qui va mettre en place l’éolienne. Une fois installée, l’exploitant de la SAS de l’investisseur va revendre l’électricité à EDF à un prix convenu. Le principe est simple mais, il existe de nombreuses chausses-trappes.
Le piège du commodat ou prêt à usage
L’éolienne est montée sur un terrain qui fait l’objet d’un prêt à usage (commodat). Ce prêt qui peut être de longue durée, impose à l’investisseur de rendre la chose objet du prêt (le terrain) exactement comme il l’a reçue. Or, il faut savoir que pour édifier une éolienne de 119,50 mètres de haut, l’assise de la fondation est constituée par une pyramide inversée de 700 tonnes de béton…
C’est donc à la sortie de l’investissement que le piège à retardement fonctionnera, car l’investisseur devra rendre le terrain tel qu’il l’aura reçu. Or, démonter une éolienne, suppose : de dégager les fondations en béton, de les casser, de les extraire, de les transporter par camion et ensuite, de les stocker dans des sites particuliers.
Le coût de ces opérations est extrêmement important et n’est supporté que par l’investisseur. Ceci impose donc que la SAS d’exploitation provisionne chaque année le montant des travaux de restitution du terrain à la fin du contrat de bail, à défaut, l’investisseur vivra une douloureuse sortie de programme.
Le problème du contrat avec EDF
C’est au fond un contrat entre David et Goliath. Le prix convenu dans la convention n’est pas nécessairement fixé indéfiniment, en fonction du fait qu’EDF n’est pas un partenaire comme un autre mais est une société dans laquelle l’Etat est fortement impliqué.
En outre, le prix de l’électricité, s’il dépend d’un marché, n’en est pas pour autant libre car le Conseil d’Etat a eu l’occasion de le faire modifier.
L’investisseur se trouve donc sur un marché qui n’est pas complètement libre et qui peut, selon les conjectures économiques et politiques, varier de manière importante et cela sans que le contrat passé entre l’investisseur et EDF ne soit protecteur des intérêts du seul investisseur.
Il ne faut donc jamais éluder que, derrière EDF, peut surgir à tout moment l’Etat qui, selon la théorie de l’imprévision, peut imposer des changements importants, des conditions de prix qui n’étaient pas définies au contrat, sans pour autant que l’investisseur puisse prétendre à une indemnisation.
Ce type d’investissement n’est donc pas sans danger, aussi l’investisseur sera-t-il bien inspiré de se faire conseiller et de raisonner avec une calculette plutôt que sur l’émotion suscitée à gagner de l’argent tout en défiscalisant.
Auteur : Me Eric Hautrive, avocat à la Cour.
Publié par Erin B. le 18 mars 2016.
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25/10/17 : Pour Valérie Faudon, "le nucléaire est un moyen de production extrêmement compétitif"

Au moment où se prépare l’élaboration de la nouvelle Programmation Pluriannuelle de l’Energie, la Société Française de l’Énergie Nucléaire (SFEN) a publié en septembre 2017 une étude sur le coût du parc nucléaire français. L’Energeek a rencontré la directrice générale de la SFEN, Valérie Faudon, qui a accepté de nous présenter la situation économique de l’atome dans l’Hexagone.
Dans l’étude intitulée « les coûts de production du parc nucléaire », vous évaluez « les coûts cash » de l’énergie atomique à 33€/MWh. Pouvez-vous revenir sur votre démarche ?
L’objectif de cette étude est de nourrir la réflexion lancée dans le cadre de l’élaboration de la nouvelle Programmation Pluriannuelle de l’Énergie. En attendant la constitution des groupes de travail, nous avons identifié quelques sujets souvent mal compris par les différentes parties prenantes. Le premier d’entre eux porte sur la question du coût du nucléaire. Dans un premier temps, nous avons regardé la situation du nucléaire existant, c’est l’objet de la note que nous avons publiée.
En économie, il existe plusieurs méthodes de calcul de coûts en fonction de la question posée. En 2014 par exemple, la Cour des comptes a utilisé la méthode des « coûts courants économiques ». Elle s’est donc focalisée sur la rémunération du capital initial investi pour déterminer la marge permettant à l’électricien de disposer de capacités de financement.
Aujourd’hui, la transition écologique pose la question de l’opportunité de continuer ou non l’exploitation des centrales nucléaires. Pour répondre à cette question, notre section économie et stratégie énergétique propose « la méthode des coûts cash ».
Avec cette formule simple à comprendre, on cherche à savoir quand est-ce que l’exploitation rapporte plus qu’elle ne coûte. Pour ce faire, on s’intéresse particulièrement à deux indicateurs : d’une part, le prix de vente de l’électricité, et d’autre part, le coût de dépense annuel du mégawatt électrique produit par une centrale nucléaire. Ce dernier regroupe l’ensemble des dépenses de l’électricien, non seulement les salaires, mais aussi les dépenses de fonctionnement, de maintenance courante et exceptionnelle (Grand carénage) et d’investissement qui ont lieu sur le parc.
Pour obtenir ce montant, nous nous sommes appuyés sur le rapport de la Cour des Comptes et sur les comptes d’EDF. En intégrant les dernières annonces du groupe, tant sur la réduction des dépenses que sur les optimisations du Grand Carénage, nous sommes parvenus à un coût de 33 euros par mégawattheure.
En France le prix du solaire PV est estimé à 55 €/MWh et l’éolien terrestre à 42 €/MWh, il y aurait donc un différentiel d’au moins 10 €/MWh avec le coût cash du nucléaire. Est-ce cela qu’on appelle communément la « rente nucléaire » ?
Effectivement, le nucléaire est un moyen de production extrêmement compétitif. Toutefois, il ne faut pas se tromper, cette énergie est très peu chère car les infrastructures ont déjà été amorties. Si on revient à la méthode des coûts cash et qu’on regarde les dépenses à venir, on constate que le coût de dépense annuel du mégawatt électrique est structurellement peu élevé, puisque les investissements ont déjà été réalisés.
Il est intéressant de noter que ce « coût cash » est inférieur au prix du marché (environ 40 €/MWh), bien qu’il soit pourtant relativement faible. Cela confirme aussi qu’EDF gagne de l’argent grâce au nucléaire, il s’agit même de la principale source de revenus de l’entreprise. Au cours des 20 dernières années, elle a versé 20 milliards d’euros de dividendes à l’Etat ; au point qu’en 2016, Emmanuel Macron avait d’ailleurs considéré que « l’État a[urait] prélevé trop de dividendes chez EDF ».
Vous rappelez que la filière nucléaire ne fait pas face à un « mur d’investissement ». Mais que répondez-vous à ceux qui évoquent malgré tout un « effet falaise » ?
Dans un contexte post-Fukushima, les dépenses du Grand Carénage avaient été chiffrées à 50 milliards d’euros (aujourd’hui réévalué à 45 Md€ d’euros). Cette première évaluation a contribué à forger l’idée que le programme du Grand Carénage pourrait représenter un « mur d’investissement » pour l’électricien. En réalité, il s’agit d’une période où les coûts cash sont plus élevés d’environ 1 Md€/an en moyenne. Ces investissements sont pris en compte dans le calcul des coûts cash à 33 €/MWh.
Une certaine confusion subsiste parfois également autour de ces dépenses de maintenance courante. Dans le monde de l’industrie, les changements de gros composants font partie de la vie normale d’un exploitant. Ces investissements sont inclus dans les coûts cash mentionnés plus haut, et sont donc auto-financés par l’exploitation du parc nucléaire existant, malgré la situation actuelle de prix de marché dégradés.
En ce qui concerne le démantèlement, des provisions constituées par des actifs dédiés ont été auditées par la Cour des Comptes et la Direction Générale de l’Énergie et du Climat (DGEC). Selon les sages de la rue Cambon, le coût de production électronucléaire est très peu sensible au coût du démantèlement et/ou de la gestion des déchets radioactifs. Le doublement des coûts de démantèlement ne conduirait qu’à une augmentation de 5% du coût de production. Idem, le doublement du devis du projet Cigéo conduirait à une augmentation de seulement 1% du coût de production.
Pour résumé : les coûts de production d’électricité nucléaire inclus l’ensemble des dépenses (déchets, démantèlement, grand carénage etc.) et, compte-tenu de ses bons résultats, le parc nucléaire exploité aujourd’hui est le mode de production le plus compétitif pour produire de l’électricité.
Dix nouveaux réacteurs sont entrés en service en 2016, démontrant ainsi l’intérêt de nombreux pays pour cette énergie bas carbone aux côtés des EnR. Dès lors, ne faut-il pas arrêter d’opposer le nucléaire aux énergies renouvelables ?
En France en tout cas, il n’est pas logique d’opposer le nucléaire aux énergies renouvelables.
Par ses bonnes performances économiques, le nucléaire participe au financement de la transition énergétique via EDF. L’électricien est même le premier contributeur de l’Agence des Participations de l’Etat avec 2 milliards d’euros par an. Cette contribution est portée en grande partie par les activités nucléaires.
Par ailleurs, le financement des énergies renouvelables repose surtout sur la Contribution du Service Public de l’Electricité (CSPE). Et à en croire les prévisions de la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE), le montant annuel versé aux EnR serait à contrario extrêmement élevé : 7 milliards d’euros pour l’exercice en cours. Malgré les gains de compétitivité réalisés par les différentes filières, leur coût de production reste supérieur au prix du marché, tandis que les volumes d‘électricité verte ne cessent de croître.
Enfin, il n’y a pas vraiment de substituabilité entre les EnR et le nucléaire. Pour les comparer, il faudrait notamment pouvoir intégrer les coûts de système, c’est-à-dire les moyens de « back-up » nécessaires pour palier à l’intermittence des énergies renouvelables. Sinon, on peut également regarder les controverses sur « la théorie du foisonnement », qui serait loin d’être systématiquement vérifiée.
Dans ces conditions, nous pensons que le rééquilibrage du mix-électrique en faveur des énergies renouvelables doit être conduit de manière progressive. La trajectoire pourrait par exemple être fonction de la montée en compétitivité des EnR et du progrès de leurs caractéristiques techniques, afin de garantir l’équilibre du système électrique, l’idée étant d’empêcher une trop forte augmentation de la facture d’électricité, et en même temps d’éviter de construire de nouvelles centrales à gaz.

http://lenergeek.com/2017/10/25/le-parc-nucleaire-est-le-mode-de-production-delectricite-le-plus-competitif/

25/10/17 : 
Eoliennes: Hulot appelle à faire preuve d'«ouverture d’esprit» 😕
Le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot souhaite «associer les citoyens» au débat sur les implantations d’éoliennes, notamment en mer, mais il a appelé chacun à faire preuve d'«ouverture d’esprit», mercredi devant les députés.
Pour «réussir la transition énergétique, il va falloir qu’on associe, d’une manière ou d’une autre, les citoyens», a dit le ministre, ajoutant que «ça ne se fera pas d’une manière autoritaire, ça se fera évidemment en étant à l’écoute de leurs réserves».
«Mais il faut aussi que chacun se mette dans une ouverture d’esprit», a déclaré Nicolas Hulot, répondant au député LR de la Somme, Emmanuel Maquet.
Ce dernier avait affirmé que «depuis plus de dix ans, les projets se sont multipliés sans cohérence territoriale, sans concertation avec les acteurs locaux et sans la considération que méritent les habitants».
«D’emblée, je ne peux pas vous donner tort. Jusqu’ici, on n’est pas vraiment très bons et il va falloir qu’on engage une concertation», lui a répondu Nicolas Hulot, en rappelant la mise en place d’un groupe de travail conduit par son secrétaire d’État Sébastien Lecornu.
«L’éolien offshore, ça se passe bien de l’autre côté de la Manche, ça se passe mal chez nous. Il y aura peut-être des enseignements à tirer, mais j’ai bien conscience de cette difficulté», a-t-il dit.
Pour le ministre, «la meilleure manière c’est effectivement la pédagogie», mais aussi «porter une vision sur ce que devra être le modèle énergétique dans 20 ans, dans 30 ans ou dans 40 ans».
Répondant sur le dossier précis du projet de parc éolien maritime du Tréport, le ministre a dit qu’il allait «examiner les raisons» du récent rejet par le parc naturel marin et en «tirer des conclusions». Il a ajouté que l’Agence française de la biodiversité était indépendante et qu’elle prendrait sa décision.
http://www.liberation.fr/futurs/2017/10/25/eoliennes-hulot-appelle-a-faire-preuve-d-ouverture-d-esprit_1605661

24/10/17Loi de transition énergétique, plan climat : le scénario de l'Ademe pour les concrétiser 
L'Ademe a mis à jour ses visions énergie-climat pour peser dans les préparatifs des prochaines stratégies bas-carbone et PPE. Pour l'instant, les trajectoires envisagées ne sont pas suffisantes, il faut aller plus loin. L'Ademe fait ses propositions.
Cinq ans après le débat sur la transition énergétique et son premier scenario, les économistes de l'Ademe ont ressorti leurs calculettes. Les ateliers de révision de la stratégie nationale bas-carbone (SNBC) et de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) ont débuté. L'Ademe compte bien alimenter les débats avec de nouvelles trajectoires et mesures. "Ce nouveau scénario n'est pas une vision normative ou prophétique, prévient Fabrice Boissier, directeur général délégué de l'Ademe. C'est un scénario multi-énergie possible, ambitieux mais réaliste".
Ce scénario millésime 2017 intègre toutes les énergies comme le premier (chaleur, électricité, carburant, combustible) et tous les gaz à effet de serre (GES) y compris les émissions non énergétiques. Il prend en compte les différentes études de l'Ademe parues depuis le premier scénario, comme le mix 100% ENR ou les études sectorielles sur l'éolien ou le power to heat. Mais cette fois-ci, la méthodologie est un peu différente. Au lieu de partir des objectifs déjà écrits dans les textes de loi - comme une réduction de 75% des émissions de GES d'ici 2050 par rapport à 2005 fixée par la loi POPE de juillet 2013 - et d'en déduire les trajectoires à suivre, l'Ademe est partie des grandes tendances démogra-phiques et socio-économiques et des mesures présentes dans les textes de loi pour voir où cela la mènerait. Résultat, la France ne sera pas dans les clous. 
Prioriser la rénovation des logements sociaux 
L'Ademe démontre une nouvelle fois l'enjeu que représente l'atteinte des objectifs de la loi et le risque d'échec. Selon son scénario, les besoins énergétiques du pays pourraient passer de 148 Mtep en 2010 à 105 Mtep (-29%) en 2035 et 82 Mtep (-45%) en 2050. Or, la loi de transition énergétique demande de réduire la consommation énergétique finale de 50% en 2050 par rapport à 2012. Les secteurs du bâtiment (résidentiel et tertiaire) et des transports seraient les premières sources d'économies en début de période. L'industrie prendrait le relai entre 2035 et 2050. Pour la rénovation des bâtiments, l'Ademe estime que sur la période 2010-2030, 500.000 logements par an en moyenne, dont 120.000 logements sociaux, devront faire l'objet de rénovations thermiques performantes. Tout le parc de logement social construit avant 2005 serait rénové d'ici à 2030, ainsi que 5 millions de maisons individuelles. Le reste du parc privé (soit 15 millions de logements) sera rénové ensuite, à un rythme de 750.000 par an à partir de 2030. Côté techno, l'Ademe mise sur les pompes à chaleur (PAC) notamment aérothermiques réversibles, pour le chauffage. Elles équiperont 20% du parc de logements en 2035 et 50% en 2050. Pour l'eau chaude sanitaire, les cumulus (chauffe-eau à effet joule) seront progressivement remplacés par des chauffe-eau thermodynamiques (CET). Pour la mobilité, l'Ademe ambitionne "une évolution importante des comportements de mobilité, conjointe à une restructuration profonde des systèmes de transport de voyageurs". Dans son scénario, les besoins de mobilité des personnes se stabilisent, puis baissent de 17% en 2035 et de 24% en 2050. La fin des véhicules thermiques diesel et essence sera effective en 2050. Ne se vendront plus que des véhicules électriques (30%), des véhicules GNV (32%) et des véhicules hydrides rechargeables (38%). 
L'éolien, le photovoltaïque et la biomasse aux premières loges 
Pour répondre à ces besoins, l'Ademe estime que les énergies renouvelables pourraient fournir de 34 à 41% des consommations en 2035 et de 46 à 69% en 2050. Dans ses trois variantes (mix avec 50%, 80% ou 90% d'ENR), l'Ademe mise sur l'éolien, le photovoltaïque et la biomasse. Ces productions alimentent les différents réseaux énergétiques dont l'équilibre évolue progressivement au cours de la période. La quantité de biomasse exploitable durablement étant limitée, les énergies renouvelables électriques constituent le principal levier pour parvenir à des niveaux élevés de pénétration des EnR dans le mix énergétique. Dans tous les cas, l'objectif de réduire la part du nucléaire à 50% de l'approvisionnement électrique est respecté. Pour les émissions de gaz à effet de serre, la France accuserait une baisse de 52% d'ici 2035 et 70 à 72% d'ici 2050. L'objectif de la LTE de réduire les émissions de gaz à effets de serre de 40% entre 1990 et 2030 et de les diviser par quatre entre 1990 et 2050 n'est ainsi pas tout à fait atteint. Pour se mettre sur une perspective de neutralité carbone comme le fixe le plan climat du Gouvernement présenté en juillet, il faut trouver d'autres mesures. "Il faut ouvrir le catalogue des solutions possibles", estime Fabrice Boissier.
De nouvelles mesures pour recadrer la stratégie bas-carbone 
Et des idées l'Ademe n'en manque pas. En parallèle de la mise à jour de ces visions énergie-climat, l'Agence publie des propositions pour réaliser un scénario de neutralité carbone avec un point d'étape à 2030. Les instruments étudiés ont été de tous types (réglementaire, économique, fiscal, communicationnel) et de toute nature (incitative, coercitive, informative). Ces nouvelles mesures visent à combler l'écart entre le scénario prévu par la stratégie nationale bas-carbone (baptisé AMS2) et les mesures en vigueur et déjà prévues pour le réaliser. Pour l'instant, la réalité ne respecte pas la fiction. Selon l'Ademe, le scénario AMS2 a surestimé les réductions d'émissions de GES d'ici 2030. En 2030, la France émettra 23,9 millions de tonne de CO2 de plus que prévu. Pour revenir sur le "droit chemin", l'Ademe propose 15 à 20 mesures nouvelles, ou existantes mais renforcées. Elle propose par exemple de mettre en place une obligation de rénovation des bâtiments résidentiels lors des mutations ou encore la mise en place de la RT2020 pour le tertiaire. En matière de transport, le développement des zones à circulation restreinte ou des péages urbains sont dans le package. L'Agence propose en outre une incitation fiscale pour les ENR dans les réseaux de chaleur, un dispositif fiscal en faveur des économies d'énergie dans l'industrie ou encore un soutien à l'agroforesterie... Avec ces études, l'Ademe va plus loin qu'un simple rôle d'appui à la direction générale de l'énergie et du climat (DGEC) qui organise les travaux sur les prochaines SNBC et PPE. Elle espère donner des billes pour faire évoluer les scénario officiels et en déduire des budgets carbone cohérents pour chaque secteur. Comme elle l'a fait en 2012, l'Agence prévoit de chiffrer économiquement ces propositions et ces scénario d'ici quelques mois.
https://www.actu-environnement.com/ae/news/loi-tranisition-energetique-plan-climat-ademe-29918.php4#xtor=ES-6

24/10/17Il y a quelque chose de pourri au royaume des éoliennes
Des citoyens, persuadés d’investir dans une “juste cause“, se font encore berner par des aigrefins profitant de la “vague verte“.
L’exemple du projet “Côte d’Armont” en Franche-Comté met en évidence les dessous nauséabonds des filles d’Éole. Un article documenté, “Les Don Quichotte de Franche-Comté” (Marianne du 27 août 2017), dévoile les manœuvres étranges de plusieurs sociétés qui s’entrecroisent, telles que Opale Energies Naturelles, Europe Wind IP (lié au fond américains Riverstone) et Velocita. Cette dernière est une société britannique ayant un actionnaire enregistré dans le paradis fiscal des îles Caïmans, et qui a revendu ses actifs éoliens français au Chinois Envision Energy.
Les sociétés constituées par le groupe allemand Volkswind (au total environ 120…), sont domiciliées à la même adresse (20 avenue de la Paix à Strasbourg), siège du cabinet consulting Mazars.
« En France », ne veut pas dire « français »…
Velocita et Opale font miroiter la création de milliers d’emplois “en France” (en se fondant sur une étude de l’Ademe), et des dizaines de milliers d’euros pour les communes bienveillantes…
Cependant, sur le chantier de construction du parc éolien de Rougemont (dans le Doubs), les ouvriers ne parlent pas français. Plusieurs voitures présentes sont immatriculées en Allemagne, en Suisse, en Espagne ou en Belgique. Les conteneurs appartiennent à la société espagnole GES. La maintenance a été sous-traitée à une société danoise LM Wind Power domiciliée dans une boite aux lettres du 38, rue de Berri à Paris, et qui n’emploie aucun salarié. Les éoliennes font travailler l’Europe avec les impôts et les taxes des Français.
Quant au “financement participatif” des citoyens via la plate-forme de “crowdfunding” Lendosphère, les candidats investisseurs feraient bien de se méfier des taux faramineux avancés de 5% à 7% par an.
Des investisseurs ont déjà été spoliés comme l’indiquait le Parisien en janvier 2016 citant ” le cas du groupe FSB Holding et sa filiale France Energies Finance (FEF) qui proposait des emprunts liés à des champs d’éoliennes(…)“.
Une de leurs avocates avait déclaré à Paris-Match “nous sommes en présence d’une escroquerie pyramidale de type Ponzi, la même que celle de Madoff, où les sommes versées par les épargnants servent à régler les intérêts des entrants précédents“.
Le désastre le plus spectaculaire est survenu en janvier 2014 en Allemagne avec la faillite du fabricant d’éoliennes Prokon qui était financé par des “participations citoyennes“. Créée en 1995, cette entreprise avait la particularité d’avoir été financée par 75 000 petits investisseurs privés. Elle les avait alléchés avec un investissement présenté comme “éthique“, et accompagné d’intérêts élevés (de 6 % à 8 %). Ce dépôt de bilan s’est soldé par de “gross” pertes pour de nombreux petits épargnants.
Mais, le modèle du “financement citoyen” de l’éolien (comme Prokon) est admiré… un peu partout en France,aussi bien en Bretagne en 2014, que dans la Somme (près d’Amiens) en 2017. Les éventuels investisseurs devraient être prévenus des risques.
De plus, les rachats récents de sociétés françaises en 2017 signifient qu’il y aura peu d’emplois en France : Alsthom est devenu Général Electric (américain), et le secteur éolien d’Areva est devenu Siemens-Gamesa (allemand et espagnol).
Le 19 septembre 2017, le groupe Siemens / Gamesa a annoncé sa décision d’abandonner l’industrialisation de l’éolienne offshore de 8 mégawatts (MW) développé par Adwen, ancienne co-entreprise entre Areva et Gamesa. Trois projets éoliens off-shore en France (Îles d’Yeu-Noirmoutier, Dieppe-Le Tréport, et celui de la baie de Saint-Brieuc) devaient en être équipés. Mais c’est finalement la turbine D8 de Siemens Gamesa qui a été choisie.
Tout l’esprit des appels d’offres a été détourné. Il y a là des raisons de déposer des recours juridiques.
Les usines des pales et des nacelles seront cependant bien implantées au Havre, aboutissant à la création de 750 emplois directs tandis que « le recours au tissu industriel local par le consortium et son fournisseur permettra la mobilisation de 750 emplois supplémentaires » souligne un communiqué de Siemens / Gamesa. Compte tenu des annonces passées dans ce domaine de l’emploi, plus que jamais les promesses n’engagent…
Le montant annuel des subventions de cette future production éolienne est d’environ 1,5 milliard d’euros (dont la moitié ira aux trois parcs éoliens off-shore) pour un nombre limité d’emplois (moins de 3000). Cela revient cher l’emploi subventionné…
Les services de l´état seraient bien inspirés de surveiller de plus près le développement des éoliennes (et aussi des panneaux photovoltaïques) considérées au-dessus de tout soupçon puisque c’est “pour sauver la planète“. (Le fabriquant de cellule photovoltaïque à concentration SOITEC a jeté l’éponge le 19 janvier 2015).
En partie grâce à la loi de transition énergétique de 2015 qui donne une légitimité à ces implantations parfois douteuses, voilà vers quel Nirvana socio-économique, “pourvoyeur de milliers d’emplois renouvelables et non délocalisables“, certains de nos élus prétendent mener la collectivité française…
Il y a vraiment quelque chose de pourri au royaume des éoliennes…
https://metamag.fr/2017/10/24/il-y-a-quelque-chose-de-pourri-au-royaume-des-eoliennes/

23/10/17 : Le salut des renouvelables passera-t-il par l'hydrogène ?
Transformer les excédents d'électricité renouvelable en gaz afin de les stocker en grandes quantités et de "verdir" des secteurs fortement émetteurs de CO2 : telle est la réponse des spécialistes français de l'hydrogène face aux défis de la transition énergétique.
Appelé "power to gas", le procédé repose sur la technique de l'électrolyse, qui consiste à décomposer chimiquement l'eau grâce à un courant électrique pour produire de l'oxygène et de l'hydrogène.
L'hydrogène "renouvelable" ainsi produit pourrait résoudre les difficultés liées à l'intermittence de l'éolien et du solaire en les rendant stockables à long terme - par exemple en été pour une consommation hivernale -, réduisant dans le même temps les risques de tensions sur les réseaux électriques.
"A partir de 50% d'énergies renouvelables dans le mix de production d'électricité d'un pays, il y a un vrai problème d'excédents temporaires de production qui implique de trouver des débouchés et qui donne toute sa pertinence au 'power to gas'", estime Sandra Roche, directrice "New gas" d'Engie, pour qui ce seuil de 50% sera atteint en France "à l'horizon de 2030".
EDF juge pour sa part que, en l'état actuel des technologies, "dépasser une valeur de 40% en moyenne d'éolien et de solaire dans le mix de production d'électricité à l'horizon 2030 (...) paraît un peu risqué en termes de robustesse du réseau, sauf à développer des moyens de stockage intersaisonnier en très grandes quantités", indique le responsable de la R&D du groupe, Bernard Salha.
"La seule technologie qui permettrait de faire du stockage intersaisonnier à grande échelle, c'est l'hydrogène", ajoute-t-il. "Mais ça nécessite le développement d'une nouvelle filière industrielle, qui implique de raisonner en dizaines ou centaines de milliers de tonnes (de production), voire en millions, et donc un horizon de temps long." La France s'est fixé comme objectif d'atteindre 40% de sa production d'électricité d'origine renouvelable en 2030 (contre 19,6% en 2016) tout en réduisant de 75% à 50% la part du nucléaire à horizon 2025, ce qui suppose une forte accélération de l'éolien et du solaire (5,5% de la production électrique l'an dernier).
DES VOITURES QUI NE REJETTENT QUE DE L'EAU
La mobilité électrique constitue l'un des débouchés les plus en vue d'un hydrogène qui serait massivement produit à partir des renouvelables, la pile à combustible apparaissant comme une alternative crédible aux batteries grâce à une autonomie nettement supérieure.
A terme, il est donc possible d'imaginer des parcs éoliens ou solaires qui, lorsque leur production ne sera pas consommée sur les réseaux électriques, alimenteront des stations de ravitaillement de véhicules roulant à l'hydrogène, ces derniers ayant l'avantage de ne rejeter que de l'eau.
"Derrière une immense vague de déploiement des batteries, qui est logique car plus facile dans un premier temps, se prépare la diffusion des piles à combustible dans une deuxième étape", estime Pierre-Etienne Franc, responsable des activités "énergie hydrogène" d'Air Liquide.
Le groupe, qui réalise un peu plus de deux milliards d'euros de chiffre d'affaires dans l'hydrogène "classique" auprès de clients présents dans le raffinage, la pétrochimie, la métallurgie, l'électronique et le spatial, aura d'ores et déjà conçu et construit 100 stations de recharge d'hydrogène dans le monde d'ici à fin 2017, dont une ravitaille une flotte de taxis parisiens.
Côté constructeurs, Honda propose déjà une version hydrogène de sa berline Clarity, tandis que Hyundai revendique le lancement en 2013 du premier véhicule grand public, l'ix35, doté de ce type de motorisation. Toyota travaille lui aussi sur la pile à combustible depuis plusieurs années tandis que General Motors a présenté récemment une plateforme dédiée, Surus, qui doit lui permettre de développer d'ici cinq ans une offre pour les particuliers.
UN ENJEU AUSSI POUR LES RAFFINEURS
En France, les grands équipementiers sont de la partie - Michelin a investi en 2014 dans la start-up Symbo FCell et Faurecia a signé cette année un partenariat avec le CEA.
En revanche, les constructeurs hexagonaux donnent dans l'immédiat la priorité à l'électrique à batterie et à l'hybridation : PSA se contente d'une "veille technologique active" sur la pile à combustible, tout comme Renault.
https://fr.news.yahoo.com/le-salut-des-renouvelables-passera-064708447.html

23/10/17 : Première réunion pour le groupe de travail « éolien »
Annoncé en juillet dernier lors de la Conférence nationale des territoires, le groupe de travail « éolien » s’est réuni pour la première fois, ce 20 octobre. La rencontre, présidée par Sébastien Lecornu, a permis d’élaborer une feuille de route pour le développement de l’éolien terrestre en France. Des commissions techniques restreintes seront chargées de formuler des propositions au groupe de travail. Des premières mesures pourraient être annoncées dès 2018.
Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat au ministère de la transition énergétique et solidaire, a présidé, vendredi 20 octobre, la première réunion du groupe de travail « éolien ».
Annoncé en juillet dernier, lors de la Conférence nationale des territoires, le groupe est chargé de « simplifier et consolider le cadre administratif de l’éolien terrestre et son financement ». Il s’agit aussi de développer l’activité et l’emploi dans ce domaine tout en veillant à la compétitivité des prix de l’électricité et au respect de l’environnement.
Pour atteindre ces objectifs, le groupe de travail a mis en place des commissions techniques restreintes. Elles devront approfondir les enjeux liés au cadre réglementaire de l’éolien et ses évolutions possibles, les retombées fiscales et modèles de financement des projets éoliens, la protection des paysages et de la nature, le renouvellement des parcs existants et l’éolien en mer.
De nouvelles mesures en 2018Composé de parlementaires, d’associations d’élus, d’ONG, de représentants des professionnels de l’éolien et de l’électricité, de juristes et des administrations des ministères de la transition écologique et solidaire, le groupe de travail se réunira de nouveau fin novembre pour examiner les propositions émanant de ces comités restreints. Des premières mesures pourraient être annoncées lors de la Conférence Nationale des Territoires de 2018. Les travaux du groupe devraient d’ailleurs se conclurent en janvier 2018.
« Nous voulons libérer les projets de certaines contraintes afin que nos pays puisse poursuivre le développement de cette énergie renouvelable en France. Dans le même temps, ce groupe de travail évaluera tous les moyens permettant de protéger les paysages et la qualité de vie des Français. Nous travaillerons notamment sur la fiscalité des projets éoliens pour en améliorer l’acceptabilité dans les territoires », explique Sébastien Lecornu.
Rappelons que Nicolas Hulot a fixé une ambition de neutralité carbone pour la France à l’horizon 2050 et de diversification des modes de production d’électricité. « Le développement de toutes les énergies renouvelables, et de l'éolien terrestre en particulier, constitue un enjeu fort pour parvenir à cette évolution de notre mix énergétique et à la décarbonation de notre énergie », conclut le ministère. 
http://www.batiweb.com/actualites/eco-construction/premiere-reunion-pour-le-groupe-de-travail-eolien-23-10-2017-31376.html

20/10/17Eolien : de premières mesures début 2018 pour simplifier les règles
Le gouvernement compte parvenir à de "premières décisions" en janvier pour simplifier les règles entourant le développement de l'éolien, a indiqué vendredi Sébastien Lecornu, le secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique.
L'objectif est de "voir comment on arrive à libérer les énergies renouvelables, et en l'occurrence l'éolien", tout en assurant la "protection" de la biodiversité et des paysages, a défendu M. Lecornu, lors d'un point presse à l'issue de la première réunion d'un groupe de travail sur l'éolien.
La France s'est fixé des objectifs ambitieux en matière de développement de l'éolien, mais les projets se heurtent un problème d'acceptabilité, avec des contentieux au long cours, et aussi à des difficultés de cohabitation avec des installations militaires ou le patrimoine architectural, autant de sujets au coeur de ce groupe de travail. Réunissant élus locaux, industriels, ministère des Armées et de la Culture et associations, cette réflexion sur les éoliennes avait été proposée lors de la Conférence nationale des territoires en juillet.
Il ne s'agit pas d'un "grand soir de l'éolien" avec une remise en cause de ce qui a été fait par le passé, mais de prendre des mesures qui "déverrouillent" des blocages identifiés, a défendu M. Lecornu.
Un consensus est possible rapidement sur une évolution de la fiscalité avec une meilleure redistribution aux communes des retombées de l'éolien, a-t-il ajouté. Parmi les autres sujets en discussion: l'éolien en mer, avec des simplifications qui pourraient être introduites dans le futur projet de loi sur le droit à l'erreur et le renouvellement des parcs en fin de vie (repowering).
"Nous sommes satisfaits, le discours de Sébastien Lecornu a été extrêmement volontariste", a réagi auprès de l'AFP Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables, qui rassemble les professionnels du secteur. Pour les industriels, l'enjeu principal est de réduire les recours, qui induisent un temps de développement des projets de six à huit ans, beaucoup plus long que chez nos voisins européens. "C'est là qu'il faut porter l'effort", a insisté M. Bal.
Un groupe de travail réuni pour la première fois le 20 octobre, sous la houlette de Sébastien Lecornu, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, s'attelle à "libérer le secteur éolien" et à en déverrouiller les freins. Des avancées intéressant les maires et élus locaux sont tout particulièrement attendues.
Un groupe de travail sur l'éolien, "à visée opérationnelle et très concrète", s'est réuni pour la première fois ce 20 octobre au ministère de la Transition écologique et solidaire. "En trois mois, voire un peu plus, si besoin jusqu'à six mois, l'objectif est d'aboutir à des mesures ciblées qui font réellement avancer les choses. Dans l'éolien, les acteurs de terrain, les élus locaux et les opérateurs avaient tendance à batailler seuls. Si le gouvernement reprend l'enjeu en main, c'est qu'il est déterminant dans le cadre de la Conférence des territoires et pour la crédibilité de notre plan Climat", explique le secrétaire d'Etat. Fin novembre, ce groupe de travail associant des administrations, des associations d'élus, des porteurs de projet et des ONG, se réunira une deuxième fois, puis une troisième à la mi-janvier afin de partager de premières propositions.
Cinq commissions pour consolider les règles
"Entre ces deux dates, les cinq commissions techniques constituées pourront se réunir aussi souvent qu'elles le souhaitent, sans présence ou représentation ministérielle", ajoute Sébastien Lecornu. La première de ces cinq commissions, plutôt composée de juristes, porte sur la simplification des procédures. Nombre de projets éoliens atterrissent, on le sait, devant le juge administratif. Et le contentieux du permis éolien est particulièrement riche : "Il faut corriger ce biais et parvenir à éviter le contentieux", motive-t-il.
Une seconde commission planche sur les retombées fiscales de l'éolien. Depuis que la loi de finances de 2010 a modifié cette fiscalité en supprimant la taxe professionnelle (TP) et en la remplaçant, pour les éoliennes, par l'imposition forfaitaire sur les entreprises de réseau (Ifer), plutôt distribuée au bloc intercommunal, des réticences sont observées dans les communes. En l'absence d'une fiscalité qui leur est directement allouée, elles rechignent en effet à développer des projets et à accueillir des éoliennes. "Avec l'Ifer, il y a des choses à améliorer. Les élus locaux sont très demandeurs", confirme le secrétaire d'Etat.
Le dispositif encore jeune de financement participatif, qui dispose depuis la fin 2014 d'un encadrement spécifique, aura également toute sa place dans cette commission. Dans l'environnement, ce dispositif a d'abord séduit des développeurs éoliens ou solaires. Or pour les projets de parcs éoliens, les prêteurs sont souvent des riverains. Dès lors, cette solution d'épargne décentralisée peut contribuer à faire accepter un projet : "Ce regain d'intérêt, cette acceptabilité locale renforcée font partie des points traités par cette commission", précise Sébastien Lecornu.
"Libérer tout en protégeant"
Chantier plus vaste, une troisième commission travaillera sur l'éolien en lien avec la protection de la biodiversité et des paysages. Elle réunit des acteurs associatifs mais aussi des représentants des ministères des Armées et de la Culture. "Car ce qui se passe sur le terrain, c'est que souvent un maire se lance dans un projet éolien, trouve un développeur mais bute et connaît des différends avec ces deux ministères, notamment dans le second avec les Architectes des bâtiments de France (ABF)", relate l'ancien président du département de l'Eure. Nombre d'élus estiment en effet que les décisions des ABF sont souvent prises sans explication ni dialogue. "Vis-à-vis des maires, il est temps de parler d'une seule voix du côté ministériel, de moins s'éparpiller", ajoute celui qui fut un temps maire de Vernon (Eure).
Dans le cadre de cette commission devrait par ailleurs émerger une position interministérielle plus claire, voire un projet de décret, au sujet de la distance d'implantation au regard des contraintes militaires (radars, secteurs d’entraînement, zones de vols tactiques). Ces contraintes inquiètent les professionnels de l'éolien, qui voient leurs projets gelés par l’armée.
Enfin, les deux dernières commissions porteront sur l'enjeu de renouvellement technologique sur un parc existant et sur l'éolien en mer, "un secteur où persistent des verrous qu'il serait possible de faire évoluer dans le cadre du projet de loi relatif au droit à l'erreur et à la simplification administrative", conclut Sébastien Lecornu.
"Nous sommes satisfaits, le discours de Sébastien Lecornu a été extrêmement volontariste", a réagi auprès de l'AFP Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables, qui rassemble les professionnels du secteur. Pour les industriels, l'enjeu principal est de réduire les recours, qui induisent un temps de développement des projets de six à huit ans, beaucoup plus long que chez nos voisins européens. "C'est là qu'il faut porter l'effort", a insisté Jean-Louis Bal.
http://www.caissedesdepotsdesterritoires.fr/cs/ContentServer?pagename=Territoires/Articles/Articles&cid=1250279931988

20/10/17 : Sébastien Lecornu installe le groupe de travail « éolien » dans le cadre de la Conférence nationale des territoires
Sébastien Lecornu, secrétaire d’État auprès du Ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, a présidé aujourd’hui la première réunion du groupe de travail national chargé de simplifier et consolider le cadre administratif de l’éolien terrestre et son financement, avec un souci d’excellence environnementale, de développement de l’activité et de l’emploi et de compétitivité des prix de l’électricité.
« Nous avons souhaité mettre autour de la table tous les acteurs impliqués dans les projets éoliens. Nous voulons libérer les projets de certaines contraintes afin que notre pays puisse poursuivre le développement de cette énergie renouvelable en France. Dans le même temps, ce groupe de travail évaluera tous les moyens permettant de protéger les paysages et la qualité de vie des Français. Nous travaillerons notamment sur la fiscalité des projets éoliens pour en améliorer l’acceptabilité dans les territoires » a expliqué Sébastien Lecornu.
Le groupe de travail a décidé d’approfondir dans des commissions techniques restreintes les enjeux liés au cadre réglementaire de l’éolien et ses évolutions possibles, les retombées fiscales et modèles de financement des projets éoliens, la protection des paysages et de la nature, le renouvellement des parcs existants (repowering) et l’éolien en mer.
Ce groupe de travail se réunira à nouveau fin novembre pour examiner les propositions émanant de ces comités restreints. Des premières mesures pourront être annoncées lors de la Conférence Nationale des Territoires et les travaux de ce groupe se concluront en janvier 2018.
Ce groupe de travail éolien est composé :
• de parlementaires : Barbara Pompili, Présidente de la Commission du développement durable de l’Assemblée nationale, et Roland Lescure, Président de la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale ;
• des associations d’élus : Association des maires de France (AMF), Assemblée des Communautés de France (AdCF), Assemblée des départements de France (ADF), Association des régions de France (ARF), Amorce, Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) ;
• des ONG : France Nature Environnement (FNE), Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et WWF ;
• des représentants des professionnels de l’éolien et de l’électricité : Syndicat des énergies renouvelables (SER), France énergie éolienne (FFE), Enedis, Réseau de transport d’électricité (RTE)
• des juristes : Directions des affaires juridiques (DAJ) et avocats spécialisés ;
• des administrations des ministères de la transition écologique et solidaire : direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL), Direction générale de la prévention des risques (DGPR), Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), direction générale de l'aménagement, du logement et de la nature (DGALN), Direction générale de l’aviation civile (DGAC), de la culture et des armées;
Le Plan climat présenté par Nicolas Hulot, Ministre d’État, en juillet 2017 fixe une ambition de neutralité carbone pour notre pays à l’horizon 2050 et de diversification des modes de production d’électricité. Le développement de toutes les énergies renouvelables, et de l'éolien terrestre en particulier, constitue un enjeu fort pour parvenir à cette évolution de notre mix énergétique et à la décarbonation de notre énergie.
https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sebastien-lecornu-installe-groupe-travail-eolien-dans-cadre-conference-nationale-des-territoires

20/10/17 : Simplification de l'éolien : Sébastien Lecornu optimiste sur la fiscalité et le repowering
Le secrétaire d'Etat auprès de Nicolas Hulot a présidé vendredi 20 octobre la première réunion du groupe de travail sur l'éolien. Sur les cinq thématiques à l'ordre du jour, fiscalité et repowering paraissent plus consensuels.
"Nous croyons à l'éolien mais nous croyons aussi qu'il ne faut pas le faire n'importe comment", a déclaré Sébastien Lecornu à l'issue de la première réunion du groupe de travail sur l'éolien dont il avait annoncé le lancement le 6 octobre à l'occasion d'un déplacement dans les Ardennes. Le secrétaire d'Etat a vanté cette initiative de l'Etat destinée à mettre toutes les parties prenantes autour de la table. Il s'agit de trouver un point d'équilibre dans ce secteur où les différentes acteurs ont du mal à se parler et où les nombreux litiges se règlent devant les tribunaux, a-t-il expliqué.
Si le représentant du Gouvernement veut laisser pleinement s'exprimer le groupe de travail et ne pas brider les préconisations qui pourront en sortir, deux sujets semblent toutefois plus consensuels à ses yeux. Il s'agit de la fiscalité et du financement participatif, d'une part, du repowering, d'autre part. Deux sujets qui font chacun l'objet d'une commission technique restreinte, de la même manière que les trois autres thématiques à l'ordre du jour de ce groupe de travail : la simplification des procédures administratives, la protection des paysages et de la nature, et l'éolien en mer.
Etude d'impact : le cas par cas envisageable
Concernant les retombées fiscales de l'éolien pour les collectivités, un consensus sur un nouveau mécanisme de répartition semble possible, pressent le secrétaire d'Etat, même si son inscription dans le projet de loi finances pour 2018 semble prématuré. "On ne peut ignorer l'intéressement du bloc communal", a précisé Sébastien Lecornu concernant la répartition du produit de l'imposition forfaitaire sur les entreprises de réseau (Ifer), estimant que cela pourrait débloquer beaucoup de projets.
Concernant le repowering, la question d'une simplification des études d'impact se pose, a révélé le secrétaire d'Etat. En cas d'accord du maire, d'une bonne acceptabilité sociale et de la faiblesse des enjeux en matière de biodiversité, la procédure du cas par cas plutôt que l'étude d'impact systématique pourrait être envisagée, a esquissé Sébastien Lecornu.
Ce qui rejoint la question plus générale des simplifications administratives. Concernant le temps que les projets mettent pour sortir de terre, "personne ne se satisfait de cette spécificité française", a indiqué le représentant du Gouvernement, précisant qu'il croyait à la prévisibilité. Déplorant que le contentieux soit devenu le principe plutôt que l'exception, il a précisé que les sources récurrentes de contentieux seront analysées par des juristes spécialisés en vue, le cas échéant, de faire évoluer la loi.
"L'Etat doit parler d'une seule voix"
Si le Gouvernement souhaite libérer les énergies renouvelables (EnR) afin de se donner les moyens des objectifs fixés dans la programmation pluriannuelle de l'énergie et dans le plan climat qu'il a adopté en juillet dernier, il souhaite "en même temps" ne pas négliger la protection des paysages et de la biodiversité. Une question particulièrement sensible.
En tout état de cause, "l'Etat doit parler d'une seule voix", indique M. Lecornu. D'où la mise sur pied d'une sous-commission technique réunissant les différents représentants de l'Etat, dont la DGAC, le ministère des Armées et le ministère de la Culture. Les dispositions relatives aux radars dans le projet de décret qui doit venir préciser les règles d'implantation des éoliennes n'est pas arrêté à ce stade, tient à préciser le secrétaire d'Etat. Une extension de 30 à 70 km de la zone tampon autour des radars militaires avait en effet été évoquée.
Enfin, une dernière commission technique est consacrée à l'éolien en mer, alors que Sébastien Lecornu a inauguré le 13 octobre la première éolienne flottante française. Un premier verrou a sauté, explique ce dernier, avec la prise en charge du raccordement par RTE votée dans le projet de loi sur l'interdiction d'exploitation des hydrocarbures. D'autres verrous devraient être levés à travers le projet de loi relatif au droit à l'erreur qui sera discuté au Parlement début 2018. Certaines des préconisations issues du groupe de travail pourraient être intégrées à ce projet, a précisé le secrétaire d'Etat.
Groupe de travail, mode d'emploi
Le groupe de travail est composé de parlementaires (Barbara Pompili, Roland Lescure), d'associations d'élus (AMF, AdCF, ADF, ARF, Amorce, FNCCR), d'ONG (FNE, LPO, WWF), de professionnels de l'éolien et de l'électricité (SER, FEE, Enedis, RTE), de juristes (DAJ, avocats spécialisés) et de représentants de l'Etat (Dreal, DGPR, DGEC, DGALN, DGAC, ministère de la Culture, ministère des Armées). Après sa première réunion ce vendredi 20 octobre, il se réunira de nouveau le 30 novembre pour examiner les propositions émanant des commissions restreintes, puis une troisième fois le 18 janvier. Des premières mesures pourraient être annoncées lors de la Conférence nationale des territoires le 2 décembre et un premier relevé de décisions présenté en janvier 2018. Sébastien Lecornu s'est donné six mois au grand maximum pour aboutir sur les questions les plus délicates.