Stop à l'éolien industriel

Stop à l'éolien industriel
Un fléau d'une ampleur internationale s'abat, depuis quelques années, sur notre pays. Aidés par nos élus, les promoteurs éoliens se sont accaparés nos territoires et nos vies. Devant le massacre de notre patrimoine, un vent de colère s'élève partout sur l'hexagone. Il est grand temps de dire "STOP" à ce carnage.

samedi 30 juin 2018

Transition énergétique : inscrire les renouvelables dans le paysage pour éviter l'opposition

https://www.actu-environnement.com/ae/news/transition-energetique-renouvelables-paysage-integration-31567.php4#xtor=ES-6

La multiplication de petites installations de production d'électricité renouvelable modifie les paysages. Des collectivités s'emparent du sujet pour encadrer leur déploiement et planifier les zones d'implantation selon leur projet de territoire.

Qui dit décentralisation et transition énergétiques, dit également multiplication de petites unités de production. Ici et là fleurissent centrales photovoltaïques et parcs éoliens. Au risque de dénaturer les paysages. Certains projets font déjà l'objet de vives oppositions de la part de riverains. Pour faciliter leur acceptation et les inscrire dans le territoire, certaines collectivités s'emparent de la question et planchent sur la dimension paysagère de la transition énergétique. "Il ne s'agit pas de sacraliser le paysage. C'est utopique de vouloir le mettre sous cloche. Le paysage doit plutôt être un outil pour questionner la manière de mettre en œuvre la transition énergétique", explique Auréline Doreau, chef de projet de la chaire Paysage et Energie, à l'Ecole nationale supérieure de paysage de Versailles.

"Le paysage doit plutôt être un outil pour questionner la manière de mettre en œuvre la transition énergétique." 
Auréline Doreau, Ecole nationale supérieure de paysage de Versailles


Si, au premier abord, la rencontre entre paysagistes et énergéticiens n'est pas évidente, elle est finalement source de richesse : "Cela suppose de croiser les disciplines, mais aussi de questionner les activités sur le territoire : économie, loisirs, agriculture, mobilité, solidarité entre les territoires… Ce travail ouvre un champ de réflexion beaucoup plus large, au delà de la question initiale de la transition énergétique".

Anticiper l'arrivée des projets renouvelables

Le parc naturel régional des Préalpes d'Azur s'est saisi du sujet à l'occasion de l'installation d'un poste source électrique de 80 MW. Ce projet démultiplie les possibilités d'installer des énergies renouvelables sur ce territoire : environ 200 hectares de centrales photovoltaïques seront raccordables. Cette future infrastructure attire d'ores et déjà les porteurs de projets, au risque de conduire à des spéculations sur les terres, notamment agricoles. Le parc a donc souhaité anticiper, en élaborant des préconisations sur les futures centrales, voire en planifiant leur implantation. "L'idée est d'éviter de miter le territoire comme cela s'est fait avec les zones pavillonnaires. Il était donc nécessaire de prendre le projet très en amont", explique Joris Masafont, étudiant paysagiste chargé de mener la réflexion sur l'intégration paysagère des énergies renouvelables dans le parc. "En règle générale, les collectivités agissent en réaction à l'arrivée d'opérateurs privés. Il n'y a donc pas d'ambition paysagère. Nous souhaitions anticiper, afin d'éviter d'avoir une juxtaposition de centrales qui dénaturent le territoire", justifie Eric Mele, président du parc. D'autant qu'à terme, la capacité du poste source pourrait être triplée.

Des analyses cartographiques et des études de terrain ont permis de mieux connaître le territoire dans un périmètre de 15 km autour du futur poste source. Des critères paysagers, mais aussi des critères techniques, élaborés avec des énergéticiens, ont permis d'établir une grille de lecture du territoire.


Ce travail a permis d'identifier les lieux potentiels d'installation des parcs, en accord avec le projet de territoire. Ainsi, les plaines fertiles devraient être protégées des grands projets. Les zones ayant un intérêt patrimonial, écologique ou agricole ont été exclues d'office. En revanche, les plateaux calcaires, "lieux assez pauvres en termes de biodiversité, assez fermés, pourraient servir à la fois pour le pâturage et l'installation de centrales photovoltaïques", explique Joris Masafont. Et pourquoi pas multiplier les usages sur ces plateaux, en créant des réserves d'eau de pluie ? Au niveau des villages, des serres photovoltaïques pourraient être installées, en continuité de l'urbanisme actuel, pour alimenter les cantines ou les habitants.

Une démarche qui porte ses fruits

Ce travail, qui va être poursuivi, doit permettre au parc de se positionner sur les futurs projets. "L'avis du parc reste consultatif, mais c'est une aide à la décision pour les maires et le Préfet. Il s'agit d'inscrire ce travail d'expertise dans un ensemble d'enjeux", explique Eric Mele.

Le parc naturel régional du Verdon s'est lancé dans cette démarche il y a quelques années. Une charte, adoptée en 2010, définit des principes d'implantation pour les centrales solaires : éviter les terres agricoles, les zones naturelles à enjeux et privilégier le foncier communal afin de garantir l'intérêt général du projet. Les porteurs de projets doivent également présenter une simulation paysagère et privilégier les solutions qui optimisent l'emprise au sol.


Depuis 2007, le parc a émis 23 avis sur des projets photovoltaïques : cinq favorables, quatre avec réserves et 14 défavorables. Huit projets ont finalement été réalisés : quatre avaient reçu un avis favorable, deux un avis défavorable (car implantés sur des terrains privés) et deux des réserves. "Tous les projets sur des paysages emblématiques ont été abandonnés, souligne Dominique Imburgia, chargé de projet Energie du parc. Depuis 2011, il n'y a plus de projets en zone agricole et les deux-tiers sont sur des terrains publics".


Ce travail de longue haleine a permis d'ouvrir les discussions avec les élus et les opérateurs privés. Pour autant, la démarche se confronte parfois à des intérêts économiques : les communes sont tentées de donner leur feu vert à des projets qui dénaturent le paysage, afin de bénéficier de retombées économiques. Difficile de renoncer à une nouvelle manne financière en ces temps de disette budgétaire…


"Demain, avec le développement des intercommunalités, les projets de territoires seront plus facilement réalisables", espère Luc Courtil, chargé de mission Développement du parc. D'autant que l'objectif n'est pas de s'opposer à tous les projets mais de privilégier ceux qui s'inscrivent dans le paysage : "On engage les communes à s'approprier la question et à inverser les démarches, en utilisant les plans locaux d'urbanisme (PLU)", explique-t-il. Par exemple, la commune de Moissac-Bellevue a travaillé à l'élaboration d'un cahier des charges, avec le parc et Energie partagée. Une pré-étude environnementale a été réalisée sur le site identifié et le public a été consulté sur le projet d'implantation d'une centrale photovoltaïque. Ce n'est qu'après ces étapes qu'un opérateur a été retenu par appel d'offres pour mener à bien le projet, qui est encore en cours de montage.

A Manosque, l'hydrogène crée une bulle spéculative sur le foncier

Anticiper et s'approprier les projets, c'est également ce que comptent faire les élus de la communauté d'agglomération de Manosque (Durance-Luberon-Verdon agglomération). Un projet de production d'hydrogène, à partir de photovoltaïque, et de stockage dans les cavités salines du territoire, suscite des inquiétudes. "Ce projet nécessite l'installation de 1.500 hectares de panneaux photovoltaïques. Les opérateurs sont en train de se positionner. Nous devons être très vigilants. Ils proposent des loyers de 8.000 à 10.000€/an/ha aux propriétaires forestiers. Cela crée une bulle spéculative. Or, nous tenons à la carte postale de notre territoire, qui est très touristique", raconte le maire de Manosque, Bernard Jeanmet-Péralta. L'agglomération planche donc, avec le parc du Verdon, sur une cartographie de favorabilité ou d'exclusion des projets, en fonction des enjeux de biodiversité, de paysage, d'agriculture et de pastoralisme. Mais "il faut aller vite", prévient Luc Courtil.