Stop à l'éolien industriel

Stop à l'éolien industriel
Un fléau d'une ampleur internationale s'abat, depuis quelques années, sur notre pays. Aidés par nos élus, les promoteurs éoliens se sont accaparés nos territoires et nos vies. Devant le massacre de notre patrimoine, un vent de colère s'élève partout sur l'hexagone. Il est grand temps de dire "STOP" à ce carnage.

Production d'électricité, consommation, puissance installée, nucléaire, EnR, ... (III) (du 16/12/2018 au ...)

Production d'électricité, consommation, puissance installée, nucléaire, EnR, ...





Voir les articles précédents sur "Production électricité, consommation, puissance installée, nucléaire, ..." (I) et (II)




17/07/19
Le nucléaire français souffre-t-il d’idées reçues erronées ?
L’énergie nucléaire civile permet de générer de l’électricité grâce à la chaleur libérée lors d’une réaction de fission de noyaux atomiques dans un réacteur électronucléaire.
Le nucléaire est une ressource énergétique présente dans le mix électrique français depuis les années 50, mais son développement s’est largement accéléré au lendemain du 1er choc pétrolier de 1974.
La société d’études et de conseil BVA et l’énergéticien Orano ont publié le 26 juin dernier les surprenants résultats d’une enquête d’opinion consacrée à la manière dont les Français perçoivent l’énergie nucléaire.
Réalisé auprès de 3.008 citoyens de plus de 18 ans, ce sondage permet de constater qu’une majorité de Français (47%) estiment que l’énergie nucléaire est un atout pour notre pays. Pourtant il existe actuellement des idées reçues erronées ou en décalage avec la réalité.
Le nucléaire, une ressource énergétique décarbonée…
Le résultat le plus étonnant est lié à la contribution de l’énergie nucléaire au réchauffement climatique. Une majorité de français (69%) considèrent en effet que le nucléaire est une ressource énergétique responsable d’émissions de gaz à effet de serre et qui participe donc au dérèglement climatique.
Pire, ce taux monte à 86% chez les 18-34 ans, une population souvent considérée comme étant particulièrement engagée en faveur du climat et de la protection de l’environnement.
Les auteurs de l’étude reconnaissent que c’est un résultat particulièrement surprenant de l’enquête car il est éloigné de la réalité. Le nucléaire est en effet une des ressources les moins polluantes de notre mix énergétique.
Pour la production d’un kilowattheure d’électricité, le nucléaire va émettre 12 grammes de dioxyde de carbone sur l’ensemble du cycle. Soit un gramme de plus que l’énergie éolienne (11 grammes) mais largement moins que l’énergie solaire (45 grammes) et les énergies fossiles (400 grammes pour le gaz et 1.000 grammes pour le charbon).
… appelée à jouer un rôle important dans la transition énergétique mondiale
“Depuis les années 1980 et la crise des missiles entre les Russes et les Américains, les jeunes écoutent ces organisations et cette perception négative du nucléaire est restée. Il y a un effet de halo et on est pris dans ce mouvement. On l’a vu en 2012, quand l’accord PS-Verts a abouti à une baisse du nucléaire, alors que cette politique ne répond pas à l’enjeu du réchauffement climatique”, déplore Philippe Knoche, le directeur général d’Orano.
Cette idée reçue est particulièrement dommageable dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique. En effet, le nucléaire est une ressource énergétique décarbonée qui est appelée à jouer un rôle important dans le cadre de la transition énergétique mondiale.
Le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat estime d’ailleurs que l’énergie nucléaire est une ressource importante pour limiter le réchauffement climatique à 2°C d’ici la fin du siècle.
Les Français sont en revanche correctement informés sur la question de la gestion des combustibles usés. Près de deux sondés sur trois (61%) ont en effet connaissance des possibilités de recyclage des combustibles utilisés dans les centrales électronucléaires.
Une compréhension probablement renforcée en raison du débat public lancé en avril dernier à propos du cinquième Plan National de Gestion des Matières et des Déchets Radioactifs.
Le nucléaire, un secteur économique important et d’avenir
De manière plus globale, les sondés sont conscient de l’importance du nucléaire dans la stratégie énergétique française, même s’ils ont tendance à sous-estimer le rôle de l’atome dans la production d’électricité. En effet, les Français estiment en moyenne à 59% la part de l’énergie nucléaire dans notre mix électrique. Le nucléaire est donc bien perçu comme ayant un rôle de premier plan… même si sa part dans la production de l’électricité française s’élève en réalité à 72%.
De plus, à la question des arguments en faveur de l’énergie nucléaire, 46% des sondés répondent “l’indépendance énergétique de la France”. Les Français sont donc également conscients que le nucléaire est une ressource qui permet à notre pays de réduire sa dépendance aux énergies fossiles tout en permettant d’équilibrer notre balance commerciale énergétique.
Les résultats du sondage de BVA témoignent d’ailleurs de l’importance économique du nucléaire dans notre pays. La création d’emplois est en effet le second argument en faveur de l’atome (39%).
De plus, considérations environnementales mises à part, 63% des Français placent le coût de production de l’électricité nucléaire (qui est considérée comme ne coûtant “pas trop cher”) en première position des éléments qui sont les plus importants à leurs yeux.
Les Français pensent ainsi que le nucléaire sera toujours utilisé à l’avenir, aux côtés notamment des énergies renouvelables. S’ils ont encore du mal à se prononcer sur son futur, les sondés considèrent le nucléaire comme une énergie d’avenir : “un peu plus de la moitié pense que sa part va rester stable ou même progresser en France (54%) et dans le monde (61%)”.
https://www.lemondedelenergie.com/nucleaire-souffre-idees-recues-erronees/2019/07/17/

15/07/19La transition énergétique ne doit pas se tromper d’objectif😏
Le pétrole et le gaz sont les principaux problèmes de l’alimentation énergétique française. L’efficacité énergétique est primordiale, les renouvelables peuvent être utiles, mais ces leviers ne suffiront pas.
Un report d’une partie des consommations de pétrole et gaz sur l’électricité est éminemment souhaitable. Pour cela le nucléaire est la source d’énergie la plus à même de permettre à la France de tenir ses engagements sans entrer en récession.
En France, la 1ère source d’énergie est le pétrole (44 % de l’énergie finale), la 2ème le gaz (20 %). Ces énergies génèrent des émissions de gaz à effet de serre, mais également des polluants atmosphériques.
D’après « Santé Publique France », la pollution atmosphérique, largement liée à ces énergies, provoque chaque année environ 48 000 décès en France !
D’autre part ces énergies fossiles viendront forcément à manquer. Elles sont importées et rendent la France stratégiquement très dépendante. Les consommations mondiales étant croissantes, il faut chaque année extraire plus que l’année d’avant d’un stock fini.
Nombreux sont les experts qui pensent que l’actuelle manne permise par le pétrole de schiste ne durera pas. Certains économistes établissent une relation claire entre la crise de 2008 et le manque de pétrole.
Anticiper un nouveau choc pétrolier
Le prochain choc pétrolier peut se produire demain ! Souvenons-nous combien les chocs de 1974 et 1979 ont cassé la croissance et entraîné chômage et précarité. L’activité économique est très dépendante de l’énergie, une baisse de consommation importante et brutale pourrait avoir des conséquences sociales gigantesques.
Il est donc fondamental de réduire notre dépendance aux énergies fossiles, en particulier au pétrole.
L’électricité représente moins du quart de la consommation d’énergie en France. Le système électrique français fonctionne très bien : les coupures sont rarissimes, les tarifs sont sous la moyenne européenne, et notre électricité pollue très peu.
Alors que la 1ère source d’énergie au monde pour la production d’électricité est le charbon, la France en utilise très peu (1 % de la production d’électricité) grâce au nucléaire (72 %) et à l’hydraulique (12 %). C’est grâce à ce mix que la France est le pays du G7 qui émet le moins de CO2 par personne !
Il est donc totalement illogique qu’en France, la transition énergétique consiste largement à tenter de s’attaquer à cette production en remplaçant les centrales nucléaires par des éoliennes et des panneaux photovoltaïques.
Le Risque 0 n’existe pas
Certes le nucléaire comporte des inconvénients mais aucune source d’énergie n’est propre. Toutes les énergies, mêmes renouvelables, ont un impact environnemental. Les études d’Analyses de cycle de vie montrent que le nucléaire émet autant de gaz à effet de serre que l’éolien et quatre fois moins que le photovoltaïque.
Les émissions d’oxydes d’azote et de souffre sont plus faibles pour le nucléaire que pour l’éolien. Certaines études scientifiques concluent même que, en rapportant à l’énergie produite, le nucléaire est l’énergie générant le moins de morts par accident, pollution ou maladie grave.
Bien sûr le risque d’accident existe mais n’oublions pas que les réacteurs français sont de conception différente des réacteurs de Tchernobyl et Fukushima, que c’est le tsunami et non la centrale nucléaire qui a entraîné des milliers de morts et de déplacés au Japon en 2011 (la catastrophe nucléaire de Fukushima n’a fait que quelques dizaines de morts), et que l’Autorité de Sûreté du Nucléaire française est extrêmement exigeante.
Bien sûr le problème des déchets nucléaires existe, mais il est beaucoup moins important et urgent que le problème des déchets des énergies fossiles disséminés chaque jour dans l’atmosphère.
De plus le centre d’enfouissement de Bure semble être une excellente réponse à ce problème. Bien sûr l’uranium n’est pas disponible sur le sol français et pourra manquer un jour. Mais il représente une très faible part du coût de l’électricité nucléaire, les réserves sont estimées à une centaine d’années, et d’autres technologies (génération 4) peuvent nous assurer des milliers d’années de réserve.
Quinze réacteurs ont été entièrement démantelés dans le monde, celui de Chooz se termine. La Cour des comptes s’est largement penchée sur les provisions pour le démantèlement, ses conclusions sont rassurantes.
Le tout renouvelable, la solution ?
Une société alimentée uniquement avec des énergies renouvelables, sans fossiles ni nucléaire, serait sans doute préférable. Mais aucun scénario de transition énergétique français ne conclut que ce soit possible sans une réduction drastique de consommation (au moins 50 % selon NegaWatt et Greenpeace).
Dans ses scénarios « Visions Energétiques », l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie préconise une baisse de 45 % de la consommation d’énergie sans pour autant sortir du nucléaire et des énergies fossiles.
De telles baisses de consommation d’énergie sont incompatibles avec la croissance économique, la hausse du pouvoir d’achat tant réclamée, et le maintien du niveau de vie en croissance démographique. En effet, jusqu’ici, la croissance économique n’a jamais été conjuguée durablement à une baisse de la consommation d’énergie.
Certes, l’Ademe a publié une étude 100 % renouvelable mais qui ne concerne que l’électricité (moins du quart de nos consommations), et repose sur des hypothèses très optimistes, en particulier de maîtrise de consommation et de techniques de stockage, largement critiquées par l’Académie des technologies.
Les énergies renouvelables sont intéressantes lorsqu’elles permettent de la production de chaleur directe et/ou un stockage (solaire thermique, biogaz, bois, géothermie).
Pour la production d’électricité, il faut distinguer les moyens pilotables (comme l’hydroélectricité) des moyens dont la production dépend du vent ou du soleil. Comme le stockage de l’électricité est très complexe, comme on a aussi besoin d’électricité les soirs sans vent, les éoliennes et les panneaux photovoltaïques ne remplacent actuellement pas les moyens pilotables mais s’y ajoutent.
En Allemagne, leur développement a entraîné un quasi doublement de la puissance installée.
Certes, les éoliennes allemandes permettent de moins faire fonctionner les centrales pilotables au gaz/charbon mais pas de les fermer. En France, le développement éolien et photovoltaïque ne contribue que très peu à la réduction des polluants atmosphériques, et ne permettra pas ou peu de fermer des réacteurs nucléaires.
D’ailleurs, RTE a simulé les scénarios visant à diminuer la part du nucléaire à 50 % en 2035 [9] en fermant des réacteurs nucléaires pour les remplacer par des énergies renouvelables ; il en ressort que, malgré d’énormes investissements et une grande maîtrise des consommations, « le système électrique français n’est plus en situation de « passer » une vague de froid comme celle de février 2012 sans appel aux leviers exceptionnels voire au délestage. ».
Un moyen et non un objectif
Il ne faut donc pas se tromper d’objectif : les énergies renouvelables doivent être un moyen de moins polluer et de moins dépendre des fossiles, et non un objectif.
Les ennemis sont le pétrole et le gaz. Pour s’en passer le plus possible nous aurons besoin du nucléaire et des renouvelables, mais le développement de celles-ci doit se faire de manière réfléchie.
Le développement du solaire thermique, des pompes à chaleur, de la géothermie ou du biogaz est aujourd’hui plus pertinent que celui des éoliennes et panneaux photovoltaïques. L’efficacité énergétique doit être la priorité, en particulier l’isolation des bâtiments, 1er poste de consommation d’énergie en France.
L’autre grand chantier est celui des transports. L’électricité peut remplacer une large partie du pétrole et du gaz consommés par les transports et l’industrie : véhicules électriques, transports en commun et de marchandises électriques, pompes à chaleur électriques sont des technologies permettant ce transfert.
https://www.lemondedelenergie.com/transition-energetique-objectif/2019/07/15/

13/07/19 : Pour la 1re fois, l'Agence Internationale de l'Energie promeut l'hydrogène 😏
Dans un rapport daté de juin 2019 et préparé pour le G20, l'AIE affirme une vision claire et très ambitieuse quant au futur de l'hydrogène, et d'abord: « L’hydrogène est l’une des principales options de stockage de l’énergie issue de sources renouvelables ».
La rapport et un résumé sont disponibles sur le site de l'AIE et aussi sur le site capenergies.fr.
Voici le rapport complet : (pdf, 5.0 MB)
Voici le résumé et les recommandations : (pdf, 1.9 MB)
Et voici ci-dessous quelques citations glanées sur le site et dans le rapport de l'AIE, puis traduites de l'anglais en français :
L'hydrogène peut aider à relever divers défis énergétiques critiques, notamment en stockant la production variable d'énergies renouvelables telles que le photovoltaïque solaire et l'éolien pour mieux répondre à la demande. Il offre des moyens de décarboner un éventail de secteurs - y compris le transport longue distance, les produits chimiques, ainsi que le fer et l'acier - où il s'avère difficile de réduire de manière significative les émissions. Il peut également contribuer à améliorer la qualité de l'air et à renforcer la sécurité énergétique.
Une grande variété de combustibles sont capables de produire de l'hydrogène, notamment les énergies renouvelables, le nucléaire, le gaz naturel, le charbon et le pétrole. L'hydrogène peut être transporté sous forme de gaz par pipeline ou sous forme liquide par bateau, un peu comme le gaz naturel liquéfié (GNL). Il peut également être transformé en électricité ou en méthane pour alimenter les maisons et l'industrie, et en combustibles pour les voitures, les camions, les navires et les avions.
Selon Fatih Birol, Director Exécutif de l'AIE: L'hydrogène connaît aujourd'hui un élan sans précédent. Le monde ne devrait pas manquer cette chance unique de faire de l'hydrogène un élément important de notre avenir énergétique propre et sécurisé.
Afin de poursuivre sur cette lancée, le rapport de l'AIE propose sept recommandations clés visant à aider les gouvernements, les entreprises et les autres parties prenantes à développer leurs projets liés à l'hydrogène dans le monde entier. Parmi ceux-ci, quatre domaines dans lesquels les actions entreprises aujourd'hui peuvent contribuer à jeter les bases de la croissance d'une industrie mondiale de l'hydrogène propre dans les années à venir.
Pour expliquer ces 4 domaines, nous citons le site site capenergies.fr:
- Encourager d’abord les zones côtières (et surtout les ports) à utiliser de l’H2 propre et à capturer le CO2 émis ;
- Injecter 5% d’H2 dans les réseaux de gaz naturel ;
- Étendre son utilisation aux transports de long-court ou de fret ;
- Ouvrir les premières routes commerciales internationales pour l’H2.
Le rapport note que l'hydrogène fait toujours face à des défis importants. La production d'hydrogène à partir d'énergie à faible teneur en carbone est coûteuse pour le moment, le développement d'une infrastructure à l'hydrogène est lent et freine son adoption généralisée. Certaines réglementations limitent actuellement le développement d'une industrie de l'hydrogène propre.
Aujourd'hui, l'hydrogène est déjà utilisé à l'échelle industrielle, mais il provient presque entièrement du gaz naturel et du charbon. Sa production, principalement pour les industries de la chimie et du raffinage, est responsable de 830 millions de tonnes d'émissions de CO2 par an. C’est l’équivalent des émissions annuelles de carbone additionnées du Royaume-Uni et de l’Indonésie.
La réduction des émissions provenant de la production d'hydrogène existante constitue un défi, mais représente également une opportunité d'accroître la part de l'hydrogène propre dans le monde. Une approche consiste à capturer et à stocker ou utiliser le CO2 provenant de la production d'hydrogène à partir de combustibles fossiles. Ce processus est actuellement utilisé par plusieurs installations industrielles dans le monde. D'autres sont en préparation, mais un nombre beaucoup plus important est nécessaire pour avoir un impact significatif.
Une autre approche consiste pour les industries à sécuriser leurs approvisionnements en hydrogène à partir d’électricité propre. Au cours des deux dernières décennies, plus de 200 projets ont été mis en place pour convertir l'électricité et l'eau en hydrogène afin de réduire les émissions -- provenant des transports, de l'utilisation du gaz naturel et des secteurs industriels -- ou de soutenir l'intégration des énergies renouvelables dans le système énergétique.
L’élargissement de l’utilisation d’hydrogène propre dans d’autres secteurs -- tels que les voitures, les camions, l’acier et le chauffage des bâtiments -- constitue un autre défi de taille. Il y a actuellement environ 11 200 voitures fonctionnant à l'hydrogène sur les routes du monde. Les objectifs actuels du gouvernement demandent que ce nombre augmente considérablement pour atteindre 2,5 millions d’ici 2030.
Les décideurs doivent s'assurer que les conditions du marché sont bien adaptées à la réalisation d'objectifs aussi ambitieux. Les récents succès des centrales solaires photovoltaïques, de l’énergie éolienne, des batteries et des véhicules électriques ont montré que l’innovation politique et technologique permettait de créer des industries d’énergie propre au niveau mondial.
https://blogs.mediapart.fr/jean-lucien-hardy/blog/120719/pour-la-1re-fois-lagence-internationale-de-lenergie-promeut-lhydrogene

12/07/19Energies renouvelables : les régions à la pointe
Si le développement des énergies renouvelables fait partie des priorités de la France, certaines régions sont plus avancées que d’autres en la matière. À l’horizon 2030, le pays devrait avoir atteint 32 % d’énergies renouvelables dans sa consommation brute. Solaire, éolien, hydraulique ou encore biomasse : quelles sont les dix régions qui produisent le plus ?
Auvergne-Rhône-Alpes largement en tête
Ce sont les régions Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie et Grand Est qui ont produit le plus d'électricité renouvelable en 2017 d'après les chiffres du Baromètre Observ'er 2018. La région Auvergne-Rhône-Alpes arrive cependant largement en tête, avec une production au 30 septembre 2018 sur les douze mois précédents de 29 703 GWh.
Quant à elles, les régions Occitanie et Grand Est affichent respectivement une production de 17 984 GWh et 14 942 GWh sur la même période. À noter que la région Provence-Alpes-Côte d'Azur tire son épingle du jeu, avec 12 912 GWh et une capacité en matière d'énergie renouvelable électrique installée de 4 810 MW.
Des disparités très importantes sur le territoire
La Nouvelle-Aquitaine se classe à la cinquième place, avec une production de 9 992 GWh, loin derrière la région Auvergne-Rhône-Alpes. Juste derrière, la région des Hauts-de-France, avec 7 656 GWh, dispose d'un taux de couverture ne représentant que 13 % de la consommation électrique en 2017.
Les quatre régions suivantes sont le Centre-Val de Loire, la Bretagne, les Pays de la Loire et la Bourgogne-Franche-Comté. Néanmoins, dans ces régions, la production d'électricité d'origine renouvelable demeure très faible, allant de 2 773 GWh pour le Centre-Val de Loire à 2 610 GWh en Bourgogne-Franche-Comté.
De plus, dans ces régions, le potentiel d'énergie renouvelable exploité en 2017 reste très limité, avec moins de 5 %.
https://www.latribune.fr/entreprises-finance/la-tribune-de-l-energie-avec-enedis/energies-renouvelables-les-regions-a-la-pointe-823414.html

09/07/19 : Climat : faut-il sortir du nucléaire pour sauver la planète ? Sept arguments pour comprendre le débat
Certains pays, comme l'Allemagne, sont en train de sortir du nucléaire. D'autres, comme la France, continuent de croire en cette filière. Franceinfo tente de savoir si on peut s'en passer pour produire de l'électricité dans une trajectoire "zéro carbone".
La diminution de la part du nucléaire en France ? Dans la torpeur de la canicule et l'indifférence générale, l'Assemblée a décidé, fin juin, de la reporter de dix ans. C'est donc en 2035 et non en 2025 que la part de l'atome dans la production d'électricité hexagonale sera ramenée de 70% à 50%, selon le projet de loi énergie et climat adopté le 28 juin par les députés.
Le nucléaire est-il indispensable pour lutter rapidement contre les gaz à effet de serre ? Est-il une des armes nécessaires pour contenir le réchauffement climatique ? La question divise, alors que la catastrophe de Fukushima a poussé des pays comme l'Allemagne à en sortir tandis que, parallèlement, les énergies renouvelables prennent leur essor. Voici sept éléments pour tenter de comprendre ce débat complexe.
1 Le nucléaire fournit une énergie peu carbonée
L'énergie nucléaire est produite par la fission d'atomes d'uranium et non par la combustion de charbon. Au regard des émissions de gaz à effet de serre, elle dégage donc peu de dioxyde de carbone (CO2) et se montre particulièrement compétitive. Selon des chiffres du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) cités par la Société française d'énergie nucléaire (SFEN, qui regroupe les professionnels du secteur), les centrales à charbon émettent 820 g de CO2 par kw/h, celles à gaz 490, le photovoltaïque 41, l'hydraulique 24, le nucléaire 12 et l'éolien 11.
Un argument en or pour EDF : l'électricien français se félicite de produire une électricité "à 87% nucléaire et hydraulique" qui "émet six fois moins de gaz à effet de serre par habitant que la moyenne des pays d’Europe". Cela vaut à la France d'apparaître en vert sur cette carte, parmi les bons élèves de la production électrique "décarbonée" en Europe (en compagnie de la Norvège et de la Suède, où la production est majoritairement hydraulique).

Le nucléaire serait donc des plus vertueux au regard des émissions de gaz à effet de serre, même s'il ne peut être qualifié de décarboné si l'on prend en compte l'ensemble du cycle nucléaire (extraction du minerai d’uranium, transport vers les usines de transformation du minerai en combustible puis vers les centrales et, enfin, traitement ou enfouissement des déchets radioactifs).
Selon ce document de la SFEN, le nucléaire était en légère progression dans le monde en 2017, avec 455 réacteurs représentant 10,3% de la production d’électricité sur la planète. Au total, "30 pays", selon le Giec,continuent d'utiliser "l'énergie nucléaire, dont 13 mettent en place de nouvelles capacités nucléaires, notamment en Chine, en Inde, aux États-Unis et au Royaume-Uni". La bonne nouvelle, se félicite Valérie Faudon, déléguée générale de la SFEN, "c'est qu'il s'agit des pays les plus pollueurs. Ils limitent ainsi l'émission de gaz à effet de serre dans leur production d'électricité".
2 C'est une énergie disponible à la demande
Les énergies renouvelables sont-elles substituables au nucléaire ? Non, répondent les défenseurs de l'atome, car les centrales nucléaires sont les seules, avec les centrales hydrauliques, à fournir une énergie à la fois abondante, décarbonée et "pilotable". Un avantage non négligeable. "L'énergie 'pilotable', explique Valérie Faudon, est une énergie disponible à la demande. Comme l’énergie ne se stocke pas, on a besoin d’une capacité suffisante pour répondre à la demande, ce que permet le nucléaire."
C'est son avantage décisif sur les énergies renouvelables du type éolien et photovoltaïque, dites "intermittentes" parce qu'elles dépendent du vent et du soleil. "L’éolien terrestre ne fonctionne que 25% du temps alors que le nucléaire, lui, a un taux de charge de 75%, et même de 80% pour l’EPR, le réacteur de troisième génération", reconnaît Yves Marignac, porte-parole de l'association négaWatt, qui prône la sobriété énergétique. Le nucléaire permet donc de lancer son chauffage électrique ou sa machine à laver à la demande, de façon immédiate.
3 Il semble difficile d'en sortir en gardant un cap zéro carbone
A priori, dans les pays industrialisés, difficile de se passer du nucléaire sans recourir à d'autres énergies "pilotables", comme le charbon et le gaz. "Renoncer au nucléaire pourrait se traduire par des milliards de tonnes de gaz à effet de serre dans l'atmosphère", avertit l'Agence internationale de l'énergie dans son rapport (en anglais) de mai 2019. Pour disposer d'énergie "pilotable", trois Etats américains, la Californie, le Vermont et le New Jersey, qui ont fermé plusieurs centrales nucléaires, utilisent ainsi du "gaz de schiste, fortement émetteur de gaz à effet de serre", remarque la SFEN dans une note d'octobre 2018. "En Allemagne, ajoute-t-elle, malgré des investissements massifs (25 milliards d’euros par an), la part du charbon, l’énergie la plus polluante, est restée stable [il représente 40% de l'électricité produite] : le pays n’atteindra pas ses objectifs climatiques."
"C'est plus complexe" que cela, nuance Henri Waisman, chercheur à l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI) et participant au dernier rapport du Giec. "L'Allemagne a décidé de sortir du nucléaire, mais aussi du charbon d’ici à 2038. Pour y parvenir, elle augmente fortement sa part des renouvelables : 30% de son électricité est aujourd’hui d’origine renouvelable, 65% à l’horizon 2030." Il faut dire qu'une partie de son opinion la pousse. Vendredi 22 juin, 6 000 militants ont envahi une mine de charbon pour protester contre la lenteur de la transition énergétique.
4 Le Giec le retient dans la plupart des scénarios visant à contenir le réchauffement climatique
Le chemin vers le zéro carbone coche d'ailleurs la case du nucléaire dans la plupart des scénarios évoqués par le Giec pour limiter le réchauffement climatique. Dans son rapport daté de 2018, les experts notent en effet que"l'énergie nucléaire augmente sa part dans la plupart des trajectoires correspondant à une stabilisation du réchauffement à 1,5 °C". Le groupe table sur "un coefficient d'évolution de la production électrique nucléaire mondiale entre 2020-2050 qui est en moyenne de 1,2", à comparer toutefois "avec un facteur 5 pour les renouvelables".
Mais attention, prévient la chercheuse au Commissariat à l'énergie atomique Valérie Masson-Delmotte, membre du groupement : "Le Giec ne fait pas de préconisation. Il a pour mandat d'être pertinent pour éclairer des choix politiques." Aux gouvernements, donc, de jouer et de trancher sur la question du nucléaire, sachant que, parallèlement, les énergies renouvelables (biomasse, solaire, éolien...), de moins en moins chères, vont connaître une croissance exponentielle.
Pour le chercheur Henri Waisman, il reste dans tous les cas "trois conclusions robustes". "Il faut se concerter pour réduire les besoins énergétiques, développer massivement des solutions renouvelables comme l’éolien et le solaire, et sortir du tout charbon. C’est valable dans tous les scénarios", expose-t-il.
5 Le parc nucléaire existant est vieillissant, ce qui va coûter cher
D'autres défis attendent les pays qui veulent garder – ou rajeunir – un parc nucléaire vieillissant. Comme le souligne l'Agence internationale de l'énergie, si l'essentiel des réacteurs chinois a moins de 10 ans, les centrales américaines et européennes, elles, approchent dangereusement de la date de péremption. Plus de 80% de l'électricité nucléaire produite en Europe provient de centrales qui ont plus de 30 ans, note l'AIE. Dans les années qui viennent, les pionniers du nucléaire devront donc faire face à des investissements massifs. La France en premier lieu : "D'ici à 2028, 34 des 58 réacteurs vont fêter leur quarantième anniversaire, âge limite d'exploitation fixé lors de la construction du parc", assène le documentaire Nucléaire, la fin d'un mythe, diffusé par Public Sénat.
Cette date limite reste théorique puisque le fonctionnement peut être prolongé d'une ou deux décennies : "Mais il en coûtera 800 millions par réacteur pour les prolonger au-delà de 40 ans et obtenir de l'Autorité de sûreté nucléaire une autorisation d’exploitation pour dix années supplémentaires", expose Valérie Faudon à franceinfo. Mais il ne s'agirait que d'une (coûteuse) rustine temporaire.
Construites dans les années 1970 et 1980, les centrales françaises vont toutes arriver à bout de souffle en même temps. C'est ce qu'on appelle"l'effet falaise". Il faudra donc, d'ici 2021, prendre – ou non – la décision de renouveler tout ou partie du parc à partir de 2030. Mais le retard considérable pris par l'EPR de Flamanville a mis en évidence les défaillances de l'industrie nucléaire français. Ce réacteur de troisième génération "plus puissant, plus sûr et émettant moins de déchets" devait fonctionner en 2012. A l'arrivée, il ne sera pas opérationnel avant 2022, pour un coût passé de 3 à plus de 11 milliards d'euros, rappelle France 3.
6 Le nucléaire pose la question de la sûreté
Depuis les catastrophes écologiques de Tchernobyl (en 1986 en Ukraine) et surtout de Fukushima (en 2011 au Japon), le nucléaire fait figure de repoussoir dans plusieurs pays développés. Et son essor, notent les experts du Giec, y est désormais freiné par les "préoccupations sur les risques d'accidents et la gestion des déchets radioactifs". Au point que plusieurs pays ont décidé de sortir du nucléaire, dont l'Allemagne d'ici 2022.
En France aussi, le débat se fait plus vif, même si l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a montré ses exigences en matière de sûreté en imposant à EDF de coûteuses réparations sur l'EPR de Flamanville (Manche). Au printemps 2019, l'association écologiste Sortir du nucléaire a dénoncél'organisation, à l'initiative du gouvernement, d'un débat sur la gestion des déchets radioactifs (le stock se monte déjà à 1,6 million de m3 en France, selon le gouvernement). Ce débat sert surtout, estime dans la vidéo ci-dessous la porte-parole Charlotte Mijeon, à cautionner la "construction de nouveaux réacteurs" déjà décidée.
Et cette question va s'exporter puisque les apôtres de l'atome rivalisent à l'export pour équiper de nouveaux pays, en dépit des risques liés à cette technologie sensible. Un consortium coréen achève ainsi le chantier d'une centrale aux Emirats arabes unis, tandis que l'entreprise publique russe Rosatom en construit une en Turquie et une autre en Egypte. "Et il y a une nouvelle offensive en Chine et aux Etats-Unis pour développer de nouveaux réacteurs moins compliqués pour de nouveaux pays candidats", poursuit Valérie Faudon.
Reste que le nucléaire n'essaimera pas partout. "Dans les pays en développement, le nucléaire pose, plus encore qu'ailleurs, un problème de capital, de sûreté et de gestion des déchets, explique Henri Waisman. S'y ajoute la longueur du processus : il se passe entre dix et vingt ans entre le moment où on prend la décision de construire une centrale et la mise en fonctionnement. C'est trop lent pour les pays qui ont besoin d’un développement rapide." Conclusion : beaucoup s'en passeront. "En Afrique, on devrait aller vers une combinaison entre centrales à gaz et énergies renouvelables", estime Valérie Faudon.
7 Surtout, il ne favorise pas la sobriété énergétique
Aux yeux de ses opposants, le nucléaire présente enfin un défaut majeur : il entretient le mythe d'une énergie inépuisable. Et pousse ainsi à la consommation d'électricité alors qu'"il faudrait réduire fortement celle-ci", pointe Yves Marignac. Pour le porte-parole de négaWatt, les énergies renouvelables pourraient totalement remplacer le nucléaire en France d'ici 2050. A deux conditions : jouer à la fois sur la sobriété énergétique et "sur un pilotage qui permettrait de faire coïncider la demande avec la production d'énergie renouvelable". "Les technologies le permettent, assure-t-il. Via une application, on dira à son fournisseur d’énergie : 'Ma machine à laver doit tourner aujourd’hui' et l'appareil se déclenchera au moment le plus optimal en fonction du vent ou du soleil."
Dans un domaine qui fourmille d'inventivité, des solutions émergent un peu partout. L'université catholique de Lille vise ainsi le "zéro carbone" en 2021, grâce à un système de stockage d'énergie, détaille Le Monde. Mais ces solutions seront-elles applicables à grande échelle d'ici une ou deux décennies ? Seront-elles acceptées par les consommateurs ? Pour les tenants du nucléaire, il s'agit d'un doux rêve : "Le scénario de négaWatt n'a pas de rapport avec la réalité", balaie Valérie Faudon.
Les espoirs de négaWatt renvoient en tout cas à une question cruciale : la demande électrique sera-t-elle maîtrisée ? Dans les pays occidentaux, elle devrait se réduire, grâce aux gains en efficacité énergétique et à la lutte contre les "passoires thermiques" (même si celle-ci prend du retard en France). Mais ne risque-t-elle pas d'être relancée par l'électrification du transport ?
Difficile à savoir, mais il faudra veiller, tout au long du processus (fabrication et utilisation) à ce que cette électrification soit "décarbonée", observe Henri Waisman. "Cette 'décarbonation' peut passer par de multiples moyens : le renouvelable, la capture et la séquestration de carbone [qui permet de produire de l’électricité avec du charbon sans CO2 envoyé dans l’atmosphère] ou encore le nucléaire." Qui reste donc un levier possible, parmi d'autres : "Cela dépendra des hypothèses de coût comparées aux autres options. La transition énergétique est un choix à faire. Aucun n’est parfait, les renouvelables aussi ont des impacts. C’est essentiel de regarder le problème dans sa complexité. Il n’y aura pas de solutions simples."

L’association Hydro 21, qui regroupe l’ensemble des acteurs de la filière, annonce la sortie d’un livre blanc dont l'objectif est de dresser un état des lieux tout en esquissant grands enjeux à venir.
Hydro 21, associé à des experts et à l'Agence de développement économique en Auvergne-Rhône-Alpes, ont lancé, en marge de la quatrième édition des Rencontres Business Hydro qui se sont déroulées le 18 juin dernier au WTC de Grenoble, leur premier livre blanc de 60 pages.
Avec une ambition : mettre en lumière les trajectoires possibles pour la filière hydroélectrique au cours des prochaines années. Car face à la baisse de la production nucléaire, qui doit être compensée, d'après le projet de Programmation Pluriannuelle de l'énergie (PPE) détaillé par le gouvernement, par le développement des énergies éoliennes et solaires ainsi que le maintien de l'hydroélectricité, Hydro 21 formule une interrogation : "Comment, avec une proportion d'énergies intermittentes de l'ordre de 35 % au lieu de 5 % aujourd'hui, le système électrique va-t-il pouvoir s'organiser ?".
L'association, qui compte près de 90 adhérents sur le bassin d'Auvergne-Rhône-Alpes et de Provence-Alpes-Côte-dAzur, milite notamment pour une revalorisation de la place de l'hydro au sein du mix énergétique français, qui ferait encore face à des enjeux de notoriété d'après son président,
"Il s'agit de la première énergie renouvelable du mix électrique français, alors que l'on pense souvent au solaire ou à l'éolien. Nous souhaitions aussi de mettre en lumière un écosystème unique en Europe, puisque la région Auvergne Rhône-Alpes est la première région française en matière d'hydroélectricité", rappelle Roland Vidil, président d'Hydro 21.
En Auvergne-Rhône-Alpes, la filière emploie près de 20 000 personnes (emplois directs et induits) au sein de 230 entreprises, qu'il s'agisse de grands producteurs d'énergie, bureau d'études, PME PMI...
"Bien souvent, la part de chiffre d'affaires réalisé par l'activité hydroélectricité de ces entreprises oscille entre 5 à 10 % et 25 à 30%", reprend Roland Vidril, qui note ainsi la logique de diversification amorcée par ces fournisseurs au sein du tissu économique local.
L'image d'une technologie mature
A travers ce livre blanc, l'association Hydro 21 se voulait aussi force de propositions pour engager une réflexion sur la manière dont pourrait se positionner l'hydroélectricité du futur.
"L'hydroélectricité souffre de cette idée qu'elle est une technologie mature, et qu'elle n'aurait donc pas nécessairement besoin d'innovation", estime Roland Vidil.
Ce dernier cite pourtant en exemple l'essor de projets innovants, tels que celui de la société spécialisée dans les micro-centrales hydroélectriques, Erema, qui vient de remporter l'un des deux premiers Trophées de l'Innovation remis cette année par Business Hydro, aux côtés d'un étudiant en thèse chez le groupe d'ingénierie et de conseil Artelia, Eric Politano, qui a reçu quant à lui un second prix destiné aux étudiants pour sa mise à jour des bonnes pratiques dans le domaine de la conception des grands barrages.
Pas étonnant donc que l'une des sept propositions évoquées par ce livre blanc soit justement de "stimuler l'innovation dans les PME", de "multiplier les projets d'hybridation des énergies renouvelables" ou encore "d'investir massivement dans l'hydro et rémunérer ses nouveaux services à sa juste valeur".
"Nous pensons que l'hydroélectricité aura encore un rôle majeur à jouer demain car c'est une énergie à la fois pilotable, stockable et flexible, qui nous permettra de réaliser une transition énergétique", reprend Roland Vidil.
L'export et la "petite hydro" comme relais de croissance
Ce livre blanc constituait aussi une occasion de rappeler que l'ensemble de la filière demeure tiré par le développement des installations de petite taille, appelées "la petite hydro", ainsi que par les opportunités qui s'ouvrent à l'export.
Composée des installations produisant moins de 10 Mw, "la petite hydro" représenterait encore, d'après les données évoquées par le livre blanc, un potentiel de développement de 1,7 TWh à l'horizon 2030, alors même que 50% de la production française se situerait déjà dans les Alpes, notamment avec des installations de montagne.
Si celle que l'on surnomme ainsi représente toutefois une enveloppe globale qui demeure assez réduite de par la taille des installations visées, l'un des plus grands enjeux des acteurs de la filière se trouve désormais au niveau international, à travers les opportunités offertes au sein des pays émergeants.
"En Afrique, seul 7 % du potentiel hydro est exploité pour l'instant", rappelle ainsi Roland Vidil, qui note ainsi les possibilités offertes à la fois dans le domaine de "la petite et la grande hydro" à l'export.
La France, un marché de renouvellement
Tandis qu'en France, le marché, déjà bien équipé, est davantage tourné vers la rénovation de structures existantes.
"Au niveau français, il existe surtout un enjeu important concernant la réhabilitation car un certain nombre d'ouvrages commencent à dater et ont besoin de se renouveler", atteste Roland Vidil.
Et à ce sujet, il existe une mesure qui continue de faire grand bruit sur l'échiquier national : le renouvellement des grandes concessions hydroélectriques ainsi que leur ouverture à la concurrence, voulue par l'Union Européenne depuis 2008, demeure un élément d'inquiétude pour les acteurs de la filière. Car même si la Loi de transition énergétique de 2015, déployée par le gouvernement français, aurait au moins permis "d'amortir les effets négatifs de la mise en concurrence des concessions hydroélectriques", comme le souligne un article réalisé par l'économiste du CNRS Dominique Finon au sein du livre blanc, "il est certain que tous les acteurs présents au Salon ont en tête cette question", glisse pour sa part Roland Vidil.
D'ici 2023, ce sont ainsi près de 150 concessions françaises, jusqu'ici attribuées à EDF (qui détient 80% des parts du marché) ou à Engie, qui arriveront à échéance, sur un total de 399. Et les acteurs s'inquiètent encore des conséquences d'une ouverture au secteur privé, sur un secteur de l'énergie reconnu d'intérêt public, ainsi que de sa cohérence et son efficacité territoriale, où les barrages étaient jusqu'ici regroupés sous l'égide d'un même gestionnaire pour suivre des logiques de bassins territoriaux.
Il rappelle notamment que l'ensemble des acteurs attendent encore "un calendrier clair", tout en réitérant le souhait que ce projet "ne devienne pas antinomique avec le développement du territoire".
https://acteursdeleconomie.latribune.fr/innovation/innovation-technologique/2019-07-01/energie-un-livre-blanc-pour-l-hydroelectricite-alpine-820929.html


01/07/19 : Electricité : leçons de canicule
Quelles sont les moyens de production d’électricité décarbonés les plus adaptés à une période de canicule ? L’épisode que vient de vivre la France permet d’apporter quelques réponses, valables uniquement pour son système électrique.
Production du système électrique France métropolitaine du 25 au 29 juin 2019. Les chiffres affichés et le camenbert sont pour le vendredi 26 à 10h. Sous la ligne zéro, le gris indique le solde import/export (la France a exporté durant toute la période,) et le bleu (pompage) indique l’électricité utilisée pour remonter l’eau dans les STEP (barrages capables de récupérer l’eau située plus bas pour la turbiner à nouveau sur demande). Données temps réel de RTE.
L’hydraulique ? 
L’hydroélectricité dépend du débit des rivières et des fleuves, et du stock des lacs artificiel. Si le premier est utilisé comme un moyen « fatal », le second est géré en fonction de prévisions de court et long terme visant à utiliser ce stock de la façon la plus efficace possible. Durant cet épisode de canicule, les débits étaient… de saison. Assez faibles sur les cours d’eau alimentés par les pluies, plutôt plus élevé que la moyenne en cette saison sur le Rhône en raison de fonte des neiges tardives. Gérée habilement, l’hydraulique a non seulement fourni de 5 700 MW à 11 475 MW, soit de 11% à 17% de la production mais aussi assuré l’essentiel du réglage fin de l’équilibre entre production et consommation, gage de la qualité de l’électricité dont la tension demeure ainsi très stable. Un rappel salutaire au moment où la menace d’une vente à l’encan de l’usage des barrages à de multiples producteurs sous prétexte de concurrence ne pourrait se traduire que par une sous-optimisation de leurs usages (pour l’électricité, l’agriculture, les loisirs…).
L’éolien ? 
Cela va dépendre de la configuration météo. Si la canicule provient du passage d’une masse d’air très chaud – comme pour celle de la semaine dernière – il y aura donc du vent. Pas nécessairement beaucoup, puisque les éoliennes ont produit entre 800 et 5600 MW de mercredi à samedi dernier (sur une puissance installée de 15 475 MW , soit entre 2 et 10% de la production totale. Au pic de la canicule, le vendredi 28 juin, la production éolienne fut particulièrement médiocre, environ 1500 MW à 15h. Ajouter des éoliennes n’aurait pas changé grand chose aux productions les plus basses. En revanche, si c’est l’installation d’un anti-cyclone qui est la cause de cette canicule, inutile de compter sur elles. Elles seront pour la plupart paralysées, faute de vent, et sur une surface d’autant plus vaste que la canicule sera forte et de longue durée. Ce fut le cas en 2003 en Europe.
Les données en temps réel de RTE permettent de visualiser l’origine de l’électricité toute la journée du pic de canicule, le vendredi 28 juin. Les chiffres correspondent à la production à 15h nucléaire 68%, hydraulique 11%, solaire 10%, gaz 7% , éolien 2%.
Le solaire ? 
Les panneaux solaires aiment le Soleil, bien sûr… mais pas la température. Leur température idéale de fonctionnement c’est 25°C. La production du parc solaire français, d’une puissance théorique maximale de 8612 MW, ne fut que d’environ 6200 MW à midi heure solaire lors des jours de canicule. Pour tomber à zéro une fois l’astre du jour passé de l’autre côté de la Terre. Mais la longueur du jour en juin fut tout de même très favorable à cette technologie qui a pu contribuer jusqu’à 10% de la production française entre 11h et 16h.
Suivi de charge
Le nucléaire ? 
Les réacteurs nucléaires, eux, n’ont pas vraiment souffert de la canicule. Et fournit l’essentiel de l’électricité demandée par les usagers domestiques, professionnels ou industriels, entre 38 200 MW et 43 200 MW, et entre 64% et 78% de la production. Avec la souplesse due à la capacité à monter ou descendre la puissance des réacteurs en « suivi de charge », tant pour s’accommoder des variations de la consommation que pour compenser les hausses et les baisses des énergies intermittentes et non pilotables, solaires et éoliennes.
Il est vrai que les ingénieurs d’EDF ne sont pas restés inertes après la canicule de 2003. Un plan « grands chauds » a été élaboré pour renforcer la résistance aux températures élevées de tous les équipements qui le nécessitaient. La capacité de refroidissement des aéroréfrigérants (les « tours » qui accompagnent certaines centrales) a été renforcé pour leur permettre de remplir leur office en consommant moins d’eau. Les mesures de l’effet de réchauffement du cours d’eau en aval de la centrale ont été renforcées pour s’assurer qu’aucun problème ne surgissait pour la faune et la flore. Et EDF a eu aussi un peu de chance météo pour la vallée du Rhône, le retard à la fonte de neiges en mai a fait que fin juin le fleuve était encore alimenté en eau de fonte bien fraîche. Il ne faut d’ailleurs pas exagérer les problèmes rencontrés, entre 2000 et 2017 les pertes de production d’électricité nucléaire dues aux canicules ne représentent que 0,18% du total en moyenne annuelle et 1,2% en 2003.

Une précision s’impose sur l’usage de l’eau par les réacteurs nucléaires. Pendant la canicule, des ONG, Greenpeace dans ce tweet ci-contre par exemple, présentent l’utilisation d’eau pour refroidir les centrales nucléaires comme le principal usage de l’eau en France. Une présentation carrément trompeuse. En réalité, plus de 98% de l’eau prélevée… est renvoyée immédiatement dans la rivière, un peu plus chaude. Il est d’ailleurs à noter que, même en 2003, aucune conséquence négative pour la flore et la faune n’a été observée, même pour les réacteurs qui avaient obtenu une dérogation temporaire pour relâcher l’eau en dépassant un peu la limite réglementaire. Cela provient du fait que la part du débit du cours d’eau déviée pour refroidir les réacteurs est assez faible au regard du débit total. En général, les valeurs observées de réchauffement à l’aval de la centrale sont modestes, moins de 1,5°C pour celle du Bugey, mais on peut observer 6°C durant trois jours par an en moyenne. Pour le Rhône, des études de long terme et très détaillées ont montré l’impact majeur du changement climatique sur les transformations de la faune et de la flore. Enfin, les centrales de bord de mer n’ont pas d’effet thermique observable sur la flore et la faune marines.
Au total, si l’on ajoute l’apport marginal des bioénergies, le système de production d’électricité de la France métropolitaine a encaissé sans aucun problème la canicule, a contribué à une politique climatique sérieuse puisqu’il est resté décarboné autour de 95% en permanence, et exporté une électricité tout autant décarbonée aux voisins qui en avaient besoin.
Sylvestre Huet
PS : il est possible de télécharger l’application de RTE sur son téléphone portable pour s’informer sur la production et la consommation d’électricité ainsi que sur les prix et les échanges avec les voisins.
https://www.lemonde.fr/blog/huet/2019/07/01/electricite-lecons-de-canicule/

30/06/19 : L’AIE plaide la cause du nucléaire
«L’énergie nucléaire est la plus grande source d’électricité à faible émission de carbone depuis plus de 30 ans et le reste aujourd’hui», a constaté l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans son rapport intitulé «L’énergie nucléaire dans un système d’énergie propre». Le nucléaire est la deuxième source d’énergie à faibles émissions de carbone dans le monde à ce jour, représentant 10% de la production mondiale d’électricité. Le nucléaire arrive juste après l’énergie hydroélectrique dont les taux sont de 16%.
«Sans une contribution importante de l’énergie nucléaire, la transition énergétique mondiale sera d’autant plus difficile», a déclaré Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, cité dans le rapport. Cependant, l’essor du nucléaire avec toutes les polémiques qu’il suscite à travers le monde, est contrarié par divers facteurs en raison des «politiques d’élimination progressive des centrales, mais aussi en raison de facteurs économiques et réglementaires. Sans changement de politique, les économies avancées pourraient perdre 25% de leur capacité nucléaire d’ici 2025 et même les 2/3 d’ici 2040, selon le nouveau rapport, L’énergie nucléaire dans un système d’énergie propre». Le rapport conclut que l’absence d’extension supplémentaire de la durée de vie des centrales nucléaires existantes et des nouveaux projets pourrait générer 4 milliards de tonnes supplémentaires d’émissions de CO2. Au cours des 20 dernières années, poursuit le rapport de l’AIE, la capacité éolienne et solaire a augmenté d’environ 580 gigawatts dans les économies avancées. «Mais au cours des 20 prochaines années, il faudrait ajouter près de cinq fois cette capacité. Une telle augmentation de la production d’énergie renouvelable créerait de sérieux défis pour l’intégration des nouvelles sources dans le système énergétique plus large». En plus, ces installations exigent de leurs investissements de l’ordre de 1.600 milliards de dollars au cours de la même période, «ce qui finirait par nuire aux consommateurs en raison d’une facture d’électricité plus élevée».
https://lematin.ma/journal/2019/laie-plaide-cause-nucleaire/318607.html


28/06/19 : France : le Parlement approuve la fermeture des dernières centrales à charbon !
https://vivredemain.fr/2019/06/28/france-le-parlement-approuve-la-fermeture-des-dernieres-centrales-a-charbon/

28/06/19 : « La France manque d’énergie solaire ! »
Alors Yves le soleil brille et chauffe sur toute la France. Mais notre pays reste sous équipé en panneaux photovoltaïques pour faire de l’énergie solaire ?
C’est vrai. C’est un paradoxe. Et un paradoxe d’autant plus curieux que le réchauffement climatique nous apporte plus de soleil à capter. Mais aujourd’hui l’énergie solaire ne produit que 2 % de l’électricité totale que nous consommons. Alors que le vent, c’est-à-dire les éoliennes sont à 5 %, et les barrages hydro-électriques sont à 12 %.
Lorsque Nicolas Hulot était encore Ministre, il avait poussé les grands hypermarchés à mettre sur leur toit des panneaux photovoltaïques. Mais depuis il n’y a pas eu d’autre initiatives. Si bien que l’Allemagne produit cinq fois plus d’électricité solaire que nous. Même la Grande-Bretagne, qui est nettement moins ensoleillée, arrive là encore à faire mieux que nous. C’est d’autant plus regrettable que les prix de revient de l’énergie solaire ont chuté et se rapprochent de ceux du nucléaire.
Est-ce qu’on sait ce qu’on pourrait produire avec l’ensoleillement français ? Bien sûr. On a fait plein de calculs. Aussi bien chez EDF qu’au sein des ministères. Et on estime qu’on pourrait couvrir de panneaux solaires 360.000 hectares de toits et un peu plus du double sur des terrains ad hoc.
Si c’était le cas, on pourrait produire 100 fois plus que ce que la France délivre chaque année en énergie solaire. Encore faut-il que la population soit plus accommodante qu’avec les éoliennes. Il y a actuellement des complications pour une société qui veut couvrir une partie du mythique plateau du Larzac de panneaux solaires.
Le Ministère de la Défense a décidé un grand plan solaire, la SNCF aussi, de même que la grande distribution. L’idéal serait que l’Etat mette la main à la poche comme il l’a fait il y a quelques années. Pour l’instant il est prêt à le faire pour les agriculteurs. Mais il y a un certain paradoxe à penser que les climatiseurs qui tournent cette semaine consomment 10 % de l’électricité française.
Alors que le soleil qui oblige à les brancher ne nous fait produire que cinq fois de cette même électricité.
https://www.sudradio.fr/societe/la-france-manque-denergie-solaire

28/06/19 : Business Hydro : un livre blanc de l'hydroélectricité
A l'occasion des 4èmes rencontres Business hydro, a été lancé le livre blanc de l'hydroélectricité, manifeste d'une soixantaine de pages qui positionne l'énergie hydro comme acteur essentiel de la transition énergétique. La journée était aussi l'occasion de rencontres d'affaires, et d'une table ronde sur les marchés à l'export.
Le 18 juin dernier se tenait au WTC de Grenoble, les quatrièmes rencontres d'affaires business Hydro. Avec près de 60 % d'exposants supplémentaires cette année et plus de 800 visiteurs (+ 30 %) en provenance de toute la France et de l'international, cette édition a été jugée par les organisateurs (le collectifs d'entreprises Hydro 21) comme un succès.
Située dans la première région hydraulique française, créée en 2016 sous l'impulsion de Grenoble-Alpes Métropole, en partenariat avec le programme EDF, GE Hydro, Artelia Eau & Environnement et des PME locales, la journée s'est déroulée autour de tables rondes, d'ateliers, et du village d'entreprises. L'ensemble des acteurs de la filière étaient présents pour des rencontres d'affaires, mais aussi afin de diffuser la culture scientifique et technique et contribuer au rayonnement national et international de la filière hydroélectricité.
Cette édition était marquée par trois innovations. Un village d'experts, qui permettait d'échanger avec cinq grands donneurs d'ordres à partir de leur road map 2030. Les premiers trophées de l'innovation qui ont été l'occasion de valoriser les innovations dans le monde de la petite hydroélectricité. Et le lancement du livre blanc de l'hydroélectricité du futur, dont Roland Vidil, président d'Hydro 21, explique les raisons de la réalisation. « Au niveau européen, l'hydraulique n'est pas assez mis en avant. Nous voulons être force de propositions en la matière, et c'est une des raisons qui nous ont poussés à rédiger ce livre blanc. De plus, alors que l'hydroélectricité est la première des énergies renouvelables, quand on parle des EnR, on ne parle que du solaire ou de l'éolien. On ne parle que très peu de l'hydro qui pèse pourtant 12 à 13 % du mix énergétique national, contre 5% pour l'éolien et 2 % pour le solaire. Nous sommes aussi convaincus de la pertinence dans l'avenir de l'hydroélectricité, qui est à la fois pilotable, stockable et flexible. Ces trois qualités nous serviront à respecter nos engagements climatiques, et permettront parallèlement le développement des autres EnR, que l'hydro pourra compenser. Enfin, les marchés de l'hydroélectricités à l'export sont croissants, et ils portent une partie de l'activité économique du territoire ».
https://www.lessor38.fr/business-hydro-un-livre-blanc-de-l-hydroelectricite-24924.html

28/06/19 : Energie renouvelable : sa proportion augmente, mais à quel prix ?
Energie renouvelable : est-elle si verte que ça ?
L’énergie renouvelable permet à la fois d’être éco-responsable, et parfois même de réaliser des économies. Mais changer de fournisseur d’électricité ne garantit pas au consommateur la provenance de l’énergie qu’il achète.
Un calcul décevant
Quand on sait qu’une énergie nucléaire ou issue du charbon peut être « verdie », alors notre perception des contrats garantissant une énergie renouvelable change brutalement. En effet, savoir si l’énergie que l’on consomme provient bien d’éoliennes ou de panneaux solaires est quasi impossible. Pourquoi ? Parce que l’on peut effectivement « verdir » une énergie nucléaire. Pour cela, il suffit pour un fournisseur d’acheter de l’électricité à un endroit, et un certificat d’énergie renouvelable à un autre. Or, c’est une pratique courante. Ensuite, la part d’énergie renouvelable et celle qui est nucléaire est très difficile à vérifier. Résultat, l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie a fait un calcul édifiant. Celui-ci nous apprend que sur le montant d’une facture d’énergie soi-disant verte, seulement 1,1 % revient à un producteur d’énergie renouvelable.
Un détournement invisible
Certains fournisseurs moins scrupuleux que d’autres savent comment acheter de l’électricité nucléaire à un prix très avantageux. Cela est possible en utilisant un accord de régulation qui date de 2010. Cet accord leur permet alors de bénéficier d’un prix particulièrement bas. Ainsi, ils obtiennent un prix de 42 euros le mégawatt-heure, alors qu’il est environ de 60 euros sur le marché. De plus, ils savent aussi comment gagner de l’argent avec les prix de leurs garanties. Ainsi, leur système est d’utiliser à leur avantage la provenance de leur électricité. Cela fait beaucoup varier les tarifs. Idem pour la date à laquelle ils achètent leurs garanties. En effet, l’énergie et les certificats de garanties peuvent être achetés à des dates différentes. Parfois, cet écart peut aller jusqu’à un an. Cette forme de spéculation est très efficace pour faire baisser les coûts. De fait, cela permet d’obtenir des prix qui peuvent varier entre 15 centimes et 3 euros le mégawatt-heure. Ensuite, cela explique pourquoi des fournisseurs « verts » peuvent afficher des prix très attirants.
Les soucis des éoliennes
L’énergie renouvelable a fait naître un marché de l’électricité qui reste souvent opaque.
Actuellement, il faut savoir que l’énergie renouvelable fournie par les éoliennes peine à s’imposer. En fait, la cause principale de cette difficulté est d’ordre social. En effet, on reproche souvent à cette énergie de produire beaucoup de nuisances sonores. Résultat, sur notre territoire, 70 % des projets éoliens entraînent un recours juridique. De plus, les parcs d’éoliennes prévus en mer rencontrent les mêmes difficultés. Dans ce cas, ce sont les pêcheurs qui s’opposent aux projets présentés. Dans l’ensemble, ces blocages freinent fortement la réalisation d’un scénario idéal. Celui dont rêvent pourtant beaucoup d’experts : un mariage harmonieux entre l’éolien et le photovoltaïque. Malheureusement, sur le terrain, c’est moins simple.
Un constat amer sur l’énergie renouvelable
Au final, le consommateur doit admettre qu’il lui est impossible de savoir si son électricité provient bien d’un producteur vert. Souvent, en réalité, elle a été produite par une centrale nucléaire. De quoi le faire réfléchir sur l’appellation « verte » de son électricité.
Le Bulletin des Communes suggère aussi de lire l’article de Enercoop 

28/06/19 : « Le nucléaire, bon pour l'environnement »
Climat. « Les énergies renouvelables sont très coûteuses et intermittentes. Le nucléaire émet peu de gaz à effet de serre. »
Édouard Roudaut (Isère) :
Alors que les écologistes veulent supprimer le nucléaire pour le remplacer par des énergies intermittentes (éolien, solaire) dénommées renouvelables, le développement de celles-ci, outre qu'il est d'un coût exorbitant, est catastrophique.
Avec 23 GW de puissance installée en éolien et solaire, soit près de 50 % de la puissance nucléaire, ces énergies intermittentes n'ont fourni, en 2017, que 6,2 % de l'énergie électrique produite en France.
De plus, toute mise en place de ces énergies exige l'installation de centrales à gaz pour pallier leur intermittence, donc augmentation du CO2, dépendance envers les pays producteurs de gaz (États-Unis, Russie...) et augmentation du déficit du commerce extérieur. Il faut ajouter que, grâce au nucléaire, la France est le plus faible producteur de CO2 mondial : 0,8 %, 3 % pour l'Allemagne, quinze fois plus pour les États-Unis, vingt-neuf fois plus pour la Chine.
La suppression du nucléaire en Allemagne a été une catastrophe : électricité environ trois fois plus chère qu'en France, augmentation du CO2, des centaines de milliards d'euros dépensés pour un résultat médiocre. Et les écologistes veulent copier l'Allemagne.
Aujourd'hui, l'Agence internationale de l'énergie demande le doublement des investissements dans le nucléaire, le Giec signale que, pour respecter l'Accord de Paris, il faut développer le nucléaire.
L'Académie des sciences a dénoncé le développement actuel des énergies intermittentes. Quel média en a parlé ? Le lobby écologiste bloque la parole aux partisans du nucléaire dans les médias. »
https://www.ouest-france.fr/medias/ouest-france/courrier-des-lecteurs/le-nucleaire-bon-pour-l-environnement-6420144
27/06/19 : Les bioénergies, un trésor sous-estimé
https://www.echosciences-grenoble.fr/articles/les-bioenergies-un-tresor-sous-estime

27/06/19Réchauffement : les Français accusent le nucléaire
VIDÉO. Selon un sondage BVA, une large majorité de Français pense que le nucléaire contribue à l'émission de gaz à effet de serre. Sa part est pourtant minime.
La concordance des faits frappe. Alors que, ce mercredi 26 juin, Paris commence déjà à sérieusement chauffer, Philippe Knoche, le patron d'Orano (l'ex-Areva), et Édouard Lecerf, dirigeant de l'institut BVA, présentent dans une salle très rafraîchie un sondage (1) dont le résultat majeur étonne. Selon 69 % des personnes interrogées, le nucléaire participe à la production de gaz à effet de serre. Autrement dit, dans l'esprit des Français, en tout cas dans sa majorité, les centrales nucléaires du pays contribuent au réchauffement de la planète, donc à la canicule du moment.
Factuellement, ces 69 % de Français ont raison : le nucléaire rejette du CO2, le principal gaz à effet de serre. Mais ces émissions sont minimes : 12 grammes par kWh produits selon le consensus scientifique, soit l'équivalent de ce que rejettent dans l'atmosphère les éoliennes (11 grammes) ! Du fait de son mode de fabrication, le solaire en relâche quatre fois plus dans l'air (45 grammes). Plus curieux encore, pour 10 % des sondés, le pétrole et le gaz contribuent moins que le nucléaire à l'effet de serre, et pour 11 % d'entre eux le charbon est plus propre que l'atome... « C'est un élément très étonnant de l'enquête », reconnaît Philippe Knoche, le PDG d'Orano.
Lire aussi « Le nucléaire a sauvé deux millions de personnes ! »
Atome et missiles
BVA explique ce décalage entre le « ressenti » des Français et la réalité scientifique par « l'effet de halo ». En gros, on a le sentiment que tout ce qui produit de l'énergie pollue et, donc, dérègle le climat. On pourrait élargir le propos en disant que toute activité humaine pollue, et le nucléaire n'échappe pas à ce truisme.
Les jeunes, en particulier, semblent convaincus de l'effet néfaste de l'atome sur l'air. Le sondage BVA révèle que 86 % des 18-34 ans interrogés, bref, l'immense majorité, en sont persuadés. Greta Thunberg, la jeune égérie suédoise du climat qui préfère s'engager plutôt qu'étudier, est peut-être passée par là. « Il y a un besoin d'information auprès des jeunes, c'est certain », reconnaît, un peu dépité, Philippe Knoche.
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La mauvaise image du nucléaire auprès de cette population ne date pas d'hier. Chez Orano, on rappelle que, dans les années 70, l'URSS et ses alliés influençaient les associations écologistes et anti-militaristes pour déstabiliser l'Europe de l'Ouest. Le nucléaire était une cible facile, particulièrement en République fédérale allemande. Outre-Rhin, les esprits sont toujours marqués. La politique allemande de sortie du nucléaire (Energiewende), renforcée après l'accident de Fukushima, a été largement approuvée par la population. Mais un coup d'œil sur ses émissions de CO2 fait réfléchir. Selon le site electricitymap.org, l'Allemagne émettait, mercredi 26 juin, 283 grammes de CO2 par kWh consommé, six fois plus que la France. En cause, comme on le sait : la part importante du charbon, nécessaire pour compenser la baisse du nucléaire et, ce jour-là, l'absence de vent.
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Bouc émissaire
En France aussi, il existe une confusion dans les esprits, regrette Philippe Knoche. Lorsque les politiques évoquent le dérèglement climatique, ils y associent souvent le nucléaire. C'est sa dangerosité potentielle qui est évoquée, surtout depuis Fukushima, mais le doute s'instille dans les esprits. « Il y a une communication politique qui brouille les deux sujets, observe Knoche. Ça se traduit notamment par l'accord entre le PS et les Verts pour la présidentielle de 2012 : on part du climat et on arrive au nucléaire. » Cet accord, négocié par Martine Aubry et Cécile Duflot, visait à réduire à 50 % (contre environ 75 %) la part du nucléaire dans le mix électrique. Incidemment, il transforme le nucléaire en une sorte de bouc-émissaire. Pis, lors du débat sur la loi de transition énergétique de 2015, tous les indicateurs sur lesquels se fondait la réflexion étaient tirés des rapports du Giec, l'organisme des Nations unies sur le climat. Tous, sauf celui sur les émissions de CO2 du nucléaire, issu selon Orano d'études d'organisations écologiques.
Lire aussi Transition énergétique : les Français encore sceptiques
Philippe Knoche fait contre mauvaise fortune bon cœur. Le PDG d'Orano veut améliorer la communication sur le nucléaire, pour convaincre les esprits de sa faible participation au réchauffement climatique, ce qui ne soulève aucun débat scientifique – le stockage des mêmes déchets étant un problème différent. Il s'appuie sur une note positive : selon le sondage BVA, 47 % des Français estiment que le nucléaire est un atout pour la France, parce qu'il garantit l'indépendance énergétique du pays et crée des emplois. Ils ne sont « que » 34 % à penser le contraire. Maigre consolation.
1. Enquête BVA réalisée du 4 au 27 avril auprès d'un échantillon de 3 008 personnes âgées de 18 ans et plus, représentatif de la population française.
https://www.lepoint.fr/economie/rechauffement-les-francais-accusent-le-nucleaire-26-06-2019-2321239_28.php

26/06/19Plus de deux Français sur trois pensent le nucléaire néfaste pour le climat
Un sondage BVA pour Orano (ex-Areva) fait le point sur la perception du nucléaire en France. L’étude note que la moitié des personnes interrogées perçoit le nucléaire comme un atout, mais Orano regrette la prégnance de l’idée reçue selon laquelle l’atome serait néfaste pour le climat.
Comment les Français perçoivent-ils le nucléaire ? L’atome est-il opaque et dangereux, tel que la série Chernobyl (HBO) le décrit en retraçant l’accident de 1986, ou est-il au contraire un modèle industriel sûr qu’il faudrait défendre dans un contexte de changement climatique ?
C’est à cette question que s’attache à répondre une étude BVAréalisée en partenariat avec le groupe Orano (ex-Areva) et publiée le 26 juin 2019. Réalisée en avril 2019 à partir de 2400 entretiens téléphoniques, elle vise à dresser un panorama des représentations et des “idées reçues“ des Français à propos de l’énergie atomique.
Question d’autant plus cruciale que le nucléaire est à une période charnière. Depuis avril, le débat public sur le cinquième plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs (PNGMDR) bat son plein. Et alors que l’Allemagne sort de l’atome, la révision de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) en janvier 2019 a confirmé l’objectif de ramener à 50% la production d’électricité d’origine nucléaire, tout en l’éloignant à 2035. La question de la construction de nouvelles capacités EPR, elle, reste ouverte et a été repoussée à après 2021.
Des positions autour du nucléaire polarisées
Sans surprise, l’énergie nucléaire reste très clivante.
Ainsi, 47% des Français considèrent que le nucléaire est un atout pour le pays (une position partagée en sur-proportion par les hommes et les plus âgés), tandis que 34% y voient un handicap. Une vision globalement positive, d’autant que “17% des sondés répondent “ni l’un ni l’autre“, et que le fait d’expliquer en détails peut permettre de faire bouger les opinions“ explique Edouard Lecerf, directeur adjoint de BVA.
Pour les Français interrogés, “les avantages du nucléaire sont du côté de l’immédiateté, alors que les inconvénients sont projetés un peu plus tard“ précise Edouard Lecerf. Ainsi, parmi les arguments en faveur de l’atome sont cités en premiers l’indépendance énergétique de la France (46%) et la création d’emplois (39%), alors que du côté des critiques la production de déchets non recyclables (56%) et le risque d’accident (52%) prédominent.
Le bilan est donc globalement positif, même s’il est difficile d’être d’accord avec Orano quand le groupe affirme que cette évaluation conduit 54% des Français à penser que l’avenir sera fait d’un mix entre nucléaire et renouvelable… à partir d’une question portant sur leur connaissance des plans du gouvernement.
Les français sous-estiment globalement les performances du nucléaire
En plus de ces considérations globales, Orano insiste sur le fait que plusieurs résultats de l’étude montrent que les représentations des Français sont en décalage avec la réalité du secteur. Les Français sous-estiment ainsi le pourcentage d’électricité produit à partir de sources nucléaires, qu’ils placent en moyenne à 59% au lieu de 72%. L’impact de la filière sur l’emploi est sous-évalué. Si la majorité des Français y voit un secteur créateur d’emplois (56%), le nombre de personnes employées par le nucléaire (220 000) est lui très sous-évalué.
La majorité des Français (68%) considèrent par ailleurs que le nucléaire est cher à produire. Un résultat du sondage difficile à interpréter car, comme l’expliquait l’Usine Nouvelle, le prix facturé du nucléaire reste assez bas mais se voit désormais concurrencé par les énergies renouvelables si l’on considère les coûts de démantèlement. Les réacteurs EPR seraient même plus onéreux.
Bonne nouvelle pour Orano, en analysant les réponses des Français habitant à proximité de deux sites gérés par Orano (La Hague et le Tricastin et Melox), l’étude expose que “lorsqu’on vit à proximité d’une centrale, on a une perception en général plus positive du nucléaire, mais cette perception ne s’appuie pas beaucoup plus sur une meilleure compréhension“ résume Edouard Lecerf.
69% des Français pensent que le nucléaire contribue au réchauffement climatique
Car partout sur le territoire, la grande majorité des sondés (69%) associent le nucléaire à l’émission de gaz à effet de serre. Chez les 18-34 ans, pourtant plus engagés pour le climat, le taux monte même à 86%. Certes, seuls 34% de la population considère que le nucléaire contribue “beaucoup“ au réchauffement et il est correct de considérer que l’électricité produite grâce à la fission de l’uranium émet “un peu“… Mais pour Edouard Lecerf, cette réponse provient surtout d’un “effet de halo qui fait qu’aujourd’hui, on a l’impression que tout dérègle le climat, y compris le nucléaire“.
En réalité, contrairement aux estimations des Français, le nucléaire émet seulement 12 grammes de CO2 par kWh. Soit un peu plus que l’éolien, mais moins que le photovoltaïque (41-48g), que 63% des Français considèrent pourtant comme une énergie moins émettrice que l’atome. Le gaz (autour de 400g) et le charbon (près de 1000g) sont quant à eux bien plus nocifs.
Cette idée reçue inquiète Orano, qui note par ailleurs que seuls six Français sur dix pensent que le combustible peut être recyclé. “Le nucléaire a un rôle indispensable pour faire réussir la transition énergétique“ défend pourtant Philippe Knoche, directeur général d'Orano, qui rappelle d’ailleurs que la majorité des scénarios du GIEC permettant de limiter le réchauffement à 1,5°C d’ici la fin du siècle prévoient une augmentation des capacités installées dans le monde. Pour Orano, c’est alors de la “pédagogie“ qu’il convient de faire pour expliquer que le nucléaire est décarboné, et améliorer son image.
On peut alors regretter que les différents résultats de l'étude ne soient pas corrélés, ce qui permettrait de juger de la cohérence des positions dessinées et de voir comment le rejet ou l'acceptation du nucléaire sont liés ou non à ses impacts climatiques supposés. Pour rappel, selon une étude de l’Ademe conduite chaque année, seul 74% des Français croyaient en l’existence d’un réchauffement climatique d’origine anthropique en 2018.
https://www.passerelleco.info/article.php?id_article=2184

23/06/19 : EDF VEUT SÉPARER LE NUCLÉAIRE DE TOUT LE RESTE
http://www.economiematin.fr/news-edf-veut-separer-le-nucleaire-de-tout-le-reste

19/06/19 : 
L’inquiétant ralentissement des énergies renouvelables
Le rapport annuel de l’ONU sur le développement du solaire, de l’éolien, de la biomasse s’alarme de la stagnation des investissements dans le secteur. Les Etats prennent du retard vis-à-vis de leurs objectifs de limitation de la hausse des températures mondiales.
C’est l’histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein. À la lecture du rapport de l’organisme onusien "Renewable energy policy network for the 21th century" (REN21), les optimistes retiendront qu’un total de 181 gigawatts (GW) d’énergies renouvelables a été ajouté en 2018 à un parc de production de 2387 GW qui fournit désormais un quart de l’électricité consommée dans le monde. Le solaire photovoltaïque connaît même une progression de 100 GW. Depuis quatre ans, les investissements dans les renouvelables dépassent celles ceux mis dans le charbon, le pétrole, le gaz et le nucléaire.
Les pessimistes noteront, eux, que ces investissements ont diminué pour passer de 292 milliards d’euros en 2017 à 259 milliards en 2018. Ces montants sont insuffisants pour permettre aux Etats signataires de l’Accord de Paris d’atteindre l’objectif commun de limitation des températures mondiales « bien en dessous de 2 °C ». En 2017, les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de 1,7 % alors qu’elles devraient commencer à décroître d’environ 2 %. Et la croissance globale toutes énergies confondues se situe un peu au-dessus de la moitié des 300 GW nécessaires pour répondre aux besoins climatiques. "Les tendances actuelles montrent que nous avons besoin de décisions politiques courageuses pour rendre soutenable notre consommation finale dans tous les secteurs ", souligne Arthouros Zervos, président de REN21. C’est peu ou prou le constat effectué en mai 2019 par l’Agence internationale de l’énergie.
Trop peu d'efforts sur les transports et l'efficacité énergétique
Pourquoi cette stagnation ? L’une des raisons est conjoncturelle. En 2017, la Chine, premier producteur et utilisateur d’énergie solaire au monde, a changé sa politique sur le photovoltaïque en "nettoyant" son secteur industriel. Exit les produits les moins performants : la Chine parie aujourd’hui sur les technologies aux rendements les plus élevés ce qui a freiné la création de nouvelles centrales solaires. C’est ce changement de pied qui explique en grande partie la baisse des investissements constatée en 2018.
Mais il y a aussi des explications structurelles. En premier lieu, les industriels du pétrole résistent à la transition énergétique. "Au niveau mondial, les subventions pour les énergies fossiles ont augmenté de 11 % entre 2017 et 2018 et les compagnies pétrolières, gazières et charbonnières ont continué de dépenser des centaines de millions de dollars en lobbying pour retarder, contrôler ou bloquer les politiques de lutte contre le changement climatique et en dépenses de publicité pour influencer l'opinion publique", dénonce le rapport. C'est le constat que fait par exemple l'Ademe en France avec les ventes de voitures neuves. Les constructeurs automobiles ont porté leurs efforts commerciaux sur les SUV, petits véhicules tout-terrain pourtant plus gourmands en essence. Résultat : la moyenne des émissions de gaz à effet de serre des véhicules neufs a augmenté de 1 gramme de CO2 par km (gCO2/km) en 2018 pour atteindre 112 gCO2/km alors que l'objectif assigné par les règlements européens est de 95gCO2/km pour 2021.
Les États se retrouvent à New York en septembre 2019 pour augmenter leurs ambitions
Dernière explication : le manque de résultat dans les secteurs du chauffage, de la climatisation, des transports et de l'efficacité énergétique. La progression des énergies renouvelables y est beaucoup moins importante que dans le secteur de production d'électricité. La chaleur et le froid renouvelables par exemple ne couvrent que 10 % des besoins mondiaux alors que les besoins en chauffage et climatisation représentent la moitié de la consommation finale d'énergie. Le rapport note que 47 États seulement ont des objectifs pour ces secteurs et il n'y a que 20 Etats pour avoir mis en place une réglementation. Autre échec : 3,3 % des transports utilisent des sources renouvelables, principalement des biocarburants.
L'efficacité énergétique enfin, présente un bilan en demi-teinte. L'utilisation de machines et moteurs moins gourmands en carburant, les efforts d'économie d'énergie dans l'habitat, l'industrie et les transports ont permis de faire baisser de 2,2 % par an entre 2012 et 2017 l'intensité énergétique (la quantité d'énergie nécessaire pour fabriquer un bien ou remplir un service comme une température agréable dans un logement). Mais en regard, les besoins ont fortement augmenté. Il y a de bonnes raisons à cela : il y a désormais moins de un milliard d'hommes qui sont privés d'électricité. Mais il y en a aussi des mauvaises : les besoins en climatisation et en transport ont augmenté du fait de politiques défaillantes en matière d'isolation des bâtiments ou de maîtrise des besoins en mobilité.
Les deux rapports de l'AIE et du REN21 constituent donc de salutaires rappels à l'ordre. En septembre prochain, lors de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, les 195 Etats signataires de l'Accord de Paris devront s'engager sur de nouveaux objectifs de réduction des gaz à effet de serre. On connaît désormais l'ampleur de l'effort à accomplir.

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/climat/l-inquietant-ralentissement-des-energies-renouvelables_134596


17/06/19« On n'a pas trouvé mieux que le nucléaire pour produire de l'électricité sans trop polluer »
ENTRETIEN. Jean-Marc Jancovici, créateur d'un think tank dédié à la décarbonation de l'économie, prône le maintien du nucléaire dans la transition énergétique.
Édouard Philippe a donc verdi la suite du quinquennat. « Ces 12 prochains mois seront ceux de l'accélération écologique », a lancé la semaine dernière le Premier ministre lors de son discours de politique générale devant les députés. Pour ce faire, il a annoncé diverses initiatives, dont l'accélération du rythme des appels à projets dans l'éolien offshore et la fin des quelques centrales à charbon qui fonctionnent toujours un peu, dont celle du Havre.
Édouard Philippe ne l'a pas redit, mais le nucléaire est lui aussi soumis à une cure d'amaigrissement : 14 réacteurs (sur les 58 en fonction) devront être arrêtés d'ici 2035. À cet horizon, la part du nucléaire dans le mix énergétique du pays devrait être réduite à 50 %, contre un peu plus de 70 % aujourd'hui. Les éoliennes, le solaire et quelques autres sources de production d'énergie dite « propre » comme la biomasse devront prendre le relais. Les défenseurs du renouvelable sont à la fête. En fin de semaine dernière, une bonne nouvelle les a confortés dans leur combat : un parc de 75 éoliennes en mer au large de Dunkerque, révélé par François de Rugy, le ministre de la Transition énergétique, produira de l'électricité à 50 euros le mégawattheure, largement sous le prix promis pour les EPR, la future génération de réacteurs nucléaires (70 euros à l'horizon 2030). Un prix tellement compétitif que la Commission de régulation de l'énergie a demandé des explications complémentaires...
Lire aussi Écologie : ne jetons pas le nucléaire !
Jean-Marc Jancovici n'adhère pas à l'histoire de la transition énergétique telle que la racontent le gouvernement et tous ceux qui, à ses yeux, s'emparent du sujet sans le connaître. Selon cet ingénieur, fondateur du site The Shift Project, un think tank dédié à la décarbonation de l'économie, la transition doit être menée avec le nucléaire. Les énergies renouvelables ne viennent, selon lui, qu'en appoint. Leur impact sur l'environnement est en effet, assure Jancovici, beaucoup plus néfaste qu'annoncé par leurs promoteurs. Alors que Le Point consacre cette semaine sa couverture et un dossier à l'écologie et à la science, il s'en explique, sans prendre de pincettes.
Le Point : Le nucléaire souffre d'une assez mauvaise image en France, beaucoup de ceux qui s'expriment sur la transition énergétique l'excluent de la réflexion... Pourquoi, selon vous  ?
Jean-Marc Jancovici : La plus grosse caisse de résonnance sur ce sujet, ce sont les médias. Or nombre de journalistes pensent, à tort, que le « droit au débat » s'applique aux faits comme aux opinions. Ils deviennent alors, magré eux, complices de mensonges. La plupart de ceux qui doivent traiter de ce sujet ne maîtrisent pas les règles permettant de distinguer le fait de l'opinion. Quand une télévision ou une radio organisent un plateau sur le nucléaire, elles n'invitent jamais ni médecin, ni ingénieur, ni physicien, c'est-à-dire les dépositaires des faits. Pourquoi ? En général, on se contente de donner le micro à quelques anti-nucléaire, qui prennent toujours des libertés avec les faits. Je note aussi que les médias les plus hostiles au nucléaire sont ceux du service public. C'est peut-être pour eux une façon de montrer qu'ils sont indépendants du pouvoir. Évidemment, si les faits sont mal rapportés, les conclusions que chacun en tire sont faussées. Par exemple, 80 % des Français pensent que le nucléaire contribue au réchauffement climatique. Or, on peut penser ce que l'on veut du nucléaire, mais casser un noyau d'uranium en deux (ce qu'on appelle la fission) n'est pas équivalent à oxyder un atome de carbone (la combustion). Pourquoi ce simple fait — et d'autres aussi élémentaires — n'est-il pas rappelé dans la presse ?
Les Français soupçonnent aussi les autorités de leur cacher le vrai coût, financier et environnemental, du nucléaire. Il y a toujours cette image du Pr Pellerin annonçant en 1986 à la télévision que le nuage de Tchernobyl s'était arrêté à nos frontières...
Voilà un autre exemple de fausse information que les médias véhiculent. Le Pr Pellerin n'a jamais dit ça. Il a affirmé que la radioactivité arrivant en France à cause de cet accident était détectable, mais pas dangereuse. C'est Noël Mamère qui a lancé cette formule-choc, et il a, du reste, été condamné pour diffamation envers Pellerin. Les archives de presse de l'époque, que tout journaliste reprenant cette information sur le nuage devrait commencer par consulter, sont très claires sur le fait que la population a bien été informée. Cela n'empêche pas la théorie du complot d'avoir des adeptes !
On ne peut écarter la dangerosité du nucléaire, pourtant.
Connaissez-vous l'Unscear (Comité scientifique des Nations unies pour l'étude des effets des rayonnements ionisants, NDLR) ? La presse ne parle jamais de cette instance de l'ONU, qui fonctionne pourtant comme le Giec, mais sur les dangers sanitaires du nucléaire. Son rapport sur Fukushima affirme que cet accident n'a pas fait de victimes à cause du surplus de radiations. Le nucléaire reste bien moins dangereux que les barrages, par exemple. En 1975, la rupture de l'ouvrage de Banqiao a causé la mort de 20 000 à 100 000 personnes en Chine. L'édification du barrage des Trois-Gorges, là aussi en Chine, a provoqué le déplacement d'un million d'habitants. Et d'après la revue scientifique The Lancet, le charbon tue 30 personnes par milliard de kilowattheure produit. Voilà les faits.
Sans doute, mais le risque nucléaire n'est-il pas surtout potentiel  ?
Dans notre pays, l'abondance de l'information médiatique sur un risque est rarement en lien avec sa réalité. 20 000 Français meurent chaque année d'accidents domestiques, dont à peu près personne ne parle, mais dès qu'un marteau tombe sur le pied d'un ouvrier dans une centrale ça fait la une des journaux  ! Les Français ont plus peur des déchets nucléaires, qui ne font aucun mort actuellement, que des accidents de la route, qui provoquent plus de 3 000 décès chaque année. C'est, encore une fois, le problème de l'écart entre le risque perçu et le risque réel. À force, on se tire une balle dans le pied, car, sur le plan environnemental, on n'a pas trouvé mieux que le nucléaire pour produire de l'électricité en grande quantité sans trop polluer.
Lire aussi « Fermer 17 réacteurs nucléaires d'ici à 2025, c'est irréaliste »
En matière de pollution, l'éolien et le solaire font aussi bien...
Ça se discute. Il y a de 10 à 100 fois plus de métal dans l'éolien et le photovoltaïque que dans le nucléaire par kilowattheure produit. Il faut donc faire 10 à 100 fois plus de trous dans la terre pour aller chercher les métaux, à production électrique identique. En France, remplacer du nucléaire par de l'éolien et du solaire n'a d'intérêt sur aucun plan. Même sur un plan économique : le nucléaire est garanti alors que l'éolien et le solaire sont tributaires des conditions climatiques du moment. Soit on accepte que l'hôpital, le frigo et le train ne fonctionnent que lorsqu'il y a du vent ou du soleil, soit non. Il faut alors ajouter au coût de production des modes renouvelables intermittents le coût du stockage, ce qui fait repencher la balance du côté du nucléaire.
Mais l'éolien et le solaire produisent peu de déchets, en tout cas pas de déchets radioactifs. Le nucléaire en lègue à nos descendants...
Savez-vous de quand date le plus vieux lieu de stockage de déchets radioactifs au monde  ? De deux milliards d'années ! Il se trouve à Oklo, au Gabon. Des scientifiques ont découvert qu'à cette lointaine époque une réaction nucléaire naturelle a eu lieu sous terre. Ce phénomène a produit des déchets, qui sont restés très exactement sur le lieu de leur formation, avant de disparaître par décroissance radioactive. Cela signifie que le stockage géologique, ça marche. Personnellement, cela me perturbe beaucoup moins que l'épandage de dizaines de milliers de tonnes de produits phytosanitaires chaque année chez nous !
https://www.lepoint.fr/economie/on-n-a-pas-trouve-mieux-que-le-nucleaire-pour-produire-de-l-electricite-sans-trop-polluer-17-06-2019-2319329_28.php

14/06/19Iter : derniers tests avant l'assemblage d'un des plus ambitieux chantiers scientifiques
60 % de la construction du futur réacteur expérimental de fusion nucléaire est achevée. Le chantier expérimente les équipements de manutention avant le début de la phase d'assemblage de la machine en 2020. Les retombées se chiffrent à plus de 3,6 milliards d'euros pour les industries tricolores.
C'est l'heure des grandes manoeuvres sur le chantier du futur réacteur de fusion thermonucléaire Iter à Cadarache. Après dix ans d'usinage complexe, les plus gros composants de ce colossal puzzle expérimental sont presque achevés et en 2020 commencera leur assemblage. Il faudra alors ajuster au millimètre 1 million d'éléments constitués de 10 millions de pièces totalisant les 440.000 tonnes du complexe Tokamak qui abritera la machine et ses dépendances. Une installation hors norme, équivalente à peu de chose près à l'imposante masse de l'Empire State Building. L'opération nécessitera la plus grande attention pour ne rien cabosser, au risque sinon de perdre des mois, voire des années, pour refaire ces pièces uniques.
Iter fait un pas de plus vers la fusion nucléaire
CNIM finalise l'aimant du réacteur Iter, le plus high-tech au monde
Depuis quelques semaines, une phase intense de tests grandeur nature a donc démarré sur les machines d'assemblage déjà en place. Une première salve avait été lancée en décembre 2017 avec l'installation du double pont roulant qui mettra en place la base du cryostat. Il s'agit de l'élément le plus lourd de la machine Iter (1.250 tonnes) qui supportera la méga-enceinte en acier (30 mètres de haut, autant de diamètre) délimitant l'environnement sous vide du plasma. Une autre série d'essais est en cours pour valider le comportement des grues de l'usine où sont fabriquées sur site plusieurs des dix-huit bobines qui généreront le champ de confinement magnétique du plasma.
Un micron de tolérance
C'est le groupe varois CNIM qui a raflé l'essentiel des contrats pour la fabrication sur mesure de ces outillages spécifiques de manutention. « Nous gérons une quinzaine de chantiers pour Iter », détaille François-Xavier Catelan, directeur de l'activité nucléaire et grands équipements scientifiques du groupe.

L'industriel travaille à Cadarache depuis dix ans. Cette activité couvre, selon les années, entre 5 et 7 % de son chiffre d'affaires (689,8 millions d'euros en 2018) et 40 % des marchés de la division innovation et systèmes. Il a décroché son premier marché, la réalisation de 35 plaques radiales, grâce à ses innovations dans le soudage par faisceau d'électrons et les techniques d'usinage de précision. La tolérance acceptable sur ces pièces géantes ne dépasse pas un micron.
Iter : un incroyable défi technique
Iter calque le mécanisme de fusion d'éléments atomiques qui se produit au coeur des étoiles pour fabriquer de l'énergie. L'ouvrage doit accélérer des particules pour les chauffer à 150 millions de degrés. A cette température, les électrons se détachent de leur noyau, l'atome s'ionise et la matière entre en état de plasma à partir duquel on peut produire de la vapeur convertie en électricité grâce à des turbines et des alternateurs. Aucun matériau ne pouvant le contenir sans brûler, les physiciens ont conçu un système d'isolement dans une cage d'aimants sous vide appelée « Tokamak », et constituée d'anneaux supraconducteurs formant une bague en creux. Celle d'Iter, haute de 29 mètres, renfermera 18 aimants traversés par un courant de 68.000 ampères générant une puissance d'attraction environ un million de fois supérieure au champ magnétique terrestre.
Pour fabriquer ces plaques en acier inoxydable de 13,4 mètres de hauteur par 8,7 de large et 110 mm d'épaisseur, CNIM a dû construire un atelier à atmosphère contrôlée de 3.000 mètres carrés équipé de deux portiques géants. « Cette première réalisation a forgé notre expérience dans les équipements de manutentions sur mesure », poursuit François-Xavier Catelan. Cette année, le groupe a encore deux outillages de gros calibre à livrer pour assembler les éléments du réacteur, dernière étape avant l'assemblage final. Il s'agit de 9 secteurs de 400 tonnes chacun, assortis des planchers et boucliers thermiques de la machine. Le premier plasma, à base d'hydrogène, devrait être réalisé en 2025 et il faudra encore dix ans pour réaliser la première fusion de tritium-deutérium. Comme la quantité d'énergie espérée, le nombre de contrats industriels générés par Iter promet d'être lui aussi inépuisable.
https://www.lesechos.fr/pme-regions/actualite-pme/iter-derniers-tests-avant-lassemblage-dun-des-plus-ambitieux-chantiers-scientifiques-1029022

11/06/19De l'électricité grâce aux courants des fleuves
Les hydroliennes prennent aujourd'hui la voie des fleuves. Après plusieurs années d'expérimentations, ces machines capables de transformer les flux aquatiques en électricité débutent leur implantation le long du Rhône. Avec la promesse d'une production d'énergie non intermittente et renouvelable.
Capter l'énergie des courants fluviaux. Pour expliquer le fonctionnement des hydroliennes fluviales, Jean-François Simon invite à regarder... vers le ciel. « Elles reposent sur le même principe général qu'une éolienne, si ce n'est que, pour produire de l'électricité, on va utiliser le courant de l'eau, et non celui de l'air », indique le président d'HydroQuest. La société iséroise, pionnière sur le sujet, a mis au point des hydroliennes qui permettent de profiter du flux des cours d'eau grâce à un système de turbines à axe vertical. Activées par le courant, elles alimentent des génératrices. En découle une production d'électricité qui peut ensuite rejoindre le réseau. Le dispositif est installé sur une barge flottante elle-même reliée au lit du fleuve par des câbles fixés à l'aide de micropieux.
Ces hydroliennes ne peuvent toutefois pas être installées partout. « La vitesse du flux doit être suffisamment élevée sur une portion de fleuve, de l'ordre d'au moins 2 m/s, précise Jean-François Simon. Les zones où le cours d'eau se rétrécit seront par exemple privilégiées ». En France, c'est principalement le Rhône (et la Garonne, dans une moindre mesure) qui suscite aujourd'hui l'intérêt des industriels.
Une production d'électricité locale et continue. C'est un atout mis en avant par les entreprises du secteur : l'énergie renouvelable fournie par les hydroliennes fluviales n'est pas intermittente, à la différence de celle apportée par les éoliennes ou les panneaux photovoltaïques. L'électricité est donc produite en continu et dans des volumes qu'il est possible d'estimer à l'avance. Autre avantage : ces machines permettent d'apporter de l'énergie dans des zones isolées, sans qu'il soit nécessaire de construire de grands réseaux électriques. C'est pour cette raison que, dans les années qui viennent, leur déploiement pourrait avant tout avoir lieu dans les pays en développement. « Une importante proportion de la population africaine n'est pas raccordée aux réseaux, explique Jean-François Simon. Or, pour se développer, l'accès à l'électricité est indispensable. » En déployant des hydroliennes sur les cours d'eau du continent (dont les débits sont souvent bien adaptés), une production énergétique locale et renouvelable pourrait bénéficier aux populations et aux entreprises.
Le déploiement débute sur le Rhône. Les premières « fermes » d'hydroliennes fluviales voient aujourd'hui le jour en France. « Nous avons mis en service quatre machines de 80 kW chacune en décembre dernier près de Lyon », indique Jean-François Simon. « Une première mondiale », assure-t-il. Implanté à Caluire-et-Cuire, ce parc produit l'équivalent de la consommation électrique de 500 foyers par an (hors chauffage). Un projet d'une plus grande ampleur, porté par la Compagnie nationale du Rhône (CNR), est programmé pour 2020, toujours sur ce fleuve. Il s'agit d'une ferme de 30 hydroliennes sur barges flottantes, conçue là encore par HydroQuest. Le parc s'étirera sur environ 2 km du fleuve, à la frontière entre l'Ain et la Haute-Savoie. Avec 2 MW de puissance installée, il devrait permettre une production annuelle équivalente à la consommation moyenne de 2700 habitants.
Des hydroliennes qui ondulent comme des poissons. Le futur des hydroliennes pourrait passer par le biomimétisme, une approche scientifique qui consiste à s'inspirer de la nature pour innover. C'est du moins ce que pense la société Eel Energy. Basée à Boulogne-sur-mer, elle a mis au point une membrane en fibre de verre qui ondule telle une anguille (« eel » signifie anguille en anglais) grâce aux courants d'eau. « Cette ondulation permet de faire monter et descendre un mât, explique Franck Sylvain, directeur général de l'entreprise. Cela actionne une génératrice située hors de l'eau ». Le mouvement est ainsi converti en énergie électrique, laquelle pourra, enfin, rejoindre le réseau. Après avoir développé des prototypes en laboratoire, l'entreprise devrait tester ses hydroliennes dans des canaux et des fleuves dès cette année. Avant, espère-t-elle, de déployer ses machines ondulantes dans les eaux françaises mais aussi et surtout dans celles des pays émergents.
http://www.leparisien.fr/environnement/transition-connectee/de-l-electricite-grace-aux-courants-des-fleuves-11-06-2019-8088381.php

11/06/19La révolution énergétique passe par le nucléaire
Un peu partout dans le monde, des manifestants demandent de diminuer le recours aux énergies fossiles au nom de la protection de l'environnement. Néanmoins, l'Allemagne dont tel était l'objectif avec l'Energiewende (la transformation de l'énergie) ne parvient pas à réduire ses émissions de CO2. Cela tient essentiellement au fait que les responsables politiques, sous la pression d'une opinion publique hostile à l'énergie nucléaire, veulent mettre un terme à cette dernière et investir dans les énergies renouvelables comme l'éolien ou le solaire.
OXFORD – En apprenant à maîtriser la puissance du vent, de l'eau et du feu (en brûlant bois et feuilles mortes), pour l'essentiel ce que nous appelons aujourd'hui les énergies renouvelables, nos lointains ancêtres mettaient la nature à leur service. Mais ils n'obtenaient que peu d'énergie, et seulement quand les conditions météorologiques le permettaient. C'est pourquoi ils menaient une existence précaire, leur vie était de courte durée, et leur population restait très réduite.
Tout cela a changé avec la Révolution industrielle. Les hommes ont inventé les moteurs fonctionnant au charbon et plus tard à l'essence ou au gaz. On peut mesurer le rendement d'un combustible par sa densité massique d'énergie (l'énergie fournie par un kilo de combustible). Ainsi les sources d'énergie fossiles ont une densité d'énergie de l'ordre de 1 à 7kWh/kg, environ mille fois plus que les sources d'énergie renouvelables, et on peut les utiliser n'importe où et n'importe quand, quelques soient les conditions météorologiques.
Depuis 250 ans, la course aux sources d'énergie fossile a conditionné en grande partie l'évolution économique et politique du monde. Durant toute cette période, la population mondiale a été multipliée par 8, l'espérance de vie a doublé et le niveau de vie a augmenté de manière spectaculaire.
Aujourd'hui cependant, nous nous trouvons au seuil d'une nouvelle révolution énergétique. Les bénéfices tirés des sources d'énergie fossile ne compensent plus ses coûts, tandis que les sources d'énergie renouvelable sont par nature aussi insuffisantes et intermittentes qu'avant la Révolution industrielle.
L'énergie nucléaire est "sûre"
Pour obtenir suffisamment d'énergie, les sources d'énergie renouvelable de l'époque préindustrielle nécessitent d'énormes installations peu respectueuses de la nature (que l'on peut difficilement qualifier de vertes): des rangées de panneaux solaires à n'en plus finir, des forêts d'éoliennes géantes ou de grandes vallées fluviales inondées. Leur taille même atteste du peu d'énergie qu'elles produisent, et du fait de leur intermittence, en moyenne elles fonctionnent seulement le tiers du temps. Et comme la politique allemande d'Energiewende le montre, elles ne suffisent pas.
La révolution énergétique ne réussira pas sans une politique réaliste reposant sur des bases scientifiques. Le savoir sur l'énergie est bien développé depuis un siècle, aussi les surprises sont-elles rares. La science nous dit que le seul autre combustible largement accessible est le combustible nucléaire qui fournit une grande quantité d'énergie à la demande, et cause le moins de dommages à l'environnement.
Une source d'énergie doit être "chargée" par une source d'énergie plus puissante, qu'il s'agisse de l'ensoleillement immédiat pour l'énergie solaire, ou de millions d'années de photosynthèse dans le cas des sources d'énergie fossile. Et les mêmes lois de la physique qui expliquent pourquoi la densité d'énergie des combustibles fossiles d'aujourd'hui est 1.000 fois supérieure à celle des sources d'énergie de l'époque préindustrielle expliquent aussi pourquoi la densité d'énergie du combustible nucléaire lui est 5 millions de fois supérieure.
Les combustibles nucléaires tels que l'uranium et le thorium que nous trouvons aujourd'hui sur Terre ont été synthétisés lors de l'effondrement gravitationnel d'une étoile et de l'explosion qui l'a suivi (supernovae) avant la formation de notre planète. Les astronomes observent aujourd'hui ce phénomène ailleurs dans l'univers.
Un kilogramme de combustible nucléaire ainsi créé produit suffisamment d'énergie pour répondre aux besoins d'un individu durant toute sa vie, et son utilisation ne s'accompagnent ni de l'émission de 1.800 tonnes de CO2 ni de la libération de 10 millions de tonnes d'eau par un barrage. Quant aux déchets issus de cette faible quantité de combustible nucléaire, ils sont minimes, et contrairement à ce que l'on croit souvent, ne causent pas d'accident.
L'énergie nucléaire, mieux placée pour remplacer les énergies fossiles
Hormis la désintégration spontanée des noyaux atomiques, l'énergie nucléaire reste au sein du noyau, à moins que deux noyaux n'entrent en collision, ce qui n'arrive jamais, si ce n'est au centre du soleil. Les noyaux atomiques ne libèrent pas leur énergie prématurément, car seul un neutron libre peut déclencher leur désintégration; or la demi-vie d'un neutron libre est de seulement 10 minutes. Aussi l'énergie nucléaire ne peut-elle être libérée qu'au sein d'un réacteur en fonctionnement. L'énergie nucléaire est donc extrêmement sûre.
La biologie protège la vie des radiations nucléaires. Pendant 3 milliards d'années, la vie a évolué de manière à survivre aux radiations naturelles issues des roches ou en provenance de l'espace, car elle développe des moyens pour réparer les dégâts causés. C'est un sujet dont on pourrait parler longuement. Une exposition modérée aux radiations est sans effet nuisible. Et grâce aux travaux de Marie Curie, pour faire des diagnostics ou traiter des cancers, on utilise quotidiennement des doses plus élevées que celles dues à l'exposition naturelle.
L'opinion publique accepte le nucléaire quand il est au service de la santé humaine; il faudrait qu'il en soit de même quand il est au service de la santé de la planète. Et bien que la peur de l'énergie nucléaire ne repose sur aucun fondement scientifique (le nucléaire est beaucoup plus sûr que les autres sources d'énergie), elle influe énormément sur les politiques énergétiques, au risque d'être utilisée simplement pour faire le buzz.
Notre avenir, et la préservation de l'environnement exigent que nous favorisions l'énergie nucléaire. Pour cela, il serait souhaitable de fournir une information plus complète et plus précise à la population en général et aux jeunes qui demain construiront et feront fonctionner des centrales nucléaires à travers le monde. Il faudrait aussi réexaminer une grande partie de la bureaucratie mise en place à titre préventif durant la Guerre froide.
En terme de sécurité, de fiabilité, d'efficacité et de protection de l'environnement, l'énergie nucléaire est la mieux placée pour remplacer les énergies fossiles. Sans cela, nous pouvons dire adieu à la révolution énergétique dont le monde a tant besoin.
Traduit de l’anglais par Patrice Horovitz
https://www.medias24.com/la-revolution-energetique-passe-par-le-nucleaire-2748.html

07/06/19
Pour l’AIE, le déclin du nucléaire compromet la lutte contre le réchauffement climatique
La baisse de la part du nucléaire dans le mix énergétique mondial est une tendance qui pourrait avoir des effets négatifs sur la lutte contre le réchauffement climatique.
Pire, la sortie rapide du nucléaire décidée par des pays comme l’Allemagne pourrait compromettre l’atteinte des objectifs de la transition énergétique mondiale.
C’est en tout cas ce qu’estime l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) dans son dernier rapport, “L’énergie nucléaire dans un système énergétique propre”.
Le nucléaire, une énergie en perte de vitesse
Dans son dernier rapport publié le 28 mai, l’AIE constate que l’énergie nucléaire est une ressource énergétique en perte de vitesse : le vieillissement du parc nucléaire mondial et le faible nombre de projets électronucléaires en cours de construction entraînent une réduction de la part de l’atome dans le mix électrique mondial.
C’est pourtant la tendance inverse qui serait souhaitable dans le cadre de la lutte mondiale contre le réchauffement climatique.
“L’énergie nucléaire contribue aujourd’hui de manière significative à la production d’électricité. Elle a assuré la production de 10% de l’électricité mondiale en 2018. Dans les économies avancées, elle représente 18% de la production électrique et constitue la principale source d’électricité à faible émission de carbone. Toutefois, sa part dans l’approvisionnement mondial en électricité a diminué ces dernières années (…). Cette tendance a donc freiné la transition vers un système électrique propre : malgré la croissance de l’énergie solaire et éolienne, la part des énergies décarbonées dans le mix électrique mondial en 2018, 36%, est la même qu’il y a 20 ans”, expliquent les auteurs du rapport.
De l’importance du nucléaire dans la transition énergétique mondiale
L’AIE estime que pour accélérer la décarbonation de notre société, et notamment du secteur de la production d’électricité, il est aujourd’hui indispensable d’enrayer la chute de nucléaire.
D’autant plus qu’il s’agit d’un outil quasiment indispensable pour contenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C par rapport à la période préindustrielle : sans nucléaire, les experts de l’AIE estiment en effet que l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris coûtera beaucoup plus cher et demandera des efforts trop importants à la communauté internationale.
Fatih Birol, le directeur exécutif de l’Agence, appelle ainsi les gouvernements à modifier leurs politiques énergétiques et à reconsidérer le rôle du nucléaire dans le secteur de la fourniture d’électricité.
Si la tendance au déclin se confirme, le parc électronucléaire mondial verra sa puissance diminuer de plus de 60% au cours des 20 prochaines années… ce qui risque d’augmenter les émissions de dioxyde de carbone.
“Pour atteindre une trajectoire compatible avec les objectifs de durabilité – y compris les objectifs climatiques internationaux – l’expansion de l’électricité propre devrait être trois fois plus rapide qu’actuellement. Il faudrait que 85% de l’électricité mondiale provienne de sources propres d’ici 2040, contre seulement 36% aujourd’hui. Outre des investissements massifs dans l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables, cette trajectoire nécessite une augmentation de 80% de la production mondiale d’énergie nucléaire d’ici 2040”.
Favoriser l’électricité bas-carbone
L’AIE formule ainsi diverses recommandations aux pays qui décideraient de conserver le nucléaire dans leur mix électrique.
La première préconisation est d’autoriser l’extension de la durée de vie des réacteurs nucléaires existants à l’heure où un quart des réacteurs du parc nucléaire mondial pourraient être fermés d’ici 2025.
Qualifiée de “cruciale”, cette démarche doit bien évidemment être initiée au regard de la sûreté des installations concernées.
“Des facteurs économiques sont également en jeu. La prolongation de la durée de vie est beaucoup moins coûteuse que la construction de nouvelles centrales. Il s’agit d’une option généralement concurrentielle par rapport aux autres technologies de production d’électricité, y compris les nouveaux projets éoliens et solaires”.
L’AIE plaide également pour l’instauration de diverses mesures qui permettrait de favoriser à moindre coût la remise aux normes des réacteurs nucléaires actuellement en activité : instauration de bas prix de l’électricité décarbonée sur les marchés de gros, instauration d’une véritable taxe carbone, baisse de la tarification de l’eau nécessaire au refroidissement des réacteurs…
Enfin, l’AIE attire l’attention des gouvernements sur l’importance de maintenir les compétences et l’expertise des professionnels du secteur nucléaire ainsi que sur l’intérêt que présente la technologie des petits réacteurs modulaires (plus faciles et moins chers à construire).
https://www.lemondedelenergie.com/aie-declin-nucleaire-climat-rechauffement-climatique/2019/06/07/

05/06/19 : Électricité : l’incompréhensible déni de réalité
Les énergies renouvelables ne parviendront jamais à remplacer les énergies pilotables. Faut-il attendre un blackout pour s’en rendre compte ?
Contre l’avis de la Cour des comptes, des Académies des Sciences et des Technologies, des sociétés savantes de Physique et de Chimie, de la Fédération des ingénieurs et scientifiques de France (un million d’inscrits), des Commissions d’experts comme la Commission Percebois et Grandil, malgré la faillite patente de l’Energiewende allemande, malgré la fronde contre la taxation de l’énergie, nos gouvernements persistent et signent : on remplacera des centrales nucléaires et à charbon, pilotables à la demande, par des éoliennes et des panneaux solaires produisant de manière aléatoire.
Les éoliennes et les panneaux solaires (les ENR) sont un surinvestissement qui ne sert à rienpuisqu’il faut de toute façon d’autres centrales, pilotables à la demande, pour assurer l’alimentation du réseau les nuits d’hiver sans vent, c’est-à-dire au maximum des besoins. Cette situation n’est pas rare. Nous la connaissons presque chaque hiver, parfois pendant plusieurs jours, et sur toute l’Europe. Le stockage ne sera jamais une solution. Ce n’est même pas une question d’innovation technologique, c’est une question d’ordre de grandeur de l’énergie à fournir : à titre d’exemple, nos stations hydrauliques en totalité ne représentent que quelques heures de stockage de consommation à la pointe.
POURQUOI CETTE PERSISTANCE DANS L’ERREUR ?
Sur le plan environnemental, ces énergies, intermittentes et aléatoires, sont contre-productives :
─ Pas de réduction de CO2 en France où l’électricité est déjà dé-carbonée. Au contraire, à terme, bien plus de recours à des centrales au gaz, seules capables de compenser les fluctuations à très court terme de l’éolien et du solaire. Cette particularité minimise même fortement les gains en émission pour un réseau alimenté en énergie fossile, par suite du très mauvais rendement de centrales contraintes à des marches chaotiques, loin de leur optimum.
─ Utilisation inutile de millions de tonnes de silicium, béton, acier, cuivre, terres rares, et surtout résines impossibles à recycler.
─ Danger pour les animaux volants, nuisance pour les riverains.
─ Dégradation des paysages à grande échelle.
Sur le plan financier, pour que ce soit rentable, il faudrait que le coût complet de ces ENR (investissement plus exploitation) et les surcoûts associés (lignes électriques supplémentaires, équipements de stabilité du réseau) soit inférieur au coût marginal des centrales classiques (coût du KWh supplémentaire produit par rapport à une situation sans ENR) puisqu’elles sont un surinvestissement non indispensable. De plus, l’obligation pour le réseau d’acheter tout KWh produit par les ENR même s’il n’en n’a pas besoin diminue la production des autres centrales, donc augmente fatalement leurs coûts, et obère leur rentabilité.
Les subventions aux ENR étant généreuses, tous les producteurs abandonnent les programmes de centrales classiques pour profiter de cette manne. Si on continue comme cela, on n’aura plus d’ENR (une éolienne dure 20 ans, et personne ne veut les remettre à niveau en fin de vie, voir l’Allemagne) et on n’aura plus non plus de centrales classiques. Alors que le régulateur du réseau électrique européen (ENTSOE) tire déjà la sonnette d’alarme sur un risque de manque de capacités, tous les États européens annoncent qu’ils vont arrêter des centrales classiques… cherchez l’erreur.
L’ÉLECTRICITÉ, UNE FUTURE DENRÉE RARE ?
La France faisait un peu figure d’exception avec un prix du KWh inférieur de moitié à l’Allemagne. La programmation pluriannuelle de l’énergie (en consultation) prévoit de copier le programme allemand : 3 fois plus d’éolien, 5 fois plus de solaire. Logiquement, le prix de notre électricité s’alignera sur le prix allemand : il doublera.
Lorsqu’on pose la question au gouvernement de l’utilité de l’éolien et du solaire (cela a été fait à plusieurs reprises, lors de la consultation en 2018, ou à travers de lettres ouvertes), la réponse est toujours la même : pour diversifier les sources, en cas de risque systémique sur le nucléaire. Sauf que secourir une filière qui tourne comme une horloge depuis quarante ans par une filière dont la production est aléatoire, c’est évidemment absurde.
Les explications embarrassées des membres du gouvernement et des institutions gérant l’énergie en France sur la dernière augmentation sont bizarres. En réalité, le prix garanti par l’État est issu d’une équation surréaliste, où interviennent les prix du pétrole et du gaz, alors que notre électricité est à 85 % dé-carbonée. Le ministre de l’Écologie fustige les coûts d’EDF : ils ne représentent que 26 % du prix payé par le consommateur. Ce sont les coûts du réseau qui augmentent : les éoliennes et le solaire conduisent à installer des kilomètres de câbles car leur production n’est pas en général sur les lieux de consommation. Et la variabilité et l’absence d’inertie conduit à ajouter des dispositifs pour stabiliser le réseau.
Il faut bien entendu payer les subventions aux ENR ; c’était la CSPE qui s’en chargeait, la contribution carbone devait lui succéder. On ne sait plus très bien maintenant comment on va financer un doublement de l’éolien et un triplement du solaire (au bas mot, 120 milliards d’euros, d’après la Cour des comptes).
Mais il y a encore plus drôle, si l’on peut dire. Tous les producteurs se jettent sur les subventions aux ENR, et délaissent les centrales classiques pourtant indispensables. Les autorités du réseau prennent peur. Qu’à cela ne tienne. On va subventionner celles-ci également, via la possibilité pour elles de « vendre des capacités garanties ». C’est ce que le président de la Commission de Régulation de l’Électricité nomme pudiquement, « préserver la sécurité ». Une insécurité qui découle uniquement du développement injustifié et contre-productif des ENR. L’obligation pour les producteurs non EDF d’acheter des « capacités » va augmenter leurs coûts et baisser leur compétitivité. Les hausses de prix du tarif garanti servent aussi sans doute à les protéger.
En France, la seule libéralisation possible du marché de l’électricité aurait consisté à vendre les centrales d’EDF aux enchères. On ne peut en effet considérer un marché comme réellement concurrentiel si un producteur représente 85 % de la production. Mais dans les conditions actuelles, il est douteux qu’il se soit trouvé des preneurs.
Un tel déni collectif de réalité n’avait, à ma connaissance, jamais été atteint, alors que la problématique peut parfaitement être comprise par un enfant de 12 ans.
https://www.contrepoints.org/2019/06/05/346082-electricite-lincomprehensible-deni-de-realite?utm_source=Newsletter+Contrepoints&utm_campaign=9f0724e864-Newsletter_auto_Mailchimp&utm_medium=email&utm_term=0_865f2d37b0-9f0724e864-113970649&mc_cid=9f0724e864&mc_eid=7562c94020

03/06/19Fermer des centrales nucléaires, un lourd handicap pour la lutte contre le réchauffement climatique
L'avenir incertain du parc mondial de centrales nucléaires compliquera la transition énergétique, selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie, qui milite pour la prolongation de leur durée de vie. L'arrêt de nombre de sites nucléaires exigerait un essor à marche forcée des énergies renouvelables durant les 20 prochaines années.
Le déclin potentiel de l'industrie nucléaire n'est pas forcément une bonne nouvelle pour l'avenir de la transition énergétique. Un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), une agence autonome de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), s'alarme de l’avenir incertain de l'énergie nucléaire dans les pays développés -y compris les États-Unis, le Canada, l'Union européenne et le Japon- alors qu'elle est pour eux la plus grande source d'électricité à faible émission de carbone depuis plus de 30 ans.
Aux États-Unis, environ 90 réacteurs ont des licences d'exploitation valables pour 60 ans, mais plusieurs d'entre eux ont déjà pris leur retraite anticipée et beaucoup d'autres sont menacées de fermeture. Même la France a récemment planifié l'arrêt définitif d'une partie de son parc de 58 réacteurs. Dans le cadre de la "programmation pluriannuelle de l'énergie" (PPE), Emmanuel Macron avait indiqué fin 2018 que 14 réacteurs nucléaires de 900 MW seraient fermés d'ici 2035 en France.
En outre, les nouveaux projets d'EPR prévus en Finlande et en France ne sont pas encore en service et font face à des dépassements de coûts de construction importants, constate le document publié lors de la 10ème Conférence ministérielle sur l’énergie propre qui s'est tenue du 27 au 29 mai à Vancouver, au Canada.
"Sans changement de politique, les économies avancées pourraient perdre 25% de leur capacité nucléaire d'ici 2025 et même les deux tiers d'ici 2040" selon ce document (cf infographie ci-dessus). Or, "sans une contribution importante de l’énergie nucléaire, la transition énergétique mondiale sera d'autant plus difficile" selon Fatih Birol, directeur exécutif de l'AIE.
Selon ses estimations, l'absence de prolongation supplémentaire de la durée de vie des centrales nucléaires existantes et des nouveaux projets de construction pourrait générer 4 milliards de tonnes supplémentaires d'émissions de CO2. Car les pays concernés auraient alors davantage recours à des sources d'énergie plus émettrices de gaz à effet de serre pour satisfaire la demande d'électricité (60% de l'énergie non produite par le nucléaire serait alors compensée par le charbon et le gaz naturel en 2040 dans ce scénario), comme le montre l'infographie ci-dessous.
Tout en militant pour la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires existantes, le rapport de l'AIE reconnaît que ce scénario nécessite des investissements importants même si "le coût de production de cette énergie reste concurrentiel par rapport aux autres technologies de production d'électricité, y compris les nouveaux projets solaires et éoliens."
Si rien n'est fait pour freiner le déclin du parc nucléaire mondial, le déploiement d'éoliennes et de panneaux solaires photovoltaïques devra faire l'objet d'une accélération sans précédent, pour combler le déficit nucléaire. "Au cours des 20 dernières années, la capacité éolienne et solaire photovoltaïque a augmenté d’environ 580 gigawatts dans les économies avancées. Mais au cours des 20 prochaines années, il faudra multiplier par cinq ce montant pour faire face à la demande croissante d'électricité avec des investissements supplémentaires gigantesques de 1600 milliards de dollars US (1430 milliards d'euros) au cours de la même période.
"Environ 150.000 éoliennes sont installées aux États-Unis et un nombre similaire est prévu en Europe jusqu'en 2040. Étant donné que la production annuelle d'un réacteur nucléaire d'1 GW est égale à celle, cumulée, d'environ 2000 éoliennes, il faudrait en construire 400.000 de plus dans tous les pays développés, pour faire face au scénario du déclin de l'énergie nucléaire prévoyant la perte de deux tiers des capacité de production en 2040" explique le rapport qui émet des réserves sur l'acceptation sociale et politique des populations vivant au voisinage de ces sites vis-à-vis d'un tel essor.
En outre, "ce scénario de développement à marche forcée des énergies renouvelables risquerait de nuire aux consommateurs en raison du renchérissement qu'il induirait sur la facture d'électricité" conclut le rapport de l'AIE.
https://www.bfmtv.com/economie/fermer-des-centrales-nucleaires-un-lourd-handicap-pour-la-luttecontre-le-rechauffement-climatique-1704322.html

02/06/19 : Éclairages sur l’énergie

Sur les limites du nucléaire et de l’éolien, les avis divergent. Échange d’arguments entre deux lecteurs passionnés par la production d’électricité.
Toute énergie a un coût de production, et ses installations, une espérance vie. Jean-Pierre Pestie, d’Athée-sur-Cher (Indre-et-Loire) plante le décor : « Si les économies d’énergie à réaliser sont souvent évoquées, l’électricité renouvelable quant à elle est appelée à une colossale augmentation. En effet, Nicolas Hulot alors ministre d’État avait annoncé la fin des immatriculations des voitures à moteur thermique, gazole et essence, en 2040 au profit des véhicules électriques. Après sa démission, l’objectif a été maintenu. Fin 2018, la Programmation pluriannuelle de l’énergie) prévoyait l’arrêt de quatorze réacteurs nucléaires en 2035. »
Quels seront les besoins d’électricité renouvelable ?
Il faut aussi anticiper le recyclage des éoliennes
« Supposons qu’à l’horizon 2050, le parc routier actuel devienne électrique à hauteur de 80 %. Cela conduira à convertir une consommation de 34 millions de tonnes de produits pétroliers en production électrique, soit 405 TWh/an. Quant à l’arrêt de quatorze centrales, il induira une production électrique supplémentaire de 95 TWh par an. La croissance de production électrique via les renouvelables sera donc de 500 TWh par an, hors économies ».
Quelles sont les économies d’électricité réalisables d’ici 2050 ? « Supposons que nous parvenions à une consommation électrique nulle dans nos maisons et nos bâtiments résidentiels et tertiaires (absence de chauffage électrique, retour à la bougie et au barbecue, recours à la dynamo à pédale pour la recharge de nos portables…), l’économie ne serait que de 300 TWh/an. L’économie raisonnable mais déjà ambitieuse est donc proche de 100 TWh par an et les énergies renouvelables auront donc à assurer une production supplémentaire de 400 TWh par an ».
« Supposons qu’on attribue au solaire et à l’éolien terrestre une production respective de 200 et 100 TWh par an. L’empreinte au sol des centrales solaires sera au minimum de 2.000 km² soit (200.000 ha) et il faudra au moins 12.000 éoliennes dépassant 150 m de hauteur ». Le paysage va changer profondément « mais c’est le prix à payer pour tenir les objectifs annoncés ».
Capter le vent
Mais ces éoliennes ont elles aussi une durée de vie limitée. Jean-Michel Estivié, de Semblançay (Indre-et-Loire) récapitule : « EDF achète aux propriétaires d’éoliennes le Kilowatt/heure à 0,082 € pendant dix ans, et moins cher dans les cinq années suivantes. L’éolienne ayant une durée de vie de vingt ans, elle devra alors être démantelée. »
Le prix de revient de l’électricité est actuellement de 60 euros le MKWh. (nucléaire), 90 euros le MKWh (éolien), et le prix de vente moyen de l’électricité est de l’ordre de 158 euros le MKWh.
« Donc, à son vingtième anniversaire, une éolienne devra être démantelée, car obsolète et non rentable par rapport à celles de nouvelle génération. Pour démonter et recycler la partie aérienne, il faudra débourser de 650 à 850.000 euros par éolienne. Heureusement en France la partie enterrée, de 1.500 à 3.000 tonnes de béton, peut ne pas être recyclée. Ce n’est pas obligatoire, ni écologique ! »
En Allemagne, le recyclage de la partie enterrée est obligatoire, avec remise en état du terrain. Soit une facture de 900.000 à 1.150.000 € : recyclage de la partie enterrée : (250 à 260.000 €), réaménagement (plantation d’arbres, parc, installations diverses, 20 à 40.000 €). « Difficile à amortir ! Avant de construire des éoliennes, il faudrait peut-être réfléchir. Si vous regardiez la facture de recyclage des éoliennes en mer, en fin de vie, c’est beaucoup, beaucoup plus cher et je crois que les poissons ne mangent pas le vieux béton, même en décomposition. Je suis adepte de l’écologie, mais pas n’importe laquelle ! »
https://www.lanouvellerepublique.fr/a-la-une/eclairages-sur-l-energie

01/06/19
Climat : la fermeture des centrales nucléaire risque d'aggraver le réchauffement
Dans son premier rapport sur le nucléaire en près de vingt ans, l'Agence internationale de l'énergie alerte sur l'avenir incertain des centrales nucléaires dans les pays développés. Elle exhorte à prolonger leur fonctionnement, sans quoi la transition énergétique sera plus complexe.
Le remède pire que le mal ? Dans sa première étude sur l'énergie nucléaire en près de vingt ans, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) s'inquiète de l'avenir incertain de l'atome dans la production d'électricité mondiale, qui pourrait donner lieu au rejet de millions de tonnes de CO2 dans l'atmosphère et freiner la transition écologique.
Comme le rappelle l'Agence, le nucléaire est la seconde source d'électricité mondiale dite « à faible émission de carbone », derrière les barrages hydrauliques. Pour autant, le parc nucléaire mondial est aujourd'hui vieillissant et risque bien de disparaître en partie, relève l'agence.
Nucléaire : les scénarios sur la table pour la fermeture des réacteurs
Ainsi, à moins que des mesures ne soient prises, les pays les plus avancés économiquement pourraient perdre 25 % de leur capacité nucléaire d'ici à 2025 et plus des deux tiers d'ici à 2040, notamment en Europe et aux Etats-Unis. Cette perte pourrait se traduire par le rejet de 4 milliards de tonnes de CO2 additionnelles dans l'atmosphère du fait de l'utilisation de moyen de production plus émetteur en dioxyde de carbone. Et ce alors que les experts du GIEC ne cessent de tirer la sonnette d'alarme sur le réchauffement climatique.
Prolonger la durée de vie des centrales
Deux raisons derrière cette chute brutale. L'une est politique : quelques Etats, comme l'Allemagne, ont décidé d'abandonner progressivement l'énergie nucléaire en raison des risques pour la sécurité et l'environnement.
L'autre est économique : bien que convaincus de la place du nucléaire dans la transition écologique, certains pays ne font pas suffisamment d'efforts financiers pour permettre l'extension de la durée de vie de leur parc de centrales dans les conditions adéquates de sécurité et de stabilité.
Nucléaire : la production d'EDF face au défi des grands travaux
Le rapport indique effectivement que la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires existantes nécessite des investissements importants. L'agence estime qu'il faut entre 500 millions et 1 milliard de dollars pour prolonger de dix ans une capacité de production d'un gigawatt (l'équivalent d'une « petite » centrale nucléaire française).
Favoriser la transition énergétique
Pour autant, ce coût reste concurrentiel par rapport aux autres technologies de production d'électricité, y compris le solaire et l'éolien, et tendrait à favoriser une transition énergétique plus sûre et moins perturbante, relève l'étude.
Coup dur pour les projets nucléaires
En effet, pour faire face à la demande toujours plus grande en électricité, quelque 2.900 GW supplémentaires seront nécessaires durant les 20 prochaines années. C'est cinq fois plus que ce que le solaire et l'éolien ont été capables de produire sur les 20 dernières.
Autrement dit, l'arrêt brutal des centrales nucléaire nécessitera un développement à marche forcée du solaire et de l'éolien pour répondre à la demande, ce qui représente un investissement supplémentaire de 1.600 milliards de dollars, selon l'AIE. Et à la fin, c'est le consommateur qui en paiera la facture, conclut l'agence.

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/climat-la-fermeture-des-centrales-nucleaire-risque-daggraver-le-rechauffement-1025591

01/06/19 : Energies renouvelables, éolien, transition énergétique. Une arnaque ? [L’Agora]
Jean-Pierre Bardinet nous adresse une nouvelle tribune libre, à propos de la transition énergétique et des énergies renouvelables. Il va y avoir débat !
Lors de son évolution, l’humanité a utilisé des énergies primaires avec des densités énergétiques de plus en plus forte : bois, charbon, gaz, pétrole, uranium. La densité énergétique des énergies renouvelables (EnR), éolien et solaire, est très faible, ce qui est une régression sans précédent dans l’histoire de l’humanité....
https://www.breizh-info.com/2019/06/01/120312/energies-renouvelables-eolien-transition-energetique-une-arnaque-lagora

31/05/19 : Les énergies renouvelables promues par les Verts n’ont cessé d’alourdir vos factures. 
Et voilà pourquoi ça n’était que trop prévisible
En avril, un institut de recherche de l'Université de Chicago dirigé par un ancien économiste de l'administration Obama a découvert que les énergies solaire et éolienne rendaient l'électricité considérablement plus chère aux États-Unis.
Atlantico : Pour quelles raisons les énergies renouvelables rendent-elles l'électricité plus chère ? Est-ce vrai dans tous les pays ?
Henri Prévot : Jusqu’à aujourd’hui, en France, le coût complet de l’éolien et du photovoltaïque est plus élevé que le coût de production nucléaire ou à partir de gaz.La différence, qui apparaît sur les factures d’électricité, est en tout de 7 milliards d’euros par an.
A l’avenir, les coûts de l’éolien terrestre et, surtout, du photovoltaïque passeront en-dessous du coût de production nucléaire. Pourtant ils continueront de rendre l’électricité plus chère. En effet, ils ne produisent pas exactement quand on en besoin. Il faut donc d’importantes capacités de stockage ou de production à partir de gaz. On peut savoir ce que cela nous coûte en utilisant un outil de simulation de l’ensemble du système de consommation, de production et de stockage d’électricité qui équilibre heure par heure la fourniture et la consommation d’électricité.J’en publie un de façon que tout le monde puisse tester ses propres hypothèses, surwww.hprevot.fr
Si l’on veut réduire la part du nucléaire à 50 %, le remplacement de réacteurs nucléaires en état de fonctionner par des éoliennes et du photovoltaïque nous obligera à dépenser chaque année 7 milliards d’euros de plus aussi longtemps que ces réacteurs pourraient fonctionner.En tout cela fera donc, pour le surcoût de l’éolien et du photovoltaïque, 14 milliardspar an soit près de 3 centimes d’euro par kWh. Vouloir se passer de nucléaire coûterait encore beaucoup plus cher.
Selon ces recherches, seul le nucléaire est en mesure de produire suffisamment d'énergie pour alimenter une économie circulaire. Sur quelles énergies ou politiques énergétiques devrait reposer une économie pour être "durable" et "circulaire", sans gaspillage ni exploitation minière ?
Pour limiter la hausse des températures à 2°C en moyenne, il faudra produire de l’énergie sans émissions de CO2 ou stocker le CO2 causé par la combustion des produits pétroliers, de gaz et de charbon. Les possibilités de la biomasse et de l’hydraulique sont limitées. La production éolienne et photovoltaïque demande d’énormes moyens de stockage d’électricité et utilise des matériaux dont certains sont en quantité limitée et dont l’exploitation et la mise en forme consommeront de l’énergie. Pour répondre aux besoins des pays en développementles scénarios supposent donc, en général,que l’on stocke des quantités de CO2 colossales : par exemple, pour les scénarios des familles Image et Message, en 2100,les quantités de CO2 à stocker seraient de15 à 50 milliards de tonnes par an selon le niveau de consommation d’énergie. Ces hypothèses de stockage de CCS ne paraissent pas réalistes.
Sauf à refuser aux pays en développement le droit d’augmenter leur consommation d’énergie, on ne pourralimiterla hausse de température à moins de 2 °C qu’en développant massivement la production nucléaire.Comme le montre le scénario de l’association GISOC, c’est techniquement possible car la technique de « surgénération » permet de créer autant de combustible nucléaire qu’on en consomme et de recycler une bonne partie des produits de la réaction nucléaire. On ne manquera donc pas de matière première. De plus le nucléaire consomme beaucoup moins d’espace et de matériaux que les éoliennes et le photovoltaïque. C’est une composante essentielle de l’économie circulaire dont a besoin un monde où les ressources matérielles sont limitées.Certes, les conditions ne sont pas encore réunies pour qu’un tel développement soit possible.
Les écologistes soutiennent depuis des décennies que l’énergie est trop bon marché et doit être rendue plus chère afin de protéger l’environnement. Quels sont les risques de cette hausse du prix de l'énergie ?
On pourrait peut-être nous démontrer qu’une hausse du prix de l’énergie, tout compte fait, en tenant compte des effets de tous ordres directs et indirects augmente le bien-être de la société. Par exemple, un sociologue nous dira que, si le carburant est très cher, les gens retrouveront la joie de se retrouver dans le café du quartier ou sur la place du village plutôt que d’aller dans leur maison de campagne ou d’aller visiter un pays étranger. D’autres vantent les mérites de la sobriété. Mais ces réflexions mêlent ce qui relève de la morale personnelle (qui, certes, peut incliner à la sobriété) et ce qui relève de la contrainte économique ou réglementaire.
Si le prix de l’énergie est deux fois plus élevé demain qu’aujourd’hui, même si cela ne diminue pas le pouvoir d’achat des ménages, la partie de leur pouvoir d’achat disponible pour autre chose que la consommation d’énergie diminuera. Leur espace de liberté, en quelque sorte, se sera rétréci. C’est d’ailleurs cela qui a déclenché la révolte des Gilets jaunes. Au plan collectif, une augmentation des dépenses relatives à l’énergie laissera moins de moyens disponibles pour la recherche et l’innovation ou pour la diffusion de la culture, par exemple.
Nous ne sommes certes pas condamnés à tomber sous la malédiction qui pèse parfois sur les pays très bien dotés en énergie. Au contraire, sachons tirer parti de nos savoir-faire et mettons-les à la disposition d’autres pays du monde.
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a averti qu'une réduction brusque des capacités du secteur énergétique nucléaire mettrait en péril les objectifs climatiques et la sécurité énergétique si les pays développés ne trouvaient pas un moyen de prolonger la durée de service de leurs réacteurs.
Le secteur énergétique nucléaire est la deuxième plus importante source d'énergie à basse teneur en CO2. Il représente 10% de la production mondiale d'électricité.
«Cependant, l'avenir de l'énergie nucléaire reste incertain car les pays développés commencent à fermer leurs centrales obsolètes, en partie à cause de la politique d'abandon progressif du nucléaire, et en partie à cause de facteurs relevant de l'économie et de la régulation. Selon le nouveau rapport, si les pays développés ne changeaient pas leur politique ils pourraient perdre 25% de leurs capacités nucléaires d'ici 2025 et deux tiers d'ici 2040», a annoncé l'AIE citée par le site d'information Vestifinance.
Si la durée de service des centrales nucléaires actuelles n'était pas prolongée et que de nouveaux projets n'étaient pas mis en place, les émissions supplémentaires de CO2 pourraient atteindre 4 milliards de tonnes.
«Sans l'importante contribution de l'énergie nucléaire, la transition énergétique mondiale serait bien plus complexe. En plus des énergies renouvelables, du concept d'efficacité énergétique et d'autres technologies innovantes, l'énergie nucléaire pourrait apporter une contribution considérable aux objectifs en matière d'énergie durable et de renforcement de la sécurité énergétique. Mais si les barrières auxquelles elle est confrontée n'étaient pas surmontées, son rôle pourrait brutalement diminuer dans le monde entier, notamment aux États-Unis, en Europe et au Japon», a déclaré le directeur de l'AIE Fatih Birol.
Les conditions du marché restent défavorables pour prolonger la durée de service des centrales nucléaires, indique l'agence. La longue période de prix bas de l'électricité dans la majorité des pays développés a significativement réduit la rentabilité de nombreuses technologies, ce qui a exposé les centrales nucléaires à un risque d'arrêt anticipé.
Ainsi, aux États-Unis, près de 90 réacteurs possèdent une licence pour 60 ans d'exploitation, mais certains d'entre eux ont été arrêtés avant échéance. En Europe, au Japon et dans d'autres pays développés, les perspectives de prolongation de la durée de service des centrales nucléaires sont également incertaines.

«Il est encore plus difficile d'investir dans les nouveaux projets nucléaires dans les pays développés. Les nouveaux projets prévus en Finlande, en France et aux USA n'ont pas encore été mis en service et ont été confrontés à un important dépassement du budget. La Corée a constitué une exception de taille car elle a terminé la construction des nouveaux sites dans les délais impartis et en respectant le budget, même si la politique de l'État est aujourd'hui de ne plus engager de nouvelles constructions nucléaires», note l'AIE.
Pour que les sources d'énergies renouvelables compensent la réduction des capacités de l'énergie nucléaire, leur déploiement doit être accéléré d'une manière sans précédent.
«En 20 ans, la puissance de l'énergie éolienne et solaire dans les pays développés a augmenté d'environ 580 GW. Mais ce chiffre devra être multiplié presque par cinq dans les 20 années à venir», ajoute l'AIE.
«Une hausse aussi significative de la production d'énergie renouvelable créera de sérieux problèmes pour l'intégration des nouvelles sources dans un système énergétique plus large. Le passage à l'énergie propre dans les pays développés demandera également des investissements supplémentaires à hauteur de 1.600 milliards de dollars durant la même période, ce qui impactera les consommateurs par l'augmentation des factures d'électricité», conclut l'AIE.
Selon l'AIE, la demande mondiale en hydrocarbures a augmenté l'an dernier de 2,3% — un record pour cette décennie.
La production solaire et éolienne a affiché une hausse à deux chiffres. Néanmoins, cela n'a pas été suffisant pour satisfaire la demande grandissante en électricité dans le monde entier, ce qui a également stimulé la consommation de charbon. Résultat: les émissions mondiales de CO2 liées à l'énergie ont augmenté de 1,7% pour atteindre 33 gigatonnes en 2018.
Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.
https://fr.sputniknews.com/presse/201905281041270220-nucleaire-securite-enrgetique-menace/


28/05/19 : Sans nucléaire, la transition énergétique sera bien plus difficile affirme l'AIE
Un rapport de l’Agence Internationale de l’Energie affirme qu’une sortie du nucléaire dûe à la non prolongation des centrales vieillissantes serait une opération périlleuse pour le climat. L’agence appelle les Etats à prendre des mesures de soutien à l’énergie nucléaire.
“Peut-on réussir une transition vers une énergie propre sans électricité nucléaire ?“ En posant la question dès l’avant-propos, pour répondre que ce serait “bien plus dur et plus coûteux“, l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) est claire. Dans un rapport paru le 28 mai, elle défend le bilan climatique du nucléaire et rappelle qu’une “sortie progressive“ de l’atome telle qu'elle se profile pourrait mettre à mal la capacité des Etats à contenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C par rapport à la période préindustrielle, comme ils s'y sont pourtant engagés dans l'Accord de Paris.
Avec 452 réacteurs en opération produisant 2700 TWh d’électricité par an, le nucléaire est à l'origine de 10% de l’électricité mondiale. Classée parmi les énergies “propres“ du fait des faibles émissions de gaz à effet de serre qu’elle suscite, cette technologie aurait permis d’économiser 63 milliards de tonnes de CO2 depuis 1971. Un atout dans la lutte contre le changement climatique, mais que le vieillissement du parc et les difficultés à construire de nouvelles centrales pourraient pourtant conduire à délaisser.
Prolonger la durée de vie des centrales
Bâties en majorité entre 1970 et 1980, les centrales nucléaires sont aujourd'hui vieillissantes. Les réacteurs ont en moyenne 32 ans et aux Etats-Unis et en Europe, nombreux se rapprochent ou dépassent déjà les 40 ans pour lesquels ils étaient initialement prévus. A l'heure des décisions, coûts de mise aux normes de sécurité, concurrence d’énergies moins chères sur les marchés et choix politiques, jettent le doute sur l'opportunité de leur prolongation.
Une situation inquiétante, puisque sans allongement de la durée de vie des centrales ni nouvelles constructions, les pays avancés - qui réunissent la majorité des capacités nucléaires installées - pourraient perdre 25% de leurs capacités nucléaires d’ici 2025 et jusqu’à deux tiers de leur flotte d’ici 2040. Une situation qui ne sera pas corrigée par l'industrie des pays émergents, où la construction de centrales reste elle aussi limitée.
Pourquoi s'en soucier ? Car selon les scénarios de l'AIE, pour assurer la transition énergétique, il faudrait multiplier par trois l'expansion de l'électricité non carbonée jusqu'en 2040. Une cible exigeante, et pour laquelle il serait dommage de se passer de l'apport du nucléaire, qui a l’avantage d’être une énergie à la fois bas carbone et pilotable. "Il est vrai que pour se maintenir en dessous de 2°C, il vaut mieux ne pas se priver de nucléaire, qui produit de l'électricité sans émissions. Sans nucléaire, il faut s'interroger sur la façon de monter en puissance assez rapidement les énergies renouvelables et de surmonter les obstacles du financement et de l'acceptabilité" abonde l'économiste Jean Charles Hourcade, chercheur au CNRS ayant participé à la rédaction du dernier rapport spécial du GIEC.
A l'image du "grand carénage" d'EDF en France, l'AIE prône donc de faire des travaux pour mettre aux normes les centrales atteignant leur fin de vie et continuer de les exploiter. Du point de vue des coûts, prolonger la vie des centrales nucléaires serait même un moyen plus rentable pour fournir de l’énergie bas carbone que les énergies renouvelables, au moins dans les prochaines années.
Sans nucléaire, la transition sera très coûteuse
Face aux bas prix de l’énergie sur les marchés, et alors que de nombreux projets dans le monde accumulent les retards et les surcoûts, le prolongement des anciennes centrales et la construction de nouvelles connaissent pourtant des difficultés. Pour pallier le manque de financements de nouvelles constructions, l’AIE enjoint les Etats qui souhaitent continuer sur la voie du nucléaire à adopter des mesures de soutien assurant la viabilité financière de l’atome. L'agence suggère notamment d'adopter un cadre réglementaire limitant retards et surcoûts et à rétribuer les bénéfices climatiques et de sécurités énergétiques qu’apporte l’atome. Elle encourage aussi l'innovation : développer les small modular reactors (de moins de 300 MW) par exemple, permettrait de proposer une option nécessitant des investissements moins importants.
Selon les modèles de l’agence, une transition énergétique sans nucléaire reste “possible“ mais au prix “d’efforts extraordinaires“ pour le développement des énergies renouvelables éoliennes et photovoltaïques, et de l'acceptation d'un plus haut prix de l’électricité pour les consommateurs. Dans le monde, se passer de nucléaire tout en respectant les accords de Paris nécessiterait un investissement supplémentaire de 1,6 trillion de dollars pour construire les capacités de production d'électricité renouvelable et les réseaux nécessaires pour un mix bas carbone sans nucléaire. Au sein de l’Union Européenne, le coût supplémentaire serait de 560 milliards de dollars de 2019 à 2040.
https://www.usinenouvelle.com/article/sans-nucleaire-la-transition-energetique-sera-bien-plus-difficile-affirme-l-aie.N848490

28/05/19 : Le recours au nucléaire jugé « nécessaire » par l'AIE dans la transition bas carbone
L’énergie nucléaire est « nécessaire dans les transitions énergétiques bas carbone », affirme l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans un nouveau rapport publié le 28 mai(1). L’Agence y émet des recommandations aux pays souhaitant encore avoir recours à cette filière.
Augmenter de 80% la production nucléaire d’ici à 2040
Le parc nucléaire mondial est actuellement composé de 452 réacteurs répartis entre 31 pays. En 2018, ce parc a généré près d’un dixième de l’électricité dans le monde (18% dans les économies qualifiés d’« avancées » par l’AIE(2)). Les filières « bas carbone » dans leur ensemble (nucléaire et renouvelables) ont compté pour 36% de la production mondiale d’électricité l’an dernier. Cette contribution était « identique il y a 20 ans », déplore l’AIE, la croissance des productions éolienne et solaire n’ayant depuis que compensé « le déclin » du nucléaire.
Selon l’Agence, la part des sources de production bas carbone devrait être portée à 85% de la production électrique mondiale à l’horizon 2040 pour se rapprocher des objectifs internationaux de lutte contre le dérèglement climatique. Dans cette optique, la production électrique devrait être décarbonée à un rythme : « trois fois plus rapide qu’à présent », estime l’AIE.
L’AIE juge en particulier qu’il serait nécessaire d’augmenter de 80% la production électrique nucléaire d’ici à 2040, tout en investissement massivement par ailleurs dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique (les centrales à combustible fossile équipées de systèmes de capture, stockage et utilisation du CO2 pouvant également apporter leur contribution).
Dans son rapport, l’AIE estime que le recours à l’énergie nucléaire lors des dernières décennies a permis éviter l’émission de 63 milliards de tonnes de CO2 entre 1971 et 2018. « Sans nucléaire, les émissions liées à l’électricité aurait été supérieures de près de 20% durant cette période et le total des émissions liées à l'énergie de 6% », estime l’AIE.
Prolonger la durée de vie des centrales existantes
L’AIE souligne les services rendus par le nucléaire pour stabiliser les réseaux électriques et contribuer ainsi à la sécurité d’approvisionnement électrique et appelle à « valoriser » ces services sur les marchés électriques. Elle juge « possible » d’effectuer une transition énergétique bas carbone avec moins de nucléaire mais au prix d’un « extraordinaire effort », avec des systèmes électriques « moins flexibles » (davantage de centrales au gaz, de capacités de stockage et d’actions de maîtrise de la demande seraient nécessaires) et un coût plus élevé pour les consommateurs.
Une des recommandations centrales de l’AIE dans son nouveau rapport – pour « les pays retenant l’option du nucléaire » (tout en disant « respecter » le choix des pays s’en détournant comme l’Allemagne) – est d’autoriser les extensions de durée de vie des centrales existantes « aussi longtemps que possible » au regard de la sûreté des installations. Cette décision est « considérablement moins coûteuse que la construction de nouvelles centrales », souligne l’AIE qui met en garde contre les nombreuses fermetures de réacteurs prévues dans les économies « avancées ».
L’âge moyen des réacteurs nucléaires en service dans le monde est de 35 ans et de 39 ans aux États-Unis qui possède le premier parc nucléaire et où près de 90 réacteurs disposent de licences d’exploitation de 60 ans. Dans ce pays, l’AIE constate que les prix bas de l’électricité sur les marchés de gros, l’absence d’une tarification suffisante du carbone et les nouvelles réglementations d’utilisation de l’eau pour refroidir les réacteurs rendent l’exploitation de certains réacteurs nucléaires « financièrement non viable ».
L'AIE appelle dans le même temps à soutenir les nouvelles constructions, en s’assurant que « les processus d'obtention de licences ne conduisent pas à des retards de projets et à des augmentations de coûts non justifiées par des exigences de sécurité ». L’Agence appelle également à encourager l’innovation dans de nouvelles conceptions de type « SMR » (petits réacteurs modulaires) et souligne l’importance de « maintenir le capital humain » et les capacités d’ingénierie dans la filière nucléaire.
Sources / Notes
Nuclear Power in a Clean Energy System, AIE, mai 2019.
2 Pays de l’Union européenne, Australie, Canada, Chili, Corée du Sud, États-Unis, Islande, Israël, Japon, Mexique, Nouvelle Zélande, Norvège, Suisse et Turquie.

https://www.connaissancedesenergies.org/le-recours-necessaire-au-nucleaire-dans-la-transition-energetique-bas-carbone-190528-0

28/05/19LE NUCLÉAIRE EST UNE SOLUTION POUR “L’ÉCOLOGIE SCIENTIFIQUE” SELON L’AIE
Avec la transition énergétique, les Etats veulent produire de l’électricité propre. Pourtant, le développement des énergies renouvelables s’accompagne parfois d’une baisse de la part du nucléaire, comme en Allemagne. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la stratégie de la première puissance industrielle européenne est dangereuse. Face à l’urgence climatique, elle y voit un risque d’augmentation des émissions de CO2. Dans un rapport publié ce 28 mai 2019, elle sonne l’alarme.
Le nucléaire, un pilier de la transition énergétique
Ces dernières années, le mix électrique évolue avec l’essor des énergies renouvelables. Comme Brice Lalonde, de nombreux gouvernants sont désormais persuadés que “l’électricité est le vecteur idéal pour décarboner notre économie“. Interrogé sur Radio classique le 28 mai 2019, François de Rugy a confirmé son intention de mener la bataille de la qualité de l’air, celle de “l’écologie scientifique“. Pour cela, il a rappelé sa volonté de sortir de la guerre de religion sur le nucléaire. Toutefois, sa position est loin de faire consensus de l’autre côté du Rhin.
Une situation qui inquiète notamment l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Dans le rapport publié ce mardi 28 mai 2019, les experts de l’OCDE estiment que “le nucléaire est une source d’électricité bas carbone stratégique“. En effet, ils rappellent que “le développement de l’énergie électrique propre doit être trois fois plus rapide qu’il ne l’est aujourd’hui si l’on veut avoir une trajectoire conforme aux objectifs de développement durable“.
En Allemagne, avec l’Energiewende, la sortie envisagée du nucléaire illustre parfaitement ce paradoxe. Aussi, le directeur exécutif de l’agence, Fatih Birol, résume : “si les gouvernements ne modifient pas leurs politiques actuelles, les économies avancées seront en chemin pour perdre les deux tiers de leur flotte nucléaire, risquant une énorme augmentation des émissions de CO2“.
L’allongement de la vie des centrales préconisé
Le nucléaire représente aujourd’hui 10% de l’électricité produite dans le monde. Mais cette part pourrait se réduire dans les prochaines années. Pour éviter cela, l’AIE préconise l’allongement de la durée de vie des centrales, dans la mesure où le coût de cette opération est finalement moins cher que la construction d’une nouvelle unité. Comme le précise Fatih Birol dans une interview au Figaro, “même en prenant en compte les coûts de remise à niveau de la sûreté, l’extension de la durée opérationnelle d’une centrale reste la solution la plus compétitive. Comparé au coût des nouvelles centrales nucléaires, du solaire, de l’éolien, du gaz ou des nouvelles centrales à gaz, rallonger la durée de vie d’une centrale revient moins cher.” Ce conseil vaut surtout pour des pays comme la France et l’Allemagne, où la durée de vie des centrales arrive bientôt à échéance.
En France, le grand carénage lancé par EDF, qui prépare l’allongement de la durée de vie de nos infrastructures, démontrent que le nucléaire “reste en général compétitive par rapport aux autres technologies“. Pour faire simple, “sans investissements dans le nucléaire, il serait beaucoup plus difficile d’atteindre un système énergétique durable” prévient l’organisation internationale. Un message qui est également partagé par le ministre canadien des ressources naturelles, Ammarjeet Sohi, qui organise jusqu’au 29 mai 2019 une rencontre internationale pour l’énergie propre, à Vancouver.

https://lenergeek.com/2019/05/28/nucleaire-ecologie-aie-birol/

21/05/19Énergies : le renouvelable délaissé au profit du pétrole, du gaz et du charbon
Le dernier rapport de l'agence internationale pointe l'accroissement des dépenses en énergies non renouvelables : pétrole, gaz et charbon sont plébiscité contrairement à l'éolien et au solaire.
L'agence internationale de l'énergie vient de publier son rapport annuel, avec une conclusion pour le moins surprenante. Un total de 1.600 milliards d'euros, c'est ce qui a été dépensé en investissements dans l'énergie sur la planète l'année dernière.
Un montant qui est à peu près stable par rapport à l'année précédente. Mais, contre toute attente, la part des renouvelables, c'est à dire l'éolien et le solaire principalement, a chuté, pour atteindre son plus bas niveau depuis 2014, à 265 milliards de dollars. 
En hausse, le pétrole et le gaz, à +3,7%, c'est une forte progression, et même le charbon, à +2,6%, la première hausse depuis 2012. Les énergies carbonées ont pesé l'année dernière pour les deux tiers de la somme totale dépensée dans le secteur. Un paradoxe, alors que le solaire a vu son prix chuter de 75% en huit ans, et l'éolien de 20%. 
Les effets de serre ne sont pas la priorité de tous
En réalité, si nombre de pays disent lutter contre les effets de serre, tous ne le font pas. Et certains ne le disent même plus. Les États-Unis par exemple, ont vigoureusement relancé leur secteur pétrolier, avec l'exploitation des fameux schistes, des roches dans lesquelles se trouvent des hydrocarbures.
Deux facteurs ont joué. D'abord, le soutien politique massif apporté au secteur par l'administration Trump, qui a assoupli les réglementations. Et le redressement des cours du pétrole, qui rend les investissements de production bien plus rentables, et attire donc les capitaux. Les États-Unis sont au premier rang mondial des producteurs de pétrole. Entre 2010 et 2018, ils ont augmenté leurs investissements dans l'énergie de 75 milliards de dollars, alors que la somme chute de plus de 200 milliards dans le reste du monde, y compris en Chine.
Des énergies pérennes car synonymes d'emploi
Lors des élections législatives d'Australie, la question climatique a dominé la campagne, à cause des catastrophes naturelles qui se sont abattues sur le pays, et qu'on a attribuées au réchauffement.
Un million de poissons morts retrouvés dans un fleuve qui s'assèche, des incendies monstres qui ont détruit une partie de la Tasmanie, et des pluies torrentielles qui ont noyé des centaines de milliers de têtes de bétail dans le Queensland.
L'opposition travailliste projetait de faire de l'Australie un pays exemplaire en matière d'émission de carbone. Mais les libéraux ont gagné, avec un argumentaire électoral pour défendre le charbon et les emplois qui s'y rattachent, dans un pays qui en est l'un des premiers producteurs mondiaux. La Chine, qui exploite également du charbon, est responsable en large part de l'augmentation des investissementsconstatée l'année dernière, puisqu'elle compte à elle-seule pour la moitié du total.
Un sursaut "considérable" exigé d'ici 2030
Concernant les engagements de la Cop 21, l'Agence internationale nous répond dans un langage diplomatique, mais parfaitement clair : les investissements dans l'énergie vont complètement à l'encontre de là où ils devraient aller.
Et il faudrait un sursaut considérable d'ici 2030 pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, en multipliant par deux la part des renouvelables dans la production. L'année dernière, toujours selon l'IEA, les émissions de gaz carbonique ont atteint 33 milliards de tonnes, en augmentation de 1,7% par rapport à l'année précédente.
https://www.rtl.fr/actu/conso/energies-le-renouvelable-delaisse-au-profit-du-petrole-du-gaz-et-du-charbon-7797672432
10/05/19 : 
Devra-t-on choisir entre énergie nucléaire et CO2?
Régulièrement décrié pour son caractère peu écologique et dangereux, le nucléaire est cependant une des énergies les moins émettrices de CO2 d’après le GIEC. Ne pourrait-il pas représenter à court terme une solution face au réchauffement climatique?
Le nucléaire, sauveur du climat? Ce postulat semble contre-intuitif, tant l’atome paraît être à l’opposé de la cause environnementale. Pourtant, cette idée trouve de plus en plus de défenseurs. Aux Etats-Unis, Bill Gates s’est récemment fait l’avocat du nucléaire auprès du Congrès américain. En Suisse, c’est le conseiller national Hans-Ulrich Bigler, du PLR, qui en fait régulièrement l’éloge.
En France, Jean-Marc Jancovici est membre du Haut Conseil pour le climat mis en place par Emmanuel Macron. Interrogé par Le Temps en février dernier, il résumait ainsi sa position sur la situation: «Le nucléaire a mauvaise presse en Occident, même s’il est plus efficace que l’éolien et le solaire et fait moins de morts que les barrages hydroélectriques.»
Faible prix et faibles émissions de CO2
Selon le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), dans une annexe de son rapport de 2014, le nucléaire est l’une des énergies les moins émettrices de CO2, avec 12 g/kWh en moyenne, à égalité avec l’éolien, contre 48 g/kWh pour le photovoltaïque. Le GIEC estimant qu’un quart du CO2 émis provient de la production d’électricité et de chaleur, c’est l’argument phare des pro-nucléaires.
Au niveau du prix, le nucléaire est le plus compétitif, avec un tarif entre 5 et 12 ct/kWh d’après l’Institut Paul Scherrer, mandaté par l’Office fédéral de l’énergie (OFEN). Seules les grandes installations photovoltaïques pourraient venir lui faire concurrence à l’horizon 2035.
Evidemment, cette thèse est loin de faire l’unanimité. En 2018, Greenpeace proposait un classement des énergies et plaçait le nucléaire comme l’une des pires, écologiquement parlant. L’ONG environnementaliste lui accordait ainsi un score médiocre au niveau des émissions de CO2, en contradiction avec le GIEC, ce que releva Libération.
Contacté par Le Temps, Alix Mazounie, chargée de campagne énergie pour Greenpeace France, admet une erreur de communication: «Ce tableau a prêté à confusion, car il reflétait le positionnement de Greenpeace et non une analyse purement scientifique.» L’écologiste indique notamment que leur intention n’était pas de «challenger» le nucléaire sur le CO2: «L’électricité n’est pas la principale source de CO2. Sur ce sujet, il faut surtout un effort sur les autres secteurs comme les transports et l’agriculture.» Pour elle, l’économie en dioxyde de carbone que représenterait le nucléaire ne justifierait pas les autres impacts écologiques, jugés abyssaux, tels que la gestion des déchets et les risques d’accidents.
Garder Fukushima, Tchernobyl et Mayak en tête
Difficile en effet de discuter du nucléaire sans évoquer les cas de Fukushima et Tchernobyl et leur impact écologique. Au-delà de ces accidents célèbres, de fréquents incidents parsèment la chaîne de l’uranium. Le site de retraitement nucléaire de Mayak, en Russie, en est le symbole. Entre les rejets d’eaux contaminées dans le fleuve local au début des années 2000 et la fuite d’un nuage radioactif en 2017 caché à la population et à la communauté internationale, ses manquements écologiques ont poussé plusieurs exploitants de centrales suisses, comme Axpo en 2014, à refuser tout uranium qui y aurait transité.
A l’origine de 7% de l’uranium mondial, les mines nigériennes provoqueraient de fortes contaminations radioactives affectant les populations locales, selon plusieurs ONG. Au Kazakhstan, à l’origine de 40% de l’uranium mondial, les groupes kazakho-français Katco et kazakho-canadien Inkai annoncent respecter plusieurs certifications en termes d’écologie. Les deux ont pourtant été condamnés à des amendes, d’environ 100 000 francs pour le premier et de 25 000 francs pour le second, pour infraction à la législation kazakhe en 2008.
La gestion des déchets nucléaires est également sujette à controverse. Leur stockage se fait actuellement en surface. Une solution à long terme au sein de couches géologiques profondes est en phase d’étude. Là-dessus, la Suisse se veut rassurante. «Les entreposages de déchets radioactifs suisses sont sûrs et respectent la législation en vigueur», explique Thomas Thöni, porte-parole l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN). Il indique notamment qu’aucun «incident ne s’y est produit jusqu’à maintenant».
Pour ce qui est du stockage géologique, le porte-parole de l’IFSN précise: «Nous nous assurons, comme pour toutes les installations nucléaires que nous supervisons, que la législation soit respectée, et, dans le cas contraire, nous intervenons pour que cela soit le cas.» Il rappelle par ailleurs que, quel que soit le niveau de radioactivité des déchets, le Conseil fédéral a approuvé les différentes démonstrations de sécurité qui lui avaient été faites.
Fukushima semblait avoir enterré le nucléaire. Entre faibles émissions de CO2 et compétitivité économique, d’une part, et pollutions radioactives, de l’autre, la question semble pourtant loin d’être tranchée.
https://www.letemps.ch/economie/devraton-choisir-entre-energie-nucleaire-co2

10/05/19 : Europe de l'électricité : notre avenir est commun 😏
LE CERCLE/POINT DE VUE - Le réseau électrique européen, qui repose sur plus de 400 interconnexions, assurant une solidarité électrique entre les différents pays de l'Europe continentale. Mais sa pérennité nécessite une plus grande coordination des politiques énergétiques entre Etats.
Depuis près de soixante-dix ans, l'Europe de l'énergie a été l'un des moteurs de la construction européenne. L'objectif d'assurer la « sécurité d'approvisionnement », autour du charbon et de l'acier , apparaît dès le traité de Paris en 1951. Aujourd'hui, c'est une réalité incontournable. Le réseau électrique est effectivement européen, il est né d'une ambition politique de solidarité et d'un objectif économique de fluidité des marchés. Plus de 400 interconnexions nous relient les uns aux autres, assurant ainsi une véritable solidarité électrique entre les différents pays de l'Europe continentale. Cette réussite, nous devons en être fiers.
Cette interconnexion, à l'échelle d'un continent que nous gérons au jour le jour, en temps réel, permet d'assurer l'alimentation en électricité de plus de 500 millions d'habitants, à tout instant. Grâce à sa flexibilité, ce système bénéficie à tous en permanence. Ainsi, la France a-t-elle pu, le 29 janvier dernier, lors d'une chute de température, recourir à de l'électricité fournie par ses voisins pour répondre au pic de consommation de 19 heures. Et quelques jours plus tard, le 22 février, à l'occasion d'un fléchissement de la production éolienne en Espagne et en Italie, c'est l'Hexagone qui les a dépannées, enregistrant au passage un record d'exportation, avec 17.415 MW qui ont franchi les frontières, soit près du tiers de la consommation instantanée en France.
Plus de 400 interconnexions nous relient les uns aux autres, assurant ainsi une solidarité électrique.
En permettant d'intégrer, en temps réel, les productions d'électricité d'origine renouvelable, le réseau électrique européen joue un rôle de premier plan dans la lutte contre le réchauffement climatique. Avec l'ouverture et l'intégration du marché européen, il permet également aux Européens de bénéficier à tout moment de l'énergie disponible la moins chère. Sans cette solidarité européenne et la faculté d'importer de l'électricité - ce qui est le cas plusieurs dizaines de jours par an en moyenne -, les Français risqueraient non seulement des coupures d'électricité , mais ils verraient également leurs factures augmenter et leur bilan carbone se dégrader. Et cela serait également le cas pour tous nos voisins européens.
Notre avenir est commun. Jamais l'Europe n'a été aussi nécessaire pour assurer la sécurité et l'équilibre permanent du réseau électrique. Toutefois, cet état de fait ne peut être tenu pour acquis. Nous sommes soumis aux lois de la physique et aux contraintes techniques. Elles ne sont pas négociables. C'est ce que nous rappelons aux pouvoirs publics nationaux et aux futurs parlementaires européens dans une déclaration, dont j'ai pris l'initiative, signée aujourd'hui par les dirigeants de 14 gestionnaires de réseau de transport (GRT) européens. Nos règles électriques communes sont déterminées à l'échelon européen, tandis que les Etats conservent la responsabilité des mix énergétiques nationaux.
Cette déclaration n'a pas pour objet de remettre en cause cet équilibre démocratique légitime, mais l'accélération de la transition énergétique nous oblige à prendre les devants pour appeler à une plus grande coordination des politiques énergétiques entre Etats.
Il faut une plus grande coordination des politiques énergétiques nationales.
La solidarité « électrique » n'est pas innée. Elle peut être mise en péril si les politiques énergétiques nationales et l'évolution des mix énergétiques ne tiennent pas suffisamment compte de l'équilibre global du système. Car nous, GRT, avons la charge d'assurer la sûreté du système électrique, en temps réel, mais nous n'avons pas la main sur la sécurité d'approvisionnement à long terme.
Si nous voulons continuer à disposer d'un réseau électrique interconnecté, performant, solidaire et ouvert à tous, il faut que les décideurs nationaux et européens soient pleinement conscients des enjeux de la sûreté électrique.
Electricité : pourquoi le réseau européen a connu une faiblesse
Ce texte a été cosigné par les les dirigeants de 14 gestionnaires de réseau de transport (GRT) européens : François Brottes, RTE (France) ; Luigi Ferraris, Terna (Italie) ; Manon van Beek, TenneT BV et TenneT GmbH (Pays-Bas) ; Juan Lasala, Red Electrica (Espagne) ; Chris Peeters, Elia et 50Hertz (Belgique) ; Klaus Kleinekorte, Amprion (Allemagne) ; Yves Zumwald, Swissgrid (Suisse) ; Gerhard Christiner et Thomas Karall, APG (Autriche); Rodrigo Costa, REN (Portugal) ; Miroslav Obert, SEPS (Slovaquie) ; Marius Dănuț CaraSol, Transelectrica (Roumanie) ; Manousakis Manousos, Admie (Grèce) et Dragan Kujovic, CGES (Monténégro).
https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/europe-de-lelectricite-notre-avenir-est-commun-1017571


09/05/19 : Les deux secrets d'une France si verte
Si la France semble en avance dans la transition énergétique, c'est parce que son industrie est faible et son nucléaire puissant.
La France est un pays vert. Pas seulement parce que c'est le printemps, ou parce que la surface forestière y a doublé en un siècle et demi. Non, la France est verte, car elle respecte l'environnement. Plus précisément, elle l'abîme moins que d'autres pays.
Meilleur élève du meilleur élève
En témoigne son rang dans les palmarès sur le sujet. A en croire l'édition 2018 du plus ancien de ces classements , l'indice de la performance environnementale de l'université américaine de Yale, la France est deuxième sur 180. Derrière la Suisse, mais devant tous les autres pays avancés comme le Royaume-Uni (6e), l'Allemagne (13e), l'Italie (16e), le Japon (20e) et les Etats-Unis (27e). Et très loin devant la Chine (120e) et l'Inde (177e).
La performance tricolore est remarquable sur le gaz carbonique, le fameux CO2, devenu l'unité de référence pour la pollution de l'air engendrant le fameux effet de serre et donc les changements climatiques. « En termes d'émissions de CO2, la France est le meilleur élève de l'Union européenne, qui elle-même est la meilleure élève du monde », résume Philippe Charlez, un expert qui vient d'écrire un rapport sur l'énergie en Europe pour l'institut Sapiens.
Ecologiquement efficace
Non pas, évidemment, que le quasi-demi-milliard de tonnes de CO2 émis chaque année par la France soit négligeable. Mais ce n'est que le centième des émissions mondiales. Et la quantité qu'elle a émise a baissé d'un tiers depuis quarante ans, davantage que pour l'Union européenne (un quart), tandis qu'elle augmentait de 10 % aux Etats-Unis et de 600 % en Chine ( chiffres du Global Carbon Project , 1979 à 2017). Contrairement à nombre de ses voisins, la France a respecté sa première cible du protocole de Kyoto, celui qui portait sur la maîtrise des émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2008-2012.
Encore plus fort : la France a une production moins polluante que la plupart de ses voisins. Son économie est écologiquement efficace, ou moins néfaste pour l'atmosphère. D'après les calculs de la Banque mondiale , elle émet 114 grammes de CO2 par dollar de PIB (chiffres 2014, à taux de change assurant la parité de pouvoir d'achat). Parmi les pays avancés, seule la Suède fait moins, avec 96 grammes. Le Royaume-Uni est à 160 grammes, l'Allemagne à 189, les Etats-Unis à 301.
Mais si la France est verte, ce n'est pas par vertu. Deux causes majeures expliquent cette verdeur. En masquant bien des noirceurs (trop de logements sont des passoires thermiques, le trafic routier ne cesse d'augmenter, etc.).
Fabriquer ailleurs le plus sale
La première cause est la faiblesse de l'industrie. Une industrie qui émet beaucoup de CO2 car elle transforme de la matière à grande échelle et consomme donc beaucoup d'énergie. Son recul, plus rapide en France que chez la plupart de ses partenaires, limite les émissions de gaz à effet de serre. Il en va autrement quand on regarde non ce que produit la France, mais ce qu'elle consomme,son « empreinte » et non le « bilan carbone » pour reprendre le jargon des experts. Les émissions de gaz à effet de serre en équivalent CO2 passent alors de 7 tonnes par habitant à… 12 tonnes. Presque deux fois plus ! La France est plus propre car elle fait fabriquer ailleurs le plus sale.
La seconde raison, c'est l'atome. Près des trois quarts de l'électricité française sortent des centrales nucléaires, qui n'émettent pas un gramme de CO2 une fois construites. D'après le consultant Jean-Marc Jancovici , le remplacement du nucléaire par le gaz accroîtrait le bilan français de CO2 d'un tiers. En ordre de grandeur, 400 térawattheures à produire avec du gaz qui émet 400 grammes de CO2 par kilowattheure, d'où 160 millions de tonnes émises. Adieu alors, la « performance » française.
Plus de 100.000 éoliennes
Bien sûr, il est possible de recourir aux énergies renouvelables. Mais là aussi, les ordres de grandeur sont redoutables. Pour remplacer les 58 réacteurs français, il faudrait par exemple monter plus de 100.000 éoliennes au vu des performances du parc existant. Le vent ne soufflant pas tout le temps, il faudrait aussi des douzaines de barrages équipés de pompes (« stations de transfert d'énergie par pompage » ou STEP), outil actuellement le plus efficace pour stocker l'énergie. Au vu des résistances à la construction de trois éoliennes, ou d'un petit barrage comme à Sivens, le chemin à parcourir est immense.
Bien sûr, de subtils « mix énergétiques » sont possibles. Et le nucléaire pose toute une série de problèmes (sécurité, prix, déchets…). Mais si la France veut rester verte et prospère, elle devra rester largement nucléaire, au moins dans les prochaines décennies. Ce qui suppose de décider vite des investissements massifs d'entretien, de construction, et aussi de recherche orientée vers les mini-centrales de demain. C'est loin d'être acquis. Et pour les écolos « canal historique », pareil choix relève de l'inconcevable.

La transition énergétique induit de nouvelles contraintes concernant le réglage de la tension sur le réseau de RTE. Les explications de Vincent Sermanson, pilote d’affaires au pôle Etudes Electrotechniques du SEDRE (Service Etudes de Développement de Réseau Electrique).
Pendant longtemps, la principale menace qui pesait sur RTE était d’être confronté à un écroulement de tension sur son réseau, synonyme de potentiel black-out. Aujourd’hui, la problématique s’est inversée avec l’apparition de phénomènes de tensions hautes. Que s’est-il passé ?
(...) Des investissements importants ont été engagés pour installer des matériels permettant de la réguler (moyens de compensation de type condensateurs ou CSPR) et renforcer la sécurité d’approvisionnement dans l’Ouest et en PACA. Le risque s’est réduit, d’autant que nous connaissons des hivers moins froids, mais il est toujours pris très au sérieux compte tenu des conséquences sur l’alimentation du pays et l’image de RTE. Pour autant, notre principal défi est aujourd’hui de gérer ces phénomènes de tension hautes.
D’où viennent ces phénomènes ?
Ils apparaissent lorsque nos lignes sont peu chargées et que les soutirages* sont faibles, une situation typique des creux nocturnes qui va en s’accentuant. Ils sont exacerbés par le développement des énergies renouvelables (EnR) décentralisées. Ces sources de production sont en effet le plus souvent raccordées aux réseaux de distribution, et réduisent d’autant le transit et les soutirages sur notre réseau. De plus, leur production intermittente et variable selon la météo implique un besoin accru de régulation de la tension. Outre ces creux de nuit, des tensions hautes apparaissent de plus en plus les journées ensoleillées là où il y a de la production photovoltaïque, et surtout les jours venteux sous l’effet de la production éolienne. Enfin, la mise en souterrain d’un nombre croissant de liaisons amplifie le problème. Un câble souterrain génère d’avantage d’énergie réactive (mesurée en Mvar) qu’une ligne électrique sur pylônes, et c’est ce surplus de réactif qui crée ces phénomènes de tensions hautes.
Quels problèmes ces tensions hautes engendrent-elles ?
Elles entrainent des problèmes de qualité d’électricité (QdE) préjudiciables pour nos clients, ainsi qu’un vieillissement prématuré de nos matériels, notamment dans les postes. Pour certains d’entre eux, comme les disjoncteurs ou les transformateurs, elles peuvent même être sources d’avaries assez graves. Les parades que nos collègues de l’Exploitation doivent mettre en place pour y remédier sont de plus en plus acrobatiques. C’est pour cela que nous étudions de plus près la façon dont le réseau se comporte dans ces situations, avec parfois des constats contre-intuitifs.
C’est-à-dire ?
On a toujours considéré que le réglage de la tension était un paramètre à gérer de façon très locale. Or ce n’est pas toujours le cas : une forme « d’équilibrage » peut s’opérer sur des zones assez vastes, donnant du même coup du crédit à une vision plus large du « bilan de réactif ». D’ailleurs, nos homologues Allemands et Belges, par exemple, s’intéressent aussi à cette notion. Sur un autre thème, il est généralement admis que la compensation du réactif doit se faire en priorité au niveau de nos clients pour être la plus efficace. Mais là non plus, cela ne se passe pas exactement de cette façon car les lignes et transformateurs du réseau de transport ont un impact au moins aussi important en termes de production ou d’absorption de puissance réactive. Il y a ainsi plusieurs éléments « surprenants » qui méritent d’être davantage analysés.
De façon plus prosaïque, comment ces phénomènes de tensions hautes peuvent-ils être contrôlés ?
Nous sommes justement en train d’étudier les moyens de compensation dont nous aurons besoin dans les années à venir. Un programme de déploiement de selfs (bobines d’inductance) est en cours d’élaboration et, si l’on suit une trajectoire volontariste de déploiement des EnR, nous pourrions avoir à augmenter de moitié le parc installé d’ici à 2035 (7500 Mvar de bobines actuellement). Voire à le doubler en cas de déclassement massif du nucléaire à des échéances plus lointaines. En parallèle, nous menons des expérimentations pour évaluer la contribution des EnR au réglage de la tension. C’est délicat avec les sources de production raccordées aux réseaux de distribution. Mais avec les fermes connectées au réseau de transport et les futurs parcs éoliens offshore, par exemple, les mécanismes techniques et contractuels sont déjà en place.
*Soutirage : Énergie assimilée à une consommation mesurée ou déclarée et comptée négativement pour le calcul de l’Ecart du Responsable d’Equilibre. 
Chaque matin, Axel de Tarlé décrypte l'une des actualités économiques marquantes du jour.
Big bang en vue pour EDF, l’État veut renationaliser le nucléaire !
Selon une information du Parisien, l’État veut renationaliser EDF.
On est complètement à contre-courant. Aujourd'hui, l'ambiance est à la privatisation. On privatise le gaz, les Aéroports de Paris, les autoroutes ou la Française des jeux en expliquant que l'État n'a pas à s'occuper de toutes ces secteurs.
Là, c'est le contraire. L'État s'apprêterait à renationaliser les activités nucléaires. Pourquoi ? C'est un peu contraint et forcé.
L'État réalise que le secteur privé (la Bourse) n'arrive absolument pas à financer le développement du nucléaire. Pour les Boursiers, le nucléaire est trop dangereux, trop compliqué, trop long et surtout beaucoup trop coûteux.
Le nouveau réacteur EPR de Flamanville (qui n'a toujours pas démarré) aura coûté 11 milliards soit le prix d'une entreprise comme Accor ou Dassault Aviation pour un seul réacteur.
Sans compter qu'EDF doit rénover toutes ses anciennes centrales. La Cour parle d'une note de 100 milliards d'euros.
On est devant ce qu'on appelle "un mur d'investissement" qui effraie les milieux boursiers.
L'action EDF est à la cave, elle a été divisée par trois depuis la privatisation en 2005. EDF ne peut absolument pas s'appuyer sur la Bourse pour financer son avenir.
C'est donc, c'est l'État qui s'y colle. Il considère que le nucléaire est un secteur d'avenir, stratégique.
Emmanuel Macron aurait donc donné son feu vert pour que l'État reprenne le manche et rachète, nationalise les activités nucléaires d'EDF.
L’État n’a plus d’argent. Combien ça va coûter combien ?
Il est là le problème. Il faudrait débourser sept milliards pour renationaliser tout EDF.
D'où l'idée d'avoir deux EDF. L'un public qui regrouperait le nucléaire. L'autre privé qui resterait en Bourse, avec les activités renouvelables comme le solaire ou l'éolien.
Deux EDF pour le prix d'un. Un petit EDF vert, écologique et côté en Bourse. Un gros EDF public et nucléaire, très endetté, pas sexy, mais qui ferait tourner les centrales.
https://www.europe1.fr/emissions/axel-de-tarle-vous-parle-economie/big-bang-en-vue-pour-edf-letat-veut-renationaliser-le-nucleaire-3891923

05/04/19« Le nucléaire a sauvé deux millions de personnes ! »
Écologiste pragmatique, l'Américain Michael Shellenberger est un fervent défenseur du nucléaire comme solution au réchauffement climatique.
Le nucléaire serait-il le meilleur moyen pour lutter contre le réchauffement climatique ? C'est l'avis tranché de Michael Shellenberger. Nommé «  héros de l'environnement  » par Time Magazine en 2008, cet Américain est depuis longtemps l'une des figures de proue des écologistes pragmatiques, ou «  ecomodernists  ». Fondateur du Breaktrough Institute, Michael Shellenberger fustige les écologistes décroissants et défend l'innovation comme meilleur remède pour protéger environnement. Depuis quelques années, l'activiste est devenu un ardent pro-nucléaire, expliquant que les énergies renouvelables, alors même qu'elles devenaient moins chères, ont provoqué une hausse conséquente des prix de l'électricité. Le Point a interrogé ce prophète de la fission, pour qui tout est bon dans le nucléaire : son énergie, ses déchets et même... sa bombe.
Le Point : Qu'est-ce qui vous a amené à critiquer l'environnementalisme et à défendre les innovations technologiques depuis les années 2000 ?
Michael Shellenberger : J'étais un jeune homme de gauche, je suis allé apprendre l'espagnol au Nicaragua pendant la révolution sandiniste parce que j'étais attiré par ce mouvement. J'étais aussi très concerné par l'environnement et la nature, parce que mes parents m'emmenaient souvent camper. Ils étaient très progressistes. Mais je n'ai jamais été malthusien : ma relation avec des personnes pauvres, d'abord au Nicaragua puis au Brésil, m'a toujours fait considérer que ceux qui craignent une explosion démographique sont dans un état d'esprit petit-bourgeois et raciste. J'étais aussi végétarien, mais j'ai recommencé à manger de la viande après la naissance de mon fils. J'étais déjà favorable à des solutions technologiques pour les problèmes environnementaux. C'est une différence majeure avec beaucoup d'écologistes qui ne sont pas tant en faveur de solutions technologiques que d'une baisse de notre niveau de vie, provoquée par une consommation énergétique bien plus basse. Beaucoup d'entre eux considèrent l'espèce humaine comme un cancer sur la terre, ce qui n'est pas mon cas. En revanche, je ne connaissais rien aux technologies de l'énergie, et en tant que militant démocrate et de gauche, je pensais que les énergies renouvelables seraient la solution parce que tout le monde dans mon camp politique pensait cela. Mais lorsque j'ai pris conscience que le nucléaire n'était pas ce qu'on en disait, tout est devenu plus clair. Le nucléaire représente une source d'énergie infinie, abondante. C'est l'énergie la plus propre et la plus sûre, selon toutes les mesures ! À ce moment-là, j'étais déjà ostracisé par la communauté écologiste à cause de mes critiques de leur discours apocalyptique. Embrasser le nucléaire n'a donc pas été si compliqué que ça. Le plus gros défi était de gagner ma vie sans accepter d'argent de l'industrie. J'aime pouvoir être libre de dire ce que je pense.
Donc vous n'êtes pas financé par l'industrie nucléaire ?
Pas du tout. Les gens qui ont lu ce que j'ai écrit durant ces dernières années connaissent la manière dont je critique l'industrie du nucléaire. Je déplore leur arrogance et leur hubris, ce qui les conduit à faire des choix voués à l'échec.
Par exemple ?
L'industrie propose des solutions extrêmement coûteuses à des problèmes inexistants. Des vieilles centrales comme celle de Fessenheim fonctionnent très bien depuis trois générations, mais les industriels voudraient nous faire croire que les problèmes de sécurité peuvent se résoudre avec de nouveaux types de pompes à eau ou en déplaçant tel réservoir. C'est ridicule quand on sait que les accidents nucléaires proviennent toujours des erreurs humaines. Le changement de plans et de modèles de centrales les rend plus chères à construire, plus chères à faire fonctionner… Alors que la standardisation permettrait de faire baisser les coûts et d'augmenter la sécurité, on fait exactement le contraire. Un peu comme Boeing avec son modèle 737 MAX...
Le nucléaire civil a provoqué bien moins de dégâts que les autres sources d'énergie
Mais cela n'explique pas l'ampleur du désamour du nucléaire...
L'énergie nucléaire est révolutionnaire de trois façons : d'abord en médecine, deuxièmement dans le domaine de la défense, et troisièmement en énergie. C'est une avancée historique tellement significative que les humains se fourniront en énergie nucléaire pour des milliers d'années, très probablement. C'est triste que l'impact principal de cette technologie révolutionnaire ait été aussi traumatique dans la société, à part dans le domaine de la médecine. On se sert des radiations pour explorer le corps humain et pour soigner les cancers, et tout le monde ou presque s'accorde à dire que c'est une avancée formidable. En revanche, les armes nucléaires ont traumatisé plusieurs générations, avec ces images d'apocalypse et de destruction. Le traumatisme a été transposé au secteur de l'énergie : nous voyons les centrales nucléaires comme de petites bombes, et les incidents nucléaires comme de petites explosions, nous considérons les déchets comme une arme… Toute la technologie est enveloppée par cette idée de la mort. Même les gens qui travaillent dans le secteur nucléaire sont complices de cette hystérie antinucléaire en disant en substance : « Oui, il s'agit d'une technologie extrêmement dangereuse, mais nous, ingénieurs héroïques, vous protégerons d'elle. » C'est d'ailleurs faux, puisqu'on ne peut pas protéger totalement qui que ce soit du nucléaire, comme de tant d'autres choses. Pourtant, le nucléaire civil a provoqué bien moins de dégâts que les autres sources d'énergie.
Mais il y a eu Tchernobyl et Fukushima...
On estime à deux cents le nombre de morts par radiation provoquées par Tchernobyl. Fukushima, c'est zéro mort. Donc le nucléaire civil a provoqué la mort de deux cents personnes en quatre-vingts ans ! En revanche, il y a de nombreux morts provoqués par la peur du nucléaire. Un nouveau livre sur Tchernobyl montre comment les docteurs en Ukraine et en Biélorussie ont proclamé que les irradiations avaient eu des conséquences sanitaires diverses et variées sans pouvoir lier ces conséquences aux radiations nucléaires. Les enfants naissent parfois avec des difformités ; pareil pour les fleurs, pas seulement autour de Fukushima ! C'est une réalité que personne n'a envie d'entendre : la nature fait des erreurs sans notre aide, 30 % d'entre nous ont ou auront des cancers. Alors que notre monde aujourd'hui est bien plus sûr que par le passé, nous projetons nos angoisses notamment sur le nucléaire. L'écart entre la perception du nucléaire et sa réalité est plus vaste que sur n'importe quelle autre technologie dans le monde.
"EDF n'est absolument pas intéressé par le fait de construire des centrales chez ses voisins européens ! C'est un scandale."
La pollution atmosphérique à Paris tue autour de 2 500 personnes par an.…
L'OMS estime à trois millions par an le nombre de morts provoquées par la combustion de biomasse et quatre millions celles provoquées par la combustion d'énergies fossiles tous les ans, là où les centrales nucléaires ne dégagent aucune pollution atmosphérique sous forme de fumée. Si vous allez à Delhi, en Inde, la pollution est tellement importante qu'avant de vous tuer, elle vous fatigue, vous donne des migraines, de l'asthme… Les habitants d'Europe ne comprennent pas l'amplitude de la pollution atmosphérique en Asie ou en Afrique aujourd'hui. À l'inverse, le nucléaire a sauvé autour de deux millions de personnes en ne brûlant pas d'énergies fossiles, selon deux scientifiques de l'université de Columbia, James E. Hansen et Pushker Kharecha. Mais nous ne nous en rendons pas compte. L'industrie a fait des erreurs dans sa communication, mais il y a aussi eu un lobbying intensif de l'industrie des énergies fossiles contre le nucléaire.
Et puis il y a cette volonté d'un « retour à la nature » qu'on ne croit possible qu'à travers les énergies renouvelables, ce qui favorise le « greenwashing » des énergies fossiles. Car, dans les faits, les énergies renouvelables préservent mieux l'utilisation d'énergies fossiles que l'environnement ! On a toujours su que le solaire ou l'éolien ne pouvaient pas remplacer les énergies fossiles. Seul le nucléaire, comme le montrent la France et la Suède, a la capacité de remplacer les énergies fossiles efficacement, tout en décarbonisant la production énergétique. Il suffit d'ailleurs de comparer la France à l'Allemagne. Si un pays pouvait faire fonctionner les énergies renouvelables comme solution viable de remplacement des énergies fossiles, c'était bien l'Allemagne. Aucun autre État n'est capable d'investir 500 milliards d'euros, soit une augmentation de 50 % du coût de l'électricité, tout en étant incapable de décarboniser plus de la moitié de sa consommation d'énergie !
Il est prévu en France de diminuer la part du nucléaire dans la production électrique à 50 % d'ici à 2035 : comment expliquer qu'un pays qui bénéficie autant de l'énergie nucléaire prenne ce genre de décision ?
Ce complexe psychologique existe dans beaucoup de pays. Seules la Russie et la Corée du Sud sont moins touchées, car elles ont une industrie nucléaire fermement contrôlée par un État nationaliste et discipliné. Même en France qui est sans conteste la meilleure réussite nucléaire, l'industrie nucléaire a ainsi été victime d'arrogance, de vanité, d'apathie et d'un manque d'intelligence émotionnelle et sociale. J'étais en Belgique et aux Pays-Bas avec des responsables politiques. Ils m'ont dit qu'ils n'avaient jamais rencontré quelqu'un de chez EDF. Je leur ai demandé : « Si vous voulez construire des centrales nucléaires, préférez-vous faire appel axu Russes, aux Chinois ou aux Français ? » « Les Français », ont-ils bien évidemment répondu. Mais EDF n'est absolument pas intéressé par le fait de construire des centrales chez ses voisins européens ! C'est un scandale. Je ne suis pas certain qu'Emmanuel Macron soit au courant d'une telle incompétence et d'un tel manque d'initiative chez EDF.
Mais que faites-vous des déchets nucléaires, qui peuvent être radioactifs pendant des millions d'années ?
Mais ce sont les meilleurs déchets possibles ! Ils représentent une quantité minime, et cela n'a jamais fait de mal à personne. On ne s'inquiète pas pour les autres types de déchets qu'on laisse en nombre bien plus important dans la nature. Comment se fait-il qu'on va laisser des panneaux solaires toxiques être démantelés par des enfants africains ou asiatiques, comme c'est le cas avec nos vieux téléviseurs ou tous nos déchets électroniques, les exposant ainsi à la poussière toxique de métaux lourds ? Pourquoi laisse-t-on se former des îlots de plastique dans les océans ? Pourquoi personne ne s'émeut-il des décharges géantes ? Et en même temps, il ne serait pas possible d'avoir un entrepôt aussi petit qu'un terrain de basket, comme c'est le cas avec tous les déchets nucléaires produits par la Suisse en quarante-cinq ans... C'est insensé ! La seule explication à tant d'irrationalité, c'est l'impact psychologique de la bombe nucléaire. La plupart des éléments qui figurent sur le tableau périodique sont toxiques et présents dans la nature, mais les gens n'en ont pas conscience.
"La bombe nucléaire a été la plus grande force pacifique que le monde ait jamais connue"
N'y a-t-il pas un lien entre nucléaire civil et nucléaire militaire ? Un pays avec des centrales est aussi souvent un pays qui possède ou est désireux de posséder des armements nucléaires...
Mais qui sommes-nous, nous les Américains et les Français, pour dire que les Iraniens ou les Coréens du Nord ne devraient pas avoir la bombe ?
Le monde serait plus dangereux si tous les États avaient la bombe...
Dans ce cas, pourquoi la France ne se déleste-t-elle pas de son armement nucléaire ? Imaginons que votre pays se débarrasse de tout son arsenal nucléaire, ce qui est évidemment parfaitement irréaliste sachant qu'on peut cacher une tête nucléaire dans une piscine sans qu'elle soit détectée. Et imaginons qu'après, la France se retrouve en guerre. Quelle est la première chose que vos militaires feraient alors ? Relancer un programme nucléaire pour obtenir à nouveau la bombe. Tous les experts savent cela depuis 1946. Le mouvement antinucléaire est un mouvement idéologique, d'ailleurs largement financé par l'Union soviétique pendant la Guerre froide. Mais dans l'histoire, il n'y a jamais eu la possibilité de se débarrasser d'un type d'armement. Il n'y a donc aucune chance que cela arrive. En revanche, le vrai risque est que les États-Unis fassent quelque chose d'insensé, comme envahir l'Iran ou la Corée du Nord. Nous l'avons déjà fait avec l'Irak au prétexte de les empêcher d'obtenir des armes de destruction massive, et on a vu les conséquences sur les populations civiles. Regardez aussi le conflit entre l'Inde et le Pakistan, qu'on présente comme une menace pour la planète. Est-ce vraiment une guerre ? Les dernières tensions ont fait dix morts pakistanais et une quarantaine chez les Indiens suite à un attentat suicide dans le Cachemire. Et après cela, ils se font la guerre comme si c'était du théâtre kabuki. Chacun a abattu un ou deux avions du camp opposé, puis les deux pays se sont dit des choses horribles pendant une semaine ou deux. Mais chacun sait qu'il n'y aura pas de vrai conflit entre l'Inde et le Paskistan. La bombe nucléaire a été la plus grande force pacifique que le monde ait jamais connue. C'est une révolution technologique qui est en train de mettre un terme aux grands conflits.
Mais si des terroristes s'emparent d'armes nucléaires ?
Il n'y a aucun spécialiste des armes nucléaires crédible au monde qui pense que l'Iran pourrait transmettre la bombe à des terroristes. Pourquoi le régime iranien ferait-il cela ? Tous les États au monde sont dans une sorte de complot entre eux, qu'importe leurs animosités, afin que les armes nucléaires ne puissent pas se répandre dans les sociétés civiles. C'est peut-être la plus importante des priorités internationales depuis 1945. Mais envisageons l'hypothèse dans laquelle Daech aurait pu mettre la main sur la bombe. Dans ce cas, pourquoi l'État islamique l'aurait-il utilisée ? Ils auraient seulement fait un essai dans le désert pour montrer qu'ils possèdent l'arme nucléaire et qu'ils sont ainsi un État souverain. Il faut surmonter une grande dissonance cognitive pour comprendre que l'objet le plus dangereux jamais conçu dans l'histoire a au final rendu le monde meilleur.
Mais pour en revenir au nucléaire civil, l'électricité et le chauffage ne représentent qu'environ un quart des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Même si on suit vos arguments, le nucléaire ne peut donc être une solution miracle...
Toutes les énergies fossiles qui doivent être remplacées peuvent, et proviendront bientôt du nucléaire. Les énergies renouvelables n'en seront pas capables. Il y aura bien sûr une longue transition énergétique. L'électricité sera la première à être décarbonisée grâce au nucléaire, avant les transports avec d'abord les trains, comme c'est le cas en France ou au Japon, puis les voitures électriques. En France comme en Suède, le chauffage est déjà électrisé grâce au nucléaire. Et pour les avions, vous pouvez très bien avoir un carburant sans émissions de gaz à effet de serre, avec la propulsion nucléaire thermique ou même l'électricité.
N'est-ce pas plus simple de changer nos modes de vie ?
Qui voudrait sérieusement vivre dans une société décroissante ? Emmanuel Macron a essayé d'augmenter légèrement le prix du carburant avec sa taxe carbone, et on a vu le résultat avec les Gilets jaunes. Personne ne désire réellement moins de croissance, si ce n'est quelques universitaires de la Sorbonne (rires). C'est ridicule ! C'est le discours de riches malthusiens dans des pays fortunés qui promeuvent la pauvreté pour les autres, de façon que ceux-ci n'atteignent pas leur niveau de vie. C'est la même logique utilisée dans les discours alarmistes sur la surpopulation, avec l'idée que les autres devraient avoir moins que moi.
Greta Thunberg souhaite imposer un Moyen Âge économique
Mais puisque vous défendez le progrès, pourquoi l'innovation technologique ne rendrait-elle pas les énergies renouvelables plus efficaces ?
On peut bien sûr agrandir les éoliennes, et elles tueront encore plus d'insectes, de chauve-souris et d'oiseaux. Pour des raisons physiques évidentes, les énergies renouvelables sont limitées. Le vent ne soufflera pas plus fort et le soleil ne brillera pas plus souvent. Il faut 450 fois plus de surface pour générer la même énergie dans une ferme solaire en Californie qu'avec une centrale nucléaire. Or je croyais qu'on essayait justement de préserver la nature et l'environnement ! Le dystopique Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve – un très bon film – s'ouvre d'ailleurs symboliquement sur des champs de panneaux solaires en Californie.
Que pensez-vous de l'adolescente suédoise Greta Thunbergqui explique que nous devons radicalement changer notre système pour éviter la catastrophe écologique ?
Ce que ces gens réclament n'a rien à voir avec le changement climatique ! Ce qu'ils veulent, c'est du pouvoir social. Greta Thunberg veut qu'on devienne tous végétariens, qu'on arrête de se déplacer en avion, et qu'on abandonne même notre système politique. J'apprécie sa passion. Mais elle souhaite imposer un Moyen Âge économique. Tout ça est très juvénile. C'est une façon de se sentir puissant, et c'est pour cela que les jeunes sont si attirés par les extrêmes. Si Greta Thunberg voulait vraiment trouver une solution au réchauffement climatique, elle demanderait au monde entier de suivre l'exemple de son pays, la Suède, en matière de nucléaire. Tout ça est une posture postmoderniste. Le vrai problème, c'est qu'en réaction, vous avez des Gilets jaunes dans les rues et des partis conservateurs climatosceptiques en plein essor partout dans le monde. Cette gauche qui souhaiterait tous nous transformer en végétariens ne représente qu'une petite minorité.
https://www.lepoint.fr/societe/le-nucleaire-a-sauve-deux-millions-de-personnes-05-04-2019-2306077_23.php


04/04/19 : Patrice Cahart: «Diminuer encore nos émissions de carbone ou développer les éoliennes: il faut choisir»
L’Élysée ne pourra pas à la fois «décarboner» l’économie française et remplacer un tiers de la production nucléaire par des éoliennes. Atteindre ces deux objectifs en même temps réclame en effet des sommes colossales, démontre l’inspecteur général des finances honoraire.
Grande nouvelle! La France parviendra à la «neutralité carbone» en 2050. C’est du moins ce que la secrétaire d’État Emmanuelle Wargon a annoncé au Sénat le 14 mars. Cet objectif ambitieux va être inscrit dans la loi sur l’énergie, en préparation. On pourrait objecter que, notre pays étant responsable de 1 % seulement des émissions mondiales de CO2, les efforts héroïques qu’il consentira pour réduire encore ce pourcentage (isolation forcée d’un grand nombre de bâtiments,mise en place d’un vaste réseau d’alimentation des véhicules électriques, etc.) n’auront guère d’incidence sur le sort de la planète.
Néanmoins, la menace de réchauffement mondial est bien réelle. Et on peut espérer que la vertu française aura un effet d’exemplarité.Je m’abstiendrai donc de contester le nouvel objectif. Malheureusement, nous en poursuivons aussi un autre, à peine moins grandiose: le remplacement du tiers de notre production nucléaire, d’ici à 2025 ou plutôt 2035, par de ...

19/03/19
Jancovici : Interview sur Xerfi Canal
Pourquoi la France a besoin du nucléaire Xerfi Canal a reçu Jean-Marc Jancovici, Président de The Shift Project et associé de Carbone 4, pour parler du nucléaire dans la transition énergétique. 
Une interview menée par Adrien de Tricornot.
https://www.youtube.com/watch?v=9FCyQcPXFvs&feature=youtu.be&fbclid=IwAR3vhlzcJkBf930jpmBB7FI0OCfM7MZ-ErVGu-5UnlCgKm3Z8MmPqcewG_s

19/03/19

https://www.rte-france.com/fr/eco2mix/eco2mix-mix-energetique

19/03/19Record battu: les éoliennes ont produit 18% de l'électricité consommée le 14 mars en France
C'est en milieu de journée à 14h30, le 14 mars dernier que le parc éolien français a battu son record. Grâce à des vents forts ce jour, les éoliennes ont satisfait 18% de la consommation d'électricité nationale, selon RTE.
La contribution des éoliennes à la production électrique de l'Hexagone a atteint un pic il y a quelques jours. Elles ont produit 12,323 GW d'électricité le 14 mars à 14h30, représentant 18% de la consommation électrique française, précise RTE, qui suit le rapport entre production et consommation électrique en temps réel.
C'est un "nouveau record qui a été permis grâce à des vents forts présents dans toute la France ainsi qu’un parc installé d’éoliennes de 15.108 MW (+11,2% par rapport à 2017)", a estimé le gestionnaire du réseau français de transport.
Cette hausse de la production éolienne ne fait que confirmer la montée en puissance régulière du parc des turbines mues par le vent dans l'Hexagone (cf infographie ci-dessous).
Au 31 décembre 2018, elles ont produit au total 27,8 Terawatt/h soit une progression de 15,3% par rapport à 2017, qui "s’explique non seulement par la croissance du parc mais aussi par des conditions météorologiques particulièrement favorables en 2018", soulignait le récent bilan électrique 2018 publié par RTE.
En France, parmi les énergies renouvelables, l'hydraulique a réussi à produire 68,3 TeraWatt/h l'an passé. Cette énergie tirée des barrages est restée loin devant l'éolien et le solaire tant en termes de production d'électricité que de croissance. C'est en effet sur la filière hydraulique que s’observe la hausse la plus importante (+27,5%) tandis que l’éolien et le solaire enregistraient des augmentations respectives de 15,3% et 11,3%.
Dans son ensemble, la production d’origine renouvelable (hydraulique, solaire et éolienne) a bénéficié de conditions particulièrement favorables et a représenté 22,7% de la production totale, contre 18,5% en 2017.

18/03/19La conversion d’uranium ne connaît pas la crise
Contrairement à certaines idées reçues, la filière nucléaire ne se réduit pas à la construction et à l’exploitation de centrales. La conversion de l’uranium constitue une étape essentielle et donc stratégique nécessitant des technologies de pointe. Une activité industrielle dont les usines sont… en France
En France comme à l’étranger, le nucléaire fait polémique. Dans l’Hexagone, les débats sont vifs sur le nombre de réacteurs à maintenir, la quantité de centrales à démanteler ou encore d’EPR à déployer dans les années à venir.
A l’international, le sujet est tout aussi sensible et les positions divergent. La Chine entend augmenter ses capacités nucléaires tout en développant de concert les énergies renouvelables.
Le Japon tâtonne et cherche un nouveau modèle énergétique après la catastrophe de Fukushima. L’Allemagne a, quant à elle, décidé de fermer sans appel ses centrales nucléaires tout en misant sur le charbon avec les conséquences préoccupantes en matière de pollution que celui-ci génère.
Le nucléaire n’a pas dit son dernier mot
Même si la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) prévoit en France une baisse à 50 % de la part du nucléaire dans la production d’électricité sur les deux prochaines décennies, la France considère que la filière nucléaire a un rôle majeur à jouer pour accompagner la montée en puissance des énergies renouvelables.
Pas de sortie du nucléaire à l’horizon en France et dans de nombreux pays étrangers et, si certains accusent le nucléaire de tous les maux, il n’a résolument pas dit son dernier mot. Qui dit énergie nucléaire dit uranium, minerai qui ne peut être utilisé à l’état brut à son arrivée des mines du Niger, de Namibie ou du Kazakhstan.
Dans le contexte actuel avec plus de 400 réacteurs en fonctionnement et 60 en construction, les besoins en matière de conversion et d’enrichissement d’uranium restent très forts.
Les usines les plus modernes du monde
Pour devenir un combustible adapté aux réacteurs des centrales nucléaires, l’uranium doit être dans un premier temps transformé chimiquement (conversion) puis enrichi afin que la réaction nucléaire soit plus efficace. Il pourra alors être utilisé pour fabriquer le combustible nucléaire permettant la production d’électricité dans les centrales nucléaires.
Les enjeux économiques et stratégiques de cette activité de conversion sont conséquents. L’entreprise française Orano (ex-Areva) l’a compris et a investi dans de nouvelles usines de conversion, à la fois à Malvési (Aude) et à Tricastin (Drome).
Avec ces nouvelles usines représentant un investissement de plus de 1 milliard d’euros, la France dispose des usines les plus modernes au monde en la matière.
Conversion d’uranium : mode d’emploi et savoir-faire français
Le processus de conversion de l’uranium est très technique. Seules quelques entreprises dans le monde le maîtrisent. Après avoir purifié les concentrés uranifères du monde entier et réalisé leur concentration, la phase de conversion, c’est-à-dire la transformation chimique de l’uranium, va pouvoir débuter.
Elle va se dérouler en 2 étapes : conversion de l’uranium concentré en tétrafluorure d’uranium (UF4) puis en hexafluorure d’uranium (UF6). Cette transformation chimique est indispensable pour pouvoir réaliser la dernière étape de la transformation de l’uranium : l’enrichissement. Pour produire de l’énergie, la réaction nucléaire s’appuie sur la fission des atomes d’uranium. Or, à l’état naturel, la partie fissile de l’uranium ne représente que 0,7% du total.
Pour que la réaction nucléaire soit efficace, il faut que l’uranium fissile représente plus de 4%. D’où la nécessité de l’enrichissement et préalablement de la conversion. Avec ses deux usines de conversion et son usine d’enrichissement, Orano dispose d’une plateforme industrielle unique en Europe et l’une des plus importantes au monde avec plus de 2.500 salariés.
Des sites qui approvisionnent plus de 60 clients à travers le monde, notamment le français EDF qui fait appel à son expertise pour alimenter les centrales nucléaires françaises en uranium.
Leur capacité de production permet aux usines d’Orano de contribuer à la fourniture d’électricité bas carbone pour plus de 90 millions de foyers, soit l’équivalent de la France, l’Angleterre et l’Allemagne réunis. L’entreprise dispose d’un plan de charge rempli à plus de 90% pour les 10 années à venir.
Et l’environnement dans tout ça ?
Les usines dernière génération de conversion répondent aux normes de sûreté les plus exigeantes. Avec notamment un confinement renforcé, une compartimentation en plus de 200 salles, une résistance accrue aux séismes…
Les innovations ont également permis de réduire l’empreinte environnementale avec la réduction des réactifs chimiques (- 50% d’acide) mais également de diviser par 10 sa consommation d’eau.
Malgré quelques polémiques, la conversion de l’uranium continue de s’inscrire dans une démarche de progrès continu avec la volonté de réduire le volume de déchets et d’effluents produits tout au long du procédé industriel.
https://www.lemondedelenergie.com/la-conversion-duranium-ne-connait-pas-la-crise/2019/03/18/
18/03/19Les gilets jaunes sont-ils solubles dans l’urgence climatique ?
Ce samedi 16 mars aura peut-être scellé définitivement l’avenir du mouvement des gilets jaunes. Et, dans l’esprit des médias dominants, scindé le mouvement de contestation en deux : d’un côté les ultras, lions enragés responsables de toutes les dégradations, pillages et violences des Champs-Elysées et de l’autre, les moutons, les pacifistes sacrifiés sur l’autel de l’urgence climatique.
La grande convergence des luttes, celle des oubliés de la France périphérique et celle des bobos affolés par la probable extinction de la planète Terre était annoncée dans les médias. Mais la grande réconciliation n’a pas vraiment eu lieu, et pour cause.
Impossible de dénombrer le nombre exacts de « vrais gilets jaunes » au sein de ces marches pour le climat à Paris ou en province. Quelques quotidiens comme Ouest France ont peut-être pris leurs désirs pour la réalité : « Gilets Jaunes et défenseurs du climat ont uni leurs forces ». D’autres, sans doute plus réalistes, sont plus nuancés, comme La Voix du Nord :« Pas de convergence avec les Gilets jaunes mais un grand élan pour le climat » . Mais tous s’accordent sur un point : chez les militants de la cause climatique l’ambiance était festive, pacifique et amusante.
Présente dans une de ces grandes villes de France, j’ai pu constater que ces marcheurs du samedi n’étaient plus du tout les mêmes que d’habitude : plutôt bobo verdâtre que gilets jaunes contestataires. Roulant en bicyclette électrique plutôt qu’au diesel. Inconditionnels des centres ville plutôt que des ronds point… Les frères ennemis naturels de nos Gaulois réfractaires. Opposants en peau de lapin d’un gouvernement qui n’en peut plus de se contorsionner pour « en même temps » sauver la planète et contenir la colère des victimes de la taxe carbone. Car finalement qui mieux qu’Emmanuel Macron s’est engagé en faveur de la transition énergétique ?
Brune Poirson, notre secrétaire d’Etat à la Transition énergétique et qui participait à la grande marche climatique samedi, le rappelait ce lundi matin sur Europe 1 en piquant une grosse gueulante contre son gouvernement qui à son goût n’en fait toujours pas assez et pourtant, rappelait-elle : « Nous sommes le gouvernement qui est sur le pied de guerre sur la question climatique ».
Peu responsable des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial, la France a vu large et fondé ses projets essentiellement sur l’éolien et le photovoltaïque. Coût de l’opération : 50 milliards d’euros par an. De quoi faire plaisir à la petite Greta et aux jeunes lycéens en mal de repères ! Si grande réconciliation nationale il devait y avoir, elle devrait se situer entre le gouvernement et les défenseurs du climat. L’alliance vert-jaune parait bien contre nature…
Et tant pis pour les Gaulois réfractaires qui devront d’une manière ou d’une autre régler la facture. A commencer par ces oubliés de la ruralité qui devront se farcir la pollution visuelle ou sonore des éoliennes qui défigurent nos campagnes. Il faut bien que nos bobos de centre-ville alimentent leurs bicyclettes électriques !
http://www.bvoltaire.fr/les-gilets-jaunes-sont-ils-solubles-dans-lurgence-climatique/

18/03/19Record battu pour l'éolien français le 14 mars avec 18% de l’électricité consommée
L’éolien français a battu un record le 14 mars en France, annonce le transporteur RTE.
Le jeudi 14 mars, à 14h30, la France a battu son record de production éolienne, indique un communiqué de RTE, le transporteur d’électricité français, filiale indépendante d’EDF et de la Caisse des Dépôts.
Les parcs éoliens terrestres français ont produit 12 323 MW, soit 18 % de la consommation d’électricité qui s’élevait à 67 620 MW. L’éolien était ainsi la deuxième source de production après le nucléaire.
Vents forts et capacités installées accrues
Ce record a été battu grâce à des vents forts présents dans toute la France ainsi qu’à une augmentation du parc installé de 11,2% par rapport à 2017. Il est de 15 108 MW. Le facteur de charge, c’est-à-dire le rapport entre l'électricité effectivement produite et la puissance installée, a atteint 81%. Il était en moyenne de 21 % sur l’année 2018, indique, par ailleurs, RTE.
https://www.usinenouvelle.com/article/record-battu-avec-18-d-eolien-dans-l-electricite-consommee-en-france-le-14-mars.N819115
17/03/19
Ecologistes et politiques
Greenpeace
C’était au tout début des années 70, les Etats-Unis s’embourbaient dans la guerre du Vietnam, les essais nucléaires bâtaient leur plein, les premières offenses à la nature étaient relevées, critiquées et parfois vilipendées. C’est à cette époque qu’une ONG d’un nouveau type apparut sur la scène. C’était à Vancouver, les créateurs étaient issus d’un monde marginal, celui des quakers, des hippies, des déserteurs de la guerre du Vietnam et aussi du monde des journalistes. Ils voulaient lutter pour la planète et pour le pacifisme. Leur vint deux mots pour baptiser leur ONG : green et peace. Greenpeace était né et le monde allait quelque peu changer.
On ne parlait pas encore d’écologistes ni de lanceurs d’alerte, mais Greenpeace veillait aux droits des hommes et aux libertés. Il s’attela à la guerre du Vietnam qui n’en finissait pas de rebondir d’années en années jusqu’à devenir la plus longue guerre du XX° siècle : 15 ans. Il s’opposa aussi aux essais nucléaires réalisés par les américains en Alaska. Ce fut un vrai succès : Les américains abandonnèrent leurs essais dès l’année suivante en 1972 et se retirèrent du Vietnam en 1975. Greenpeace, auréolé de ces deux réussites, fut convaincu que ses actions étaient décisives. L’idée d’élargir sa présence dans le monde entier germa au point de créer Greenpeace international et d’étendre les bureaux de l’ONG sur toute la planète. Désormais l’empreinte de Greenpeace ne bougera plus. Ses activités concerneront principalement les énergies renouvelables, la sauvegarde de la biodiversité, la suppression des organismes génétiquement modifiés, la sortie du nucléaire…
Le mode d’intervention est toujours le même, des actions non violentes, très médiatisées, souvent à bord de bateaux. A ces actions, Greenpeace va ajouter sa fonction d’expert auprès des grandes institutions mondiales et nationales. D’expert, Greenpeace va glisser vers les groupes d’intérêt, de pression et enfin vers le lobbying. La question est de savoir si il y a compatibilité entre l’action agitatrice qui vise à soulever l’opinion publique et l’expertise au profit des institutions qui va, tôt ou tard, concerner les partis politiques. C’est exactement la question que nous devons nous poser pour Greenpeace mais aussi pour toutes
les ONG et en particulier les ONG « environnementalistes » qui nous concernent essentiellement.
L’idéologie des ONG écologistes.
Dans la foulée de Greenpeace, de nombreuses ONG ont été créées pour défendre l’intérêt public et pour défendre la planète. C’est à cette époque, dans les années soixante-dix, que l’écologie émerge, s’installe, et se structure avec les premières ONG. Le mot « écologiste » renforce l’idée d’une action pour protéger la nature malmenée par une croissance économique débridée qui ne se soucie en rien des risques qu’elle génère. Sur ce fond politique, le nucléaire jusqu’ici réservé aux bombes destructrices, déborde dans le quotidien afin de produire l’électricité. Les écologistes vont faire de la lutte contre le nucléaire leur emblème. Quarante ans plus tard, rien n’a changé et la sortie du nucléaire reste leur objectif primordial. Tout ce qu’ils ont pensé, voulu, défendu, imposé tourne autour de ce bannissement. C’est là, dans cette répulsion que l’idéologie s’est ancrée dans le cerveau des écologistes. L’approche scientifique est alors refoulée et dans l’espace libéré se glissent les idées fausses. En voici l’exemple le plus significatif.
L’invention du siècle : L’éolienne, la merveilleuse
C’était au tournant du siècle, un peu avant, le réchauffement climatique s’installait au fond des consciences sans vraiment déranger le quotidien des terriens, était-ce vrai ? était-ce faux ? Le temps n’était pas encore venu de s’inquiéter, déjà on pensait à la bascule que représentait le passage au XXI° siècle. On pouvait tout espérer. Les innovations se nourrissaient à la flamme de l’esprit humain, elles se multipliaient, se perfectionnaient, se métissaient entre elles, brillaient et disparaissaient en laissant une trace évanescente qui n’en finissait pas d’éclairer un ciel bleuté annonçant les meilleurs auspices pour un futur à portée de main.
C’est alors qu’apparu un nouveau jouet qui avait longtemps mûri au cœur des moulins à vent : L’éolienne. Les moulins de Mon Cœur. C’était comme une panacée, une apparition qui se dévoilait au moment précis où le principe des énergies renouvelables battait son plein. L’homme était au rendez-vous, 25 rue de la Grange-au-loup. Alors les ONG et les écologistes entrèrent dans la danse. Ce ne fut qu’enthousiasme, qu’émerveillement. Il fallait doter les cinq continents de ce petit bijou de jouet (bien qu’il ne fut pas si petit que çà). Ainsi, les énergies fossiles allaient disparaître au profit des renouvelables, les gaz à effet de serre allaient se dissiper, un autre monde nous attendait, un monde plus beau, plus clair, plus pur. Greenpeace jubilait, les écologistes rugissaient, les partis politiques obtempéraient devant leurs recommandations toujours pertinentes. Ainsi des liens très étroits se créèrent entre eux. Les éoliennes allaient définitivement remplacer les centrales nucléaires. La quantité de gaz à effet de serre serait drastiquement réduite dans l’atmosphère.
Vingt ans après, la situation a empiré, l’exploitation du pétrole, du charbon, du gaz, du schiste a augmenté de 36% entre l’an 2000 et l’an 2015 et continue d’augmenter (source : key world energy statistics de l’AIE). La France a engagé 120 milliards dans les énergies renouvelables. La France est couverte par plus de 8000 éoliennes qui produisent 6% de l’électricité en France. Oui, 6% ! C’est peu ! Si peu.
Que s’est-il donc passé ? Une fois encore, nous sommes dépendants de la nature : Le vent est aléatoire. Il peut être inexistant, trop faible ou trop fort. Il ne peut jamais être celui qui est souhaité : Un vent constant autour de 50/70 km/h. Un rêve qui ne se réalisera jamais. Alors, en attendant l’impossible, il faut pallier les absences de vent (ce que l’on appelle les intermittences) par une autre source d’électricité. En France cette source ne peut provenir que des centrales nucléaires. C’est le nucléaire qui supporte les éoliennes.
Nota : Il y aurait bien sûr la possibilité de stocker l’énergie produite par les éoliennes pour l’écouler lors des intermittences mais le stockage à lui seul demande tellement d’énergie qu’il réduirait de 75% l’énergie produite. Autant tout arrêter et attendre des jours heureux où ce problème sera résolu.
Vous pourriez objecter que ce soutien des éoliennes par le nucléaire est rare, voici la preuve du contraire : On appelle facteur de charge d’un système le ratio entre l’énergie qu’elle produit sur une période donnée et l’énergie qu’elle aurait produite durant cette période si elle avait constamment fonctionné à puissance nominale. Le facteur de charge d’une éolienne tourne autour de 20%. En d’autres termes, l’éolienne fonctionne mal 80% du temps. La rentabilité est donc très faible d’où le mini pourcentage de 6% de production d’électricité avec 8000 éoliennes et une dépense de 120 milliards d’euros !
Et pourtant vous entendez tous les jours l’intérêt des éoliennes et la nécessité de multiplier leur présence sur le sol français. Dans les délires de certains écologistes, on parle de 50.000 éoliennes en France en l’an 2050. Déjà les écologistes se raccrochent à une autre invention, plus performante, moins sonore, plus respectueuse de la nature : Les éoliennes off-shore.
Les éoliennes off-shore (en mer).
Loin de la côte, elles nous dévoilent un incroyable ballet de pales qui s’agitent dans tous les sens. C’est sûr, cette fois-ci, c’est l’innovation attendue, celle qu’il nous fallait. Certes, les investissements initiaux sont très sensiblement plus chers. Certes, l’éolienne est soumise aux efforts des vents mais aussi à ceux crées par les courants. Certes, l’énergie produite reste intermittente comme les éoliennes sur terre. Certes, la maintenance est plus compliquée et plus couteuse que sur terre. Certes, le raccordement électrique nécessite l’installation de câbles sous-marins. Mais globalement, c’est très positif.
Dans la continuité des premières éoliennes, les écologistes n’ont pas de mal pour imposer ce nouveau produit d’autant que le on-shore commence à décliner sérieusement avec des performances beaucoup plus faibles que celles attendues à une époque très récente quand l’idée de déboulonner le nucléaire était l’objectif N°1. Ainsi, la France engagera 25 milliards d’euros pour le off-shore.
Le succès commercial des éoliennes
Quelles que soient les performances des éoliennes, il n’en demeure pas moins que leur succès commercial est indéniable. L’industrie s’accapara ce nouveau produit et tous les pays d’avant garde se dotèrent d’éoliennes. Ce succès se prolonge et persiste, les entreprises se frottent les mains, les écologistes (français) y voient une solution pour réduire le chômage. La Chine s’est accaparé l’essentiel du marché, les éoliennes s’élèvent çà et là, près des côtes de préférence mais aussi à l’intérieur des terres et à terme au loin, en mer. Certes, il y a quelques critiques sur l’esthétique des nouveaux paysages, sur les oiseaux qui sont pris dans les pales, sur les ondes sonores qui dérangent les habitants des villages environnants mais avec le temps, avec l’expérience et surtout avec le off-shore, ces incommodités devraient disparaître. Enfin, il faut le croire.
Le plus remarquable dans ce succès des éoliennes restera l’enthousiasme unanime sur les cinq continents. Le monde entier se couvrit d’éoliennes. Il y eut l’avant et l’après, le basculement se situe autour de l’an 2000. Il n’y avait rien et voici qu’est apparue la merveille. « La merveille est annoncée par ce cri : O merveille » nous dit Saint John Perse : Il a suffi que les éoliennes soient déclarées merveilleuses pour qu’elles le deviennent. Un moment rare où le monde fut en totale osmose. Aujourd’hui, il y a plus de 500.000 éoliennes dans le monde et toujours autant de GES.
Sens dessus dessous
Il nous faut revenir sur l’idéologie des ONG écologistes pour comprendre comment les idées fausses s’enchâssent dans le cerveau des hommes jusqu’à en oublier l’objectif initial.
Dans la lutte contre le réchauffement climatique – c’est assez simple pour être compris – l’adversaire est unique : les gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère doivent être drastiquement réduits. Comment donc est-il possible que ces gaz ne cessent d’augmenter depuis les années 2000 ?
Pour réduire les gaz à effet de serre, il faut s’attaquer aux causes de ces gaz. Elles sont bien connues depuis longtemps. Le graphique suivant nous les rappelle, pour la France. Elles sont les mêmes dans tous les pays du monde, seul le pourcentage des secteurs d’activités varie.
En l’an 2000, le réchauffement climatique laisse à penser qu’il est nécessaire d’agir vite sur chacun de ces secteurs. C’est alors que les ONG écologistes ont commencé par faire pression sur les politiques pour installer des éoliennes sur la surface de la terre !! C’est un peu comme ce patient qui entre en clinique pour ce qui apparaît être un AVC et dont on vernit, en premiers soins, les ongles des pieds et des mains.
Depuis l’an 2000, les investissements pour le développement des énergies renouvelables atteignent dans le monde entier des milliers de milliards de dollars (120 milliards en France). Imaginez ce qu’aurait pu être ces investissements appliqués aux causes des GES !! En France, c’eut été les transports, l’agriculture, et les bâtiments qui en auraient profité. Hélas, très peu fut fait.
Le temps perdu de ces premières années du siècle a débouché sur un changement climatique effrayant, les tempêtes, les inondations, les incendies, la montée des eaux, les côtes érodées, les iles submergées, tous les records de chaleur battus, le pôle nord en fonte, les ours polaires en perdition et une disparition du vivant dramatique avec des conséquences pour notre vie et notre économie. L’homme prend en pleine figure le boomerang qu’il a lancé. Tant pis pour cet imbécile que nous sommes tous. Ce sont nos enfants qui vont en payer le prix. Cette larme envieuse de fondre fait trembler à mes regards humains une variété de funèbres chemins (Valéry).
Le comble
C’est la face éblouie que nous venons de voir mais il y a la face cachée. Nous avons cru jusqu’ici que les éoliennes ne génèrent pas de gaz à effet de serre. Nous aurions tant aimé mais la vérité est là, impassible et violente à la fois. Le complément nécessaire au fonctionnement ininterrompu des éoliennes impose une autre source d’électricité. En France, nous faisons les choses bien, nous compensons avec les centrales nucléaires qui ne génèrent pas de GES, on peut donc dire que nos éoliennes sont propres. C’est aussi le cas en Suède et en Norvège avec les barrages hydroélectriques. Mais pour beaucoup de pays ce n’est pas possible, ce sont les centrales à charbon qui compensent. C’est le cas pour l’Espagne, l’Allemagne, le Royaume uni, l’Italie, La Chine, le Japon, l’Inde, etc. Il faut le dire : les éoliennes génèrent des GES. L’émission des GES dues aux éoliennes augmentera linéairement avec la progression des éoliennes (à moins de compenser avec le nucléaire). Les éoliennes n’étaient pas la bonne solution dans le passé, elles ne seront pas une solution dans l’avenir à moins d’être capable de stoker l’énergie produite sous quelque forme que ce soit. Un rêve qui n’est pas près de se réaliser.
Les illusionnistes
Nous avons piteusement perdu notre première chance en l’an 2000 en ne s’attaquant pas violemment à la réduction des gaz à effet de serre, nous en avons subi les conséquences les plus désastreuses pour notre chère et belle planète. Désormais notre destin est suspendu à des actions communes à tous les pays, immédiates, percutantes presque héroïques et voici qu’une ombre noire s’étend sur nos cinq continents. Jamais notre monde n’a été gouverné par des illusionnistes qui dédaignent l’imminence de la fin.
• Xi Jinping, président à vie de la Chine, un Bouddha non éveillé qui endort ses adversaires.
• Trump, son rival, un mutant, un « outler », le parangon de l’individu aberrant.
• Poutine, madré, matois, grand spécialiste de la manipulation et de la désinformation lors des élections dans les pays concurrents.
Tous les trois font partie du quatuor de tête des pays les plus polluants. Aucun d’eux ne croit au réchauffement climatique. Ils apparentent les modifications du climat à un éternuement du soleil, une évolution vénielle et pourtant, ils en sont la cause principale.
55% d’émission de CO2 sont produits par ces 4 pays : La Chine, Les Etats-Unis, L’Inde et la Russie.
Les convaincus
Aussi désespérant que cela puisse nous paraître, il nous faut s’engager en doublant notre volonté pour compenser les illusionnistes qui regardent ailleurs. Nous devons allumer une lueur de désespoir aux confins de leur indifférence pour éclairer la réalité qu’ils ne peuvent pas voir, charmés par eux mêmes comme l’était Narcisse. Voici quelques espoirs qu’il nous faut exploiter jusqu’au bout de notre courage.
• La création d’une banque européenne du climat et d’un fonds spécifique, totalisant 300 milliards d’euros par an.
• Oublier l’hyperconsommation, la source de tous nos maux, la cause de la déperdition de nos ressources.
• Nous vivons les prémices de la transition démographique en Europe, en Amérique, en Afrique et en extrême Orient. Moins de terriens = moins d’énergie à consommer.
• Rompre avec la dictature du PIB. La faiblesse de la croissance ces dernières années est un premier pas vers une autre économie, moins agressive, plus centrée sur le social et moins sur les grosses entreprises. L’heure des petites et moyennes entreprises à sonner. C’est l’heure de la subsidiarité et de la dimension humaine.
• Associer la technique et le social dans toutes les innovations. Le robot devient rebut et le gros (symbole de mal bouffe) devient sec (symbole de l’équilibre).
En aparté : Le nucléaire demain : 0 ou l’infini ?
Disons le clairement, le nucléaire a ses inconvénients : La maintenance des centrales est complexe et chère d’autant plus que les centrales sont anciennes. En outre, le risque d’attentat ne peut pas être exclu et l’enfouissement des déchets est un combat de toujours des écologistes et autres ONG bien que le danger soit limité. Pour chacun de ces risques, il existe des solutions qui ont été implémentées avec succès mais personne ne pourra jamais dire que le risque zéro existe. C’est un fait.
Pour comprendre le nucléaire, il faut d’emblée affirmer que ce n’est qu’une solution temporaire qui s’éteindra à terme, ne serait-ce que par la réduction progressive des gisements d’uranium. Alors disparaîtront avec lui les risques qui sont tantôt amplifiés, tantôt minimisés.
Un autre nucléaire pourrait voir le jour, un nucléaire plus propre, avec quasiment aucun risque. Ce nucléaire est basé sur la fusion par opposition au nucléaire actuel basé sur la fission. La fission s’exerce sur les éléments lourds (principalement uranium et plutonium) alors que la fusion s’exerce sur les
éléments légers (hydrogène, hélium, tritium, deutérium). Notons que l’uranium est 92 fois plus lourd que l’hydrogène.
Pour rassurer les ONG qui sont naturellement anti-fusion (« fuyons le nucléaire ») disons-leur que la fusion ne génère pas d’effet de serre, que l’emballement de la réaction en chaine (catastrophe de Tchernobyl) n’est pas possible, que les déchets radioactifs produits sont très limités et leur demi-vie est de l’ordre de l’enfance (12,5 années) à opposer à la demi-vie quasi infinie de l’uranium de plus de 700 millions d’années, enfin que le dégagement énergétique de la fusion est 5 fois plus efficace que celui de la fission.
Mais, à ce jour, la fusion d’éléments légers pour générer de l’énergie n’est pas maîtrisée. Elle ne le sera pas avant une quinzaine d’années. Plusieurs projets sont en cours dans plusieurs pays. La France est responsable du projet ITER à Cadarache. L’idée de base est d’exercer la fusion sur deux isotopes de l’hydrogène, le deutérium et le tritium. Le deutérium est présent massivement dans l’eau de mer (il y a autant de deutérium dans l’eau de mer que de sel) et le tritium, généré à partir du lithium, lui même caché dans l’écorce des arbres. La principale difficulté à laquelle les chercheurs se heurtent est la fabrication du réacteur qui doit être porté à la température monstrueuse de 150 millions de degrés. A ce jour, le matériau capable de résister à cette température n’est toujours pas mis au point.
Si ces projets s’avéraient être des réussites, ce serait autant un jackpot qu’un défi pour notre planète. D’abord, Le pétrole deviendrait inutile, la diminution des gaz à effet de serre s’enclencherait mais de manière très lente. Plusieurs siècles seraient alors nécessaires pour éliminer les gaz à effet de serre dans l’atmosphère, la température diminuerait progressivement mais lentement pour retrouver une moyenne de 15°C. Au final l’énergie obtenue serait infinie, tout serait donc rendu possible et nous encourrions l’inexorable risque d’affronter la folie des hommes qui pourrait nous conduire vers un avenir pire que celui auquel nous essayons présentement d’échapper. L’homme ne sait pas se restreindre. L’homme est une sorte de Gargantua avide qui n’en finit pas de consommer. Mais d’ici-là peut-être apprendrons-nous, dès l’école, la paucité et mieux encore, le respect de la nature.
Ecrit par Serge Sampoux
https://www.bordeaux-gazette.com/ecologistes-et-politiques.html

13/03/19
Union européenne : la biomasse plus polluante que le charbon ?
Des ONG et des citoyens européens, venus de France, d'Estonie, d'Irlande, de Roumanie, de Slovaquie mais aussi des États-Unis ont engagé une action en justice contre l'Union européenne. En cause ? Une définition erronée, selon eux, des énergies vertes, du fait de l'entrée de la biomasse forestière dans cette catégorie dans la dernière directive "énergies renouvelables", datant de juin 2018.
La biomasse forestière, qu'est-ce que c'est ?
La biomasse constitue la totalité des matières organiques d'origine animale et surtout végétale qui peuvent se convertir en énergie. Pour être plus précis et mieux appréhender cette notion, on peut se référer à ce qu'en dit l'Agence de l'Environnement et de Maîtrise de l'Energie (Ademe). Elle définit la biomasse forestière comme comprenant "le bois d’œuvre, le bois de trituration destiné à l’industrie du papier et des panneaux, et le bois énergie". À cela s'ajoutent "les déchets, sous-produits et coproduits provenant de l’industrie du sciage, ainsi que les produits en bois en fin de vie".
Que reproche-t-on à l'Union européenne ?
Si l'utilisation des déchets n'est pas mise en cause, c'est en revanche l'utilisation des ressources forestières qui a déclenché la plainte devant le Tribunal de l’Union européenne, au Luxembourg. En effet, selon eux, avoir trop recours au bois pourrait mener à une surexploitation et une dégradation des forêts, pourtant essentielles à la survie de la planète. Elles constituent des "puits de carbone", et, en cela, jouent un rôle de régulateur en ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre. Malheureusement, comme l'explique, Linde Zuidema, juriste de l’ONG Fern, "les arbres ne poussent pas assez vite pour compenser ces émissions initiales, ce qui veut dire que le bois n’est pas une bonne alternative aux combustibles fossiles." D'autant plus que, les plaignants déplorent que les institutions communautaires ne prennent pas en compte le reboisement alors même qu'elles promeuvent la biomasse forestière. Ainsi, à long terme, faire peser la production d'énergie sur les forêts ne serait pas une solution efficace pour lutter contre le réchauffement climatique. Au contraire, cela pourrait même faire augmenter la dette carbone et engendrer des problématiques de déforestation et de destruction de certains écosystèmes.
Mais, l'Union européenne, pour réussir à respecter les engagements pris lors de l'accord de Paris, s'est fixée des objectifs en matière de transition énergétique. Ainsi, à horizon 2030, elle entend porter à 32% la part de renouvelable dans sa consommation d'énergie et réduire ses émissions de CO2 de 40% par rapport à 1990. Or, la biomasse constitue pour l'UE, une opportunité d'atteindre lesdits objectifs. Il s'agit donc d'un enjeu de taille car, si la justice donnait raison aux plaignants, l'UE se couperait de 65 % de son énergie considérée comme renouvelable.
Quelles solutions pour atteindre les objectifs d'énergies renouvelables ?
"Nous ne pensons certainement pas que l’objectif des 32 % de renouvelables devrait être revu à la baisse", a fait savoir Peter Lockley, le conseiller juridique des plaignants. C'est pourquoi, ces derniers veulent inviter l'Union européenne à se tourner vers des énergies qu'ils jugent plus vertes telles que l'énergie solaire ou encore l'éolien afin d'éviter le déboisement. Des solutions qui pourraient même s'avérer intéressantes pour l'économie puisque, par exemple, le photovoltaïque se convertit chaque jour en une énergie plus rentable.
Citoyen-consommateur : vers quelles offres d'énergies vertes se tourner ?
Si des discussions sont en cours au niveau européen, chacun à son niveau peut agir. Dès lors, à titre individuel, comment les citoyens peuvent-ils s'engager dans la transition énergétique, sans forcément avoir recours à la biomasse forestière ? En effet, il existe bon nombre d'offres vertes et toutes ne présentent pas les mêmes avantages. Loin des clichés, elles sont d'ailleurs souvent plus avantageuses en termes de prix que des offres classiques. Il devient donc possible de réduire ses factures de gaz et d'électricité en consommant plus vert.
Choisir son producteur d'énergie verte
Pour plus de transparence en la matière, il est possible de souscrire des offres d'électricité verte ou de biogaz en choisissant directement son producteur d'énergies renouvelables. C'est ce que propose, par exemple, le fournisseur Ilek, qui met en relation via une plateforme, les producteurs en France et les consommateurs. Le client peut donc choisir directement la source d'énergie dont il dépendra, qu'elle soit solaire, éolienne ou encore hydraulique.
S'engager dans "le mois de la forêt"
D'autres initiatives, plus ponctuelles, sont mises en place. Ainsi, afin de proposer aux ménages français, une offre pour réduire leur empreinte carbone, Selectra s'est allié à Mint Energie à l'occasion du Mois de la Forêt. En souscrivant à cette offre, du 1er au 31 mars 2019, les nouveaux clients bénéficient de 12% de réduction sur le prix du kWh HT par rapport au tarif bleu d'EDF. Sur le plan environnemental, Mint Energie s'engage à planter 10 arbres en Haïti à chaque nouvelle souscription avec Reforest'Action.
https://selectra.info/energie/actualites/politique/union-europeenne-biomasse-charbon

12/03/19 : Enercoop, EDF, Engie : les vraies offres d'électricité verte ne sont pas celles que vous croyez
Tous les fournisseurs d’électricité proposent aujourd’hui des "offres vertes". Mais de quoi s’agit-il précisément? Quand on parle d’électricité verte, il y a souvent tromperie sur la marchandise.
Volonté de lutter contre le réchauffement climatique, naissance d’une conscience écologique? Depuis plusieurs mois, les Français s’intéressent de plus en plus à l’origine de leur électricité. Ce mardi 12 mars, Enercoop, un fournisseur d’électricité renouvelable a annoncé avoir levé 2,7 millions d’euros auprès de 40.000 sociétaires. Une opération de crowdfunding plutôt inhabituelle dans le secteur de l’énergie. "C’est une réappropriation citoyenne de l’énergie", estime Emmanuel Soulias directeur général d’Enercoop. Les clients ayant souscrit à la levée de fonds verront leur apport rémunéré à hauteur de 2,5% par an. Et seront remboursés au bout de sept ans.
Cet élan pour soutenir un petit fournisseur –Enercoop compte 75.000 clients pour un chiffre d’affaires d’environ 60 millions d’euros- témoigne de l’engouement pour l’électricité verte. Reste que le concept d’électricité verte est aujourd’hui galvaudé. En fait, très peu de fournisseurs proposent des électrons 100% renouvelables. Enercoop qui a pour clients des consommateurs à la fibre écolo en fait partie. Environ 75% de son électricité provient de l’hydraulique, le dernier quart de l’éolien et du photovoltaïque. La prestation a un coût. Pour consommer vert, le client Enercoop paie un prix de 15 à 20% supérieur aux tarifs réglementés d’EDF.
Les fournisseurs traditionnels jouent sur l'ambiguïté....
Les perspectives de l’énergie nucléaire varient beaucoup de pays à pays. Le noir concerne surtout l’Europe de l’Ouest. Noir de charbon pour l’Allemagne, gris très foncé pour la Belgique, la Suisse et l’Espagne qui n’ont ni construction ni projet, et gris un peu moins sombre pour la Suède et la France.
Chez nous, le gouvernement n’a pas le courage de modifier ou d’abolir la désastreuse loi de Transition Énergétique de 2015.
Comme on le voit ci-dessous, à cause de l’intermittence du solaire et de l’éolien, l’abandon partiel du nucléaire ne pourra être compensé que par le gaz importé et émetteur de gaz à effet de serre.

La réalité en face
Cette loi vient d’être traduite dans la PPE, Programmation Pluriannuelle de l’Énergie dont je reproduis ci-dessous la critique par mon ancien collège Jean Yves Guézennec.
“Il faut quand même voir la réalité en face. On peut sérieusement douter que la politique qui va découler de la PPE conduise à redresser la situation côté émissions de CO2 (et de maîtrise des coûts).
– Poursuite de l’éolien terrestre (objectif multiplication par 3) et du photovoltaïque (multiplication par 5 soutenue par EDF qui prévoit 30 milliards d’investissement).
121 milliards de gâchis. Et côté éolien offshore carambouille pour faire diminuer les coûts apparents.
– Poursuite de l’objectif du 50 % de nucléaire (orientation répétée du président), valeur issue d’une profonde réflexion de F. Hollande en 2011 pour faire comme les Allemands qui passeront de 25 à 0 et nous de 75 à 50.
– Aucune certitude pour la construction d’un EPR nouveau modèle en France… On verra plus tard. Alors que pour l’éolien terrestre et offshore, le photovoltaïque, c’est du sûr.
– Abandon d’Astrid qui a une signification gravissime d’abandon à terme de la fission. Pour soutien à l’avenir lointain du nucléaire, nous n’aurons plus que le financement de la fusion…
– Ineptie de l’arrêt de Fessenheim alors que les moyens décarbonés pilotables vont s’écrouler en Europe ouvrant la voie au gaz russe ou américain et qui n’est qu’une piètre solution pour diminuer les émissions de CO2. 10 milliards de gâchis. On pourrait réclamer au moins la mise sous cocon.
– Le rôle détestable que joue l’ADEME
– La CSPE qui continue une taxe sur une énergie décarbonée…”
La France en gris clair
Si je laisse la France en gris clair, c’est que nous avons un gros réacteur en construction et que le Président de la République a évoqué publiquement la possibilité de nouvelles constructions pour lisser les arrêts futurs.
Pour compléter le gris, il faudrait ajouter Taiwan et la Corée du Sud.
Mais dans le reste du monde, le rose domine : la Chine et la Russie ont des programmes domestiques très importants et se concurrencent activement à l’exportation. Elles ont aussi d’importants programmes Recherche et Développement.
L’Inde également affiche des ambitions très sérieuses.
D’ailleurs, le rose colore fortement l’Asie : Pakistan, Bangladesh, Vietnam, Turquie et j’en passe. Même l’Europe a ses tâches roses : Royaume Uni, Finlande, Hongrie et même Pologne.
Plus récemment, c’est au tour du Moyen Orient et, progressivement, de l’Afrique de s’intéresser au nucléaire. Je ne sais pas trop quelle couleur attribuer aux États-Unis…
Ce contraste noir-rose se retrouve dans les projections de l’Agence Internationale de l’énergie (World Energy Outlook de fin 2018) et de British Petroleum (Outlook 2019).
On y voit qu’en 2040 le nucléaire devrait tenir une place analogue à celle d’aujourd’hui. Wait and see…
https://www.lemondedelenergie.com/nucleaire-le-rose-et-le-noir/2019/03/12/

11/03/19 : Electricité: vers le transfert de la rente nucléaire publique au privé
Après les autoroutes, ADP, l’électricité. Contrairement aux promesses du gouvernement, le prix de l’électricité devrait augmenter et même dans des proportions considérables. Passant outre la loi, la commission de régulation de l’énergie a décidé de lancer le démantèlement du service public de l’électricité et d’EDF. Objectif : transférer la rente publique nucléaire vers le privé, au détriment des ménages et de l’économie. Même l’Autorité de la concurrence est contre.
C’était un engagement d’Édouard Philippe le 30 novembre : les tarifs réglementés de l’électricité ne seraient pas augmentés pendant l’hiver. Dès cette annonce, beaucoup s’étaient interrogés sur la portée de cette mesure. Le gouvernement n’a pas la main sur les tarifs de l’électricité. Par le passé, le gouvernement a été condamné pour ne pas avoir respecté les décisions de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), autorité indépendante chargée de réguler le secteur de l’énergie et de fixer les tarifs.
https://drive.google.com/file/d/19SvyTUcMNIrAUBkjJoUqGam4KtILeknc/view?usp=sharing

09/03/19Écologie : l'UE mise en cause pour sa définition des "énergies renouvelables"
Un groupe de plaignants venus des quatre coins du monde tentent de faire plier l'Union Européenne sur sa définition des énergies renouvelables, qu'ils jugent néfaste pour l'environnement.
Les plaignants venus de France, d'Estonie, de Slovaquie, de Roumanie, d'Irlande et même des Etats-Unis lancent une offensive visant à empêcher l'UE d'inclure la biomasse forestière dans sa définition des énergies renouvelables. Et pour cause : celle-ci ne ferait qu'aggraver les émissions de carbone dans l'atmosphère. Si le groupe de plaignants ressort gagnant, l'UE pourrait se voir privée de 65 % de son énergie classifiée « renouvelable ».
La biomasse serait bien plus polluante que le charbon
Les plaignants lancent un pavé dans la marre. En considérant la biomasse forestière comme une énergie renouvelable, l'UE ne ferait que « gréver son propre objectif de réduire les émissions de gaz à effet serre » ont déclaré les plaideurs. Pire, elle causerait l'augmentation des émissions de CO2dans l'air et exacerberait la déforestation.
De lourdes accusations que les plaignants n'ont pas manqué d'argumenter scientifiquement sur leur site internet : à travers sa combustion, le bois émettrait 1,5 fois plus de carbone que le charbon et 3 fois plus que le gaz naturel. Si l'affaire reste en suspens à la Cour de justice de l'UE, elle ne manque pas d'interroger la politique énergétique européenne dans son fond et son futur.
Une augmentation de 140 % de la production d'énergie biomasse
En fixant en 2016 un nouvel objectif de 32 % pour la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique européen d'ici 2030, l'UE en a profité pour y inclure la biomasse forestière - sous certains critères de viabilité. Depuis, la production d'énergie biomasse a augmenté de 140 % à l'échelle européenne, jusqu'à même représenter la moitié de la production totale d'énergie renouvelable en 2016.
La plainte lancée contre l'UE n'est pas isolée. En janvier 2018, 800 scientifiques ont enjoint le Parlement Européen à ne plus soutenir l'énergie biomasse en clamant haut et fort que la solution pour remplacer le charbon n'était pas de se remettre à brûler les forêts mais à remplacer les énergies fossiles par des énergies à faible émissions de carbone, comme le solaire ou l'éolien.😡😡😡😡
https://www.clubic.com/energie-renouvelable/actualite-851597-ecologie-ue-cause-definition-energies-renouvelables.html

08/03/19 : Rodolphe Meyer : « La lutte contre le réchauffement climatique est une guerre culturelle »
Extrait :
Chaque pays dispose de conditions climatiques spécifiques, est-il judicieux de croire que seules les énergies renouvelables apporteront la solution ?

Toutes les énergies renouvelables ne se valent pas. Prenons l’hydroélectricité. C’est une source d’énergie extrêmement intéressante mais qui dépend de la topographie. Pour la Suisse et la Norvège cela fonctionne très bien mais pour des Etats comme la Belgique ou les Pays-Bas, avec peu de relief, c’est impossible. Le photovoltaïque est intéressant pour les pays du sud de l’Europe mais, dans le Nord, il fournit davantage d’électricité en été alors qu’on en aurait plus besoin en hiver. Son intérêt est limité. Sur le réseau électrique, à chaque instant, il est nécessaire que la distribution soit égale à la production. Si l’éolien est présent en masse mais pas le vent, il faut tout de même produire l’électricité pour les consommateurs. Cela oblige de palier l’intermittence de l’éolien et du solaire avec d’autres moyens de production. Ce qui explique que le gaz naturel accompagne souvent l’expansion de l’éolien. La possibilité d’avoir un mix électrique 100% renouvelable quand on n’a pas une bonne base d’hydroélectricité est un sujet qui fait débat chez les experts…
On oublie souvent qu’on utilise plus d’énergie pour la production de chaleur et la mobilité que pour les usages propres à l’électricité. Nous devons repenser l’isolation des bâtiments et l’agencement de nos villes. Les réseaux de trains seraient également à revoir. Les moyens renouvelables de production de chaleur (géothermie, pompe à chaleur, solaire thermique…) font partis des énergies renouvelables les plus intéressantes, y compris en France. Pourtant, elles sont souvent ignorées, à mon avis pour de mauvaises raisons. L’obsession pour l’électricité et les énergies renouvelables intermittentes nous font passer à côté des chantiers primordiaux pour la transition énergétique de notre pays.
http://www.nice-premium.com/societe,149/ecologie,156/rodolphe-meyer-la-lutte-contre-le-rechauffement-climatique-est-une-guerre-culturelle,25414.html
07/03/19NUCLÉAIRE INTERMITTENT, ÉOLIEN VARIABLE, OU L’INVERSE ? (TRIBUNE)
En France, la production nucléaire varie sans cesse, au fil des heures, des jours, des semaines et des saisons. Et il arrive que des variations sortent de la norme. Parfois, on les subit, mais d’autres fois, on peut s’en vanter. Et c’est le cas avec ce qui s’est passé sur le réseau électrique français le premier week-end de Mars 2019… Une tribune de Tristan Kamin
J’ai coutume, depuis les événements caniculaires de cet été, de suivre l’évolution de la disponibilité du parc nucléaire français. Non pas de sa production, mais du nombre de ses 58 réacteurs qui sont en service. À partir des données fournies par RTE, pour chaque tranche (que je regroupe par centrales) et pour chaque heure (que je moyenne sur la journée), je compte, jour après jour, les réacteurs en production active. Je mets à jour hebdomadairement ce décompte et le projette sur un graphique comme celui-ci.
Et, après plusieurs semaines stables à 50±2 réacteurs en service, l’effondrement à 40 le dimanche 4 mars 2019 était une totale anomalie. Après vérification de mes données, il est apparu clair qu’il s’était passé quelque chose sur le réseau.
Je commence par regarder, sur le service eco2mix de RTE, la production nucléaire. Et les observations précédentes se voient confirmées, avec la disparition, en l’espace d’une nuit de samedi à dimanche, de 10 GW de production nucléaire.
Un tel « effondrement » de la production ne pouvait pas rester sans explication. Première chose à faire, vérifier la consommation. Celle-ci était très basse ce dimanche 4 mars, même pour un dimanche : ci-dessous, la consommation depuis le 1er février.
Et, à titre de comparaison, la consommation de fin février / début mars en 2018 et 2019, avec la même échelle verticale :
Le maximum de consommation en 2019 côtoie le minimum de 2018, c’est dire…
Mais bien que basse ce week-end de mars 2019, la consommation variait assez peu, donc n’expliquait pas l’effacement d’un cinquième de la production nucléaire.
La véritable explication est à chercher du côté de la production éolienne. Le vent s’est déchaîné, et les aérogénérateurs avec.

Un dimanche. En période de faible consommation.
Production éolienne élevée, prioritaire sur le réseau, et demande modeste en électricité : tous les moyens pilotables de production ont eu à s’effacer pour faire place à l’éolien sur le réseau. Et, en effet, outre le nucléaire, gaz et hydraulique étaient au plus bas (et charbon et fioul étaient tout simplement absents ou négligeables).
Plus en détail : concernant l’hydraulique, les STEP étaient à zéro (forcément, on en profitait pour pomper de l’eau dans les réservoirs !), les lacs étaient au strict minimum, et même la petite hydraulique était peu mise à profit.
Concernant le gaz, seules les centrales à cogénération étaient maintenues, pour continuer à alimenter en chaleur ceux qui en dépendaient.
Évidemment, dans une telle situation de surcapacité (laquelle n’était pas exclusive à la France, on s’en doutera), les prix de marché se sont effondrés. Si la France, la Suisse et la Belgique ont réussi à limiter la chute à 10-20 €/MWh (contre une moyenne autour de 40), l’Allemagne, l’Autriche ou le Luxembourg sont tombés aux alentours de 0 €/MWh. Avec même des incursions des prix dans les valeurs négatives ; autrement dit, ces pays-là payaient pour qu’on les soulage de leur surproduction.
D’ailleurs, la France ne s’est pas privée de satisfaire cette demande et d’importer à prix négatif à ses frontières nord, et de revendre à prix plus élevé au travers de ses autres frontières.
Si l’on regarde du côté de l’Allemagne, les proportions étaient toutes autres. Le système électrique s’est fait écraser par la production éolienne, au point de devoir diminuer même la production des centrales nucléaires, pourtant très rarement sollicitées pour faire du suivi de charge.
Revenons en France. Le dimanche a (hélas) fini par s’achever et l’activité a repris lundi, et la consommation électrique avec. Pas à un niveau très élevé, mais vu que l’on partait de très bas, ça faisait une belle rampe, comme tous les lundi matin.
L’éolien a eu la décence de ne pas s’effacer à ce moment là, et l’hydraulique a fait son habituel retour, en ré-ouvrant les vannes des barrages et ses STEP.
Mais alors le nucléaire… Quelle remontée en puissance !

On connait les capacités de modulation du parc nucléaire français. Mais on les voit rarement ainsi à l’œuvre. Ici, à ceux qui disent que le nucléaire n’est pas flexible, cette simple image constitue déjà une réponse. 10 GW d’amplitude, avec des variations vraiment rapides !
Si l’on part un peu plus loin dans le raisonnement, on peut s’amuser à tracer quelques dérivées par rapport au temps. Autrement dit, la variation de la puissance délivrée (ou consommée), une évaluation de la raideur des pentes de production.
L’éolien, un peu timide, n’a pas dépassé les 30 MW/min de variation à la hausse ou à la baisse. Et c’est bienvenu de la part d’un moyen qui n’est pas pilotable, des variations aussi lentes que possibles sont plus simples à suivre. Et c’était largement à la portée du nucléaire, un peu moins sage, qui a affiché de nombreuses variations de 50 à plus de 100 MW/min à la hausse ! Mais ce dernier ne suffit pas à suivre la consommation, encore moins sage, avec des variations dépassant parfois 150 MW/min.
Donc la flexibilité du nucléaire est un peu limite pour suivre la consommation ; on le savait et c’est tout l’intérêt de l’hydraulique et, dans une moindre mesure, du gaz. Par contre, le nucléaire a vraiment montré ici sa capacité à s’adapter aux variations de l’éolien. L’intérêt reste à trouver, à mes yeux, mais le nucléaire est compatible, techniquement (économiquement c’est une autre affaire), avec l’éolien.
Ne laissez plus dire que le nucléaire n’est pas flexible, ni que le nucléaire français bloque le développement des énergies renouvelables électriques en France. Elles sont freinées par leurs limitations intrinsèques, et n’ont nul besoin d’aide pour cela.
En supplément : les productions, heure par heure de vendredi 1er à dimanche 3 mars, de chaque tranche. On identifiera aisément celles ayant contribué à cet effort de flexibilité !

07/03/19Électricité : le rêve des nouvelles énergies renouvelables n’est pas durable
Une sortie du nucléaire conduit inévitablement à polluer plus.
Le développement des nouvelles énergies renouvelables (éoliennes, panneaux photovoltaïques…) se heurte aux exigences de la production d’électricité. Moins de nucléaire, c’est forcément plus d’émissions de CO2.
Du point de vue de l’émission de CO2 par habitant, la France est déjà vertueuse (4,4 tonnes soit moitié moins qu’en Allemagne). Mais, pour faire face au réchauffement climatique, le but principal annoncé, par la loi du 3 août 2009, était de diminuer de 20% l’émission de CO2 en France à l’échéance 2020. Or, formulé ainsi (en termes de réduction en pourcentage de l’émission existante plutôt qu’en quantité maximale de CO2 par habitant) cet objectif ne sert pas les intérêts de notre pays.
L’électricité ne se stocke pas
Pire encore, ce but principal a été décliné en différents objectifs dont l’un s’est trop focalisé sur la production d’électricité alors que ce secteur, loin derrière les transports routiers, l’habitat, l’industrie, n’est pas un gros émetteur de CO2. Ainsi, après le Grenelle de l’environnement l’objectif affiché a été d’augmenter à 23% la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité. Puisque tous les sites hydrauliques rentables sont déjà exploités, ceci a conduit à introduire des éoliennes et des panneaux photovoltaïques (appelés Nouvelles Energies renouvelables ou NENR) dans le réseau électrique. Dans ce but, une enveloppe financière de l’ordre de 150 milliards d’euros a été engagée depuis le début de l’introduction des NENR, un investissement qui se traduira par une puissance estimée à 30 GW installée en 2020.
Le réseau électrique est un système fragile car, faute de pouvoir la stocker, l’électricité doit être produite exactement au moment où elle est consommée. La demande globale des consommateurs varie fortement dans la journée, mais le gestionnaire de réseau sait la prévoir avec efficacité. Ce dernier doit imposer aux différents moyens de production de fournir des puissances telles que leur somme soit, à chaque instant, égale à la demande des consommateurs, sinon la fréquence du courant électrique sort de sa plage admissible, les protections du matériel agissent et le réseau s’écroule.
Le casse-tête des nouvelles énergies renouvelables
Dans cette tâche, le gestionnaire de réseau est aidé par des réglages automatiques et par une programmation de la production à différentes échéances temporelles qui assure que les moyens de production pourront, compte-tenu de leurs contraintes propres, être présents, effectuer les variations de puissance demandées en plus ou en moins. Il dispose, en outre, de différentes unités en réserve qui permettent de faire face aux incidents comme la variation plus importante que prévue de la consommation, la perte d’une unité de production, etc. Pour que tout ceci soit possible, la nature et le dimensionnement du parc de production doit respecter les critères suivants :
1- Garantir de fournir la puissance maximale (de pointe) demandée par les consommateurs,
2- Effectuer les variations de production nécessaires au suivi de la courbe de demande,
3 -Participer au maintien de la tension et de la fréquence,
4 -Participer à la réserve de puissance permettant de pallier les incidents, donc être prêt à augmenter sa puissance courante.
En résumé, les moyens de production traditionnels, pilotables, respectent les critères 1, 2, 3, 4 et, ainsi, permettent au gestionnaire de réseau de satisfaire la demande des consommateurs par la mise en œuvre du parc de production. Qu’arrive-t-il lorsque les éoliennes qui obéissent au vent et les panneaux photovoltaïques qui dépendent du soleil arrivent dans un réseau existant ? Ils ne respectent ni 1, ni 2, ni 3, ni 4. Ils ne créent qu’une puissance garantie négligeable, ce qui impose de conserver le parc existant en guise d’assurance. En même temps, leur présence nécessite de revoir à la baisse les productions de certains des groupes traditionnels.
Le coût de la panne
Ce faisant, les NENR n’économisent aucun investissement ; ils n’économisent que du combustible qui n’est pas toujours le plus cher. Mais, en même temps, ils obligent à accroitre le volume des réserves constituées par des groupes traditionnels de production d’électricité et finissent par fragiliser le réseau lorsqu’ils représentent une puissance trop importante. Ceci a été illustré par le quasi-incident du 10 janvier 2019 où la production éolienne de l’Allemagne qui était de 40 GW a chuté à presque zéro en quelques heures : l’écroulement du réseau a été évité en demandant aux grands consommateurs français de s’effacer.
Si les NENR sont en trop grand volume, ils fragilisent le réseau et augmentent le risque de pannes. En conséquence, la proportion maximale de la puissance d’ENR qui peut être injectée dans le réseau est comprise entre 20 et 30% de la puissance totale. Or, la politique française en matière d’énergie ne prend pas en compte ces données.
Trop c’est trop
La Programmation pluriannuelle de l’Energie (PPE) du 27 novembre 2018 a conduit aux objectifs suivants pour le gestionnaire de réseau :
– Intégration d’une part croissante d’ENR dans le réseau, jusqu’à 40% de l’énergie produite;
– Réduction de la production nucléaire à 50% de l’énergie produite.
Si l’on suppose que la puissance fournie par les NENR peut s’écouler sans difficulté dans le réseau, le premier objectif conduit à prévoir une puissance nominale de NENR de l’ordre de 90 GW (capacité exigeant 170 milliards d’euros d’investissements). Mais si la puissance instantanée des NENR n’est, bien sûr, jamais égale à leur puissance nominale, elle peut néanmoins s’en approcher et va dépasser, une partie du temps, la demande alors que la production doit égaler en permanence la demande. Que faire de la production excédentaire ? Comment faire pour que la production totale suive la courbe de la demande ? Quelles unités maintiendront la tension et la fréquence ? Ces questions sans réponse montrent qu’un tel système n’est pas viable. Il faut absolument respecter la règle de l’injection de puissance NENR inférieur à 20 ou 30 % de la puissance pilotable à tout instant.
La pollution écologique
De plus, comme on l’a expliqué plus haut, les NENR n’apportent quasiment pas de puissance garantie. Il faudra donc qu’à la place de la production nucléaire déclassée, on investisse dans un parc équivalent en thermique classique qui accroîtra l’émission de CO2, ce qui est contraire au but principal. C’est ce thermique classique et l’hydraulique qui assureront les fonctions que les NENR n’assurent pas.
Il fallait, au contraire, se réjouir d’avoir une production électrique largement décarbonée grâce au nucléaire. Elle nous permet d’avoir une émission de CO2 par KWh produit parmi les plus basses : seuls les pays avec une production hydraulique très importante font mieux. Vouloir diminuer la contribution du nucléaire à la production d’électricité en croyant pouvoir la remplacer par des éoliennes et des panneaux solaires est donc une grave erreur technique et économique.
D’ailleurs, cet abandon du nucléaire et cette introduction massive des NENR dans le réseau a été testée en Allemagne (où les NENR représentent 24,6 % de l’énergie produite). Voici ce qu’en dit l’Académie des sciences : « C’est la croissance-de l’offre d’électricité produite par les renouvelables qui a nécessité l’ouverture de nouvelles capacités de production thermiques à charbon (13 GW) et un développement de l’exploitation du lignite. De sorte que l’Allemagne continue à être l’un des pays européens les plus gros émetteurs de CO2 pour un prix de l’électricité le plus élevé. On ne peut pas parler d’un succès. »
Toutes les données existent et sont disponibles. Il suffit d’ouvrir les yeux et d’en tirer les conséquences politiques.
https://www.causeur.fr/electricite-eoliennes-energies-nouvelles-159665
07/03/19 : Développer les énergies renouvelables en prenant en compte la composante environnementale
Développons les énergies renouvelables en les intégrant le mieux possible à l’environnement. Dégrader notre environnement pour produire de l’énergie n’est certainement pas la bonne méthode.
Développer les énergies renouvelables en prenant en compte la composante environnementale. L'objectif fixé par la Commission européenne est que les pays européens génèrent, en 2030, 32 % de l'énergie qu'ils consomment de manière renouvelable.
Cet objectif a le mérite d'être simple. Par contre il ne prend pas en compte la structure actuelle de la production d'énergie de chaque pays. La France, par exemple, produit l'électricité la plus decarbonnée d'Europe, et ce en raison de la production de l'ordre de 80 % de cette électricité par des centrales nucléaires, environ 16 % par des énergies renouvelables et seulement 4 % par des énergies fossiles.
Aujourd'hui, une part importante des ressources financières est dédiée à développer des capacités de production d'électricité additionnelles, principalement par les filières photovoltaïques et éoliennes. Une première question est de savoir si c'est une bonne allocation de ressources, et si finalement, la majorité des ressources financières ne devrait-elle pas être allouée à la réduction de la consommation d'énergie. En bref, aux économies d'énergie. En particulier sur le chauffage, qui représente environ 40 % de la consommation d'énergie française et est principalement d'origine fossile
À l'impact positif lié à la baisse des émissions de CO2, s'ajouterait un impact positif au niveau économique pour les ménages, qui verraient leur pouvoir d'achat augmenter par une facture de chauffage diminuée. Cela ne permettrait pas d'atteindre l'objectif de 30 % d'énergie renouvelable en 2030, mais permettrait en tout cas de réduire de manière notable l'empreinte carbone de la France. N'est-ce pas là finalement l'objectif principal ?
Une seconde question est de savoir si, pour la partie allouée au développement des énergies renouvelables, il ne faudrait pas plus prendre en compte les caractéristiques géographiques et environnementales des lieux où elles sont implantées, afin de limiter leur impact sur l'environnement.

Pour illustrer ce propos, prenons l'exemple de Fessenheim : sans revenir sur la décision de fermeture ou non de cette centrale nucléaire, ce qui n'est pas le propos de cet article, il a été indiqué qu'en parallèle à sa fermeture, serait développé une centrale solaire photovoltaïque. Alors que l'Alsace est connue pour son potentiel géothermique important, la création d'une telle centrale photovoltaïque, couvrant des kilomètres carrés, est-elle un choix approprié, dans une région d'habitat assez dense et où l'usage du sol est aujourd'hui très tourné vers l'agriculture, la conséquence de ces deux points étant que l'espace est rare et cher ? Pourquoi se focaliser sur du solaire ? Pourquoi ne pas développer ce potentiel géothermique, alors que trois associés : les sociétés Roquette et Électricité de Strasbourg, avec la Caisse des Dépôts, l'ont fait sur le site de Rittershofen, en utilisant cette ressource géothermique renouvelable depuis 2016 pour fabriquer de la chaleur (utilisable pour différents usages, y compris celui du chauffage de locaux et d'eau sanitaire), et ce avec une disponibilité de 8000 heures par an ? Il existe des projets comme à Wissembourg ou Illkirch. Parfait. Transformons-les en réalité.
Développer la géothermie en Alsace plutôt que des centrales solaires revient à prendre en compte les caractéristiques locales pour la production d'énergies renouvelables, en minimisant la dégradation de l'environnement.
Autre illustration : il existe une technologie qui consiste à pomper l'eau d'un niveau bas vers un niveau plus élevé, donc depuis une retenue d'eau basse vers une retenue d'eau haute, afin de créer une réserve d'eau utilisable pour l'hydroélectricité lors de besoin important d'électricité. Il existe 6 sites en France utilisant cette technologie de STEP (station de transfert d'énergie par pompage), représentant 5 GW de puissance. Il n'y a aujourd'hui qu'un seul projet en développement sur la rivière Truyère (Aveyron), alors que la France dispose d'une géographie idéale pour ce type de technologie, avec ses nombreux massifs montagneux et de nombreux barrages existants. Ils peuvent être utilisés soit comme source haute, soit comme source basse. En utilisant un barrage déjà existant, il n'est donc nécessaire d'aménager qu'une seconde retenue d'eau, soit en amont, soit en aval de la retenue existante.
L'implantation actuelle de tous les barrages ne permet pas de créer une seconde retenue d'eau, mais parmi les centaines de barrages existants en France, certains le permettent. Et ce n'est pas prévu dans le Plan Pluriannuel de l'Énergie, alors que le potentiel identifié est de 6 GW. Dommage, car outre le fait que les STEP permettent de développer une énergie renouvelable (l'hydroélectricité), elles ont pour vertu de permettre de stocker l'énergie et d'être alors disponible à souhait : lors d'un pic de production d'électricité, celle-ci est utilisée pour remonter l'eau de la retenue basse vers la retenue haute. En cas de pic de demande, il suffit alors de vider la retenue haute vers la retenue basse en produisant de l'électricité.
Le développement des STEP permettrait non seulement d'augmenter le pourcentage d'énergie renouvelable, ce qui est bien pour l'atteinte de l'objectif européen, mais en plus de stocker l'énergie, répondant ainsi à une problématique pour laquelle il n'existe pas vraiment d'alternative. Et tout comme la géothermie, c'est non délocalisable, et d'une durée de vie très supérieure à celle des panneaux solaires ou des éoliennes, aujourd'hui de l'ordre de 20 ans environ.
Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas faire de solaire. Mais plutôt que de vastes centrales solaires couvrant des kilomètres carrés, il faudrait continuer à développer une production photovoltaïque (sans oublier, au passage, le thermique), décentralisée, individuelle, sur des toits déjà existants, ne nécessitant donc pas d'utiliser des surfaces uniquement dédiées à la production d'électricité, et permettrait donc de sauvegarder les surfaces de nos prairies et de nos forets. Tout en augmentant la part d'énergie renouvelable, ce qui contribuerait à se rapprocher de l'objectif de 32 %
Développons les énergies renouvelables en les intégrant le mieux possible à l'environnement. Dégrader notre environnement pour produire de l'énergie n'est certainement pas la bonne méthode.
https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-193590-opinion-developper-les-energies-renouvelables-en-prenant-en-compte-la-composante-environnementale-2250088.php

06/03/19Transition énergétique : un besoin urgent de terrains pour développer les énergies renouvelables 😡
Pour mener à bien le déploiement des énergies renouvelables prévue par la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), les producteurs d'électricité sont en recherche de foncier. En effet, compte tenu de nombreux paramètres, les terrains manquent et cette situation pourrait rendre difficile le respect des objectifs que s'est fixé la France en matière de transition énergétique.
Les terrains, le nerf de la guerre pour les producteurs d'énergie
L'énergie suppose d'importantes infrastructures et les énergies vertes n'y coupent pas. Et malheureusement, dans ce secteur, trouver des terrains exploitables semble compliqué. Or le besoin va grandissant. Comme l'explique le quotidien la Croix, EDF va devoir mobiliser "l’équivalent en surface de 40 000 terrains de football" pour tenir les objectifs qu'il s'est fixé en décembre 2017 sur son plan solaire. Et le cas du fournisseur historique est loin d'être un cas isolé. En effet, la PPE prévoit d'ajouter environ 7000 éoliennes au parc français pour doubler la capacité de production des éoliennes terrestres à horizon 2028. En matière d'énergie solaire, le gouvernement souhaite quintupler la production.
Pourtant, alors que le besoin d'espace se fait sentir, si l'on en croit France Énergie éolienne (FEE), presque la moitié du territoire de l'Hexagone ne peut être exploitée. La raison ? La présence de bases militaires dans certaines zones mais aussi les normes de protection de l'environnement comme Natura 2000, par exemple.
Utiliser les toits et les plans d'eau
Dès lors, il convient de chercher les espaces disponibles. C'est ce que font Engie et GreenYellow, avec Reservoir Sun, en cherchant à développer les panneaux photovoltaïques sur les toits des entreprises, pour leur proposer des solutions d'auto-consommation pour faire baisser leur facture d'électricité de manière écoresponsable.
Autre possibilité : occuper les plans d'eau, tels que les lacs en installant à la surface des panneaux solaires. C'est l'idée d'Akuo Energy qui va installer 47 000 panneaux sur le lac dans le Vaucluse, créant ainsi la première centrale flottante photovoltaïque.
Vers une possibilité d'occuper les sites en état de dégradation
Pour les acteurs du secteur, une autre solution serait d'occuper certaines zones militaires, des sites pollués, des anciennes décharges, etc. "Ces terrains étant inconstructibles, personne ne s’y est intéressé et nous ne savons pas vraiment la surface qu’ils représentent" fait savoir Daniel Bour, président d’Ener­plan, le syndicat des professionnels du secteur. C'est pourquoi, il espère un geste du gouvernement pour les aider dans cette quête de foncier. "L'appareil d’État doit se mobiliser pour faire l’inventaire des terrains qui peuvent rapidement être libérés", ajoute Daniel Bour.
Mobiliser les terres agricoles
Enfin, l'alternative reste également de se tourner vers la filière agricole. Une possibilité déjà envisagée par l'Etat au moment du lancement du Plan "Place au Soleil" qui propose aux agriculteurs d'installer sur certaines parcelles des panneaux solaires à des fins d'auto-consommation électrique et/ou de vente. Des innovations dans ce secteur sont mêmes pensées par des acteurs de l'agro-alimentaire, comme le Groupe Avril, qui a lancé, il y a quelques mois le premier carburant végétal issu de l'agriculture française.
Les énergies renouvelables, de plus en plus rentables
Par ailleurs, le besoin en terrains pourrait se retrouver peu à peu compensé par les progrès techniques en matière d'énergies vertes. En effet, les infrastructures sont de plus en plus efficaces. Comme le met en exergue Catherine Bourg, directrice adjointe du développement chez EDF Renouvelables, "en 2010, il fallait 3 hectares pour construire un mégawatt de photovoltaïque. Aujourd’hui 1 hectare suffit". Ainsi, le remplacement progressif du parc éolien et solaire devrait pallier les problématiques liées au foncier.
https://selectra.info/energie/actualites/politique/transition-energ%C3%A9tique-terrains


05/03/19 : BILAN ÉCONOMIQUE DE LA COMMISSION JUNCKER : ENTRE INTERVENTIONS INOPPORTUNES ET AVANCÉES NOTABLES
Extrait : 
Un bilan mitigé concernant l’énergie et le climat
La Commission, comme les responsables politiques au niveau national, se gargarisent fréquemment de grandes déclarations en faveur de l’environnement et des énergies renouvelables, telle celle de Brune Poirson, ministre française de la Transition écologique. La Commission est sur la même ligne. En la matière, la politique de l’UE est un échec : une énergie plus chère, et des subventions à des secteurs non-rentables.
En cause : le rejet du nucléaire et le financement à fonds perdus du secteur des éoliennes, qui ne permet pas, en l’état actuel de la technologie, de fournir une source d’énergie constante. En effet, l’éolien est par nature intermittent, il ne peut donc venir qu’en complément d’une autre source d’énergie, soit issue des barrages, soit fossile. Comme les grands pays européens n’ont pas assez de capacités pour construire de nouveaux barrages, développer l’énergie issue du vent reviendrait à produire plus avec le gaz et le charbon, comme l’ont fait les allemands. De plus, cette énergie reste très chère : les investissements dans le secteur sont artificiellement soutenus par des subventions, le marché seul n’allouant pas les capitaux là où ils ne sont pas rentables. En conséquence, les pays comme l’Allemagne et le Danemark qui ont trop investi dans l’éolien ont vu le prix de l’électricité s’envoler.
Mieux vaut développer le nucléaire, qui permet déjà à la France d’avoir une des électricités les moins chères d’Europe tout en rejetant peu de gaz à effet de serre pour produire son électricité. La Commission Juncker est restée prisonnière des lubies des Verts allemands, au détriment de l’écologie comme de l’économie : elle a fixé comme objectif d’ici 2020 de parvenir à 20% de renouvelables en Europe, en misant presque tout sur l’éolien.
https://www.taurillon.org/bilan-economique-de-la-commission-juncker-entre-interventions-inopportunes
04/03/19 : Grâce à l'IA, Google prévoit l'électricité produite par une éolienne
Dans un communiqué publié le 26 février, Google a annoncé que son programme d'intelligence artificielle, DeepMind, avait réussi à prévoir la production d'un parc éolien une journée à l'avance, augmentant ainsi la valeur de l'énergie produite de 20%.
Si le programme d’intelligence artificielle DeepMind, piloté par Google, s’est fait connaître en battant les plus grands champions d’échecs ou de jeu de Go, ce n’est pas son seul talent. Il pourrait aussi s’avérer utile pour améliorer la rentabilité des parcs éoliens. Dans un communiqué publié le 26 février, l'entreprise californienne a annoncé avoir augmenté de 20% la "valeur" de l’énergie produite par un de ses parcs éoliens, grâce au recours à son programme de machine learning.
Bien que le secteur ait le vent en poupe, la variabilité météorologique fait de l’éolien une source d’énergie imprévisible. Cela rend l’électricité produite moins rentabilisable que celle provenant d’une source pouvant délivrer une quantité d’énergie prédéfinie à un moment donné. C’est dans le but de mieux valoriser l’énergie produite que Google a s'est mis à la tâche de prédire la production grâce à l’IA.
Prévoir la production une journée à l’avance pour mieux la valoriser
En s’appuyant sur des prévisions météorologiques et un ensemble de données historiques concernant les machines, le programme DeepMind a été configuré pour anticiper 36h à l’avance la production électrique d’un parc éolien de 700 mégawatts situé dans le centre des Etats-Unis – où sont basés les data centers de Google. Le modèle est ainsi en mesure de transmettre au réseau la prévision de production plus d’une journée à l’avance. Ces prédictions ont permis d’augmenter la valeur marchande de l’énergie éolienne produite par le parc éolien d’environ 20%, par rapport au scénario de base où aucune prédiction de production n’était envoyée au réseau.
Si on ne peut éliminer la variabilité du vent, ces résultats suggèrent que l’intelligence artificielle peut permettre de rendre l’énergie éolienne plus prévisible et donc plus valorisable. "Nous espérons que ce type d’approche pourra renforcer la valeur commerciale de l’éolien, et mener à une meilleure adoption des énergies renouvelables sur le réseau électrique mondial", conclut ainsi Google dans ce communiqué.

28/02/19Vague de chaleur : un record d’exportation d’électricité
La consommation électrique de la fin février est au plus bas en raison de la météo printanière. La France en profite pour vendre son surplus d’électricité à ses voisins européens qui sont eux privés de vent pour faire tourner leurs éoliennes.
La vague de chaleur de ces derniers jours est positive pour la balance énergétique de la France. Vendredi dernier, l’Hexagone a battu un record en exportant vers ses voisins européens 17 415 mégawatts (MW) d’électricité, soit environ un tiers de ce que les Français consommaient au même moment.
Ce volume d’exportation historique est dû à une consommation électrique exceptionnellement basse pour la saison. Les chauffages fonctionnent au ralenti alors que le parc de production électrique est dimensionné pour tourner à plein régime pendant l’hiver.
« Avec la météo printanière, nous sommes sur le même rythme de consommation qu’au mois d’avril », explique Jean-Paul Roubin, le directeur d’exploitation de RTE, le réseau de transport d’électricité haute tension. Ces températures de 3 °C au-dessus des normales saisonnières ont fait chuter la demande en électricité inférieure de près d’un quart par rapport à la consommation habituelle de fin février.
La France est très thermosensible à cause de l’importance du chauffage électrique dans l’Hexagone. Un degré en plus ou en moins au thermomètre fait beaucoup varier la consommation électrique, bien plus que dans le reste de l’Europe.
Un marché européen de plus en plus interconnecté
L’Italie et l’Espagne sont les deux principaux acheteurs de l’excédent d’électricité exporté par la France. Les parcs éoliens de ces deux pays sont presque tous à l’arrêt à cause de l’absence de vent due à l’anticyclone qui stationne sur l’Europe. « Les Italiens et les Espagnols préfèrent acheter à la France une électricité moins chère et moins carbonée plutôt que de mettre en route des centrales thermiques coûteuses et très polluantes », explique un porte-parole de RTE. Vendredi dernier, jour du record d’exportation, l’électricité produite par la France est à 73 % d’origine nucléaire et les énergies renouvelables ne représentent que 15 % du total.
En 2018, l’Hexagone est redevenu le premier exportateur d’électricité d’Europe grâce aux nombreuses interconnexions avec ses voisins. La France n’a importé plus d’électricité qu’elle n’en exportait, que pendant 17 jours sur toute l’année. Le marché européen est de plus en plus interconnecté. Le courant qui passe les frontières diminue le risque de « black-out » et favorise l’intégration des énergies renouvelable dont le principal défaut est d’être intermittentes, comme on le voit en ce moment en Italie et en Espagne.
https://www.dna.fr/actualite/2019/02/28/vague-de-chaleur-un-record-d-exportation-d-electricite
26/02/19CLIMAT : LA DÉFENSE DU NUCLÉAIRE SORT PETIT À PETIT DE LA CASE « TABOU »
En France comme dans le reste du monde, la nécessité de diminuer les émissions de gaz polluants, afin de limiter la hausse des températures mondiales à 2 voire 1,5 °C, implique le recours à la production électronucléaire, estiment certains, à l’abri de toute démagogie.
Le nucléaire ne fait peut-être pas l'unanimité, en France, mais il n'en demeure pas moins nécessaire. Y compris et surtout à l'heure de la transition énergétique. Voilà ce que l'on peut retenir de tous les débats et réactions qui ont précédé ou suivi la publication du projet de Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), il y a quelques semaines. Le texte ayant d'ailleurs repoussé la baisse de l'atome, dans le mix électrique français (de 75 % à 50 %), à l'horizon 2035 et non plus 2025. C'est que, face à l'inexorable montée des températures mondiales, entrainée essentiellement par les émissions de gaz à effet de serre – issues d'énergies polluantes, comme le gaz ou le charbon –, Paris se devait de jongler entre hausse de la consommation énergétique et production décarbonée.
« Le nucléaire au même niveau que l'éolien »
Le Groupement d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), dont les travaux scientifiques servent par exemple de base aux grandes conférences climatiques mondiales (COP), a d'ailleurs rendu un rapport, en octobre 2018, sur la limitation de la hausse des températures globales à 1,5°C. D'après le texte d'une vingtaine de pages, si les Etats veulent « éviter le pire », selon la formule consacrée - c'est-à-dire, entre autres, la fonte des glaciers, l’élévation du niveau de la mer, des vagues de sécheresse importantes... -, ils devront faire en sorte que les émissions mondiales de gaz à effet de serre initient leur décroissance « bien avant 2030 ».
Ce qui est impossible, selon Jean-Marc Jancovici, co-fondateur de Carbone 4 – une société de conseil dans la stratégie carbone –, sans le recours à l'atome. L'intéressé de tacler ainsi la PPE, telle qu'elle a été pensée par le gouvernement, concernant la baisse du nucléaire à 50 % du mix électrique. « Se focaliser sur la baisse du nucléaire, qui n'aura strictement aucun impact sur nos émissions, ne correspond à rien de logique, indiquait-il en octobre dernier au média spécialisé L'Energeek. Attaquer sur le nucléaire [en premier lieu, dans la PPE,] est donc avant tout une erreur stratégique et tactique ». Jean-Louis Etienne, ancien médecin et grand explorateur, va même plus loin ; il estimait fin décembre dernier qu' « il ne faut pas arrêter la recherche sur le nucléaire », alors que l'atome reste très marginal dans le mix énergétique mondial (seulement 10 % de l'électricité produite) au profit des centrales à gaz ou à charbon, comme en Allemagne ou dans certains Etats américains.
Dommage, car « l'énergie nucléaire est reconnue par la communauté scientifique pour ses faibles émissions de gaz à effet de serre,expliquait début février Valérie Faudon, déléguée générale de la Société française d'énergie nucléaire (SFEN). La réaction de fission en elle-même n'en émet pas. En prenant en compte les émissions générées sur l'ensemble du cycle de vie (construction de l'installation, fabrication du combustible, démantèlement, gestion des déchets), le GIEC classe le nucléaire au même niveau que l'énergie éolienne », faisait-elle savoir. Une étude publiée en octobre dernier par la SFEN a quant à elle mesuré l'impact de l'exploitation nucléaire à 12 grammes d'équivalent CO2 par kilowattheure produit, contre 820 grammes pour le charbon, 490 grammes pour le gaz, 24 grammes pour l'hydroélectricité et, effectivement, 12 grammes pour l'éolien.
« Le nucléaire n'est plus tabou »
Loin de se résigner devant l'atonie dont souffre l'atome, les défenseurs du nucléaire retrouvent même plutôt le sourire. Car le vent est en train de tourner, dans la conscience collective, les centrales nucléaires jouant de plus en plus le rôle d'outil de pointe dans la lutte climatique. En janvier dernier, le fondateur de Microsoft, Bill Gates, grand argentier des causes environnementales, a fait le déplacement à Washington pour inciter le Congrès américain à entendre raison sur l'atome. Où il a notamment pu réaffirmer que « le nucléaire est idéal pour lutter contre le changement climatique, car il s'agit de la seule source d'énergie évolutive sans carbone disponible 24 heures sur 24 ». Contrairement aux énergies renouvelables, aurait-il pu ajouter, soumises aux aléas de leur intermittence.
Une prise de position qui, si elle a pu en surprendre certains, indique clairement qu'il n'y a rien de scandaleux à défendre climat et nucléaire. Mieux, l'atome représente « un très faible nombre de morts par rapport aux autres sources d'énergie carbonées », avait lâché dans un tweet un brin polémique Gilles Babinet, représentant de la stratégie numérique française auprès de la Commission européenne, début février. Comme le reconnaissait la SFEN quelques semaines plus tôt, « face à l'urgence climatique, le nucléaire n'est plus tabou ». L'association française de citer en (contre-)exemple le cas de l'Allemagne, qui a choisi il y a quelques années d'arrêter sa production d'électricité nucléaire pour investir dans les renouvelables et, surtout, rouvrir ses centrales à charbon. Résultat : avec 23 % des émissions totales européennes en 2017, Berlin était cette année-là le plus grand émetteur de gaz à effet de serre du continent. En novembre dernier, la Commission européenne rappelait d'ailleurs que « le nucléaire, avec les énergies renouvelables, constituerait l'épine dorsale d'un système énergétique européen sans carbone ». Message reçu outre-Rhin.
En Angleterre, où EDF, le leader européen de l’atome, doit livrer dans les prochaines années deux réacteurs de type EPR (projet Hinkley Point C), Greg Clark, le secrétaire d’Etat aux Affaires, à l’Energie et à la Stratégie industrielle, a récemment réaffirmé « l’engagement en faveur de l’énergie nucléaire » du gouvernement, dans le cadre « d’un bouquet énergétique diversifié ». « Les petits réacteurs modulaires peuvent avoir un rôle à jouer », précisait à ce titre l’homme politique, faisant référence à la technologie « small modular reactors » (ou SMR), en cours de développement, et sur laquelle se penche d’ailleurs EDF.
D'autres voix, enfin, jouent également la carte de la raison, tout en ayant une vision un peu plus large. Marc Fontecave, professeur au Collège de France, où il dirige le laboratoire de chimie des processus biologiques, en fait partie. Passablement énervé contre la pétition « L'affaire du siècle », visant à attaquer l'Etat français en justice pour « inaction » face au changement climatique, il rappelait fin décembre dans une tribune au Monde, que l'atome offrait à la France un avantage « compétitif », non seulement en matière de lutte climatique, mais également « en matière de protection sociale et de solidarité ». Ce qui complique dès lors la donne, pour les anti-nucléaires, bien souvent conquis par la « démagogie », selon le professeur.
http://www.economiematin.fr/news-climat-defense-nucleaire-sort-case-tabou

26/02/19La France bat son record d'exportation d'électricité
Des dizaines de milliers de mégawatts ont été acheminés vers l'Italie et l'Espagne, où la production éolienne a été ralentie par les conditions anticycloniques.
À circonstances exceptionnelles, performances exceptionnelles. Vendredi en milieu d'après-midi, sous la double impulsion d'une météo très clémente pour la saison et d'un parc de production en ordre de marche pour passer l'hiver, la France a exporté de l'électricité comme jamais: une pointe de 17.415 mégawatts (MW) (environ le quart de la consommation instantanée en France) a été acheminée en priorité vers l'Italie et l'Espagne, selon les données communiquées par Réseau de transport d'électricité (RTE). Dans ces deux pays, les conditions anticycloniques ont considérablement ralenti la production éolienne. Pour compenser ce manque, et plutôt que de lancer leurs centrales thermiques, nos deux voisins ibérique et transalpin ont préféré se tourner vers la France et son électricité nucléaire meilleur marché. Ce n'est pas pour autant qu'EDF a fait des affaires en or: ses livraisons s'effectuent à des prix de marché - toute la plaque européenne étant désormais interconnectée - aux alentours de 50 euros le mégawattheure (MWh), en France.
«Avec la météo printanière de ces derniers jours, nous sommes sur le même rythme de consommation qu'au mois d'avril, souligne Jean-Paul Roubin, le directeur de l'exploitation chez RTE. Grâce aux interconnexions avec nos voisins, le surplus de production est exporté et permet aux Européens de bénéficier d'une électricité décarbonnée au moindre coût.» À titre indicatif, les pointes de consommation ne dépassent pas actuellement 55.000 MW, contre près de 75.000 l'année dernière à la même époque.
21/02/19ÉOLIEN : ATOUTS ET LIMITES DE LA PRODUCTION ÉLECTRIQUE
Les mirages de l’éolien Grégoire Souchay Seuil/Reporterre, 128 pages, 12 eurosIl avait suffi que soient annoncées, en juin 2018, la baisse de 40 % de la subvention à l’éolien marin et celle de 30 % du prix de rachat de l’électricité pour que le ministre Nicolas Hulot affirme que, cette fois, « on passe à une autre échelle ». Pourtant, l’éolien ne sera pas la panacée universelle pour produire de l’électricité au XXIe siècle. Grégoire Souchay le souhaitait. Au fil de ses observations sur le bilan carbone de la construction des machines, sur leur courte durée de vie, sur leur productivité de 20 à 25 % de leur puissance, il est devenu plus réaliste. Au point de conclure un ouvrage bien documenté sur le sujet par ces phrases : « Une part d’irrationnel en moi a voulu croire en ces énergies renouvelables et dans les imaginaires que cette technologie portait : une industrie verte dans un monde de l’après-pétrole et de l’après-nucléaire. Or il n’en est rien. L’éolien ne fait pas basculer dans un monde postpétrole, ni postnucléaire(…) De plus, une éolienne peut être démantelée des lieux de son implantation, mais sa construction a bien un impact environnemental réel. »
https://www.humanite.fr/eolien-atouts-et-limites-de-la-production-electrique-668265

09/02/19 : Gaz à effets de serre : la curieuse hésitation gouvernementale
Le gouvernement veut modifier l'objectif de réduction des gaz à effet de serre parce que la consommation d'énergie ne baisse pas. Un bilan vient pourtant affirmer le contraire...
https://www.lepoint.fr/societe/gaz-a-effets-de-serre-la-curieuse-hesitation-gouvernementale-09-02-2019-2292357_23.php

08/02/19
Opinion | Transition irrationnelle et idéologie ne font pas une PPE
Proposition pour une contribution au "Grand Débat des Échos". Monsieur le Président, la PPE que vous venez de présenter au pays a tous les caractères d’une fuite en avant dispendieuse et orientée, qui va manquer son but, car les leviers activés ne sont pas les bons. Le sujet est d’importance, ressaisissez-vous rapidement, sans a priori ni biais.
Un constat sans appel
Le vocable "transition énergétique" est polysémique, mais en observant les cohortes de camions sur nos routes et nos autoroutes, en constatant les déplacements nécessaires et non qui foisonnent, en se désolant que nombre d'habitations et locaux industriels soient des passoires thermiques, on se dit qu'il y a urgemment quelque chose à faire, du seul point de vue de la rationalité et sans convoquer d'autres dimensions.
Mais de manière surprenante, quand on parle de "transition énergétique", c'est pourtant sur la production d'électricité que se concentrent l'intérêt, les polémiques et surtout des soutiens conséquents, cherchez le biais !
Si on doit saluer le choix du vecteur électrique puisqu'on sait produire l'électricité sans émission de CO2 et surtout parce qu'outre ses domaines d'usages spécifiques, on peut la substituer massivement à certaines utilisations carbonées (mobilité, chauffage, process industriels...), on comprend moins bien l'effort très important et soutenu fait pour favoriser les productions électriques renouvelables (essentiellement éolienne et solaire PV), lesquelles se substituent au nucléaire qui n'émet pas davantage de CO2 et produit à des coûts bien inférieurs malgré tout ce qui se dit et s'écrit à ce sujet.
Le rapport 40/220 évoqué récemment par le Premier ministre lors d'une rencontre avec les jeunes d'Uni-cités est en effet celui entre le coût de la production nucléaire et celui de l'éolien offshore.
Encore, le mot substitution, certes commode, est-il inadapté puis qu'on ne peut comparer le service électrique rendu au réseau par des sources garanties et par des sources aléatoires, lesquelles réclament un back-up complet.
Par contre, on conçoit bien que devoir assurer en permanence l'équilibre besoins-génération conduit mécaniquement à un surdimensionnement des moyens de production, puisque ceux-ci doivent prendre pour hypothèse une contribution nulle des moyens renouvelables (ex : pointe de consommation le soir en hiver avec absence de vent... une situation récurrente). La consultation du site de RTE est à cet égard édifiante et devrait clore tout débat honnête sur le sujet.
En Allemagne, compte tenu de l'ampleur de la flotte renouvelable, la puissance installée est ainsi le double de la puissance maximale appelée !De plus, même si dans la logique actuelle la production nucléaire diminuera forcément, en tendance, avec le développement des parcs renouvelables, le nombre de réacteurs pourrait bien demeurer ce qu'il est, ceux-ci restant nécessaires pour subvenir aux besoins du réseau, c'est-à-dire, assurer l'essentiel de la production et pallier aux intermittences.
Vouloir réduire le nombre de réacteurs impliquerait alors de reconstituer une flotte équivalente de sources garanties et donc, à l'évidence, de devoir déployer des CCGT, lesquelles répondent certes au cahier des charges des besoins du réseau, mais...
Discussion
Si l'enchaînement précédent est cohérent, il ne permet pas l'économie du "pourquoi ?" ni le devoir de pousser plus avant l'analyse des conséquences. En effet, s'il s'agit de produire à la demande de l'électricité décarbonée, le nucléaire national a su le faire durant quarante années et saura encore si on lui en laisse la possibilité.
De même, s'il s'agit de vouloir diversifier l'outil de production par crainte de défauts de mode commun, le compte n'y est pas non plus, l'aléatoire ne pouvant pourvoir à des besoins fluctuants, l'argument est donc sans valeur.
Les CCGT sont des machines fiables et efficientes, chère à acquérir et à installer, produites par GE, Siemens ou d'autres fabricants étrangers (la branche énergie d'ALSTOM ayant été vendue à GE), alimentées par un gaz totalement importé, sans garantie, ni sur les prix fluctuants à l'échelle mondiale, ni sur la, permanence de l'approvisionnement et important émetteur de CO2. Un bilan commodo-incommodo contrasté donc.
Au final, comment ne pas voir derrière ces évolutions profondes la poursuite de desseins économico-écologiques vantant l'électricité renouvelable aux moyens intégralement importés (panneaux PV, éoliennes) bénéficiant de soutiens publics massifs et au long cours (alors qu'on affirme sa maturité technico-économique) et surtout, se révélant largement inopérante.
Copier servilement nos voisins en niant les qualités intrinsèques et les performances de nos propres outils au prétexte que la France a faites il y a des années le choix singulier (et exigeant !) du nucléaire et s'y est tenue à profit, est un non-sens absolu.
Comment en effet ne pas voir qu'il s'agit de mettre en coupe réglée l'image du nucléaire, en déniant ses performances industrielles et économiques et en ne considérant pas les qualités insignes et les pouvoirs de coercition des contrôles des autorités en charge de la sûreté.
Certes, les déboires de l'EPR apportent de l'eau au moulin des détracteurs, mais cette contre-performance mérite d'être "contextualisée" et le premier EPR chinois est pleinement opérationnel.
https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-192512-opinion-transition-irrationnelle-et-ideologie-ne-font-pas-une-ppe-2243434.php

07/02/19
Environnement : quelle est la part des énergies renouvelables en France ? 😏
L'hydraulique assure encore aujourd'hui la majeure partie de l'électricité d'origine renouvelable en France. Mais la croissance se fait principalement grâce à l'éolien et au solaire.
Près d'un quart de l'électricité consommée en France en 2018 était d'origine renouvelable. Plus précisément, ce sont 22,7 % de ces besoins en électricité que l'éolien, le solaire ou l'hydraulique ont permis de pourvoir. Ce sont les chiffres donnés par les différents acteurs du secteur dans leur traditionnel panorama annuel sur les énergies renouvelables publié ce jeudi 7 février 2019.
La première des énergies électriques de source renouvelable reste l'hydraulique (50 % des énergies renouvelables en France) et la région Auvergne-Rhône-Alpes concentre plus de 45% du parc hydraulique national. Il existe quatre types de centrales hydrauliques : "au fil de l'eau" (en plaine), "écluses" (principalement dans les lacs en aval des moyennes montagnes), "lacs" ( dans les lacs en aval des moyennes et hautes montagnes) et les « STEP » (les stations de transfert d’énergie par pompage). Dans le détail, 13,1 % de l'énergie électrique consommée en 2018 est d'origine hydraulique.
40%
La France s'est fixée l'objectif d'atteindre les 40 % d'électricité d'origine renouvelable d'ici 2030.
Derrière, l'éolien et le solaire représentent 46 % des capacités de production d'électricité renouvelable (15.108 mégawatts pour la filière éolienne et 8.527 mégawatts pour le solaire). Fin 2017, la France comptait le quatrième parc éolien d'Europe. Loin derrière l'Allemagne, mais aussi l'Italie et l'Espagne. La dernière filière est celle des bioénergies.
Chez nos voisins, seule la Norvège peut se targuer d'avoir une production d'électricité provenant uniquement du renouvelable, en particulier grâce à l'hydraulique. Mais d'autres pays font mieux que la France comme le Portugal (62,6 %), le Danemark (52,4 %) ou l'Allemagne (33,7 %).
La France s'est fixée l'objectif d'atteindre les 40 % de production d’électricité renouvelable d’ici 2030. La loi pour la transition énergétique et la croissance verte (LTECV) prévoit de renforcer la production hydroélectrique, de multiplier par trois les capacités installées pour l’éolien terrestre et par cinq pour le solaire photovoltaïque.
https://www.lanouvellerepublique.fr/a-la-une/environnement-quelle-est-la-part-des-energies-renouvelable-en-france
06/02/19 : Énergie : le rapport de l’Ademe battu en brèche par l’Académie des technologies
Arrêter rapidement les centrales nucléaires rapidement pour les remplacer massivement par des installations solaires et éoliennes, comme le préconise un récent rapport de l’Ademe, est-elle la solution pour produire une électricité plus respectueuse de l’environnement, à laquelle chacun aspire ? Pas vraiment, selon l’Académie des technologies qui estime que les conclusions de ce rapport ne peuvent pas servir dans l’état à la prise des décisions de politique publique. Et puisqu'il s'agit d’électricité, un éclairage s’impose.
Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) serait-elle devenue radicale en matière de transition énergétique ? La synthèse de son évaluation du Mix électrique à l’horizon 2060, publié en décembre 2018, semble poser question. Notamment pour « l’Académie des technologies », Établissement public administratif qui regroupe des ingénieurs, industriels, chercheurs, agronomes, architectes, médecins, sociologues, économistes, avec une forte représentativité des directeurs de recherche du privé et dont l’une des missions est « d’éclairer la société sur un meilleur usage des technologies ».Sans contester le rapport de l’Ademe, cette association qui s’inscrit pleinement dans une politique de développement des énergies renouvelable, appelle à la plus grande prudence.
En 2017, l’énergie nucléaire comptait pour 71,6% de la production électrique en France métropolitaine, très loin devant l’hydroélectricité (10,1%), le gaz (7,7%), l’éolien (4,5%) ou encore le solaire photovoltaïque (1,7%). « La nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), présentée le 27 novembre par Emmanuel Macron et François de Rugy, prévoit entre autres de ramener à 50% la part du nucléaire dans ce mix à l’horizon 2035 en fermant 14 réacteurs nucléaires d’ici là », rappelle le site connaissancedesenergies.org
Dans son étude publiée le 10 décembre, l’Ademe présente 7 trajectoires d’évolution du mix électrique français entre 2020 et 2060 censées refléter les différentes « incertitudes liées à cet horizon lointain » et notamment des niveau de la consommation, coût des technologies, acceptabilité plus ou moins forte des énergies renouvelables, … Sur cette base, l’Agence considère que « l’optimisation économique de l’évolution du système électrique français conduit à une part d’Energies Renouvelables de 85% en moyenne en 2050, et de plus de 95% en 2060 ».
L’Académie des technologies pointe du doigts les erreurs de méthodes et les contractions de ce rapport. « L’Ademe, organisme public placé sous la tutelle ministérielle, oublie la priorité énoncée par le gouvernement qui vise à annuler les émissions de C02, dans le respect de l’intérêt général », déclare l’association. « Certains aspects de ce rapport sont discutables et peuvent lourdement porter préjudice à l’avenir de la France ».
« La conclusion devrait-être de ne pas conclure »
Selon l’association, cette étude est « une réponse à ses adversaires », qui se concentre uniquement sur le secteur électrique en faisant l’impasse sur le nombre d’interactions avec les autres secteurs énergétiques. Elle regrette notamment que le coûts induits du gaz de ce « Mix électrique », ne soient pas pris en compte.
Mais, ce que l’Académie pointe du doigt c’est la quasi-stagnation de la demande d’électricité jusqu’en 2060. « A cet horizon, malgré son hypothèse peu réaliste, l’étude montre que l’approvisionnement du pays imposerait des importations significatives d’électricité, dont l’origine reste très aléatoire », précise l’association. « En outre, contrairement aux objectifs gouvernementaux, elle n’assure pas la décarbonation complète du système de production d’électricité ».
A cette observation s’ajoute la hausse significative des facteurs de charge de l’éolien terrestre, « très discutable », selon l’Académie, en négligeant les facteurs de charge des énergies intermittentes. « L’Ademe surestime la baisse probable des coûts d’investissement dans les énergies renouvelables, notamment celles qui sont matures comme l’éolien ».
L’Ademe qui semble privilégier les énergies intermittentes propose un système électrique qui, en l’état actuel des technologies, ne garantit pas le synchronisme des technologies. « C’est la clef de la stabilité du réseau », appuie l’Académie, considérant que l’ajustement aux variations rapides et fréquentes du réseau ne pourra pas être assuré. Il semble donc impossible de privilégier une projection par une autre et donc « la conclusion devrait-être de ne pas conclure », soutient l’Académie des technologies.
Pour les membres de cette dernière, la transition énergétique, porteuse de changements majeurs pour les futures générations, va couter plusieurs milliards d’Euros. « Elle doit donc se baser sur des hypothèses techniques et économiques fiables qui prennent en compte le système énergétique dans sa globalité, sans conduire à une augmentation irraisonnée des dépenses des français ». Et a l’heure où le coût de l’énergie compte pour beaucoup dans les dépenses des ménages il est opportun de ne pas s’engager dans des solutions aléatoires qui présentent un risque avéré pour l’avenir du territoire. Reste à savoir qui de l'Ademe ou de l'Académie des technologies à raison, l'avenir nous le dira.
https://www.villeintelligente-mag.fr/Energie-le-rapport-de-l-Ademe-battu-en-breche-par-l-Academie-des-technologies_a645.html


05/02/19 : Confusion sur les chiffres d’émissions de CO2 du nucléaire
Extrait : 
"- le GIEC, « qui a publié des données sur l’impact carbone de la filière nucléaire, l’estime en moyenne à 12g CO2/kWh au plan international » ;
- « selon la base carbone de l’ADEME, pour la France, l’énergie nucléaire émet en moyenne 66 g CO2/kWh sur l’ensemble de son cycle de vie »."
La SFEN attire l’attention des pouvoirs publics sur le fait que le résultat proposé par la base carbone de l'ADEME, largement utilisée pour les calculs des bilans réglementaires Gaz à Effet de Serre (GES), est en réalité de 6g CO2/kWh pour l'énergie nucléaire en France.

16/01/19 : Climat : Et si l’énergie nucléaire était la seule à nous sauver de la catastrophe annoncée ?
Tous les scientifiques du climat nous le disent : nous sommes mal barrés. Nos efforts pour limiter nos émissions de gaz à effet de serre sont largement insuffisants alors que le compte à rebours est lancé et qu’il ne nous reste qu’une poignée d’années avant que la surchauffe du monde ne soit irréversible. Nous aurons beau lancer tous les programmes possibles en énergie verte et en suppression des combustibles fossiles, nous n’y arriverons pas ou alors très très difficilement. Deux auteurs américains ont osé ce que personne n’ose clamer trop fort : le nucléaire est la solution. C’est la seule énergie qui ne produit quasiment aucun effet de serre et procure de l’électricité sans interruption. Certes, le nucléaire n’est pas tout vert, loin de là, mais au point où nous en sommes, ne serait-ce pas un moindre mal, pensent-ils ? Le débat est radioactif, néanmoins ouvrons-le.
En matière de dérèglement climatique, nous avons l’impression de pédaler dans une course folle contre le temps. Il ne se passe pas une journée sans qu’une mauvaise nouvelle ne tombe. Ce lundi, c’était cette étude qui nous informait que l’Antarctique fond plus vite que prévu et que la montée des océans s’accélère. Une autre datée de mardi nous montre une carte rouge vif de l’Australie qui subit des températures dépassant allègrement les 40° C et tuent en nombre incroyable animaux, poissons et végétaux.
Le rapport du GIEC publié en octobre soulignait de gros traits rouges la gravité de la situation. Le point de bascule est imminent et quand il adviendra, la machine climatique sera immaîtrisable.
Face à ce tableau, on observe l’inertie de la plupart des dirigeants de la planète. Ils renâclent à mettre en œuvre des mesures radicales pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, et quand ils le font, à toute petite dose, ils déclenchent la colère de leurs citoyens. D’autant que les solutions alternatives aux combustibles fossiles ne parviennent pas à compenser les besoins en énergie de populations de plus en plus gourmandes.
Aujourd’hui dans le monde, 80 % de l’énergie pour produire de l’électricité, se chauffer, se déplacer, provient de combustibles fossiles. Réduire cette part semble une gageure, surtout dans les délais impartis par l’évolution galopante du climat. Pour fournir le monde en énergie, il faudrait produire cent mille milliards de Kwh. Même si l’ensemble du monde prenait le modèle allemand, qui est un des plus performants en termes de transition vers les énergies vertes, il faudrait 150 ans pour compenser les combustibles fossiles. Autant dire, qu’à ce rythme, nous serons soit tous grillés façon chipolatas sur un barbecue, soit tous noyés sous la montée des océans.
Repenser le nucléaire
Alors que faire ? Il faut repenser notre position sur le nucléaire. C’est notre seule issue pour lutter contre le changement climatique. Affirmer cela va faire se hérisser tous les poils des écologistes à travers le monde. Pour eux, il ne fait aucun doute que le nucléaire c’est le diable et qu’il faut à tout prix s’en débarrasser. Ce n’est pas ce que pensent le politologue Joshua S. Goldstein et le spécialiste américain des énergies Staffan A. Qvist. Ils viennent de publier un livre (A Bright Future– Un avenir radieux) dont les premiers mots résonnent comme un coup de tonnerre : « Peu de livres peuvent prétendre de façon crédible offrir un moyen de sauver le monde, mais celui-ci le fait ».
Pour les deux auteurs, la seule solution pour nous sauver d’un changement climatique catastrophique, c’est de mettre la mise maximum sur le nucléaire. Ils soutiennent que seul un investissement massif dans de nouveaux réacteurs peut permettre à la fois la réduction des émissions de gaz à effet de serre nécessaire pour limiter le réchauffement climatique et l'accès accru à l'énergie nécessaire pour relever le niveau de vie dans les pays à faible revenu. Leur proposition est de construire à grande échelle de nouveaux réacteurs nucléaires, au rythme de 115 par an pour rendre la production mondiale d’électricité exempte de combustibles fossiles d’ici 2050. Les auteurs affirment dans une interview au Wall Street Journal : « Ce dont le monde a besoin, c'est d'une source d'électricité sans carbone qui puisse monter en puissance très rapidement et fournir de l'électricité de façon fiable 24 heures sur 24, quelles que soient les conditions météorologiques. L'énergie nucléaire répond à toutes ces exigences. »
Objections
Goldstein et Qvist sont parfaitement conscients que leur proposition va susciter un tollé. .....................
http://www.up-magazine.info/index.php/planete/climat/8332-climat-et-si-l-energie-nucleaire-etait-la-seule-a-nous-sauver-de-la-catastrophe-annoncee
16/01/19Contre le réchauffement climatique, la solution nucléaire?
Confrontés au réchauffement de la planète, certains experts commencent à souligner l'intérêt de l'énergie nucléaire. ....
https://www.lexpress.fr/actualite/sciences/contre-le-rechauffement-climatique-la-solution-nucleaire_2057530.html

14/01/19Sans l'action de la France, l'Europe aurait subi une gigantesque panne électrique
Le déséquilibre a été constaté au niveau européen par RTE, et non sur le territoire français où l'offre et la demande d'énergie étaient équilibrées. Mais pour prévenir un blackout européen, RTE a immédiatement réagi en demandant à six grands industriels ayant souscrit des contrats dits "d'interruptibilité" de réduire leur consommation le temps de rétablir le bon équilibre du réseau au niveau européen.
C'est un scénario catastrophe qui a été évité jeudi dernier. A cause d'une production d'électricité insuffisante par rapport à une forte demande, le système d'approvisionnement européen s'est trouvé au bord de la rupture. Et la France a dû demander en urgence à de grands groupes industriels énergivores de réduire leur consommation d'électricité pour préserver l'Europe d'un blackout général. Et l'origine du déséquilibre européen n'étant toujours pas connue, EDF continue d'enquêter.
Le système électrique européen est passé tout près de la rupture jeudi dernier en raison d'une production insuffisante qui a contraint la France à réduire la consommation de certains clients industriels, a annoncé la Commission de régulation de l'énergie (CRE).
"Le 10 janvier vers 21h00, la fréquence du système électrique français et européen est passée très en-dessous de 50 Hertz. Or, quand la fréquence s'écarte trop de ce niveau, le système électrique pourrait connaître des coupures importantes, voire un 'black-out'", a fait savoir le régulateur dans un communiqué diffusé samedi.
RTE, filiale de transport d'électricité détenue par EDF, la Caisse des dépôts et CNP Assurances, a en conséquence demandé immédiatement à de grands groupes industriels énergivores, dans l'acier par exemple, de réduire leur consommation d'électricité de plus de 1.500 mégawatts (MW) pour faire remonter la fréquence, ce qui a permis d'éviter une rupture.
Les six clients industriels ayant conclu avec RTE des contrats dits "d'interruptibilité" ont baissé leur consommation pendant des périodes de 20 à 45 minutes, a indiqué lundi le gestionnaire de réseau, qui a eu ainsi recours pour la première fois à ce dispositif mis en place en 2014.
L'origine du déséquilibre européen n'est toujours pas connu
L'équilibre entre offre et demande d'électricité était assuré au niveau français, a cependant fait savoir une porte-parole de RTE, sans toutefois pouvoir à ce stade préciser l'origine du déséquilibre constaté à l'échelle européenne.
"Le système a très bien fonctionné et a permis de sécuriser l'ensemble de la zone Europe", a-t-elle également souligné.
A la suite de cet incident, la CRE a demandé à RTE "de travailler avec ses homologues européens pour identifier les causes de cet événement et proposer des mesures correctives".
Les réseaux d'électricité européens sont interdépendants et un manque de production dans un pays, même temporaire, peut se traduire par une coupure chez ses voisins.
Le risque est logiquement plus élevé en période hivernale où le réseau électrique est très sollicité et les marges de manoeuvre en matière de production supplémentaire sont moins importantes.

14/01/19RTE A ÉVITÉ UNE GROSSE PANNE ÉLECTRIQUE EN EUROPE
1500 : Le dispositif de sécurité de RTE a permis de réduire la consommation électrique de 1 500 mégawatts.
RTE, la filiale de transport d’électricité détenu en partie par EDF, a évité à l’Europe un « black-out » jeudi dernier, qui aurait pu avoir des conséquences particulièrement importantes.
En Europe, les réseaux de production et de distribution de l’électricité sont interdépendants. Si l’un d’entre eux devait tomber en panne, cela aurait des répercussions chez les autres. Et c’est d’autant plus critique qu’en période hivernale, la consommation d’électricité est très importante. Ce jeudi 10 janvier, vers 21h, la fréquence du système électrique français et européen est passée « très en dessous » des 50 Hz, a expliqué la Commission de régulation de l’énergie (CRE), le régulateur du secteur en France. « Or, quand la fréquence s'écarte trop de ce niveau, le système électrique pourrait connaître des coupures importantes, voire un black-out ».
Fréquence trop basse
Pas question de subir ni l’une, ni l’autre des conséquences de cette chute subite de la fréquence du système électrique. RTE a donc activé, pour la première fois depuis sa mise en place en 2014, un dispositif permettant de baisser la consommation d’électricité auprès de six grands clients industriels. Ces derniers ont réduit, pendant des périodes allant de 20 à 45 minutes, leur consommation. Résultat : les 1 500 mégawatts en moins ont permis à la fréquence de remonter et de se stabiliser.
Sécurisation de la zone Europe
« Le système a très bien fonctionné et a permis de sécuriser l'ensemble de la zone Europe », s’est réjoui RTE, qui a ajouté que l’équilibre entre l’offre et la demande d’électricité était « assuré » en France. La CRE a cependant demandé au fournisseur français de travailler avec ses homologues européens pour « identifier les causes de cet événement et proposer des mesures correctives ».
http://www.economiematin.fr/news-rte-evite-grosse-panne-electrique-europe

14/01/19
Électricité en Europe : une journée qui dérange
La France a frôlé le black out électrique ce 10 janvier. Voici pourquoi. ...
https://www.contrepoints.org/2019/01/15/334711-electricite-en-europe-une-journee-qui-derange?utm_source=Newsletter+Contrepoints&utm_campaign=465f7479cf-Newsletter_auto_Mailchimp&utm_medium=email&utm_term=0_865f2d37b0-465f7479cf-113970649&mc_cid=465f7479cf&mc_eid=7562c94020

14/01/19 : L’Europe électrique reste sous tension

La France a frôlé la grande panne d’électricité, il y a quelques jours. Cela pourrait être liée à une baisse soudaine de la production en Allemagne ou en Belgique.
Que s’est-il passé jeudi 10 janvier à 21 heures 02 sur le système électrique européen ? Une chute soudaine de tension (tombée très en dessous de 50 Hz) a obligé RTE, chargé en France du réseau de transport d’électricité, à demander aux quelques gros consommateurs industriels (six au total), avec qui il a signé des contrats, de réduire fortement leurs besoins électriques afin de soulager les lignes et d’éviter le pire. Au total, ils se sont « effacés » pour un peu plus de 1 500 mégawatts, ce qui représente la capacité d’un gros réacteur nucléaire, en pleine charge.
« Nous sommes passés très près d’une panne importante qui aurait pu avoir de graves conséquences alors qu’il n’y avait pas de situation exceptionnelle comme une période de grand froid », souligne un expert. La Commission de régulation de l’énergie (CRE), qui a révélé l’information deux jours plus tard, explique même qu’il aurait pu y avoir un « black-out », c’est-à-dire un effondrement total du réseau. Elle a demandé à RTE de mener l’enquête pour déterminer qui est à l’origine de cette tension.
À lire aussi : Le système électrique français est « sans marge »Une demande supérieure à la production
Le gestionnaire des lignes à haute tension est très motivé à trouver le responsable, car il va devoir au préalable indemniser les industriels qui ont accepté de réduire leur consommation, entre 20 et 45 minutes ce soir-là. C’est la première fois en effet qu’il a recours à ces contrats « d’interruptibilité » depuis leur mise en place en 2014.
C’est également la première fois que le régulateur évoque ce genre de problème en France, preuve de l’importance donnée à l’événement. Une seule chose est sûre : le problème ne vient pas de France, où le système était équilibré à ce moment-là.
Une chute de tension intervient en effet sur le réseau lorsque la demande est fortement supérieure à la production. L’équilibre doit se faire en temps réel puisque la spécificité de l’électricité est de ne pas pouvoir se stocker (ou mal et en tout cas pas à grande échelle).
Habituellement les producteurs annoncent aux gestionnaires de réseau leur prévision de production la veille pour le lendemain. De leur côté, les gestionnaires de réseau établissent des prévisions de consommation en fonction de nombreux paramètres (notamment les conditions météorologiques) et se donnent un peu de marge. « Ce système est intrinsèquement fragile mais fonctionne plutôt bien », souligne Jacques Percebois, directeur du Centre de recherche en économie et droit de l’énergie.
Une erreur de prévision ou un problème technique
Pourquoi pas alors le 12 janvier au soir ? Sur le papier, il y a plusieurs hypothèses : soit un producteur s’est trompé dans ses prévisions ; soit il a eu un problème technique ; soit c’est la consommation qui a brusquement grimpé parce qu’un industriel a dû faire face à un pic de demande, une piste qui semble peu vraisemblable.
Les regards se tournent donc vers les électriciens, en particulier d’Allemagne et de Belgique, la seule zone d’où l’on importait de l’électricité entre 21 heures et 21h30 (tout est consultable sur le site de RTE). Un problème sur le parc nucléaire belge ou un « à-coup » des éoliennes allemandes : tout va être examiné dans le détail.
L’erreur est peut-être aussi toute bête : « en 2006, lors de la dernière grande panne, c’est une prévision de consommation non réactualisée par le gestionnaire allemand qui avait plongé 15 millions d’Européens dans le noir durant deux heures », raconte Jacques Percebois. Il rappelle que c’est la mise en service en quelques minutes des 1 800 MW du barrage de Grand’Maison (Isère) qui avait permis d’éviter la catastrophe en Europe.
https://www.la-croix.com/Economie/Monde/LEurope-electrique-reste-tension-2019-01-14-1200995285

13/01/19Électricité : le réseau français a frôlé la coupure générale cette semaine
Jeudi soir, la demande en électricité sur le réseau européen était bien supérieure à l'offre.
Le pire a été évité. Jeudi, le réseau électrique français a frôlé le "black out", indique le Comité de régulation de l'énergie dans un communiqué publié ce dimanche.
Certes, il ne faisait pas particulièrement froid, mais la demande sur le réseau européen était alors très supérieure à l'offre. Résultat : "la fréquence du système électrique français et européen est passée très en dessous de 50 Hz", la fréquence de l'équilibre offre-demande.
Cette situation aurait pu entraîner des coupures de courant importantes voire un "black out", c'est-à-dire une coupure généralisée.
Les industriels sollicités
"Cet épisode a conduit RTE (Réseau transport d'électricité) à faire appel aux consommateurs industriels interruptibles à 21h02 leur demandant de réduire instantanément leur consommation d’électricité de plus de 1500 MW pour faire remonter la fréquence", indique le CRE.
Le régulateur de l'énergie s'est félicité "de la bonne réponse des industriels interruptibles à la sollicitation de RTE, mais indique avoir demandé à ce dernier de "travailler avec ses partenaires européens afin d'identifier la cause de cet événement".
https://www.ledauphine.com/france-monde/2019/01/13/electricite-le-reseau-francais-a-frole-la-coupure-generale-cette-semaine?fbclid=IwAR1UCRCUEFxkJSjP5aHVlYP509oVmbR7AxpicY7Sbj-4QxSrq9OKqfvOxJ8

11/01/19
Nucléaire, solaire, éolien : cessons les mensonges et revenons aux faits
Le nucléaire, peut-on entendre, ne produit pas l’électricité au meilleur coût : le coût de l’enfouissement des déchets et du démantèlement des centrales n’est pas connu et n’est pas pris en compte.
C’est faux : ces deux coûts font l’objet de provisions d’EDF et sont pris en compte. Un doute peut être émis sur l’exactitude de leur évaluation car faute de retour d’expérience, il a fallu élaborer des hypothèses sur la base de scenarios de décontraction.
Quant à l’enfouissement des déchets, c’est la prudence et la très haute exigence de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) pour garantir la sécurité des français (et tant mieux !) qui entraîne un décalage dans l’opération d’enfouissement : technique de conditionnement des déchets, site de stockage sûr et accepté par la population influencée par les positions idéologiques ou/et politiques exprimées. À tel point que des installations de conditionnement et d’entreposage des déchets activés ont pour but de les conserver sous très haute surveillance en attendant de disposer de lieux de stockage définitifs.
Rappelons que l’ASN est une entité indépendante qui assure les missions, au nom de l’État, de contrôle de la sûreté nucléaire, de la radioprotection et de l’information des citoyens « pour protéger les travailleurs, les patients, le public et l’environnement des risques liés aux activités nucléaires ».
On dit que débat sur la sûreté des centrales est fui pour éviter les questions gênantes, les accidents de Tchernobyl et de Fukushima ne sont pas pris en compte et nous avons frôlé la catastrophe nucléaire.
C’est faux : je n’ai pas connaissance d’accident en centrale qui ait relevé du niveau de catastrophe nucléaire… L’ASN suit chaque incident survenant dans une centrale, les actions correctives effectuées ainsi que les contrôles et corrections réalisés sur l’ensemble du parc pour supprimer tout risque de cet incident sur les autres centrales. Aucun réacteur ne peut redémarrer sans son accord et chaque incident est accompagné d’une communication dans les médias.
D’autre part, EDF s’est particulièrement investie dans la mise sous sarcophage de Tchernobyl et c’est l’Unité d’EDF chargée de la déconstruction des centrales qui a directement travaillé avec les Américains sur cette action lui permettant d’en tirer un retour d’expérience pour le parc français.
Enfin, rappelons que nous avons des dizaines d’années de retour d’expérience sur un parc de 58 réacteurs répartis entre 19 centrales. Une enquête auprès des populations vivant près des centrales et notamment lorsqu’il est question d’en fermer une en dit plus que les réquisitoires sans fondement avéré.
On lit que l’électricité éolienne et solaire est rentable et moins chère que le nucléaire.
C’est faux : pour promouvoir l’électricité « verte », son prix est subventionné par le biais de la CSPE qui apparaît sur les factures d’électricité et qui prend en compte l’obligation d’achat par EDF de cette électricité à un prix supérieur au prix de marché : le surcoût est calculé à partir de la différence entre le tarif d’achat et les prix de marché de gros de l’électricité. De plus, nous n’avons pas de retour d’expérience comparable au nucléaire et nous ne pouvons pas garantir la durée de vie des installations.
À cela, il faut ajouter que remplacer un seul des 58 réacteurs par des éoliennes implique de trouver des centaines de sites pour les implanter avec un impact sur l’environnement et sur le paysage français… et le nucléaire supprimé, il faudra payer cash le surcoût : ce n’est pas dans l’air du temps !

http://www.bvoltaire.fr/nucleaire-solaire-eolien-cessons-les-mensonges-et-revenons-aux-faits/

08/01/19 : Les STEP : un maillon irremplaçable du stockage d’énergie
Dans le cadre de la PPE, le gouvernement prévoit d'intensifier le recours aux STEP, ces centrales hydrauliques permettant de pallier à l'intermittence des énergies renouvelables. Un concept aussi simple que mature, qui répond efficacement aux besoins de stockage d'électricité.
Les stations de transfert d'énergie par pompage, ou STEP, ont de l'avenir. Ce concept simple – deux barrages situés à différentes altitudes et reliés par des turbines réversibles – est en effet appelé à monter en puissance dans l'Hexagone, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) actuellement en vigueur prévoyant d'accroître le parc actuel « de 1 à 2 GW » à l'horizon 2030 – soit une hausse de 24% à 48% par rapport aux 4,2 GW de puissance actuellement en opération. Dans le cadre de la transition énergétique, les réseaux électriques devront en effet se montrer plus flexibles, et les capacités de stockage d'électricité devront être singulièrement développées.
EDF investit 8 milliards d'euros dans le stockage
Pour atteindre ces objectifs, EDF a annoncé, en mars dernier, un nouveau plan d'investissement de 8 milliards d'euros dans les solutions de stockage, sur la période 2018-2035. 10 GW de nouvelles capacités seront installées, dont 6 GW via des solutions à grande échelle, telles que les STEP. Ces dernières sont, en effet, les outils disponibles les plus matures, permettant une gestion prévisible et à une échelle régionale de l'énergie stockée lors des périodes de surplus de production.
Rien d'étonnant, dans ces conditions, à ce que les STEP représentent aujourd'hui 98% des capacités de stockage d'électricité connectées dans le monde. D'ailleurs, la majorité des 10 GW de nouvelles capacités de stockage installées par EDF, qui opère d'ores et déjà 5 GW de STEP, devrait l'être à l'international. Pour le PDG de l'opérateur français, Jean-Bernard Lévy, « les progrès significatifs qui ont été réalisés en matière de stockage permettent de lisser l'intermittence des énergies renouvelables et de les rendre plus pilotables ».
Un atout en matière de stockage d'énergie
Le stockage d'énergie est en effet « un enjeu clef de la transition énergétique pour réguler l'intermittence créée par les énergies solaires et éoliennes », confirme dans une tribune Denis Payre, président de Nature & People First. « Notre pays doit avoir une stratégie pour le stockage d'énergie, avec l'annonce de la dernière PPE qui prévoit une forte augmentation du solaire et de l'éolien », poursuit-il. Le ministre de l'Environnement, François de Rugy, ayant « indiqué qu'il était nécessaire de ''s'appuyer sur ce qui est fiable technologiquement et compétitif économiquement'', en ce sens, les STEP, solution parfaitement fiable utilisée depuis plus de cent ans, peuvent connaître une renaissance », juge encore Denis Payre.
Une STEP est, en effet, composée de deux bassins séparés par un important dénivelé, et d'une centrale hydro-électrique associant une turbine et une pompe, cette dernière permettant, en cas de surplus d'énergie disponible, de transférer l'eau du bassin inférieur vers le bassin supérieur. Si la demande augmente, il suffit de restituer l'énergie grâce à la force gravitationnelle : simple et efficace, en somme. Ce que confirme Jean-Claude Meynard, de l'entreprise suisse Alpiq, selon qui « en termes de physique, c'est un dispositif parfait, parce que c'est de l'énergie renouvelable et qu'il y a un très bon rendement ».
Même son de cloche chez Yves Giraud, directeur de l'activité Hydraulique chez EDF, pour qui « c'est un très grand enjeu aujourd'hui de pouvoir stocker l'énergie. Cela permet l'intégration d'autres énergies renouvelables parce que c'est pilotable ». Les STEP rendent possible en effet la gestion de la demande d'énergie en temps réel, tout en représentant une solution efficace à l'intermittence de certaines énergies renouvelables, comme l'éolien ou le solaire. Ce qui fait dire au gouvernement, dans sa feuille de route de la PPE, « l'hydroélectricité pourrait contribuer de manière décisive à répondre au besoin de flexibilité du système électrique, notamment grâce aux STEP ».
2 000 MW supplémentaires d'ici 2023
Aujourd'hui, la France dispose de six STEP exploitées par EDF et représentant près de 5 GW, disponibles presque immédiatement. Les centrales sont situées à Revin, dans les Ardennes (800 MW), à Grand'Maison (1 790 MW) et à Le Cheylas (460 MW) en Isère, à Super-Bissorte (730 MW) et à La Coche (330 MW) en Savoie, et à Montézic dans l'Aveyron (910 MW). Et, d'ici à 2023, quelque 2 000 MW de STEP devraient être installés, notamment sur le site de la Truyère, dans l'Aveyron, où l'opérateur prévoit, s'il obtient le feu vert de la Commission européenne, un chantier d'environ 1 GW.
https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-step-un-maillon-irremplacable-211438
31/12/18
Le GIEC opte pour le nucléaire !
Le 8 octobre dernier, le GIEC a publié un rapport dont les médias généralistes n’ont pas parlé. Dans ce rapport, le GIEC fixe un objectif : faire en sorte de ne pas dépasser 1,5 °C d’augmentation de la température moyenne de l’atmosphère terrestre. Comme nous l’avons écrit dans un précédent article, la pertinence des affirmations concernant l’origine anthropique de ce « réchauffement », qui s’est évanoui depuis vingt ans, est très discutable, mais ce qui est intéressant, dans ce rapport, c’est que le GIEC conseille aux décideurs d’investir massivement dans le nucléaire de façon à multiplier par six la capacité mondiale de production nucléaire d’électricité d’ici 2050 ! On aurait aimé connaître la réaction des écologistes français dont la principale motivation, depuis plus de quarante ans, est la lutte contre l’énergie nucléaire, mais ils sont très silencieux.
Emmanuel Macron a annoncé, le mardi 27 novembre, que 14 des 58 réacteurs du parc nucléaire français devraient fermer d’ici 2035, dont 4 à 6 d’ici 2030, de façon à ramener à 50 % la part du nucléaire dans la production nationale d’électricité. Il a ajouté que 71 milliards d’euros seraient consacrés au soutien des énergies renouvelables (solaire, éolien, biogaz…) d’ici 2029, c’est-à-dire, principalement, à des équipements énergétiques intermittents (22 % du temps pour l’éolien et 12 % pour le solaire) qui devront être doublés par des équipements susceptibles de pouvoir être mis en service très rapidement (fonctionnant très probablement au gaz, comme c’est le cas au Danemark ; les Allemands, eux, font monter en puissance, quand il n’y a pas assez de vent ou de soleil, des centrales thermiques fonctionnant au lignite, lequel est le plus polluant de tous les combustibles !). Malgré tout ce que nous savons des défauts des éoliennes liés à l’intermittence, au bruit, à la pollution esthétique, Emmanuel Macron veut tripler le nombre de ces machines. Par ailleurs, il vient d’annoncer que nous allions abandonner les moteurs thermiques pour les moteurs électriques, c’est-à-dire augmenter considérablement nos besoins en électricité !
Le président de la République vient de créer un nouveau comité Théodule baptisé Haut Conseil pour le climat (pas moins !), auquel Jean-Marc Jancovici a accepté de se joindre. Ce polytechnicien, qui enseigne l’énergétique à l’École polytechnique, a expliqué dans plusieurs ouvrages les raisons qui l’ont amené à penser que l’énergie nucléaire était la seule solution permettant de surmonter le défi posé par la disparition inévitable des hydrocarbures et de limiter les émissions de gaz carbonique (CO2), sans avoir l’inconvénient majeur de l’intermittence, ce qu’il a confirmé au cours de l’émission d’Yves Calvi sur LCI du 27 novembre 2018. Jean-Marc Jancovici a montré que les énergies intermittentes (éolien et solaire électriques) étaient de très mauvaises solutions qui provoqueraient la multiplication par dix du prix de l’électricité, compte tenu du coût exorbitant des équipements de stockage (essentiellement hydrauliques et, donc, très difficiles à créer en France parce que tous les sites se prêtant au stockage hydraulique sont déjà utilisés) qu’il faudrait construire dans l’hypothèse où nous déciderions de ne plus utiliser que des sources d’énergie intermittentes en plus des équipements hydrauliques existants.
Le gouvernement a opté simultanément pour la diminution de notre capacité de production d’électricité nucléaire et l’augmentation de la consommation d’électricité pour les transports (ce qui a généré la crise politique en cours du fait de la taxation « écologique » des carburants). Il a l’intention de remplacer les centrales nucléaires par des équipements dont le fonctionnement sera intermittent. Ce choix, qui ne tient pas compte des récentes recommandations du GIEC, se traduira par une augmentation importante du prix de l’électricité et des émissions de CO2 !
http://www.bvoltaire.fr/le-giec-opte-pour-le-nucleaire/

28/12/18 : Nucléaire : EPR, la leçon chinoise
Le 17 décembre dernier a eu lieu un important événement peu diffusé.
La mise en service, dans le réseau de distribution de l’électricité, de l’EPR de Taishan, dans le sud de la Chine. Le réacteur nucléaire le plus puissant du monde, avec ses 1.750 mégawatts, capable de fournir de l’électricité pendant soixante ans à cinq millions de foyers dans la mégalopole de Canton.
C’est la province de Guandong, qualifiée « d’atelier du monde ».
Un remarquable succès pour Framatome/EDF (ex-Areva) et la China Nuclear Power Corporation. Un succès qui démontre, à l’évidence, l’excellence de la France dans le domaine du nucléaire.
Certes, l’EPR a été longtemps décrié et il est probable que c’est un « produit » mis trop tôt sur le marché alors que tout n’était pas au point : merci, Madame Lauvergeon !
À cet égard, le cas de Flamanville est intéressant à analyser brièvement.
Certes, le projet connaît des retards et des surcoûts considérables, mais ce n’est pas la technique nucléaire stricto sensu qui est en cause et, après tout, neuf milliards sur soixante ans, cela ne fait que 150 millions par an !
Bouygues a coulé du béton avec des bulles et les usines du Creusot ont réalisé des soudures de médiocre qualité.
C’est comme si un constructeur automobile avait lancé sur le marché un véhicule au moteur révolutionnaire et peu gourmand, mais avec un châssis mal soudé et une carrosserie pleine de trous !
Produit retoqué, à l’évidence !
En Chine, la coopération entre EDF et la CGNPC (Chinese General Nuclear Power Corporation) a été excellente. Le constructeur chinois a strictement respecté les normes draconiennes imposées par EDF et le produit EPR est maintenant au point.
Ce dont vont profiter les Britanniques, à Hinkley et les Finlandais, à Olkiluoto.
Et aussi les Chinois, qui ne vont pas tarder à maîtriser la technologie.
Pour autant, il est clair que vouloir se passer du nucléaire en France est une pure hérésie. Une éolienne, c’est une puissance de un à trois mégawatts, un EPR, c’est donc l’équivalent de 550 éoliennes, sans parler des durées de vie respectives et du taux de rendement !
Si on voulait produire autant d’électricité avec des éoliennes qu’il en est produit, aujourd’hui, avec le nucléaire, il faudrait installer ces horribles engins sur 25.000 km2, soit à peu près la superficie de la région Normandie !
Don Quichotte a été plus intelligent que tous ces écolos irresponsables : lui, il a su renoncer à se battre contre des moulins à vent !
http://www.bvoltaire.fr/nucleaire-epr-la-lecon-chinoise/

17/12/18ÉLECTRICITÉ : LES OFFRES VERTES SONT-ELLES VRAIMENT VERTES ?😏😏😏
L’agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) distingue deux différentes offres d’énergies renouvelables.
“Vert électrique”, “Elec Verte”, “Offre Verte”... tous les fournisseurs d’énergie proposent aujourd’hui une offre d’électricité verte. Problème : certaines sont beaucoup plus vertes que d’autres. C’est ce qu’a soulevé l’Ademe (l’agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) dans un rapport publié le 3 décembre. “Pour qualifier de “verte” une offre d’électricité, il suffit d’acheter des Garanties d’Origine à un producteur d’énergie renouvelable (EnR), explique à Capital David Marchal, directeur adjoint productions et énergies durables de l’Ademe. Ces documents attestent juste au consommateur qu’une quantité d’électricité verte égale à sa consommation a été injectée sur le réseau électrique européen”.
Concrètement, un vendeur d’électricité a deux solutions pour qualifier son offre de “verte”. Soit il achète auprès d’un même producteur éolien ou solaire des Garanties d’Origines (G.O.)- entre 0,2 et 3 euros le mégawatt-heure - ainsi que de l’électricité réellement renouvelable à environ 60 euros le mégawatt-heure. C’est ce que l’Ademe qualifie d’offre verte “premium”. Soit il se contente d’acheter les G.O. à ce producteur et va se fournir pour moins cher auprès d’un autre producteur, en électricité non-nécessairement renouvelable, à 42 euros le mégawatt-heure par exemple. Ces offres sont qualifiées de “standard” par l’agence qui déplore un manque de transparence. “L’achat de Garanties d’Origine uniquement, sans l’électricité, n’assure pas un revenu assez important aux producteurs EnR pour développer de nouvelles installations en dehors des mécanismes de soutien public” estime David Marchal qui souhaiterait que l’Etat impose un label distinguant les deux offres.
EDF fait partie des fournisseurs d’énergie achetant séparément l’électricité et les Garanties d’Origine. “Nous n’opposons pas les différents types d’énergies, explique l’opérateur historique. Au contraire, EDF est le premier producteur d’énergies renouvelables en Europe et nos investissements en la matière sont aussi importants que pour le nouveau nucléaire”. De fait, la compagnie française a annoncé 25 milliards d’euros d’investissements entre 2020 et 2035 pour installer 30 gigawatts de solaire photovoltaïque en France. Pour comparaison, c’est l’équivalent de la moitié de la capacité nucléaire actuelle d’EDF.
Même réaction du côté d’Engie. Contacté par Capital, le groupe français précise avoir “fait appel à TUV-Sud, un organisme indépendant spécialisé dans l’audit et la certification, pour garantir le respect de son engagement en matière d’électricité verte”. Et d’ajouter : “Engie a développé une offre permettant aux clients de choisir l’un de nos sites de production renouvelable parmi des centrales hydrauliques et parcs éoliens, et de suivre sa production via des applications numériques et l’usage de la blockchain”. Alors qu’Engie affirme être le premier producteur d’énergie solaire et d’éolien terrestre, il promet de multiplier respectivement par quatre et par deux lesdites capacités d’ici 2021.
Malgré tout, l’Ademe préfère mettre en avant les offres vertes “premium”. Selon l’agence et le comparateur de Greenpeace, ils ne sont que trois fournisseurs à en proposer : Enercoop, Ilek et Energie d’Ici. “Acheter les Garanties d’Origine et l’électricité au même producteur nous permet une meilleure traçabilité, d’assurer une rémunération sur le long terme à nos producteurs et d’encourager la création de projets territoriaux de transition énergétique” précise Emmanuel Soulias, le directeur général de la coopérative Enercoop. Elle fournit par exemple de l’électricité en provenance d’un parc communal citoyen photovoltaïque à Luc-sur-Aude en Occitanie. Si le prix de ces offres “premium” reste variable en fonction du type de production, elles sont généralement plus coûteuses. Mais les tarifs devraient baisser à mesure que se développent les énergies renouvelables.
https://www.capital.fr/entreprises-marches/electricite-les-offres-vertes-sont-elles-vraiment-vertes-1319995


16/12/18 : 50 % de nucléaire en France : l’échéance prorogée pour 2035
François de Rugy fait le point sur l’EPR lors de son passage au « Grand Rendez-vous d’Europe 1 ». Le ministre de la Transition écologique explique que le réacteur nucléaire ne promet encore ni la sécurité ni la compétitivité.
La question d’énergie nucléaire rejoint le mouvement « gilets jaunes » et la fiscalité écologique au cœur des actualités du pays. La présentation de la PPE ou Programmation pluriannuelle de l’énergie met la filière nucléaire sous les projecteurs. Elle est attendue cette fin novembre.
Évolution du nucléaire en matière énergétique
Pour ramener la part du nucléaire à 50 %, une échéance de 10 ans a été fixée en 2015. L’estimation glisse d’une décennie, selon les explications. La préparation au changement a déjà eu lieu au temps de l’ancien ministre Nicolas Hulot en 2017. Le premier ministre a annoncé la prorogation d’échéance à la fin de la période estivale de cette année. Sans recourir aux énergies fossiles, atteindre le nucléaire à 50 % en 2025 sera compliqué. Le nouvel horizon se dessine alors en 2035. L’évolution prévue est bien décrite dans la programmation de l’énergie.
Coûts des EPR, encore élevés
Il faut actuellement une soixantaine d’euros pour un mégawattheure d’énergie solaire, en prix de gros. L’éolien présente, à peu près, le même prix. Pour commander l’EPR au Royaume-Uni, il faudrait encore 40 euros de plus, soit 100 euros pour le méga Wh. De nouveau EPR ne permet pas alors de profiter de prix compétitifs pour le moment. La construction de l’EPR de Flamanville est toujours en cours. Or, la livraison de l’équipement devait déjà se réaliser il y a quelques années. De plus, le coût actuel, à 11 milliards d’euros, sonne fort. Il s’agit du triple du montant initialement prévu. Le ministère reste alors prudent en matière d’EPR. Si la promesse de diminution des coûts de productionet par la suite, la baisse des prix des énergies produites, est accordée aux décideurs, ceux-ci préfèrent s’en méfier et demander des plans fiables.
Manque de fiabilité du réacteur
Le réacteur nucléaire de troisième génération n’émet pas de GES (Gaz à effet de serre). Il prévoit des circuits de sûreté et répond aux normes françaises. Les partisans du projet, comme EDF et les compagnies allemandes, rappellent ces avantages. Des protections actives et passives sont prévues dans les installations. Pourtant, François de Rugy, à la tête du ministère responsable, remarque que la fiabilité des EPR n’est pas encore démontrée. La mise en place des premiers réacteurs à Flamanville ou à Finlande, met plus de temps que prévu.
Des alternatives dans la PPE
Les efforts pour les prochaines décennies ne se cantonnent pas dans les énergies nucléaires. La Programmation de l’énergie présente des sources énergétiques alternatives à prendre en compte. La place donnée au nucléaire ne cache pas l’importance accordée aux énergies renouvelables. La France se tourne aussi vers les économies d’énergie.