Stop à l'éolien industriel

Stop à l'éolien industriel
Un fléau d'une ampleur internationale s'abat, depuis quelques années, sur notre pays. Aidés par nos élus, les promoteurs éoliens se sont accaparés nos territoires et nos vies. Devant le massacre de notre patrimoine, un vent de colère s'élève partout sur l'hexagone. Il est grand temps de dire "STOP" à ce carnage.

vendredi 6 avril 2018

Charente-Maritime : Compte-rendu réunion éoliennes – St Dizant du Gua

http://www.saintdizantdugua.net/compte-rendu-reunion-eoliennes/

LES ÉOLIENNES DANS LE MARAIS
http://www.saintdizantdugua.fr/


« La réunion d’informations sur l’implantation d’Éoliennes dans le Marais de ST DIZANT s’est tenue devant une forte assemblée très concernée par l’étude, en cours d’EDF Énergies Nouvelles. Malheureusement, à mon goût peu, trop peu d’habitants de ST DIZANT y ont participé, si ce n’est une forte représentation des chasseurs et des riverains du Marais, des habitants de St Thomas, St SorlinSt Bonnet et autres.
Peu de conseillers également qui pourtant sont concernés soit à double titre ou tout simplement parce qu’il s’agit des affaires de la commune.
J’ai proposé, bien sûr, une présentation équilibrée de façon à ne pas influencer le libre arbitre de chacun.
Beaucoup de questions, beaucoup d’inquiétudes, un début de colère..
Fort de cet échange je prends position en tant que Maire de ST DIZANT DU GUA.
Ce qui m’interpelle en premier lieu, c’est qu’EDF Énergie Nouvelles s’active en sous mains pour élaborer son étude depuis ST ANDRONY (33) jusqu’à MORTAGNE SUR GIRONDE (17). Les propriétaires fonciers ont été contactés dans le plus grand secret.
Bien entendu, la commune de St Dizant est fortement impactée à travers son Marais par ce projet.
  • Celui-ci va porter atteinte à l’environnement, et ce en contradiction avec les lourdes dépenses d’aménagement qui ont été réalisées ces années passées par la Région, le Département, la Commune pour le conserver dans son état presque originel.
  • Ce qui m’interpelle ensuite c’est la rentabilité énergétique du projet, elle est plus que douteuse voire contestable.(nous pourrions parler de rendement et de coûts )
  • L’impact sur l’Ecosystème est plus que négatif.(des tonnes de béton, des zones entières ravagées pour permettre l’accès … etc … irréversible !!)
  • Ces éoliennes, je le pense, (et je ne suis pas le seul ) sont un refouloir à touristes, plus encore la venue et l’installation de nouveaux habitants sont remises en cause, ce qui a pour conséquence d’accentuer la désertification rurale.
  • L’immobilier, en zone de visibilité (combien de km ??) en sera affecté en terme de valeur jusqu’à -40% et quid sur la revente du bien.(agences locales)
  • On ne nous permet plus de construire de par l’application de la loi «littorale» sous une forme brutale, mais on va donner l’autorisation à l’édification de ces machines. Deux poids deux mesures !!!!
  • L ’Estuaire est le plus grand couloir migratoire (au moins) en Europe , on l’efface d’un trait. (Nos enfants s’en souviendront, soyons en certains !).
  • Écoutons nos ainés qui ont tant « besogné » pour nous transmettre ce patrimoine remarquable. Nous leur devons respect et reconnaissance en préservant ce lieu dans son aspect naturel.
  • Alors bien sûr, retombée financière pour la commune ? (à voir)!!! Pour quoi faire ? Contempler le vide ?? Analysons les choses à plus long terme…. Et nous verrons que la commune a peu à y gagner si ce n’est : prononcer sa disparition dans un proche avenir.
  • Seul l’intérêt d’une petite « quantité » d’individus ou de Sociétés prime dans la démarche adoptée.
  • Énergie Éolienne : alternative au nucléaire. C’est un gag. Soyons sérieux ?? Oui, une alternative doit être étudiée, élaborée, être efficiente ; elle ne passe surtout pas par un « salopage » du territoire et doit être une vrai alternative.
Cette question doit être traitée dans l’urgence car le projet avance en sous-terrain et bientôt nous serons placés devant une situation irréversible .
Réunion prochaine à venir
Le maire JF MAZZOCCHI »


------------------------------------------------------


(Rappelons pour être précis que des propriétaires de terrains éligibles à la construction sur la commune de Saint Dizant du Gua ont déjà donné leur accord pour la construction d’éolienne dont certains siègent au conseil municipal.)

------------------------------------------------------

Lire aussi
Gironde et Charente-Maritime : des éoliennes dans les marais, ce n’est pas du vent


jeudi 5 avril 2018

Fédération Environnement Durable à Mesdames et Messieurs les membres de la commission mixte paritaire

http://fed-info.org/media/com_acymailing/upload/lettre_a_la_cmp_projet_loi_un_etat_pour_societe_de_confiance.pdf

Copies à : 
Monsieur Emmanuel Macron, président de la République 
Monsieur Nicolas Hulot, ministre de la transition Ecologique et Solidaire Monsieur Sébastien Lecornu, secrétaire d'Etat du Ministère de la Transition écologique et solidaire

Objet : articles sur les Installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) introduits par le Sénat dans le projet de loi pour un Etat au service d’une société de confiance

Mesdames, Messieurs, 

Aux termes de la convention d’Aarhus ratifiée par la France le 8 juillet 2002, toute personne a droit d’être informée, de s’impliquer dans les décisions et d’exercer des recours en matière d’environnement. 

Dans le Portail national de l’information environnementale du ministère de la transition écologique et solidaire, lui-même, est avancé que « ce texte essentiel contribue à créer la confiance du citoyen envers les institutions et plus largement, leur fonctionnement démocratique.» « En offrant au citoyen une place dans les débats environnementaux, elle (la convention) rencontre les exigences de transparence et de proximité synonymes de bonne gouvernance publique » rappelle ce Portail. 

C’est donc avec une vraie colère que nous constatons que, alors que par ailleurs un projet de décret Lecornu supprime le double degré de juridiction pour les éoliennes industrielles terrestres, le Sénat entend, 
- à l’article 35 bis (nouveau) du projet de loi « pour un Etat au service d’une société de confiance », cantonner à deux mois le délai de recours contre les décisions environnementales ICPE 
- à l’article 35 ter, complétant la « petite loi » issue des travaux de l’Assemblée Nationale, instaurer au bénéfice des seules associations agréées par l’Etat lui-même en cas de demande des industriels de dommages-intérêts pour recours abusif contre ces décisions étatiques, une présomption d’action en justice conforme à leurs intérêts légitimes, écartant par là même subrepticement une telle présomption au bénéfice des autres associations à but de défense et de protection de l’environnement pourtant sincères et efficaces. 

Le projet de loi par ailleurs substitue dans de nombreux cas à l’enquête publique une simple mise à disposition du public par voie informatique ou encore supprime en faveur des promoteurs l’obligation générale de recourir à une évaluation environnementale en cas d’extension d’ICPE (article 35) ; ainsi en cas de repowering des centrales électriques éoliennes. 

Ces réformes, si elles devaient être entérinées par votre Commission Mixte Paritaire, soulèveraient de graves questions juridiques, tant au regard de la démocratie environnementale qu’au regard des intérêts environnementaux protégés. 

Elles viendraient en violation notamment de: 

I- l’article 6 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme puisque supprimant purement et simplement dans les faits l’accès au juge pour les victimes des inconvénients et dangers provoqués par le fonctionnement des éoliennes industrielles : jamais en effet un parc éolien n’est susceptible d’être mis en exploitation dans le délai de deux mois de la publication de l’autorisation d’exploiter ; les riverains méconnaissent les dommages encourus avant qu’ils ne puissent les constater. En instaurant une forclusion après deux mois, avant toute mise en fonctionnement de l’installation en cause, l’article 35 bis (nouveau) vient en violation du principe conventionnel selon lequel toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue par la justice. Il serait conforme aux obligations édictées par la convention d’Aarhus, la convention européenne des Droits de l’Homme comme aux principes constitutionnels français que votre commission mixte paritaire supprime dans le présent domaine environnemental cet alignement des délais de recours sur le droit de l’urbanisme 

II- du principe de non régression du droit de l’environnement puisqu’elles suppriment toute possibilité de sanction par le juge du principe de protection des intérêts environnementaux légalement reconnus, à savoir la commodité du voisinage, la santé, la sécurité, la salubrité publique, l’agriculture, la nature, l’environnement et les paysages, l’utilisation rationnelle de l’énergie, la conservation des sites et des monuments ainsi que les éléments du patrimoine archéologique. 

Concernant les éoliennes industrielles, ces machines actives de plus de 180 mètres désormais, portent, du fait des conditions présentes de développement de la filière avec notamment le droit reconnu d’une implantation à 500 mètres des habitations et la réalisation des études d’impact environnementales par les cabinets d’études choisis et rémunérés par les promoteurs, atteinte au droit de chacun à un environnement sain du fait du bruit constant qu’elles génèrent, de leur effets stroboscopiques, de leurs clignotements lumineux, de leur domination du cadre de vie des riverains. L’atteinte à la sécurité, notamment du fait de la proximité de routes et chemins et la banalisation de paysages magnifiques ne sont pas par ailleurs les moindres maux. 

III- de l’objectif même du projet de loi, à savoir l’instauration d’un Etat au service d’une société de confiance. 
Ce double discours que ces projets de réforme démontrent est révoltant en ce qu’il dissimule la négation des droits légitimes des riverains.

Cela bien que la production de l’électricité éolienne soit aléatoire et le plus souvent inadéquate puisque surabondante quand la production d’électricité est par ailleurs suffisante ou dans le cas contraire, dérisoire. 

Cela bien que la production d’électricité éolienne soit coûteuse pour le consommateur final d’électricité et le contribuable, cette industrie étant sous perfusion des deniers publics alors qu’elle est écologiquement inefficace dans un pays comme la France dont la production d’électricité est majoritairement décarbonée. 

Cela bien que l’industrialisation éolienne détruise la cohésion sociale des territoires ruraux, leur économie touristique, dévalorise leur patrimoine naturel et bâti, écrase et banalise leurs paysages, leur environnement. 

La précipitation en l’espèce dans l’allègement des procédures, la volonté de porter atteinte au droit des associations environnementales, font perdre aux porteurs d’un projet de loi pour une société de confiance toute vision des objectifs poursuivis. Elles les rendent complices d’atteintes des plus graves aux principes généraux du droit. 

Nous vous prions d’agréer, Mesdames, Messieurs les membres de la Commission Mixte Paritaire, nos très sincères salutations, 

Jean-Louis BUTRÉ 
Président de la Fédération Environnement Durable 
contact@environnementdurable.net 

Elisabeth PANTHOU RENARD 
elisabeth.renard-panthou@orange.fr 



Pollution lumineuse: le Conseil d'Etat condamne le gouvernement pour son inaction




https://www.notretemps.com/droit/pollution-lumineuse-le-conseil-d-etat-afp-201803,i165099?ref=droit-les-depeches-379

Le Conseil d'Etat a condamné mercredi le gouvernement pour son inaction dans la lutte contre la pollution lumineuse, exigeant qu'il prenne une série d'arrêtés, une décision saluée par des associations environnementales.

Selon la décision du Conseil d'Etat, "le ministre de la transition écologique et solidaire est enjoint d'édicter ces arrêtés dans un délai de neuf mois à compter de la notification de cette décision". "Une astreinte de 500 euros par jour" de retard est prévue, précise le Conseil d'Etat.

Les trois associations, France nature environnement (FNE), la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (FRAPNA) et l'Association nationale pour la protection du Ciel et de l'Environnement Nocturnes (ANPCEN), qui avaient saisi le Conseil d'Etat, se sont réjouies de cette décision.

Il est "urgent désormais de passer de l'intention aux actes pour que ces objectifs deviennent enfin une réalité tangible", réclame Raymond Léost, en charge des questions juridiques pour FNE, cité dans un communiqué.

La loi Grenelle 2 de 2010 prévoyait des mesures contre la pollution lumineuse, qui affecte la santé humaine, les animaux et les plantes, mais les arrêtés précisant leur mise en oeuvre n'avaient jamais été publiés.

Anne-Marie Ducroux, présidente de l'ANPCEN, a regretté qu'il "faille que les associations fassent un contentieux devant la plus haute juridiction pour obtenir la prise en compte des enjeux pluriels de la pollution lumineuse".

La lumière la nuit peut perturber le rythme circadien, l'horloge biologique, ce qui accroît le risque de cancer, de diabète et de dépression. Elle peut aussi inhiber la dormance des végétaux qui leur permet de survivre aux rigueurs de l'hiver.

Selon un atlas mondial de la pollution lumineuse publié en 2016, plus de 80% de l'humanité vit sous des cieux inondés de lumière artificielle, et un tiers de la population de la planète ne peut jamais voir la Voie lactée.



Allemagne : les déplacés du charbon

mercredi 4 avril 2018

Parc éolien en baie de Saint-Brieuc. Une autorisation annulée pour vice de forme

https://www.ouest-france.fr/bretagne/saint-brieuc-22000/parc-eolien-en-baie-de-saint-brieuc-une-autorisation-annulee-pour-vice-de-forme-5669231😊😊

Les associations qui s’opposent au projet de parc éolien offshore, en baie de Saint-Brieuc, crient victoire. La cour administrative d’appel de Nantes vient de rendre une décision annulant un arrêté du préfet des Côtes-d’Armor, qui autorise l’occupation du domaine maritime par Ailes Marines. Mais il ne s’agit que d’un petit vice de forme qui ne devrait pas faire couler le projet d’installer 62 éoliennes géantes en mer.
« C’est une première victoire », se réjouit l’association Gardez les Caps, qui se bat contre l’implantation de 62 éoliennes en baie de Saint-Brieuc. Mais une victoire modeste.
Certes, la cour administrative d’appel de Nantes a annulé un arrêté signé par le préfet des Côtes-d’Armor, autorisant l’occupation du domaine maritime par la société Ailes Marines pour quarante ans. Mais pas sur le fond, seulement pour un vice de forme. Un nouvel arrêté devrait donc être pris par le préfet des Côtes-d’Armor, en bonne et due forme, dans les prochaines semaines.
Un problème de signature
La convention de concession d’utilisation du domaine public par Ailes Marines n’a pas été signée par le commandant de la zone maritime Atlantique, mais par son suppléant. Cette délégation de signature, estime la cour, n’était pas connue du public. Pour la juridiction administrative, il s’agit d’une « irrégularité » qui « affecte la légalité de l’arrêté préfectoral du 18 avril 2017 ».
"Tous nos moyens relatifs à l’environnement, protection de la biodiversité des fonds benthiques, préservation de la qualité de l’eau, maintien de la ressource halieutique, protection des migrations vers la réserve ornithologique de la baie (la plus grande de Bretagne), ont été rejetés, explique Gardez les Caps. Pas sur le fond, mais parce que tout a été étudié et contrôlé sérieusement, par le promoteur Ailes Marines et par l’Autorité environnementale. Tenons le cap, la bataille n’est pas terminée !"
Un autre problème, plus embêtant, pourrait venir mettre des bâtons dans les pâles du porteur de projet : la renégociation du prix de revente de l’électricité souhaitée par le gouvernement. Si le Sénat a rejeté l’amendement proposé courant mars, l’État entend bien venir à bout de cette négociation.

Autres articles

04/04/18 : Parc éolien en baie de Saint-Brieuc. Une autorisation annulée pour vice de forme
http://www.letelegramme.fr/cotesarmor/parc-eolien-en-baie-de-saint-brieuc-l-autorisation-annulee-pour-vice-de-forme-04-04-2018-11912745.php
Pour les associations qui s'opposent au projet d'implantation du parc éolien en baie de Saint-Brieuc, c'est une victoire. Petite, certes, mais une victoire quand même. Mardi, la cour administrative d'appel de Nantes a annulé un arrêté du préfet des Côtes-d'Armor, autorisant l'occupation du domaine maritime par Ailes Marines durant 40 ans.

La raison ? La convention de concession d'utilisation du domaine public par Ailes Marines n'a pas été signée par le commandant de la zone maritime Atlantique mais par son suppléant. Une « irrégularité » qui « affecte la légalité de l'arrêté préfectoral du 18 avril 2017 », selon la cour. Une décision qui ne devrait toutefois par remettre en cause la future implantation de 62 éoliennes en mer. Il suffira au préfet des Côtes-d'Armor de prendre un nouvel arrêté, en bonne et due forme cette fois, dans les semaines qui viennent.
« Ailes Marines prend acte de l'annulation par la cour administrative d'appel de Nantes », indique Jean-Christophe Labastugue, chargé de la communication du consortium. « En revanche, la concession en elle-même n'est pas concernée. Cette annulation n'impacte en rien le calendrier de développement du parc éolien en mer de Saint-Brieuc ». Alors que des opérations de carottage sont toujours en cours en baie de Saint-Brieuc, Ailes Marines rappelle que « la décision finale d'investissement sera prise début 2020. La construction du parc débutera début 2021 pour une mise en service en 2023. »


03/04/18 : Éolien en mer: la justice annule un arrêté préfectoral autorisant le projet au large de Saint-Brieuc
https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/cotes-d-armor/saint-brieuc/eolien-mer-justice-annule-arrete-prefectoral-autorisant-projet-au-large-saint-brieuc-1452139.html
La cour administrative d'appel de Nantes a annulé ce mardi 3 avril l'arrêté du préfet des Côtes d'Armor approuvant la concession d'utilisation du domaine public maritime. Une décision qui ne devrait entraîner qu'un léger retard pour le projet.
La cour administrative de Nantes a suivi les préconisations du rapporteur public concernant le projet de parc offshore, en baie de Saint-Brieuc. Les juges ont annulé pour un vice, l'arrêté du préfet des Côtes d'Armor approuvant la concession d'utilisation du domaine public maritime. Cette convention, approuvée par un arrêté préfectoral est l'une des trois autorisations administratives nécessaires aux installations d'éoliennes en mer.
Mais ce vice n'affectant pas la concession elle-même Mais ce vice n'affectant pas la concession elle-même, cette décision ne devrait donc entraîner qu'un nouveau retard dans la mise en service du parc.
Au large de Saint-Brieuc

Placées à plus de 16 km des côtes les plus proches, les 62 éoliennes du parc éolien breton mesureront 216 m de haut, pour une emprise totale de 103 km². D'une capacité installée de 496 mégawatt (MW), le projet apportera sur le réseau 1 850 gigawatt-heure (GWH) par an, soit l'équivalent de la consommation de 850 000 habitants.
D'autres recours rejetés
La cour administrative d'appel de Nantes a rejeté ce mardi de nouveaux recours dirigés contre deux projets de parcs d'éoliennes en mer, au large de Fécamp (Seine-Maritime) et des plages normandes du Débarquement, considérant que les éoliennes de ces deux parcs étaient suffisamment éloignées des côtes.
La cour administrative d'appel de Nantes, compétente pour statuer, en premier et dernier ressorts, sur tous les litiges relatifs aux
installations de production d'énergie renouvelable en mer, a déjà rejeté plusieurs recours dirigés contre d'autres autorisations d'exploiter pour ces projets. Certains font encore l'objet de pourvois devant le Conseil d'Etat.
Les premiers parcs d'éoliennes en mer français devraient entrer en service au mieux en 2021 ou 2022, un net retard par rapport à l'Europe du nord.


03/04/18 : Parc éolien de Saint-Brieuc : la cour d'appel de Nantes annule l'autorisation d'utilisation du domaine maritime

https://www.actu-environnement.com/ae/news/arrete-autorisation-domaine-maritime-eolien-offshoresaint-brieuc-30993.php4
La cour administrative d'appel de Nantes a décidé d'annuler, le 3 avril, l'arrêté approuvant la convention d'utilisation du domaine public maritime délivré à Ailes marines, pour le parc éolien offshore de Saint-Brieuc, annonce l'association Gardez le cap. Cette décision est motivée par l'incompétence du signataire de l'avis conforme, le capitaine de vaisseau Jean-Louis Fournier, agissant "au nom du commandant de la zone maritime de la Manche et de la mer du Nord". Le code général de la propriété des personnes publiques prévoit que l'autorité compétente est le commandant de la zone maritime lui-même.

Loiret : À Lorcy, des habitants toujours vent debout contre le projet d'éoliennes

https://www.francebleu.fr/infos/climat-environnement/a-lorcy-des-habitants-toujours-vent-debout-contre-le-projet-d-eoliennes-1520249313

Près de Montargis, à Lorcy, sept éoliennes doivent être prochainement installées à quelques centaines de mètres des maisons. Mairie et habitants sont contre : deux recours ont été déposés.


C'est une petite commune du Gâtinais sur lequel souffle depuis plusieurs mois, un vent de colère. À Lorcy, près de Montargis l'entreprise Volkswind souhaite installer sept éoliennes pour profiter des vents favorables dans le secteur. Le projet a été autorisé par le préfet du Loiret, malgré l'avis du commissaire-enquêteur qui préconisait n'en construire que deux.

Des éoliennes qui seraient visibles depuis les communes de Lorcy et Juranville. Environ 2000 habitants seraient impactés selon l'Association de sauvegarde du territoire Gâtinais. Des riverains comme Alexandrina Rodriguez, qui les verrait depuis sa maison. Et ce n'est pas exactement ce qu'est venue chercher cette ancienne Parisienne il y a un an et demi "J'ai fait le choix de venir m'installer ici parce que c'est calme. Il y a la nature, les champs. Là, je me dis que tous les matins quand j'ouvrirai mes volets, je verrai de la ferraille. Il y aura aussi les clignotements, la nuit. Des choses que je ne voulais plus voir."


Des éoliennes de 164 mètres de haut
Les nuisances visuelles, c'est ce que déplorent le plus les riverains. Il faut dire que les constructions seront imposantes : 164 mètres de haut (le projet initial les faisait culminer à 180 mètres). Mais les membres de l'ASTG craignent aussi les nuisances sonores, les infrasons, du stress supplémentaire, et la dépréciation des maisons. Des craintes partagées par la mairie de Lorcy et sa maire Ingrid Pasquiet. La municipalité a déposé un recours gracieux auprès du tribunal administratif d'Orléans. Un autre recours, en contentieux, a été déposé le 27 février dernier par l'ASTG


Bientôt un mât de mesure
Mais ce qui étonne particulièrement Claude Thillou, le président de l'association, c'est l'installation prochaine d'un mât de mesure : "Pourquoi faire un mât de mesure après l'enquête publique, alors qu'en général les sociétés éoliennes font ça avant, pour voir le vent qu'il y a, et si le projet est viable ? Là c'est fait a l'envers, je me pose des questions. Peut être qu'ils s’apercevront qu'il n'y a pas assez de vent et alors ils annuleront le projet."
Pour le moment, les dates d'examens de ces deux recours, ne sont pas connues.

Jean-Marie Chevrier écrit à Nicolas Hulot













La Montagne 01/04/2018

mardi 3 avril 2018

Gironde et Charente-Maritime : des éoliennes dans les marais, ce n’est pas du vent

http://www.sudouest.fr/2018/03/04/gironde-et-charente-maritime-des-eoliennes-dans-les-marais-ce-n-est-pas-du-vent-4250378-6149.php

EDF Énergies nouvelles envisage d’ériger une trentaine d’éoliennes en Gironde et en Charente-Maritime. Écologistes et chasseurs s’opposent déjà au projet.
Ce n’était pas du vent. Reçu à la rédaction de "Sud Ouest", la semaine dernière, le directeur régional Sud d’EDF Énergies nouvelles a confirmé qu’un parc éolien d’envergure était bel et bien en projet sur la rive droite de l’estuaire de la Gironde.

Dans les zones de marais qui s’étendent sur les départements de la Gironde et de la Charente-Maritime. Un secteur potentiel de 168 km2, archi-classé pour la richesse et la fragilité de son environnement, pourrait accueillir entre "30 et 35 éoliennes", annonce David Augeix.
On reste finalement loin du chiffre de 140 mâts qui courrait dans les marais depuis plusieurs mois. Mais ramenée au territoire de l’ancienne région Aquitaine, toujours vierge de la moindre installation de ce type, ce parc envisagé constitue un programme considérable.
En ce début d’année 2018, on apprend également que l’étude de faisabilité est déjà validée. Conclusion : "Le gisement est bon." Comprendre qu’après l’étude de la force du vent sur une année, ce plan apparaît viable économiquement… à condition d’aller chercher l’énergie haut dans le ciel, donc avec des équipements de 150 à 180 mètres en bout de pales.
Comprendre aussi que sur les contraintes de zonage, à la fois en terme d’environnement, de sécurité aérienne et au regard de la proximité avec la centrale nucléaire du Blayais, "le secteur est compatible".

Des céréaliers ont signé
Mieux encore, grâce à la centrale, le territoire offre un relais direct au réseau électrique haute tension. Autre atout souligné par David Augeix, "le marais est très peu densément peuplé. Ce serait plus complexe sur la rive médocaine pour installer un mat à 400 ou 500 mètres d’une habitation." Ou à proximité d’un grand cru classé, à Saint-Estèphe, serait-on tenté d’ajouter.

"C’est mal vu des voisins, alors on ne dit rien. Peut-être que je serais contre si ça ne me rapportait rien"
Depuis 2014, les équipes d’EDF EN ne se sont pas contentées d’étudier la force du vent. Elles ont aussi discrètement démarché les propriétaires fonciers pour obtenir la signature de promesses de baux emphytéotiques. Une vingtaine ont été obtenues, selon le directeur régional. Assorties d’un revenu substantiel, chaque année. À quel niveau ? Plusieurs milliers d’euros.
Ainsi, un céréalier de Saint-Androny, au nord de Blaye, confie, en souhaitant garder l’anonymat, qu’il pourrait accueillir trois éoliennes contre un revenu de 8000 euros par installation et par an. L’anonymat, il en est beaucoup question tant cette étude divise déjà. "C’est mal vu des voisins, alors on ne dit rien du tout. Peut-être que je serais contre si ça ne me rapportait rien", confie encore l’agriculteur.
Un peu plus au nord, à Saint-Ciers-sur-Gironde, cet autre céréalier a refusé de signer. "Je n’ai pas donné suite, par respect pour les gens qui habitent ici. Ils sont les principaux concernés, ils n’en tireront aucun profit mais en subiront les nuisances."
En Charente-Maritime, un agriculteur a décidé de ne pas louer ses terres, à Saint-Thomas-de-Conac. Pas question d’accepter des éoliennes dans le paysage alors qu’il possède là une activité de gîtes ruraux. "Les éleveurs sont plutôt contre. Mais des collègues céréaliers se sont engagés. Il y a la carotte."

Permis de construire en 2019
Après la phase d’études de faisabilité, commence maintenant "la phase projet". EDF EN vise un dépôt de permis de construire d’ici un an. "Nous allons d’abord mener une campagne d’information auprès des conseils municipaux", annonce David Augeix. Une consultation publique sera mise en place à l’automne et des "ateliers" avec les acteurs locaux, notamment avec les associations environnementales et les chasseurs, qu’il faudra convaincre (lire ci-contre). "Ce sont des gens avec qui on peut parler", temporise le directeur régional.
L’entreprise promet de ne pas installer d’éolienne dans les zones de marais les plus sensibles, mais plutôt de les regrouper "dans les secteurs agricoles de faible valeur naturaliste". "Tout cela va dimensionner le programme", poursuit-il, promettant au passage des mesures compensatoires aux dégâts qui seront irrémédiablement commis lors du chantier.
Dans la bataille d’opinion qui va se jouer, EDF EN s’appuie sur un sondage commandé à BVA, auprès de 1 000 personnes. Cette implantation recueillerait "70 % d’acceptabilité". Seulement, il en faudra bien plus pour convaincre protecteurs des oiseaux et chasseurs. De vieux ennemis que l’on pourrait très bien retrouver côte à côte, unis dans la défense des marais. Une fois n’est pas coutume.

Un souci sur le sort des oiseaux
Il va y avoir bataille. Du côté de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), le projet d’EDF EN souffre d’une tare rédhibitoire : il serait bien trop dangereux pour toutes les bêtes à plumes qui transitent dans cette zone humide très fréquentée.
« Le périmètre étudié correspond à un secteur réputé pour les migrations comme pour l’hivernage. On y compte de nombreuses espèces comme les cigognes, les milans, le butor étoilé ou le balbuzard pêcheur. Mais aussi des mammifères, les chauves-souris, la loutre, le vison d’Europe », détaille Geoffroy Marx, le responsable du programme «énergies renouvelables et biodiversité» à la LPO.
« On se situe en pleine zone Natura 2000, avec quatre zonages au titre de la directive “oiseaux” ou de la directive “habitats, faune, flore”. Le secteur fait aussi partie du Parc naturel marin de l’estuaire et de la mer des pertuis », rappelle-t-il

Une mortalité doublée
Mise au courant du projet, l’association met en avant les conclusions d’une étude bouclée l’an passé à propos des « impacts sur l’avifaune du parc éolien français ». Se basant sur près de vingt ans de suivi, elle avait conclu que la mortalité des oiseaux était très variable d’un parc éolien à l’autre. Mais qu’elle était au moins double quand les machines tournaient à proximité de zones de protection spéciale, comme celles des marais du Blayais.
Surtout, indique Geoffroy Marx, « on ne sait pas réduire les impacts sur les parcs qui posent problème ». Les lumières comme les cris n’effarouchent guère les rapaces, par exemple.
Du côté de la Sepanso, la fédération des associations de protection de la nature dans la région, on n’a pas encore adopté de position officielle. Mais le sentiment de son directeur, Philippe Barbedienne, apparaît assez limpide : « Il n’est pas possible que la transition énergétique se fasse au détriment des milieux naturels. Il y a assez de place ailleurs. »

Le "non catégorique" des chasseurs
L’opposition la plus virulente au projet viendra, sans doute, des chasseurs qui, dans les marais du Blayais, comptent environ 400 installations de tonnes à canards. « La position est très simple : c’est un non catégorique. Il est tout simplement impensable de mettre des éoliennes dans les marais », prévient Jacky Jonchère, vice-président de la Fédération de chasse de Gironde.
« Il n’est pas possible que tous les gens qui se sont impliqués pour défendre l’estuaire acceptent aujourd’hui cette perspective. S’ils viennent avec leurs engins, 5 000 tonnes de ferraille et de béton, et creusent des trous à 30 mètres de profondeur, ils casseront tout. Il en sera fini du marais. S’il le faut, on fera la révolution, on sait faire », menace-t-il.
Ils pourront compter sur le soutient actif de l’association Vigiéole, qui a fait tomber un précédent projet dans le Blayais. Et sur des élus, comme le président de Charente-Maritime, Dominique Bussereau, qui a fait savoir, par courrier au conseiller régional CPNT Eddie Puyjalon, qu’il n’est « pas favorable à l’implantation d’éoliennes le long de l’estuaire ».
Le Conseil municipal de Saint-Ciers-sur-Gironde, a voté à l’unanimité une motion contre le programme.

------------------------------------------------------------
👉 VIGIEOLE

👉 Nicole Bertin Infos
http://nicolebertin.blogspot.fr/2018/03/projet-eolien-dans-lestuaire-de-la.html


lundi 2 avril 2018

Oise : éoliennes - Le bruit de l’argent avant celui du vent à Éragny-sur-Epte 😠😠

http://www.courrier-picard.fr/100496/article/2018-03-30/le-bruit-de-largent-avant-celui-du-vent-eragny-sur-epte

Malgré une opposition à l’installation du parc, Res lance une campagne de financement participatif.
Une campagne de crowdfunding malgré l’opposition locale. Le groupe RES, porteur d’un projet du parc éolien des Chesnots, composé de six éoliennes sur la commune d’Eragny-sur-Epte, lance un appel à participation pour toutes les personnes souhaitant investir dans les énergies renouvelables. La mise minimum est de 10 euros. Les riverains des communes alentours sont prioritaires.


Des réunions publiques houleuses


La première phase de la collecte sera réservée exclusivement aux habitants des communautés de communes du Vexin-Thelle, du Vexin-Normand et du Pays de Bray, du 10 avril au 1er mai, puis une seconde phase sera ouverte aux habitants des départements de l’Oise, de l’Eure, du Val d’Oise, de la Seine-Maritime et des Yvelines du 1er au 31 mai. « L’objectif, c’est de mobiliser en local pour que les gens aient envie de s’impliquer dans l’énergie renouvelable », expose Jérôme Blanc, chef de projet chez Enerfip, une plate-forme de financement participatif spécialisé dans la transition énergétique.

Les porteurs de projet espèrent ainsi récolter 200 000 euros, qui serviront à participer aux frais de finalisation des études d’impact sur l’environnement ainsi qu’à l’étude de gisement de vent (mât de mesure de vent). Les riverains financeurs ont, en bout de course, la possibilité de devenir actionnaires du parc. Cette campagne est lancée dans un contexte d’opposition. 16 communes alentours se sont prononcées contre l’installation d’éoliennes. Xavier Bertrand, le président de la région, a même envoyé un courrier au préfet pour lui faire part de son opposition à la construction du parc. Une association rassemblant des riverains en colère, Le Bruit du vent 2017, a aussi vu le jour. Ces personnes se rendent à chaque réunion publique organisée par RES ou Enerfip pour « poser leurs questions », selon Cathy Masson, la trésorière. Elle voit cette campagne, comme « une manœuvre, destinée à contourner les élus locaux ».

Après quelques réunions houleuses, Enerfip ne se déplacera plus devant des assemblées. « Nous viendrons sur rendez-vous, pour expliquer le principe du financement et accompagner physiquement les personnes souhaitant investir », continue Jérôme Blanc.

Mise à jour du 09/04/18 : 
Oise : Eoliennes à Eragny-sur-Epte : de l’argent pour retourner l’opinion ?

Une campagne de financement participatif va être lancée pour aider à l’installation d’éoliennes à Eragny-sur-Epte. Contre l’avis des communes voisines et de nombreux habitants.
Les opposants au projet d’éoliennes d’Eragny-sur-Epte sont unanimes. Le lancement - initialement prévu ce mardi 10 avril et repoussé de quinze jours face aux oppositions - d’une campagne de financement participatif pour aider à la réalisation d’un parc éolien sonne comme une « provocation ». Depuis plusieurs mois, des élus, des citoyens, des associations, luttent contre l’installation de six éoliennes à Eragny-sur-Epte, pourtant souhaitée par le maire. « Mais personne n’en veut », dénonce Xavier Hue, le maire (SE) de Flavacourt, une commune voisine. Plusieurs réunions publiques ont même manqué de dégénérer, preuve de la tension autour du projet.
Mais le promoteur, lui, tient bon. Et propose aux habitants vivant à moins de 100 km d’Eragny-sur-Epte de lui prêter de l’argent, à des taux avantageux, pour financer le projet. « Ils espèrent retourner les oppositions grâce à de l’argent, dénonce Cathy Masson, de l’association Le Bruit du vent 2017. Seize conseils municipaux ont voté contre le projet, plus de 3 000 personnes ont signé une pétition, mais ils font comme si cela n’existait pas. » Enerfip, de son côté, assure simplement « vouloir impliquer les habitants du secteur ».
Une façon de faire déjà expérimentée dans le département. Malgré l’opposition des élus, Enerfip a par exemple réussi à récolter 84 000 € pour développer son projet à Oursel-Maison. « C’est une manière de contourner notre réticence, assure Xavier Hue. Cette façon de faire est incroyable. »
« L’objectif est aussi de faire entendre la voix des partisans de ce projet », assure Enerfip. « Ils vont se servir de ça pour faire croire que la population adhère, et mettre la pression sur les autorités, estime l’association Le Bruit du vent 2017. Mais ces éoliennes ne se feront pas. »

Archives :

Oise : Vent de colère autour du projet d’implantation d’éoliennes d’Eragny-sur-Epte (14/09/2017)

⇢ 10 communes brayonnes contre le projet éolien d’Eragny-sur-Epte (18/12/2017)

dimanche 1 avril 2018

Somme : Le vent de la contestation souffle sur l’éolien


http://www.courrier-picard.fr/100617/article/2018-03-31/le-vent-de-la-contestation-souffle-sur-leolien

Péronne



Dans la Somme, le compteur de l’éolien tourne vite. Beaucoup trop vite selon certains. Ce samedi 31 mars, environ 250 personnes, dont une vingtaine au moins de maires et d’élus, ont manifesté à Péronne pour réclamer une pause. 
« Ce seul arrondissement compte déjà 73 éoliennes en production, 104 projets autorisés, 96 dossiers en cours d’instruction. Si rien n’est fait, on passerait de 73 à 273 machines ! », résume Christophe Grizard, président de l’association de sauvegarde des espaces naturels (ASEN).

Comme l’an dernier, la manifestation n’a pas atteint des sommets de participation. Mais la cause avance. En début de matinée, le sous-préfet a reçu une délégation conduite par le député centriste Stéphane Demilly et la conseillère régionale LR Julie Codron, le premier d’Albert, la seconde de Ham. Nicolas Hulot, ministre de la Transition Écologique, recevra prochainement une demande de moratoire sur le nombre record d’éoliennes dans le département (déjà plus de 500 en état de marche) et pour l’abrogation des nombreuses autorisations accordées.

« On a atteint le seuil de l’inacceptable »

Devant l’Historial de la Grande Guerre de Péronne, Stéphane Grizard extirpe de sa sacoche un document de la DREAL (direction régionale de l’environnement). Selon cette étude officielle, en juillet 2017 le schéma régional éolien des Hauts-de-France était déjà dépassé de 12 % par rapport aux prévisions, de 16 % dans la Somme. « Et pourtant l’État continue à accorder des autorisations. On a atteint le seuil de l’inacceptable », se plaint le président, en train de fédérer un collectif avec les associations de la Somme, l’Aisne et l’Oise.

L’un de ces projets qui irritent les villages de la Haute Somme est en cours à Douilly et Matigny (neuf turbines), dans un triangle Péronne, Ham et Saint-Quentin jusqu’ici préservé. « Durant l’enquête publique, 1360 personnes se sont prononcées contre, 169 pour. 28 communes ont dit non, 2 se sont abstenues, 2 étaient pour. Mais l’avis du commissaire enquêteur est favorable », peste Marco D’Alessandro, secrétaire de l’ASEN.

Cinq villages environnants et trois associations (dont une de l’Aisne) ont déposé un recours devant le tribunal administratif. Outre le bruit et l’impact sur le paysage, Marco D’Alessandro, habitant de Douilly, craint une invasion de moustiques. « En une heure de chasse, une chauve-souris dévore 1 200 moustiques. Or la société pour la protection des mammifères est formelle, les chauves-souris meurent par milliers du fait des pâles », estime le militant.
« Vous mettez une éolienne dans un village. Elle se voit de partout », proteste encore Jean-Pierre Coquette, maire d’Étricourt-Manancourt, près de Péronne. Avec son conseil municipal, l’élu a voté contre un projet (Fins, Sorel, Heudicourt) qui pourrait monter… à 82 machines.

La Somme championne malgré elle de l’éolien
Avec plus de 505 turbines en fonctionnement, 319 projets autorisés mais non construits, 270 dossiers en cours d’instruction, la Somme pourrait bientôt compter 1 094 mâts. Soit environ 10% de l’éolien français, estiment les associations. Selon elles, « un tiers des nouvelles éoliennes sont construites dans les Hauts-de-France».

La petite fille du maréchal Leclerc a manifesté
Petite fille du maréchal Leclerc, Bénédicte Leclerc de Hauteclocque avait fait le déplacement depuis le château familial à Tailly-l’Arbre-à-Mouches. C’est que dans l’ouest de la Somme aussi, les éoliennes sortent de terre. Six turbines pourraient bientôt être visibles depuis la prestigieuse propriété privée du héros de la Deuxième Guerre mondiale. L’ouest du département (25 dossiers actuellement instruits) reste cependant relativement épargné par rapport à l’est (plus de 160 dossiers en cours).



➻ FR3 Picardie : Infos régionales du 31/03/2018 (à 3mn30s) : 


➻ Les anti-éoliennes demandent un moratoire à Nicolas Hulothttp://www.weo.fr/video/98783/

Photos 19/20 : 

 
Photos G.N.




















Somme : HAM ET ENVIRONS - Le combat d’une famille contre les éoliennes à Matigny

http://www.courrier-picard.fr/100461/article/2018-03-30/le-combat-dune-famille-contre-les-eoliennes-matigny#

Sa maison se situe au milieu d’un projet de parc éolien. Aujourd’hui, Mélanie Miot craint les nuisances et la perte de valeur de son bien et a lancé un recours contre les promoteurs.


Mélanie Miot fera partie des manifestants qui défileront samedi 31 mars à Péronne contre «l’invasion des éoliennes». Mais cette mère de famille est amère et compte bien que le tribunal administratif ne permette pas la poursuite d’un projet, qui prévoit l’installation de neuf mâts à proximité de sa maison.
Mélanie Miot évoque son parcours épique, pour devenir propriétaire d’une petite maison modeste à la sortie de Matigny, en direction de Douilly.


« Ma maison, c’est un peu comme mon 5e enfant »


« En 2008, nous avons décidé de devenir propriétaires et de nous installer au milieu des champs. Il n’y avait aucun projet à l’époque. Nous avons acheté un terrain et opté pour une construction en kit, en 2009. Cela a malheureusement coïncidé avec le licenciement de mon mari de l’usine Continental à Clairoix (60) et de sa dépression. J’ai voulu faire face et poursuivi le travail, sans m’y connaître, avec l’aide de conseils à droite et à gauche et de cadeaux que l’on me faisait pour de l’outillage, car je n’avais pas grand-chose, relate-t-elle. Nous avons déménagé en décembre 2010 et sommes très bien ici. Ma maison, c’est un peu comme mon 5e enfant. Si nous avions voulu du béton et de la ferraille, nous nous serions installés en ville. »


C’est au début de l’année 2015 que les choses se gâtent, lorsqu’elle apprend l’existence d’un projet d’installation de neuf éoliennes à moins d’un kilomètre de sa maison.

« Ils ont installé un micro au fond du jardin et le rapport acoustique indique qu’il y aura des nuisances. Alors, ils ont prévu des mesures de bridage, pour atténuer, mais c’est surtout pour rassurer les autorités. Je ne suis pas sûre que ce serait réellement appliqué, ni efficace. Ils ont également envisagé de planter des arbres, pour cacher la vue, mais le temps que ça pousse… Et puis, après je ne verrai plus rien . Ils se moquent du monde et il y aura des nuisances. Il ne faut pas permettre ce projet. J’ai perdu un an de ma vie pour construire cette maison et je ne veux pas laisser une épine dans le pied de mes enfants, car elle est invendable. Je ne peux imaginer laisser mes enfants dans la gueule du loup.»


recours judiciaire


Cette mère « courage » s’est associée avec d’autres habitants du secteur, trois associations, l’Asen (Association pour la sauvegarde de l’espace naturel), Vent de colère et Respecth, et cinq communes, Croix-Moligneaux, Quivières, Ugny-L’Équipée, Monchy-Lagache et Athies, pour déposer un recours devant le tribunal administratif, en vue d’arrêter le projet.


« Nous voulons que les élus et les riverains soient entendus,
clame Christophe Grizart, le président de l’Asen. Car, il faut savoir que le conseil municipal de Matigny a voté contre ce projet, en juin 2016. C’est le cas également de 28 communes sur 31. Il y a également eu deux avis défavorables des architectes des Bâtiments de France. Sans compter sur les méthodes des promoteurs, sur lesquelles, il y a beaucoup à dire. »


A l’appel de plusieurs collectifs, une manifestation contre les éoliennes dans l’est de la Somme aura lieu samedi 31 mars, à 10 heures, devant le château de Péronne. Le cortège empruntera les rues du centre-ville pour, symboliquement rejoindre les locaux de la sous-préfecture.