Revue de presse et autres infos

lundi 6 mai 2019

Loire Atlantique : De Sainte Pazanne à Nozay : des vaches et des enfants malades


Voici les faits : il y a 6 mois, je recueillais les témoignages de nombreux agriculteurs en Loire Atlantique. Didier Potiron, Sylvie Bignon, Céline Bouvet… tous habitaient le même secteur (entre Puceul et Nozay), et tous attestaient des mêmes maux : vaches mourantes, fausses couches, mammites. Depuis plus de 6 ans, tous pointaient du doigt les éoliennes sans que personne ne s’intéresse réellement à leurs témoignages. Ils parlaient aussi de l’électricité qui venait du sol, mais personne ne voulait les croire, malgré les troupeaux décimés. 

Depuis, la presse s’en est mêlée, depuis, on creuse autour des éoliennes pour connaître la réalité sur les champs électromagnétiques. Les questions sont nombreuses : que se passe-t-il lorsque les câbles enfouis sont en surcharge d’électricité ? Quelles ondes conduisent réellement ces câbles lorsque les éoliennes tournent à plein régime ? Les interrogations se multiplient et les vaches continuent à mourir. Les habitants, quant à eux, souffrent de maux de têtes, d’insomnies. Je me souviens de Céline, qui me disait alors, au détour de notre conversation : « Et puis… il y a de plus en plus de cancers ». Mais je n’avais pas relevé. J’avais décidé de me concentrer sur les animaux : des vaches malades, des fractures dans les roches, de l’électricité qui passe partout sous les maisons, là où elle ne devrait pas être.

Les mois passent, et chez moi, dans le Cantal, on commence aussi à parler de vaches qui meurent dans certaines exploitations, au pied des éoliennes. Tiens, tiens, chez nous aussi ? J’enquête, je ne suis pas géologue, mais je connais ma terre : le schiste, le granit. Un sol très riche en quartz, gorgé d’eau et de radon. Ces sols sont extrêmement sensibles lorsqu’on les fracture, et ils ont une très grande capacité à conduire l’électricité, tout particulièrement lorsqu’ils sont soumis à des vibrations. Les éoliennes sont donc le cocktail rêvé pour que ces roches s’expriment. 

Par curiosité, je vérifie la qualité du sol de la Loire Atlantique, et, surprise : les bretons et les auvergnats ont un point en commun : le granit, le schiste. 

C’est alors que j’entends parler des enfants malades à Sainte-Pazanne. Loire Atlantique. Des leucémies. Je repense alors à la remarque de Céline Bouvet. « Il y a des cancers ». Je prends ma carte, et j’indique consciencieusement sur celle-ci les parcs éoliens. Surprise : Saint Pazanne est cernée par 7 parcs qui l’encerclent par l’ouest. Je vérifie que leur installation est bien antérieure à l’apparition des cas de cancers. C’est le cas. Sainte-Hilaire Chaléons, 2016, Sainte-Pazanne 2016. Creusement des fondations et raccordements par lignes souterraines, 2015. 

Je me souviens aussi des remarques des témoins de Puceul et Nozay : « le mal des vaches a commencé dès que les travaux ont démarré, dès qu’ils ont commencé à creuser la terre ». Je repense à Monsieur Asfaux, dans le Cantal, qui m’avait dit « les éoliennes sont loin de notre habitation, je ne les vois même pas, mais pourtant nous sommes malades ». 

Et je décide donc de poursuivre mes investigations du côté du sol. Je me documente. Les éoliennes, ce ne sont pas seulement des tours gigantesques posées en pleine campagne. Il faut les raccorder à des centrales électriques. Ces centrales électriques ne sont pas toujours prêtes à accueillir ce surplus d’électricité, alors il faut augmenter la puissance des « postes source » : un lieu où se rejoignent toutes les lignes électriques d’un secteur. Je concentre donc mes recherches sur la politique du département de la Loire Atlantique en matière d’énergies renouvelables. J’apprends que Sainte Pazanne est un poste source. Celui-ci est situé …dans le bourg. Il est au cœur d’un triangle qui relie Pornic (où vont être installées des éoliennes off shore), et Brains, puis Cheviré, à côté de Nantes. (voir document joint)

Jusqu’ici, pas de souci particulier, puisque le poste source de Sainte-Pazanne existe depuis longtemps et qu’ il n’y a jamais eu d’excès de cas de cancers auparavant. Mais… il est aussi indiqué dans l’étude d’impact, (RTE, developpementdurable.gouv), que, pour absorber le surplus d’électricité lié à l’installation des nombreux parcs éoliens sur le fameux triangle, des lignes haute tension vont être ajoutées, je cite : « 4 départs de 63 000 volts ( Saint Père en Retz/Cheviré/Sainte Pazanne) ». 


J’effectue donc des recherches sur ces nouvelles lignes à haute tension souterraines, « boostées » depuis, ou nouvellement installées. Toute la France électrique apparaît sur mes cartes …. Sauf … les lignes enterrées. Visibles nulle part. En apparence, les aérogénérateurs ne semblent raccordés à rien. Des tours à vent posées comme par magie autour d’un village. Et pourtant, il y a bien de l’électricité qui passe…dans le sol…et ce programme d’augmentation de la puissance des lignes…et…ces percements des roches réalisés tout autour de Sainte-Pazanne pour installer les 7 parcs. 


Me revoici le nez dans le schiste et les failles rocheuses. 


Je reprends alors la liste des malades recensés : Sainte-Pazanne, Rouans, Saint-Hilaire Chaléons, Saint Mars de Coutais. Je poursuis mes recherches très difficilement : les tranchées d’enfouissement des lignes électriques haute-tension ne sont pas à la portée de tous, semble-t-il, et on n’est pas censé savoir ce qui se passe sous nos pieds, dans les failles. On ne nous demande pas notre avis…Mais je suis têtue. Après des semaines d’enquête, je dispose enfin des cartes que je fournis aujourd’hui. J’y ai placé les écoles. Puis j’ai relié les éoliennes avec notamment le poste source de Sainte-Pazanne. Les « coïncidences » se multiplient : A Sainte-Pazanne, il y a notamment deux enfants malades dans l’école Notre Dame de Lourdes. L’école est située en face du poste source, là où les enfouissements des câbles électriques pour raccorder les parcs éoliens ont été réalisés. Sur ces lignes arrive l’électricité du parc éolien de Sainte-Pazanne, mais pas seulement : le parc situé à l’ouest de Saint Hilaire Chaléons, la Milsandrie, se raccorde via la D61 puis la D80 au poste source de Sainte Pazanne en passant par Saint Hilaire Chaléons. Un autre parc au Sud (le long de la D758) se raccorde également au poste source de Sainte-Pazanne. A Rouans, les câbles du parc situé entre la D751 et la D66, passent par le cœur du bourg. Les promoteurs envisagent d’ailleurs d’installer sur la commune de Rouans, un autre parc car l’infrastructure est déjà en place.
 


Peu à peu, d’autres cas de malades sont signalés, du côté de Puceul et Nozay. A Joué sur Erdre : un cas. Autour de Joué, je place les parcs éoliens sur la carte, il y en a deux, longeant la D31, et des lignes enfouies. Un cas est signalé à Châteaubriant. Ce bourg est un poste source. Il est cerné par 6 parcs éoliens à l’Est. Et partout, des lignes haute tension sont enterrées, des tranchées sont réalisées, des roches fracturées par l’installation de 1500 tonnes de béton dans le sol pour chaque éolienne. 


Je ne suis pas une scientifique. Je ne suis pas de la Loire Atlantique. Je ne sais pas ce que propagent des lignes enterrées. Des champs électromagnétiques ? Du radon ? De l’électricité ? Mais les coïncidences sont vraiment trop nombreuses pour qu’elles soient tues.

Note pour la lecture des plans : en bleu, lignes aériennes, en rouge, lignes souterraines. 


Sioux Berger
Ecrivain
Défricheuse d’idées reçues



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