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mercredi 19 septembre 2018

Indre-et-Loire : Trois à cinq éoliennes sous le vent de Sepmes : nos campagnes sont sacrifiées !

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La société David Energies étudie l’implantation d’un parc éolien à Sepmes. Elle attend les données recueillies avec son mât de mesures pour finaliser le projet.

Combien d’éoliennes prévues à Sepmes ? Nicolas Sicot, chef de projet de la société angevine David Energies, reste vague : « Entre trois et cinq machines, dit-il. Cela dépend de la zone d’implantation, des études sur la biodiversité, sur le paysage, sur la possibilité de les implanter en paquet, en ligne, en parallèle… En tout cas, pas moins de trois machines ».
© Photo NR
En 2015, le développeur d’éolien a obtenu l’accord du conseil municipal pour étudier la création d’un parc éolien. En mars dernier, un mât de mesures du vent a été installé au nord-est de la commune (voir infographie). En décembre, David Energies choisira le type d’implantation et lancera une étude d’impact. Le dossier devrait être déposé début 2019. Une enquête publique d’un mois aura également lieu.

La société David Energies se montre intéressée par ce territoire vierge en éolien qu’est l’Indre-et-Loire. « Il n’y a pas de raisons qu’il n’y ait pas d’éoliennes en Touraine, dit Nicolas Sicot. Ce qui bloque, c’est une opposition virulente contre ces projets. Le secteur du Sud Touraine est pourtant propice à cette énergie ». Un des arguments des anti-éoliens est la faiblesse de la vitesse du vent dans ce secteur, dans les 4 à 4,5 m/s. « Le vent est moyen, pas très fort, admet le chef de projet. Mais on s’intéresse de plus en plus à ces régions, chose que l’on ne faisait pas avant, car les machines ont évolué techniquement. On ne sort pas de projet éolien qui n’est pas rentable financièrement parlant. L’éolien, c’est une industrie qui doit être rentable. » 

David Energies n’envisage pas des aérogénérateurs de 200 mètres de haut, comme un concurrent le prévoit plus au sud, au Petit-Pressigny. « Ces machines de 200 m de hauteur en bout de pales restent exceptionnelles », admet-il. A Sepmes, le modèle envisagé serait le plus courant, de 150 mètres de hauteur en bout de pales.

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Pourquoi veulent-ils venir dans le Sud Touraine ? C’est uniquement une histoire d’argent ! Maggy Ernst, de l’association Adeb37 (Association de défense de l’environnement du Besland), basée à Ciran, et opposée au projet éolien de Sepmes, pose la question des subventions publiques pour développer l’éolien. Elle présente un « business plan » d’un promoteur qu’elle a affiné avec des données locales pour le cas d’un parc de six éoliennes d’une durée de vingt ans.
Or, selon elle, « le prix d’achat de l’électricité produite n’est pas garanti vu le contexte concurrentiel ». Dans cette projection, elle inclut le coût du démantèlement des éoliennes, la dépréciation immobilière, estimée à 10 %… Et n’a pas chiffré les pertes économiques liées à une éventuelle baisse de la fréquentation touristique.


La présidente de l’Adeb 37, Colette Jourdanne, et sa voisine Sylvie Desmit approuvent la démonstration. Toutes deux habitent la commune de Bossée, près des parcelles susceptibles d’accueillir le parc éolien de Sepmes. Sylvie Desmit a quitté le nord de la France en 2009 pour rénover ici une ferme en ruines. Un cadre « beaucoup plus agréable avec mes chevaux », dit-elle. Colette Jourdanne possède un bien familial magique, au lieu-dit « Les Etangs » : des vestiges d’un château médiéval, avec une tour entièrement rénovée, transformée en gîte. Du haut de cette tour, on aperçoit les étangs creusés par les moines (sa demeure a été également un prieuré rattaché à l’abbaye de Cormery), et derrière, le mât de mesure installée par David Energie de 100 m de haut.


Les trois femmes émettent de sérieux doute sur les vitesses de vent. « Nous avons cinquante jours de vent par an », notent-elles, se demandant si l’intérêt premier du promoteur éolien est bien de produire de l’électricité. « Nos territoires vont être pourris et mités par un mitage de petits parcs de moins de six éoliennes, parce que cela assure un tarif d’achat d’électricité pour vingt ou vingt-cinq ans en dessous de 3 mégawatts/heure ». Quand elles ont pris connaissance de la lettre d’information du promoteur David Energies distribuée en boîte aux lettres récemment, « cela a été un choc, car ce projet date quand même de 2015 ».


L’Adeb37, initialement consacrée au patrimoine local, riche en église, châteaux et monuments inscrits, a décidé de diffuser une information contradictoire sur internet (adeb37.com), via des tracts… Selon elle, quatorze gîtes vivent du tourisme ici. « J’imagine mal les gens venir en vacances près d’une éolienne. On a le sentiment que nos campagnes sont sacrifiées »