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mercredi 19 septembre 2018

Ardennes : Rethélois : Comment préserver les chauves-souris des éoliennes?

................ en n'en installant pas !


http://www.lunion.fr/112285/article/2018-09-17/rethelois-comment-preserver-les-chauves-souris-des-eoliennes

Villers-devant-le-Thour

Un nouveau parc éolien, du nom de Côte du Moulin, sort actuellement de terre. Des alternatives sont prévues pour remédier à la mortalité des chiroptères.
Pour beaucoup, le monde de l’éolien et celui de la sauvegarde de l’environnement ne vont pas ensemble. Et pourtant ! 

Pour son tout nouveau parc composé de sept éoliennes à hauteur de la commune de Villers-devant-le-Thour, l’entreprise Quadran, développeur du projet, a souhaité s’entourer du Regroupement des naturalistes ardennais (Renard). « Nous avons été missionnés pour réaliser une étude d’impact, qui porte notamment sur la faune et la flore, explique Nicolas Harter, coordinateur de l’association. En général, les entreprises s’entourent de professionnels de chaque secteur pour réaliser ce type d’étude avant la construction d’un parc. »
Une fois le dossier déposé en préfecture, l’autorisation d’exploiter est donnée, mais sous certaines conditions. « Ici, par exemple, des préconisations ont été requises en ce qui concerne la biodiversité. Il a donc été décidé de mettre en place au moins un gîte à chiroptères. »

Une éolienne tue une à deux chauves-souris par an

Il est un fait : les éoliennes ont un véritable impact sur la mortalité des chauves-souris. « Il y a d’abord les pâles, qui tournent à plus de 300 km/h. Quand on sait qu’une chauve-souris pèse à peine 6 grammes… Ensuite, il y a ce que l’on appelle le barotraumatisme, qui dépend de la pression de l’air à proximité des éoliennes. » Si ces gîtes ne permettront pas d’empêcher les chauves-souris de passer au plus près des engins, ils serviront tout de même à compenser les pertes, et ainsi, à sauvegarder certaines espèces menacées. « Même s’il y a un peu de casse dans le Rethélois, un parc seul représente une faible mortalité. C’est l’impact cumulatif qui est important. Il faut savoir que chaque éolienne tue en moyenne une à deux chauves-souris par an. Suffisamment pour remettre en cause la survie de certaines espèces. »

Si pour l’instant, rien n’a été acté, l’heure est à la prospection pour les membres de l’association Renard. Où et comment bien réaliser ces gîtes ? Là est la question. « Il existe une vingtaine d’espèces dans les Ardennes, alors nous nous sommes concentrés sur celle qui est le plus susceptible d’être impactée, à savoir les anthropophiles. Ce sont celles qui vont utiliser des éléments existants, notamment du bâti, pour réaliser leur gîte. Nous allons donc leur faciliter la tâche en réaménageant des espaces, comme par exemple des combles d’églises, pour que les colonies puissent s’installer, et ainsi permettre une garantie de viabilité, et donc une compensation de la mortalité. Habituellement, nous préférons préserver l’existant plutôt que de créer des nouveaux gîtes. » L’association devrait donc prochainement se rapprocher des villages de la Communauté de communes du Pays rethélois.

Certaines éoliennes bridées au parc

Il est important pour les exploitants éoliens de proposer un maximum d’alternative pour éviter autant que faire se peut la mort des chiroptères. Et parmi les possibilités, il existe le bridage. « Il s’agit d’empêcher le fonctionnement de certaines machines à des créneaux sensibles, déclare Charles Lhermitte, directeur général de l’entreprise Quadran. En ce qui concerne les chauves-souris, il s’agit de l’aube et du crépuscule. Ainsi, les machines seront l’arrêt une heure avant, et une heure après, pour permettre aux animaux de passer en toute sécurité.(😏😏 V&T) Pour être vraiment efficace, nous allons suivre l’activité des chiroptères, voir quelles sont les éoliennes les plus sensibles, et programmer la machine concernée. » Si cette pratique revient à une perte d’exploitation pour Quadran, il n’est pas question de passer outre. « On sait que les chauves-souris se reproduisent lentement. On ne peut pas se permettre une mortalité massive. »