Revue de presse et autres infos

jeudi 12 octobre 2017

Sur six communes de Seine-Maritime : Un promoteur éolien prend ses distances, l’autre avance

https://actu.fr/economie/sur-six-communes-seine-maritime-promoteur-eolien-prend-distances-lautre-avance_12927941.html

Saint-Rémy-Boscrocourt, Monchy-sur-Eu, Baromesnil, Le Mesnil-Réaume, Saint-Pierre-en-Val et Saint-Martin-le-Gaillard attirent les promoteurs éoliens. 

Le point sur les projets.

En 2015, des habitants de six communes du canton d’Eu (Seine-Maritime) se sont mobilisés pour informer la population sur le projet d’implantation de 12 éoliennes, mené par le promoteur Energie Team, dont le siège social se situe à Oust-Marest. Ce projet initial prévoyait deux machines par village (Saint-Rémy-Boscrocourt, Monchy-sur-Eu, Baromesnil, Le Mesnil-Réaume, Saint-Pierre-en-Val et Saint-Martin-le-Gaillard). Depuis deux ans, l’association Stopéolien Bresle et Yères mène des actions et suit attentivement l’avancée du dossier.

Recul face au contexte hostile

C’est donc sans trop de surprise que ses membres ont été mis au courant d’un nouveau projet, porté cette fois par un autre groupe : Valeco, dont la maison mère est dans le Languedoc-Roussillon. « J’ai rencontré certaines maires des communes que nous avions sélectionné, expose Marjorie Fournier, chargée de développement territorial Nord de France pour Valeco. Il n’y a pas de volonté communale et trop d’oppositions dans le secteur. Nous n’avons pas la volonté de continuer. »

Marjorie Fournier précise à ce propos que :

« les prospections se sont déroulées sur les mêmes communes, mais pas sur les mêmes zones qu’Energie Team ».

Les communes retenues ne dessinaient pas le même contour : seules Baromesnil, Saint-Rémy-Boscrocourt et Saint-Martin-le-Gaillard en faisaient partie.

« Nous ne voulons pas d’éoliennes »

Le 10 juillet 2017, la chargée de développement de Valeco s’est ainsi rendue à Saint-Martin-le-Gaillard pour une réunion avec les élus concernés par le projet. Un comité d’accueil Stop éolien l’attendait. Ils avaient préparé leur discours :

« Nous ne voulons pas d’éoliennes sur notre territoire. Nous en avons assez d’être envahis de lignes à haute-tension et d’éoliennes, où que se pose notre regard ».

Récemment joint par téléphone, le maire de Baromesnil, Daniel Tellier abonde dans le sens des antis : « Nous ne sommes intéressés par ce projet-là. Nous n’avons pas eu de nouvelles depuis la réunion du 10 juillet où j’étais en compagnie du maire de Saint-Martin-le-Gaillard, d’un adjoint de Saint-Rémy-Boscrocourt et d’un autre élu. » Le message semble avoir été entendu par Valeco puisque devant le manque de cohésion et le refus des municipalités , le groupe a décidé de faire un pas en arrière :

« En l’état de choses, c’est compliqué de s’implanter ».

Quant au nombre d’éoliennes prévu, cette fois, il n’était même pas encore défini.
 

Où en est le projet d’Energie Team ?
Qu’en est-il alors du projet initial défendu par Energie Team ? 
Quelles sont les réactions de l’entreprise face au mouvement de contestation ? Le dossier est plus avancé de deux années, certes, mais il est toujours en phase de développement. Catherine Bové, chargée de communication pour le promoteur d’Oust-Marest, précise qu’il n’y a qu’une seule nouveauté : l’éclatement du projet sur deux communautés de communes différentes depuis le 1er janvier 2017. En effet, les six communes se répartissent entre la Communauté de communes des Villes Sœurs et celle des Falaises du Talou. « Au départ, il s’agissait de douze éoliennes, maintenant, nous mettons moins d’éoliennes, mais elles sont plus hautes et plus puissantes. » 
Actuellement, dix éoliennes sur les six communes sont prévues. Pour intéresser et sensibiliser les habitants, (😡) Energie Team a une idée : « On va proposer un financement participatif. Est-ce que les habitants y seraient favorables ? Nous allons poser la question sur notre site Internet avant de se lancer. » Cette pratique est en train d’être développée par plusieurs promoteurs en France. Dans la Somme, Energie Team l’a expérimenté pour la première fois cet été. En clair, les habitants feront un prêt d’une durée de 3, 4 ou 5 ans et tous les ans, ils recevront des intérêts entre 4,5 et 6%. Outre cette innovation, le promoteur va continuer son processus d’accompagnement : réunion d’informations à chaque nouvelle phase du projet, arbres offerts aux riverains pour agrémenter le paysage… « Nous voulons obtenir une plus grande acceptabilité du projet et montrer que nous ne faisons pas n’importe quoi, qu’il y a une réglementation stricte. » (😊)