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lundi 5 juin 2017

Indre : Regroupés pour défendre leur cadre de vie, 200 manifestants dans les rues d'Argenton-sur-Creuse contre les éoliennes

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4 juin 2017, Jean-Michel Bonnin


Regroupés pour défendre leur cadre de vie

Argenton-sur-Creuse. A l’appel du collectif Bocage en péril, deux cents personnes ont manifesté hier, contre les éoliennes et pour la sauvegarde des haies.

Au mois d'avril, l'association Pas de vent chez nous, basée à Vigoux, avait organisé une réunion publique à Argenton pour dénoncer les projets d'implantation de 256 éoliennes dans un périmètre à cheval sur le sud de l'Indre, la Vienne et de la Haute-Vienne. Ce rendez-vous très animé qui avait exhalé l'inquiétude, voire la colère, de la population locale, a été suivi hier d'une manifestation initiée par le collectif Bocage en péril, qui regroupe vingt-sept associations basées sur ce territoire. Si la disparition des haies, la sauvegarde de la biodiversité et la pollution des nappes phréatiques étaient listées, les projets éoliens figuraient en lettres de feu dans son réquisitoire.

" Une armée d'occupation "

La plupart des deux cents personnes regroupées en début d’après-midi devant la halle municipale étaient d’ailleurs venues pour dénoncer l’implantation arbitraire d’éoliennes devant leur porte. « La commune d’Orsennes porte un dossier qui impacte trois de nos villages, expliquait Alain Gourinat, le maire de Pommiers. Notre conseil a voté contre à l’unanimité, le préfet a donné un avis défavorable et l’affaire est entre les mains de notre avocat. » « Je ne veux pas voir des mâts de deux cents mètres au-dessus du site de la Bonne Dame », note pour sa part Michel Talmon, un habitant de Saint- Marcel, alors que Dominique Moulin, de Vigoux, râlait contre « les mâts qui doivent être installés à sept mètres de chez moi ». Marcel Puygrenier s’était même déplacé par solidarité de Saulgond (Charente) pour témoigner. Il affirme que la mise en place d’un parc éolien voici quatre ans près de son domicile lui provoque des acouphènes. Les manifestants ont parcouru près de trois kilomètres à travers la ville pour faire passer leur message. L’éolien violation de nos droits, Replantons les bouchures arrachées, et moult slogans fleurissaient sur les pancartes. Georges Magne, président de la Fédération environnement tempête en Marche, usait d’un porte-voix pour inviter les participants à se faire entendre et à enchaîner le refrain « Promoteurs, prédateurs… ». Le défilé stoppait devant la mairie où l’animateur vouait une nouvelle fois aux gémonies « ces machines géantes, armée d’occupation dont il semble que rien ne puisse arrêter la marche, qui ruine nos paysages et nos monuments, pollue nos sols, détruit l’avifaune, impacte fortement la santé publique, aggrave la fracture sociale, contribue à la dévaluation et à la mévente des bien immobiliers, disqualifie le tourisme local et l’image de nos territoires ». Ses derniers mots conviaient l’assistance à « lutter solidairement contre les affairistes et les complices de leur lobby et à rejeter ces machines industrielles qui n’ont rien à faire dans nos compagnes parce qu’elles sont la mauvaise réponse à une vraie question, celle du remplacement des énergies fossiles ».


réaction
L'association Indre nature absente

L'association Indre nature a décliné l'invitation à manifester « en raison de l'ambiguïté sur le contenu de l'appel dont l'orientation apparaît beaucoup plus dirigée contre l'implantation d'éoliennes dans le Boischaut-Sud que contre les réelles menaces auxquelles le bocage est confronté ». Elle rappelle qu'elle se bat depuis de nombreuses années contre la disparition progressive de cette composante majeure du patrimoine naturel de l'Indre et que chaque projet d'implantation de parc éolien doit être étudié au regard des risques avérés pour la biodiversité locale. Elle estime nécessaire de dépasser le stade de la confrontation et appelle toutes les parties prenantes à dialoguer sur le sujet « dans le cadre d'une table ronde locale afin de s'accorder sur les moyens concrets de conserver un bocage riche et vivant ».


Près de 200 personnes ont défilé samedi 3 juin dans les rues d'Argenton-sur-Creuse à l'appel du collectif "Bocage en péril" pour défendre le bocage et montrer leur opposition aux différents projets d'implantation d'éoliennes.

Ils étaient près de 200 manifestants ce samedi dans les rues d'Argenton-sur-Creuse à l'appel de 27 associations derrière la banderole "Éoliennes inutiles, bocage en péril"'. Ces associations dénoncent notamment les nombreux projets d'implantation d'éoliennes, mais aussi la destruction de haies, de bouchures, ou la pollution des cours d'eau dans val de Creuse, dans le Boischaud sud et dans le Montmorillonais.

Elus et responsables d'associations en tête, les manifestant ont fait le tour de la ville en entonnant des slogans : "Les éoliennes ça ne sert à rien, le Berry n'en a pas besoin, les Berrichons ne sont pas des cons, et le bocage nous défendrons"', "les éoliennes sont des machines à sous, les éoliennes, on n'en veut pas chez nous". Mégaphone en main et gilet jaune sur le dos, c'est Alban, 17 ans, qui mène le cortège. Sa maison de famille se trouve à Vigoux, dans le Sud de l'Indre. "Ici, on n'a pas de vent donc les éoliennes n'ont pas leur place, explique-t-il. On sait le saccage que c'est quand on se balade en champagne berrichonne. On ne peut pas laisser le territoire se faire saccager ainsi".

C'est aussi l'avis de Christine. Elle est venue en voisine, depuis le Sud du Cher où elle se mobilise aussi contre les projets d'implantation d'éoliennes qui se multiplient. "On est solidaires, avance-t-elle en expliquant qu'en mars dernier, les Indriens avaient aussi participé à une manifestation similaire à Bourges. On n'a pas envie de se faire envahir par ces machines infernales. Ça n'a rien d'écologique, c'est juste 'écolo-fric' ".

Car si les manifestations viennent à la fois de l'Indre, du Cher, de la Creuse ou de la Vienne, c'est parce que les projets y sont très nombreux. Comme le résume Christian, qui défile sous une banderole qui interpelle le nouveau ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot. "Actuellement, il y a 500 projets d'éoliennes. Il faut savoir qu'elles font 187 mètres de haut et 3 mégawatts de puissance, ce sont des monstres ! Placées à 500 mètres des maisons, ça crée des nuisances, ça ne produit pas beaucoup d'électricité et ça rapporte beaucoup d'argent aux promoteurs".

L'objectif de ce rassemblement était aussi de tenter de fédérer d'autres habitants. Les manifestants ont distribué de nombreux tracts, malgré la pluie et le peu de passage dans les rues. Désormais, ils ont bon espoir d'organiser une autre grande manifestation contre les éoliennes, mais à l'échelle nationale.