Revue de presse et autres infos

mardi 20 juin 2017

Aude : Destruction environnementale (XII)

http://www.ladepeche.fr/article/2017/06/20/2596951-les-anti-eoliens-tiennent-bon.html

Les anti-éoliens tiennent bon

En stationnant ainsi sur le bord de la route, sur une propriété privée , 
les habitants de Saint Sernin empêchent les camions 
d'éléments éoliens de rejoindre le parc de Saint Pierre Le Clair./Photo DDM R.B.


Cela fait maintenant 14 jours que le convoi éolien de la société Valeco est bloqué sur la D52, entre la commune de Bouriège et le hameau de Saint Sernin. Plus que jamais déterminés, les riverains ont hier reçu la visite de nombreux soutiens.

L'ambiance est chaleureuse, les mines souriantes et accueillantes. Pourtant, cela fait maintenant 14 jours que les habitants de Saint Sernin, du moins une partie d'entre eux, «squattent» le bord de la route D52, au niveau du pont du Rec, pour empêcher le convoi éolien de rejoindre le parc de Saint Pierre Le Clair. Des sympathisants venus de toute la région les ont d'ailleurs rejoints hier, pour leur témoigner leur soutien et les encourager. Leur opposition à ce projet n'a pas changé depuis 10 ans, elle s'est accentuée ces derniers jours, avec l'arrivée des camions d'éléments éoliens.

Mais l'exaspération grimpe dans la commune de Bouriège et alentours, la route D52 bloquée par un arrêté départemental en gênent plus d'un. «On essaye de monter les citoyens les uns contre les autres» estiment les opposants. «Beaucoup pensent que nous sommes responsables, mais pas du tout. Nous sommes sur le bas-côté, sur une propriété privée, pour empêcher les camions trop larges pour cette petite route de passer. Les habitants passent en voiture sans problème, à condition de ne pas être bloqués par les camions, qui eux empiètent sur la route». Cause de cette discorde entre habitants, l'arrêté pris le 9 juin par le Département et depuis sans cesse renouvelé, qui considère «que le stationnement de véhicules de particuliers gêne le passage des camions… pour assurer la sécurité des usagers, il est nécessaire de réglementer». Et d'interdire toute circulation de véhicule, sur ce pan de route entre Bouriège et Saint-Sernin.


Le collectif TNE sur place


Hier, dans la matinée, Emmanuel Forichon et Bruno Ladsous, co-secrétaires du collectif Toutes nos énergies (TNE), collectif régional qui réunit 140 associations de protection de la nature en Occitanie, s'étaient rendus sur place. Le 14 juin dernier, le même collectif avait déjà écrit au président du conseil départemental pour s'étonner qu'une «collectivité prenne un arrêté illégal pour enfreindre la propriété privée des riverains de la D52, pour épauler des industriels, pour un projet non reconnu d'utilité public». Hier, tous deux réaffirmaient avoir constaté qu'aucune gêne n'était occasionnée par des particuliers. «Ce que stipule cet arrêté est faux. Aucun véhicule n'est garé ici. Je suis vraiment surpris de voir que des pouvoirs publics soufflent ainsi sur le feu au lieu de tenter d'éteindre les braises», s'agace Emmanuel Forichon. Et d'ajouter : «c'est évident que ces camions ne passent pas sans empiéter sur une propriété privée. Pourquoi alors continuer à maintenir une telle position ? Il est aujourd'hui très important de rappeler le droit».

Le propriétaire de cette parcelle aujourd'hui sujette à la discorde s'étonne également : «On m'a plusieurs fois proposé de l'argent pour emprunter mon chemin. On a même proposé de m'acheter mon terrain. La société savait que les camions ne passeraient pas, sinon pourquoi venir me voir», assure Willy Moyson.

Après 14 jours de présence sur le bord de la route, aucune des deux parties n'envisagent encore de céder un pouce de terrain. Les camions et les habitants continuent de se faire face, sur ce petit bout de terre de la haute Vallée. «C'est un combat de préservation que nous menons. Nous préservons ce qu'il nous reste, le tourisme, l'agriculture, contre l'industrialisation que l'on nous impose».


Le Département refile la patate chaude à la préfecture

Face à la fronde des riverains et opposants au projet éolien, le conseil départemental se défend de vouloir imposer quoi que ce soit aux habitants de Saint Sernin. Jean Brunel, directeur de cabinet du président André Viola, explique que ce dernier n'a pas souhaité engager le département plus loin dans cet imbroglio. «Il est vrai que des agents sont allés sur place implanter des piquets sur la route, accompagnés par des gendarmes. Mais dans la mesure où il y a eu une contestation du collectif, et que cette contestation aurait encore été plus forte si nous avions pris un arrêté d'alignement (N.D.L.R. pour matérialiser dans le droit la limite du domaine public et des parcelles privées), le président a considéré que nous étions dans une problématique qui relevait de l'ordre public, et donc de la préfecture, et que nous ne prendrions pas cet arrêté d'alignement». L'arrêté pris aujourd'hui, continue Jean Brunel, ne sert qu'à interdire de circuler sur une parcelle déjà matériellement bloquée par des camions, pour sécuriser une route qui relève de la responsabilité du département. Concernant un premier arrêté pris au début du mois qui fermait la route jusqu'au 20 juillet de 6 heures à 20 heures tous les jours à l'exception du week-end, il s'agit là également de quelque chose de fréquent, explique le Département. «Nous n'avons aucun intérêt ici. Mais lorsqu'un projet économique conséquent nécessite de réglementer la circulation, pour cause de passages fréquents, nous prenons régulièrement des arrêtés qui limitent la circulation. Notre métier c'est de faciliter la circulation sur les routes départementales. Aujourd'hui nous sommes au-delà, et ce n'est pas de notre compétence. L'État dira ce qu'il faut faire».




*****************************************
Vidéo







*****************************************

Voir tous les autres articles sur ce blog (Aude : Destruction environnementale I, II, III, ..., XI)