Revue de presse et autres infos

jeudi 15 juin 2017

Aude : Destruction environnementale (X)


À tour de rôle, les anti-éoliens bloquent
le passage des poids lourds sur leurs terres.
http://www.ladepeche.fr/article/2017/06/15/2594326-
eoliennes-jour-nuit-bloquent-acces-site-
depuis-semaine.html#
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Éoliennes : jour et nuit, ils bloquent l'accès au site depuis une semaine




Après de multiples manifestations et dix ans de procédures contre l'installation d'un parc éolien non loin de leurs propriétés, les manifestants de la vallée de la Corneilla veulent écrire l'épilogue de leur combat. Réunis en collectif, celui de Tourreilles, des Amis de Saint-Sernin, de la Fédération de sauvegarde du pays de l'Aude, ils ont entamé, depuis neuf jours, un bras de fer ou plus exactement une guerre d'usure avec la société Valéco de Montpellier. C'est elle qui doit installer les éoliennes et fait transporter par des sous-traitants le matériel adéquat.


Dans ce coin très nature sauvage, les chemins sont étroits et les accès au futur site éolien ne sont pas suffisamment larges pour laisser passer de gros camions. L'idée des manifestants est d'empêcher le passage de ces véhicules transportant les divers matériels et les mâts. Pas de chance pour la société Valeco, les gabarits des embarcations très larges doivent mordre à certains endroits, sur les champs des opposants. C'est là justement qu'ils se sont installés de part et d'autres du pont du Rec après Bouriège en allant vers Saint-Sernin. Les anti-éoliens ont fait venir un expert géomètre de Castelnaudary, leurs avocats, pour qu'ils constatent de façon officielle la limite de leurs terres devenues infranchissables par les véhicules de Valéco. Les militants du collectif installés chez eux se relayent jour et nuit pour faire barrage aux poids lourds, obligeant les conducteurs à dormir dans leurs cabines et regardant les patrons des sociétés sous-traitantes venus sur place fulminer devant le barrage en attendant que la situation se débloque.

Une situation inextricable

Une guerre des nerfs qui n'est pas prête à s'achever selon une des membres du collectif Agnès Roy : «Nous avions alerté de l'impossibilité de faire passer de gros gabarits sur ces chemins étroits sans empiéter sur nos propriétés privées. Valéco ne veut rien entendre. Aujourd'hui, nous en sommes au neuvième jour de blocage du convoi éolien de Saint-Pierre-le-Clair. Personne ne peut nous pousser dehors de nos terres. La gendarmerie ne peut pas nous déloger. Le conseil départemental a essayé d'ôter les parapets du pont. Il voulait aussi prendre un arrêté pour fermer cette route jusqu'au 20 juillet, de 6 heures à 20 heures tous les jours à l'exception du week-end. Finalement, devant notre détermination, il a fait machine arrière et il n'y aura pas d'arrêté. L'expert géomètre a constaté l'illégalité des piquets plantés par les techniciens territoriaux». Dans cette situation assez inextricable, on ne voit pas bien comment Valéco va pouvoir se sortir de cette impasse. Surtout que ce pont du Rec est devenu pour les manifestants l'emblème «d'un combat citoyen pour la défense d'un territoire abandonné à des marchands de vent par des élus qui obèrent l'avenir du territoire sur lequel ils ont été élus. Nous souhaitons rebaptiser ce pont, l'Espoir démocratique».




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Voir tous les autres articles sur ce blog (Aude : Destruction environnementale I, II, III, ...)


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Un résumé de la situation écrit par Agnès Roy : 


"Nous en sommes au 9e jour de blocage du convoi éolien de St Pierre Le Clair. Alors que nous disons depuis 10 ans au TA que la compagnie ne peut pas passer par les voies d'accès citées, Valeco tente le "forcing". C'est ce qu'elle a déjà fait en janvier sur le chemin communal et qu'elle compte réitérer sur l'un des ponts de la D52 sur lequel nous nous trouvons. Comme nous nous tenons sur une propriété privée, à droite et à gauche de ce pont, nous sommes dans notre droit et la gendarmerie ne peut pas intervenir. Devant cette situation le Conseil départemental a soutenu Valeco en leur donnant l'accord de détruire 3 parapets des 2 ponts.

Le 9 juin, le Département a également pris un arrêté bloquant cette route jusqu'au 20 juillet de 6h à 20h tous les jours à l'exception du week-end. Comme nous gardons toujours l'accès, de façon légale, en étant sur une propriété privée le Conseil départemental a décidé d'élargir la route en prenant du terrain sur cette même propriété et en posant des piquets derrière notre clôture. Nous avons délégué un expert géomètre qui a constaté l'illégalité de ce qu'avaient fait les techniciens territoriaux. En effet la position des piquets sur le talus comme derrière notre clôture, déjà existante avant leur venue est illégale. Le géomètre expert en a avisé la commandante de gendarmerie, et hier nous en avons informé les techniciens territoriaux qui étaient sur place ainsi que les secrétariats du président et du vice-président du CD de l'Aude pour s'assurer qu'ils prenaient leurs décisions en pleine connaissance de cause ... Selon l'arrêté, le Conseil départemental aura choisi entre une compagnie éolienne qui ment et des citoyens qui se battent pour leurs droits et pour ces espaces naturels dans lesquels nous avons décidé de vivre, que nous aimons et respectons.

Ce pont devient emblématique d'un combat citoyen juste, pour la défense d'un territoire abandonné à des "marchands de vent "par nos représentants politiques qui obèrent l'avenir d'un pays sur lequel ils ont été élus. L'arrêté risque d'arriver ce mercredi ou après demain. Nous attendons toutes les bonnes volontés pour tenir ce pont afin qu'il demeure celui d'un espoir démocratique plutôt que celui d'une honte républicaine." 



Merci de l'écho que vous pourrez faire 





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Compte-tenu de la gravité du conflit, le collectif régional TNE-Occitanie Environnement s'adresse au président du Conseil départemental de l'Aude et appelle les membres de ses 140 associations à soutenir le blocage.
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