Stop à l'éolien industriel

Stop à l'éolien industriel
Un fléau d'une ampleur internationale s'abat, depuis quelques années, sur notre pays. Aidés par nos élus, les promoteurs éoliens se sont accaparés nos territoires et nos vies. Devant le massacre de notre patrimoine, un vent de colère s'élève partout sur l'hexagone. Il est grand temps de dire "STOP" à ce carnage.

dimanche 2 avril 2017

Loire : Vent de colère en pays d'Urfé

http://www.le-pays.fr/saint-just-en-chevalet/environnement/2017/04/01/vent-de-colere-en-pays-d-urfe_12343004.html

01/04/2017, Pierre-Olivier Vérot

Pascal Poncet, maire de Saint-Just-en-Chevalet, continue à se battre pour que les éoliennes ne viennent pas transformer le paysage d’un secteur identifié comme point fort touristique du Roannais.

Pascal Poncet est remonté. Prêt à aller loin pour ne pas mettre en péril le dynamisme et la cohérence des actions menées sur le territoire de sa commune et des environs depuis plusieurs années. « À Saint-Just-en-Chevalet, rien que lors du précédent mandat (2008-2014), ce sont 20 millions d'euros qui ont été investis dans la commune, avance-t-il. Pas seulement par la municipalité, bien sûr, mais avec le soutien des partenaires institutionnels et de Loire Habitat, par exemple. » Caserne des pompiers flambant neuve […], nouvelle station d'épuration, restauration du cœur de village, mise en conformité de la maison des enfants, pour ne citer que ces opérations, ont donné un nouveau cachet au village de 1.200 âmes pourvu de nombreux services et commerces qui confirment son rôle de centralité pour tout le secteur des pays d'Urfé.

Territoire remarquable Parmi les activités économiques susceptibles d'assurer le développement de Saint-Just-en-Chevalet, il en est une sur laquelle Pascal Poncet et son équipe municipale entendent bien miser : le tourisme. Et dans ce domaine aussi, la commune a des arguments à faire valoir, notamment le secteur verdoyant du camping de 62 emplacements, qu'un investissement récent a permis de remettre aux nouvelles normes deux étoiles. Tout à côté, la piscine extérieure accueille entre 8 et 12.000 personnes chaque été. Hormis cet équipement, qui restera municipal, la commune va confier l'ensemble camping-mini-golf-terrain de tennis-snack à un exploitant, via une délégation de service public. De quoi donner un élan supplémentaire au développement touristique, positionnement d'ailleurs conforté par le Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT) du Roannais qui a identifié le pays d'Urfé et sa « capitale », Saint-Just-en-Chevalet, comme « territoire remarquable ». « À une bonne heure de Lyon grâce à l'A89, une heure de Saint-Etienne et 45 minutes de Clermont-Ferrand, nous avons tout intérêt à nous saisir de cette opportunité, milite Pascal Poncet. Nous avons aussi comme atout le prix bas de l'immobilier qui peut encourager les citadins à choisir notre territoire pour des résidences secondaires. »

Neuf « mini-Tours Eiffel » Tout irait donc pour le mieux dans le plus paisible des mondes pour la municipalité de Saint-Just-en-Chevalet, si ne pesait pas au-dessus de sa tête la « menace » d'un projet d'implantation de neuf éoliennes géantes sur le territoire des communes de Chérier et La Tuilière, mais en ligne de crête et donc directement visibles depuis Saint-Just. « Ces engins feront 155 mètres de haut…, soit la moitié de la Tour Eiffel. C'est monstrueux, s'étrangle Pascal Poncet. Ce dernier ne manque pas de relever une « énorme contradiction » entre ce projet et la reconnaissance du territoire comme point fort touristique.

« Une belle fille à qui on va crever les yeux »
« Nous ne sommes pas des anti-écolos, affirme-t-il ainsi. Loin de là. Nous développons les énergies alternatives dans bien d'autres domaines : l'eau, le solaire, la biomasse, le bois… Mais ce projet est un non-sens. » Le maire relève ainsi d'abord « l'aberration écologique » du projet, avec, outre les nuisances visuelles, le bruit, les doutes en matière de conséquences hydro-écologiques. Mais il souligne aussi le peu d'intérêt économique d'un tel aménagement. « Nous avons fait réaliser des mesures de vent par un ingénieur de Météo-France à la retraite. Elles ont clairement montré que le vent était insuffisant. Mais les conditions de revente de l'énergie produite sont tellement avantageuses pour les exploitants, que même une petite production peut leur être profitable. » Une manne qui échapperait au territoire. « Ce sont des équipements qui ne créent quasiment aucun emploi. Implanter ces éoliennes, c'est appauvrir notre territoire pour rien, en enrichissant quelques sociétés soutenues par des fonds étrangers. Nous n'aurons plus ensuite qu'à regarder et entendre, jour et nuit, sur nos lignes de crêtes restées jusqu'ici naturelles, ces "monuments" se multiplier. » Pour appuyer et illustrer son propos, Pascal Poncet, qui a le sens de la formule, résume : « On va voir nos atouts foutre le camp, et pour longtemps. Nous, élus locaux, nous avons l'impression d'avoir donné naissance à une belle fille, à qui on va crever un œil, voire les deux… »
Sans parler que, du côté des concitoyens de Saint-Just-en-Chevalet, nombreux sont ceux qui craignent qu'un tel voisinage ne vienne déprécier la valeur de leurs biens immobiliers. Ainsi, plusieurs particuliers - une trentaine au total - se sont associés aux communes de Saint-Just-en-Chevalet et Saint-Priest-la-Prugne, aux sociétés de chasse locales et à leur fédération départementale, aux associations Bien vivre en Pays d'Urfé, Ligue de protection des oiseaux et Frapna pour attaquer, devant le tribunal administratif, les autorisations de défricher et permis de construire accordés par la préfecture. « On attend la décision sur l'autorisation d'exploiter pour le mois de juin », estime Pascal Poncet, qui promet que les opposants sont prêts à passer la vitesse supérieure si le besoin se fait ressentir. Le vent de la révolte n'a sans doute pas fini de souffler en pays d'Urfé.

Des sociétés privées prospectent dans le secteur
Comme son homologue de Saint-Just-en-Chevalet, Huguette Burelier, maire de Saint-Priest-la-Prugne, est opposée au projet de neuf éoliennes, notamment pour les doutes qu’elle exprime quant à d’éventuelles interactions avec le réseau d’eau potable et la zone protégée du barrage du Gué-de-la-Chaux. L’élue dit par ailleurs avoir été contactée à plusieurs reprises par des investisseurs intéressés par l’implantation d’éoliennes. La dernière fois pas plus tard qu’il y a quelques jours, où un promoteur lui a parlé de l’implantation de 30 à 40 machines, à cheval sur les territoires de sa commune et des villages de Lavoine et Laprugne.


Archives

➽ Etat de l'éolien présentation de Ludovic Grangeon : Saint-Just-en-Chevalet (14/09/2012)
http://www.stop-eole-auvergne.com/2012/09/etat-de-leolien-presentation-de-ludovic-grangeon-saint-just-en-chevalet-le-14-septembre-a-20h/
Voici la présentation faite par Ludovic Grangeon au cours de la réunion d’information de Saint Just en Chevalet le 14 septembre 2012. Attention le fichier est lourd (3,4 Mo)

➽ Eoliennes : un vent de colère souffle sur les Monts de la Madeleine (23/10/2014)
http://www.le-pays.fr/saint-just-en-chevalet/economie/environnement/2014/10/23/eoliennes-un-vent-de-colere-souffle-sur-les-monts-de-la-madeleine_11192682.html
À l'approche de la décision finale quant à la faisabilité du parc éolien, les opposants redoublent d'efforts pour se faire entendre.
« Les élus sont de plus en plus réticents », jure Pascal Poncet, maire de Saint-Just-en-Chevalet. Le projet a beau avoir été initié par les collectivités, le vent a tourné quand l'arrivé des éoliennes s'est faite plus précise. Depuis, Crémeaux et Saint-Priest-la-Prugne ont rejoint la lutte. À La Tuilière, également, le conseil municipal est divisé.Points de discorde
Bref, loin de l'unanimité d'il y a sept ans, les éoliennes soulèvent notamment une question centrale : le vent. « Jean-Pierre Sigaud, un ancien ingénieur de Météo-France, nous avait informés qu'il n'y avait pas de vent dans le secteur », tempête Pascal Poncet. Pour lui, avec une telle épine dans le pied, l'enjeu n'est alors plus écologique, mais financier. L'intérêt principal d'EDP se situerait alors notamment dans la revente de l'électricité produite à un tarif réglementé très avantageux. Alors, « on ne choisit pas des pays en fonction du vent, mais en fonction de leur passivité », estime l'élu, amer.
Mais il ne s'agit pas là de la seule interrogation. Par exemple, concernant l'eau, l'Agence régionale de santé aurait demandé une nouvelle étude hydrologique, jugeant celles d'EDP incomplètes. Autre problème, celui du foncier. Les biens du secteur se retrouveront certainement évalués. « Des gens ont récemment acquis des terrains et n'ont été informés ni du projet ni du plan d'implantation, vocifère David Duperons, président de l'association Bien vivre en Pays d'Urfé. Ils n'auraient sans doute pas acheté sinon. » Par ailleurs, l'image du territoire s'en retrouvera changée. « On en pourra plus faire la promotion du tourisme vert sur lequel on mise beaucoup », regrette Pascal Poncet. De plus, les naturalistes de Terre et Nature, même s'ils ne sont pas opposés aux éoliennes, sont très réservés quant à l'impact sur la biodiversité. Ils préconisent notamment la création d'éoliennes à axe vertical, plus petites, situées près des ZAC.
« Face aux lobbies, on est tout petit », souffle Pascal Poncet. Mais, comme le souligne David Dupperon, « on aura fait ce qu'on a pu. »

➽ Projet éolien Chérier-La Tuilière : une chouette freine la procédure (08/01/2016)
L’autorisation de défrichement n’a pas été accordée par le préfet car la présence d’une espèce protégée n’était pas mentionnée : la chouette chevêchette
1 Une chouette protégée contrarie les plans d’EDP
Le projet de 9 éoliennes (4 à Chérier et 5 à La Tuilière) porté par la société EDP renewables est toujours en cours, même s’il a déjà connu plusieurs contretemps. Le premier avait été l’annulation de l’enquête publique organisée en 2014 pour vice de forme. Et le second est tombé fin 2015 : le préfet a refusé d’accorder à EDP l’autorisation de défrichement, car la LPO (Ligue de protection des oiseaux) a relevé que ne figurait pas au dossier la présence dans le secteur concerné d’une espèce protégée : la chouette chevêchette. Cette race de chouette se développe actuellement dans le Massif central et est également implantée dans les Bois noirs. EDP va engager un recours pour compléter son dossier et tenter d’obtenir cette autorisation de défrichement.
2 La nouvelle enquête publique a débuté
Suite à l’annulation de la précédente enquête publique, une nouvelle enquête a débuté le 4 janvier et se poursuit jusqu’au 8 février, avec des permanences du commissaire enquêteur en mairie de Chérier les 13 et 25 janvier ainsi que le 8 février, de 9 à 12 heures. Il sera aussi présent en mairie de La Tuilière les 13 et 25 janvier, ainsi que le 4 février de 14 à 17 heures. C’est l’occasion pour tous ceux qui le souhaitent de donner leur avis sur ce projet, favorable ou défavorable.
3 L’association Bien vivre en pays d’Urfé toujours inquiète pour la ressource en eau
L’association Bien vivre en pays d’Urfé reste farouchement opposée au projet éolien et a lancé une campagne de tractage ainsi que des pétitions. Car ses membres estiment que ces éoliennes dégraderaient les paysages, qu’elles déprécieraient leur patrimoine immobilier. « Les gens ne viennent pas habiter ici pour voir des éoliennes de 150 mètres de haut ! », souligne le président David Duperron. Lequel met aussi en avant les craintes pour la ressource en eau du syndicat des Bois noirs qui dessert les communes de Chausseterre, La Tuilière et Saint-Priest-la-Prugne. Car ce syndicat exploite des eaux qui sont principalement en surface ou à faible profondeur. Si les implantations de deux des cinq éoliennes de La Tuilière ont été déplacées, l’association déplore qu’il n’y ait pas eu de nouvelle étude d’impact par rapport aux sources. « Cette année, on a en plus eu des problèmes d’approvisionnement en eau et cela a nécessité l’intervention des pompiers pour approvisionner le château d’eau, c’est la première fois que je vois ça depuis 1976 », avance David Duperron.
4 Des retombées incertaines pour les communes
L’implantation de ces éoliennes générerait 140 000 euros par an qui devaient être partagés entre les communes de Chérier, La Tuilière et la communauté de communes du Pays d’Urfé. Mais avec le redécoupage intercommunal et le passage à une fiscalité unique, l’ensemble de ces recettes irait à la future intercommunalité, sauf si un accord interne est signé. Cette « carotte » en moins risque de peser dans le vote des conseils municipaux qui doivent se positionner de nouveau.
5 Et maintenant ?
Si EDP parvient à obtenir le permis de construire, l’autorisation d’exploiter et l’autorisation de défrichement, et que ces autorisations ne sont pas attaquées, la société lancera la construction de ces 9 éoliennes.

 PROJET DE GRAND EOLIEN : Un NON SENS !

 Parc éolien des Monts de la Madeleine, communes de Chérier et La Tuilière - Mémoire en réponse de l'exploitant (25/02/2016)
http://www.loire.gouv.fr/IMG/pdf/parc_eolien_cherier_memoire_en_reponse_ce.pdf

 Second rapport du commissaire-enquêteur : Rapport d'enquête (07/03/2016)