Stop à l'éolien industriel

Stop à l'éolien industriel
Un fléau d'une ampleur internationale s'abat, depuis quelques années, sur notre pays. Aidés par nos élus, les promoteurs éoliens se sont accaparés nos territoires et nos vies. Devant le massacre de notre patrimoine, un vent de colère s'élève partout sur l'hexagone. Il est grand temps de dire "STOP" à ce carnage.

lundi 11 juin 2018

Eure : Verneuil. Une motion contre le projet éolien

http://www.tourisme.fr/images/
otf_offices/1373/de-l-abbaye1.jpg
https://actu.fr/societe/verneuil-une-motion-contre-projet-eolien_17210119.html

Le projet éolien passe mal à
Verneuil. Aussi, les élus de la Ville ont voté une motion pour dire non à ce parc qui, à leurs yeux, gâcherait l'attractivité de la cité médiévale.



Les élus de Verneuil-sur-Avre disent non au projet éolien à leurs portes à travers une motion. Comme nous l’expliquions dans notre édition du 6 avril, une société spécialisée dans la production d’énergies renouvelables, RES, souhaite créer un parc éolien aux portes de Verneuil-sur-Avre. Neuf hameaux seraient impactés. Pour Verneuil, il s’agit de Gauville et du Petit-Mesnil. Pour Piseux, sont concernés La Noë Moussard et le Gros Mesnil. Pour Cintray, commune déléguée de Breteuil, il s’agit des hameaux de Beaumarchais, La Motte, Galisson, Le Petit Cuisinet et le Grand Cuisinet.

Bien avancé
Déjà, lors du conseil du 29 mars, les élus avaient fait part de leur désapprobation au nom de l’attrait touristique de Verneuil, ville médiévale. 

Adjoint en charge du patrimoine, Patrick Bieber avait aussi expliqué que le projet de la société, RES, est bien avancé puisque le calendrier prévisionnel est déjà établi : l’instruction de la demande de permis débuterait en 2019 et la construction démarrerait en 2021 pour un début d’exploitation en 2022 !

Aussi, lundi 4 juin 2018, les élus ont voté une motion pour dire non à ce projet. « Ce parc éolien va ternir l’image de notre ville par la présence imposante de machines culminant entre 120 et 180 mètres, soit deux à trois fois la hauteur de la Tour de La Madeleine. […]. Du haut de notre monument emblématique, la Tour de la Madeleine, nous avons une vue panoramique sur toute la campagne environnante et cette installation serait dans les cônes de co-visibilité. Nous faisons de l’attrait touristique, un levier essentiel pour la mise en valeur et le développement de notre territoire. Notre appartenance au réseau des 100 Plus beaux détours de France est là pour l’attester » affirme en substance le texte.

Sa conclusion : « à l’heure où le président de la Région Normandie met en avant la richesse médiévale de celle-ci pour dynamiser le tourisme et renforcer une identité régionale, nous ne comprendrions pas l’autorisation donnée par les services de l’Etat pour l’exploitation de ce site ».


« Peu démocratique »

Sur la forme, la motion déplore « le procédé peu participatif et peu démocratique choisi par RES ». « En effet, représentants de la commune et voisins du lieu choisi, nous n’avons pas été informés d’un tel projet initié depuis deux ans, ni invités à la seule réunion publique du 23 avril à Breteuil ».

Alerté au dernier moment, Patrick Bieber a pu toutefois s’y rendre. « Et je peux vous dire que le projet est vraiment bien avancé puisque les études d’impact sur le faune et la flore sont déjà réalisées et que celle sur l’acoustique est en cours ».



Dans le petit débat qui a suivi, Maryvonne Choisselet, de l’opposition, a réitéré son refus de ce projet « car le sud de l’Eure mérite mieux que des éoliennes », avant de s’inquiéter pour « les maisons à vendre qui n’auront plus la même valeur immobilière ».

Les élus ont voté à l’unanimité pour la motion, sauf Christophe Miguet, de l’opposition, qui s’est abstenu car « j’ai du mal à dire non à l’écologie », s’est-il justifié.


ARCHIVES :
04/04/18 : Eure : Verneuil-d’Avre-et-d’Iton : Un parc éolien en question
http://www.paris-normandie.fr/evreux/verneuil-d-avre-et-d-iton--un-parc-eolien-en-question-LC12679174
Lors du dernier conseil municipal - lire notre édition d’hier - des élus se sont inquiétés du projet d’implantation d’un parc éolien près de Verneuil-d’Avre-et-d’Iton. En trois ans, c’est la quatrième société spécialisée qui convoite les terrains autour du lieu-dit « Le petit Cuisinet », route de Breteuil. Maryvonne Choisselet, vice-présidente du patrimoine et de l’abbaye Saint-Nicolas, s’inquiète de cette éventuelle implantation aux limites des communes de Verneuil-d’Avre-et-d’Iton et de Cintray : « Ce serait catastrophique pour le tourisme. On parle de cinq éoliennes, deux fois plus hautes que la tour de la Madeleine. Elles seraient visibles à des kilomètres à la ronde, touchant les points de vue stratégiques, la mise en valeur du patrimoine historique et classé de Verneuil ainsi que le panorama autour des cinq hameaux concernés ». De plus, ce quatrième bureau d’études se démarque de ses concurrents en intégrant dans son projet la sauvegarde de la faune et de la flore. Si quelques agriculteurs sont tentés de louer leur terrain, Maryvonne Choisselet s’y oppose fermement : « Je ne suis pas contre les énergies nouvelles, mais je suis agricultrice et l’on sait bien que ce genre d’implantation est nuisible, non seulement pour nos exploitations mais également pour l’environnement. De plus, d’après le projet, la distance obligatoire de 500 m entre le parc et les habitations ne serait pas respectée ». Même si le maire apaise les craintes « pas encore justifiées », il a incité un ingénieur territorial chargé de mission, le maire de Breteuil et l’architecte des Bâtiments de France à la plus grande vigilance.

07/04/18 : Eure : Premières crispations. Un projet de parc éolien aux portes de Verneuil
https://actu.fr/societe/premieres-crispations-projet-parc-eolien-portes-verneuil_16247004.html
Une société souhaite créer un parc éolien entre Verneuil, Cintray et Piseux. Premières crispations du côté des élus de Verneuil tandis qu'une association d'opposants se crée.
Une société spécialisée dans la production d‘énergies renouvelables souhaite créer un parc éolien aux portes de Verneuil. Adjoint en charge du patrimoine, Patrick Bieber a reçu, le 23 février, des représentants de RES, développeur éolien.
Depuis 2016 (phase de prospection), la société planche sur un projet d’implantation d’éoliennes – entre trois et cinq – sur une zone agricole située entre la commune déléguée de Cintray, Verneuil et Piseux. L’instruction de la demande de permis débuterait en 2019 et la construction démarrerait en 2021 pour un début d’exploitation en 2022.
Trois communes
Neuf hameaux seraient impactés. Pour Verneuil, il s’agit de Gauville (à 554 mètres) et du Petit-Mesnil (à 1101 mètres). Pour Piseux, sont impactés La Noë Moussard (à 499 mètres) et le Gros Mesnil (à 319 mètres). Pour Cintray, sont concernés Beaumarchais (à 367 mètres), La Motte (à 391 mètres), Galisson (à 432 mètres), Le Petit Cuisinet (à 517 mètres) et le Grand Cuisinet (à 593 mètres).
La place du patrimoine
À Verneuil, les élus grincent, essentiellement pour des raisons patrimoniales. « Après un exposé plutôt flou du projet par RES le 23 février, je leur ai dit non par souci de sauvegarde de notre patrimoine », a expliqué Patrick Bieber avant d’estimer que Verneuil est « un lieu chargé d’histoire à ne pas défigurer ».
Plus beau détour
Élue de l’opposition et ancienne adjointe au patrimoine, Maryvonne Choisselet a enfoncé le clou en faisant part de son inquiétude pour l’impact visuel que ce parc d‘éoliennes géantes aurait pour la capitale du sud de l’Eure. « N’oublions pas que Verneuil fait partie des cent plus beaux détours de France que j’ai obtenus et qu’elle a quinze monuments publics ou privés classés. C’est pourquoi j’ai alerté l’architecte des bâtiments de France de ce projet », a-t-elle indiqué.
L’élue craint aussi que le parc « ne s’étende ensuite à dix, voire quinze éoliennes ». Un détail, en tant qu’agricultrice avec son mari habitant à Gauville, Maryvonne Choisselet a été contactée par RES et a dit non à de l’éolien sur ses terres.
Mât de mesure
Un projet qui, selon Elena Puppini – riveraine du Grand Cuisinet qui a calculé les distances entre les hameaux et la zone – est déjà bien avancé. « Je l’ai appris, il y a un an, quand j’ai su qu’un mât de mesure avait été installé près de chez nous.
Ayant la puce à l’oreille, Elena Puppini a donc pris le dossier à bras-le-corps car, à ses yeux, RES ne communique pas ou très peu. « Deux types sont passés récemment voir les habitants en journée, quand il n’y a pas grand monde dans les maisons et, lorsqu’ils ont été reçus, ils n’ont laissé aucun document ». Elle déplore aussi qu’il n’y ait pas encore eu de réunions publiquespour exposer clairement le projet. « RES m’a répondu que ce serait pour plus tard ! ».
Au niveau des élus, une présentation sommaire du projet a été faite récemment au conseil de la commune nouvelle de Breteuil (comprenant donc la commune déléguée de Cintray). « RES doit revenir prochainement nous exposer son projet plus en détail avant que nous ne nous prononcions », précise Claude Amigon, adjoint. À Piseux, le projet a été envoyé à la mairie et il doit être débattu prochainement en conseil.
Cent habitants touchés
Aussi, déplorant une communication a minima alors que le projet avance, Elena Puppini entend informer au mieux les riverains. Pour cela, à l’aide d’un logiciel, elle a réalisé une carte plus précise de l‘impact du projet éolien sur les habitants que celle de RES apparaissant en tout petit dans le petit fascicule remis aux élus. C’est ainsi qu’Elena s’est aperçue que le parc concerne une centaine d’habitants à moins de 500 mètres de la zone du projet !
Aussi, elle compte monter une association de riverains opposée au projet, puis préparer une lettre destinée aux élus et, plus spécialement, à l’Interco Normandie Sud Eure « lui demandant de se positionner sur le projet sans tarder ».
Pas assez de vent ?
Quant aux arguments contre ces éoliennes entre Verneuil, Cintray et Piseux, après quelques recherches, Elena n’en manque pas. « À Roman Blandey, près de Damville, j’ai appris qu’elles ne tournaient en moyenne que 81 jours l’année avec le vent. Le reste du temps, pour ne pas les laisser s’abîmer à ne rien faire, on les fait fonctionner à l’électricité, un comble ! ». Bref, l’Eure n’a pas sans doute pas autant de vent que dans le département de l’Aude, par exemple, où l’éolien est très implanté.
Tour bien petite
Ce n’est pas tout. Elena craint la dépréciation immobilière, les nuisances sonores pour les habitants les plus près, sans oublier l’impact visuel. « La Tour de La Madeleine, que je vois de chez moi, va paraître bien petite par rapport aux éoliennes de 180 mètres de hauteur ! », se lamente-t-elle.
La société répond aux critiques
Ingénieure territoriale à RES, « une des premières entreprises indépendantes de production d’énergies renouvelables au monde » selon le site du groupe, Alice Fournier a accepté de répondre aux critiques communément adressées aux projets de parcs éoliens. Sur la forme, elle indique que l’information auprès des riverains va aller crescendo au fur et à mesure de l’avancement du dossier.
Sur le fond, Alice Fournier assure que la dépréciation immobilière, souvent mise en avant, n’est pas fondée. « Une étude réalisée dans le sud par FEE, France Énergie éolienne, association de développeurs éoliens, montre que rien ne prouve la baisse de la valeur immobilière. Car l’éolien finit par s’intégrer au paysage ».
Sur le prétendu bruit des éoliennes, l’ingénieure explique que les nouvelles générations sont beaucoup plus silencieuses ; « la génératrice dans la nacelle en haut du mât est mieux isolée, puis les bouts des pales ont été modifiés pour être moins bruyants en fendant l’air ».
Elle enfonce le clou en expliquant que la réglementation impose de vérifier les éoliennes avant l’ouverture de tout parc. « Si elles font du bruit, elles peuvent être ralenties, voire arrêtées, en fonction de la direction du vent ».
Quant à la durée d’exploitation du parc, elle est prévue pour une vingtaine d’années. Et après ? « Nous nous engageons à tout remettre en l’état. Pour le socle en béton, on enlève le premier mètre et on remet de la terre végétale par-dessus ».
Bon à savoir…
En clair, c’est un décapage sommaire du socle, celui-ci pouvant représenter jusqu’à 400 m3 de béton selon les éoliennes. Ce à quoi, il faut ajouter autour de 40 tonnes d’acier. Or, pour certaines associations environnementales, ce béton hautement ferraillé pourrait engendrer, à terme, des pollutions en sous-sol pour la ressource en eau. Auquel cas, le propriétaire du terrain pourrait en être tenu pour responsable… De même, si l’exploitant fait faillite entre-temps, la remise en état du terrain pourrait revenir à son propriétaire. Voire à la commune si celui-ci n’est pas solvable… À méditer.