Stop à l'éolien industriel

Stop à l'éolien industriel
Un fléau d'une ampleur internationale s'abat, depuis quelques années, sur notre pays. Aidés par nos élus, les promoteurs éoliens se sont accaparés nos territoires et nos vies. Devant le massacre de notre patrimoine, un vent de colère s'élève partout sur l'hexagone. Il est grand temps de dire "STOP" à ce carnage.

vendredi 20 avril 2018

Eoliennes et vignoble, un voisinage complexe

http://www.lunion.fr/86954/article/2018-04-19/eoliennes-et-vignoble-un-voisinage-complexe

Coteaux vitryats - Comment concilier le développement éolien et la préservation de territoires d’exception, d’autant que l’appellation champagne va s’étendre ? Explications.


Développement éolien et viticulture sont deux activités en pleine expansion dans le Pays vitryat. Mais l’une peut nuire à l’autre si des conditions strictes d’aménagement du territoire ne sont pas appliquées. D’où la nécessité de réviser la charte éolienne, datant de 2008, notamment depuis l’inscription, en juillet 2015, au Patrimoine mondial, de cinq secteurs géographiques de l’appellation. Et d’instaurer une sorte de doctrine autour de laquelle les acteurs concernés doivent s’entendre. Le but ? Concilier le développement des éoliennes tout en préservant l’intégrité des territoires d’exception. C’est en tout cas, l’objectif et l’ambition de la mission Coteaux, maisons et caves de Champagne, à l’initiative de cette révision.
Tâche difficile mais néanmoins nécessaire tant la problématique est prégnante sur nos territoires. « Rien que sur la Marne et l’Aube, 900 machines ont été construites et on comptait, en 2017, 1 110 projets en cours », fait remarquer Amandine Crépin, directrice de la mission Coteaux, maisons et caves de Champagne. « Et tout cela s’accélère encore », prévient-elle encore.

L’impact prépondérant du champagne
Les maires du Pays vitryat sont bien au fait de ce développement éolien puisqu’ils sont très sollicités par les différentes sociétés souhaitant implanter des éoliennes. Dans un contexte de forts enjeux puisque dans le cadre de l’extension de l’aire d’appellation, le secteur, sur le plan viticole, est amené à croître.

À Saint-Amand-sur-Fion, par exemple, les premières éoliennes ont été mises en service en 2004. Les dernières en décembre 2016. Au total, la commune en possède 18 sur son territoire. Le conseil municipal sous la houlette de son premier magistrat, Sylvain Lanfroy, a décidé d’adopter une politique particulière.
« Nous ne souhaitions pas définir de zones pour lesquelles nous serions favorables à l’implantation des éoliennes, dans la mesure où les propriétaires en tirent un revenu et que nous ne voulions pas favoriser untel au détriment d’untel. Pour nous, le développement éolien relève plus du domaine privé que public dans la mesure où les compagnies traitent directement avec les propriétaires fonciers. »

Passées ces considérations, la commune a tout de même tenu à jouer son rôle et à être « le porte-voix des habitants qui ont vu émerger avec les années de nombreux parcs éoliens ». D’où deux critères à l’aune desquels le conseil municipal délibère, même s’il ne s’agit que d’un avis. « Pas de rapprochement du village et pas d’encerclement. Nous ne voulons pas, à chaque fois que l’on tourne la tête, voir une éolienne. Nous raisonnons davantage en termes de visibilité que de distance. » Si trois compagnies travaillent actuellement sur des implantations, « nous avons décidé collectivement d’attendre d’en savoir plus sur l’extension de l’appellation avant de valider quoi que ce soit. » L’élu en a bien conscience : l’impact économique, en termes d’emplois, de développement… du champagne est bien plus fort que celui des éoliennes. Même si pour Saint-Amand, la manne économique est non négligeable puisqu’elle bénéficie, au titre de l’imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux (IFER) de 45 000 euros par an.

On a assez donné, stop aux éoliennes

Pourquoi la charte éolienne a t-elle été modifiée?
Elle n’était plus tout à fait d’actualité puisqu’elle datait de 2008. Donc nous l’avons adaptée aux réalités présentes. D’autant qu’en 2015, les Paysages du Champagne ont été inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco, sous l’intitulé des Coteaux, maisons et caves de champagne.

Quelle est votre position sur l’implantation de parcs éoliens?
La Champagne a déjà joué son rôle en matière d’implantation d'éoliennes, le Grand Est arrive en 1ère position devant les Hauts de France et l’Occitanie. Si nous ne faisons pas attention, nous allons massacrer nos paysages champenois. Deux mille vont être mises en service dans un avenir proche. Or, quand elles s’implantent mais qu’elles ne marchent pas, faute de vent, ce sont les centrales thermiques qui fonctionnent à plein, dont certaines à charbon. L’issue écologique n’est donc pas positive ! Sans compter les oiseaux qui sont tués par les mâts, les tonnes de béton coulés dans la terre, jusqu’à 1 500 tonnes pour chaque éolienne.

N’est-il pas possible de concilier les éoliennes et le champagne ?
Je dis que nous avons assez donné et que maintenant il faut dire stop. Les propriétaires des terrains, qui font affaire avec les sociétés d’éoliennes, ne devraient pas être les seuls à décider de leur implantation car les paysages appartiennent à tout le monde. Je pense que lorsque des projets sont proposés, il devrait y avoir une concertation entre toutes les communes qui sont concernées par l’impact visuel. Ce qui réduirait le nombre de projets car il n’y aurait plus de difficultés à s’exprimer d’une seule voix.


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