Stop à l'éolien industriel

Stop à l'éolien industriel
Un fléau d'une ampleur internationale s'abat, depuis quelques années, sur notre pays. Aidés par nos élus, les promoteurs éoliens se sont accaparés nos territoires et nos vies. Devant le massacre de notre patrimoine, un vent de colère s'élève partout sur l'hexagone. Il est grand temps de dire "STOP" à ce carnage.

mardi 3 avril 2018

Éoliennes de Cézens : un vent d’opposition se lève dans le Cantal

https://www.lamontagne.fr/cezens/environnement/cantal/2018/04/02/eoliennes-de-cezens-un-vent-dopposition-se-leve-dans-le-cantal_12796400.html#refresh

La société Boralex projette d’installer des éoliennes à
Cézens. Vendredi, l’opposition au projet a commencé à se faire entendre, lors d’une réunion d’information.



«Cette terre, les générations passées l’ont cultivée, l’ont façonnée. Pour que les paysages ressemblent à ce qu’ils sont. Aujourd’hui, ma question c’est : que faire ? Qu’est-ce que je vais laisser à ma fille? Un peu d’argent, et une grande éolienne au bout du terrain ? Moi, je suis agriculteur, j’y connais rien à tout ça. Et on est trente-cinq exploitants, ici, dans ce cas. »
Comme tous les agriculteurs de Cézens, Ludovic Lafont a été sollicité par la société Boralex pour accueillir sur ses terres une éolienne. Il a refusé. Et aujourd’hui il préside l’association de sauvegarde des monts du Cantal, qui lutte contre l’implantation d’un parc sur la commune. Vendredi soir, ils organisaient une première réunion publique. Et son intervention résumait bien l’ambiance générale. Plus qu’en colère (jamais le ton ne monta), la soixantaine d’habitants présents semblait démunie. Sachant peu, sinon des « on-dit », depuis la réunion organisée par la mairie au printemps dernier.

« Ils nous prennent pour des ploucs et nous roulent dans la farine. »
ANNE TOTY
C’est pour ça qu’ils avaient fait venir Louis et Anne Toty. Couple qui mène la fronde contre un projet analogue à Trizac. Et qui s’est lancé dans un véritable prêche contre ce mode d’énergie. S’attachant à contrer tous les arguments des pros éoliennes, qu’ils soient écologiques, économiques. Comme à dénoncer les méthodes des entreprises qui les implantent.

« Ce sont de très bons commerciaux, ils font bien leur job, expliquait Anne Toty. Ils passent dans les conseils municipaux, présentent les bons côtés des choses, sans parler des désagréments, pour les paysages comme pour la santé. Ils font miroiter de l’argent, des aménagements dans la commune. Et ne demandent qu’à faire une étude. Puis ils vont chez les propriétaires terriens, souvent des agriculteurs, disent que la mairie soutient le projet, promettent 9.000 € par an, et font signer des promesses de bail emphytéotique. Mais ces promesses tiennent le propriétaire ! Ils abusent de la population rurale, ils nous prennent pour des ploucs et nous roulent dans la farine. D’ailleurs, pourquoi voit-on fleurir ces machines ici, et pas dans le Lubéron, ou la côte d’Azur ? Il y a du vent là-bas, mais aussi des gens riches. »

Une stratégie confirmée, dans la salle, par André. « Un salarié de Boralex est venu chez moi et m’a présenté le projet en ne me parlant que des bonnes choses. Tout ce que vous dites là, ils ne me l’ont pas dit. » Et Ludovic Lafont de confirmer, en aparté : « Je suis allé voir ma comptable. Ils parlent de 9.000 € par an, mais c’est une simulation haute, il faut plus tabler sur 6.000 €. Et après les taxes et impôts, ce n’est plus que la moitié. »

Passé ces explications, et un moment d’effroi traversant la salle quand fut diffusé un photomontage de la vue des monts du Cantal avec le parc éolien en premier plan, une voix s’élevait dans l’assemblée : « est-ce qu’on sait au moins où on en est du projet ? » Un des trois adjoints présent expliquait qu’ «on a pas de position. Rien n’a été décidé, rien n’a été voté. Les études sont en cours. » Mais des promesses de bail ont été signées, c’est sûr. On parle de seize signatures.

Avec la com’com’

« On a donc aucun espoir ? » s’inquiétait une femme. « Non, ce n’est pas perdu» la rassurait Claude Anseaume, de l’association vent des crêtes. Expliquant la victoire qu’elle venait d’obtenir devant le tribunal administratif dans sa lutte contre une implantation sur le plateau du Coyan. « Mais il ne faut pas vous résigner, il faut vous battre. » Et Louise Toty d’embrayer « c’est au préfet d’autoriser l’implantation (*). Mais le préfet, il n’aime pas quand la population et les élus sont contre le projet. Et la chance, presque unique que vous avez, c’est que la communauté de communes vient de voter contre le projet. »

Un vote, survenu la veille, auquel n’avait pas pris part le maire de Cézens, salué par des applaudissements nourris.

Fort de cette première « réussie », l’association de sauvegarde des monts du Cantal va donc se mobiliser, une pétition est déjà lancée, et rejoindre le collectif des anti éoliens du département. « Ce qu’on veut, avant tout, c’est une position, et des informations, du conseil municipal » souffle Ludovic Lafont. 

(*) Cette décision lui appartient quand la commune n’a pas de document d’urbanisme, ce qui est le cas à Cézens.


Autres articles de presse
31/03/18 : Saint-Flour communauté - Budget 2018 : la prudence est de mise
C’est avec la plus grande prudence que les élus de Saint-Flour communauté ont décidé de construire leur budget 2018, tout en décidant de ne pas augmenter les taux de fiscalité. Explications.
Cette année encore, le budget 2018 qu’a préparé et présenté jeudi soir le conseil communautaire et que les élus adopteront le 12 avril, devrait être mesuré, tout comme l’a été celui de 2017. Car si le compte administratif 2017 dégage un exédent global de fonctionnement de 1,6 M€, il inclut des dépenses liées à l’exercice 2016 et des recettes exceptionnelles dans le cadre de la fusion. « La vraie lecture de notre budget se fera donc sur le compte administratif de 2018 », expliquait Pierre Jarlier.
Des orientations budgétaires prudentes
Cette année, les investissements de Saint-Flour Communauté sont estimés à 5 M€. Ils permettront, entre autres chantiers, l’aménagement du parc thermal de Chaudes-Aigues, la création des maisons de services au public de Ruynes-en-Margeride et de Neuvéglise et la réalisation de la Maison de l’architecture, du patrimoine et de l’habitat de Saint-Flour. Mais après avoir déduit les éventuelles subventions allouées pour mener à bien ces projets et son autofinancement, la Communauté de communes envisage de recourir à un emprunt d’environ 900.000 €. « Nos orientations budgétaires pour 2018 ne prévoient pas d’augmenter les taux de fiscalité, à l’exception de la taxe d’enlèvement des ordues ménagères », précisait le président de Saint-Flour Co. Et comme prudence est mère de sûreté, les élus ont aussi décidé de provisionner une enveloppe de dépenses imprévues à hauteur de 78.000 €.
Parmi les dépenses, celles de fonctionnement sont, elles, estimées à 13 M €, ce qui représente une baisse de 1,50 %. Mais les recettes devraient permettre d’équilibrer ce budget-là. La plus grosse baisse (6 %) sera réalisée sur les charges à caractère général pour « maîtriser et rationaliser les dépenses sur les équipements communautaires ». Pour autant, Pierre Jarlier assurait vouloir « poursuivre les actions engagées par chacune des communautés avant la fusion et engager de nouvelles actions ». Quant aux dépenses engagées pour mettre en place un enseignement chorégraphique au Conservatoire, élargir la desserte par Floribus à la zone de Rozier-Coren, maintenir la gratuité des transports scolaires pour les primaires ou participer aux budgets du centre aqualudique et de l’écomusée, elles seront, cette année encore en augmentation (1,33 %).
Non au parc éolien de Cézens
Les élus ont massivement voté contre le projet d’implantation d’un parc éolien sur la commune de Cézens jeudi soir, allant contre les arguments du maire.
Le maire de Cézens, André Angelvy, est favorable à la mise en place d’éoliennes sur sa commune. Il n’y est en tout cas pas opposé et c’est la raison pour laquelle il a accepté que la société Boralex lance des études de faisabilité en ce sens. C’est ce qu’il a expliqué jeudi soir lors du conseil communautaire qui s’apprêtait à voter une délibération contre ce programme.
« Il me semble prématuré de se prononcer sans connaître le résultat des études de faisabilité» ANDRÉ ANGELVY
« Les enjeux environnementaux, paysagers, acoutisques, techniques seront calculés dans des études réglementaires et il me semble prématuré de se prononcer sans connaître le résultat de ces études de faisabilité », affirmait André Angelvy. Et de demander à ses collègues de « respecter notre esprit d’ouverture et d’engagement avec un dialogue constructif ».
Il regrettait par ailleurs « qu’une petite commune n’ait pas le droit de prendre la moindre initiative afin de trouver une certaine autonomie ».
Mais ses arguments n’auront pas suffi à convaincre le conseil communautaire qui s’est majoritairement exprimé contre cette opération, malgré 9 abstentions. À noter que le maire de Cézens n’a ni voté contre ni ne s’est abstenu.
Pour le président de Saint-Flour Communauté, l’heure n’est pas à la concession. Selon lui, « il y a incompatibilité entre l’attractivité touristique et l’implantation d’éoliennes ». Et de rappeler que « ce sujet ne date pas d’aujourd’hui. On s’était mis d’accord sur un principe, assez simple : qu’il n’y aurait pas de nouveau parc dans le secteur. On peut imaginer des extensions sur des parcs existants car une fois que le mal est fait… Mais aujourd’hui, compte tenu du projet de territoire qui est en place et de l’impact de ce projet au pied du massif du plomb du Cantal, on ne peut pas le soutenir ».
Quant à la transition énergétique, point sur lequel l’interpellait le maire de Cézens, Pierre Jarlier affirmait que « s’il y a un sujet qui concerne l’intérêt communautaire, c’est la question des énergies renouvelables. On peut faire de la transition énergétique avec bien d’autres moyens, avec des conduites d’eau, avec du solaire quand le parc est bien placé, avec de l’éolien lorsque le parc ne gêne pas le développement touristique et l’attractivité touristique, avec de la méthanisation ».


22/03/18 : Cinq choses à savoir sur le projet éolien de Cézens dans le Cantal
Taille des machines, lieu d’implantation... Pour ou contre, le projet d’un parc éolien porté par la société Boralex sur la commune de Cézens, dans le Cantal, fait débat. Explications.
Comme tout projet éolien, celui de Cézens ne déroge pas à la règle et suscite bien des interrogations. Les rumeurs sont nombreuses et vont bon train, à commencer par le lieu d’implantation possible retenu par la société Boralex.
Avant la réunion publique prévue vendredi 30 mars (lire ci-dessous), à l’initiative de l’association « Sauvegarde des monts du Cantal », il est nécessaire de faire le point. François Palmier, ingénieur et chef de projet chez Boralex, apporte des précisions.
1. Quand a été lancée l’idée du projet ?
La société Boralex, déjà sur un premier projet à Trizac, a rencontré les élus du conseil municipal le 31 mars 2017, pour évoquer le « souhait d’étudier un projet éolien » à Cézens. « Adhérant France énergie éolienne, nous avons une éthique, une charte à respecter. Rien ne nous oblige à aller voir les élus, les habitants. Nous pourrions faire un projet uniquement avec les propriétaires et les exploitants agricoles. On s’y refuse. Nous allons voir d’abord les élus puis on élargit aux propriétaires, riverains… ».
Six projets éoliens à l'étude dans l'ouest du Cantal
Quant à Saint-Flour Communauté, « nous sommes enclins à les rencontrer ». Une réunion publique s’est ensuite organisée à la salle polyvalente le 20 mai, « devant une quarantaine de personnes », dont les ayants droit des biens de section. Puis, le 24 juin, le conseil municipal et des présidents d’associations ont visité le parc d’Ally, en Haute-Loire.
Le 16 février dernier, « l’état d’avancement du foncier » a été présenté aux élus, « ouverts à des études de faisabilités, car on ne va jamais à l’encontre d’un conseil ». Elles ont donc débuté ce mois-ci.
2. En quoi consistent ces études de faisabilité ?
L’expertise complète se décline en cinq étapes soumises, in fine, à la DREAL et la DDT. Tout d’abord, le gisement éolien (installation d’un mât de mesure), puis des études naturalistes (faune et flore), sonores (normes acoustiques pendant 3 mois), paysagère et patrimoniale (durée 6 mois), « nous nous mettons au minimum à 500 m des habitations », et techniques (raccordement au réseau électrique).
3. Les zones d’implantation et la taille des éoliennes
300 ha de terrains privés sur deux secteurs répartis sur la zone d’étude élargie où Boralex détient du foncier. L’un sur la Bessède. L’autre sur la montagne de Lalo. À Cézens, les machines ne pourront excéder une hauteur de 150 m (même gabarit que le parc de Coren). « Je ne sais pas ce que nous ferons, mais on peut aller jusque-là ».
4. Contrats, rémunération et offre territoriale
Concernant les propriétaires et exploitants agricoles possédant des parcelles susceptibles d’accueillir des éoliennes, « on les a tous rencontrés et, aujourd’hui, 65 % de toute la zone d’étude que l’on avait ciblé, sont favorables à un projet éolien ». Ce qui représente environ 16 personnes.
La rémunération, « identique pour tous », serait inférieure à 9.000 € par an, selon nos informations. Quant à la commune, le revenu pourrait être supérieur à « 3.000 € par an et par éolienne », selon le maire André Angelvy. Pour le démantèlement, l’État oblige la société Boralex à cautionner « des garanties de démantèlement ».
De nouvelles éoliennes en Châtaigneraie cantalienne ?
Soit 50.000 € par éolienne placés sur un « compte séquestre ». Concernant le socle en béton, quand le bail arrive à son terme, « il est arasé sur 1.80 à 2 mètres ». Pour l’offre territoriale, « il s’agit d’accompagner des initiatives locales », ou de profiter des travaux de raccordement électrique pour amener « la fibre optique par exemple ».
5. Le projet verra-t-il le jour ? Et si oui, dans combien de temps ?
À l’heure actuelle, « on ne sait pas combien d’éoliennes on va mettre, on ne sait pas où et on ne sait même pas si on pourra en mettre une ». Pour mener à bien un projet de parc éolien, huit années sont en moyenne nécessaires. Boralex investit environ 250.000 € pour réaliser les études de faisabilité. Le coût du projet est estimé entre 2 à 3 M € par éolienne.
250 nouvelles éoliennes d'ici 2020 en Auvergne ?
« Notre but n’est pas d’agir contre le territoire mais de le faire en concertation. Si tout le monde est contre nous, nous ne ferons pas ce projet. Le but est de trouver une fibre dans cette transition énergétique, une volonté locale de pousser un dossier, pour aller plus loin dans cet accompagnement du développement durable ».
Réunion publique. L’association de Sauvegarde des monts du Cantal, créée le 9 décembre et présidée par Ludovic Lafont, s’oppose au projet éolien, mais pas aux énergies propres et renouvelables. « Panneaux solaires ou méthanisation, ces installations n’embêtent pas les voisins, alors que des éoliennes vont casser le paysage et notre tranquillité », argumente-t-il. Ses membres organisent une réunion ouverte à tous vendredi 30 mars, à 20 heures, à la salle polyvalente, pour en débattre.