Stop à l'éolien industriel

Stop à l'éolien industriel
Un fléau d'une ampleur internationale s'abat, depuis quelques années, sur notre pays. Aidés par nos élus, les promoteurs éoliens se sont accaparés nos territoires et nos vies. Devant le massacre de notre patrimoine, un vent de colère s'élève partout sur l'hexagone. Il est grand temps de dire "STOP" à ce carnage.

lundi 5 février 2018

Aude : des éoliennes buttent sur le dernier souffle d'une Zad

http://www.midilibre.fr/2018/02/04/aude-des-eoliennes-buttent-sur-le-dernier-souffle-d-une-zad,1623619.php

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La base du parc éolien de La Bruyère est posée.
Le panorama embrasse le pic de Bugarach, le Carlit, les Pyrénées.
CHRISTOPHE FORTIN
DOSSIER MIDI LIBRE. À côté de l'emblématique Notre-Dame-des-Landes, d'autres “zones à défendre” (Zad) sont ouvertes en France. Dans l'Aude, à Bouriège et à Tourreilles, une contestation plus confidentielle, à l'avenir incertain, retarde la construction d'un parc éolien.

Des élus et des autorités locales déterminés, des opposants locaux au bord de la rupture, et une poignée de zadistes dans l'expectative, positionnés en contrebas d'un chantier poussif, tel est le théâtre de la construction de 6 éoliennes initiée il y a presque quinze ans. Les villages audois de Bouriège, 130 habitants, et Tourreilles, 125 habitants, aux portes de Limoux, n'ont qu'un lointain air de famille avec Notre-Dame-des-Landes, l'emblématique “zone à défendre”. La naissance d'un petit parc éolien sur le vent porteur des énergies vertes fait moins peur qu'un aéroport pensé pour faire décoller une région.


Parmi la dizaine d'actuels points chauds en France

Alors que la tempête contestataire s'apaise à l'ouest, la Zad audoise, créée au printemps 2016 et repérée parmi la dizaine d'actuels points chauds en France, souffle les derniers espoirs de riverains opposés au parc éolien. Le dénouement est proche. Si dans quelques jours la société montpelliéraine Valeco, titulaire du permis du Parc de la Bruyère, parvient à acheminer les pales des machines sur le site audois, l'affaire sera entendue au terme d'un combat juridique acharné. “Les éléments les plus importants devraient arriver en février”, confirme Sylvie Siffermann, sous-préfète de Limoux.


L'histoire et le projet
L'HISTOIRE. Le projet du parc éolien de la Bruyère est lancé en 2004. Le 25 octobre 2006, un permis de construire est accordé à la société Tencia, premier opérateur. Trois autres suivront, Ecotecnia, Alstom et Valeco, en 2015. Et 6 permis successifs seront validés. En 2005, l’enquête d’utilité publique, défavorable, signale que "les voies d’accès menant au futur parc nécessiteraient un recalibrage et un renforcement de la route départementale 52".
Au fil des années, les contentieux se sont multipliés, arbitrés par la cour administrative d’appel de Marseille, le tribunal de grande instance de Carcassonne... Le conseil départemental a multiplié les arrêtés d’alignement, distinguant la voie publique des terrains privés. La direction régionale des affaires culturelles, saisie de la question du village médiéval, au pied des éoliennes, a conclu que l’ensemble n’avait "pas d’intérêt archéologique". Une pétition lancée en 2016 sur les deux villages a recueilli 186 voix contre le projet. Pour les élus, le texte véhiculait de fausses informations.
LE PROJET. Le parc de La Bruyère, qui représente un investissement de 20 M€, compte 6 éoliennes de 110 mètres de haut en bout de pale. Puissance du parc : 14,1 mégawatts. Quatre machines sont sur le territoire de Bouriège, deux à Tourreilles.


NÉE LE 24 AVRIL 2016
L’ordre du jour de la réunion organisée le dimanche 24 avril 2016 à Bouriège est clair : c’est l’acte fondateur d’une "zone à défendre". En juin 2017, un appel à "soutien" et à "résistance" est posté sur le blog zad.nadir.org : "Cette montagne n’est ni la première, ni la dernière à risquer le saccage pour les bons caprices du capitalisme vert", affirme le texte, dans la pure tradition de la gauche radicale qui conclut par une invitation à l’action : "Avant que trop de montages soient rasés, faisons décoller la lutte, Bouriège n’est que le début !" Depuis, les zadistes audois sont étonnamment silencieux.


Pour atteindre les lieux, les convois n'auront pas d'autre choix que d'emprunter l'étroite route départementale 52, qui grimpe jusqu'au hameau de Saint-Sernin, et bifurque sur une route privée tracée à flanc de colline jusqu'au futur parc éolien. Deux kilomètres et demi de bitume aussi emblématiques que les 4,5 km de la RD281, la “route des chicanes” à Notre-Dame-des-Landes. La RD52, bordée de terrains privés, est le théâtre d'une guérilla portée devant les tribunaux et ponctuée d'arrêtés du conseil départemental de l'Aude. Au centimètre près, une pièce de plusieurs tonnes passe, ou pas.


Sous l'oeil des gendarmes
Un affrontement plus musclé s'est aussi organisé sous l'œil du peloton d'intervention de la gendarmerie. Sur la RD52, le pont du Gourga, garde la mémoire de l'agitation au démarrage des travaux, il y a un an : “De cet éolien qui contraint, on n'en veut point à Saint-Sernin”, rappelle un écriteau. Le parapet a lâché, remplacé par des barrières bancales. Plus haut, le pont du Rec affiche les mêmes stigmates. L'été a été chaud. Des vigiles veillent.


La contestation portée par deux associations, Les amis de Saint-Sernin (une trentaine d'adhérents revendiqués) et le Collectif tourreillois, désormais dissous, s'est aussi focalisée, au départ du projet, sur la protection du site archéologique de Saint-Pierre-le-Clair, à la lisière des éoliennes. “On n'est pas une bande de gauchos, on défend notre patrimoine”, posent d'entrée Philippe Viennot, professeur de physique-chimie retraité, et André Calvet, énième génération d'une famille de Saint-Sernin, porte-voix d'un collectif vent debout contre le bétonnage de la colline plantée de chênes pubescents, de décisions de justice jugées arbitraires, “l'absence de concertation”, cette façon de dérouler le tapis rouge à “des gens très puissants”, cette avancée à marche forcée vers des énergies dites propres, quels qu'en soient les effets. “Je ne suis pas contre les éoliennes, indique Philippe Viennot. Mais il faut que le terrain soit bien choisi, que l'intégration paysagère soit cohérente...”


Les dés sont pipés
“Je suis venue dans l'Aude pour le calme, la nature, l'histoire des châteaux cathares, pas pour voir un site industriel dans un milieu sauvage. Détruire la nature pour préserver l'environnement, non !”, s'indigne Marjan Cuijpers, une Hollandaise à la tête de gîtes à Tourreilles. Pour elle aussi, les dés sont pipés. La preuve ? “En haut, le vent est en catégorie 2, ce n'est pas l'idéal pour faire tourner des éoliennes, mais ils s'en foutent, ce qu'ils veulent, c'est les subventions.” Le marché est juteux, tant est forte la volonté de faire avancer les projets, disent les opposants.


"C'est un engrenage"
De Saint-Pierre-le-Clair, au pied du chantier des éoliennes, le panorama vers les pics de Madres, Bugarach, le Carlit, est barré de la ligne des 28 éoliennes du village voisin, Roquetaillade. Chez les voisins de Bourigeole, un autre opérateur, Valorem, a des envies de parc. “Vous avez vu combien les Corbières, le Minervois sont défigurés par les éoliennes ? C'est un engrenage”, craignent les opposants qui agitent le spectre “de l'industriel, pas du raisonné”, pour reprendre un thème porteur en territoire rural. Dans ce département plombé par les mauvais indicateurs de pauvreté, on ose le bon mot : “Les éoliennes, c'est la prostitution de la terre.”


“Tout s'est fait dans la légalité”, insiste la sous-préfète de Limoux, drapée dans “une neutralité parfaite”, qui rappelle que les adversaires du parc éolien “ont été déboutés de toutes leurs actions en justice”. L'avis défavorable donné suite à l'enquête publique ? “Un problème administratif !” Le village médiéval saccagé selon les opposants ? “La Drac a dit qu'il n'avait pas d'intérêt archéologique”. La Zad ? “Une poignée de militants venus passer l'été au chaud... On n'est pas à Notre-Dame-des-Landes !”

La moitié du budget
“Je ne suis pas allé à Notre-Dame-des-Landes, mais ici, la Zad, c'est un dépotoir”, déplore Philippe Pous, 46 ans. Le maire de Bouriège, aligne les chiffres, renégociés auprès de Valeco : “70 000 € par an pour la commune, soit la moitié du budget, le montant des impôts locaux”, calcule l'élu dans le bureau du conseil municipal, sous le portrait d'Emmanuel Macron qui a promis de doubler la capacité en éolien d'ici 2022.


“Les éoliennes sont une opportunité pour faire vivre le village”, affirme le viticulteur adepte d'une “culture raisonnée”, opposé au “nucléaire”, qui “n'aurait pas la même attitude s'il s'agissait de faire un forage pour du gaz de schiste”. Pour preuve de sa bonne foi, l'élu rappelle que sa première adjointe est opposée au projet. Son équipe vient de valider l'installation d'un “agriculteur sur le site des éoliennes”. “Si la population avait été contre, on l'aurait vu. Il y a eu deux élections municipales depuis 2004”


Remue-ménage
Enfin, il l'assure, les éoliennes n'ont pas d'impact sur l'ambiance du village. Il a bien en tête une “tentative d'intimidation des opposants” qu'il déplore, mais “la tension est retombée”. Son prédécesseur, en revanche, fait le lien entre le chantier contesté et une agression dont il a été victime, l'été dernier. “Il y a eu du remue-ménage, les tiraillements perturbent la vie du village”, regrette Marie-Christine Palomino, maire de Tourreilles. Élue en 2014, elle a “hérité du dossier”, qui enrichira les caisses de la mairie de 50 000 € chaque année, “la moitié du budget”. Elle ne voit pas “comment on pourrait revenir en arrière”.
“Je vous dirai que c'est fini quand les pales seront montées”, affirme Philippe Pous. “Les grosses pièces ne monteront pas”, dit le collectif, qui “ira jusqu'au bout”. Quitte à perdre, en espérant servir à d'autres. “C'est peut-être l'après qui se joue ici”, imagine Philippe Viennot. Pour Sylvie Siffermann, l'“après” ne fait aucun doute : “Tout ça va se faire”, s'avance la sous-préfète, prompte à souligner le dynamisme de Valeco, très discret, compte tenu de “l'historique de ce projet”. Pour connaître l'actualité de la société, il faut lire le quotidien économique Les Echos le 20 novembre 2017. Les Montpelliérains y annoncent neuf nouveaux projets dans les énergies vertes, un investissement de 300 millions d'euros.


"Y’en a marre des caricatures véhiculées par les chaînes info"
Le "passage en force" du 30 janvier 2017, puis du 27 juin 2017 ; les "tentatives de passage" du pont du Gourga, en septembre 2017 : les vidéos, postées sur YouTube, témoignent d’une guérilla sans concession, pour empêcher la circulation des convois du matériel de construction des éoliennes sur le site de Saint-Pierre. Haies de riverains opposants et de zadistes dressées sur des poutrelles IPN qui délimitent voie publique et privée, engins frôlant les corps... ça pousse, ça crie, les gendarmes jouent l’apaisement. Depuis, la tension est retombée.


D’"une soixantaine maximum selon les gendarmes", quatre-vingts à cent selon les associations, les zadistes se sont réduits à une poignée d’activistes anesthésiés par les décisions de justice. S’ils affirment que la taille du groupe fluctue, mardi 30 janvier, ils étaient quatre à camper à Bouriège près de la RD52 avec l’accord d’un propriétaire privé. L’autre site de contestation, un temps ouvert à Tourreilles, est fermé. "J’ai essayé d’établir le dialogue, en vain", relate Philippe Pous, méfiant au vu des événements de l’été dernier : "Ils provoquent et ils filment avec une Go Pro". "Y’en a marre des caricatures véhiculées par les chaînes info. Les Zad n’existent que parce qu’il y a des gens, localement, qui ont décidé de les mobiliser", insiste de son côté Philippe Viennot.


André Calvet se souvient de l’arrivée de "deux gars, des coriaces", un vendredi de mars 2016. Ce jour-là, "les entreprises ne sont pas rentrées sur le site". "À Notre-Dame-des-Landes, ils ont été obligés de plier, alors pourquoi pas ici ?", Philippe Viennot a un espoir. D’autres chantiers sont ouverts, à Bure, et, plus près d’ici, l’Amassada, en Aveyron, sans occupation permanente. À Bouriège, les zadistes sont des visages sans nom, ni prénom, passés par Agen, l’île d’Oléron, Notre-Dame-des-Landes, Sivens, ailleurs demain.


Après des "combats assez tendus", ils s’étonnent de mener une lutte "assez bizarre, avec ses bons côtés : On reste dans le cadre légal". Leur discours n’est pas si éloigné de celui des riverains : "On est ici contre un projet monté par l’argent, en force. Des éoliennes, il y en a partout dans l’Aude... Ici, on veut voir la nature". Sont-ils des révoltés, des idéalistes ? Ils se décrivent comme "des gens qui ont envie de respect, de laisser aux nouvelles générations ce à quoi elles ont droit, une société dans laquelle on réfléchit".

Une jeune femme qui a fait de son camion sa "maison" veut "faire bouger les choses". Difficile, pour son compagnon : "Les gens sont pris dans leurs habitudes... Mais j’ai le sentiment de faire ma part du boulot". Ils iront "jusqu’au bout de ce qu’ils pourront faire". Quitte à regarder passer les camions ? "C’est dommage, mais si c’est ce que veulent les gens d’ici..." Derrière, pas devant "Les zadistes ne sont jamais devant, ils sont derrière", affirme Mireille Maunier, ex-présidente du Collectif tourreillois, qui "est allée les chercher".

Ultime espoir de médiatisation d’une grand-mère persuadée que les éoliennes perturberont la santé de son petit-fils autiste. "La sous-préfète m’a donné l’idée, en janvier 2016. Je lui parlais de l’histoire du site, de l’archéologie, des premières cartes de Cassini réalisées là... Elle m’a répondu "quota éolien" et s’est inquiétée de voir surgir une Zad. J’ai imaginé que ça pouvait être la solution ! Au bout d’un moment, on se demande comment faire autrement que de faire un mai 68 ! Depuis deux ans que je fréquente des zadistes, je me rends compte qu’ils n’ont aucune notion de temps, de lieu, et ils ont un sens extraordinaire de la liberté et de l’éthique. Ils traînent leurs casseroles, les médias aiment bien les montrer... Mais pour moi, ce sont les seuls gardiens de la planète. Est-ce qu’ils vont venir nombreux à Bouriège ? Ils feront ce qu’ils veulent !"
Son beau-fils, Laurent Mathieu, doute : "Il aurait fallu une occupation du type Notre-Dame-des-Landes, je ne suis pas sûr que ça aurait suffi... Les gens ne viendront pas faire la révolution à Bouriège".


"Ce n'est pas un petit moulin"
"Pour nous, Bouriège, c’est un exemple", affirme Jean-Louis Butré, président de la Fédération environnement durable France, agglomération d’un millier d’associations mobilisées contre le programme "inutile et dévastateur" de déploiement de fermes éoliennes terrestres, en lien avec l’organisation non gouvernementale (ONG) European Platform against wind farms (Epaw) qui dénonce le "poids des lobbys". "Une éolienne, ce n’est pas un petit moulin, ce n’est pas de l’écologie, c’est une affaire de gros sous", estime Jean-Louis Butré.
Une pétition contre le projet du parc éolien de la Bruyère, forte de plus de 35000 signatures, demande à Emmanuel Macron de « suspendre le projet" pour "arrêter le saccage environnemental d’un des plus beaux sites de la France ». Le texte a également "été envoyé au ministre de l’Environnement" Nicolas Hulot. Sans aucun retour : "Ils n’écoutent pas". Un combat perdu d’avance ? "Ils iront jusqu’au bout, on y croit toujours », répond Jean-Louis Butré.


ENTRETIEN

Philippe Subra, professeur à l’institut français de géopolitique.
Comment vous êtes-vous intéressé aux Zad ?
Je travaille depuis plus de vingt ans sur la contestation environnementale des projets de territoire. Il y avait jusqu’alors deux types de contestations : les écologistes, et le phénomène Nimby ("Not in my backyard", NDLR) des riverains. À partir de 2008, apparaissent d’autres acteurs, les altermondialistes, jusqu’ici peu mobilisés sur ces thématiques et ce type de territoires. La "zone à défendre" repose sur un triptyque : l’occupation permanente du site pour empêcher les travaux, la résistance physique, s’il le faut violente, aux tentatives d’évacuation, la communication car ces batailles se gagnent sur le terrain de l’opinion publique.
Pas sur la légalité discutée d’un projet ?
Le respect du droit, terrain d’opposition classique, permet de gagner du temps, d’attendre une alternance politique salutaire, comme à Notre-Dame-des-Landes. Les écologistes disent : C’est la victoire du bon sens. Mais c’est d’abord la victoire des opposants, les riverains, les écologistes, les agriculteurs et des zadistes qui leur ont permis de l‘emporter grâce à une opposition plus radicale, avec laquelle les opposants classiques passent alliance.
Quelles sont les clés du succès ?
Un projet très contesté, un site facile à défendre (bocage, forêt), le soutien de la population. Des conditions réunies à Notre-Dame-des-Landes, pas à Sivens où les agriculteurs étaient favorables au projet, la Zad était plus petite, on était sur 40 ha (1 650 ha à Notre-Dame-des-Landes). La mort de Rémi Fraisse a fait basculer le rapport de forces. Mais avec un effet pervers : la notoriété de la Zad a fait affluer les militants et la Zad, surpeuplée, a dégénéré. Elle a été évacuée sans problème en mars 2015.
L’ancêtre, c’est le Larzac ?
Peu de gens venaient de l’extérieur, ils étaient non violents. Mais les anciens du Larzac voient les Zad avec sympathie.
Qui sont les zadistes ?
Ils sont plutôt jeunes, des personnes ont un certain niveau culturel, d’autres aux parcours plus compliqués, les "arrachés". Peu sont intégrés dans la société. Certains sont ouverts, d’autres sectaires. Ils ont en commun une sensibilité à la thématique altermondialiste, sont plus ou moins écologistes, plus ou moins anarchistes, ont une même critique de la société de consommation. Mais ils sont aussi très divers, certains acceptent la perspective d’être violents, d’autres non, certains sont écologistes avant tout, d’autres motivés par l’anticapitalisme, il y a des néo-ruraux avec un projet économique...
Que disent les Zad de notre société ?
La radicalisation des luttes environnementales, la perte de confiance dans les combats classiques et dans les décisions politiques : Fessenheim n’est pas fermé, le Grenelle de l’environnement n’a pas débouché sur grand-chose... Ces phénomènes vont se multiplier, contre les grands projets dits inutiles, pour la défense de la planète, contre la toute puissance des grands groupes, la consommation de terres agricoles...
Notre-Dame-des-Landes va aider les autres Zad ?
Le gouvernement a choisi le risque politique qui lui paraissait le moindre, il ne peut pas reculer sur tous les dossiers.
Votre regard sur la Zad de Bouriège-Tourreilles ?
Treize ou quatorze ans pour mener à bien un projet éolien, cela prouve la vigueur de la contestation. En même temps, si dans trois semaines, les gendarmes mobiles évacuent la Zad, il y a peu de chance qu’il y ait un écho national. Mais les grands groupes jouent aussi leur image, et il est difficile de prévoir ce qui va se passer.
RECUEILLI PAR S. G.
Philippe Subra est l’auteur de "Zones à défendre, de Sivens à Notre-Dame-des-Landes", aux éditions de l’Aube.


Sud-Aveyron : à Saint-Victor-et-Melvieu, la crainte d’un durcissement
Ce n’est pas une Zad à proprement parler. Parce pour le moment elle n’attire pour le moment que très peu de militants venus de l’extérieur. Depuis 2014, des locaux s’opposent à l’installation d’un transformateur sur la commune de Saint-Victor-et-Melvieu, en Sud-Aveyron. Le projet, jugé indispensable par RTE qui a besoin de cet équipement pour évacuer le surplus d’énergie électrique produite localement, est, selon les opposants, le symbole du développement des "éoliennes industrielles". En effet, ils parlent d’une ambition de "1 000 éoliennes".
Un chiffre totalement démesuré puisque le nouveau schéma de cohérence territorial a fixé à environ dix fois moins le nombre de mats maximums qui pourront voir le jour sur le territoire.Les opposants ont, en novembre dernier, fortement perturbé l’enquête d’utilité publique. Ces derniers ont validé la logique du projet et RTE devrait lancer les travaux dans le deuxième semestre de l’année 2018. Au grand dam des opposants, qui, s’ils n’occupent pas le site en hiver, ont construit sur place trois bâtiments en bois, qui sont utilisés pendant l’été.
Après l’annonce de la fin du projet de Notre-Dame-des-Landes, ils ont lancé un appel à l’aide. Les autorités craignent l’arrivée de zadistes l’été prochain, au moment de la fête du vent, une manifestation festive, organisée par les membres de l’Amassada sur place chaque mois d’août depuis trois ans.